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vendredi 1 juillet 2016

Les amis de Paul Coffey






Paul Coffey fut un des meilleurs défenseurs offensifs de l'histoire. Il était aussi reconnu pour sa vitesse légendaire ainsi que de son élégance sur patins. Il détient entre autres le record pour les buts en une saison avec 48 lors de la saison 1985-86 et demeure deuxième derrière Raymond Bourque pour les points avec 1531.

Cependant je crois que beaucoup de ces 1531 points proviennent du fait que Coffey est probablement détenteur d'un autre record, celui du joueur ayant joué avec le plus de membres du temple de la renommée durant sa carrière. Je n'ai pas encore réussi à confirmer le tout mais afin de démontrer ma théorie, voici un petit récapitulatif de la carrière de Coffey à travers les nombreuses équipes où il a joué ainsi que ses illustres coéquipiers au cours des années. Comme bonus, j'inclus aussi une liste de joueurs dignes de mention malgré que je ne considère pas tous ces joueurs comme membres potentiels du temple de la renommée.


Oilers d'Edmonton (1980-1987)
Match des étoiles de 1986
(Moog, Gretzky, Anderson, Coffey, Lowe, Sather, Messier, Fogolin, Kurri et Fuhr)

C'est à Edmonton que Coffey joua le plus longtemps et où il laissa sa marque. Sous la tutelle de Glen Sather, il adopta un style davantage offensif qu'à ses années junior et avec autant de coéquipiers talentueux, il explosa. Il établit plusieurs records offensifs pour un défenseur; buts en une saison (48), points en un match (8), buts, passes et points en une saison éliminatoire (12-25-37). Avec les Oilers, il gagna aussi 2 trophées Norris et 3 coupes Stanley en plus d'être nommé 2 fois sur la première équipe d'étoiles. Il portait à l'époque le numéro 7 qui fut retiré en son honneur en 2005.

Parmi ses coéquipiers des Oilers, on retrouve 5 membres du temple: Wayne Gretzky, Jari Kurri, Grant Fuhr, Mark Messier et Glenn Anderson. Son légendaire entraîneur et directeur-général, Glen Sather fut aussi introduit au temple comme bâtisseur en 1997.

Autres joueurs dignes de mention: Kevin Lowe, Andy Moog

En plus de Kurri, beaucoup de joueurs finlandais de renom jouèrent avec les Oilers dans les années 80 dont Esa Tikkanen et Matti Hagman qui sont membres du temple de la renommée finlandais ainsi que Ritso Siltanen, Raimo Summanen et Reijo Ruotsalainen. La légende suédoise Kent Nilsson joua également quelques matchs avec les Oilers en 1986-87 lors de la dernière saison de Coffey à Edmonton. Nilsson est membre du temple de la renommée de la IIHF ainsi que celui de l'AMH.


Penguins de Pittsburgh (1987-1992)
Match des étoiles de 1992
(Stevens, Lemieux, Jagr, Coffey et Trottier)


Une dispute contractuelle entre Coffey et les Oilers forcèrent ces derniers à procéder au premier démentèlement de leur dynastie. Ils l'envoyèrent à Pittsburgh dans un échange impliquant 7 joueurs dont Craig Simpson qui prit le chemin d'Edmonton. Il adopta le numéro 77 lors de son arrivée avec les Penguins.

À Pittsburgh, Coffey fit équipe avec une autre superstar en Mario Lemieux. Les Penguins étaient toutefois loin de leur but et ce n'est qu'après avoir acquis d'autres joueurs vedettes et légendaires qu'ils parvinrent à remporter la coupe en 1991. Coffey ne participa toutefois pas à la reconquête des Penguins en 1992 alors qu'ils fut échangé aux Kings de Los Angeles en février 1992.

En plus de Lemieux, Coffey fit équipe avec plusieurs autres futurs membres du temple à Pittsburgh; Ron Francis, Larry Murphy, Joe Mullen et Bryan Trottier.

Jaromir Jagr et Mark Recchi seront assurément admis au temple dans le futur.

Autres joueurs dignes de mention: Charlie Simmer, Kevin Stevens, John Cullen, Tom Barrasso (temple de la renommée américain), Gilles Meloche, Rob Brown, Tony Tanti, Ulf Samuelsson.


Kings de Los Angeles (1992-1993)
Match des étoiles de 1993
(Robitaille, Kurri, Gretzky et Coffey)

On se souvient peu de Coffey dans l'uniforme des Kings mais il a bel et bien rejoint ses ex-coéquipiers Gretzky et Kurri l'espace d'un an. Il fut échangé aux Kings contre deux joueurs et un choix de 1re ronde lors de la fin de la saison 1991-92. Moins d'un an plus tard il passa des Kings aux Red Wings de Détroit dans un échange impliquant 6 joueurs dont Jimmy Carson qui retourna à Los Angeles.

En plus de Gretzky et Kurri, Coffey fit donc équipe brièvement avec les futures membres suivant; Luc Robitaille, Rob Blake et Larry Robinson.

Autres joueurs dignes de mention: Dave Taylor, Tomas Sandstrom, Tony Granato et Alexei Zhitnik.


Red Wings de Détroit (1993-1996)

Suite à son bref passage à L.A, Coffey joignit les rangs des Red Wings où il fit équipe avec une autre superstar de l'époque, Steve Yzerman. Yzerman est souvent considéré comme le troisième meilleur joueur de cette époque derrière Gretzky et Lemieux. Il était alors normal qu'on le fasse jouer avec Coffey. Avec les Red Wings, Paul connut plusieurs bonnes saisons, surtout celle de la saison écourtée de 1995 où il termina au premier rang des compteurs de son équipe pour la seule fois de sa carrière. Il remporta également son 3e et dernier trophée Norris cette année-là et participa à la finale de la coupe Stanley contre les Devils. Son séjour à Detroit prit fin après la saison 95-96 lorsqu'il fut sacrifié par Scotty Bowman (avec qui il ne s'entendait pas) pour acquérir Brendan Shanahan des Whalers de Hartford. Shanahan est d'ailleurs membre du temple également.

En plus d'Yzerman, Coffey fit équipe plusieurs futurs membres du temple; Sergei Fedorov, Mark Howe, Dino Ciccarelli, Nicklas Lidstrom, Vyacheslav Fetisov et Igor Larionov.

Autres joueurs dignes de mention: Mike Vernon, Chris Osgood, Ray Sheppard, Keith Primeau, Vladimir Konstantinov, Vyacheslav Kozlov, Bob Probert.


Whalers de Hartford (1996)

Coffey ne joua que 20 matchs avec les Whalers et ce passage marqua le début d'une phase de joueur nomade dans sa carrière. Il passa aux Flyers en décembre 1996 contre Kevin Haller et un choix de première ronde qui devint Scott Hannan. Malheureusement, le seul membre du temple présent durant ce bref passage à Hartford fut lui-même alors que l'équipe en était à ses derniers miles. 

On retrouve toutefois quelques joueurs dignes de mention comme Geoff Sanderson, Andrew Cassels, Kevin Dineen, Keith Primeau (qui l'accompagna dans l'échange contre Shanahan), Jeff O'Neill, Glen Wesley, Sean Burke et un jeune Jean-Sébastien Giguère alors recrue.


Flyers de Philadelphie (1996-1998)

Encore une fois, Coffey fit équipe avec le joueur vedette à numéro double de l'époque, cette fois-ci Eric Lindros (88). Avec les Flyers, Coffey n'était plus le joueur vedette d'autrefois mais il apportait toutefois une dose de leadership et aida l'équipe à participer à la finale de 1997 contre son ancienne équipe, les Red Wings.

Parmi ses coéquipiers de l'époque seulement Dale Hawerchuk (alors en fin de carrière) et Eric Lindros (tout frais) sont membres du temple.

Autres joueurs dignes de mention: John LeClair (temple du hockey américain), Rod Brind'Amour, Mikael Renberg, Eric Desjardins, Ron Hextall.


Blackhawks de Chicago (1998)


Coffey signa avec les Blackhawks en 1998 mais ne joua finalement que 10 matchs peu mémorables avec eux avant d'être échangé aux Hurricanes de la Caroline en décembre 1998. Il eut toutefois le temps de jouer avec deux futurs membres en Chris Chelios et Doug Gilmour.

Autres joueurs dignes de mention; Tony Amonte (temple US), Ed Olcyck (temple US), Alexei Zhamnov.


Hurricanes de la Caroline (1998-2000)

Coffey fut échangé pour la dernière fois de sa carrière en 1998 lorsque les Blackhawks le retournèrent dans l'organisation des Hurricanes (anciennement les Whalers) en retour de Nelson Emerson. Même s'il en était à ses derniers miles, Coffey était toujours efficace avec les Hurricanes, jouant sur la première paire de défenseurs et récoltant d'ailleurs une fiche de 11-29-40 en 69 matchs lors de la saison 1999-2000. Il retrouva quelques-uns de ses anciens co-équipiers des Whalers en Caroline (Primeau, Wesley, Dineen, O'Neill,etc.) ainsi que d'autres rencontrés auparavant dans d'autres équipes (Francis, Brind'Amour, Sheppard,). À l'exception de Francis, on ne retrouve aucun membre du temple lors de ce passage.

Autres joueurs dignes de mention: Arthurs Irbe (temple de la IIHF), Gary Roberts, Sami Kapanen.


Bruins de Boston (2000-2001)


Le chant du cygne de Coffey arriva finalement lors de la saison 2000-2001 avec les Bruins de Boston qui le signèrent comme agent libre en 2000. Il ne pouvait pas vraiment porter son traditionnel #77 qui était auparavant porté chez les Bruins par son plus grand rival, Raymond Bourque, qui avait quitté l'équipe pour l'Avalanche du Colorado la saison précédente. Il ne pouvait pas non plus porter le #7 (Phil Esposito) alors il se contenta du #74 pour cette dernière saison. Il ne joua cependant que 18 matchs avec les Bruins. Lui et Bourque prirent leur retraite à la fin de cette saison 2000-01 (Bourque termina la sienne avec plus d'éclat) et les deux demeurent premier (Bourque) et deuxième (Coffey) dans le livre des records de la ligue au niveau des points pour les défenseurs.

Durant ces quelques matchs avec Boston, Coffey fit équipe avec un jeune Joe Thornton (futur membre?) ainsi que Bill Guerin (temple US).



Donc au total, Coffey joua avec 24 membres officiels du temple de la renommée du hockey ainsi qu'avec 3 autres qui seront probablement admis éventuellement (Jagr, Recchi et Thornton). Ajoutez à ça 3 membres du temple finlandais, 1 de l'AMH, 5 du temple américain et quelques uns du temple de la IIHF. Il joua également sous les ordres de deux entraîneurs membres du temple, Glen Sather et Scotty Bowman.

À titre de comparaison, Gordie Howe joua durant sa longue carrière avec 21 membres du temple. Henri Richard s'approche de Coffey avec 23 mais évidemment aucun membre des autres temples européens et américain. Un autre joueur à la longévité légendaire comme Chris Chelios est loin derrière à 18.

Je croyais donc que Coffey se méritait ce record mais j'ai depuis trouvé un autre prétendant au titre. Je vous laisse essayer de trouver de votre côté pendant que j'écris la suite...







mardi 28 juin 2016

Trêve de hockey #84 - Sam Etcheverry (2e partie)









En 1964, Etcheverry refait surface dans le monde du football montréalais.  La United Football League, une ligue basée aux États-Unis, s’installe au Stade Delorimier, domicile des Alouettes de 1946 à 1953 et des défunts Royaux au baseball.  Etcheverry est nommé entraîneur-chef et on nomme l’équipe en son honneur : les « Rifles » du Québec.  Ces derniers deviennent la première équipe professionnelle à jouer du football à quatre essais au Canada. 
 
L’expérience est toutefois de courte durée.  Après avoir montré une fiche de 5-9, c’en est fait des Rifles.  La ligue se scinde en deux et les Rifles déménagent à Toronto dans ce qui est maintenant la Ligue Continentale.  Le vrai Rifle demeure toutefois à Montréal et devient pendant un an entraîneur-adjoint des Alouettes, en tant que responsable de la défensive…  Il devient ensuite courtier, toujours à Montréal, métier où il obtient beaucoup de succès.
 
En 1969, pendant les festivités de la Coupe Grey, tenue à Montréal, on annonce qu’il est élu au Temple de la Renommée du Football Canadien et qu’en plus, il revient au football.
 
Après avoir obtenu beaucoup de succès comme propriétaire des Rough Riders d’Ottawa, Sam Berger (voir texte du 17 octobre 2011) les vend et achète des Alouettes en piteux état.  Il amène avec lui son directeur-gérant, qui est nul autre que Red O’Quinn.  Le nouvel entraîneur sera alors son ancien coéquipier, Etcheverry.
 
Les espoirs des partisans sont fondés.  Les Oiseaux passent d’une fiche de 2-10-2 à une de 7-6-1.  Encore mieux, ils se qualifient pour les séries, se faufilent jusqu’en finale et contre toute attente, battent les Stampeders 23-10.  Si la Coupe Grey a toujours échappé à Sam Etcheverry comme joueur, c’est finalement comme entraîneur qu’il la remporte, dans une victoire qui a le grand mérite d’un peu faire oublier la crise d’octobre.

Les saisons 1971 (6-8) et 1972 (4-10) sont toutefois moins prometteuses et c’est ainsi que se termine la carrière d’entraîneur du Rifle, qui redevient courtier.
En 1982, lorsque les Alouettes font faillite et sont remplacés par les Concordes, on ramène Etcheverry, cette fois comme président et directeur-gérant.  Mais suite au fiasco de l’année précédente (voir texte du 3 septembre 2011), on part de très loin.  Les conditions sont difficiles et les résultats, atroces.  L’équipe termine avec une fiche de 2-14.  Suite à une mésentente au sein de la direction, Etcheverry est congédié avant le début de la saison 1983 et se concentre sur sa firme d’investissement.  Il trouvera d’ailleurs le moyen de garder un lien avec le football, entre autres en embauchant l’ex-Alouette Michael Soles après sa carrière.
Lors du retour des Alouettes en 1996, on profite du premier match à domicile pour retirer son numéro 92, qu’il a porté la majeure partie de sa carrière.
Établi en Estrie à la fin de sa vie, le grand Sam Etcheverry s’est éteint en août 2009, à l’âge de 79 ans.
Sources :
Lemay, Daniel, Montréal Football, Un siècle et des poussières, Éditions La Presse, 2006,

Turbis, Pierre et Bruneau, Pierre, La grande histoire des Alouettes de Montréal, Les Éditions de l’Homme, 2007.

« Michael Soles doit beaucoup à Sam Etcheverry » de Serge Vleminckx, 31 août 2009 (exruefrontenac.com),

« Sam Etcheverry 1930-2009 : on l’appelait le Rifle » de Daniel Lemay, 31 août 2009, La Presse (lapresse.ca),

« Une légende n’est plus » de Ronald King, 31 août 2009, La Presse (lapresse.ca),

« Un grand monsieur, une idole » de Réjean Tremblay, 31 août 2009, La Presse (lapresse.ca),

wikipedia.org.

Initialement publié sur bottedenvoi.blogspot.ca/

lundi 27 juin 2016

Trêve de hockey #84 - Sam Etcheverry (1ère partie)









Autant au niveau des Alouettes que de celui de la ligue, Sam Etcheverry est incontournable, c’est le moins qu’on puisse dire.
Fils d’un père français et d’une mère basque établis au Nouveau-Mexique, Etcheverry se distingue d’abord à l’Université de Denver.  En 1952, les Alouettes ont un nouvel entraîneur, Doug « Peahead » Walker, qui a pour mission de faire oublier la saison précédente (3-9) et de dénicher un quart-arrière.  C’est en tombant sur une photo d’Etcheverry dans l’annuaire de son université que Walker le voit pour une première fois.  Il accroche sur son allure, sa position et sa façon de décocher sa passe et décide de prendre contact avec lui.  (Les méthodes de dépistage ont assez évoluées depuis…)  Etcheverry se présente donc à Montréal.  Walker recrute également Red O’Quinn, qu’il a dirigé à l’Université Wake Forest et qui a joué la saison précédente avec les Eagles de Philadelphie.
C’est Frank Nagle qui commence la saison au quart, mais en se fracturant la jambe, il laisse le champ libre au jeune Etcheverry, qui ne regardera plus jamais en arrière.

La première année est difficile (2-10), mais l’équipe est sur une lancée.  Etcheverry, qu’on surnomme le « Rifle », se sert de son bras canon pour former une bonne combinaison avec O’Quinn, en plus de jouer comme secondeur et comme botteur de dégagement.  D’autres joueurs se joignent ensuite à l’équipe, qui termine avec une fiche de 8-6 en 1953.  Etcheverry y reçoit la première de ses six nominations sur l’équipe d’étoiles de l’est.  (Il n’y avait pas à cette époque d’équipe d’étoiles pour la ligue.)
1954, c’est la consécration.  Un receveur de passe de grande classe, Hal Patterson s’amène à Montréal, donnant à Etcheverry une autre corde à son arc.  Le 16 octobre, le Rifle amasse 586 verges par la passe dans un gain de 46-11 contre Hamilton.  Ce record tiendra jusqu’en 1993, alors qu’il sera battu par Danny Barrett.  Pour l’année, il mène la ligue avec 3610 verges, un autre record, pour tout le football professionnel dans ce cas.  Il mène la ligue à ce chapitre également pour les cinq années suivantes.  Et il gagne bien sûr le Trophée Schenley du meilleur joueur de la ligue.  Les Alouettes montrent une fiche de 11-3, en tête de l’est, évidemment.
Malheureusement, la saison ne termine pas comme prévu.  À la finale de la Coupe Grey, les Alouettes sont favoris devant les Eskimos.  Avec moins de trois minutes à jouer, ils mènent 25-20 et sont à la porte des buts.  Etcheverry remet le ballon à Chuck Hunsinger.  Ce dernier l’échappe.  Jackie Parker le reprend et court 90 verges pour le touché.  Le jeu a toutefois soulevé la controverse.  Est-ce que Hunsinger a échappé le ballon ou a-t-il tenté une passe (ce qui, en tombant par terre, aurait mis fin au jeu)?  Peu importe.  Les Eskimos gagnent 26-25.
 
Les exploits d’Etcheverry ne passent toutefois pas inaperçus.  Durant cette période, la NFL et ce qui est devenu la LCF se disputent âprement les meilleurs joueurs.  De plus, les matchs du Big Four (ce qui est devenu la division est de la LCF) sont diffusés sur NBC.  En janvier 1955, le Rifle signe un contrat avec les Cardinals de Chicago.  Changeant d’idée, il en signe un autre avec les Alouettes le lendemain.  Après de nombreuses discussions et négociations, le commissaire de la NFL Bert Bell et le propriétaire des Alouettes Léo Dandurand s’entendent.  Etcheverry demeure finalement un Alouette et se remet au boulot.
Au cours de la saison, il amasse 3657 verges et 30 passes de touchés.  Etcheverry peut aussi compter sur l’arrivée de Pat Abbruzzi dans le champ arrière.  En fait, l’impact de celui-ci est tel qu’il gagne le Trophée Schenley du meilleur joueur de la ligue.
Les Alouettes remportent encore leur division et retrouvent leurs rivaux de l’année précédente, Edmonton, en finale.  La situation est toutefois renversée.  Les Eskimos (14-2) sont favoris et remportent une deuxième Coupe Grey, 34-19.
En 1956, les Cardinals sont toujours amers de la décision qui a permis à Etcheverry de leur filer entre les doigts.  Ils demandent donc une injonction pour l’empêcher de poursuivre sa carrière à Montréal.  En juin, un juge américain déclare le contrat des Cardinals invalide et rejette finalement l’injonction.
Sur le terrain, le Rifle pulvérise son record du nombre de verges amassées par la passe en une saison, en obtenant 4723.  Ce record tiendra jusqu’en 1981, étant battu par Dieter Brock dans la LCF et Dan Fouts dans la NFL (mais en seize matchs au lieu de quatorze dans leurs cas).  Le 20 octobre, dans un match complètement fou où 22 records sont établis, Etcheverry réalise six passes de touchés dans un match remporté 82-14 contre Hamilton.
Comme pour les deux années précédentes, c’est encore un joueur des Alouettes qui se mérite le Trophée Schenley du meilleur joueur de la ligue.  Cette fois-ci, c’est toutefois Hal Patterson qui est récompensé.
Et comme pour les deux années précédentes, Montréal et Edmonton se font encore face en finale de la Coupe Grey.  Puisqu’à cette époque, les équipes de l’est et de l’ouest ne s’affrontent pas lors de la saison régulière, il peut être plus difficile d’établir un favori.  Mais les deux équipes se sont rencontrées lors d’un match préparatoire, que les Alouettes ont gagné.  Ceux-ci sont donc établis favoris et devraient avoir la chance de venger leurs deux autres revers.  Pourtant non…  Les Eskimos l’emportent encore, 50-27.
Les Alouettes entreprennent alors une période de reconstruction et deviennent une équipe de milieu de peloton.  Les Tiger-Cats sont maintenant l’équipe dominante de l’est.  Les statistiques d’Etcheverry sont en baisse, même s’il continue d’amasser plus de 3000 verges par année.  De son côté, Abbruzzi est ralenti par les blessures et quitte après la saison 1958.  L’entraîneur Peahead Walker quitte après la saison 1959, tout comme Red O’Quinn.
En 1960, après l’élimination des Alouettes contre Ottawa en série, dans un match où le Rifle n’a pas été à son mieux, c’est le choc.  Le propriétaire Ted Workman accepte d’échanger Etcheverry aux Tiger-Cats, contre un autre quart, Bernie Faloney.  Un des trois athlètes emblématiques de Montréal des années 1950, avec Maurice Richard et le lutteur Yvon Robert, quitte pour Hamilton.  Et comme si ce n’était pas assez, Hal Patterson, qui ne s’entend pas avec le nouvel entraîneur Perry Moss, prend également le chemin de la ville de l’acier, en échange de Don Paquette.  Les Alouettes reçoivent des appels à la bombe.
Qu’est-ce qui a pu motiver Workman à faire un tel outrage aux partisans montréalais?  Il semblerait qu’il estimait que ses deux vedettes, pourtant sur l’équipe d’étoiles, étaient sur la pente descendante et qu’il était temps d’en obtenir quelque chose.  De plus, Paquette étant un canadien et Faloney en voie d’en devenir un, il aurait ainsi la possibilité de faire des emplettes du côté des joueurs américains.  Les choses ne se sont toutefois pas passées ainsi.
Patterson alla connaître sept autres bonnes saisons avec les Ticats, gagnant trois Coupes Grey et étant élu à trois reprises sur l’équipe d’étoiles de la ligue.
Etcheverry, offusqué, invoqua sa clause de non-échange pour annuler son contrat et rejoignit finalement les Cardinals, maintenant déménagés à St-Louis.  Mais en fin de carrière et au sein d’une équipe plus qu’ordinaire, il n’obtint pas de bons résultats lors de ses deux saisons au Missouri.  Et comme l’échange d’Etcheverry a été annulé, Faloney est demeuré à Hamilton.  Les Alouettes ont ensuite passé les dix années suivantes à faire endurer à leurs partisans des équipes médiocres et à chercher un quart décent.  Paquette, quant à lui, a eu peu d’impact.

Avant de partir, le 7 juin 1961, une réception en son honneur est organisée au Reine-Élizabeth.  1500 personnes, incluant d’ex-coéquipiers, Peahead Walker, Frank Selke (voir texte du 16 septembre 2013), Toe Blake et de nombreux fans, viennent saluer l’athlète, l’idole et le gentleman qu’il est.  On lui remet alors une automobile.
Sources :
Currie, Gordon, 100 Years of Canadian Football, Pagurian Press, 1968, p.116, 135,
Lemay, Daniel, Montréal Football, Un siècle et des poussières, Éditions La Presse, 2006,
Turbis, Pierre et Bruneau, Pierre, La grande histoire des Alouettes de Montréal, Les Éditions de l’Homme, 2007.
« Sam Etcheverry 1930-2009 : on l’appelait le Rifle » de Daniel Lemay, 31 août 2009, La Presse (lapresse.ca),
« They Said Good-Bye To Sam » de Pat Curran, 8 juin 1961, Montreal Gazette, p.24,
« Une légende n’est plus » de Ronald King, 31 août 2009, La Presse (lapresse.ca),
« Un grand monsieur, une idole » de Réjean Tremblay, 31 août 2009, La Presse (lapresse.ca),
wikipedia.org.

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lundi 20 juin 2016

Doug Zmolek



Les partisans des Canadiens se souviennent habituellement du 26 juin 2009. Le repêchage avait lieu cette année-là au Centre Bell. Le tricolore parlait au 18e rang et il y avait un engouement envers celui qu’on croyait qui serait le premier québécois choisi, Louis Leblanc. Même si l’immense majorité des gens présents au Centre Bell cette journée-là ne l’avaient jamais vu jouer (Leblanc ne jouait même pas dans LHJMQ, mais plutôt pour Omaha, dans la USHL), la foule scanda son nom lorsque ce fut le tour des Canadiens. On se doute que les « Louis! Louis! » se seraient rapidement transformés en huées si Trevor Timmins avait prononcé le nom de Chris Kreider (repêché au rang suivant par les Rangers) plutôt que celui de Leblanc.

On connaît la suite. Leblanc a joué 50 matchs, compté 5 buts, avant que les Canadiens ne le laissent aller. Il tenta sa chance ailleurs, mais sans succès, avant de mettre le cap sur l’Europe.

Jusqu’à un certain point, on peut faire un parallèle entre Louis Leblanc et Doug Zmolek.

En 1989, les North Stars du Minnesota étaient dans une période plus ou moins heureuse. Les résultats sur la glace laissaient à désirer et malgré qu’ils évoluaient dans le berceau du hockey aux États-Unis, leurs assistances étaient les plus basses de la ligue.

Cette année-là, le repêchage eut lieu dans leur aréna, le Met Center. Les North Stars choisissaient au septième rang.

Les Nordiques ont débuté la séance en choisissant Mats Sundin. Rendu au tour du Minnesota, il restait des joueurs comme Bobby Holik (qui avait tout de même une question de service militaire à régler), Mike Sillinger et Kevin Haller. Pourtant, le directeur-gérant Jack Fereira causa une surprise en repêchant Doug Zmolek. Ce défenseur n’était pourtant classé que 63e par la centrale de recrutement. (Dans une ligue à 21 équipes comme à l’époque, la 63e sélection équivaut donc au dernier choix de la troisième ronde.) Par contre, il était natif du Minnesota.

Il continua ensuite son parcours « All Minnesota » en s’alignant avec l’Université du Minnesota.

La dernière étape ne viendra toutefois pas. Les propriétaires des North Stars, les frères Gund, voulaient déménager leur équipe dans la baie de San Francisco. Dans une entente relativement complexe, la ligue leur offrit plutôt une équipe d’expansion, qui devint les Sharks, tout en leur permettant de conserver pratiquement la moitié de l’équipe. (voir texte du 19 mars 2016) Ils conservèrent également le DG, Jack Fereira.

Parmi les joueurs que Fereira choisit pour le suivre à San Jose, il y avait Zmolek. Ce dernier n’a donc jamais joué avec les North Stars. À la fin de la saison 1992-93, ceux-ci mirent le cap vers Dallas.

Défenseur défensif, Zmolek joua un peu moins de deux saisons avec les Sharks, avant d’être échangé à Dallas avec l’ex-Canadien Mike Lalor, en retour d’Ulf Dahlen. (voir texte du 14 janvier 2016)

Il fit ensuite des arrêts à Los Angeles et Chicago. En huit ans, Zmolek joua 467 matchs et montra une fiche de 11-53-64 et 905 minutes de pénalité. Il a donc connu une carrière respectable, mieux que Leblanc du moins.

Sources : « Les Whalers ont été audacieux en choisissant le Tchécoslovaque Holik » de Ronald King, La Presse, 18 juin 1989, p.S4, « Le Canadien fait plaisir aux fans » de Marc-Antoine Godin, La Presse, 27 juin 2009, p.S3, wikipedia.org.