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mardi 11 novembre 2014

Red Garrett



Petit billet court, à l’image de la carrière et de la vie de son sujet.
Originaire de Toronto, Dudley "Red" Garrett avait été recruté par l’équipe de sa ville, les Leafs. Il n’eut toutefois pas l’occasion de jouer avec eux, puisqu’en 1942, il est échangé aux Rangers avec Hank Goldup, contre Babe Pratt (voir texte du 14 octobre 2012). Cet échange fut très profitable pour les Leafs.

C’est au cours de cette saison que Garrett fit ses débuts avec les Blueshirts. Il joua au total 23 matchs, amassant un but et une passe.

Il ne termina toutefois pas sa saison à New York. Comme la guerre faisait rage, il se retrouva dans la marine et joua quelques matchs avec des équipes militaires.

Le 25 novembre 1944, Garrett se trouvait sur le HMCS Shawinigan, au large de Port-aux-Basques, à Terre-Neuve, lorsqu’un U-Boat allemand le coula. Tout l’équipage périt. Garrett avait 20 ans.

Pour honorer sa mémoire, la Ligue Américaine (où il a également joué quelques matchs) présente depuis 1947 le Dudley "Red" Garrett Memorial Award à sa recrue de l’année.

Parmi ses récipiendaires, on note plusieurs noms familiers comme Terry Sawchuk, Pelle Lindbergh (voir texte du 12 novembre 2010), Brett Hull, Félix Potvin, Daniel Brière et… René Bourque.

Sources : rongood.net, ahlhalloffame.com, wikipedia.org.

lundi 10 novembre 2014

Les abonnés aux équipes d'expansion









Ah!  Les équipes d’expansion!  L’attrait de la nouveauté!  La fébrilité des partisans!  (Ça dépend des endroits, mais bon…)  Le dévoilement des nouvelles couleurs!  Les belles cérémonies lors de la présentation des joueurs et lors du premier match à domicile!  L’indulgence des amateurs, qui se disent que malgré des performances misérables, il faut bien donner une chance au coureur, puisque c’est une équipe d’expansion…

Une équipe d’expansion, ça peut par contre aussi être de l’improvisation, un manque de structure et de longues séries de défaites.

De jeunes joueurs peuvent en profiter pour prendre tout de suite beaucoup de place (comme Gilbert Perreault avec les Sabres) ou être complètement étouffés par une trop grande pression et le manque d’encadrement (comme Greg Joly, voir texte du 30 décembre 2013).

Des vétérans peuvent en profiter pour avoir un second souffle ou effectuer un dernier tour de piste (comme Brad Marsh, voir texte du 12 novembre 2012).  Des joueurs peuvent aussi profiter de cette occasion pour se mettre en évidence (comme Brian Bradley avec le Lightning).

Par contre, lorsque la ligue procède à des expansions à la chaîne et qu’un joueur se retrouve à répétition avec une de ces nouvelles équipes, c’est habituellement signe qu’on a affaire ici à un joueur marginal, qui peine à percer l’alignement d’une équipe qui a débuté ses activités à peine un ou deux ans auparavant.

J’ai donc fait quelques recherches pour trouver ces abonnés aux équipes d’expansion.  En voici quelques-uns.

Butch Deadmarsh

Deuxième choix de l’histoire des Sabres, derrière Gilbert Perreault, Deadmarsh a débuté sa carrière à Buffalo en 1970 (bien qu’il ait aussi passé du temps dans les mineures).

Deux ans plus tard, il se retrouva avec les nouveaux Flames d’Atlanta.  Il n’était toutefois pas là au tout début.  C’est par la voie d’un échange, en février, qu’il arriva dans le sud des États-Unis.

En 1974, la ligue procéda à une autre expansion et Deadmarsh atterrit à Kansas City, avec les Scouts.

Il s’est ensuite retrouvé dans l’AMH, où il s’est aligné avec cinq équipes différentes en trois saisons et demie.  Était-ce des équipes d’expansion, ou du moins de nouvelles équipes?  Avec l’AMH, c’était rarement aussi simple…

Il a d’abord joué avec les Blazers de Vancouver, à leur deuxième année.  Il a ensuite déménagé avec l’équipe à Calgary.  Il s’agissait donc de la première saison des Cowboys, mais ce n’était pas une équipe d’expansion.

Il s’est ensuite retrouvé avec les Fighting Saints du Minnesota.  Ceux-ci venaient de déménager de Cleveland, donc techniquement, sans être une équipe d’expansion, c’était une nouvelle équipe.  Sauf que l’année précédente, une autre équipe jouait au même endroit sous le même nom, avant d’être dissoute.

Il a également joué avec des équipes existantes, les Oilers d’Edmonton et les Stingers de Cincinnati.

Total
LNH : Trois, même s’il n’a pas joué la saison entière à Buffalo et qu’il s’est amené en cours d’année dans le cas d’Atlanta.
AMH : Trop compliqué…


Rosaire Paiement

Appartenant aux Bruins, le grand frère de Wilfrid a été échangé aux nouveaux Flyers en 1967.  Bien qu’il ne joua que sept matchs, il participa tout de même à leur première saison.

En 1970, il est choisi au cours du repêchage d’expansion par les Canucks.

En 1972, il fit partie non seulement d’une nouvelle équipe, mais également d’une nouvelle ligue, alors qu’il se joint aux Cougars de Chicago de l’AMH.

En 1975, il est choisi au repêchage d’expansion par les Spurs de Denver, mais il ne porta jamais leur uniforme, puisqu’il a été échangé aux Whalers de la Nouvelle-Angleterre.  Il a également joué avec les Racers d’Indianapolis par la suite.


Total

LNH : Deux, même si sa présence à Philadelphie a été limitée.

AMH : Une, mais a failli jouer avec une deuxième.

Lew Morrison

Premier choix des Flyers en 1968, il débarque donc au sein d’une équipe de deuxième année.  Il ne fait toutefois pas l’équipe avant 1969.

En 1972, il est choisi au repêchage d’expansion par les Flames d’Atlanta.  En 1974, Morrison est encore laissé sans protection et aboutit avec les nouveaux Capitals de Washington.

Il a également joué avec les Penguins.

Total : Deux.


Johan Garpenlov

Après avoir fait ses débuts avec les Wings, Garpenlov est échangé aux Sharks, dans leur première saison, en mars 1992.

En mars 1995, il est échangé à la Floride.  Au milieu de leur deuxième saison, les Panthers n’étaient techniquement pas une équipe d’expansion, même si elle était très récente.

En 1999, Garpenlov a été choisi par les Thrashers d’Atlanta lors du repêchage d’expansion et a fait partie de leur équipe inaugurale, avant de retourner en Suède.

Total : Deux, même s’il n’a pas débuté l’année à San Jose, et presque trois.

Jody Hull

Après avoir joué avec les Whalers et les Rangers, Jody Hull s’est retrouvé avec les nouveaux Sénateurs, mais pas par la voie du repêchage d’expansion.  Il a été échangé par les Rangers contre les fameuses considérations futures.

L’année suivante, il se retrouva cette fois avec les Panthers, mais encore une fois, sans passer par le repêchage d’expansion.  Il a signé un contrat comme joueur autonome.  Peut-être était-ce donc son choix de se retrouver sous le soleil de la Floride.

Il joua ensuite avec le Lightning et les Flyers, mais en 1999, il a finalement passé par le repêchage d’expansion et a été choisi par les Thrashers.  Il n’a toutefois jamais porté leur uniforme, puisqu’ils l’ont retourné aux Flyers par voie de transaction.

Il a terminé sa carrière dans la LNH avec un deuxième séjour à Ottawa.

Total : Deux, mais est venu près de jouer avec une troisième.

Denny Lambert

Lambert signa comme agent libre avec les nouveaux Mighty Ducks en 1993, mais il ne joua pas de match avec eux lors de leur saison inaugurale.  C’est en 1994 qu’il fit ses débuts dans la grande ligue, alors qu’Anaheim jouait sa deuxième saison.

En 1996, il aboutit à Ottawa, toujours comme agent libre, alors que les Sens jouaient leur cinquième saison.  (Ça commence à être un peu plus loin.)

En 1998, il est choisi par les Predators de Nashville au repêchage d’expansion.  Par contre, son passage dans la ville du country ne dura qu’une saison, puisqu’il a ensuite été échangé aux nouveaux Thrashers d’Atlanta et a fait partie de l’équipe au début de ses activités.

Il est ensuite retourné à Anaheim et a ainsi joué l’ensemble de sa carrière avec des équipes d’expansion des années 1990.

Total : Deux, presque trois.

Andrew Brunette

Après avoir été repêché par les Capitals et joué sporadiquement avec eux, il est choisi par les Predators de Nashville au repêchage d’expansion de 1998.  Tout comme Lambert, il ne resta au Tennessee qu’une seule saison, avant de se retrouver, lui aussi, avec les Thrashers dans un échange.

Il joua deux saisons en Géorgie, avant d’atterrir au Minnesota, pour s’aligner avec le Wild, qui jouait sa deuxième saison.

Il s’aligna plus tard avec l’Avalanche et les Blackhawks.

Total : Deux, presque trois.

lundi 3 novembre 2014

Tom Williams







En 1960, la victoire de l’équipe américaine aux Jeux de Squaw Valley, en Californie, aurait dû constituer une belle vitrine pour les joueurs américains. Pourtant non. Il faut dire qu’à ce moment, les équipes olympiques (qui devaient être amateurs) étaient habituellement issues des rangs seniors. C’est pourquoi, médaille d'or ou pas, peu d’entre eux accédaient aux rangs professionnels. Avec comme résultat qu’un seul d’entre eux alla rejoindre Charlie Burns dans la LNH (en plus de quelques joueurs qui jouèrent une poignée de matchs). Le reste de la ligue demeurait composée essentiellement de canadiens. D’ailleurs, au cours de sa carrière, Williams fit une apparition au jeu télévisé "I’ve Got a Secret". Les participants devaient lui poser des questions pour découvrir son secret. Le sien était qu’il était le seul joueur américain dans la Ligue nationale.

Et pour y parvenir, il a fallu que Jack Riley, l’entraîneur de l’équipe olympique, intervienne personnellement en le recommandant à Walter Brown, le président des Bruins.

Sa production varia à Boston, à ce moment une équipe très faible, mais il atteint son sommet en 1962-63, avec 23 buts.

En ces temps où les salaires n’étaient pas ce qu’ils sont aujourd’hui, Williams passait ses étés à travailler pour un entrepreneur en plomberie et en restant en forme en montant de lourdes baignoires en fonte dans les escaliers.

Au total, il passa huit saisons avec les Bruins. Vers la fin de son passage, l’équipe fit finalement du progrès, avec entre autres l’arrivée de Bobby Orr et de Phil Esposito. Mais à la fin de la saison 1968-69, Williams subit une sérieuse blessure au genou. Craignant qu’il ne revienne pas au sommet de sa forme, Boston l’échangea aux North Stars du Minnesota, son état natal. L’année suivante, les Bruins gagnèrent leur première Coupe en 29 ans.

Sa première saison avec les Stars lui permit pourtant d’amasser 67 points, son record personnel. Ses 52 passes constituèrent le troisième total de la ligue, derrière Orr et Esposito. Il ne resta par contre qu’une saison et demie chez lui. En novembre 1970, son épouse mourut dans un accident qui aurait aussi pu être un suicide. Visiblement affecté, sa bonne humeur disparut et il se disputa avec le directeur-gérant Jack Gordon. Ce dernier le suspendit, avant de l’échanger aux faibles Golden Seals de la Californie.

Suite à la saison 1971-72, il fit partie des nombreux Seals qui quittèrent l’équipe pour accepter une offre de la nouvelle Association mondiale de hockey (AMH). Dans le cas de Williams, il retourna à Boston en se joignant aux Whalers de la Nouvelle-Angleterre. Il y fut deux ans, gagnant au passage la Coupe Avco en 1972-73.

En 1973-74, lorsque son frère Butch s’aligna avec les Blues, ils devinrent ainsi le premier duo de frères américains à jouer dans la LNH.

En 1974, il profita de l’arrivée des Capitals de Washington pour faire un retour dans la Ligue nationale. Au sein d’une des équipes des faibles de l’histoire (vor texte du 30 décembre 2013), Williams eut du temps de glace et termina la saison avec une fiche de 22-36-58, la meilleure fiche de l’équipe. À ce moment, il avait l'habitude de fumer des cigares cinq minutes avant le match et de crier dans le vestiaire avant de sauter sur la glace de limiter l'adversaire à moins de dix buts.

La saison suivante, sa dernière, il la partagea entre Washington et la Ligue américaine. À son dernier match, les misérables Caps ont été écrasés 14-2 par les Sabres.

Il hérita du surnom de "Tommy The Bomber" lorsqu’à Toronto, il fit une mauvaise blague à un douanier, en lui disant que son sac contenait une bombe. Il fut suspendu un match par la ligue en raison de son geste.

Williams a ensuite été élu au Temple de la renommée du hockey des États-Unis en 1981.

Le drame a de nouveau frappé sa famille, lorsque son fils Robert, repêché par les Bruins, mourut subitement en 1987, à l’âge de 23 ans.

Quant à lui, c’est en 1992, à l’âge de 51 ans, qu’il mourut d’une crise cardiaque.

Sources :

"J’estime être un des trois meilleurs de la ligue" de Tom Lapointe, 3 janvier 1986, La Presse, page S6.

"Tom Williams, Hockey Player, 51", 10 février 1992, New York Times (nytimes.com),

"Williams’s life and times, an All-American story" de Kevin Dupont, 29 janvier 2012, Boston Globe (boston.com),

wikipedia.org.

dimanche 2 novembre 2014

Trêve de hockey #77 - L'Auto-Polo









Il y eut des temps immémoriaux où le culte de la voiture était en soi plus naïf et pas mal moins destructeur pour les générations futures. Je me rappelle par exemple d'un passage, je ne me rappelle plus trop dans quel livre, où le grand sociologue de l'école de Chicago Robert Ezra Park, que j'ai beaucoup épluché lors de ma maîtrise, parlait de la voiture comme étant une nouvelle technologie qui aidait à augmenter la criminalité. On peut comprendre que dans le Chicago des années 20, la voiture était une chose qui pouvait inspirer la méfiance, à l'époque des John Dillinger, Al Capone et cie.

La voiture était une nouvelle chose et les gens ont expérimenté plusieurs choses, leur mettre des ailes pour s'envoler par exemple, et, bien sûr, en faire des sports...

Si l'idée d'utiliser la voiture pour faire des courses allait de soit, la course étant presqu'un sport inné chez l'homme, l'idée d'en faire des sports plus complexes, en substituant le cheval à la voiture dans des sports équestres a été songé... Après tout, parlait-on pas de cheval de fer? Voici donc l'idée de l'auto-polo...
C'est en 1911 qu'un vendeur de voiture Ford Model T de Topeka au Kansas nommé Ralph "Pappy" Hankinson aurait commencé à songer, question de faire un coup de publicité, à un polo avec des voitures... Le premier match se serait déroulé à Wichita en 1912. Par contre, des bribes de matchs d'auto-polo remontant jusqu'en 1902 existent...


Dès les premiers balbutiements de ce sport, il est appelé à se développer à vitesse Grand V, prenant d'assaut les États-Unis et l'Europe, souvent étant commandité par des compagnies de voitures ou d'essence... Le premier match au Canada aurait d'ailleurs eu lieu au CNE Stadium de Toronto en 1912, mais aurait été sans conséquence...

L'auto-polo se jouait sur un terrain à dimension variables où deux équipes formée de deux voitures où siègent deux joueurs, un conducteur et un "marteleur".



Le gros problème avec ce sport, c'est premièrement qu'il était fort dangereux. Assez facile de s'imaginer que 4 voitures qui se poursuivent pour frapper une balle (qui avait plus la grosseur d'un ballon) n'était pas sans causer des collision et ainsi risquer de blesser les joueurs. Apparemment par contre que très peu de décès (lire aucun officiel) aient eu lieu lors de matchs d'auto-polo. On appelle a de la chance ou encore des mensonges...



 Un autre problème fut qu'il était assez coûteux en opération, la plupart des voitures étant pratiquement inutilisables après un match. De plus, la plupart des joueurs d'auto-polo étaient considérés comme étant difficile à assurer en raison de leur passe-temps, ce qui rendait la chose plus coûteuse en opération... 

Ce sport fut populaire jusque dans les années 20 et disparut, étant délaissé par le manque d'intérêt et les coûts exorbitants d'opération...

Ce sport aurait été joué jusque dans les années 50...

Je n'ai par contre pu trouvé s'il avait été joué au Québec...