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lundi 10 mars 2025

Howie Young



 



Né le 2 août 1937 à Toronto, le jeune Howard Young rêvait de devenir cowboy comme son idole John Wayne, jusqu'à ce qu'il assiste à son premier match de hockey au vieux Maple Leaf Gardens. 

Cependant, les parents de Young étaient tous les deux alcooliques, donc c'est avec sa grand-mère qu'il fut principalement élevé. Cette dernière mourut lorsqu'il avait 16 ans, et il dut alors se débrouiller seul, au même moment qu'il commençait lui aussi à développer de sévères problèmes d'alcool. 

Young était toutefois un défenseur très prometteur au sein des Canucks de Kitchener. Costaud, manieur de rondelle hors-pair et rapide patineur, il aurait apparemment attiré l'attention des Canadiens qui l'invitèrent à leur camp d'entraînement, mais il aurait supposément bousillé l'occasion en étant trop souvent lendemain de veille durant cet essai.

Young avec les Saguenéens
de Chicoutimi en 1958
Il devint ensuite propriété des Maple Leafs et continua son apprentissage junior à Hamilton. Les Leafs l'envoyèrent éventuellement débuter son parcours professionnel en 1958-59 avec les Saguenéens de Chicoutimi, alors dans la ligue du Québec. 

Il devint alors à la fois une vedette ainsi qu'un paria dans cette ligue, étant à la fois célébré pour sa rapidité et sa vision, mais aussi détesté pour ses excès de rudesse. Il était notamment réputé pour ses mises en échec percutantes, mais souvent jugées trop brutales aux yeux des arbitres et de cette ligue. Il avait aussi ce qu'on appelle une «short fuse», étant prompt à complètement perdre la boule sans préavis et se ruer sauvagement sur les joueurs adverses ou engueuler les arbitres. 

Il termina la saison avec 20 points, mais il accumula aussi 180 minutes de pénalité, un sommet dans la ligue, ainsi que quelques suspensions et amendes. 

Les Leafs l'envoyèrent ensuite dans la Ligue américaine avec les Americans de Rochester pour la saison 1959-60. Il continua ses frasques dans la AHL durant toute la saison, terminant troisième pour les minutes de pénalité. Cependant, malgré son potentiel certain, son indiscipline lui coûta sa place avec les Leafs, qui le libérèrent. 

Il se retrouva alors du boulot avec les Bears de Hershey en 1960-61, mais ces derniers trouvaient également qu'il était trop indiscipliné et l'échangèrent aux Red Wings contre Marc Réaume. 

C'est avec les Wings qu'il parvint à finalement atteindre la LNH à l'âge de 23 ans. Malgré qu'il ne joua que 29 des 70 matchs de l'équipe, il termina en tête de l'équipe avec 108 minutes au cachot. Il aida les Wings à se rendre jusqu'en finale dans une cause perdante contre Chicago, amassant 2 buts et 2 aides en 11 matchs durant les séries.

Sa saison 1961-62 fut toutefois à oublier à Détroit, où après 30 matchs avec seulement 2 passes au compteur et beaucoup trop d'indiscipline de sa part, autant sur la glace qu'en dehors, les Wings l'envoyèrent terminer la saison avec les Flyers d'Edmonton dans la Western Hockey League. Il aida toutefois les Flyers à remporter la coupe Patrick au printemps 1962.

Il passa ensuite la saison 1962-63 entièrement à Détroit, et termina en tête des joueurs pénalisés avec un 273 minutes de punition, battant le record de 202 minutes détenu par Lou Fontinato depuis 1956. Ce nouveau record de Young dura ensuite jusqu'en 1970. 

À ce moment à travers la LNH, autant les joueurs, dirigeants et fans étaient polarisés sur ce mystère qu'était Howie Young, à savoir s'il était un joueur qui méritait de jouer ou non dans la ligue. Maurice Richard, alors à la retraite, qualifia Young de complètement fou. Frank Selke Jr. abonda dans le même sens en déclarant dans le journal que Young avait besoin d'un psychiâtre. Mais d'un autre côté, Jack Adams déclara qu'il avait aussi le potentiel de devenir le prochain Eddie Shore.

Et même si son style de jeu attirait les foudres, il demeurait extrêmement populaire auprès des fans, car en plus de faire lever les gens de leurs sièges avec son jeu violent, il avait aussi un look de beau gosse et beaucoup de charisme. Il fut d'ailleurs en vedette sur la couverture de Sports Illustrated en janvier 1963. Il avoua plusieurs années plus tard qu'il était lendemain de veille lors de la prise de cette photo.

 


Éditorial de Frank Selke dans le journal La Patrie

Donc malgré son talent indéniable, il ne parvenait pas à calmer ses démons, étant en plus de nombreuses fois arrêté par la police suite à d'autres bagarres, dans les bars cette fois-ci. Il lui arrivait aussi de rater des matchs, des pratiques ou même l'avion de l'équipe. Après avoir causé de nombreux maux de têtes en peu de temps aux Red Wings, ces derniers perdirent finalement patience avec lui, l'échangeant aux Blackhawks durant l'été 1963 en retour du gardien Roger Crozier et du défenseur Ron Ingram. 

Les Blackhawks regretteront amèrement cet échange, car malgré que Young aida à remplir leur aréna, Crozier gagna le trophée Calder en 1964-65. Pendant ce temps, Howie Young et ses problèmes ne firent que passer à Chicago, mais ce fut très chaotique. Un exemple d'un match typique du «mauvais» Young se produisit lors d'un match contre Montréal en début de saison. Il aurait alors pourchassé Ralph Backstrom pendant plusieurs secondes avant de l'envoyer brutalement sur la bande. Après avoir reçu un deux minutes de pénalité, il jeta ses gants sur la glace en protestation, suite à quoi l'arbitre lui donna un 10 minutes supplémentaire. Young aurait ensuite menacé l'arbitre, qui l'a ensuite expulsé du match et donné une amende. 

Pendant un autre match à Toronto, il aurait craché vers Stafford Smythe, le DG les Leafs, alors que ce dernier était derrière le banc des pénalités avec son épouse et ses enfants. Clarence Campbell songea alors à bannir Young à vie de la LNH, mais cela ne résulta finalement qu'à une suspension de 5 matchs. Campbell déclara toutefois à Young qu'il était “the greatest detriment to hockey that ever laced on a pair of skates".

Donc après seulement 39 matchs, 99 minutes de pénalité et seulement 7 passes, les Blackhawks s'en débarrassèrent en vendant Young aux Blades de Los Angeles dans la WHL, tout en gardant ses droits dans la LNH.

Young déménagea donc en Californie et joua trois saisons avec les Blades. Il continua d'amasser les mauvaises pénalités, menant la ligue avec 227 minutes en 1964-65, mais obtint de meilleures statistiques, démontrant finalement son côté offensif. 

Son look hollywoodien correspondait parfaitement à l'endroit et il rencontra un jour Frank Sinatra qui l'engagea pour jouer dans son film «None but the Brave», un film sur la 2e guerre mondiale où il eut une seule ligne de dialogue. Il revint de ce tournage avec une coupe «Mohawk» peu orthodoxe pour l'époque, ce qui lui causa davantage de controverse.

 

Frank Sinatra en compagnie d'Howie Young sur le plateau du film «None but the brave»

La coupe «Mohawk» de Young durant son temps avec les Blades de Los Angeles

Les démons de Young le suivirent évidemment en Californie mais un beau jour en 1965 où il se réveilla de nouveau en prison, un codétenu l'invita à se joindre aux alcooliques anonymes. C'est alors que Young arrêta de boire et qu'il remit sa carrière sur la bonne voie.

Lors de la saison 1966-67, un Howie Young désormais plus assagi et sobre depuis 2 ans réussit à s'attirer les grâces des dirigeants et à revenir sur le radar le la LNH. Alors qu'il menait les Blades avec 22 points en 29 matchs, l'ancien DG de Young à Détroit, Sid Abel, se retrouvait avec un club en difficulté et des trous en défense. Il tenta alors une fois de plus le pari Howie Young en ramenant l'enfant trouble au bercail. Pour se faire, il transigea de nouveau avec les Hawks qui détenaient toujours ses droits.

Plusieurs doutèrent de la décision de Abel et s'attendaient à un nouveau fiasco, mais c'était véritablement un nouveau Howie Young qui revint à Détroit durant la saison 1966-67. Il appliqua de son propre aveu les mêmes principes qu'il apprit avec les AA, soit d'éviter le trouble, et ne prit plus autant de pénalités inutiles. Il connut même sa meilleure saison jusque là dans la LNH avec 17 points en 44 matchs et aida les Wings à sortir de leur torpeur, malgré qu'ils ratèrent les séries. Il n'avait toutefois pas perdu toute son agressivité et sa robustesse, terminant avec 100 minutes de pénalité.

Il joua ensuite une autre saison à Détroit, ponctuée d'un court séjour de 4 matchs dans les mineures. Mais durant l'été 1968, il fit partie d'une grosse transaction entre les Wings et les Seals d'Oakland envoyant le malheureux défenseur Bobby Baun à Détroit. Apparemment que Baun, autrefois vedette des Maple Leafs, détestait jouer en Californie, meublant son appartement de tableaux aux paysages nordiques afin de se sentir plus chez lui...

Avec les Seals... mais pas vraiment.

Young non plus ne voulait rien savoir de la Californie, même s'il y avait auparavant joué trois ans avec les Blades dans la WHL, car il refusa de se rapporter à l'équipe à l'aube de la saison 1968-69. Il fut donc suspendu et éventuellement placé au repêchage intra-ligue. C'est alors qu'une autre ancienne équipe le ramena au bercail, cette fois-ci les Blackhawks. 

Désormais âgé de 31 ans, Young commença à ressentir le poids des années et n'était plus aussi efficace, jouant désormais dans un rôle plus effacé avec les Hawks qui le libérèrent après la saison. 

Il passa ensuite la saison 1969-70 avec une autre ancienne équipe, cette fois-ci dans la ligue américaine, les Americans de Rochester. 

En 1969-70 il retourna dans la WHL,avec les Canucks de Vancouver. Le timing sembla bon de joindre cette équipe car il put retourner dans la LNH l'année suivante, demeurant avec les Canucks lors de leur année d'expansion en 1970-71. Mais après seulement 11 matchs, il fut récalé dans la WHL avec les Roadrunners de Phoenix. Ce furent ses derniers matchs dans la LNH. 

Après sa fin de saison 70-71 à Phoenix, il opta de prendre sa retraite. Il revint toutefois au jeu la saison suivante, toujours avec les Roadrunners, mais cette fois-ci non pas comme défenseur mais comme attaquant.

Désormais à 35 ans et dans un nouveau rôle d'attaquant et de vétéran, il s'en sortit bien avec une saison de 58 points en 1972-73, aidant les Roadrunners à remporter les grands honneurs. Il sembla également canaliser le Howie Young d'antan en terminant au premier rang de la WHL pour les minutes de punition.

Il fit encore mieux en 1973-74 avec 37 buts et 69 points, aidant les Roadrunners à remporter le championnat pour une deuxième saison consécutive dans ce qui était la dernière saison d'existence de la WHL. Il s'agissait des premiers championnats de Young depuis son premier passage dans cette même WHL en 1962 avec les Flyers d'Edmonton. 

Avec les Jets de Winnipeg dans l'AMH

Il revint dans les «majeures» en 1974-75 lorsque les Roadrunners firent le saut dans l'AMH. Après 30 matchs, il fut toutefois échangé aux Jets de Winnipeg où il retrouva son ancien coéquipier des Hawks Bobby Hull. 

Après une autre retraite de seulement une saison, il revint de nouveau au jeu en 1976-77, de nouveau avec les Roadrunners pour 26 matchs, en plus de 4 matchs dans la CHL avec les Blazers d'Oklahoma City.

Alors au crépuscule de sa carrière, Young demeura en Arizona la saison suivante, suivant toujours la franchise des Roadrunners, qui migrèrent alors dans l'obscure Pacific Hockey League. S'en suivit ensuite une dernière saison de 14 matchs avec les Blades de Los Angeles, nommés en honneur des anciens Blades de la WHL où il avait joué presque 15 ans auparavant. 

Mais comme lors de nombreuses autres fois dans ce texte, ce n'était pas encore la véritable fin pour Howie Young. En 1985, alors âgé de 48 ans, il lit dans le Hockey News que les Spirits de Flint de la IHL recherchaient des joueurs et offraient des essais ouverts. Le DG des Spirits croyait qu'il n'avait que 38 ans et lui accorda un poste avant d'apprendre son véritable âge. Il joua 4 matchs avec Flint et ensuite un autre 7 matchs avec les Slapshots de New York dans la ACHL.

Il occupa ensuite plusieurs boulots divers suite à sa véritable retraite, et tenta durant les années 90 de reprendre son side job comme acteur. Il obtint quelques petits rôles dans des films et séries western comme «Young Guns II» avec Emilio Estevez et le téléfilm «Last Stand at Saber River» avec Tom Selleck.

Et en plus de finalement pouvoir imiter son ancienne idôle John Wayne à l'écran dans des westerns, il put également réaliser son rêve de devenir cowboy, lorsqu'il acheta un ranch au Nouveau-Mexique.


Il mourut en 1999 à 62 ans d'un cancer du pancreas.

En 336 matchs dans la LNH sa fiche fut de 12 buts et 62 passes pour 74 points.
En 394 matchs dans la WHL sa fiche fut de 93 buts et 173 passes pour 266 points.
En 98 matchs dans l'AMH sa fiche fut de 17 buts et 25 passes pour 42 points.

En 157 matchs dans la AHL sa fiche fut de 25 buts et 32 passes pour 57 points.

 

Sources:
50 Years Ago in Hockey: Howie Young’s Biggest Battle, The Hockey Writers
Remembering Red Wing Bad Boy Howie Young, Vintagedetroit.com
Howie Young pourrait être suspendu à vie, L'événement, 11 janvier 1964
Du mystère autour de ce Howie Young, L'événement, 30 mars 1961
Un circuit de femmelettes?, Le Lingot, 20 novembre 1958
Young a besoin d'un psychiatre, La Patrie, 24 octobre 1963
Howie Young est injustement traité, Le Petit Journal, 19 janvier 1964
La réhabilitation de Young n'a pas été chose facile, La Presse, 7 février 1967

samedi 16 novembre 2024

Dave yé magané 3 : AHL / IHL



C’est bien beau les joueurs de la LNH, mais si on veut faire honneur au film culte Slap Shot, il faut aller voir du côté des ligues mineures pour trouver des cartes dignes de la déclaration signalant sans équivoque que « Dave yé magané »! 

J’ai donc pris soin d’écumer le Trading Card Database pour retracer des cartes de hockey de la Ligue Américaine de Hockey (AHL) et de la défunte Ligue internationale de hockey (IHL) où on peut contempler des joueurs qui cherchent la bagarre ou qui l’ont trouvée pas à peu près! À cet effet, la compagnie de cartes Pro Cards dont la qualité médiocre était pleinement assumée avait pour objectif de créer le maximum de cartes pour chaque équipe de ces ligues au tournant des années 1980-1990. Comme vous pourrez le constater, même en étant maganés, certains joueurs étaient visiblement heureux de se faire photographier pour la postérité!


L'autre Capitaine Kirk, celui qui frappe dedans la vie à grands coups de jointures!


On commence avec Kirk Tomlinson qui a roulé sa bosse dans l’AHL, l’IHL et l’ECHL entre 1988 et 1996, accumulant des minutes de pénalité comme des petits pains chauds. Il semble quand même avoir brûlé la ECHL en 1990-1991 puisqu’il a passé 385 minutes au cachot tout en marquant 36 buts en 57 matchs pour les Knights de Nashville! Tomlinson n’a joué qu’un seul match dans la LNH (North Stars du Minnesota, 1987-1988), mais il a remporté la Coupe Calder avec les Red Wings d’Adirondack en 1992.

C’est lors de cette saison victorieuse qu’il décida d’être photographié en pose de combat pour sa carte de hockey. Son coéquipier de l’époque, le défenseur Jason York, s’amuse d’ailleurs à signaler ce fait cocasse dans le podcast Coming in Hot centré sur mes Sénateurs d’Ottawa (Go Sens Go!). Après sa carrière de hockeyeur, Tomlinson fut entraîneur dans quelques ligues mineures (West Coast Hockey League, United Hockey League et Central Hockey League). En date du 16 novembre 2024, il dirige la Tomlinson Elite Hockey, une école de hockey en Nouvelle-Écosse. Je me demande s’il montre sa carte aux joueurs qu'il forme! Terminons ce survol avec ce match hors-concours de 1991 où Tomlinson se bat avec le mythique Tony Twist des Nordiques de Québec!

Capitaine Kirk en train de se faire twister au Colisée!


L'oeil du tigre amoché!


Jamais repêché par la LNH, l’ailier droit de 6’4 Neal Meadmore s’est fait un malin plaisir à tapocher ses adversaires de l’AHL et de l’IHL entre 1979 et 1990. On le voit d’ailleurs tout fier d’avoir un oeil au beurre noir sur cette carte en fin de carrière avec les Hawks de Moncton. Il était pourtant capable de marquer des buts (quatre saisons de plus de 30 buts), dont une superbe saison 1983-1984 comme attaquant de puissance avec 39 buts, 48 passes et 87 points en 82 matchs, avec en prime 267 minutes de pénalité. Sa saison s’est toutefois mal terminée puisqu’il semble s’être écrasé en séries avec seulement trois matchs joués, aucun point et 26 minutes de punition! Quelqu'un a certainement dû payer pour cette débandade! 

Soulignons qu’il a gagné la Coupe Ed Chynoweth en 1978 avec les Bruins de New Westminster de la Ligue junior de l’Ouest, ainsi que la Coupe Turner avec les Wings de Kalamazoo de l’IHL en 1980. En somme, il a connu ses meilleures années en début de carrière et il a grindé du mieux qu’il pouvait par la suite. Il n’existe pas grand chose à son sujet sur le web, mais j’ai pu trouver cette courte vidéo de très basse qualité où on le voit se faire démolir par Greg Smyth du club-école des Nordiques de Québec! Décidément, il ne manque pas de poussière des Nordiques sur le web! 

Smyth déversant sa furie sur Meadmore en quelques secondes

Parlant des Fleurdelysés, je vous suggère fortement de lire Il était une fois les Nordiques de Benoît Clairoux et Pierre-Yves Dumont paru en octobre 2024. Cet ouvrage comprend 100 témoignages d'anciens joueurs des Nordiques et c'est vraiment intéressant d'avoir le point de vue de vedettes comme de joueurs moins connus!


Jay mangé une volée, mais je suis ok!

Non repêché lui aussi, Bob Jay a joué quelques années au niveau collégial américain (1984-1988) avant de jouer une décennie dans la IHL (1990-1999). N’étant pas très pénalisé pendant sa carrière, il a quand même dû se défendre dans une ligue connue pour ses goons au début des années 1990. Sur cette carte des Komets de Fort Wayne, il est tout souriant malgré sa blessure sous son oeil droit. Je lance une hypothèse ridicule/illogique expliquant sa joie : comme RaySheppard l’a signalé dans son hommage aux joueurs monosyllabiques, Bob n’a joué que trois parties dans la LNH chez les Kings de Los Angeles en 1993-1994. Mais son court séjour demeure spécial, car son seul point récolté dans la LNH est une passe sur un but de Wayne Gretzky contre les Rangers! Go mon Bob! Tu as raison de sourire certain! C’est pas grave si vous avez quand même perdu cette partie 3-2! Tu pourras te vanter toute ta vie d’avoir épaulé le meilleur pointeur de tous les temps! 

Bob jouait aussi avec Mike Donnelly, ce joueur échangé avec Mogilny pour Paul Cyr!

Pour vous cher lectorat de LVEUP, je joins à mes niaiseries un petit clip où on voit Bob Jay se faire ramasser d’aplomb par Kris King lors d’un match contre les Jets de Winnipeg en 1993. Bob en a eu pour son argent lors de ses trois matchs dans la LNH!

Bienvenue dans la grande ligue mon Bob!


Rien n'allait faire rater la séance photo de Mike "Chuis-là" Walsh

Né en 1962 à New York, Mike Walsh est un Real American qui n’avait pas froid aux yeux, sauf peut-être aux jambes comme on peut le voir sur cette carte. Même blessé, il hurla « d’la marde avec Eddie Shore! » et se présenta devant le photographe de ProCards. Après un séjour dans les rangs universitaires, il se cassa les dents au repêchage, et ce, malgré un parcours très productif à la Colgate University (oui j’ai fait une joke poche avec le dentifrice). Il fit toutefois une belle carrière avec les Indians de Springfield de l’AHL, menant son équipe en saison régulière en 1990 et remportant la Coupe Calder avec eux lors de cette même année. Bizarrement, il partit jouer l’année suivante en Italie (Cortina SG), pour ensuite revenir passer une saison avec les Mariners du Maine (AHL) et finalement prendre sa retraite chez les Bruins de Providence après seulement 5 parties. Je n'ai pas pu trouver d'explications sur cette soudaine coupure italienne, mais ça ne semble pas avoir été une bonne idée pour lui en bout de compte. 

Durant sa brève carrière dans la LNH, Mike Walsh a compté deux buts en 14 parties jouées avec les Islanders de New York entre 1987 et 1989. Fait cocasse: ses deux buts ont eu lieu lors du même match contre les Capitals de Washington le 28 mars 1989! Et il a aidé son équipe à gagner 5 à 4! En portant l'horrible numéro 53! Go Mike! On a la vidéo pour te glorifier :

Mike Walsh est très expressif dans ses célébrations et me fait penser à Gretzky lors de son 802e but!

Par ailleurs, Mike a un fils - Reilly Walsh - qui a été repêché en 3e ronde par les Devils du New Jersey en 2017. Reilly semble suivre les traces de son père dans la ligue américaine puisqu’en date du 16 novembre 2024, il n’a joué qu’un seul match dans la LNH. Soulignons qu’il a tout de même récolté une passe lors de son coup de vent dans la grande ligue. Jouant actuellement pour le Ontario Reign, LVEUP lui souhaite une longue et heureuse carrière, en plus d’obtenir une carte de hockey aussi mémorable que celle de son paternel!

Je n'ai pas pu trouver de photo de bonne qualité de cette carte pourtant grandiose! Désolé Tim!

Tim Tookey se distingue des autres joueurs maganés présentés ici pour deux raisons. En premier lieu, sa carte de hockey le présente non seulement en béquilles, mais aussi en train de trouver la situation loufoque avec les bras tendus avec les mains ouvertes, genre en train de dire « Pourquoi il fallait que tu viennes prendre ta photo pendant que je suis blessé? Come on! ». C’est une pose comique qui mérite d’être célébrée, une mission acceptée par LVEUP!

En second lieu, Tim Tookey se distingue des autres pour avoir joué plus de 100 matchs dans la LNH, en plus d’être membre du Temple de la renommée de l’AHL. Repêché en 5e ronde par les Capitals de Washington en 1979 après avoir brûlé la WHL (141 points en 70 parties avec les Winter Hawks de Portland en 1979-1980), Tim a fait de nombreux allers-retours entre la LNH et l’AHL avec diverses équipes de 1980 à 1989. Il semblait très prometteur à ses deux premières saisons avec Washington (80-81 : 23 points en 29 parties ; 81-82 : 16 points en 28 parties). Il fut toutefois échangé aux Nordiques de Québec en février 1982 en compagnie d’un choix de 7e ronde des Capitals (1982) contre Lee Norwood et un choix de 6e ronde des Nordiques (1982). Alors qu’il excellait dans le club école de Fredericton sans pouvoir faire sa place à Québec (7 points en 12 parties), il signa comme agent libre avec les Pingouins de Pittsburgh en septembre 1983. Il n’arriva pas à se tailler une place chez les faibles Pingouins, ce qui démarra réellement sa carrière de joueur étoile de l’AHL, lui qui accumula plusieurs saisons fort productives (dont 3 saisons de plus de 100 points), principalement avec les Bears de Hershey. 

Il a aussi joué quelques matchs avec les Flyers de Philadelphie (2 matchs en 1986-1987) et les Kings de Los Angeles (27 matchs étalés entre 1987 et 1989), ce qui lui donne des statistiques très respectables de 58 points en 106 matchs de la LNH, en plus de 4 points en 10 matchs des séries éliminatoires.

Est-ce que les béquilles de Tim Tookey sont au Hall of Fame de l'AHL? J'espère que oui!

Il termina sa carrière avec 974 points en 824 matchs dans la AHL (4e meilleur pointeur de l’histoire à sa retraite), sans remporter la Coupe Calder. Les Bears de Hershey ont retiré son numéro 9 après 693 points en 529 matchs joués pour eux. Notons qu’il a cependant remporté la Coupe Turner de l’IHL lors de sa seule saison écourtée dans cette ligue avec les Lumberjacks de Muskegon en 1988-1989 (26 parties, dont 8 en séries éliminatoires).

Vidéo officielle de l'AHL célébrant la carrière de Tim Tookey

Après sa carrière de joueur, Tim devint entraîneur dans les ligues mineures, ce qu’il fait encore de nos jours avec les Ice Raiders de Reno au Nevada (ligue sénior A). Sa carte où on le voit souriant en béquilles ne semble pas avoir le statut légendaire qu’elle mérite chez les fans de retailles de l'histoire du hockey, alors LVEUP vous encourage à la collectionner comme il se doit!

Ce jour-là, Jason avait le choix entre ne pas être inclus dans la série Pro Cards ou être photographié magané bin raide. Merci d'avoir fait le bon choix Jason!

Défenseur droitier de 6’2, Jason Marshall a débuté sa carrière professionnelle avec Équipe Canada en 1988-1989, une rareté qui lui a tout de même permis d’être repêché 9e au total en 1989 par les Blues de St-Louis! Son équipe a toutefois choisi de le faire poireauter dans les mineures pendant quelques années, ce qui le poussa à retourner jouer pour Équipe Canada en 1993-1994, avant de trouver sa place chez les Mighty Ducks d’Anaheim pendant plusieurs saisons (1994-2001). Il se promena ensuite dans quelques équipes de la LNH, prenant une tasse de café chez les Capitals de Washington (5 parties), un panier d’épicerie avec le Wild du Minnesota (137 matchs) et profitant de son plus long parcours en séries éliminatoires avec les Sharks de San José (17 matchs en 2004, avec 1 passe et 25 minutes de pénalité à son compteur). Jason eut la chance de revenir terminer sa carrière dans la grande ligue avec Anaheim en 2005-2006 (23 matchs) avant de jouer deux dernières années en Allemagne. 

Soulignons que pour un gars magané à ce point sur sa carte avec le club école des Blues de St-Louis, Marshall a connu une très bonne carrière tant en nombre de matchs joués qu’en minutes de pénalité, et ce, peu importe la ligue concernée : 
  • AHL = 108 matchs / 241 min
  • IHL = 255 matchs / 697 min
  • NHL = 518 matchs / 1004 min
Pour mieux illustrer le style très combatif de Jason, regardez-le se faire presque casser le nez dans ce combat provoqué par la petite peste que fut Scott Walker :

En train de se fesser dessus comme des robots selon le commentateur!


Cam donnant un double-échec à Casper, le gentil fantôme

On termine en beauté en faisant un détour dans mon patelin d’origine pour célébrer un ancien défenseur de 6’4 des Olympiques de Hull, le dur à cuir Cam Russell! En plus d’avoir remporté deux coupes du Président (1986 et 1988), Cam fut sélectionné en 3e ronde par les Blackhawks de Chicago en 1987. Il joua une décennie pour eux (1989-1999) pour ensuite conclure sa carrière avec l’Avalanche du Colorado. Il n’a jamais joué une saison complète, que ce soit dans la LNH ou la IHL, mais les minutes de pénalité et la robustesse étaient toujours au rendez-vous.

Je suis très heureux de vous informer que Cam Russell a expliqué l’histoire derrière cette carte à Ken Reid de SportsNet (que je traduis pour vous ici) : « C’était durant ma première année dans les ligues mineures. Je venais de subir une sévère raclée. Je ne me souviens même pas qui me l’avait donnée, ce qui démontre à quel point ce fut terrible. J’ai dû me faire réparer le nez. » Le lendemain de ce malheureux incident, Cam Russell arriva à l’entraînement pour découvrir que c’était le jour des photos. « C’est vraiment mal tombé, fut ma première pensée ». Heureusement pour lui, le photographe lui suggéra de transformer sa situation en une bonne photo et Cam s’est dit « Pourquoi pas! ».

En plus d’être « célèbre » pour cette magnifique carte de hockey, Cam Russell a été intronisé au Temple de la renommée de la Nouvelle-Écosse en 2011 et a remporté la Coupe Mémorial en tant que directeur général des Mooseheads de Halifax en 2013 (une glorieuse année pour un certain Nathan MacKinnon), poste qu’il occupe encore de nos jours! 

Non mais c’est tu pas assez beau de finir avec un sourire aussi frappant de bonheur?!? LVEUP est fier de toi mon Cam! Tu prouves que parfois, ça vaut la peine que Dave soit magané, et ce, même après avoir été plaqué mal sale par le petit Gary Shuchuk!

Cam apprenant que dans les petits pots se trouvent les meilleurs onguents!

Est-ce que la série "Dave yé magané" aura une suite? Est-ce qu'il y a d'autres cartes de hockey qui valent la peine d'être signalées? Est-ce que vous lisez encore ce texte qui n'a pas été généré par l'intelligence artificielle? Savez-vous planter des choux à la mode, à la mode? Si vous avez répondu oui à ces quatre questions, vous avez compris le sens de la vie!

dimanche 10 novembre 2024

Dave yé magané 2 : Slap Choc!






J’adore trouver de vieilles cartes sportives qui détonnent visuellement, qui ont littéralement du punch! Et quoi de mieux qu’un joueur photographié alors qu’il est clairement poqué en pratiquant le sport le plus intense qui soit? Non je ne parle pas du bilboquet, mais bien du hockey sur glace! Tirée du film culte Slap Shot, la grandiose affirmation « Dave yé magané » nous revient en force dans ce nouveau lot de cartes de hockey que j’ai pu rassembler en scrutant le Trading Card Database! Sortez vite votre verre d’orangeade à température pièce pour savourer cette nouvelle série de cartes avant que les Hanson ne vous hurlent d’écouter l’hymne national!


Don n'a pas de temps à perdre à tapocher un joueur qui a presqu'une tête de moins que lui!


Ancien coéquipier d’André « Moose » Dupont chez les Broadstreet Bullies, Don Saleski peut se vanter d’avoir une carte l’illustrant en pleine échauffourée! Tout comme le sang et les langues, les photos de bagarres furent éventuellement bannies des cartes de hockey par l’Association des Joueurs de la LNH. Toutefois, les cartes d’Arber Xhekaj ou de Tony Twist vaudraient sans doute pas mal plus cher si elles les montraient en train de fesser dans le tas! Et leur valeur exploserait si c’était des cartes d’hologrammes où leurs poings avancent et reculent quand on bouge la carte! Prenez des notes Upper Deck! LVEUP vous donne des idées gratis!


Craig patinant vers son chalet personnel : le banc des punitions


Avant d’être entraîneur des « Make Beliefs » de Toronto, Craig Berubé fut fort généreux dans sa distribution de taloches dans la LNH. C’est pas pour rien qu’il fut inclus dans l’échange qui a envoyé Jari Kurri à Philadelphie en 1991, car il a toujours eu le compas dans l’œil… au beurre noir!


Tout va bien, car sa moustache est intacte!


Célèbre pour sa moustache bien fournie et ses nombreux buts avec les Flyers, Tim Kerr semble avoir mangé un bon bol de « Cogne Flakes » sur cette carte. Et comme s’il n’avait pas assez souffert, Kerr est aussi mort en Whalers! Un malheur n’arrive jamais seul mon Tim!


Dave déborde de joie à l'idée d'être photographié ainsi

Reconnu comme ayant été un feu de paille mal huilé chez les Oilers, Dave Lumley est aussi célébré par LVEUP pour cette carte où on le voit qui persévère malgré un coup de palette reçu dans l’oeil gauche. Dave a aussi deux bagues de la Coupe Stanley (1984 et 1985) pour mieux endurer la douleur. Admettons que ça aide en titi!


Gary a un regard qui dit "C'tu à moé que tu parles"?


Le défenseur Gary Doak a joué 789 matchs pour quatre équipes de la LNH de 1965 à 1981 (Boston, Détroit, Vancouver, NY Rangers). LVEUP a souligné qu’il a été inclus dans l’échange qui a envoyé Ron Stewart aux Canucks de Vancouver en 1971. Mais, son principal fait d’armes est d’avoir remporté la Coupe Stanley avec les mythiques Bruins de Bobby Orr en 1970. Bien qu’il soit décédé en 2017, LVEUP tient à célébrer sa carte avec les Dead Wings où on voit clairement la palette qui a découpé la droite de son visage comme avec une paire de ciseaux! Par ailleurs, c’est quand même weird de voir un col vert sur un uniforme rouge de Détroit! Gary pis la mode, c'est comme le coke et les mentos.


Ce Laframboise est habillé comme un pot de jus de fruit tropical!


Pete Laframboise était visiblement très heureux de s’asseoir après avoir mangé toute une volée. Se faire maganer le nez en jouant pour les pathétiques Golden Seals, c’est pas ce qu’on appelle un choix qui a du flair. LVEUP souligne par ailleurs que Pete fut un prolifique marqueur de buts uniquement quand le propriétaire de son équipe était présent au match. En prime, il savait se faire prendre en photo comme s’il était en train de réchauffer fièrement le banc de son équipe!


Tracy représente bien le Crazy Canuck qui fonce dans le tas!


Tracy Pratt est surtout connu pour avoir été le fils de Babe Pratt, un membre du Temple de la renommée du hockey qui fut temporairement banni à vie pour avoir parié sur des matchs de son équipe en 1946. Mais LVEUP veut aussi qu’on se souvienne de Tracy pour cette carte où il affiche une généreuse lacération au bas de son visage. On croirait voir là l’œuvre de Tim McKraken dit le chirurgien dans Slap Shot!

Si vous connaissez d’autres cartes de hockey de la LNH où on voit des joueurs qui arborent leurs blessures de guerre, n’hésitez pas à nous les signaler! Lisez de nouveau le premier Dave yé magané de LVEUP diffusé en 2023! Et pour finir en beauté, visionnez une fois de plus la présentation de l’alignement de Syracuse avec sa légendaire escouade de goons!


Ogilthorpe!



Les images de cartes ont été trouvées sur Ebay.

lundi 12 août 2024

Trêve de hockey #109 : Mon match préféré des Expos


Vous rappelez-vous lorsque les partisans des Expos lançaient des barres de chocolat sur le terrain après un circuit? Bon dieu que Hershey a dû vendre des barres Oh Henry en 1996 dans la province de Québec. La folie Henry Rodriguez a atteint son paroxysme cet été là, alors que le #40 des Expos de Montréal avait frappé un nombre record de 36 circuits au cours de la saison. Aucun autre grand joueur dans l'histoire de Nos Z'amours, comme André Dawson, Gary Carter, le Grand Orange Rusty Staub, Moises Alou ou autres Larry Walker, n'avait frappé autant de circuits pour les Expos auparavant. Ça c'était avant que Vladimir Guerrero (père il faut dire maintenant …) ne le devance en 1998 (38 circuits), 1999 (42 circuits) et en 2000 (44 circuits), devenant le recordman des Expos … Mais bref, en 1996, "Oh Henry" Rodriguez était le dieu du stade !

Je n'ai pas assisté à énormément de matchs des Expos dans ma vie, à mon grand regret. Peut-être une dizaine au total (plus un match des Nationals en 2013, mais ça ne compte pas vraiment). La majorité du temps, c'était en groupe avec le baseball mineur de Victoriaville, alors que j'avais 9-11 ans. Entouré de mes coéquipiers, on était surtout occupé à se promener dans le stade, à jouer aux arcades sous les estrades, etc., bref, tout sauf regarder attentivement le match qui se déroulait. Ça ne pouvait arriver quand j'accompagnais mon père et mon grand-père à un match. Mon grand-père était un grand fan de baseball et, bien entendu, surtout des Expos. Il ratait rarement un match à la télévision. Il suivait attentivement chacune de leurs saisons et faisait parfois une prière au bon Dieu afin qu'il les aide un peu. Il n'a pas prié assez fort semblerait-il …

Il n'y a qu'un seul match auquel j'ai assisté dont je me rappellerai toujours. Le lundi 12 août 1996, mon grand-père et mon père m'ont amené voir la sensation "Oh Henry" alors que les Astros de Houston étaient de visite au Stade Olympique. J'avais apporté mon gant, espérant pouvoir capter une balle frappée par un joueur des Expos, ou par Craig Biggio ou Jeff Bagwell des Astros. On avait eu de bonnes places, près du troisième coussin. Auparavant, j'étais toujours assis (quand j'y étais …) dans les estrades populaires, c'est-à-dire, le champ gauche, donc loin de l'action.

Et de l'action, on en a eu !

Au monticule, on avait droit à un affrontement entre Mark Leiter des Expos et Danny Darwin des Astros qui semblait déjà assez vieux sur ma carte Topps de 1991. Il avait 40 ans en 1996. Le premier frappeur du match, Brian Hunter, envoya le troisième lancer de Leiter dans les gradins pour un circuit. Déjà 1-0 Astros et je me disais que le match serait long … Et lors du tour au bâton des Expos, Moises Alou frappa dans un double-jeu pour mettre fin à la manche.

Mais en deuxième manche, les joueurs des Expos ont commencé à faire résonner leurs bâtons. Darrin Fletcher frappa d'abord un double et ce fut l'arrivée d'Henry Rodriguez à la plaque. Avec un compte complet, il retroussa le lancer de Darwin de l'autre côté de la clôture, prenant bien le temps d'admirer son trentième circuit de la saison, et la pluie de barre chocolatée, au grand mécontentement de Darwin. Les Expos menaient alors le match 2-1.

À leur retour au bâton en troisième manche, les Expos ont continué sur leur lancée. Mark Grudzielanek soutira un but sur balle, Cliff Floyd frappa un double et Moise Alou cogna également un double pour envoyer les deux coureurs au marbre. 4-1 Expos. Puis, Darrin Fletcher arrive à la plaque, expédie la balle dans la foule, pour un circuit. C'était alors 6 à 1 pour les Expos.

Sentant probablement que le match était à l'eau alors qu'Henry Rodriguez revenait au bâton pour sa deuxième présence du match, Darwin décida de prendre sa revanche sur ce dernier. Il lança deux balles à l'intérieur. TRÈS à l'intérieur. Je me rappelle que mon père avait prédit le troisième lancer : envoyé directement sur la hanche de Rodriguez. Il n'en fallait pas plus pour que Rodriguez sprinte en direction du monticule pour tenter de "slugger" Darwin.

Les enclos se sont vidés instantanément. Ça s'est poussé, pitché au sol, donné quelques claques, mais ça s'est somme tout calmé rapidement … avant que la bagarre reprenne près du premier but. D'où j'étais, on voyait des dizaines de bras s'élancer, des casquettes revoler ainsi qu'un casque (!), des gars au sol, etc. Jeff Juden, un obscur lanceur de 6'8" s'est fait mettre sur l'Astroturf à deux reprises, mais c'est relevé à chaque fois, pitchant presque les joueurs des Astros hors de son chemin, cherchant à arracher la tête au nain de 5'8" qui l'avait envoyé au sol, John Cangelosi ; c'était chaotique. Puis la foule en redemandait. On avait presque un match Canadiens-Nordiques des années 80 devant nos yeux.




Les esprits ont fini par se calmer, pratiquement le quart des joueurs a été envoyé aux douches et on a pu reprendre le match, qui est rapidement devenu bien plus terne. Mark Leiter a très bien fait, lançant le match au complet, chose qu'on voit de moins en moins de nos jours.

Les Expos ont finalement remporté le match 8 à 1, le premier d'une série de trois parties. Les deux équipes se sont partagé les deux autres matchs.

Le lendemain, on apprenait les suspensions qui résultaient de la bagarre générale. Pour les Expos, Rodriguez, Juden et Moises Alou (c'est lui qui a lancé son casque) ont hérité de 4 matchs. Pour les Astros, Darwin a eu 5 matchs (donc un match étant donné la rotation à 5 lanceurs …) et Cangelosi 4 matchs..

Ah, et avant de quitter le stade, comme lors de ma visite au Forum quelques mois plus tôt, j'ai pu m'acheter un paquet de cartes de joueurs des Expos. J'ai encore ces cartes Score 1996 …


Le look est magnifique !

https://www.baseball-reference.com
https://www.latimes.com/archives/la-xpm-1996-08-15-sp-34380-story.html
https://www.sfgate.com/sports/article/Astros-Expos-free-for-all-added-to-the-mystery-of-3127393.php

mercredi 7 août 2024

Les grands voyageurs #14 - Darren Banks




 

Re-bienvenue à la série des Grands voyageurs où l'on décortique le parcours étourdissant de ces «journeymen» légendaires. Le nombre d'équipes est compté entre parenthèses² au fur et à mesure.

 

Darren Banks est né le 18 mars 1966 à Toronto. Non-repêché, il prit le chemin des rangs universitaires canadiens en 1986 avec l'Université Brock de St.Catharines, où il joua durant trois ans et obtint un diplôme en sociologie. 

Il débuta ensuite comme professionnel en 1989-90 dans la ECHL avec les Cherokees de Knoxville (1). Grand ailier gauche costaud à 6'2" et 228 livres, c'est rapidement qu'il comprit qu'il devrait se concentrer sur son rôle de pugiliste pour perdurer dans le hockey. Il amassa 258 minutes de pénalité en 52 matchs, en plus d'amasser 47 points dont 25 buts à cette première saison pro. 

Cette bonne prestation capta l'attention des Flames de Calgary, qui l'embauchèrent et l'assignèrent à leur club-école de la IHL, les Golden Eagles de Salt Lake City (2) pour terminer cette saison 89-90. Il joua également un match en prêt avec les Komets de Fort Wayne (3). 

Il passa les deux saisons suivantes avec les Golden Eagles, passant dans l'ordre 286 et 303 minutes au cachot. Il fut libéré par les Flames sans jamais jouer avec le grand club mais il se trouva un autre poste dans l'organisation des Bruins de Boston (4) pour la saison 1992-93. Il impressionna assez au camp d'entrainement pour commencer la saison avec les Bruins en octobre 92. Lors de son premier match, le 8 octobre 1992 contre les Whalers, il accumula 17 minutes de pénalité.

Voici un extrait de ce premier match:



Il fut finalement retourné dans les mineures après 16 matchs durant lesquels il aura obtenu 2 buts, 1 passe, et 64 minutes de pénalité. Ces 3 points furent obtenus lors du même match, une victoire de 8-2 contre les faibles Sharks.

Il termina donc la saison 92-93 avec les Bruins de Providence (5) dans la AHL où il accumula 199 minutes de pénalité en 43 matchs en plus d'une fiche de 9 buts et 5 passes. Sa saison 93-94 fut également partagée entre Providence et Boston, mais il ne joua que 4 matchs avec le grand club, ses derniers dans la LNH où il n'obtint qu'une passe et 9 minutes au cachot. 

Cependant, son entraîneur dans les mineures était l'ancien joueur Mike O'Connell. Les deux ne s'appréciaient pas et durant une pratique, Banks lança une rondelle sur O'Connell. Après la saison, O'Connell devint adjoint au directeur général des Bruins. Vous pouvez imaginer la suite pour Banks...


Libéré par les Bruins et de son propre aveu sur la liste noire de la LNH, il commença alors véritablement son parcours nomade dans les mineures. Il joua pour 4 clubs en 1994-95; le Thunder de Las Vegas (6) dans la IHL, les Pirates de Portland (7) et les Red Wings d'Adirondack (8) dans la AHL et finalement les Falcons de Détroit (9) dans l'obscure Colonial Hockey League (CoHL).

Il continua avec ces mêmes Falcons en 95-96 mais passa ensuite au Blizzard d'Utica (10), toujours dans la CoHL, en plus de 5 autres matchs de retour avec le Thunder de Las Vegas.

Sa saison 1996-97 fut ensuite passée exclusivement avec les Vipers de Détroit (11) dans la IHL, saison qui se solda par une conquête de la coupe Turner pour Banks et les Vipers. Banks se plaisait beaucoup avec les Vipers, lui qui habitait tour près à Windsor. Cependant, il fut échangé aux Rafales de Québec (12) durant l'été 1997. Banks ne voulait rien savoir de jouer à Québec et il refusa de s'y rapporter. Le DG des Rafales attendait des nouvelles et des explications de la part de Banks lors des jours suivants, sans succès, jusqu'à ce qu'il apprenne par RDS que Banks était au camp d'entraînement des Sénateurs d'Ottawa malgré son contrat dans la IHL.



Il accepta éventuellement de venir à Québec mais ce ne fut que très bref. Après seulement 4 matchs sans grande implication de sa part, il fut échangé aux Dragons de San Antonio (13). Après un autre 7 matchs là-bas où il n'était toujours pas intéressé à jouer, il fut réacquis par les Vipers. Il connaitra une de ses meilleures saisons offensives avec 16 buts et 14 passes pour 30 points en 59 matchs en 97-98, en plus de retourner en finale de la coupe Turner, cette fois-ci dans une cause perdante. Il joua ensuite une autre saison complète avec les Vipers en 98-99.

Il tenta ensuite l'aventure en Europe avec les Knights de London (14) de la ligue Britannique. Mais après seulement 23 matchs (et 101 minutes de punition), il revint en Amérique du nord avec les Border Cats de Port Huron (15) de la United Hockey League (anciennement la CoHL).

Lors de la saison 2000-01, il joua pour 3 clubs, les Border Cats encore une fois, le Speed de Knoxville (16) et finalement les Mustangs de Phoenix (17) dans la West Coast Hockey League (WCHL), suite à quoi il sembla prendre sa retraite.

Il revint toutefois en action en 2003-04 dans la très éphémère WHA2 avec les Barracudas de Jacksonville (18) où il ne joua que 7 matchs. S'en suivit ensuite un dernier 2 matchs dans la UHL en 2004-05 avec les Outlaws de Kansas City (19).

En plus de ces 19 équipes professionnelles en 15 saisons, Banks joua également pour deux clubs au Roller Hockey, les Bullfrogs d'Anaheim et le Jawz de Long Island durant les étés 1995 et 1996.

En 20 matchs dans la LNH, la fiche de Darren Banks fut de 2 buts et 2 passes pour 4 points en plus de 73 minutes au cachot. Si on additionne ses totaux dans les rangs professionnels, il accumula au total 2836 minutes de pénalité en seulement 653 matchs entre 1989 et 2005.

Depuis sa retraite, il s'impliqua dans diverses communautés urbaines de la région de Détroit mais est depuis quelques années employé au casino The D de Las Vegas comme hôte au casino.

 

Saison Équipe Ligue     MJ B P Pts PUN





1989-90     Fort Wayne Komets     IHL     1 0 1 1 0






    Salt Lake Golden Eagles     IHL     4 0 0 0 11






    Knoxville Cherokees     ECHL     52 25 22 47 258





1990-91     Salt Lake Golden Eagles     IHL     56 9 7 16 286





1991-92     Salt Lake Golden Eagles     IHL     55 5 5 10 303





1992-93     Providence Bruins     AHL     43 9 5 14 199






    Boston Bruins         NHL     16 2 1 3 64





1993-94     Providence Bruins     AHL     41 6 3 9 189






    Boston Bruins     NHL     4 0 1 1 9





1994-95     Detroit Falcons     CoHL     22 9 10 19 51






    Adirondack Red Wings     AHL     20 3 2 5 65






    Portland Pirates     AHL     12 1 2 3 38






    Las Vegas Thunder     IHL     2 0 0 0 19





1995-96     Detroit Falcons     CoHL     38 11 17 28 290






    Utica Blizzard     CoHL     6 1 2 3 22






    Las Vegas Thunder     IHL     5 0 2 2 10





1996-97     Detroit Vipers     IHL     64 10 13 23 306





1997-98     Québec Rafales     IHL     4 0 1 1 9






    San Antonio Dragons     IHL     7 0 0 0 6






    Detroit Vipers     IHL     59 16 14 30 175





1998-99     Detroit Vipers     IHL     58 6 12 18 296





1999-00     London Knights     BISL     23 8 2 10 101






    Port Huron Border Cats     UHL     17 3 5 8 12





2000-01     Phoenix Mustangs     WCHL     8 0 1 1 36






    Knoxville Speed     UHL     20 4 7 11 50






    Port Huron Border Cats     UHL     4 0 0 0 4





2003-04     Jacksonville Barracudas     WHA2     7 1 2 3 25





2004-05     Kansas City Outlaws     UHL     2 0 0 0 2






Sources:
From the NHL to professional roller hockey, Darren Banks collected friends and memories, The Athletic, 20 février 2019
Darren Banks trahi par le Réseau des Sports, Le Soleil, 16 septembre 1997
Darren Banks en cavale!, Le Soleil, 20 septembre 1997
Bye Bye Banks!, Le Soleil, 17 octobre 1997