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dimanche 25 janvier 2026

Les arénas des Bruins - Boston Garden


 

Tex Rickard était un promoteur de boxe new yorkais. En 1925, il fit bâtir la troisième version du Madison Square Garden (qui n’était pas à Madison Square et qui n'est pas l'actuel MSG, la quatrième version) et y installa un locataire, les Americans de New York de la Ligue Nationale. L’année suivante, il se porta acquéreur d’une autre nouvelle équipe de la LNH, les Rangers, qu’il installa aussi au MSG. 

Devant le succès de ses entreprises, Rickard voulut avoir sept Madison Square Gardens. Il rassembla donc un groupe d’investisseurs pour construire le deuxième Madison Square Garden à Boston. Si celui de New York n’était plus sur Madison Square, imaginez de Boston… Le nom de l’aréna inauguré en 1928 fut éventuellement réduit à Boston Garden et il n'y eut pas d'autre MSG ailleurs qu'à New York.

Source: wikicommons
 

Conçu d’abord pour la boxe, la disposition des sièges était faite pour être près de l’action. Toutefois, comme le propriétaire des Bruins, Charles Adams, faisait partie des investisseurs, son équipe devint immédiatement un locataire. Ayant brisé son bail avec le Boston Arena, ceci déclencha une bataille juridique qui s’étendit jusqu’en 1933. 

Pendant la récession des années 1930, le Garden eut grandement besoin des tournées de patinage artistique de la championne olympique Sonja Henie et des Ice Follies pour rester à flot. Suite à une dispute avec le clan Henie, Walter Brown, un des propriétaires du Garden et futur propriétaire des Celtics, a fondé les Ice Capades. 

Ces mêmes Celtics furent fondés en 1946, mais contrairement aux Bruins, ils partagèrent leurs parties entre le Boston Arena et le Garden. Cette situation dura jusqu’en 1955. L’iconique parquet (fait de petits bouts de bois en raison des pénuries reliées à la guerre) venait d’ailleurs initialement du Boston Arena, avant d’être associé au Garden. C’est d’ailleurs sur ce même parquet que les Celtics eurent tant de succès (11 championnats en 13 ans, de 1957 à 1969), faisant ainsi de l’ombre aux Bruins, pour qui cette période fut beaucoup moins heureuse. Il demeure qu’en 1957, le Garden fut la première enceinte à accueillir la finale de la NBA et celle de la LNH la même année. Cette situation se répétera en 1958 et en 1974 (et arrivera aussi une fois à New York, Chicago et au New Jersey). 

En 1972-73, les Whalers de la Nouvelle-Angleterre débutèrent leurs activités dans la nouvelle AMH en partageant leur temps entre l’Arena et le Garden. C’est d’ailleurs sur la patinoire de ce dernier qu’ils remportèrent la première Coupe Avco

Du côté musical, le Garden était un incontournable. Les Beatles, Elvis et Pavarotti y ont donné des spectacles. Aerosmith, un groupe local, y a été à l’affiche 10 fois. Par contre, Kiss refusa de renoncer à ses effets pyrotechniques, ce qui était interdit au Garden et y fut donc écarté. 

Source: wikicommons

Au fil du temps, le vieux Garden finit toutefois par montrer ses limites. D’abord, sa capacité (moins de 15000 personnes pour le hockey) était faible, et ce, malgré que la patinoire était plus petite que les normes (9 pieds de moins sur la longueur et 2 pieds de moins sur la largeur). Cette étroitesse où on ne pouvait se défiler pouvait toutefois être un avantage pour les Big Bad Bruins. 

Aussi, le Garden n’avait pas d’air climatisé. Lorsque les Bruins avançaient en séries, la chaleur pouvait causer du brouillard sur la glace. Et c’est sans compter les piliers structuraux qui obstruaient la vue de certaines places et la quantité impressionnante de rats qui y habitait. 

Des problèmes avec le système électrique causèrent aussi des maux de tête lors des finales de 1988 et 1990, incluant un match qui dut être repris deux jours plus tard à Edmonton. 


 

Il y eut finalement au fil des ans plusieurs projets pour remplacer le désuet Garden, incluant un au New Hampshire. 

Après de longues négociations, il y eut en 1993 une entente pour construire le nouveau Shawmut Center, qui devint le Fleet Center avant même son ouverture, lorsque la banque Shawmut fut acquise par la Fleet Bank. Il s’appelle aujourd’hui le TD Garden

Construit sur le même site, à certains endroits, il n’y avait que 9 pouces entre le vieux Garden et son nouveau voisin. 

Le dernier duel à s'y tenir fut un match présaison entre Montréal et Boston, disputé le 26 septembre 1995 que les Bruins remportèrent 3-0. 

Les deux immeubles cohabitèrent pendant 3 ans, quand le Garden fut démoli.  Les morceaux du parquet furent vendus au public.


 

Sources : 

″It’s back to school time″ de Gary Fitz, February 25, 1992, The Nashua Telegraph, page 15, 

″Boivin, Orr, Léveillé…″ de Réjean Tremblay, 27 septembre 1995, La Presse, page S3, 

″Une grande fête″, 27 septembre 1995, La Presse, page S4, 

″De beaux souvenirs du Garden″ de Réjean Tremblay, 27 septembre 1995, page S5, 

″Verdi : At old Boston Garden, rats and excessive heat had their place″ de Bob Verdi, June 18, 2013, Chicago Daily Herald,(dailyherald.com), 

wikipedia.org.

samedi 24 janvier 2026

Les arénas des Bruins - Boston Arena (ou Matthews Arena)

 

Il y a quelques années, j’avais fait une petite série de textes au sujet de tous les arénas où les Canadiens ont joué et j’étais retourné sur le site de chacun d’eux pour voir ce qui s’y trouve aujourd’hui. J’avais répété l’expérience à Toronto, puis récemment à Edmonton et Calgary

Je ne l’avais pas fait lorsque je suis allé à Boston il y a quelques années, mais je voulais un jour le faire, entre autres pour aller voir le Matthews Arena, qui s’appelait le Boston Arena lors de la naissance des Bruins en 1924. Comme il était toujours utilisé par l’Université Northeastern, je me suis dit qu’il serait intéressant d’aller y voir un match. J’avais passé devant la dernière fois que j’y suis allé, mais c’était en été et tout était verrouillé. Partie remise que je me disais. 


 

J’ai raté mon coup… C’est avec déception que j’ai appris que les Huskies de Northeastern y avaient disputé leur dernier match le 13 décembre dernier, contre les Terriers de Boston University. (Les Terriers ont gagné 4-3.) L’aréna étant construit sur du remblai, sa structure commence à s’enfoncer (tout de même plus de 110 ans après son inauguration) et devrait être démoli le mois prochain. Il sera remplacé par une nouvelle construction qui hébergera les Huskies. 

Inauguré en 1910, il était au moment de sa fermeture le plus vieil aréna toujours en opération pour du hockey. 

 

La démolition d’un immeuble situé au cœur d’un campus universitaire dense et près de deux stations de métro représentera un défi. Mais auparavant, l’intérieur sera vidé, pour y récupérer certains items qui seront réutilisés (incluant des éléments architecturaux) et d’autres qui seront conservés en souvenir ou vendus aux partisans. On peut d’ailleurs acheter des sièges pour 600$ US, même si ceux-ci sont plutôt contemporains. L’enseigne des toilettes est plus raisonnable, à 150$. 

Voici donc un texte à son sujet, même si j’aurais préféré éventuellement faire quelque chose de plus étoffé. 

Je peux tout de même vous dire qu’à son inauguration, Boston Arena était la première patinoire intérieure de la ville. Contenant 5000 places, sa présence a permis au hockey de prendre de l’ampleur dans la région. D’ailleurs, il a même accueilli Babe Ruth, qui a brièvement joué au sein d’une équipe amateur lors de son passage chez les Red Sox. 

En décembre 1918, un incendie le détruisit, mais suite à sa reconstruction, il réouvrit en janvier 1921.

Lorsque les Bruins sont devenus la première équipe américaine à se joindre à la LNH en 1924, il allait de soi qu’ils jouent au Boston Arena. Ils y rejoignirent alors les équipes de Harvard, Boston University et Boston College. 

Le séjour des Oursons y fut toutefois de courte durée. En 1928, une nouvelle enceinte fut construite, le Boston Garden. Celle-ci devint alors l’endroit principal en ville pour les galas de boxe et de lutte. Les Bruins suivirent, brisant ainsi leur bail avec le Boston Arena. Une bataille juridique s’en suivra qui dura jusqu’en 1933. 

Les Bruins furent toutefois remplacés par des équipes de ligues mineures, incluant les Olympics, qui firent brièvement partie de la Ligue de hockey senior du Québec dans les années 1940. 

En 1946, une équipe de la nouvelle Basketball Association of America (BAA, qui deviendra plus tard la NBA), les Celtics, commença ses opérations en partageant ses matchs entre l’Arena et le Garden. Cette situation demeura jusqu’en 1955. 

En 1972, un nouveau locataire arriva au Boston Arena, les Whalers de la Nouvelle-Angleterre de la nouvelle Association mondiale de hockey (AMH), qui partagèrent aussi leurs parties entre l’Arena et le Garden. Toutefois, ils furent coincés entre un Arena trop petit et un Garden trop occupé avec les Bruins, leur club école (les Braves) et les Celtics. Les Whalers décidèrent alors mettre le cap vers Hartford en 1974. C’est ainsi que les Baleiniers se retrouvèrent dans une ville qui n’est pas sur le bord de la mer. 

En 1979, l’Université Northeastern fit l’acquisition du Boston Arena, où son équipe de hockey jouait depuis 1930, et le renomma le Matthews Arena, en l’honneur du président de l’université. 

L’équipe qui a longtemps été dirigé par Fern Flaman a produit au fil des ans des joueurs comme David Poile (longtemps directeur-gérant des Capitals et des Predators), Chris Nilan, Jamie Oleksiak et Adam Gaudette. 

Autre que le hockey, l’Arena fut le site de nombreux discours politiques de présidents (Theodore Roosevelt, William Howard Taft, Herbert Hoover, F.D. Roosevelt). 

Il y eut aussi plusieurs concerts, comme ceux de Johnny Cash, Jerry Lee Lewis et Bob Dylan. En 1970, The Doors y donnèrent deux concerts. Le deuxième, interminable, fut interrompu lorsque les autorités coupèrent le courant, au grand déplaisir de Jim Morrison, dans un état second avancé. 

Sources : 

″The deconstruction of Matthews Arena will be ′very surgical′″ de Erin Kayata, December 9, 2025, Northeastern Global News (northeastern.edu), 

″The Last Days of Matthews Arena, Boston’s Overlooked Sports Cathedral″ de Dan Gartland, December 11, 2025, Sports Illustrated (si.com), 

rememberingmatthewsarena.myshopify.com, wikipedia.org.

 

mercredi 29 janvier 2025

Joueur oublié des 90's #98 - Craig Billington









Le nom de Craig Billington est rarement un de ceux qu'on "name drop" lors d'une discussion entre nostalgiques du hockey des années 90. Pourtant un gardien durable car rarement blessé, et bien qu'il ne corresponde pas aux standards présent de la LNH (il mesure 5'10" et pesait 175 livres), Billington a su faire durer sa carrière, réussissant même à toucher à l'honneur ultime.

Né le 11 septembre 1966 à London en Ontario, Craig Billington débuta sa carrière junior avec les Diamonds de sa ville natale, dans le Junior B. Il fut promu la saison suivante dans la OHL, avec les Bulls de Belleville, obtenant rapidement le poste de gardien partant, disputant 44 matchs, maintenant une fiche partagée de 20 victoires contre 19 défaites. Il en fit assez pour attirer l'attention des Devils du New Jersey, qui firent de lui le premier gardien repêché en 1984, 23e au total en deuxième ronde.


De retour à Belleville pour l'année 1984-85, Billington participa à 47 rencontres, en remportant 26. De plus, il fut sélectionné pour représenté le Canada au championnat mondial junior qui avait lieu en Finlande. Il revint au pays avec la médaille d'or au cou en plus du titre de meilleur gardien du tournoi, ne perdant aucun de ses cinq matchs (3-0-2), blanchissant même les puissants soviétiques. En séries éliminatoires, il aida les Bulls à se rendre dans le carré d'as de la OHL, s'inclinant face aux Petes de Peterborough. Ses dernières performances lui permirent de se hisser au sein de l'équipe d'étoiles de la OHL.

Il fit ses débuts dans la LNH à l'automne 1985 en tant que troisième gardien derrière Glenn Resch et Alain Chevrier. Billington vit de l'action durant 5 matchs, remportant ses 3 décisions. Lorsqu'il devait laisser sa place aux deux autres gardiens de l'organisation, Billington en profitait pour être commentateur lors de la retransmission radio des matchs de son équipe. Les Devils le retournèrent ensuite à son équipe junior pour qu'il puisse rejoindre l'équipe junior canadienne afin de participer à un autre championnat junior, qui avait lieu cette fois en Ontario. Gagnant quatre de ses cinq parties, Billington et Équipe Canada durent se contenter de la médaille d'argent, alors que les soviétiques survolèrent le tournoi, remportant leur 7 parties. Il retourna ensuite au New Jersey jusqu'à la fin de la saison, connaissant sa part de difficulté, ne remportant qu'une seule de ses 11 décisions.

Les Devils décidèrent d'envoyer Billington faire ses classes dans la ligue américaine pour la saison 1986-87, l'envoyant avec les Mariners du Maine, où il côtoya deux autres jeunes gardiens de l'organisation, Chris Terreri et un certain Kirk McLean. Ayant fait bonne figure lors des vingt parties qu'il disputa, Billington fut rappelé au début de l'année 1987 afin d'épauler Alain Chevrier. Il ne parvint cependant pas à élever son jeu, ne remportant que 4 des 22 matchs où il fut devant la cage du New Jersey, ce qui incita ces derniers à le retourner dans la ligue américaine pour débuter la saison suivante. Puisque son coéquipier Chris Terreri passa la majorité de la saison au sein de l'équipe nationale américaine, Billington disputa un grand nombre de 59 parties dans l'uniforme des Devils d'Utica en 1987-88, remportant 22 victoires. Ce ne fut toutefois pas suffisant pour lui mériter un rappel, restant à Utica pour les deux saisons suivantes, n'étant d'office que pour trois parties avec le grand club pendant cette période.

Suivant l'exemple de Terreri (qui était maintenant à temps plein dans la LNH avec les Devils), Billington passa l'entièreté de la saison 1990-91 avec l'équipe nationale canadienne. En plus de jouer dans plus de 35 matchs, il participa au championnat mondial, revenant au pays avec une nouvelle médaille d'argent au cou. De retour dans l'organisation des Devils pour la saison 1991-92, il compléta la tâche derrière Terreri, participant à 27 matchs et remportant 13 de ses 21 décisions. De plus, possédant un équipement très ressemblant à celui de son coéquipier (à l'exception qu'il portait un masque et Terreri un casque), la compagnie ProSet (qui d'autre!) les mélangea pour leur carte, utilisant à chaque occasion une photo de Chris Terreri.

La carte de Billington est celle de droite …

Il partagea équitablement le travail avec Terreri lors de la saison suivante, disputant 42 parties. Il fut de plus sélectionné pour participer au match des étoiles qui avait lieu à Montréal en 1993. À la fin de la saison, les Devils devaient se départir d'un gardien à la fin de la saison, le jeune Martin Brodeur étant fin prêt à faire le saut dans la LNH. Ayant prouvé sa valeur, Billington fut expédié (ainsi que Troy Malette et un choix de 4 ronde) aux pauvres Senators d'Ottawa, qui avaient besoin d'un gardien solide, en retour de Peter Sidorkiewicz et un choix conditionnel qui devint Mike Peluso. 

Faisant de son mieux dans la capitale canadienne derrière une équipe pitoyable, Billington ne put faire mieux que 11 victoires en 72 matchs, dont aucune victoire en 9 matchs lors de la saison écourtée de 1994-95. Au moins, Billington avait un beau look dans la capitale nationale, puisque son équipement aux nouvelles couleurs des Devils concordait parfaitement avec les couleurs des Senators. Lorsqu'il reçut son nouveau masque plusieurs mois après son arrivée à Ottawa, il avait vraiment fier allure, comparativement à l'équipe …


Heureusement pour lui, les Bruins de Boston en firent son acquisition à la date limite des transactions 1995, afin de seconder Bill Ranford. Il fit bonne figure, ajoutant 5 victoires à son palmarès, et s'assurant le même job pour la saison suivante. Ses performances furent toutefois en dents de scie lors de la saison suivante et les Bruins ne renouvelèrent pas son contrat lorsqu'il vint à échéance en juin 1996. 

Billington dût attendre à la fin de l'été, tout juste avant le camp d'entraînement, avant qu'une équipe lui fasse signe. Ce sonr les Panthers de la Floride qui lui offrirent un contrat au début du mois de septembre. Alors qu'il devait être en train de planifier la job de peinture sur son casque, il fut réclamé par l'Avalanche du Colorado lors du repêchage de non-protection (Waiver Draft) à la fin du mois de septembre, chose qui n'existe plus depuis 2003. Ces derniers n'avaient pas encore trouvé de gardien pour seconder Patrick Roy depuis qu'ils avaient exaucé le vœu du deuxième gardien de l'organisation, Stéphane Fiset, alors qu'ils l'avaient envoyé aux Kings.

C'est donc en tant que substitut de Patrick Roy que Billington se présenta à Denver. Derrière une solide équipe, Billington enregistra les meilleures statistiques de sa carrière en trois saisons avec l'Avalanche, ajoutant 30 victoires à sa fiche en 67 parties. Dû à la progression d'un jeune Marc Denis, et après s'être amplement acquis de sa tâche, Billington fut échangé à l'été 1999 aux Capitals de Washington, où le même rôle l'attendait, cette fois derrière Olaf Kolzig.

Une saison et quart à Boston, trois saisons au Colorado

Dans la capitale américaine, Billington ne put tenir les mêmes standards qu'au Colorado, ne réussissant pas à montrer une fiche gagnante lors de trois saisons complètes, même en disputant moins de rencontres. Heureusement pour les fans des Capitals, Kolzig grugeait sa grande part de victoires et l'équipe prenait les victoires de Billington comme un "bonus" lorsqu'elles arrivaient. Toutefois, après n'avoir participé qu'à cinq matchs en 2002-03, Billington annonça sa retraite au début du mois de janvier, laissant sa place au jeune Sébastien Charpentier. 

Billington : Qu'est-ce que t'as mangé pour souper ?
Kidd : Des ramens.
Billington : Crime, ça aurait été bon ça !

Billington fut immédiatement engagé par son ancienne équipe, alors que l'Avalanche le nomma comme entraîneur des gardiens. Il est d'ailleurs toujours à l'emploi de l'équipe, ayant occupé différents postes, soit au sein du département de développement des joueurs, soit comme assistant au directeur général. Il a d'ailleurs pu mettre la main sur la coupe Stanley lors de la conquête de 2022 de l'Avalanche, trophée qui lui a échappé tout au long de sa carrière de joueur.


Fiche dans la LNH : 332 parties, 110 victoires, 149 défaites, 31 matchs nuls

lundi 13 janvier 2025

Joueur oublié des 90’s #97 : Jeff Lazaro

Quand j’étais au secondaire, mon école avait un petit magasin où on pouvait acheter des barres de chocolat, des jujubes, des chips, mais aussi des cartes de hockey ProSet 1991-1992. Mes camarades et moi collectionnions bien entendu les cartes de Gretzky, Roy, Lemieux et compagnie. Mais je me souviens d’une carte qui nous fascinait à cause d’une coupe de cheveux bien spéciale. Non ce n’était pas la coupe Longueuil de Jagr, mais bien le Z rasé sur le côté de la tête de Jeff Lazaro. Je me suis récemment rappelé de ce détail en jasant avec Pete Peeters de LVEUP et ça m’a donné le goût de produire la biographie de ce joueur obscur qui a marqué mon imaginaire tout comme l’histoire de la première édition de mes Sénateurs d’Ottawa en 1992-1993. Je ne suis pas encore certain si le symbole dans les cheveux est un Z ou un S, mais le lien avec le Z dans LaZaro devrait clore ce grand débat scientifique.


Né au Massachusetts en 1968, le petit Jeff Lazaro (5 pieds 9) ne fut pas repêché dans la LNH après une carrière productive comme défenseur au niveau collégial américain. Il joua quatre années pour l’Université du New Hampshire (95 points en 138 parties) et décolla vraiment à sa dernière saison avec 35 points en 38 parties, dont 16 buts. Comme c’est signalé sur sa célèbre carte Pro-Set, les Bruins de Boston le découvrirent en 1990 lors d’un camp d’essai en Nouvelle-Angleterre. Remarqué pour sa grande vitesse et son excellent échec-avant, ils furent suffisamment impressionnés pour l’inviter  à un vrai camp d’entraînement où il continua d’impressionner, ce qui lui permis de signer comme agent libre.

Lors de son séjour en 1990-1991 dans le club-école des Maine Mariners, il fut converti en ailier gauche et répondit très bien aux attentes (19 points en 26 parties).


Vers la moitié de la saison, il  obtint sa promotion au sein des Bruins de Boston pour remplacer Bob Carpenter  qui s’était blessé. Dans le grand club dirigé par Mike Milbury, Lazaro fut inséré dans une ligne pilotée par Dave Poulin et Dave Christian, en plus de jouer en désavantage numérique en compagnie de Bob Sweeney. En 49 parties, il récolta 5 buts et 13 passes (18 points). Il fut ensuite considéré comme un élément-clé du désavantage numérique des Bruins en séries alors que l’équipe se rendit jusqu’en troisième ronde contre les futurs gagnants de la Coupe Stanley de 1991, les Penguins de Pittsburgh. Parmi les faits saillants de Lazaro en séries, notons qu’il a marqué contre Patrick Roy (défaite de 3-2 en prolongation contre Montréal) et son futur coéquipier des Sénateurs Peter Sidorkiewicz (défaite de 5-2 contre Hartford).

Une carte remplie de nostalgie pour moi

Désormais sous les ordres de Rick Bowness, Lazaro débuta la saison suivante sans grand éclat, si ce n’est sa violente altercation avec le défenseur Vladimir Konstantinov lors d’une bagarre générale qui le laissa presque inconscient sur la glace comme on peut le constater dans cette vidéo du match trouvée sur YouTube. Il avait alors accusé Konstantinov de l’avoir étranglé, mais celui-ci ne semble pas avoir fait l’objet de mesures disciplinaires pour ses agissements. Fait à noter, lors de cette même bagarre générale, le légendaire Bob Probert avait reçu une suspension de 10 matchs pour s’être battu contre Stéphane Quintal.

Lazaro semble exténué après s’être battu contre Vladimir Konstantinov
dans un match fou entre Boston et Détroit

Toujours en 1991-1992, Lazaro fit un séjour dans le club-école (12 points en 21 matchs), se blessa deux fois au genou avec Boston et termina la saison régulière avec une maigre récolte de 9 points en 27 matchs. Il participa aux séries de 1992, mais ne joua que 9 des 12 matchs de son équipe en amassant une seule passe. Comparativement aux séries de 1991, sa contribution fut plus discrète alors que Boston triompha contre Buffalo (4-3) et Montréal (4-0) avant de s’effondrer encore une fois devant les double champions de la Coupe Stanley (Pittsburgh). En bref, ça ne regardait plus trop bien pour Lazaro avec les Big Bad Bruins après la saison 91-92.

C’est donc sans surprise qu’il ne fut pas protégé par Boston lors du repêchage d’expansion de la LNH de 1992. Mes Sénateurs d’Ottawa décidèrent alors d’en faire leur 10e choix comme attaquant. On plaçait de bons espoirs en lui pour sa vitesse et son potentiel offensif. 

Un artiste a été payé pour peindre le portrait de Jeff Lazaro
dans le magazine Bodycheck des Sénateurs d'Ottawa en 1992

Je ne sais pas si cela avait été pris en compte dans ce choix, mais son ancien coach à Boston - Rick Bowness - venait aussi d’être nommé premier entraîneur-chef à Ottawa. Étonnamment, juste avant que la saison 1992-1993 ne commence, l’équipe décida de ne pas le protéger tout comme le vétéran défenseur Brad Marsh qui parvint malgré tout à participer au match des étoiles cette année-là! Personne ne le réclama et Lazaro fut donc somme toute « chanceux » de demeurer avec la première mouture pitoyable des Sénateurs d’Ottawa.

Très déçu que cette carte soit la seule de Jeff Lazaro avec les Sénateurs d'Ottawa.

Par contre, Lazaro avait été opéré à l’épaule pendant l’été 1992. Pour mieux se rétablir, il débuta donc la saison avec le club-école des Sénateurs à New Haven où il fit très bonne figure (25 points en 27 matchs). Il fut rappelé à Ottawa en novembre même s’il n’était pas encore complètement rétabli au niveau de son épaule. Ce rappel s’explique par la fait que  l’infirmerie des Sénateurs débordait déjà à l’époque et qu’il n’y avait pas vraiment de profondeur ou de relève pour ce club naissant.

Lazaro en train d'écraser Tatarinov alors que les Sénateurs
se sont écrasés 6-1 contre les Nordiques.
Lien en prime des auteurs de la photo (Photolaser) avec "Lazer"!

En bout de ligne, Lazaro a très bien démarré sa saison à Ottawa en marquant deux buts au cours de ses trois premiers matchs. Cependant, des blessures l’empêchèrent de faire mieux que 6 buts et 10 points en 26 matchs. Il s’est d’ailleurs blessé gravement lors de la victoire historique de 3-2 contre les Sharks de San José alors que mon joueur fétiche Bob Kudelski compléta le premier tour du chapeau des Sénateurs d’Ottawa modernes. Pour couronner sa malchance, c’était le 100e match en carrière de Lazaro dans la LNH! Peu avant sa blessure contre les Sharks, le journaliste Pierre Jury du journal Le Droit avait attribué la note de C+ à Lazaro à son bulletin de mi-saison tout en l’évaluant comme « Un marchand de vitesse qui a volé le poste du vétéran Doug Smail. Enjoué dans le vestiaire, il livre la marchandise sur le troisième trio. » (Jury, 1993, p. 36).

Par ailleurs, il ne faut surtout pas oublier que ce fut très difficile pour lui de passer d’une équipe dominante (Bruins) à une des équipes les plus faibles de l’histoire de la LNH. C’est d’ailleurs ce qui ressort de son témoignage après un 18e match sans victoire où il avait quand même marqué un superbe but selon le journaliste Marc Brassard : « Je viens tout juste d’arriver, mais c’est évident que les gars sont un peu découragés. […] Il faut essayer d’arriver à l’aréna avec le sourire aux lèvres quand même. » (Brassard, 1992, p. 66).

Dans la seule vidéo disponible sur YouTube où le focus est mis sur Lazaro lors de son séjour à Ottawa, on le voit se faire donner du coude dans face par Petr Svoboda et tomber par terre comme un sac de patates. J’aurais espéré trouver un de ses buts, mais les fans de hockey préfèrent partager les gooneries :

Simonac qu'il se fait ramasser!

Après avoir été remercié par Ottawa à la fin de la saison, Lazaro s’aligna avec l’équipe américaine en 1993-1994. Il retrouva alors sa touche offensive en ramassant 43 points en 43 matchs, dont 18 buts. Il représenta aussi son pays au championnat du monde de hockey masculin de 1993. Les États-Unis finirent 6e au tournoi après avoir perdu 5-2 contre la Suède en quarts de finale. Lazaro termina le tournoi en récoltant 2 buts en 4 matchs.

Intensément américain!

Il eut ensuite l’honneur de participer à titre d’assistant aux Jeux olympiques de 1994 à Lillehammer. Il épaula ainsi le futur entraîneur de la LNH Peter Laviolette qui agissait alors comme capitaine des États-Unis.

Les Américains n’avaient pas une très bonne équipe à l’époque. Ils comptaient principalement sur des joueurs de second plan comme les attaquants Brian Rolston et Todd Marchant et les gardiens Mike Dunham et Garth Snow. Ils offrirent une performance médiocre en ronde de qualification en obtenant une seule victoire en cinq matchs (7-1 contre l’Italie), en plus de donner le seul point obtenu par la France au tournoi dans un match nul fort gênant de 4-4. Ils se firent ensuite pulvériser 6-1 par la Finlande en quarts de finale, terminant ainsi leur aventure olympique en 8e place. Lazaro obtint tout de même deux buts et deux passes en 8 matchs à Lillehammer. On peut d’ailleurs regarder un de ses buts dans ce match perdu 5-2 contre la République tchèque :

Le but de Lazaro est présenté par un commentateur européen francophone! :)

A la suite des olympiques, il revint temporairement dans le giron des Bruins de Boston en s’alignant avec leur club-école de Providence pendant 16 parties (7 points). Il mit ensuite le cap pour l’Europe et fit très bonne figure pour le EC Graz en Autriche, avec 43 points en 43 matchs, bon pour le 10e rang des pointeurs du circuit. Fait obscur à noter, le meneur de la ligue autrichienne en 1994-1995 est un albertain du nom de Jackson Penney qui a brûlé la ligue avec 75 points dont 48 buts en 38 parties. Méritera-t-il un texte sur LVEUP? Ça étonnerait même Jackson Penney!

Jeff Lazaro signa ensuite avec les Lions de Ratingen en Allemagne. Son équipe se plaça en milieu de peloton en 1995-1996 et termina sa course en première ronde des séries. Lazaro connut une très bonne saison avec 71 points en 49 parties, ce qui le classa 7e meilleur pointeur de la ligue allemande. Il fit donc mieux que Mike Bullard (8e avec 70 points), mais moins bien que Sergei Berezin (4e avec 80 points), John Chabot (3e avec 81 points) et Robert Reichel (1er avec 101 points). Oui c’est le festival du name dropping et avouez que vous aimez ça!

Toujours aussi intense, mais avec le numéro 66! 
Le Mario Lemieux allemand! Non pas vraiment...

L’année suivante fut moins reluisante pour les Lions de Ratingen. L’équipe termina alors dernière de la ligue allemande avec seulement 9 victoires en 48 matchs. Lazaro vit sa production chuter de moitié (36 points en 44 matchs), mais il eut tout de même la chance de jouer quelques matchs avec Ken Hodge Jr., un célèbre feu de paille qui s’illustra lui aussi avec les Bruins de Boston. Je sais, je sais, je namedrop à en faire râler les sourds-muets, mais c’est tellement exaltant de faire ça pour un auditoire aussi gigantesque!

Lors de la saison 1997-1998, Lazaro revint en Amérique du Nord par la petite porte du hockey professionnel en joignant une nouvelle franchise de la ECHL en Louisiane: le New Orleans Brass. Le premier logo de l’équipe (trouvé uniquement sur HockeyDB) était très discutable, car il présentait un joueur de hockey qui frappe une rondelle avec un saxophone :

Seule image disponible sur le web de cet horrible logo

Donc quand vous chiâlez contre un chandail de la LNH que vous ne trouvez pas beau, pensez aux fans du Brass avec leur torchon musical. Et savourez du même coup cette hallucinante publicité qui invitait les louisianais à aller voir le Brass en 1997!

Publicité du New Orléans Brass en 1997 : ça donne le goût de regarder le baseball!

Le dernier logo de l’équipe fut beaucoup mieux réussi avec des colliers que les gens se lancent lors du Mardi Gras et le mot Brass entubé dans une trompette. 

Logo du Brass (2000-2002)

Côté performances, l’équipe n’arriva pas à se rendre bien loin en séries pendant son éphémère existence (1997-2002). L’équipe ne connut qu’un seul entraîneur, Ted Sator, un coach qui n’a jamais réussi à conserver un poste plus de deux ans dans la LNH. Je constate cependant que Sator connaissait déjà Lazaro puisqu’il avait été son entraîneur adjoint lors de la première et meilleure saison de Lazaro avec les Bruins de Boston (1990-1991). C’est donc à se demander si ce n’est pas Sator qui l’invita à se joindre au Brass lors de sa création!

Pendant son séjour en Louisiane, Lazaro fit très bonne figure en terminant 5e meilleur pointeur de la ligue en 1997-1998 avec 101 points, dont 37 buts. Lors du match des étoiles de 1998, Lazaro en profita pour établir le record du patineur le plus rapide de l’histoire de la ECHL avec 13,395 secondes (Solar Bears, 2015). Il semble avoir fait le saut très temporairement dans la AHL à la fin de cette même saison, puisqu’il joua en séries pour les Bulldogs de Hamilton (5 points en 8 matchs). 

Rare image de Lazaro jouant avec le Brass (capture d'écran YouTube).

En 1998-1999, Lazaro revint exceller avec le Brass en saison (71 points en 52 matchs) comme en séries (16 points en 11 matchs). La même année, il retourna dans l’AHL avec les Red Wings d’Adirondack (10 points en 16 matchs), mais il perdit son poste après avoir été arrêté par la police pour conduite en état d’ébriété. Il fut alors renvoyé pour de bon dans l’ECHL avec le New Orleans Brass où il devint joueur-entraîneur jusqu’à la fin de sa carrière après la dissolution de l’équipe en 2002. 

Le Brass de New Orleans ne remporta pas de championnat avec Lazaro, mais celui-ci eut comme coéquipiers notables Gordie Dwyer (ancien joueur des Canadiens de Montréal puis longtemps entraîneur dans la LHJMQ), le grand voyageur Kimbi Daniels et le gardien Patrick Charbonneau, un ancien choix de 3e ronde de mes Sénateurs d’Ottawa qui a passé toute sa carrière dans les ligues mineures.

Reportage de 2018 où on voit Lazaro jouer notamment avec le Brass de New Orleans

Le plus ironique dans la carrière de Jeff Lazaro, c’est qu’une bière a récemment été nommée en son honneur par la Hampline Brewing Company, une entreprise basée à Memphis au Tennessee. Il s’agit d’une bière belge épicée et fruitée au nom « francophone » : Le Lazer!

Capture d'écran tirée du site web de la Hampline Brewing Company (janvier 2025).

C’est incroyable de constater qu’une simple image de carte de hockey avec un Z boucle la boucle avec une bière nommée Lazer quelques décennies plus tard! C’est ça la magie du web et surtout de La Vie Est Une Puck! On vous raconte des histoires passionnantes avec les retailles du hockey! :)

Terminons sur une note encore plus positive en soulignant que selon son compte Instagram personnel, Jeff Lazaro serait aujourd’hui un homme marié et père de 6 enfants qui œuvre dans le domaine des assurances. Peut-être qu’un de ses enfants deviendra un petit laser dans le hockey professionnel avec un gros Z dans les cheveux!

Références:

Ballou, B. (1999, 2 novembre). Carolina prospect gets ready for prime time. ESPN. https://www.espn.com/nhl/s/1999/1101/145908.html

Brassard, M. (1992, 19 juin). Bowness s’est dit heureux des joueurs à sa disposition. Le Droit. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/4520826 

Brassard, M. (1992, 18 novembre). Enfin le fond du filet. Le Droit. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/4520982 

Jury, P. (1992, 19 décembre). La liste des blessés d’allonge: Ce pourrait être encore pire pour les Sénateurs. Le Droit. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/4521013 

Jury, P. (1993, 11 janvier). Les Sénateurs à la mi-saison: le temps des bulletins… Le Droit, p. 36. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/4523093 

Laflamme, R. (1992, 28 décembre). Déjà 20 victoires en 38 matches: Les années se suivent… sans se ressembler. Le Quotidien, p. 26. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/4224973

Mike. (2024, 13 juin). Tank 7-inspired ‘Le Lazer’ Saison returns to Hampline Brewing. Memphis Beer Blog. https://memphisbeerblog.com/2024/06/13/le-lazer-saison-returns-to-hampline-brewing/

Presse canadienne. (1992, 4 octobre). Liste des joueurs non protégés. Le Soleil, S-4. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/2927478 

Solar Bears. (2015, 13 janvier). Solar Bears announce All-Star Skills Competition participants. https://orlandosolarbearshockey.com/news/2015/01/solar-bears-announce-all-star-skills-competition-participants-1597

Wikipedia.

HockeyDB.

Images: Ebay, YouTube, magazine Bodycheck, HockeyDB

jeudi 28 janvier 2021

Joueur oublié des 90's #46 - Blaine Lacher

 
 
 
Né le 5 septembre 1970 à Medecine Hat en Alberta, le gardien Blaine Lacher (prononcé Locker) joua son junior un peu loin des radars des recruteurs avec les Millionnaires de Melville dans la Ligue Junior A de Saskatchewan, où il joua de 1988 à 1991. Non-repêché, il joignit en 1991-92 les rangs des puissants Lakers de la Lake Superior State University au Michigan, une des meilleures équipes de la NCAA au tournant des années 80-90. Il était cependant deuxième dans l'échelon des gardiens des Lakers derrière un autre gradué de cette série, l'ex-Senator Darrin Madeley qui mena les Lakers au championnat national de 1992.
 

 
Madeley gradua avec les Sens la saison suivante, ce qui laissa toute la place à Lacher, qui prit la relève avec brio et connut une saison de 24-5-3 en 34 matchs.  Il aida alors les Lakers à se rendre de nouveau en finale, où ils s'inclinèrent cette fois contre les incroyables Black Bears du Maine. Menés par Paul Kariya, Jim Montgomery et les jumeaux Ferraro, les Black Bears de 1992-93 demeurent la meilleure équipe de l'histoire de la NCAA avec une fiche incroyable de 42-1-2. Lacher et les Lakers purent toutefois se reprendre en 1993-94 avec un autre retour en finale, cette fois-ci dans une cause gagnante contre les Terriers de Boston University. Lacher fit sensation cette saison-là alors qu'il blanchit l'adversaire pendant 375 minutes de suite, soit plus de 5 matchs d'affilée, ce qui demeure un record dans la NCAA.
 
Au même moment, les Bruins de Boston étaient en pleine tourmente dans les buts. Ils avaient acquis avant la saison 1993-94 Jon Casey des Stars de Dallas en retour de leur portier de longue date, Andy Moog. Cependant, Casey fit faux bond aux Bruins en signant comme agent libre avec les Blues après cette seule saison à Boston. Sans véritable gardien numéro un, les Bruins prirent donc une chance en signant Lacher comme agent libre mais la position de partant chez les Bruins était disponible au plus méritant pour la saison écourtée de 1995

Contre toute attente, Lacher étonna et connut un départ canon avec 6 victoires en 7 matchs. Il surpassa ainsi les vétérans Vincent Riendeau et Craig Billington et obtint le poste de gardien numéro un des Bruins. En 35 matchs, sa fiche fut un étonnant 19-11-2 avec une moyenne de 2.41 en plus de 4 blanchissages dont deux d'affilée contre Ottawa et New Jersey. Il mena les Bruins jusqu'aux séries mais les Bruins se firent éliminer en 5 matchs par les Devils en première ronde. Cette sortie hâtive n'était cependant pas due au jeu de Lacher, alors que les Bruins furent blanchis durant trois matchs par Martin Brodeur et les futurs champions de ce printemps 1995.
 
Lacher fut considéré comme candidat pour le trophée Calder mais ne reçut finalement aucun vote. Au même moment, on assistait aux débuts de deux futurs membres du temple de la renommée, le gagnant Peter Forsberg des Nordiques ainsi que l'ancien rival de Lacher dans la NCAA, Paul Kariya. Et parmi les autres candidats du Calder de 1995, on retrouvait un autre gardien sorti de nulle part qui fit sensation, Jim Carey des Capitals avec qui on peut facilement faire un parallèle de carrière. Carey évoluait d'ailleurs dans la NCAA, lui aussi comme rival de Lacher dans la même division avec l'Université du Wisconsin. 
 
Si Carey fut comme on le sait une étoile filante, il dura quand même plus longtemps que Lacher. Ce dernier débuta horriblement la saison 1995-96 avec seulement une victoire à ses huit premières sorties, ce qui lui valut éventuellement une rétrogradation dans la ligue américaine à la mi-saison. En panique avec encore peu de relève dans les buts, les Bruins firent alors l'acquisition de leur ancien gardien Bill Ranford (obtenu en retour de Moog en 1988) en envoyant le jeune Mariusz Czerkawski, le défenseur Sean Brown et un choix de première ronde aux Oilers. Ce même Ranford fut plus tard utilisé comme monnaie d'échange lors d'une transaction majeure en 1997 avec les Capitals où l'on assista au départ d'Adam Oates vers Washington. Parmi les joueurs reçus par les Bruins, on retrouvait alors un Jim Carey sur sa propre pente descendante spectaculaire.

Pour sa part, Lacher disparut du radar encore plus rapidement que Carey. Après son renvoi au club-école de Providence, les Bruins cherchaient à se débarrasser de son contrat. Ils le prêtèrent éventuellement aux Lumberjacks de Cleveland dans la IHL pour la fin de la saison 95-96. En tout, Lacher ne connut que 9 victoires en 30 parties durant cette saison partagée entre ces trois clubs. 
 
Sans contrat la saison suivante, il signa comme agent libre avec les Griffins de Grand Rapids en 1996-97. Sa régression continua alors davantage et il termina cette saison avec une fiche pathétique de 1-8-1 en 11 matchs suite à quoi il prit sa retraite à l'âge de seulement 26 ans. Il expliqua plus tard qu'il regrettait d'avoir abandonné le hockey aussi jeune et qu'il aurait bien pu aller jouer en Europe au moins quelques années par exemple. Mais il raconta que sa confiance avec les Bruins fut grandement ébranlée suite au congédiement de l'entraîneur Brian Sutter après sa première saison en 95. Il n'avait plus la même confiance de son successeur Steve Kasper par la suite et le fait d'évoluer pour 3 clubs durant cette saison 95-96 a totalement enlevé son plaisir de jouer.

Non mais c'est-tu laid ça, bâtard...


Lacher n'était cependant pas le plus sérieux des joueurs de hockey. On le décrivait comme obstiné et une forte tête et pas le plus en forme. Des journalistes le qualifiaient même de ''rondelet''. Il n'avait également pas la langue dans sa poche. Il n'hésitait pas par exemple à critiquer les Bruins pour leur manque d'attaque. Il eut également un épisode fâcheux en 1992 à sa saison recrue à Lake Superior lorsqu'il fut arrêté pour désordre public après une nuit de beuverie. Ces accusations furent abandonnées, mais il fut tout de même suspendu pour deux matchs par l'équipe et cloué au banc le reste de la saison.
 
Après sa carrière, Lacher retourna à Medecine Hat et travailla pour Goodyear et ensuite dans l'industrie pétrolière. 

Sa fiche dans la LNH fut de 22 victoires, 16 défaites, 4 matchs nuls et 4 blanchissages en 47 matchs pour une moyenne de 2.80 et un pourcentage d’arrêt de 0.887.
Sa fiche dans la NCAA avec Lake Superior fut de 49 victoires, 13 défaites, 7 matchs nuls et 8 blanchissages en 73 matchs pour une moyenne de 2.44 et un pourcentage d’arrêt de 0.901

Les Bruins trouvèrent éventuellement un peu de stabilité dans les buts en 1997-98 lorsqu'ils firent l'acquisition de Byron Dafoe des Kings de Los Angeles. Ce dernier fut leur partant jusqu'à la fin de la saison 2001-02.


Sources:

Catching Up With ... Blaine Lacher
, College Hockey News, 17 février 2017
The Lacher Story: Behind the Music, College Hockey News, 20 février 2017
Greatest Hockey Legends
HockeyDB
eliteProspects
wikipedia
The Strangest one of All

samedi 30 octobre 2010

La statue de Bobby Orr

J'ai passé quelques jours dans la très jolie ville de Boston en août dernier, question de sortir de Montréal en compagnie de mon épouse à l'occasion de nos vacances. Et en tant que geek de hockey, j'ai cru bon aller voir le temple des nounours afin de voir qu'est-ce qu'il s'y tramait au mois d'août...

J'habitais durant quelques jours chez un ami qui demeure dans la banlieue sud de Boston, à Rolsindale. Donc pour aller au TD Garden, j'avais toute la ville à traverser dans un métro qui brasse pas mal plus que celui de Montréal. Si vous n'êtes jamais allé, le Garden est situé au nord de la ville, tout près d'un très joli pont qui fut construit très récemment. Ce fut l'un des gros projet récent dans la ville de Boston. Les autorités ont décidé de prendre un gros autoroute en hauteur aussi sexy que le Métropolitain et de le foutre sous terre. Ça a pris près de 15 ans à faire, mais le résultat est splendide. Partout où il y avait autrefois des dessous d'autoroute, il y a maintenant des petits parcs. Ça donne un côté plus vert à cette splendide ville...




Donc voici le TD Banknorth Garden, demeure des nounours depuis 1995. Comme je suis allé en tant que fan du Canadien et dans ma vision montréalaise du hockey, je m'attendais à ce que la présence de cette équipe, ennemis les plus redoutables de mon équipe préférée soit marquée. Je crois que je n'étais pas le seul en cette très chaude journée d'août car les seuls qui poireautaient autour de l'aréna parlaient la langue de Molière...

À l'intérieur il y a une gare de train, l'aréna est au niveau supérieur. La seule chose, outre des pubs des Bruins, qu'on retrouve à ce niveau est le magasin des Bruins et des Celtics, autre équipe légendaire de Boston qui partage le même édifice avec les nounours. Comme je l'ai dit tout à l'heure, il n'y avait que des québécois autour et ce fut la même chose à l'intérieur, doù une joke que j'ai dit à un mec : "Coudonc y vendent pas à rabais les chandails de Bégin?" Quel farceur que je suis...

En fait la seule chose vraiment intéressante à voir si on est un geek de hockey et de monuments est cette statue de Bobby Orr qui fut inaugurée au printemps dernier dont vous me voyez ici en train de contempler :


Encore une fois, seuls des québécois, dont un avec un chandails des Penguins, prenaient des photos de la statue représentant "LE BUT".

Voici donc une autre photo de moi en train d'essayer pitoyablement d'imiter la mimique de Bobby Orr :


Et cette casquette des Expos en passant m'a attirée un genre de sarcasme pendant que je regardait la statue de la part d'un passant qui m'a demandé si j'avais amené les nuages avec moi du nord... Expos + Hockey = Frog for sure probablement...

En fait, outre cette statue, la seule chose qu'on peut voir est ce logo des Bruins sur une colonne à laquelle un logo des Celtics joint l'autre côté du signe à droite...


Bref, si vous allez à Boston l'été ne perdez pas votre temps à aller voir le TD Banknorth Garden et faites quelque chose d'autre comme aller à Fenway... Il n'y a pas grand chose à voir comme autour du Centre Bell...

Mais le trip hockey le plus surnaturel que j'ai eu fut de la colloc de mon ami Egan qui est une die hard fans des Bruins. Elle possède une collection de livre et de vieux chandails des Bruins plus qu'impressionnante. Elle m'a même raconter une anecdote qui m'a foutu la gueule par terre en me faisant réaliser combien à Montréal nous sommes des estis de fêlés de hockey... Cette charmante dame qui est comme je viens de le dire, une farouche fan des Bruins. Elle m'a raconté qu'elle était allée voir le septième match entre les Bruins et les Flyers, match historique s'il en est, pour la modique somme de rien pentoute... Elle a eu des billets pour ce match via un ami qui les aeu gratuitement dans un Dunkin' Donuts...

Pensez à ceci, si l'une des plus respectables et vénérables équipes de hockey aux États-Unis dans une ville qui adore ses équipes sportives donne des billets pour un septième match des séries qui allait avoir un dénouement historique, troisième fois qu'une équipe remonte un 3-0 en séries de l'histoire, imaginez quand une équipe comme Nashville ou Phoenix est en série comment l'engouement dans la ville doit être presque nulle...

Inutile de préciser en plus qu'une rivalité entre les Bruins et les Flyers existe...

Vraiment, nous sommes des fous à Montréal...