Né le 29 octobre 1920 à Winnipeg, le robuste défenseur Bill Juzda a commencé sa carrière de hockey dans la Western Junior Hockey League avec les Maple Leafs d'Elmwood et les Thistles de Kenora, aidant ces derniers à atteindre la finale de la coupe Memorial en 1940.
Rappelé par les Rangers de New York durant la saison 1940-1941, il a passé une grande partie de l'année avec leur club-école de la Ligue américaine, les Rockets de Philadelphie. Il a ensuite disputé 45 matchs avec les Rangers lors de la saison 1941-1942 avant de mettre sa carrière sur pause lorsqu'il s’engagea au sein de l’aviation royale canadienne. Il joua toutefois au hockey avec le club de la Winnipeg RCAF, les Bombers durant trois saisons.
Juzda, à gauche, en pleine action contre les Red Wings
Après la guerre, il signa un nouveau contrat avec les Rangers. Il semblerait que ses années passées dans l’armée le rendirent davantage robuste car il devint un des plus redoutables plaqueurs de la ligue. Ce serait d’ailleurs lui qui aurait mis fin à la carrière de Toe Blake dans la LNH suite à une mise en échec au cours de la saison 1947-1948
Il joua 137 autres matchs avec les Rangers avant d'être échangé aux Maple Leafs de Toronto dans le cadre d'une transaction impliquant plusieurs joueurs avant la saison 1947-1948.
Juzda, à droite, portant le tristement célèbre Bill Barilko après le but vainqueur de ce dernier lors de la finale de 1951
Avec les Leafs, Juzda remporta deux coupes Stanley, en 1949 et 1951. Il a pris part à un total de 211 matchs avec les Leafs jusqu’en 1952.
Libéré par les Leafs à l’aube de la saison 1952-52, il signa avec les Hornets de Pittsburgh dans la LAH, y obtenant une sélection sur la deuxième équipe d'étoiles de la ligue.
En 1953, il retourna à Winnipeg pour évoluer pendant dix saisons au niveau sénior avec les Maroons de Winnipeg, participant à deux finales de la coupe Allan. Les Maroons ont notamment effectué une tournée en Tchécoslovaquie durant cette période. Au milieu des années 1950, Juzda a aussi fait de brefs passages chez les Wheat Kings de Brandon et les Paper Kings de Pine Falls.
Bien qu'il ait officiellement pris sa retraite du hockey après 1963, il a continué à jouer au hockey des anciens (old-timers) jusqu'à plus de 70 ans.
Juzda a également entraîné des équipes de hockey de la catégorie midget jusqu'au niveau sénior. Jusqu'à son décès, il résidait à Winnipeg et portait toujours sa bague de champion de la coupe Stanley de la saison 1948-1949. Il a été introduit au temple de la renommée du sports du Manitoba en 1992. Il est décédé le 17 février 2008.
En 398 matchs dans la LNH, sa fiche fut de 14 buts et 54 passes pour 68 points.
Originaire de Hawkesbury, Lionel Bouvrette alla poursuivre ses études à Montréal, dans le but d’éventuellement devenir ingénieur. Son chemin a toutefois bifurqué vers le hockey. Sur la liste de négociation des Canadiens, il se retrouva avec les As de Québec de la ligue senior en 1941, tout en travaillant pour le gouvernement du Québec.
En 1942-43, après une autre saison avec les As, Bouvrette se retrouva au cœur d’une situation particulière.
Après avoir terminé premiers l’année précédente, les Rangers perdirent plusieurs joueurs au recrutement, incluant leur gardien, ″Sugar″ Jim Henry, qui s’était joint à l’armée. Pris au dépourvu, ils se rabattirent sur Steve Buzinski, avec des résultats catastrophiques. On utilisa donc le vétéran Bill Beveridge et le réserviste Jimmy Franks.
Pour le dernier match de l’année, les Rangers étaient largués depuis longtemps et étaient assurés de terminer derniers. Ils affrontaient les Canadiens au Forum, alors que ceux-ci étaient à un point des Black Hawks et de la dernière place donnant accès aux séries.
De leur côté, ces mêmes Hawks devaient jouer leur dernier match contre les Red Wings, qui n’avaient rien à gagner, puisqu’ils étaient assurés de terminer en première place. Petit détail, les Wings appartenaient à James E. Norris, qui détenait aussi le Chicago Stadium. Est-ce que Détroit pourrait lever le pied pour permettre aux Hawks de jouer plus de matchs au Chicago Stadium, qui appartenait aussi à leur propriétaire?
Pour en rajouter une couche, Jimmy Franks était blessé et les Blueshirts demandèrent donc aux Canadiens de leur prêter un gardien, Lionel Bouvrette. Pour ses débuts dans la grande ligue, Bouvrette pouvait donc, en s’illustrant, éliminer l’équipe qui détenait ses droits.
En cette période où il était fréquent qu'un même gardien joue tous les matchs, Bouvrette devenait le quatrième à garder la cage des Rangers, ce qui était extrêmement rare. (Certaines sources évoquent même un record pour l'époque.) Chose certaine, la situation devant le filet avait fortement contribué à leur déchéance.
Finalement, l’honneur a été sauf. Bouvrette, bombardé par l’adversaire, a connu un fort match, mais Elmer Lach a eu un match de 3 points, alors que Joe Benoit, Buddy O'Connor, Toe Blake et Gordie Drillon en ont obtenu 2 chacun. Montréal l’a emporté 6-3 et ainsi, Bouvrette n'a pas contrecarré les plans de l'équipe à laquelle il appartenait.
Il restait donc à régler le match entre les Wings de James Norris et les Black Hawks qui jouaient au Chicago Stadium de James Norris. Après le match, les spectateurs demeurèrent au Forum pour suivre les résultats de l’autre partie. (À cette époque, obtenir les résultats des autres confrontations n'était pas aussi facile qu'aujourd'hui.) C’est finalement Détroit qui l’a emporté 6-5 et Montréal a accédé au ″détail″ comme on disait à l’époque.
Ce fut toutefois le seul match de Bouvrette dans la LNH. S’il a apparu sur la liste de négociation des Canadiens pendant plusieurs années, il n’a jamais pu s’entendre avec eux. À un moment, le directeur-gérant Tommy Gorman lui a offert 1800$ pour 3 ans, mais Bouvrette en demandait 3000$. Gorman lui demanda alors s’il voulait acheter le Forum.
Il eut aussi des offres de Toronto, Détroit et des Rangers, mais il préféra demeurer à Québec, alors que de 1942 à 1948, il travaillait aussi comme gérant du personnel à la Morton Engineering. Ceci ne l’empêcha pas en 1943-44 d’aider les As à remporter la Coupe Allan, en plus de se mériter le Trophée Byng de Vimy, remis au meilleur joueur de la ligue, en plus de toucher un salaire de 1300$.
Bouvrette s’aligna avec les As jusqu’en 1947, après quoi il joua différents rôles dans la communauté, comme par exemple entraîneur de hockey junior, organisateur d’un tournoi de curling et président du club Kiwanis local.
Il a ensuite déménagé à Dorval à la fin des années 1960.
Il est décédé en 2000 à l’âge de 85 ans.
Sources :
″Le Canadien clôture sa saison contre les Rangers ce soir″, 18 mars 1943, La Presse, page 22,
″La saison régulière des Canadiens prendra fin ce soir avec une joute très importante″, 18 mars 1943, Montréal-Matin, page 14,
″Le Canadien termine en 4e place et prendra part au détail″, 19 mars 1943, La Presse, page 20,
″Canadien bat les Rangers 6 à 3 et demeure en lice dans la N.H.L.″, PC, 19 mars 1943, Le Soleil, page 13,
″Lionel Bouvrette et le Baronet″ de Jacques Arteau, 7 mars 1958, Le Soleil, page 17,
″Lionel Bouvrette aurait joué dans la LNH avec le Canadien″, 4 janvier 1969, Le Soleil, page 25.
Bien qu’il n’était pas à la base une si grande menace offensive, Murph Chamberlain eut un tournoi de la Coupe Allan remarquable en 1937, avec 17 buts en 13 matchs, menant les Frood Miners de Sudbury au titre. L’année suivante, il put rejoindre les Maple Leafs, où il montra plutôt un style agressif, en plus de constamment se faire entendre sur la patinoire, autant par ses adversaires que par les arbitres.
Chamberlain demeura trois ans à Toronto, alors que les Leafs atteignirent autant de fois la finale. Par contre, ils s'inclinèrent à chaque reprise.
Après la saison 1939-40, Conn Smythe décida donc de faire un changement derrière le banc des Leafs et remercia son entraîneur, Dick Irvin. Ce dernier se retrouva donc du travail à Montréal, où les Canadiens venaient d’avoir une saison horrible (10-33-5) qui leur garantit la dernière place.
Irvin voulut alors ajouter un peu de robustesse à sa nouvelle équipe et s’assura que Tommy Gorman fasse l’acquisition de Chamberlain, en retour d’un montant d’argent. Pour Chamberlain, il s’agissait alors d’un retour dans sa province natale, puisqu’il est natif de Shawville, dans le Pontiac.
Irvin eut d’abord à mettre un peu d’ordre dans ce club plutôt dissipé. Sa nouvelle acquisition n’a toutefois pas nécessairement été un élément stabilisateur. Bon vivant, blagueur et indiscipliné sur la glace, Chamberlain est d’ailleurs montré dans le film ″Maurice Richard″ de Charles Binamé comme étant en état d’ébriété lors d’une pratique. Il parvint tout de même à marquer 10 buts en 1940-41, égalisant son sommet qu’il avait réalisé avec les Leafs.
Chamberlain débuta la saison 1941-42 avec Montréal, mais en février, il fut prêté aux Americans de Brooklyn. C’est d’ailleurs dans leur uniforme qu’il obtint son seul tour du chapeau en carrière, le 15 mars, contre Turk Broda des Leafs.
Si les Americans disparurent à la fin de l’année, ceci ne signifia toutefois pas son retour à Montréal, puisque les Canadiens le prêtèrent à nouveau, à Boston cette fois.
C’est finalement en 1943-44 que celui qu’on surnommait ″Old Hardrock″ put enfin réenfiler l’uniforme tricolore. Cette saison fut sa meilleure offensivement en carrière avec 15 buts et 32 passes, en plus de marquer le retour de la Coupe Stanley à Montréal après 12 ans d’absence.
Si sa saison suivante fut décevante, il sut rebondir en 1945-46, en plus de remporter sa deuxième Coupe Stanley.
C’est également à ce moment que celui qui avait grandi sur une ferme se porta acquéreur d’une ferme laitière à Saint-Sébastien, dans la région de la baie Missisquoi. Déjà reconnu comme étant coriace, Chamberlain considérait que le dur labeur de la ferme constituait une bonne façon de garder la forme, d’autant plus qu’à cette époque, les joueurs n’avaient pas un entraînement aussi structuré qu’aujourd’hui. Et pour améliorer son cheptel, Chamberlain n’eut pas besoin de chercher très loin, puisqu’il se procura un taureau primé de la ferme d’élevage de son patron, le propriétaire des Canadiens, Donat Raymond.
Chamberlain joua trois autres saisons avec les Canadiens, avant de prendre sa retraite. Il accepta ensuite un poste d’entraîneur dans les Maritimes, avec une équipe de Sydney. Il ne fut toutefois pas oublié par ses anciens coéquipiers, puisqu’en février 1950, lorsque sa ferme subit des dommages, ils allèrent lui donner un coup de main pour remettre les choses en place, pendant qu’il était toujours retenu en Nouvelle-Écosse. On doute qu’une telle chose serait possible aujourd’hui…
Il poursuivit ensuite son parcours d’entraîneur à Charlottetown, Sudbury, Buffalo et Vancouver, en plus de mener les Maroons de Chatham au niveau senior jusqu’au titre de la Coupe Allan en 1959-60.
Lorsque le monde des ligues mineures connut des années difficiles au début des années 1970, il s’acheta une nouvelle ferme à Beachville, près de London, où il avait aussi une entreprise de distribution de journaux et de catalogues.
En 1986, alors qu’il travaillait encore 12 heures par jour, il fit un arrêt cardiaque sur sa ferme, qui l’emporta. Il avait 71 ans.
Sources:
″Murph Chamberlain à (sic) la meilleure saison de sa carrière″ de Charles Mayer, 2 décembre 1945, Le Petit Journal, page 55,
″Murph Chamberlain″ de Jean Delisle, 9 février 1946, Le Bavard, page 9,
″Que font les joueurs de hockey entre les parties ?″ de Charles Mayer, 2 mars 1947, Le Petit Journal, page 53,
″Murph Chamberlain prend sa retraite″, 1er septembre 1949, Le Devoir, page 8,
″Bill Durnan n’est devancé que par Maurice Richard″, 9 février 1950, Montréal-Matin, page 20,
″En blanc et noir″ d’Armand Joksch, 9 février 1950, Montréal-Matin, 9 février 1950, page 22,
″Whatever happened to… Murph Chamberlain: Salesman and farmer″ de Jeff Wilkinson, December 20, 1977, The Windsor Star, page T4,
″Ex-hab Chamberlain dies″, CP, May 10, 1986, Montreal Gazette, page 76,
Vasily Iosifovich Staline est né le 21 mars 1921 à Moscou, un an avant que son célèbre père, Joseph Staline, ne devienne le successeur de Vladimir Lénine à la tête de l'URSS. Il était le deuxième enfant de Joseph, et premier de son deuxième mariage.
Son enfance fut difficile alors qu'il fut largement ignoré par le père et même la mère, Nadezhda Alliluyeva, qui refusait de se soumettre aux ordres de Joseph de rester à la maison pour s'occuper des enfants. Vasily fut donc élevé principalement par des bonnes et des gardes du corps. En 1932, après une dispute entre les deux parents, Nadezhda fut retrouvée morte, s'étant suicidée par arme à feu. Les enfants Staline, soit Vasily et sa soeur Svetlana, furent induits en erreur pendant 10 ans avant de savoir la vérité sur la mort de leur mère, croyant jusque là qu'elle était morte d'une appendicite. La mort de sa mère eut un profond impact sur Vasily, qui commença à boire abondamment dès l'âge de 13 ans et qui ne vit que très rarement son père par la suite, lui qui le trouvait indigne.
Élève moyen sinon médiocre et turbulent à l'école, Vasily débuta son service militaire à 17 ans et commença à servir au front en août 1941 sous le nom de famille de Ivanov, pour dissimuler son identité. Mais ses supérieurs, voulant attirer la faveur du père, l'envoyèrent rarement au combat et lui donnèrent des promotions rapides et probablement non-méritées. Il abattit toutefois au moins 2 avions au combat. Il devint à 24 ans le plus jeune majeur-général de l'Armée rouge.
Après la deuxième guerre mondiale, il commença à cultiver un intérêt pour le sport, particulièrement le hockey. Il participa à la création d'une équipe pour représenter les forces aériennes russes, le VVS Moscou, dont il devint président et directeur-général.
Logo du VVS Moscou
L'équipe débuta dans la ligue de championnat de Russie dès la saison 1946-47, première saison de l'histoire de la ligue. Anatoly Tarasov, surnommé le «père du hockey Russe» et futur créateur de la puissante équipe nationale de Russie, y débuta sa carrière comme joueur-entraîneur.
Mais après une seule saison, Tarasov se disputa avec Vasily Staline et quitta l'équipe pour aller fonder le légendaire club du CSKA Moscou, qui deviendra le principal rival du VVS.
Ces deux équipes représentant l'armée russe se livreront alors leur propre guerre interne de recrutement (parfois forcé) et de pillage de joueurs des autres clubs de la ligue. Vasily utilisa particulièrement son influence et son prestige pour parvenir à ses fins, comme par exemple le recrutement entier du premier trio d'un autre rival, le Spartak Moscou, au début de la saison 1948-49.
Lors de la saison 1949-50, Stalin continua son recrutement agressif en soutirant un joueur du nom de Viktor Shuvalov, joueur vedette du faible club du Dzerzhinets Chelyabinsk, en plus de celui qui était considéré comme le meilleur gardien de la ligue, le letton Harijs Mellups, qui venait de remporter le titre de gardien de l'année lors des trois saisons précédentes avec le Dinamo de Riga.
Vsevolod Bobrov avec le VVS Moscou
Mais le meilleur coup de Staline fut envers le CSKA en leur soutirant Vsevolod Bobrov, celui qui est considéré comme la première supervedette du hockey russe, et qui était d'ailleurs aussi une vedette au bandy et au soccer. Bobrov termina sa carrière avec 254 buts en 130 matchs, et fut plus tard comparé à Wayne Gretzky par Tarasov lui-même. Cependant, Bobrov était en froid avec ce dernier à cause de son jeu défensif, et accepta avec joie de joindre le VVS. Il deviendra un grand ami de Vasily Staline, qui organisait apparemment de grandes beuveries extravagantes en honneur de son joueur vedette après chaque match.
Un film biographique fut même réalisé à partir de cette histoire en 1991, intitulé «Mon meilleur ami, le général Vassili, fils de Joseph», que je vous inclus intégralement ici parce que je l'ai trouvé sur YouTube... Je comprends rien de l'histoire mais ça a un peu l'air d'un «Lance et Compte» russe...
Bobrov deviendra joueur-entraîneur durant cette saison 1949-50 suite au renvoi de l'entraîneur précédent après quelques matchs. La puissante équipe de Staline avait donc en vue de remporter son premier championnat et de freiner la domination du CSKA, champion lors des deux années précédentes.
Cependant, le sort en fut tout autrement. Le 7 janvier 1950, l'équipe prit l'avion pour un match à Chelyabinsk. Les conditions météo étaient très mauvaises et l'avion dut plutôt tenter d’atterrir dans la ville voisine de Sverdlovsk (aujourd'hui Ekaterinbourg). L'entreprise échoua toutefois, et l'avion s'écrasa, tuant l'entièreté des 19 passagers à bord dont 11 joueurs du VVS, ainsi que le docteur et le massothérapeute de l'équipe. Trois joueurs éviteront toutefois la mort; Bobrov, Shuvalov et le défenseur Alexander Vinogradov. Ce dernier était suspendu pour s'être battu, tandis que Shuvalov avait été ordonné de ne pas jouer ce match contre Chelyabinsk par Staline lui-même qui voulait éviter les représailles violentes de la part des fans de l'ancienne vedette locale. L'équipe avait auparavant subi des représailles du genre après le vol du premier trio du Spartak l'année précédente. Bobrov pour sa part, aurait manqué le vol car il s'était réveillé trop tard et n'avait pas entendu son alarme. Il était en voyage en train lors de ces événements...
Parmi les joueurs décédés, on trouvait ce premier trio d'ex-Spartak discuté précédemment, qui était constitué de Ivan Novikov, Zdenek Zigmund, ainsi que Yuri Tarasov, qui était le frère du célèbre Anatoly. Le gardien Mallups fut lui aussi parmi les victimes, lui qui n'avait que 23 ans et qui était devenu père la semaine précédente et qui n'aura jamais pu voir son fils. Il recevra un autre titre de gardien de l'année, cette fois malheureusement à titre posthume.
Comme on était en pleine ère de communisme stalinien, le jeune Staline voulut complètement étouffer l'affaire, ne voulant pas que son père et le public soient au courant. Aucune mention de l'écrasement ne fut publiée dans la presse, les familles des joueurs furent laissés dans l'ignorance et les corps furent enterrés à la va-vite dans une fausse commune près du lieu de l'écrasement.
Et ne voulant pas que s'ébruite la disparition de ses joueurs manquants, Staline reconstruisit rapidement son équipe et parvint malgré tout à lui faire jouer ce match contre Chelyabinsk et le reste de la saison en remplaçant la majorité des joueurs décédés par des joueurs au même nom de famille...
Donc, lors de ce qu'on pourrait appeler un repêchage d'expansion digne de la «Twilight Zone», Staline trouva apparemment d'autres joueurs aux noms de Novikov, Zigmund, Tarasov, Moissev, etc...
Pavel Zhiburtovich
Même que l'attaquant Yuriy Zhiburtovich fut remplacé par son frère, Pavel Zhiburtovich... qui ignorait probablement le sort de son frère.
Il n'y avait cependant pas que des «faux joueurs» désormais avec le VVS alors qu'un des remplaçants à la défense pour l'équipe fut une autre figure légendaire du hockey russe, soit Viktor Tikhonov, futur entraîneur de l'équipe nationale et du CSKA. J'ignore toutefois si Tikhonov remplaça un autre joueur avec son véritable nom ou un nom «d'emprunt»...
Avec cette équipe «reconstituée» mais toujours puissante avec l'apport (et surtout présence divine) de Bobrov et Shuvalov, le VVS Moscou remporta ce match contre Chelyabinsk par la marque de 8-3. Pour éviter des soupçons supplémentaires ou pour se protéger, Staline ordonna aux annonceurs et à la presse de ne publier le sommaire qu'avec seulement les noms de famille des joueurs, sans prénom. Apparemment que Staline père n'a effectivement jamais eu bruit de cet écrasement.
La saison s'achevait toutefois et le VVS termina avec une fiche de 16-5-1 en 22 matchs, bon pour le 4e rang de la ligue, baissant de nouveau pavillon contre le CSKA qui termina au premier rang. Staline et le VVS Moscou se relevèrent toutefois de cette saison mouvementée avec la dominance de son premier trio toujours composé de Bobrov, Shavalov ainsi que Yevgeny Babich, un autre joueur vedette soutiré du CSKA et ami de Bobrov. Staline régla également le trou laissé dans les buts avec la mort de Mallups en volant de nouveau le CSKA avec le recrutement de Grigory Mkrtychan.
Bobrov termina cette saison 1950-51 avec 43 buts en 15 matchs (!) et le VVS Moscou remporta le premier championnat de son histoire, ainsi que les deux saisons suivantes.
Cependant, après ces trois championnats consécutifs, Joseph Staline subit une hémorragie cérébrale et mourut 4 jours plus tard, le 5 mars 1953. Il fut aussi spéculé qu'il aurait été empoisonné par des membres de son équipe politique, une thèse hautement secondée par Vasily lui-même, qui lors d'un épisode de rage et d'état d'ébritété avancé, aurait insulté les docteurs et les officiels présents. Il arrêta aussitôt ses fonctions au sein du VVS qui fut ensuite dissout et intégré au CSKA suite à l'arrivée du successeur de Staline, Nikita Khrouchtchev, et le début de la «déstalinisation».
Ne pouvant plus profiter de la protection que son nom de famille lui avait jusque-là procurée, Vasily fut forcé de se retirer de l'armée russe et il fut peu après arrêté le 28 avril 1953 suite à une visite au restaurant avec des diplomates étrangers. Il fut accusé de propagande anti-soviétique et condamné à 8 ans de prison, qu'il servit sous le nom de Vasily Pavlovich Vasilyev pour éviter toute tentative de représailles contre lui. Ayant pitié de lui, Khrouchtchev le libéra en 1960 et lui rendit ses médailles militaires. Il mourut toutefois dans un certain anonymat assombri d’un profond alcoolisme le 19 mars 1962, 5 jours avant son 42e anniversaire.
Après la dissolution du VVS Moscou, Vsevolod Bobrov rejoignit les rangs du CSKA en compagnie de Shavalov et Babich qui continuèrent leur dominance du hockey soviétique. Les trois firent d'ailleurs partie de l'équipe nationale aux Olympiques de 1956, avec Bobrov comme capitaine, et ramenèrent la première médaille d'or olympique de la Russie de ce tournoi, commençant officiellement la domination russe à l'échelle internationale. Bobrov mena le tournoi avec 9 buts.
Yevgeny Babich, Viktor Shuvalov et Vsevolod Bobrov
Après sa retraite comme joueur, Bobrov devint entraîneur-chef du Spartak Moscou et brièvement pour l'équipe nationale, notamment durant la Série du Siècle de 1972. Bobrov mourut en 1979 à l'âge de 56 ans et fut introduit au temple de la renommée du hockey international (IIHF) en 1997, soit lors de la première année de l'existence de ce temple.
En plus d'avoir été un des chanceux qui ont évité la mort lors de l'écrasement de 1950, Viktor Shuvalov vécut très longtemps, devenant le dernier joueur encore vivant de cette époque de l'émergence du hockey russe. Il mourut finalement en 2021 à l'âge de 97 ans, suite à des complications reliées à la Covid-19.
J'ignore quand et comment les familles des joueurs décédés lors de l'écrasement de 1950 furent mis au courant de ce secret et des manigances de Vasily Staline. Une plaque fut toutefois érigée en leur mémoire près du lieu de leur enterrement.
Une comédie du nom de «The death of Stalin» est sortie en 2017 où ces faits sont de nouveau relatés:
John Melvin Hill est né le 15 février 1915 dans le petit village de Glenboro au Manitoba. Évoluant à l'aile droite, il joua son hockey junior à Saskatoon au début des années 30 avant de graduer au niveau senior à Sudbury. Il fut invité par les Rangers à un de leurs camps d'entrainement mais fut rapidement libéré, suite à quoi ce sont les Bruins qui lui donnèrent une chance pour la saison 1937-38. Il joua 8 matchs avec eux durant cette première saison, passant le restant de l'année dans la IAHL (ancêtre de la AHL) avec les Reds de Providence, équipe qu'il aida à remporter la coupe Calder de 1938.
Il se mérita un poste à temps plein à Boston en 1938-39, obtenant une fiche raisonnablement bonne de 10 buts et 10 passes en 44 matchs. Il n'était pas considéré comme une grande menace offensive ni une future vedette pour les Bruins, la forte équipe étant plutôt bien représentée à ce niveau par des joueurs comme Milt Schmidt, Roy Conacher, Bill Cowley, le gardien Frank Brimsek et un redoutable trio de défenseurs robustes composé de Flash Hollett, Dit Clapper et Eddie Shore.
Mais tout changea pour Mel Hill durant les séries de 1939, particulièrement lors de la série de première ronde contre l'équipe qui avait auparavant refusé ses services, les Rangers. Il s'agissait de la première année où la LNH optait pour des rondes 4 de 7 et la première ronde sous ce format allait nous offrir un classique.
Lors du premier match de cette série, l'égalité de 1-1 persistait après 3 périodes et 2 autres périodes de prolongation. Alors qu'on se dirigeait vers une 4e période de surtemps, Bill Cowley repéra Hill qui marqua le filet vainqueur avec un tir dans le haut du filet avec seulement 35 secondes à faire.
Un scénario presque identique se produisit lors du deuxième match alors que Hill marqua un deuxième filet en prolongation, de nouveau sur une passe de Cowley, cette fois en première période de prolongation, ce qui mena les Bruins à une victoire de 3-2. Boston gagna ensuite le 3e match par la marque de 4-1 mais les Rangers reprirent vie par la suite, gagnant les trois matchs suivants et égalisant la série.
On en était donc à un 7e match pour cette soirée du 2 avril 1939. Les deux équipes s'inscrivirent au pointage une fois chacune en deuxième période, mais encore une fois l'égalité perdura longtemps, le match se rendant de nouveau en 3e prolongation. Et encore une fois, l'issue du match fut décidée par une brillante passe de Cowley à Mel Hill qui élimina ainsi les Rangers avec son 4e filet de la série et son 3e en surtemps.
Il devint alors le premier joueur de l'histoire de la LNH à effectuer ce «tour du chapeau en prolongation». Plusieurs joueurs en ont obtenu deux mais seulement une poignée contre la même équipe. Vous vous souvenez probablement de John Leclair durant la finale de 1993 contre les Kings par exemple. Seulement deux autres joueurs ont aussi obtenu 3 buts en prolongation durant le même tournoi printanier; Maurice Richard en 1951 et Corey Perry durant les séries de 2017. Mais Mel Hill demeure le seul à ce jour à avoir accompli cet exploit durant la même série.
* Pour leur part, Perry avait obtenu 1 but en prolongation durant chacune des trois rondes des séries des Ducks en 2017 (contre Calgary, Edmonton et Nashville) tandis que Richard en avait obtenu 2 contre les Red Wings en première ronde et 1 autre durant la finale contre les Toronto en 1951.
Les Bruins obtinrent ainsi leur laisser-passer jusqu'en finale de la coupe Stanley où ils remportèrent les grands honneurs en 5 matchs face aux Maple Leafs. Hill obtint deux autres buts durant cette finale, portant son total à 6 buts et 3 passes pour 9 points en 12 matchs, bon pour le 3e rang des pointeurs des Bruins derrière Cowley à 14 points et Roy Conacher à 10 points (et aussi 6 buts). Le parcours de Hill lors de ces séries lui valut le surnom de «Sudden Death».
Les Bruins, champions de 1939
Hill avoua toutefois qu'il avait de la difficulté à assumer ce surnom alors qu'il était désormais attendu de lui qu'il marque le gros but, une pression difficile à supporter pour un joueur qui se qualifiait lui-même de joueur ordinaire et peu spectaculaire. Il n'apprécia ce surnom qu'une fois sa carrière terminée.
Lors de la saison suivante, Hill récolta 9 buts et 20 points en 37 matchs comme attaquant secondaire chez les Bruins. Ces derniers remportèrent une autre coupe en 1940-41, la 3e de leur histoire et également la dernière avant 1970. Cette fois, Hill ne connut pas un parcours similaire à celui de 1939, n'obtenant qu'un but et une passe en 8 matchs, mais ce seul but fut toutefois le filet décisif lors du 7e match de la première ronde contre les Maple Leafs. Les Bruins balayèrent ensuite les Red Wings lors de la finale.
Mel Hill et Bill Cowley suite au balayage des Red Wings en finale de 1941
Suivant cette deuxième conquête en trois ans, les Bruins se départirent des services de «Sudden Death», l'envoyant aux Americans de Brooklyn en retour d'une somme d'argent. Lors de cette première (et seule) saison des Americans sous le dénominatif géographique de Brooklyn, Mel Hill obtint davantage de temps de glace qu'au sein des puissants Bruins et termina deuxième pointeur de cette équipe en difficulté avec 14 buts et 37 points en 47 matchs. Je vous le rappelle au cas où vous l'ignoriez, mais les Americans n'avaient de Brooklyn que le nom, évoluant toujours au Madison Square Garden alors qu'il n'y avait pas d'aréna adéquat dans le borough de Brooklyn. Les Americans ne faisaient apparemment que s'y entraîner...
Un an avec la dernière incarnation des Americans.
Ce fut toutefois la dernière saison de la franchise qui suspendit ses opérations et leurs joueurs furent dispersés à travers la ligue. Ce sont les Maple Leafs qui obtinrent les services de Hill qui connut ensuite sa meilleure saison en carrière en 1942-43 avec 44 points dont 17 buts. Il joua 4 saisons à Toronto, remportant une 3e coupe Stanley en 1945 suite à une saison où il obtint un sommet en carrière de 18 buts.
Après 35 matchs avec les Leafs en 1945-46 où il n'obtint que 5 buts et 7 passes, il fut envoyé dans la ligue américaine avec les Hornets de Pittsburgh. Il ne revint jamais plus dans la LNH. Après une dernière saison à Pittsburgh en 1947-48, il décida de revenir au Canada au niveau senior avec les Capitals de Regina où il joua jusqu'à sa retraite en 1952.
Il demeura à Regina suite à sa retraite en travailla dans l'industrie des boissons gazeuses. Il décéda en 1996 à l'âge de 82 ans.
En 324 matchs dans la LNH, Mel Hill obtint une fiche de 89 buts et 109 passes pour 198 points. Sa fiche en séries fut de 12 buts et 7 passes pour 19 points en 43 matchs.
Il fut plus tard admis au temple de la renommée du hockey du Manitoba ainsi que celui du sport au Manitoba.
Continuons
d'emblée avec la suite de la grande INTÉGRALE de toutes les équipes de
l'histoire de la ECHL depuis ses débuts en 1988. Et quand je parle
d'INTÉGRALE c'est vraiment L'INTÉGRALE alors que j'inclus chaque
incarnation de chaque franchise soit chaque changement de nom,
déménagement, fusion, suspension, expansion etc... Ce qui fait en sorte
que j'ai presque une centaine de
ces équipes à décortiquer et à trouver quelque chose d'intéressant à
vous raconter... une tâche parfois assez ardue d'ailleurs.
Allons-y donc... Aujourd'hui nous allons continuer avec les équipes ... on lâche pas. J'ai dans l'intention de finir ça avant 2022...
Comme les histoires de succès dans la ECHL qui menèrent à l'arrivée d'équipes de la LNH à Nashville (voir 3e partie) et à Columbus (4e partie), une autre histoire similaire se produisit à Raleigh en Caroline du Nord, un des états principaux des débuts de cette ligue. Les IceCaps de Raleigh joignirent la ECHL comme équipe d'expansion en 1991-92, devenant la 3e équipe dans cet état.
Les IceCaps furent nommés en référence à un club de baseball de longue date de l'endroit, les Capitals, et furent le premier club de hockey professionnel à Raleigh. Il s'agissait somme toute d'un pari risqué puisque la population de la région était davantage intéressée par le baseball ou le basketball. Les IceCaps furent toutefois un succès et cela attira l'attention des instances supérieures dont la AHL, qui désirait prendre davantage d'expansion dans le sud. Cependant, la ville de Raleigh voyait plus grand, elle qui désirait se doter d'un aréna des ligues majeures, principalement pour héberger l'équipe de basketball de l'Université North Carolina State. Pouvoir ajouter une équipe de hockey majeur était un avantage pouvant garantir la construction de cet aréna. Raleigh fit donc de l’œil à la LNH et quelques années plus tard, les Whalers de Hartford annoncèrent leur déménagement à Raleigh dès sa complétion en 1999. Ils allaient quand même quitter Hartford après la saison 1996-97 et jouer temporairement chez les rivaux des IceCaps, soit à Greensboro (domicile des ex-Monarchs), durant deux saisons avant cette arrivée officielle à Raleigh en 1999-2000.
Pendant ce temps, les IceCaps tombèrent évidemment dans l'indifférence, allant jusqu'à terminer au dernier rang des assistances de la ECHL en 1997-98 avec une moyenne de seulement 1900 personnes par match. Ils ont tout de même laissé un héritage important, menant au développement du sport dans cette ville et cette région.
38. Lynx d'Augusta (1998-2008)
Mieux connu pour le tournoi du Masters qu'elle accueille chaque année, la ville d'Augusta en Georgie accueillit du hockey professionnel pour la première fois lorsque les IceCaps y élurent domicile après leur départ de Raleigh en 1998. Ils furent alors connus sous le nom du Lynx d'Augusta, apparemment un jeu de mot référant au golf d'ailleurs et plus particulièrement l'expression «hitting the links». Je ne connais rien au golf donc je vous laisse apprécier ce jeu de mot par vous-même... ou pas.
Le Lynx évolua durant 10 saisons au James Brown Arena, nommé en honneur du chanteur du même nom dont Augusta est la ville de naissance. L'équipe attira assez de fans pour être rentable à ses 4-5 premières saisons mais diminua drastiquement par la suite jusqu'au début de la saison 2007-08 où après seulement 18 matchs et sans meilleures options, les propriétaires durent annuler leur franchise et la remettre entre les mains de la ECHL, qui dissolut l'équipe. Étonnement, il s'agissait de la première fois (et à date dans mes recherches, la seule fois) dans l'histoire de la ligue qu'une équipe fut dissoute durant la saison et non pas durant la saison morte.
Malgré tout, Augusta avait son lot de fans invétérés et parvint à ravoir une équipe en 2010 dans la SPHL, les Riverhawks, mais cela ne dura que trois saisons.
Finalement, je me dois de partager ce montage maison datant de 2008 démontrant une passion de ce fan des Lynx avec une chanson faisant partie de mes plaisirs coupables, "The Black Parade" de My Chemical Romance...
39. Bombers de Dayton (1991-2009)
Le hockey professionnel a existé dans la ville de Dayton en Ohio sous de nombreuses formes depuis 1964. D'abord longtemps dans la IHL avec les Gems de Dayton de 64 à 80 et ensuite dans des ligues obscures comme la CnHL (Colonial Hockey League) et la AAHL (All-American Hockey League), toutes deux des ancêtres qui menèrent à la création de la ECHL et éventuellement des Bombers de Dayton en 1991. Alors seulement à sa 4e saison d'existence, la ECHL était désormais composée de 15 équipes, et comme j'ai dit plus haut, la Caroline du Nord était un des principaux états où était concentrée la ECHL avec 3 équipes mais le Ohio en détenait désormais 4 avec Dayton, Columbus, Cincinnati et Toledo.
Les Bombers furent raisonnablement bons durant leur existence, particulièrement dans les années 2000, se rendant deux fois en finale dans une cause perdante (2002 et 2007). Leurs assistances furent cependant décevantes et c'est ce qui mena vers leur départ en 2009. Il faut également dire que Dayton, comme plusieurs villes du Midwest, connut une baisse drastique de population à partir des années 60.
Ce qui est assez dommage pour les Bombers, car contrairement à la majorité des équipes de cette ligue, j'aime bien les différents logos qu'ils ont porté à travers leur histoire...
J'aime particulièrement cet écureuil...
Aussi dans la colonne des plus pour les Bombers, c'est une des seules équipes dont j'ai trouvé un match vintage complet sur Youtube...
D'autres tentatives de ramener une équipe à Dayton eurent lieu par la
suite, d'abord dans la CHL et la FHL, mais rien de solide et plus rien
depuis 2016.
40. Storm de Toledo (1991-2007)
Lol... Shawn Penn
Également membre de cette expansion en Ohio en 1991, le Storm de Toledo fut l'une des meilleures équipes de la première décennie de la ECHL, remportant deux fois d'affilée la Coupe Riley, soit en 1993 contre Wheeling et 1994 contre les IceCaps, vus plus haut. L'équipe, dont vous pouvez voir le lien avec les couleurs, était affiliée aux Red Wings durant l'entièreté de son existence à l'exception de la saison 1999-00. Cette affiliation était naturelle puisque Toledo n'est qu'à environ une heure de Détroit et donc les fans avaient un attachement particulier envers les deux équipes.
L'équipe était aussi surtout reconnue pour avoir ce qui était considéré comme le plus laid des logos du hockey professionnel, terminant en 1re place d'un sondage effectué en 1996 par le Hockey News.
Toledo Blade, 31 janvier 1996
Étonnamment, le Storm n'a jamais bronché et a conservé ce logo jusqu'à la fin de la saison 2006-07 lorsque le club suspendit ses opérations. Il s'agissait toutefois d'une suspension volontaire du club en attendant que leur nouvel aréna soit construit.
41. Walleye de Toledo (2009 - )
Donc le Storm reprit ses activités dans son aréna flambant neuf pour la saison 2009-10 et pour l'occasion, pourquoi pas changer de nom et finalement changer de logo? C'est ainsi que (re)naquit la nouvelle franchise du Walleye de Toledo, devenant du coup une autre de ces équipes de la ECHL nommés en honneur d'un poisson, dans ce cas-ci le doré. Dans cette même thématique poissonnière, on retrouvait également à la même époque les Salmon Kings de Victoria et les Steelheads de l'Idaho, qui eux était nommée en honneur de la truite arc-en-ciel...
Il y avait également dans le passé le Kingfish de Bâton Rouge, les River Frogs de Louisianne... bref.
Pause pub...
Le Walleye continua donc dans la lignée du Storm, continuant d'attirer de nombreux fans à Toledo et continuant toujours l'affiliation aux Red Wings. Ils n'ont jamais regagné le championnat depuis ce doublé de 1993 et 1994, mais la tradition continue dans cette ville de l'Ohio où le hockey professionnel a presque toujours existé depuis 1940.
42. Checkers de Charlotte (1993-2010)
La tradition des Checkers de Charlotte remonte à 1956 dans la vieille EHL (Eastern Hockey League), une des ancêtres de la ECHL, lorsque furent créés les Clippers de Charlotte qui se renommèrent sous le nom des Checkers en 1960. Ils jouèrent plus tard dans la SHL de 1973 à 1974 après la dissolution de la EHL. 17 ans plus tard, le succès de la ECHL en Caroline du Nord à Raleigh et Greensboro incitèrent un consortium d'hommes d'affaires de la Nascar et des Hornets de la NBA à ramener les Checkers sur la scène.
Comme les autres équipes mentionnées précédemment, les Checkers furent aussi un succès dans cette nouvelle ligue, attirant en moyenne 7000 fans par match lors de leurs 5 premières saisons et remportant la coupe Riley de 1996 contre Jacksonville. L'équipe continua de prospérer et purent éventuellement rejoindre les Hornets dans le plus grand et tout nouveau Spectrum Center de Charlotte en 2005. Un nouvel acheteur fit l'acquisition des Checkers en 2006 et avait l'ambition de les faire graduer dans la AHL, ce qui arriva en 2010 lorsqu'il se porta acquéreur des River Rats d'Albany qu'il déménagea à Charlotte, toujours sous le nom des Checkers.
La franchise de la ECHL fut donc dissoute et il s'agissait à ce moment de la dernière équipe située en Caroline du Nord, un état désormais considéré comme marché majeur avec les Hurricanes dans la LNH et les Checkers dans la AHL. Aucune équipe de la ECHL n'y est retourné depuis. Pour leur part, les Checkers de la AHL remportèrent la coupe Calder en 2019.
43. Stingrays de la Caroline du Sud (1993 - )
On parle souvent de la Caroline du Nord, mais qu'en est-il de sa sœur au sud? Et bien l'autre Caroline ne fut pas en reste. Pendant que le hockey de haut niveau s'installait à Raleigh, Charlotte et autres ville de la «N-C», la S-C prit éventuellement sa place dans la ECHL jusqu'à avoir 4 équipes au même moment pendant quelques années. Mais les premiers à s'y établir furent les Stingrays de la Caroline du Sud durant la saison 1993-94.
Histoire de nous mélanger, les Stingrays évoluent dans la ville de North Charleston en Caroline du Sud... Y'a-t'il un South Charleston en Caroline du Nord? J'en perds le nord...
Quoiqu'il en soit, les Stingrays sont depuis ce temps un modèle de constance dans ce monde instable du hockey mineur. Ils sont la plus vieille équipe de la ECHL à n'avoir jamais déménagé ou changé de nom et seulement la franchise des Nailers de Wheeling est plus vieille, et ce de seulement une saison. Les Stingrays ont remporté le championnat un record de trois fois (1997, 2001 et 2009), à égalité avec les Admirals d'Hampton Roads et les Aces de l'Alaska. Ils furent également les premiers à remporter la nouvelle coupe Kelly, suite au retrait en 1997 du trophée original de la ECHL, la coupe Riley. Ils ont également perdu 3 fois en finale dont lors du plus récent championnat de 2021 contre les Komets de Fort Wayne. Également un exemple de leur constance est le fait qu'ils n'ont raté les séries qu'une seule fois durant leur histoire, soit en 2007.
Leur chandail original était horrible mais ils se reprirent par la suite avec un des plus beaux de la ligue. On l'avait même voté comme 2e meilleur chandail lors de notre palmarès des chandails de la ECHL en 2015. Et les gagnants de l'époque, les Mallards de Quad City, n'existent plus, donc les Stingrays occuperaient désormais le premier échelon. Malheureusement, ils ont récemment adopté le design de leur grand-club affilié, les Capitals, ce qui leur a fait perdre leur belle originalité malgré que ce n'est pas vraiment horrible non plus.
Parmi les joueurs formés à North Charleston, on retrouve les noms de Steve Shields, Rich Peverley, Deryck Engelland et Martin Biron en plus de plusieurs gardiens des Capitals comme Philipp Grubauer, Michal Neuvirth et Braden Holtby.
On va terminer ça ainsi pour cette partie, mais pas avant de bien sûr vous garocher quelques-uns de ces fameux chandails promos typiques de la ECHL portés par ces équipes...
Zombie Night
Batman Night
Vintage night (hommage à l'ancienne équipe des Goaldiggers)