Drop Down MenusCSS Drop Down MenuPure CSS Dropdown Menu
Affichage des articles dont le libellé est records. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est records. Afficher tous les articles

lundi 23 mars 2026

Tous le joueurs de 1000 buts au hockey professionnel

 
Nous avons droit ici à une contribution d'un lecteur au pseudo de Funda, texte qu'il a d'abord présenté à la radio à l'émission «C'est l'fun le matin, avec Funda» sur les ondes de CHEF 99 Radio Matagami dans la Baie James.


Alex Ovechkin, le joueur russe, vient de marquer son 1000e but en carrière dans la Ligue nationale de hockey, en compilant les statistiques de la saison régulière et des séries éliminatoires. Par contre, on ne mentionne pas les matchs hors-concours, car je n'ai pas réussi à trouver les données.

Il est le deuxième à atteindre ce plateau après Wayne Gretzky.

Je voulais aujourd’hui de parler de tous les joueurs de hockey ayant marqué plus de 1000 buts au niveau professionnel. On inclut toutes les ligues professionnelles, en saison régulière et en séries. Je ne compte pas les compétitions internationales comme les Jeux olympiques. Mes références sont toutes tirées du site HockeyDB.com.

Alex Ovechkin

Oui, il a 1000 buts dans la Ligue nationale de hockey (LNH). Mais en début de carrière, il a évolué dans deux saisons dans la Superligue russe avec le Dynamo de Moscou et de nouveau dans ce qui était devenu la KHL en 2012-2013 en raison d'un lock-out de la LNH. Au total, en date d'hier, il cumule 1057 buts en 1923 matchs (une moyenne de 0,55 but par match sur 25 saisons pro). 

Ovechkin avec le Dynamo de Moscou


Wayne Gretzky


Celui qui a détenu le record du plus grand nombre de buts dans la LNH en saison régulière du 23 mars 1994 au 26 avril 2025 (soit plus de 31 ans). Au total, en saison et en séries dans la LNH uniquement, Gretzky compte 894 + 122 = 1016 buts.

Mais avant de joindre la Ligue nationale, il a joué un an dans l'Association mondiale de hockey (AMH). Il y a marqué 46 buts, plus 10 en séries. Au total, Wayne Gretzky a donc marqué 1072 buts au hockey professionnel. Il a réussi cet exploit en 22 ans et 1788 parties, soit une moyenne de 0,60 but par match. 

Wayne Gretzky et Gordie Howe au match des étoiles de l'AMH en 1979



Gordie Howe

Le quatrième meilleur compteur de l'histoire de la LNH. Il affiche 801 buts en saison régulière dans la Ligue nationale, plus 68 en séries. Il a aussi joué six ans dans l'Association mondiale pour une récolte totale de 202 buts.

Le grand total pour Gordie Howe est de 1071 buts, soit un seul de moins que Wayne Gretzky. Howe a accompli cela en 2421 parties, soit 0,44 but par match durant 32 saisons complètes. C'est comme si le premier choix au repêchage de cette année, Matthew Schaefer, jouait jusqu'en 2058 !

Bobby Hull


Grosse vedette de la LNH dans les années 60 et au début des années 70. Après 15 ans dans la LNH, il a signé un contrat majeur en 1972 avec la nouvelle ligue : l'Association mondiale de hockey. Hull avait alors 33 ans. Il y joue jusqu'à ce que la ligue fusionne avec la Ligue nationale. Il dispute une dernière saison dans la LNH en 1979-1980, à l'âge de 41 ans.

Au total, séries incluses, il a marqué 672 buts dans la LNH et 346 buts dans l'AMH. Cela donne un grand total de 1018 buts en 1653 matchs. Sa moyenne est de 0,62 but par rencontre durant 23 saisons, ce qui est un meilleur ratio que celui de Wayne Gretzky. 

#9, #9 et #99


Jaromir Jagr

Il a commencé sa carrière professionnelle en 1988 à l'âge de 16 ans et n'a pas arrêté depuis. Par contre, en entrevue sur son compte Instagram le 22 février 2026 (le mois dernier), il annonçait que sa carrière était probablement terminée. C'était une semaine après son 54e anniversaire.

Il a déclaré : « Il faudrait un miracle. Dieu devrait m’aider, entrer en moi et me rajeunir de 15 ans ! Je ne fais rien d’autre que manger et regarder la télé. »

Il a également annoncé qu'il se tenait en forme, mais pas assez pour reprendre la compétition, mentionnant avoir pris 4 à 5 kilos. Il joue depuis 2017 en Extraliga pour le HC Kladno, équipe qu'il a achetée (même s'il a vendu 80 % de ses parts du club en janvier 2025). En six matchs cette saison, il affiche zéro but et une passe. Son dernier match remonte au 21 décembre 2025. 

Jaromir Jagr n'a marqué qu'un seul but (celui-ci), son dernier dans la LNH, avec les Flames de Calgary au début de la saison 2017-18 avant de se retirer après 22 matchs.


Malgré tout, Jagr a évolué dans plusieurs ligues professionnelles : la 1. Liga, l'Extraliga, la Série A, la Superliga, la KHL et la LNH. Au total, il a joué 573 matchs pro en dehors de la LNH pour un total de 203 buts (séries incluses). Dans la Ligue nationale, il a disputé 1941 parties et compté 844 buts.

Son grand total est ainsi de 1047 buts en 2514 matchs, soit une moyenne de 0,41 but par match, alors qu'il en est à sa 38e saison.

Bien qu'il ne revienne peut-être pas au jeu, les médias locaux doutent encore de sa retraite alors que les séries éliminatoires approchent.

Résumé

Plus grand nombre de buts au hockey professionnel : Wayne Gretzky (1072).
Meilleur ratio de buts par match : Bobby Hull (0,62).
Plus grand nombre de parties jouées : Jaromir Jagr (2514).
Plus grand nombre de saisons professionnelles : Jaromir Jagr (38).

J'espère qu'avec tous ces chiffres sur des filets, je ne vous ai pas mêler parce que «ce n'était pas mon but.»


--------------------



NOTES de LVEUP :

Il faut ajouter à ce groupe, même s’il s’agit d’une carrière passée dans les niveaux inférieurs du Royaume-Uni, le nom de Tony Hand. 

Ses totaux de buts, dans les différentes ligues britanniques et d’Écosse vont ainsi, séries incluses :

- BHL (British Hockey League – 1982-1996) : 1069 buts en 566 parties 
- BISL (British Ice Hockey Superleague - 1996-2001): 73 buts en 243 parties 
- GBR II (British National League Division 2 – 2001-2004): 77 buts en 137 parties 
- EIHL (Elite Ice Hockey League – 2004-2009): 82 buts en 247 parties 
- EPIHL (English Premier Ice Hockey League 2009-2015): 102 buts en 294 parties  


Tout cela nous donne un total ahurissant de 1403 buts en 1487 parties, soit une moyenne de 0,94 buts par match.

Et ce n’est même pas le véritable total, étant donné qu’il a en plus participé à un grand nombre de tournoi post-séries en Angleterre et ailleurs en Europe. Il y a par exemple la «Autumn Cup» qui fut disputé pendant une grande partie des années 80 et 90 et où il amassa 181 buts en 149 matchs joués. Il y a aussi la «Crossover Cup», la «EIHL Cup», la «Scottish Cup» et j’en passe. 

Voir ce texte d'archive pour en savoir plus sur lui. 

--------- RaySheppard


N'hésitez pas à faire comme Funda et nous envoyer vos contributions vous aussi.

lundi 22 décembre 2025

Steve Vickers

 

Le repêchage de 1971 fut marqué par la présence de pas un, mais deux joueurs générationnels, Guy Lafleur et Marcel Dionne. Toutefois, d’autres joueurs de valeur furent aussi choisis. Après une bonne saison avec les Marlboros de Toronto, Steve Vickers fut repêché au 10e rang par les Rangers. Son coéquipier, le terrorisant Steve Durbano, fut aussi retenu par New York quatre rangs plus tard, mais après un an avec Omaha, dans la Ligue centrale, leurs chemins se séparèrent lorsque Durbano fut échangé aux Blues. 

De son côté, Vickers fit sa place dans la grosse pomme en faisant une entrée fracassante. Tout au long de sa carrière, il eut des séquences notables, et son début dans la LNH ne fit pas exception. 

Dès son premier match, à son premier tir, celui qu’on appela ″Sarge″ en raison du manteau de style militaire qu’il portait déjoua Denis DeJordy, des Wings. Ce fut toutefois dans une cause perdante puisque Détroit l’emporta 5-3. 

 Un peu plus d’un mois plus tard, combiné avec Bill Fairbairn et Walt Tkaczuk au sein de la Bulldog line, il marqua 3 buts contre Gary Edwards, dans une victoire de 5-1 contre les Kings au Madison Square Garden

Le match suivant, il déjoua Michel Belhumeur 3 autres fois, dans une victoire de 7-3 contre les Flyers. Il est ainsi devenu la première recrue à inscrire deux tours du chapeau lors de deux matchs consécutifs. Il était également le deuxième à réaliser cet exploit après Joe Malone en 1916-17, dans l’uniforme des Bulldogs de Québec

En séries, il ajouta un autre tour du chapeau dans le match qui élimina les rivaux des Rangers, Boston. 

Malgré qu’une blessure lui fit rater 16 matchs, il termina sa saison recrue avec une fiche de 30 buts et 23 passes. Sa récolte de buts représentait un record d’équipe pour une recrue (depuis battu). Il remporta aussi le trophée Calder, remis à la recrue de l’année. Au scrutin, il devança relativement facilement Bill Barber (futur membre du Temple de la renommée) et Billy Harris, son ancien coéquipier au niveau junior. Il était le premier Ranger à le remporter depuis Camille Henry en 1953-54. 

La saison suivante, il ne souffrit pas de la guigne de la deuxième année, augmentant son total à 34 buts, bien qu’il eut une séquence de 15 matchs sans but. 

En 1974-75, étant bien appuyé par ses nouveaux compagnons de trio Jean Ratelle et Rodrigue Gilbert, Vickers conclut sa saison 1974-75 avec sa meilleure fiche en carrière, soit 41-48-89. D’ailleurs, le 30 mars 1975, Vickers marqua pas moins de 4 buts, tous sur des passes de Ratelle et Gilbert. Trois d’entre eux furent marqués en troisième période. Il y ajouta une passe (sur un but de Ratelle, accompagné d’une passe de Gilbert). C’est Peter McDuffe des Scouts de Kansas City qui fut sa victime, dans une victoire de 8-2. 

Il fut alors choisi au sein de la deuxième équipe d’étoiles de la ligue. (Richard Martin des Sabres et repêché cinq rangs avant lui en 1971, fut l’ailier gauche de la première équipe.) 

Ce qui semblait être une saison exceptionnelle s’est toutefois terminée en queue de poisson en séries. Alors que leurs nouveaux rivaux, les jeunes Islanders, accédaient aux éliminatoires pour la première fois, ils poussèrent leurs vénérables voisins à un match ultime qui se rendit en prolongation. À ce moment, Vickers perdit la rondelle à Jude Drouin, qui la refila à Jean-Paul Parisé et qui déjoua Ed Giacomin. Les Isles envoyèrent alors les Blueshirts en vacances. 

En novembre 1975, son trio fut démembré lorsque Jean Ratelle fut échangé aux Bruins dans une transaction majeure qui amena Phil Esposito à New York. Si ce dernier joua certains matchs avec Vickers, l’entraîneur John Ferguson jongla souvent avec ses trios. Ceci n’empêcha toutefois pas Vickers d’avoir un match de 7 points (un record d’équipe) dans une victoire de 11-4 contre les faibles Capitals, alors que lors de ce match du mois de février, il jouait avec Gilbert et Wayne Dillon.

Par la suite, les statistiques de Vickers demeurèrent respectables, mais en baisse. Il parvint tout de même à avoir un autre match de 4 buts en octobre 1977, dans une victoire de 6-2 contre les Blues. 

En 1978-79, c’est l’ex-entraîneur des Flyers, Fred Shero, qui prit le banc des Rangers. Pour Vickers toutefois, les résultats ne furent pas au rendez-vous. Dans une saison marquée par les blessures, il obtint ce qui était à ce moment son plus faible total de buts, avec 13. Par contre, en séries, Shero eut la satisfaction d’éliminer son ancienne équipe, Philadelphie. Au tour suivant, Vickers et ses coéquipiers purent prendre leur revanche de 1973. Cette fois-ci, c’était leurs voisins de Long Island, les Islanders, qui étaient les favoris, forts de leur première place au classement général. Ce sont toutefois les vieillissants Rangers qui l’ont emporté. Ils se sont alors dirigés vers la finale, où ils ont été éliminés par les Canadiens. 

Vickers eut un sursaut en 1979-80, avec une production de 29 buts lorsqu’il fut combiné avec Ulf Nilsson et Anders Hedberg, suivie d’une saison de 19 buts en 1980-81. 

En 1981-82, c’est Herb Brooks, celui qui avait mené les États-Unis à l’or olympique à Lake Placid, qui devint entraîneur des Rangers. Vickers, en perte de vitesse, ne cadrait pas vraiment dans le style préconisé par Brooks. Doublé avec une blessure, il fut envoyé à Springfield, dans la Ligue américaine, pour 20 matchs. 

À la fin de la saison, il demanda à Brooks s’il avait un avenir avec l’équipe. Brooks lui répondit que non. Établi à New York avec sa famille, il préféra prendre sa retraite et alla travailler dans le domaine de l’assurance. Il déménagea plus tard en Floride. 

Sa fiche en carrière est de 246-340-586 en 698 matchs. 

Sources : 

″Clarke propulse les Flyers au premier rang dans l’ouest″, PC, 13 novembre 1972, La Presse, p.C1,

″Vickers unleashed tough Bulldog line″, CP, November 16, 1972, Calgary Herald, p.83, 

″Vickers awarded Calder Trophy, Barber runnerup″, May 30, 1973, Montreal Gazette, p.36, 

″Vickers leads Red Wings″ de Martin Lader, UPI, February 7, 1974, Times-Union Warsaw, p.12, 

″Tight NHL Races to go down to the wire″, CP, March 31, 1975, Calgary Herald, p.17, 

″Second chance for Steve Vickers″, UPI, May 2, 1979, Beaver County Times, p.C2, 

″Big night gives Vickers’ confidence a lift″, CP, November 8, 1979, Regina Leader-Post, p.23,

hockeydraftcentral.com.

 

jeudi 13 février 2025

La Finlande dans l'AMH









En marge de la Confrontation des 4 Nations et du match qui a lieu ce soir, je crois qu'il est logique de parler de l'AMH...

Car peu importe ce que vous pouvez trouver sur l'AMH, ça finit plus que très régulièrement avec une histoire abracadabrante de broche à foin. Et comme la ligue à été ainsi de ses débuts jusqu'à sa fin, rien n'est surprenant d'apprendre qu'une équipe n'a joué qu'un seul match de saison régulière dans les rangs du circuit maudit.

Vous avez bien lu : un seul match de saison régulière !

C'était lors de la dernière saison de l'AMH, en 1978-79. Suite à la faillite des Racers d'Indianapolis après 25 matchs, il ne restait que 6 équipes pour terminer la saison et leur calendrier (une source de revenus malgré tout) se voyait amputé. Les dirigeants de la ligue décidèrent donc d'aller chercher des équipes "mercenaires" pour conclure la saison. C'est ainsi que l'équipe nationale de la Tchécoslovaquie et une équipe d'étoile de l'URSS furent recrutées, tout comme ce fut le cas la saison précédente d'ailleurs. Les six équipes restantes du circuit maudit jouèrent chacun un match contre chacune de ces deux équipes, afin de compléter un calendrier de 80 parties. 

Par contre, comme les Racers ont disparu après un nombre impair de matchs, les Oilers se retrouvaient qu'avec 79 matchs de prévus. Pour remédier à la situation, l'AMH fit appel à une autre équipe nationale qui n'avait pas le lustre qu'elle a aujourd'hui : la Finlande !

Affiche promotionnelle pour la coupe Canada 1976
La Finlande de la fin des années 1970 ! L'équipe nationale qui regorgeait de joueurs connus tel que Tomi Taimio, Matti Kaario, Reijo Lappanen et Jarmo Mikatolo.

Dans ce lot, seulement deux joueurs avaient fait un séjour en Amérique du Nord. Le vétéran Seppo Repo (ça sonne comme Kappo Kakko non ?) avait joué une saison dans la même AMH, en 1976-77, inscrivant 60 points avec les Roadrunners de Phoenix. Le jeune Matti Hagman avait disputé 90 parties en 2 saisons avec les Bruins de Boston, ayant été repêché par ces derniers en 1975. Il finit cependant la saison 1977-78 dans l'AMH, à Québec, avec les Nordiques.

Bref, à la fin du mois de mars 1979, cette bande de joyeux lurons atterrirent en Alberta pour se frotter aux Oilers, qui avaient d'ailleurs pu profiter des problèmes financier des Racers afin de mettre la main sur Wayne Gretzky plus tôt dans la saison. 

La partie eut lieu le 20 mars 1979. La Finlande débuta le match en force, surprenant les Oilers en période d'adaptation, déjouant Dave Dryden à peine 2 minutes après le début du match. Après 10 minutes de jeu, Edmonton avait trouvé leurs repères, inscrivant 7 buts sans riposte contre le gardien Jorma Valtonen, dont trois à l'intérieur de 36 secondes au début du deuxième engagement.

Le victoire en poche, les Oilers ont alors envoyé leur gardien finlandais, Hannu Kamppuri, dans la mêlée, pour son deuxième et dernier match de la saison. Il accorda trois buts à ses compatriotes pendant la troisième période, permettant une marque finale de 8 à 4 en faveur d'Edmonton.

Les Oilers amassèrent donc 2 autres points au classement (ils allaient finir premiers), alors que la Finlande n'en récolta bien entendu aucun. De toute façon, n'étant que de passage dans l'AMH, leur point n'aurait pas été comptabilisé.

Ce match a également permis aux Oilers de garder un œil sur deux joueurs de l'équipe finlandaise, alors qu'ils firent signer un contrat à Matti Hagman avant la saison 1980 (il joua 2 saisons à Edmonton), peu de temps après avoir repêché un joueur qui devint un membre important de la dynastie albertaine, le membre du Temple de la Renommée du hockey, Jari Kurri.


Sources : hockeyreference.com, hockeydb.com, wikipedia.org, https://youtu.be/NF9r1OxWje8?si=E5BVrtUeZ0yd1bXW

vendredi 20 septembre 2024

Les grands voyageurs #15 - Greg Koehler




Comme toujours lors des chapitres de la série «Les Grands Voyageurs», chaque club professionnel où le joueur a joué un match est compté entre parenthèses.

 


 

Greg Koehler est né le 27 février 1975 à Scarborough. Lorsqu'il était âgé de 13 ans et capitaine de son club pee-wee, Ken Dryden en fit le sujet principal d'un épisode de sa série documentaire «Home Game», qui fut diffusée en 1989. On y voit un jeune Koehler et son équipe en préparation pour le tournoi Pee-Wee de Québec et les défis que tout cela représente pour lui et sa famille. La série fut ensuite adapté en un livre du même nom.

Après cette saison, Koehler (qui jouait au centre) semblait avoir plafonné et était désormais dépassé par les autres au niveau talent, taille et poids. Le capitaine fut donc retranché de son club. Il abandonna alors temporairement le hockey mais fut plus tard convaincu de revenir avec un club de Niagara Falls, avec qui il retrouva sa touche et connut une poussée de croissance. Il évolua ensuite pour divers clubs junior A avant d'être recruté par l'Université Lowell-UMass, avec qui il remporta le titre de recrue de la saison 1996-97 dans sa division (Hockey East).

Son bon rendement avec Lowell-UMass incita les Hurricanes de la Caroline à lui offrir un contrat. Il débuta donc son parcours professionnel en 1998-99 avec les clubs-école des Hurricanes, dans la AHL avec le Beast de New Haven (1) et dans la ECHL avec les Everblades de la Floride (2). 

Les Hurricanes changèrent de club-école principal en 1999-2000 et Koehler changea donc de ligue et d'équipe avec les Cyclones de Cincinnati (3) dans la défunte IHL. Après une première saison timide là-bas (12 buts 13 passes) passée exclusivement sur le troisième trio, il se disputa avec son coach sur son temps de jeu et déclara qu'il était capable de marquer 30 buts dans cette ligue. Le coach écouta et c'est ce qu'il fit la saison suivante (2000-01) alors qu'il connut sa meilleure saison professionnelle à vie avec 35 buts et 36 passes pour 71 points. 

Mais durant cette même saison 2000-01, il allait marquer l'histoire du hockey à tout jamais...

Vers la fin décembre 2000, Rod Brind'Amour se blessa. N'ayant que très peu de relève au centre, les Hurricanes (4) rappelèrent Koehler qui put faire ses débuts dans la LNH le 29 décembre 2000 lors d'un match contre les Blue Jackets. Vers la fin de la première période, son trio fut appelé à prendre le relais et Koehler put enfin mettre les patins sur la glace et devenir un joueur de la LNH. Cependant, au même moment, le capitaine Ron Francis se fit accrocher par Steve Heinze des Blue Jackets. Francis s'écroula contre la bande et le sifflet retentit, signifiant le début d'une pénalité et la fin du shift de Koehler, qui n'aura duré que 4 secondes.

Le reste du match fut ponctué de multiples autres pénalités (56 minutes au total durant la partie). Tirant déjà de l'arrière 1-0 après cette première période, l'entraîneur Paul Maurice préféra ne plus utiliser le 4e trio de Koehler. N'évoluant aucunement sur les unités spéciales des Hurricanes, Koehler ne fit donc plus aucune présence, ni durant ce match ni aucun autre dans la LNH. Il participa aux échauffements de deux autres parties, mais ne fut plus jamais rappelé par les Hurricanes, et il termina la saison à Cincinnati. 

Sa carrière dans la LNH se résuma donc à ce simple 4 secondes contre les Blue Jackets, ce qui demeure un record jusqu'à ce jour. 

Quand on utilise l'expression «juste le temps d'une tasse de café» ou «a cup of coffee in the big leagues», et bien dans le cas de Koehler on peut plutôt parler d'une petite gorgée de café...

Ce «record» est cependant à prendre avec des pincettes. La ligue ne tient ces statistiques de temps passé sur la glace que depuis 1997 et même au départ il y avait des erreurs fréquentes, car Koehler est plutôt listé à 46 secondes sur le site de la LNH, ce qui serait tout de même près du record, soit au troisième rang. Il n'y a en fait que 4 joueurs (incluant Koehler), depuis qu'on compile ces statistiques, qui ont joué moins d'une minute dans la LNH.

Les voici pour vous:
Jeff Libby (Islanders 97-98): 43 secondes
Tim Ramholt (Flames 07-08): 45 secondes
*Greg Koehler (Hurricanes 01-02): 46 secondes
(mais 4)
* Cameron Butler (Blue Jackets 23-24): 54 secondes
(toujours actif donc possible d'améliorer)

Il est donc toujours techniquement possible qu'en 1931, un joueur nommé Joe Schlomo des Falcons de Détroit ait sauté sur la glace pendant une seconde avant de se fouler la cheville et disparaître à jamais dans le néant. Mais ça, on le saura jamais...

Mais Koehler lui-même a officialisé au site The Athletic qu'il n'a effectivement joué qu'un seul shift de 4 secondes. Lui et les journalistes de l'époque s'entendent pour confirmer ce fait et que probablement que les marqueurs de temps ont simplement confondu Koehler avec un autre joueur, ce qui arrivait apparemment assez souvent à l'époque. De nos jours, avec les joueurs ayant pratiquement des puces implantées dans le bras et des codes QR tatoués sur les fesses, on imagine qu'on est davantage précis...

Koehler mentionne également n'en vouloir à personne, qu'il a simplement été malchanceux et qu'il a adoré sa carrière malgré tout, et que ce seul shift dans la LNH a été magique. Il a réussi à se rendre à la LNH, ce qui représentait en quelque sorte un «F... You» à ces anciens coachs Pee-wee pour l'avoir retranché. Il a aussi pu grandement profiter de ce contrat offert par les Hurricanes, utilisant entre autres une partie de son bonus de signature de 650,000$ pour payer la maison de ses parents.

Koehler reprit donc son chemin dans les mineures. Il passa une autre saison dans l'organisation des Hurricanes, cette fois-ci avec les Lock Monsters de Lowell (5), où il fit en quelque sorte un retour au bercail de ses années universitaires. Ses droits furent cependant échangés aux Flyers en février 2002 (contre Jesse Boulerice si vous vous rappelez de lui). Il termina donc la saison 2001-02 avec les Phantoms de Philadelphie (6) dans la AHL. 

Il se retrouva en 2002-03 dans l'organisation des Predators de Nashville et fut même rappelé en renfort par ces derniers. Il participa à un échauffement d'avant-match, mais fut finalement rayé de la formation et retourné dans les mineures avec les Admirals de Milwaukee (7). Il fut ensuite échangé aux Kings de Los Angeles, et termina la saison avec les Monarchs de Manchester (8).

Dans tout ça, le comble de l'histoire est le fait que Koehler a eu quand même droit à quelques cartes de hockey, non pas pour son seul «match» dans la LNH avec les Hurricanes, mais plutôt lors de ce passage encore plus court à Nashville comme réserviste...

«Top Shelf» dans le sens qu'il était «sur la tablette»?

«Nashville» mais avec son chandail des Hurricanes.

Une carte avec un morceau de son chandail lors de l'échauffement...
Même pas eu le temps de mettre du tape sur son bâton.

Le gars a plus de cartes que de matchs joués...
 

Désormais sans contrat avec une organisation de la LNH, il débuta véritablement un parcours encore plus nomade. Il joua pour 4 clubs en 2003-04, et ce dans un ordre que j'ignore. Il joua 37 matchs pour les Jackals d'Elmira (9) dans la UHL (United Hockey League), 2 matchs dans la AHL avec le Crunch de Syracuse (10), 12 matchs avec le Rampage de San Antonio (11) et finalement un retour avec les Monarchs de Manchester pour la fin de la saison et les séries 2004.

Il retourna avec les Jackals d'Elmira en 2004-05 mais termina la saison avec le Frostbite d'Adirondack (12), toujours dans la UHL. 

En 2005-06, ce fut un début de saison avec le Frostbite mais aussi un aller-retour de 8 matchs en Italie avec le Milan HC (13).

En 2006-07, ce fut une autre saison dans la UHL partagée entre deux nouveaux clubs, soit les Hounds de Chicago (14) et le PrairieThunder (wtf) de Bloomington (15). Note à moi-même, me renseigner sur ces derniers...

Toutefois, le poids des années et de la route avait laissé ses traces et il décida de prendre sa retraite après cette saison 2006-07.

Il habite désormais la région de Toronto et travaille comme mécanicien, passant une bonne partie de ses loisirs dans un chalet qu'il a acheté avec son contrat des Hurricanes. Il a deux enfants dont une fille qui a été choisie une fois pour chanter l'hymne national avant un match entre les Maple Leafs et... les Hurricanes.

C'était donc l'histoire de Greg Koehler, pas le plus grand des voyageurs comme David Ling ou Trevor Jobe (sérieux allez lire ces texte) mais il aura quand même joué pour 15 clubs professionnels en seulement 10 saisons. Et c'est toujours sans compter les organisations de la LNH pour qui il n'a pas joué de match régulier, dans ce cas-ci il faudrait en inclure 3 autres (Predators, Flyers et Kings)...

Sources:
The shortest career in NHL history? 1 shift. 4 seconds. 0 regrets, The Athletic, 8 novembre 2023

mardi 20 août 2024

William «Flash» Hollett


Les débuts de la carrière de hockeyeur de Bill Hollett ont été pour le moins inorthodoxes et inimaginables de nos jours. Originaire du Cap-Breton, il avait d’abord été recruté pour se joindre à une nouvelle équipe de crosse à Toronto en 1932. Coéquipier du polyvalent Lionel Conacher, il fut remarqué par Conn Smythe. Devant l’échec financier de l’équipe de crosse, Smythe recruta Hollett et l’assigna à Syracuse, dans la Ligue internationale.

Hollett fut ensuite prêté par les Leafs aux agonisants Senators d’Ottawa. Il joua ainsi 30 matchs lors de leur dernière saison, avant d’enfiler le chandail des Leafs.

En 1934-35, Hollet put jouer sa première saison complète à Toronto. Il put alors démontrer tout son talent. Défenseur offensif, il marqua 10 buts. Son coup de patin lui valut d’ailleurs le surnom ″Flash″.

Malgré cela, l’année suivante il fut victime d’un surplus de talent au sein d’une équipe qui comptait déjà sur Happy Day, King Clancy et Red Horner. Les Leafs décidèrent alors de le vendre aux Bruins pour 16 500$, une somme considérable à l’époque.

À Boston, il prit deux ans avant de vraiment prendre ses aises. Il y fut souvent jumelé avec Eddie Shore, ce qui donna éventuellement de très bons résultats. En 1938-39, il connut sa deuxième saison de 10 buts. Aidés par l’arrivée de Frank Brimsek devant les buts, les Bruins dominèrent alors la ligue et remportèrent la deuxième Coupe Stanley de leur histoire.

L’année suivante, Hollett eut des résultats semblables, tout comme son club. Par contre, Boston se fit surprendre par les Rangers au premier tour des séries.

Ce ne fut toutefois que partie remise, puisqu’en 1940-41, les Bruins remportèrent à nouveau la Coupe. L’année ne fut toutefois pas si simple pour Hollett. En janvier, le directeur-gérant des Bruins, Art Ross, décida de l’envoyer avec les Bears de Hershey en compagnie de Mel Hill pour quelques matchs, pour faire de la place pour deux autres joueurs. Hollett en fut vexé et menaça de cesser de jouer. Montréal et Chicago s’intéressèrent au défenseur qui avait la réputation d’être opportuniste et de créer des occasions, mais Ross décida finalement de le conserver. Ce ne sera toutefois pas la dernière fois qu’il dut en découdre avec lui.
Il était tellement connu sous le nom de Flash, que c'est ce qui est inscrit sur la Coupe Stanley

Si les Bruins n’ont pas terminé en tête de la ligue, ni remporté la Coupe en 1941-42, ce n’est pas par manque d’effort de Hollett qui, en inscrivant 19 buts, égalisa le record pour le plus de filets pour un défenseur, détenu par Harry Cameron. Hollett réinscrivit 19 buts l’année suivante aussi.

En janvier 1944, Ross décida d’échanger Hollet aux Red Wings contre Pat Egan. Encore une fois, ce mouvement de personnel ne passa pas avec Hollet. Plutôt que de se rapporter à Détroit, il retourna chez lui, en Ontario et menaça encore de cesser de jouer, mentionnant qu’à la limite, il préférerait jouer à Toronto. Pendant ce temps, Egan demeura avec les Wings. Après quelques jours, l’entraîneur Jack Adams eut une conversation avec sa nouvelle acquisition et Hollett accepta finalement de se joindre aux Wings.

Il semblerait qu’il retrouva ses repères avec Détroit, puisqu’en 1944-45, Hollett battit son record et marqua 20 buts. Il sembla également avoir un malin plaisir à exceller contre son ancienne équipe, qui eut une séquence de 15 défaites face aux Wings, suite à l’échange.

Hollett joua une autre saison à Détroit, avant que ceux-ci ne l’échangent aux Rangers, en retour de Ab DeMarco et Hank Goldup. Toutefois, encore une fois, Hollett résista à la transaction. Par contre, à ce moment, il fit plus que de menacer d'arrêter de jouer. Il passa aux actes. En 565 matchs, il montre une fiche de 132-181-313. Au moment de sa retraite, il s’agissait du plus haut total de points pour un défenseur dans l’histoire de la Ligue nationale. Il fut également le dernier joueur actif à s’être aligné avec les Senators d’Ottawa (première version).

Il alla ensuite jouer au niveau senior, avec Kitchener-Waterloo, puis avec les Marlboros de Toronto, avec qui il remporta la Coupe Allan en 1950. Il fut aussi leur entraîneur pour une courte période.

Le record de buts de Hollett mit 24 ans à être battu, par Bobby Orr. Par contre, comme il a joué avant la création du Trophée Norris, il n’en a évidemment aucun à sa fiche. De plus, ses saisons records ont eu lieu pendant la guerre, alors que plusieurs joueurs étaient absents. Peut-être que ses refus à des échanges pendant une période où on s’attendait à ce que les joueurs obéissent n’ont pas aidé non plus, mais toujours est-il que Hollett est plutôt tombé dans l’oubli et ne fait pas partie du Temple de la renommée.

Il est décédé en 1999, à l’âge de 88 ans.

Sources :

″De son côté Toronto cède Flash Hollett aux Bruins″, La Patrie, 16 janvier 1936, page 21,

″Hollett Threatens Revolt in Hockey″, Edmonton Journal, January 9, 1941, page 13,

″Gorman After Flash Hollett″, Regina Leader-Post, January 14, 1941, page 13,

″Boston’s Hollett Defined as Best ′Clutch′ Player″ de Alan Harvey, CP, Calgary Herald, December 22, 1942, page 11,

″Flash Hollett abandonnera le hockey plutôt que Boston″, La Patrie, 7 janvier 1944, page 19,

″Adams Catches Up With Hollett″, CP, Saskatoon Star-Phoenix, January 8, 1944, page 13,

″Flash Hollett préfère jouer pour Toronto″, Le Devoir, 8 janvier 1944, page 11,

″Wings Rally, Beat Bruins By 6-3 Score″, Windsor Daily Star, December 20, 1944, page 3,

″Hockey Player Enjoys Revenge″, UP, Spokane Daily Chronicle, March 14, 1945, page 12,

″Bill ″Flash″ Hollett dit se retirer du hockey pour de bon″, PC, La Patrie, 10 septembre 1946, page 17,

″Hollett Retires, May Coach, Play Amateur″, CP, The Calgary Herald, September 11, 1946, page 18,

″Hull, Orr bag record goals″, UPI, Montreal Gazette, March 21, 1969, page 28,

″Le sport en général″ de Jacques Beauchamp, Montréal-Matin, 22 mars 1969, page 50,

wikipedia.org.


mercredi 10 juillet 2024

Val Fonteyne


 

 
Ce texte a d'abord été publié comme texte inédit dans notre livre «Le meilleur de La vie est une puck» en 2022. Ce livre est désormais épuisé mais demeure toujours disponible en format digital (eBook).



Né le 2 décembre 1933 à ­Wetaskiwin en ­Alberta, ­Val ­Fonteyne roulait sa bosse comme attaquant défensif dans l’ancienne ­WHL avant d’obtenir un poste avec les ­Red ­Wings en ­1959-60. Il joua ensuite avec les ­Rangers, puis les ­Penguins qui le réclamèrent lors de la grande expansion de 1967. Ce fut plus tard au tour des ­Oilers de le repêcher lors de l’arrivée de l’AMH en 1972. Il y joua deux saisons avant d’accrocher ses patins en 1974.
 
En tout, ­Fonteyne aura connu une longue carrière mais de manière assez anonyme, n’ayant jamais été un grand moteur offensif et n’ayant jamais fait partie d’une puissance. Il se rendit en finale en 1961, 1963 et 1966 avec les ­Wings mais à chaque fois dans une cause perdante. Sa meilleure fiche en saison fut celle de ­1967-68 avec les ­Penguins où il obtint 34 points. Il a aussi gagné la coupe ­Calder en 1967 avec les ­Hornets de ­Pittsburgh, lors d'un court séjour dans la ligue américaine en milieu de carrière.

 
 
 
Donc pourquoi parler d'un joueur au parcours aussi « basic » ? ­Et bien comme on a souvent l’habitude de parler de matamores et de joueurs pas très recommandables, je me disais qu’il serait bien de parler d'un joueur à l’opposée du spectrum. 
 
Un des joueurs les plus gentilhommes de sa génération, Val ­Fonteyne n’aura accumulé que 26 minutes de pénalité en 820 matchs en carrière dans la ­LNH. Jamais il n’aura amassé plus de quatre minutes en une saison et jamais il ne s’est bagarré dans la ­LNH. Il eut cinq saisons sans aucune pénalité dont trois d’affilée entre 1965 et 1968. Il détient par le fait même le record pour le plus de matchs consécutifs sans pénalité avec 188.
 
Il n’a également reçu que quatre minutes de pénalité en 149 matchs dans l’AMH.

Il est considéré le joueur le moins puni de l’histoire de la ­LNH (minimum de 200 matchs) avec une moyenne de seulement 1 seconde de pénalité par match. Étrangement, il n’a jamais remporté le trophée ­Lady ­Byng... 



mercredi 12 juin 2024

Benny Grant

 


 

Ce texte a d'abord été publié comme texte inédit dans notre livre «Le meilleur de La vie est une puck» en 2022. Ce livre est désormais épuisé mais demeure toujours disponible en format digital (eBook). 


Le 20 février 2022, ­Andrew ­Hammond a pu effectuer un retour dans la ­LNH, après un exil de quatre ans, lorsqu’il fut acquis par les ­Canadiens de ­Montréal. Encore mieux, il a pu s’offrir une première victoire depuis le 9 avril 2016, soit un écart de 2 143 jours. On retrouve sept autres gardiens dans l’histoire de la ­LNH qui ont dû attendre plus longtemps que ­Hammond entre deux victoires. Il y a entre autres ­Michael ­Leighton (2 159 jours), ­Kay ­Whitmore (2 395 jours) et ­Roberto ­Romano (2 579 jours). Ce n’est rien cependant comparativement au meneur de cette liste.

Né à ­Owen ­Sound en ­Ontario le 14 juillet 1908, ­Benjamin ­Cameron Grant put jouer régulièrement à l’aréna d’Owen ­Sound car son père en était le gérant. Il joignit les ­rangs des ­Greys de sa ville natale dans la OHA, lors de la saison ­1924-25, mais dut attendre jusqu’en ­1926-27 pour finalement obtenir le poste de gardien titulaire de l’équipe. 

En 16 parties, il récolta 12 victoires, dont deux par blanchissage, avant de mener les ­Greys jusqu’au championnat de la coupe ­Memorial.


Il rejoignit ensuite les ­Panthers de ­London de la ­Canadian ­Professionnal ­Hockey ­League pour la saison suivante, mais ses droits furent échangés au ­Maple ­Leafs de ­Toronto en janvier 1928, contre une somme d’argent. Cette signature servait en fait à combler une rare absence de ­Lorne ­Chabot, gardien titulaire des ­Leafs. Grant fut d’office pour trois matchs à ­Toronto, ne récoltant qu’une victoire.

À une époque où les équipes de la ­LNH n’employaient qu’un seul gardien, ­Grant ne put vraiment s’établir. Mais ­Conn ­Smythe, propriétaire des ­Maple ­Leafs, ne voulait pas le perdre au profit d’une autre équipe et décida de le garder dans l’organisation pour les entrainements. Sa présence permettait d’avoir un remplaçant compétent lorsque ­Lorne ­Chabot devait s’absenter. Smythe se permettait de le prêter à d’autres équipes au besoin, contre une somme d’argent bien entendu. Ainsi, lors de la saison ­1929-30, ­Grant prit la place devant le filet des ­Americans de ­New ­York en remplacement de ­Roy ­Worters. Il y disputa sept matchs, remportant trois victoires.

Voulant garder son auxiliaire actif, ­Smythe prêta ­Grant aux ­Tigers de ­Boston de la ­Canadian-American ­Hockey ­League en ­1930-31 et aux ­Stars de ­Syracuse la ­IHL lors des deux saisons suivantes.

N’étant maintenant plus la propriété des ­Maple ­Leafs, qui comptaient désormais sur les services de ­Turk ­Broda, il retourna dans la ligue « ­Can-Am », d’abord avec les ­Cubs de ­Boston, ensuite les ­Arrows de ­Philadelphie, les ­Eagles de ­New ­Haven et les ­Indians de ­Springfield. Ces derniers migrèrent dans la ­AHL en 1936, avec ­Grant comme principal gardien. Il resta avec l’équipe jusqu’en 1941, pour ensuite rejoindre les ­Saints de ­Saint ­Paul de l’American ­Hockey ­Association. Il y joua deux saisons et prit sa retraite au printemps 1942, même s’il venait d’être élu sur la première équipe d’étoiles de l’AHA.

Benny Grant, dernier à droite de la 3e rangée, lors de la saison 1929-30 où il joua 7 matchs avec les Maple Leafs.


Un an plus tard, alors qu’il était de retour dans sa ville natale et travaillait pour ­Imperial ­Oil, ­Benny Grant assista comme spectateur au camp d’entraînement des ­Maple ­Leafs qui se déroulait à ­Owen Sound. Lorsque l’entraîneur-chef (et natif d’Owen ­Sound) ­Clarence "Hap" ­Day aperçut ­Grant, il lui offrit de revenir au jeu car les ­Leafs étaient en manque de gardiens compétents, dû à l’enrôlement de Turk ­Broda pour la ­Deuxième ­Guerre ­mondiale.

Grant refusa d’abord, prétextant qu’il avait un bon travail, mais il lui indiqua qu’il allait quand même demander à son patron s’il pouvait avoir congé sans solde pour la saison de hockey. Suite au refus de ce dernier, ­Grant avisa ­Hap ­Day qu’il ne pourrait accepter l’invitation. Mais quelques jours plus tard, Grant fut brusquement transféré aux bureaux de ­Toronto de la compagnie. Une fois sur place, il se fit indiquer que son lieu de travail se trouvait au 50 ­Carlton ­Street, ce qui se trouve à être le ­Maple Leaf Gardens.

L’Imperial ­Oil ­Company appartenait à ­Esso. Ces derniers étaient un commanditaires de la radio qui diffusait les matchs des ­Maple ­Leafs à l’époque. Lorsque les dirigeants apprirent que les ­Leafs avaient besoin de ­Grant, ils firent en sorte de libérer ce dernier.

Grant rejoignit donc ses nouveaux coéquipiers et disputa finalement 20 autres matchs avec les ­Maple ­Leafs. Il en remporta neuf, dont le premier le 30 octobre 1943, soit 3 609 jours (presque 10 ans) depuis sa dernière victoire dans l’uniforme des ­Americans de ­New ­York, eux qui n’existaient même plus à ce moment. Grant fut de nouveau prêté à une autre équipe, les ­Bruins de ­Boston en mars 1944, en l’absence de ­Bert ­Gardiner. Il affronta ses coéquipiers des ­Leafs, contre qui il subit une défaite de ­10-2, dans ce qui fut sa dernière partie en carrière.

Il retourna à ­Owen ­Sound travailler pour l’Imperial ­Oil. Il est décédé le 20 juillet 1991.




samedi 8 juin 2024

En finale avec plein d'équipes


 


Avec sa présence en finale qui commence ce soir avec les Oilers, Corey Perry devient le premier joueur de l'histoire à jouer en finale avec une cinquième équipe en carrière. Il avait auparavant participé au grand tournoi avec le Lightning (2022 dans une cause perdante), le Canadien (2021 dans une cause perdante), les Stars (2020 dans une cause perdante) et bien bien auparavant avec les Ducks (2007 dans une cause gagnante). 

On souhaite donc bonne chance (encore) à notre Corey Perry national et aux Oilers. Mais moi ce qui m'intéresse aujourd'hui est de parler de celui ou ceux que Perry a dépassé avec ses 5 équipes. En fait, ce record particulier, qui sera probablement très difficile à battre, appartenait jusqu'à aujourd'hui à 5 joueurs qui se partageaient le record de 4 équipes pour qui ils ont chacun joué au moins un match en finale de la coupe.

Voici ces 5 joueurs.

Al Arbour

Avant de devenir un coach légendaire avec les Islanders de New York, Al Arbour fut un défenseur (à lunettes) efficace durant plus de 600 matchs dans la LNH.

Il a joué avec 4 équipes dans la LNH et se rendit en finale avec chacune d'entre elles soit avec les Red Wings (1954 et 1956), les Blackhawks (1961), les Maple Leafs (1962 et 1964) et finalement avec les Blues (1968, 1969 et 1970). 

Il n'était toutefois pas toujours un joueur régulier avec ces équipes, ce qui fait qu'il n'a pas participé au parcours en finale des Red Wings en 1955, ni celui des Maple Leafs en 1963, 1964 et 1967. Il évoluait alors soit dans les mineures ou était simplement un joueur réserviste. Il est toutefois bien propriétaire de 4 bagues de la coupe Stanley comme joueur soit en 1954, 1961, 1962 et 1964.

Cependant, je doute grandement de la véracité de sa présence et de sa bague de 1954 puisqu'il n'y a aucun match de répertorié à son nom en séries (ni même comme réserviste) et il n'avait joué que 36 matchs en saison régulière sur une saison de 70 matchs, ce qui ne le qualifiait pas pour avoir son nom gravé sur la coupe, ce qui après vérification est bien le cas car son nom n'y apparait pas. Mais il a peut-être pu recevoir une bague malgré tout. 

Il était toutefois là durant la finale de 1956 perdue contre le Canadien, donc il mérite bel et bien sa place dans ce club des ex-recordmen du 4 finales avec 4 équipes différentes.



Ab McDonald


Une carrière extrêmement similaire à Arbour comme joueur pour Ab McDonald.

Cet attaquant originaire de Winnipeg fut d'abord un produit du Canadien avec qui il participa aux trois dernières conquêtes de la run extraordinaire de 5 coupes consécutives (1956 à 1960) soit celles de 1958, 1959 et 1960. Ses deux premiers matchs dans la LNH furent en fait disputés lors de la finale de 1958 contre Boston. Il débuta ensuite à temps plein avec le CH en 1958-59 et joua 11 matchs en séries mais ne fut qu'un réserviste lors des séries de 1960 pour la dernière des 5 coupes. 

Il fut ensuite échangé à Chicago, juste à temps pour contribuer (en compagnie d'Arbour) à la conquête de 1961. Il retourna également en finale avec eux en 1962 dans une cause perdante contre Toronto (et Al Arbour).

Il joua ensuite à Boston en 1964-65 avant de passer aux Red Wings pour la saison 1965-66 où il put retourner en finale encore une fois, perdant contre le Canadien.

Il joignit ensuite les Penguins lors du repêchage d'expansion de 1967, mais fut échangé aux Blues la saison suivante. C'est là qu'il retrouva de nouveau Al Arbour et qu'il devint le deuxième (après Arbour l'année précédente) à participer à une finale avec un quatrième club différent en 1968-69. Il fut également en poste lors de la finale de 1970.

Il fit alors un retour à Détroit en 1971-72 mais quitta ensuite pour l'AMH où il devint le premier capitaine du club de sa ville natale, les Jets de Winnipeg, où il joua deux dernières saisons comme joueur. Il avait également été le premier capitaine de l'histoire des Penguins en 1967-68. 

Donc au final, ce fut 8 présences en finale (58, 59, 60, 61, 62, 66, 69, 70) pour McDonald et quatre coupes (58, 59, 60 et 61).

Il fut plus tard élu au temple de la renommée du hockey du Manitoba et mourut en 2018 à l'âge de 82 ans.

Paul Coffey

Les lecteurs de longue date de ce blog connaissent ma fascination pour Paul Coffey (surtout le Paul Coffey Hartfordien). 

Et bien que de plaisirs aujourd'hui alors qu'on va replonger dans le sujet... D'ailleurs, Coffey fait un retour en finale cette année comme entraîneur des défenseurs chez les Oilers! On est bien content pour lui.

Mais bien avant de devenir assistant à Edmonton, Coffey était un des meilleurs défenseurs au monde mais aussi un des plus grands voyageurs de l'époque, étant une monnaie d'échange très en vue au sein de divers clubs durant les années 90.

Après 7 ans passés à Edmonton, où il remporta 3 coupes Stanley en 4 présences en finales (83, 84, 85 et 87), Coffey fut échangé aux Penguins suite à une dispute contractuelle au début de la saison 1987-88. Après quelques saisons à continuer de loader les Penguins en talent, Coffey put retourner en finale en 1991 et ainsi remporter une 4e coupe Stanley. Il ne fut cependant pas en poste lors du repeat de 1992, ayant précédemment été échangé de nouveau, cette fois-ci aux Kings de Los Angeles où il retrouva son ami Wayne Gretzky durant la saison 1991-92.

Son séjour à L.A. fut toutefois de courte durée alors qu'il passa aux Red Wings en janvier 1993. Il ne fut donc pas membre des Kings lors de la finale de 1993, ce qui est dommage pour cette liste. Il put toutefois participer à la finale de 1995 avec les Wings, mais dans une cause perdante contre les Devils.

Il fit ensuite partie de l'échange malfamé faisant passer Brendan Shanahan des Whalers aux Red Wings, ce qui fit en sorte que le malheureux Coffey se retrouva à contre-gré à Hartford durant la saison 1996-97. Heureusement pour lui ce fut également de courte durée puisque son purgatoire prit fin rapidement lorsqu'il fut envoyé aux Flyers en décembre 1996, ce qui lui permit de participer une autre fois à la finale, celle de 1997 entre les Flyers et son ancienne équipe, les Red Wings, encore malheureusement pour lui dans une cause perdante.

Il joua ensuite pour les Blackhawks, Hurricanes et Bruins jusqu'à sa retraite en 2001, sans jamais retourner une finale... jusqu'à cette année comme assistant avec les Oilers. 

Go Paul Go!


Martin Gélinas


Un autre ex-Oiler dans ce décompte, cette fois-ci en la personne de Martin Gélinas.

Après avoir remporté la coupe de 1990 à sa saison recrue à Edmonton, Gélinas fut brièvement membre des Nordiques en 1993-94. Cela fut toutefois bref puisque les Bleus le placèrent au ballotage en janvier 1994 et c'est ainsi qu'il aboutit avec les Canucks de Vancouver, juste à temps pour retourner en finale contre les Rangers dans une cause perdante.

Il joua ensuite 3 saisons et demie à Vancouver, étant subséquemment échangé aux Hurricanes durant la saison 1997-98. Il demeura en Caroline jusqu'à la fin de la saison 2001-02, soit après la finale de 2002 perdue contre les Red Wings.

Il signa ensuite à Calgary où il joua deux saisons, dont celle de 2003-04 où il retourna de nouveau en finale contre le Lightning. Ce parcours lui valut d'ailleurs le surnom «The Emilinator» puisqu'il marqua trois buts décisifs durant les séries, chacun d'entre eux éliminant chacune des adversaires des trois premières rondes. On se rappelle également de son fameux but refusé lors du match 6 contre le Lightning qui aurait pu devenir le but gagnant menant les Flames à la coupe...

Il joua ensuite avec les Panthers et les Predators jusqu'à sa retraite en 2008.


Darryl Sydor

Et finalement le dernier des 5 à avoir joué pour quatre équipes différentes en finale fut le défenseur Darryl Sydor.

Originellement un produit des Kings de Los Angeles, Sydor débuta sa carrière en 1991-92 avec les Kings, les accompagnant en finale en 1993 contre le Canadien. Il fut ensuite acquis par les Stars de Dallas en février 1996 et y joua jusqu'en 2003, participant au passage à la finale de 1999 (cause gagnante) et celle de 2000 (cause perdante).

Il fut ensuite échangé aux Blue Jackets à l'été 2003 mais ce séjour à Columbus fut très bref alors qu'il fut acquis par le Lightning en janvier 2004, soit comme une bonne police d'assurance en défense pour la conquête de 2004 du Lightning. 

Il fit ensuite un premier retour à Dallas en 2006-07 avant de signer avec les Penguins pour la saison 2007-08. Il participa donc à la finale avec une 4e équipe en 2008, dans une cause perdante contre les Red Wings. Il ne put toutefois venger cet échec en 2009 avec les Penguins, alors qu'il fut retourné une fois de plus aux Stars, en retour de Philippe Boucher qui lui put enfin remporter une première coupe Stanley.

Sydor prit ensuite sa retraite après la saison 2009-10 qu'il joua avec les Blues.

 

C'était donc le parcours de ces grands voyageurs, et aussi grands «winners». Car pour moi, même perdre en finale est un grand gage de joueur gagnant dans mon livre à moi,  et c'est pourquoi le parcours de Corey Perry et ses prédécesseurs est aussi palpitant.


Pour terminer, voici un petit résumé/classements de ces nombreuses finales et coupes entre ces joueurs discutés.

1. Al Arbour : 8 finales - 3 coupes (+1 débatable en 1954)
2. Ab McDonald : 8 finales - 4 coupes
3. Paul Coffey : 7 finales - 4 coupes
4. Martin Gélinas : 4 finales - 1 coupe
5. Darryl Sydor : 5 finales - 2 coupes

et

Corey Perry: 5 finales (5 équipes) - ? coupe(s) ?