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samedi 16 novembre 2024

Dave yé magané 3 : AHL / IHL



C’est bien beau les joueurs de la LNH, mais si on veut faire honneur au film culte Slap Shot, il faut aller voir du côté des ligues mineures pour trouver des cartes dignes de la déclaration signalant sans équivoque que « Dave yé magané »! 

J’ai donc pris soin d’écumer le Trading Card Database pour retracer des cartes de hockey de la Ligue Américaine de Hockey (AHL) et de la défunte Ligue internationale de hockey (IHL) où on peut contempler des joueurs qui cherchent la bagarre ou qui l’ont trouvée pas à peu près! À cet effet, la compagnie de cartes Pro Cards dont la qualité médiocre était pleinement assumée avait pour objectif de créer le maximum de cartes pour chaque équipe de ces ligues au tournant des années 1980-1990. Comme vous pourrez le constater, même en étant maganés, certains joueurs étaient visiblement heureux de se faire photographier pour la postérité!


L'autre Capitaine Kirk, celui qui frappe dedans la vie à grands coups de jointures!


On commence avec Kirk Tomlinson qui a roulé sa bosse dans l’AHL, l’IHL et l’ECHL entre 1988 et 1996, accumulant des minutes de pénalité comme des petits pains chauds. Il semble quand même avoir brûlé la ECHL en 1990-1991 puisqu’il a passé 385 minutes au cachot tout en marquant 36 buts en 57 matchs pour les Knights de Nashville! Tomlinson n’a joué qu’un seul match dans la LNH (North Stars du Minnesota, 1987-1988), mais il a remporté la Coupe Calder avec les Red Wings d’Adirondack en 1992.

C’est lors de cette saison victorieuse qu’il décida d’être photographié en pose de combat pour sa carte de hockey. Son coéquipier de l’époque, le défenseur Jason York, s’amuse d’ailleurs à signaler ce fait cocasse dans le podcast Coming in Hot centré sur mes Sénateurs d’Ottawa (Go Sens Go!). Après sa carrière de hockeyeur, Tomlinson fut entraîneur dans quelques ligues mineures (West Coast Hockey League, United Hockey League et Central Hockey League). En date du 16 novembre 2024, il dirige la Tomlinson Elite Hockey, une école de hockey en Nouvelle-Écosse. Je me demande s’il montre sa carte aux joueurs qu'il forme! Terminons ce survol avec ce match hors-concours de 1991 où Tomlinson se bat avec le mythique Tony Twist des Nordiques de Québec!

Capitaine Kirk en train de se faire twister au Colisée!


L'oeil du tigre amoché!


Jamais repêché par la LNH, l’ailier droit de 6’4 Neal Meadmore s’est fait un malin plaisir à tapocher ses adversaires de l’AHL et de l’IHL entre 1979 et 1990. On le voit d’ailleurs tout fier d’avoir un oeil au beurre noir sur cette carte en fin de carrière avec les Hawks de Moncton. Il était pourtant capable de marquer des buts (quatre saisons de plus de 30 buts), dont une superbe saison 1983-1984 comme attaquant de puissance avec 39 buts, 48 passes et 87 points en 82 matchs, avec en prime 267 minutes de pénalité. Sa saison s’est toutefois mal terminée puisqu’il semble s’être écrasé en séries avec seulement trois matchs joués, aucun point et 26 minutes de punition! Quelqu'un a certainement dû payer pour cette débandade! 

Soulignons qu’il a gagné la Coupe Ed Chynoweth en 1978 avec les Bruins de New Westminster de la Ligue junior de l’Ouest, ainsi que la Coupe Turner avec les Wings de Kalamazoo de l’IHL en 1980. En somme, il a connu ses meilleures années en début de carrière et il a grindé du mieux qu’il pouvait par la suite. Il n’existe pas grand chose à son sujet sur le web, mais j’ai pu trouver cette courte vidéo de très basse qualité où on le voit se faire démolir par Greg Smyth du club-école des Nordiques de Québec! Décidément, il ne manque pas de poussière des Nordiques sur le web! 

Smyth déversant sa furie sur Meadmore en quelques secondes

Parlant des Fleurdelysés, je vous suggère fortement de lire Il était une fois les Nordiques de Benoît Clairoux et Pierre-Yves Dumont paru en octobre 2024. Cet ouvrage comprend 100 témoignages d'anciens joueurs des Nordiques et c'est vraiment intéressant d'avoir le point de vue de vedettes comme de joueurs moins connus!


Jay mangé une volée, mais je suis ok!

Non repêché lui aussi, Bob Jay a joué quelques années au niveau collégial américain (1984-1988) avant de jouer une décennie dans la IHL (1990-1999). N’étant pas très pénalisé pendant sa carrière, il a quand même dû se défendre dans une ligue connue pour ses goons au début des années 1990. Sur cette carte des Komets de Fort Wayne, il est tout souriant malgré sa blessure sous son oeil droit. Je lance une hypothèse ridicule/illogique expliquant sa joie : comme RaySheppard l’a signalé dans son hommage aux joueurs monosyllabiques, Bob n’a joué que trois parties dans la LNH chez les Kings de Los Angeles en 1993-1994. Mais son court séjour demeure spécial, car son seul point récolté dans la LNH est une passe sur un but de Wayne Gretzky contre les Rangers! Go mon Bob! Tu as raison de sourire certain! C’est pas grave si vous avez quand même perdu cette partie 3-2! Tu pourras te vanter toute ta vie d’avoir épaulé le meilleur pointeur de tous les temps! 

Bob jouait aussi avec Mike Donnelly, ce joueur échangé avec Mogilny pour Paul Cyr!

Pour vous cher lectorat de LVEUP, je joins à mes niaiseries un petit clip où on voit Bob Jay se faire ramasser d’aplomb par Kris King lors d’un match contre les Jets de Winnipeg en 1993. Bob en a eu pour son argent lors de ses trois matchs dans la LNH!

Bienvenue dans la grande ligue mon Bob!


Rien n'allait faire rater la séance photo de Mike "Chuis-là" Walsh

Né en 1962 à New York, Mike Walsh est un Real American qui n’avait pas froid aux yeux, sauf peut-être aux jambes comme on peut le voir sur cette carte. Même blessé, il hurla « d’la marde avec Eddie Shore! » et se présenta devant le photographe de ProCards. Après un séjour dans les rangs universitaires, il se cassa les dents au repêchage, et ce, malgré un parcours très productif à la Colgate University (oui j’ai fait une joke poche avec le dentifrice). Il fit toutefois une belle carrière avec les Indians de Springfield de l’AHL, menant son équipe en saison régulière en 1990 et remportant la Coupe Calder avec eux lors de cette même année. Bizarrement, il partit jouer l’année suivante en Italie (Cortina SG), pour ensuite revenir passer une saison avec les Mariners du Maine (AHL) et finalement prendre sa retraite chez les Bruins de Providence après seulement 5 parties. Je n'ai pas pu trouver d'explications sur cette soudaine coupure italienne, mais ça ne semble pas avoir été une bonne idée pour lui en bout de compte. 

Durant sa brève carrière dans la LNH, Mike Walsh a compté deux buts en 14 parties jouées avec les Islanders de New York entre 1987 et 1989. Fait cocasse: ses deux buts ont eu lieu lors du même match contre les Capitals de Washington le 28 mars 1989! Et il a aidé son équipe à gagner 5 à 4! En portant l'horrible numéro 53! Go Mike! On a la vidéo pour te glorifier :

Mike Walsh est très expressif dans ses célébrations et me fait penser à Gretzky lors de son 802e but!

Par ailleurs, Mike a un fils - Reilly Walsh - qui a été repêché en 3e ronde par les Devils du New Jersey en 2017. Reilly semble suivre les traces de son père dans la ligue américaine puisqu’en date du 16 novembre 2024, il n’a joué qu’un seul match dans la LNH. Soulignons qu’il a tout de même récolté une passe lors de son coup de vent dans la grande ligue. Jouant actuellement pour le Ontario Reign, LVEUP lui souhaite une longue et heureuse carrière, en plus d’obtenir une carte de hockey aussi mémorable que celle de son paternel!

Je n'ai pas pu trouver de photo de bonne qualité de cette carte pourtant grandiose! Désolé Tim!

Tim Tookey se distingue des autres joueurs maganés présentés ici pour deux raisons. En premier lieu, sa carte de hockey le présente non seulement en béquilles, mais aussi en train de trouver la situation loufoque avec les bras tendus avec les mains ouvertes, genre en train de dire « Pourquoi il fallait que tu viennes prendre ta photo pendant que je suis blessé? Come on! ». C’est une pose comique qui mérite d’être célébrée, une mission acceptée par LVEUP!

En second lieu, Tim Tookey se distingue des autres pour avoir joué plus de 100 matchs dans la LNH, en plus d’être membre du Temple de la renommée de l’AHL. Repêché en 5e ronde par les Capitals de Washington en 1979 après avoir brûlé la WHL (141 points en 70 parties avec les Winter Hawks de Portland en 1979-1980), Tim a fait de nombreux allers-retours entre la LNH et l’AHL avec diverses équipes de 1980 à 1989. Il semblait très prometteur à ses deux premières saisons avec Washington (80-81 : 23 points en 29 parties ; 81-82 : 16 points en 28 parties). Il fut toutefois échangé aux Nordiques de Québec en février 1982 en compagnie d’un choix de 7e ronde des Capitals (1982) contre Lee Norwood et un choix de 6e ronde des Nordiques (1982). Alors qu’il excellait dans le club école de Fredericton sans pouvoir faire sa place à Québec (7 points en 12 parties), il signa comme agent libre avec les Pingouins de Pittsburgh en septembre 1983. Il n’arriva pas à se tailler une place chez les faibles Pingouins, ce qui démarra réellement sa carrière de joueur étoile de l’AHL, lui qui accumula plusieurs saisons fort productives (dont 3 saisons de plus de 100 points), principalement avec les Bears de Hershey. 

Il a aussi joué quelques matchs avec les Flyers de Philadelphie (2 matchs en 1986-1987) et les Kings de Los Angeles (27 matchs étalés entre 1987 et 1989), ce qui lui donne des statistiques très respectables de 58 points en 106 matchs de la LNH, en plus de 4 points en 10 matchs des séries éliminatoires.

Est-ce que les béquilles de Tim Tookey sont au Hall of Fame de l'AHL? J'espère que oui!

Il termina sa carrière avec 974 points en 824 matchs dans la AHL (4e meilleur pointeur de l’histoire à sa retraite), sans remporter la Coupe Calder. Les Bears de Hershey ont retiré son numéro 9 après 693 points en 529 matchs joués pour eux. Notons qu’il a cependant remporté la Coupe Turner de l’IHL lors de sa seule saison écourtée dans cette ligue avec les Lumberjacks de Muskegon en 1988-1989 (26 parties, dont 8 en séries éliminatoires).

Vidéo officielle de l'AHL célébrant la carrière de Tim Tookey

Après sa carrière de joueur, Tim devint entraîneur dans les ligues mineures, ce qu’il fait encore de nos jours avec les Ice Raiders de Reno au Nevada (ligue sénior A). Sa carte où on le voit souriant en béquilles ne semble pas avoir le statut légendaire qu’elle mérite chez les fans de retailles de l'histoire du hockey, alors LVEUP vous encourage à la collectionner comme il se doit!

Ce jour-là, Jason avait le choix entre ne pas être inclus dans la série Pro Cards ou être photographié magané bin raide. Merci d'avoir fait le bon choix Jason!

Défenseur droitier de 6’2, Jason Marshall a débuté sa carrière professionnelle avec Équipe Canada en 1988-1989, une rareté qui lui a tout de même permis d’être repêché 9e au total en 1989 par les Blues de St-Louis! Son équipe a toutefois choisi de le faire poireauter dans les mineures pendant quelques années, ce qui le poussa à retourner jouer pour Équipe Canada en 1993-1994, avant de trouver sa place chez les Mighty Ducks d’Anaheim pendant plusieurs saisons (1994-2001). Il se promena ensuite dans quelques équipes de la LNH, prenant une tasse de café chez les Capitals de Washington (5 parties), un panier d’épicerie avec le Wild du Minnesota (137 matchs) et profitant de son plus long parcours en séries éliminatoires avec les Sharks de San José (17 matchs en 2004, avec 1 passe et 25 minutes de pénalité à son compteur). Jason eut la chance de revenir terminer sa carrière dans la grande ligue avec Anaheim en 2005-2006 (23 matchs) avant de jouer deux dernières années en Allemagne. 

Soulignons que pour un gars magané à ce point sur sa carte avec le club école des Blues de St-Louis, Marshall a connu une très bonne carrière tant en nombre de matchs joués qu’en minutes de pénalité, et ce, peu importe la ligue concernée : 
  • AHL = 108 matchs / 241 min
  • IHL = 255 matchs / 697 min
  • NHL = 518 matchs / 1004 min
Pour mieux illustrer le style très combatif de Jason, regardez-le se faire presque casser le nez dans ce combat provoqué par la petite peste que fut Scott Walker :

En train de se fesser dessus comme des robots selon le commentateur!


Cam donnant un double-échec à Casper, le gentil fantôme

On termine en beauté en faisant un détour dans mon patelin d’origine pour célébrer un ancien défenseur de 6’4 des Olympiques de Hull, le dur à cuir Cam Russell! En plus d’avoir remporté deux coupes du Président (1986 et 1988), Cam fut sélectionné en 3e ronde par les Blackhawks de Chicago en 1987. Il joua une décennie pour eux (1989-1999) pour ensuite conclure sa carrière avec l’Avalanche du Colorado. Il n’a jamais joué une saison complète, que ce soit dans la LNH ou la IHL, mais les minutes de pénalité et la robustesse étaient toujours au rendez-vous.

Je suis très heureux de vous informer que Cam Russell a expliqué l’histoire derrière cette carte à Ken Reid de SportsNet (que je traduis pour vous ici) : « C’était durant ma première année dans les ligues mineures. Je venais de subir une sévère raclée. Je ne me souviens même pas qui me l’avait donnée, ce qui démontre à quel point ce fut terrible. J’ai dû me faire réparer le nez. » Le lendemain de ce malheureux incident, Cam Russell arriva à l’entraînement pour découvrir que c’était le jour des photos. « C’est vraiment mal tombé, fut ma première pensée ». Heureusement pour lui, le photographe lui suggéra de transformer sa situation en une bonne photo et Cam s’est dit « Pourquoi pas! ».

En plus d’être « célèbre » pour cette magnifique carte de hockey, Cam Russell a été intronisé au Temple de la renommée de la Nouvelle-Écosse en 2011 et a remporté la Coupe Mémorial en tant que directeur général des Mooseheads de Halifax en 2013 (une glorieuse année pour un certain Nathan MacKinnon), poste qu’il occupe encore de nos jours! 

Non mais c’est tu pas assez beau de finir avec un sourire aussi frappant de bonheur?!? LVEUP est fier de toi mon Cam! Tu prouves que parfois, ça vaut la peine que Dave soit magané, et ce, même après avoir été plaqué mal sale par le petit Gary Shuchuk!

Cam apprenant que dans les petits pots se trouvent les meilleurs onguents!

Est-ce que la série "Dave yé magané" aura une suite? Est-ce qu'il y a d'autres cartes de hockey qui valent la peine d'être signalées? Est-ce que vous lisez encore ce texte qui n'a pas été généré par l'intelligence artificielle? Savez-vous planter des choux à la mode, à la mode? Si vous avez répondu oui à ces quatre questions, vous avez compris le sens de la vie!

dimanche 10 novembre 2024

Dave yé magané 2 : Slap Choc!






J’adore trouver de vieilles cartes sportives qui détonnent visuellement, qui ont littéralement du punch! Et quoi de mieux qu’un joueur photographié alors qu’il est clairement poqué en pratiquant le sport le plus intense qui soit? Non je ne parle pas du bilboquet, mais bien du hockey sur glace! Tirée du film culte Slap Shot, la grandiose affirmation « Dave yé magané » nous revient en force dans ce nouveau lot de cartes de hockey que j’ai pu rassembler en scrutant le Trading Card Database! Sortez vite votre verre d’orangeade à température pièce pour savourer cette nouvelle série de cartes avant que les Hanson ne vous hurlent d’écouter l’hymne national!


Don n'a pas de temps à perdre à tapocher un joueur qui a presqu'une tête de moins que lui!


Ancien coéquipier d’André « Moose » Dupont chez les Broadstreet Bullies, Don Saleski peut se vanter d’avoir une carte l’illustrant en pleine échauffourée! Tout comme le sang et les langues, les photos de bagarres furent éventuellement bannies des cartes de hockey par l’Association des Joueurs de la LNH. Toutefois, les cartes d’Arber Xhekaj ou de Tony Twist vaudraient sans doute pas mal plus cher si elles les montraient en train de fesser dans le tas! Et leur valeur exploserait si c’était des cartes d’hologrammes où leurs poings avancent et reculent quand on bouge la carte! Prenez des notes Upper Deck! LVEUP vous donne des idées gratis!


Craig patinant vers son chalet personnel : le banc des punitions


Avant d’être entraîneur des « Make Beliefs » de Toronto, Craig Berubé fut fort généreux dans sa distribution de taloches dans la LNH. C’est pas pour rien qu’il fut inclus dans l’échange qui a envoyé Jari Kurri à Philadelphie en 1991, car il a toujours eu le compas dans l’œil… au beurre noir!


Tout va bien, car sa moustache est intacte!


Célèbre pour sa moustache bien fournie et ses nombreux buts avec les Flyers, Tim Kerr semble avoir mangé un bon bol de « Cogne Flakes » sur cette carte. Et comme s’il n’avait pas assez souffert, Kerr est aussi mort en Whalers! Un malheur n’arrive jamais seul mon Tim!


Dave déborde de joie à l'idée d'être photographié ainsi

Reconnu comme ayant été un feu de paille mal huilé chez les Oilers, Dave Lumley est aussi célébré par LVEUP pour cette carte où on le voit qui persévère malgré un coup de palette reçu dans l’oeil gauche. Dave a aussi deux bagues de la Coupe Stanley (1984 et 1985) pour mieux endurer la douleur. Admettons que ça aide en titi!


Gary a un regard qui dit "C'tu à moé que tu parles"?


Le défenseur Gary Doak a joué 789 matchs pour quatre équipes de la LNH de 1965 à 1981 (Boston, Détroit, Vancouver, NY Rangers). LVEUP a souligné qu’il a été inclus dans l’échange qui a envoyé Ron Stewart aux Canucks de Vancouver en 1971. Mais, son principal fait d’armes est d’avoir remporté la Coupe Stanley avec les mythiques Bruins de Bobby Orr en 1970. Bien qu’il soit décédé en 2017, LVEUP tient à célébrer sa carte avec les Dead Wings où on voit clairement la palette qui a découpé la droite de son visage comme avec une paire de ciseaux! Par ailleurs, c’est quand même weird de voir un col vert sur un uniforme rouge de Détroit! Gary pis la mode, c'est comme le coke et les mentos.


Ce Laframboise est habillé comme un pot de jus de fruit tropical!


Pete Laframboise était visiblement très heureux de s’asseoir après avoir mangé toute une volée. Se faire maganer le nez en jouant pour les pathétiques Golden Seals, c’est pas ce qu’on appelle un choix qui a du flair. LVEUP souligne par ailleurs que Pete fut un prolifique marqueur de buts uniquement quand le propriétaire de son équipe était présent au match. En prime, il savait se faire prendre en photo comme s’il était en train de réchauffer fièrement le banc de son équipe!


Tracy représente bien le Crazy Canuck qui fonce dans le tas!


Tracy Pratt est surtout connu pour avoir été le fils de Babe Pratt, un membre du Temple de la renommée du hockey qui fut temporairement banni à vie pour avoir parié sur des matchs de son équipe en 1946. Mais LVEUP veut aussi qu’on se souvienne de Tracy pour cette carte où il affiche une généreuse lacération au bas de son visage. On croirait voir là l’œuvre de Tim McKraken dit le chirurgien dans Slap Shot!

Si vous connaissez d’autres cartes de hockey de la LNH où on voit des joueurs qui arborent leurs blessures de guerre, n’hésitez pas à nous les signaler! Lisez de nouveau le premier Dave yé magané de LVEUP diffusé en 2023! Et pour finir en beauté, visionnez une fois de plus la présentation de l’alignement de Syracuse avec sa légendaire escouade de goons!


Ogilthorpe!



Les images de cartes ont été trouvées sur Ebay.

mercredi 23 octobre 2024

Doug Barkley





À l’époque des six équipes et avant qu’existe le repêchage, ce sont les Black Hawks de Chicago qui ont démontré le plus d’intérêt envers Doug Barkley. Par contre, même si dans la deuxième moitié des années 1950, les Hawks commençaient à peine à sortir d’une période sombre, Barkley eut de la difficulté à se faire une place avec le grand club. S’il parvint à jouer une poignée de matchs avec Chicago, il fut surtout balloté entre l’équipe de sa province natale de la WHL, les Stampeders de Calgary, et les Bisons de Buffalo de la Ligue américaine. Lorsque les Hawks redevinrent respectables avec l’arrivée des Bobby Hull, Stan Mikita, Pierre Pilote et Glenn Hall, ceci n’aida Barkley à sortir de l’anonymat.

En juin 1962, Barkley avait 25 ans mais il n’avait joué que 6 matchs dans la LNH. Les Hawks se servirent donc de lui comme monnaie d’échange pour obtenir John McKenzie et Len Lunde des Red Wings.


Après avoir eu une vraie chance à Détroit, Barkley put véritablement se faire valoir. Défenseur au style robuste et avec un tir puissant, il parvint à gagner des points aux yeux de son entraîneur, Sid Abel, avec sa contribution au jeu de puissance et sa capacité de corriger les erreurs de ses coéquipiers. Il vint même à un cheveu de remporter le Trophée Calder (recrue de l’année), derrière Kent Douglas, dans une cuvée qui était tout de même faible.

Sans gagner la Coupe Stanley, les Wings atteignirent la finale à quelques reprises lors du passage de Barkley dans la ville de l’automobile. Le tout prit toutefois fin de façon prématurée le 30 janvier 1966. À ce moment, Doug Mohns des Hawks tenta de lever le bâton de Barkley, mais rata son coup. C’est donc le sien qui se retrouva dans l’œil de son adversaire. Barkley fut immédiatement envoyé à l’hôpital pour y être opéré.

Les nouvelles, rapportées au quotidien, furent en dents de scie. Une journée, on se montrait optimiste, puis le lendemain, c’était beaucoup moins sûr, mais il s’agissait d’abord de spéculation, puisqu’il fallait attendre de retirer les bandages pour vraiment se faire une idée.

Après avoir envisagé que Barkley puisse reprendre l’entraînement avec un cache-œil et être prêt pour les séries, le tout fut remis à zéro lorsque sa rétine se détacha. Il eut donc une deuxième opération dans un hôpital de Boston. Sa vue progressa, puis régressa. Il y eut une troisième et une quatrième opération, mais le tout fut vain. Barkley perdit finalement son œil et celui-ci lui fut retiré.

C’est ainsi que la carrière de Barkley prit fin à seulement 29 ans, après 253 matchs. À fin de compensation, la ligue lui versa 15 000$.

Ayant perdu un rouage important, Paul Henderson affirma plus tard que cette perte d’un joueur qui cimentait l’équipe fut le début d’une longue descente aux enfers. Augmentée de décisions douteuses, d’instabilité et d’échanges malheureux, la retraite forcée de Barkley fut suivie de 15 saisons où les Red Wings ratèrent les séries en 17 ans (malgré l’arrivée sur une base régulière de nouvelles équipes d’expansion au sein de la ligue).

On lui trouva tout de même un travail chez les Wings aux relations publiques et à l’administration. En 1969-70, on lui confia les rênes de la filiale de la Ligue centrale, les Wings de Fort Worth. Au cours de l’année suivante, dans cette instabilité mentionnée précédemment, on demanda à Barkley de prendre la place de Ned Harkness derrière le banc, alors que Harkness monta au deuxième étage. Son passage fut toutefois de courte durée, puisqu’en novembre 1971, il démissionna pour laisser sa place à Johnny Wilson.

Barkley demeura dans l’entourage des Red Wings, mais ce ne fut qu’une question de temps avant qu’il retourne derrière le banc. En juin 1975, Alex Delvecchio décida de se concentrer sur son poste de directeur-gérant et laissa celui d’entraîneur à Barkley.

Il ne parvint toutefois pas à améliorer les choses. Le début de saison fut encore difficile, autant pour l’équipe que pour Barkley personnellement.

Le 16 novembre 1975, Détroit perdit 3-0 malgré une belle performance d’Ed Giacomin devant le filet face à son ancienne équipe, les Rangers. Après le match, Barkley parla aux journalistes dans le corridor. Ces derniers demandèrent d’aller dans le vestiaire. Barkley leur dit alors d’attendre. Walt MacPeek du Newark Star-Ledger, qui voulait parler à Giacomin, s’impatienta. Le ton monta. Barkley lança alors des insultes et des jurons, avant de le frapper à la tête et à l’épaule et de lui causer un œil amoché. MacPeek porta plainte.

Quelques semaines plus tard, le 4 décembre, après une défaite de 9-1 contre les Canucks, il fut congédié. Il s’agissait du 9e changement d'entraîneur en 8 ans. Pour ce qui est de l’accusation, elle n’a pas été retenue. Et comme Barkley avait été congédié, la ligue n’eut pas à se prononcer.

Estimant qu’avec sa fiche globale de 20-60-11, c’était terminé pour lui, Barkley retourna dans son coin de pays. Il demeura toutefois impliqué dans le hockey, en devenant brièvement entraîneur au niveau junior des Wranglers de Calgary en 1977-78.

En 1980, les Flames d’Atlanta mirent le cap sur Calgary. Barkley put alors devenir analyste de leurs matchs à la radio. Il demeura à ce poste jusqu’en 2001.

Doug Barkley demeure toujours à Calgary.

Sources :

″Barkley injures eye; Wings bow to Hawks″ de Terry O’Connor, January 31, 1966, Windsor Star, page 19,

″Barkley plays waiting game; Damage to eye serious″ de Terry O’Connor, February 1st, 1966, Windsor Star, page 18,

″Late reports on Barkley encouraging″, February 3, 1966, Windsor Star, page 27,

″Abel fears Barkley out for season″, February 5, 1966, Windsor Star, page 22,

″Last report on Barkley: encouraging″ de Terry O’Connor, February 7, 1966, Windsor Star, page 19,

″Too early on Barkley″, February 9, 1966, Windsor Star, page 23,

″Good report on Bakley″, February 11, 1966, Windsor Star, page 27,

″Lucky legs of Hull and Provost″ de Jack Dulmage, February 14, 1966, page 20,

″Doctors find more severe eye damage″, February 15, 1966, Windsor Star, page 19,

″Official: Barkley retires″, AP, June 8, 1966, Windsor Star, page 30,

″When you are 29 and the game is over″ de John Robertson, December 31, 1966, Calgary Herald, page 14,

″Barkley Enjoys His New Post With Detroit Team″, CP, Quebec Chronicle Telegraph, February 3, 1968, page 8,

″Security backfires on Barkley″, CP, January 11, 1971, Saskatoon Star-Phoenix, page 12,

″Claim Barkley new Wings’ coach″, AP, June 28, 1975, Windsor Star, page 24,

″Barkley Attacked For His Fighting″, AP, November 18, 1975, Calgary Herald, page 31,

″Detroit Fires Coack Barkley″, AP, December 5, 1975, Spokane Daily-Chronicle, page 20,

″Austerity arrives″ de Jack Dulmage, January 28, 1976, Windsor Star, page 36,

″Barkley held Wings together″ de John Down, September 23, 1980, Calgary Herald, page C1,

legendsofhocket.net, wikipedia.org.


samedi 24 février 2024

La rivalité Ken Reardon - Cal Gardner



Le billet d’hier raconte l’histoire de Ken Reardon, un joueur reconnu pour son esprit combattif.

En 1946, Reardon avait déjà eu maille à partir avec un partisan des Rangers, se faisant ainsi une certaine réputation à New York.

Le 16 mars 1947, Montréal affrontait encore les Blueshirts à New York. Ces derniers tentaient désespérément de rester dans la course pour la dernière place disponible dans les séries éliminatoires. De l’autre côté, les Canadiens espéraient s’assurer du premier rang en saison régulière, ce qui aurait assuré un montant de 1000$ à chaque joueur.

À la dernière minute du match, Reardon fut coupé à la lèvre lorsque Bryan Hextall (le père de Bryan Jr et de Dennis et le grand-père de Ron) le mit échec, et rencontra en chemin le bâton de Cal Gardner. En quittant la patinoire, Reardon reçut un coup de poing d’un spectateur. Lorsqu’il répliqua, Chuck Rayner, des placiers et finalement d’autres joueurs s’en mêlèrent, le tout vira à la foire. Les coups de poing et de bâton se mirent alors à retentir. Plusieurs Canadiens s’en prirent à des spectateurs. Reardon asséna un coup de bâton à un spectateur qui l’avait insulté. Butch Bouchard se trouva une autre cible pour faire la même chose. Les Rangers rappliquèrent alors pour se porter à la défense de leurs partisans. Maurice Richard, à qui on avait fait la vie dure lors du match, en profita pour prendre sa revanche. Bill Juzda des Rangers sortit amoché de l’échauffourée lorsque son crâne rencontra le bâton du Rocket. Si Reardon eut besoin de 14 points de suture, il n’était plus là lorsque les choses ont dégénéré, puisqu’il avait été escorté par la police vers la clinique de façon plus ou moins amicale.

Reardon était furieux d’avoir été ainsi charcuté, mais le tout s’est passé rapidement et il n’a pas vraiment eu l’occasion de voir à qui appartenait le bâton qui l’avait coupé. Ce n’est que plus tard, alors que Hal Laycoe avait été échangé des Rangers aux Canadiens qu’il eut l’occasion de répondre aux interrogations de Reardon. À partir du moment où il a su que c’était Gardner, sa rancœur avait une cible.

Lors du match du 1er janvier 1949 entre Montréal et Toronto, Reardon fit une remarque qu’on suppose désobligeante à Gardner, qui jouait maintenant pour les Leafs. Ce dernier répondit en lui fracassant son bâton sur la tête. Reardon répliqua et le tout dégénéra en bagarre. Les choses semblaient finalement se calmer lorsque l’entraîneur Dick Irvin leva le bras de Reardon en signe de victoire, ce qui fit reprendre les hostilités. Une bagarre éclata alors dans les estrades, ce qui nécessita l’intervention de la police. Reardon et Gardner furent expulsés du match. Ce dernier écopa en plus d’une amende de 250$. Reardon en reçut quant à lui une de 200$ du président Clarence Campbell. Les deux belligérants furent aussi suspendus pour un match.

La guerre a repris lors du match du 10 novembre 1949, alors que Reardon donna un solide coup de coude à Gardner, ce qui lui causa une blessure à l’épaule, mais qui brisa la mâchoire de Gardner. Lorsqu’on apprit la nouvelle à Reardon, il répondit que ça ne pouvait pas arriver à un meilleur gars. Gardner rata deux mois d’activité.

Si sa blessure lui fit rater le match suivant contre les Rangers, Reardon put revenir pour le match du 13 novembre à Chicago. Le tout tomba à point, puisqu’il devait faire face à la justice en Illinois. En effet, lors du match du 2 novembre contre les Hawks, Reardon n’a pas apprécié qu’un spectateur se penche sur la bande pour, selon ses dires, pratiquement lui arracher son chandail. (Les spectateurs n'étaient pas toujours commodes à cette époque...)  Toujours selon son témoignage en cour, il se retourna brusquement pour se déprendre et ce serait ainsi que son bâton aurait abouti sur la tête du spectateur. Une bagarre éclata et un deuxième partisan voulut s’en prendre à Reardon, et un troisième voulut lui lancer une chaise. Billy Reay frappa aussi un spectateur avec son bâton. Selon sa version des faits, Léo Gravelle vit alors qu’un spectateur voulait s’en prendre à Reardon et utilisa son bâton pour l’arrêter. La victime de Reardon dut recevoir sept points de suture. Peut-être parce que son attaque n’a pas lieu sur la patinoire, Reardon n’eut aucune pénalité, mais Reay en eut une pour mauvaise conduite. Des spectateurs portèrent plainte contre Reardon et Gravelle, mais pas contre Reay. Finalement, le juge exonéra de tout blâme les joueurs et statua que les spectateurs avaient été les agresseurs.

Le conflit Reardon-Gardner eut un rebondissement inattendu en mars, lorsque Reardon accorda une entrevue au magazine Sport. Dans celle-ci, il mentionna :

″Je verrai à ce que Gardner se fasse faire 14 points de suture à la bouche. Il se pourrait que j’attende longtemps, mais je suis patient. Même si je dois attendre à la dernière joute que je jouerai, Gardner l’attrapera et pour de bon.″

Il fut donc convoqué par Clarence Campbell, qui ironiquement, avait été son confrère pendant la guerre, alors qu’ils faisaient partie de la même unité. Le verdict du président fut inattendu et controversé. Il exigea de Reardon qu’il dépose 1000$, montant qu’il perdrait s’il se bataillait avec qui que ce soit, mais particulièrement avec Gardner, d’ici la fin de sa carrière. On nota qu’il s’agissait d’une condamnation à devenir un souffre-douleur, puisqu'il ne pourrait pas répliquer. Considérant le type de joueur qu’était Reardon, il s’agissait en fait de lui enlever pratiquement toute utilité. On souligna aussi que cette affirmation aurait dû demeurer ″off the record″, où ce type de déclaration n'est pas inédit.

Reardon disputa treize autres matchs en saison, deux en séries, et à la fin de cette année mouvementée, il prit sa retraite comme joueur. Est-ce à cause de ce châtiment, ou parce que son jeu rude commençait à laisser des traces sur son corps? Peut-être un peu des deux?

L'animosité entre les deux hommes aurait apparemment duré pendant des décennies par la suite.

Gardner, qui joua par la suite à Chicago et à Boston, est le père de Dave, qui a joué principalement avec les Canadiens, les Seals et les Barons, ainsi que de Paul, qui porté les couleurs des Rockies, des Leafs et des Penguins.

Sources :

″Une bagarre générale marque la victoire du Canadien hier″, PC, 17 mars 1947, La Patrie, page 18,

″Le Canadien perd 5-3 à Toronto mais reste en quatrième place″, PC, 3 janvier 1949, La Patrie, page 18,

″Une amende de $200.00 imposée à Kenny Reardon par Campbell″, 4 janvier 1949, Montréal-Matin, page 13,

″Les Canadiens subissent une défaite à Chicago″, UP, 3 novembre 1949, Montréal-Matin, page 19,

″Gardner en a pour son argent et Ken Reardon n’est pas fâché″ de Charles Mayer, 13 novembre 1949, Le Petit Journal, page 87,

″Ken Reardon et Léo Gravelle sont exonérés de tout blâme″, PA, 16 novembre 1949, La Patrie, page 18,

″Ignoble décision du président Campbell dans l’affaire Reardon″, 2 mars 1950, Montréal-Matin, page 20,

″En noir et blanc″ d’Armand Jokisch, 2 mars 1950, Montréal-Matin, page 22,

″Campbell impose une amende de $1,000 à Reardon″, 2 mars 1950, Le Canada, page 9,

″One Man’s Opinion″ de Gorde Hunter, June 12, 1962, Calgary Herald, page 11,

″Playing the Field″ de Dink Carroll, March 12, 1968, Montreal Gazette, page 32,

″Rangers and Canadiens had the greatest fight of all-time″ de Stan Fischler, July 11, 2015, The Hockey News (thehockeynews.com).

lundi 16 janvier 2023

Joueur oublié des 90's #71 - Mikael Andersson

 

Il y a souvent de ces joueurs que je croise comme joueurs potentiels pour cette série mais qui me frustrent car je n'arrive pas à trouver un angle intéressant pour parler d'eux. Le genre de joueur qui était «juste là», qui n'était pas une vedette ni un joueur controversé, mais que j'ai quand même 60 fois ses cartes dans ma collection et qui continue ainsi de me gosser jusqu'à temps que je me décide à écrire sa bio, quitte à ce que ce soit plate comme dans le cas de Dan Plante...

Bref.

Mikael Bo Andersson est né le 10 mai 1966 à Malmö en Suède. Son père, Ronny Andersson, évoluait comme gardien dans diverses équipes du système suédois dans les années 50 et 60.

Rapide et agile patineur de 5'10'' et 180 livres, Mikael évolua dans le système du club Västra Frölunda IF à partir de 1981-82 et fut plus tard nommé joueur junior de l'année en Suède en 1983-84, suite à quoi l'entraîneur et DG Scotty Bowman des Sabres de Buffalo en fit son choix de première ronde (18e au total) au repêchage de 1984. 

Après une autre saison en Suède, Andersson fit ses débuts dans l'organisation des Sabres durant la saison 1985-86, partageant son temps entre Buffalo et le club-école de l'équipe, les Americans de Rochester. Il aida ces derniers à remporter la coupe Calder de 1987, en compagnie de nul autre que mon avatar, Ray Sheppard, également un choix des Sabres lors de ce même repêchage de 1984.

Andersson en laissa toutefois plusieurs sur leur faim à Buffalo, peinant à percer l'alignement et en marquant très peu de buts. De nombreuses blessures furent une des raisons de ce mécontentement mais il était surtout perçu comme un des nombreux échecs de Bowman au repêchage chez les Sabres, surtout en ce qui concernait les joueurs européens. 

D'ailleurs, durant son règne à Buffalo, endroit où il a eu le moins de succès durant sa longue carrière, les seuls bons coups de Bowman en première ronde furent davantage avec des joueurs américains comme Phil Housley (1982) et Tom Barrasso (1983), et aussi avec la sélection de Dave Andreychuk lors de la même année qu'Housley. 

Sinon voici les autres choix de première ronde de l'équipe durant cette période, jusqu'au départ de Bowman durant la saison 1986-87.

• Steve Patrick (1980 - 20e au total)
Jiri Dudacek  (1981 - 17e)
• Paul Cyr (1982 - 9e)
• Normand Lacombe (1983 - 10e)
• Adam Creighton (1983 - 11e)
• Mikael Andersson (1984 - 18e)
• Calle Johansson (1985 - 14e)
• Shawn Anderson (1986 - 5e)

Donc oui ce n'était pas très reluisant, outre les sélections de Housley, Andreychuk et Barrasso. Il y avait quand même Calle Johansson qui était un pas pire joueur, mais il ne joua que très peu à Buffalo, étant échangé aux Capitals en 1988.

Bref, Mikael Andersson était un de ces «flops» au repêchage pour les Sabres, du moins à ce qu'on peut s'attendre d'un choix de première ronde. Donc après n'avoir pu jouer que 99 matchs en 4 saisons avec le grand club (seulement 4 buts et 33 passes au total) et passant le reste du temps dans les mineures ou sur la liste des blessés, Andersson fut réclamé par les Whalers de Hartford au repêchage intra-ligue au début du mois d'octobre 1989.


Hartford fut immédiatement un meilleur fit pour Andersson alors qu'il obtint un respectable 13 buts et 24 passes pour 37 points en 50 matchs durant cette saison 89-90. Il rata toutefois encore plein de matchs à cause de blessures. 

En fait, j'ai essayé de comprendre la nature et l'étendue de ces blessures durant sa carrière. Voici quelques rapports de ces blessures que j'ai piqué sur le superbe site Hockey Draft Central:

  • Missed part of 1986-87 season with sprained ankle, an injury suffered in Buffalo's March 3, 1987, game at Philadelphia. He did not return until Buffalo's March 22, 1987, game vs. Detroit. 
  • Missed remainder of 1987-88 regular season and start of 1988 playoffs with twisted ankle, an injury suffered during Buffalo's March 27, 1988, game vs. Detroit. He did not return to action until Game 6 of Buffalo's first-round playoff series vs. Boston on April 14, 1988
  • Missed part of 1988-89 season with sprained neck and shoulder, an injury suffered during Buffalo's Dec. 31, 1988, game vs. Philadelphia. While he was out with the injury, he was demoted to Rochester (AHL) and was not back in the NHL until March 1, 1989
  • Missed part of 1989-90 season with bruised left knee, an injury suffered when he collided with Keith Crowder during Hartford's Dec. 13, 1989, game vs. Los Angeles. He did not return until Hartford's Dec. 26, 1990, game at Quebec.
  • Missed part of 1989-90 season with bruised ankle, an injury suffered when he was hit by Al MacInnis' slap shot during Hartford's Jan. 19, 1990, game vs. Calgary. He did not return to action until Hartford's Jan. 27, 1990, game vs. Chicago.
  • Missed part of 1989-90 season with re-aggravation of left knee injury that resulted in cartilage damage and a sprain, suffered during Hartford's Feb. 9, 1990, game vs. Vancouver. He did not return to action until Hartford's March 8, 1990, game vs. Toronto. He re-aggravated the injury in that game and missed another one before returning to action for Hartford's March 11, 1990, game vs. Boston.
  • Missed remainder of 1989-90 regular season with pulled right hamstring, suffered during Hartford's March 17, 1990, game at Calgary. He did not return until Game 1 of Hartford's first-round playoff series at Boston on April 5, 1990.
  • Missed remainder of 1990 playoffs with re-aggravation of hamstring injury, suffered during Game 5 of Hartford's first-round playoff series at Boston on April 13, 1990. 
  • Missed start of 1990-91 season with the flu, an illness contracted in October 1990. He did not make his 1990-91 regular-season debut until Hartford's Oct. 10, 1990, game vs. Buffalo. ...

 

Je me suis arrêté après ça, mais ça continuait longtemps.

Bref le gars était badlucké en mautadine... Ou juste vraiment fragile...

Donc si vous avez lu ce fascinant rapport médical, vous avez vu que c'était pas évident de le garder dans le line-up...

Durant sa deuxième saison à Hartford en 90-91 où il avait régressé avec seulement 11 points en 41 matchs, il fut récalé dans les mineures avec les Indians de Springfield où il termina la saison et où il remporta une deuxième coupe Calder. Il était très performant durant ces quelques matchs dans les mineures avec notamment une fiche de 10 buts en 18 matchs lors des séries. 

Fun Fact, il s'agissait de la deuxième coupe Calder d'affilée des Indians, malgré que le club avait totalement changé d'alignement entre les deux saisons (voir texte du 12 septembre 2010), le club étant passé d'une affiliation des Islanders aux Whalers.

Andersson put finalement jouer une saison complète dans la LNH et sans blessure majeure lors de la saison 1991-92, sa meilleure en carrière où en 74 matchs, il obtint 18 buts et 29 passes pour 47 points. 

Le timing était bon alors qu'il était désormais agent libre. Il signa ensuite avec la nouvelle franchise du Lightning de Tampa Bay pour leur saison inaugurale en 1992-93. 

Autre Fun Fact, il a la distinction d'avoir été le premier joueur du Lightning à marquer sur un tir de pénalité.

Drôle de poisson ce Robb Stauber... premièrement il lance son bâton sur le gars en échapée et ensuite il essaie de faire croire qu'il a fait l'arrêt sur le tir de pénalité. Y'A DES CAMÉRAS, MAN! C'est pas une ligue de garage...

Les saisons suivantes furent finalement stables pour Andersson, malgré qu'il n’amassa plus jamais autant de points et devint un joueur exclusivement confiné aux missions défensives. Il joua longtemps avec le Lightning, soit jusqu'en mars 1999 lorsqu'il fut échangé aux Flyers comme renfort pour la fin de la saison. Il débuta la saison suivante à Philadelphie mais fut échangé en cours de saison aux Islanders en retour de nul autre que Gino Odjick. 

EDIT: Coincidence ici que ce texte soit publié le lendemain de l'annonce du décès de Odjick. RIP Gino.

Énième Fun Fact, lors de son arrivée à Long Island, il put alors jouer avec son frère, Niklas Andersson, un ancien choix des Nordiques en 1989. D'ailleurs, le fils de Niklas, Lias Andersson, fut repêché par les Rangers en première ronde (7e au total) en 2017. Il appartient désormais aux Kings mais évolue toujours dans les mineures.

Lightning de Tampa Bay (1992-1999)

Islanders de New York (2000)

Niklas (parfois Niclas) Andersson, Nordiques de Québec (1989-1994)

 
Niklas et Mikael Andersson, Frolunda IF (2001-2003)

 

Donc après cette saison 1999-2000 partagée entre Philadelphie et New York, Mikael Andersson termina son parcours dans la LNH. Il retourna en Suède pour jouer trois saisons avec son ancien club de Frolunda en première division. Il prit sa retraite après un dernier championnat remporté avec Frolunda en 2003. Il était alors de nouveau réuni avec son frère Niklas, qui lui pour sa part revint dans sa patrie en 2001-02 et qui joua avec Frolunda jusqu'en 2011.

Après sa retraite comme joueur, Mikael Andersson retourna immédiatement à une valeur sûre durant sa carrière, le Lightning, comme dépisteur en Europe. Il occupe toujours ces fonctions à ce jour.

En 761 matchs dans la LNH, il aura récolté 95 buts et 169 passes pour 264 points.


Sources:
hockeydb
hockeydraftcentral
Greatest Hockey Legends
EliteProspects
Expressen.se