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mardi 21 juillet 2026

Gord Smith


   


Né le 17 novembre 1949 à Perth en Ontario, le défenseur Gord Smith fit ses classes au sein des Braves de Brockville et des Royals de Cornwall avant d'être sélectionné en 5e ronde (59e au total) au repêchage de 1969 par les Rangers de New York.

Le frère aîné du légendaire gardien Billy Smith ne jouera toutefois jamais pour les Rangers, son parcours avec eux se limitant à un court séjour de 5 matchs avec leur club-école de la CHL, les Knights d'Omaha, qu'il rejoignit pour les séries du printemps 1970 et qu'il aida à remporter le championnat. Après cette seule saison, il fut libéré par les Rangers et il signa alors avec les Kings de Los Angeles, le même club qui repêcha initialement son frère Billy.

Les deux frères ne jouèrent toutefois jamais ensemble, alors que Gord fut prêté aux Blades de New Haven de la EHL tandis que Billy débuta son parcours professionnel avec les Kings de Springfield dans la AHL. Après deux saisons à New Haven, les Kings l'assignèrent à son tour à Springfield, mais à ce moment, Billy avait été sélectionné au repêchage d'expansion par les Islanders et on connaît la suite dans son cas.

Gord joua deux saisons à Springfield et devint un des meilleurs défenseurs de la ligue, terminant au premier rang des défenseurs de la AHL avec 67 points en 1973-74, ce qui lui valut le trophée Eddie Shore, remis au meilleur défenseur du circuit, ainsi qu'une sélection sur la première équipe d'étoiles. Cependant, comme avec les Rangers, il ne joua jamais avec le grand club.

C'est finalement en 1974-75 qu'il put graduer dans la LNH, alors qu'il fut également repêché par un club d'expansion, les Capitals de Washington. Il fit donc ses débuts dans la LNH en même temps que les Capitals, participant au match inaugural de l'équipe le 9 octobre 1974 contre son ancienne équipe, les Rangers. 

Comme vous savez, les Capitals de 1974-75 représentent la pire fiche de l'histoire de la LNH avec un record de médiocrité de 8–67–5 et un autre record de 446 buts accordés. Gord termina cette première saison dans la LNH avec une fiche de 3 buts et 8 passes en 63 matchs ainsi qu'un différentiel de -60.

Gord évolua avec les Capitals jusqu'en 1979, alternant parfois entre le grand club et le club-école. Sa meilleure saison fut celle de 1977-78 qu'il termina avec 4 buts, 11 points et un différentiel de -20. Il fut également nommé capitaine par intérim durant quelques matchs. 

Au même moment, la carrière de son frère prenait son envol spectaculaire à Long Island. Mais pour sa part, Gord en était à ses derniers milles dans la grande ligue. Il fut laissé sans protection par les Caps après la saison 1978-79. Des premiers Capitals de l'édition inaugurale de 1974-75, seul son partenaire en défense Yvon Labre aura joué plus de matchs avec l'équipe, se retirant du jeu en 1981 et devenant le premier joueur de l'équipe à avoir son numéro retiré.

Faisant leur entrée dans la LNH en 1979-80, les Jets de Winnipeg le sélectionnèrent au repêchage d'expansion de 1979.

Le vétéran défenseur ne fit toutefois pas long feu dans la LNH par la suite. Il débuta la saison avec les Jets mais après avoir été blanchi au pointage après les 13 premiers matchs de l'équipe, il fut cédé au club-école de Tulsa dans la CHL. 

Malgré que ses droits furent retournés aux Rangers, il ne revint jamais dans la LNH. Il joua les trois saisons suivantes dans la AHL avec trois clubs différents, les Nighthawks de New Haven, les Indians de Springfield et les Mariners du Maine. Il tira finalement sa révérence après la saison 1982-83.

Après sa retraite, il devint recruteur pour différentes organisations et brièvement entraîneur dans la ligue britannique.

En 299 matchs dans la LNH, Gord Smith récolta 9 buts et 30 passes pour 39 points ainsi que 284 minutes de pénalité.

En plus de Gord et Billy, la famille Smith comprenait également le frère cadet Jack Smith, qui, comme ses deux frères, évolua avec les Royals de Cornwall au niveau junior. Jack joua quelques saisons dans la EHL et au niveau sénior sans jamais se rendre dans la LNH.

mercredi 8 avril 2026

Jean Pronovost

 

On parle beaucoup de Cole Caufield par les temps qui courent et de ses 50 buts. Nous sortons aussi dans la période pascale.  Voici donc un billet qui fait un lien entre les deux: un marqueur de 50 buts pour qui la religion revêt beaucoup d’importance: Jean Pronovost.

Né à Shawinigan, onzième au sein d’une famille de 12 enfants, Jean Pronovost s’est affairé à suivre le chemin de ses frères Marcel et Claude, qui ont joué dans la LNH avant lui.

Recruté par les Bruins de Boston, il fut assigné aux Flyers de Niagara Falls, avec qui il remporta la Coupe Memorial en 1965.  Après une autre année à Niagara Falls, il fut assigné aux Blazers d’Oklahoma City de la Ligue centrale, où l’équipe remporta la Coupe Adams en 1967.

C’est toutefois pendant cette période que les Bruins reprirent vie après une période médiocre, alors que l’arrivée de Bobby Orr, Phil Esposito et compagnie changea la donne.  Gravir les échelons devint donc plus difficile.  L’arrivée de l’expansion en 1967 créa par contre d’autres opportunités pour Pronovost, chance que n’eurent pas certains autres de ses frères.

En 1968, Boston l’échangea aux Penguins en compagnie de John Arbour contre un montant d’argent.  Si ainsi il quittait une organisation au sommet, ceci lui permit toutefois de finalement atteindre la Ligue nationale et ce, sans aller-retour vers les mineures.  Dès sa saison recrue, il marqua 16 buts, un total qui progressa constamment pendant plusieurs saisons.  Il devint donc un incontournable de l’attaque des Penguins.  Par contre, en plus d’être une équipe d’expansion récente, Pittsburgh n’était pas la plus performante de ce groupe, en plus d’être souvent instable, que ce soit derrière le banc ou au niveau des propriétaires.

Le 17 novembre 1973, Pittsburgh recevait Chicago.  Pronovost jouait avec un poignet cassé, ce qui représente un problème, surtout pour un marqueur.  Il rata donc 4 ou 5 bonnes chances de compter et fut frustré par Tony Esposito.  Il y avait parmi les maigres foules des Penguins un partisan qui avait habitude de vociférer contre les joueurs, tellement que les joueurs locaux l’avaient surnommé le ″delicatessen manager″.  (Il ne gérait pas un delicatessen.  Il était plutôt programmeur.  Tout ça pour dire que les joueurs des Penguins le connaissaient bien.)  Ce soir-là, en raison de ses occasions ratées, il s’en prit particulièrement à Pronovost.  Et parmi la maigre foule de 11 488 spectateurs, on entendait bien ses propos.  Frustré, Pronovost s’en prit à lui, même si ce n’était pas dans sa personnalité.  La tirade dura plus d’une minute.  Pittsburgh perdit 4-1.  Pronovost avoua quelques jours plus tard que ce n’était peut-être pas une bonne idée…

En 1974-75, sous les ordres de Marc Boileau et aidé par les 43 buts de Pronovost, les Penguins connurent leur première saison avec une fiche supérieure à ,500.  Une fois en série, après avoir éliminé St-Louis, Pittsburgh devint la deuxième équipe de l’histoire, après les Red Wings de 1942, à prendre les devants 3-0 dans une série pour ensuite la perdre 4-3.

En 1975-76, alors qu’il formait la Bicentennial Line avec Syl Apps Jr. et Lowell MacDonald, Pronovost devint le premier marqueur de 50 buts de l’histoire des Penguins.  (Pierre Larouche le suivit quelques jours plus tard.)  Par contre, une fois en série, les Penguins furent éliminés au premier tour par les Leafs.

Son total de 52 buts et ses 104 points lui valurent tout de même un contrat de 100 000$ par année.

L’argent n’effaça toutefois pas la frustration d’évoluer avec une équipe qui tournait en rond.  En décembre 1976, après deux défaites, il n’apprécia pas que les pratiques furent suspendues pour laisser place à une fête de Noël.  En indiquant que sous une direction appropriée, une telle situation ne serait pas acceptable, on comprenait qu’il égratignait l’entraîneur, son ex-coéquipier Ken Schinkel.  Il dénonça aussi la culture de perdants et l’atmosphère de country club au sein de l’équipe, qui à ses yeux, sous-performait.

Les 64 points de Pronovost l’assurèrent de la tête chez les Penguins.  Pittsburgh termina alors avec une fiche de 34-33-13, mais fut encore éliminé par Toronto au premier tour.  Cette élimination hâtive lui permit tout de même d’aller à Vienne, où le Canada revenait aux championnats du monde après une absence de 8 ans.  L’unifolié prit la quatrième place du tournoi qui se déroule pendant les séries de la LNH.

Si Pronovost, maintenant capitaine, redevint un marqueur de 40 buts en 1977-78, l’équipe rata les éliminatoires.  Il put donc retourner aux championnats du monde, à Prague cette fois.  Il revint de Tchécoslovaquie avec une médaille de bronze au cou.

À son retour, comme il en avait assez de perdre, il demanda d’être échangé.  Il approcha même Cliff Fletcher, le directeur-gérant des Flames d’Atlanta.  Baz Bastien, le dg des Penguins, s’est alors dit que son attitude aurait une mauvaise influence sur l’équipe et se résigna à s’en départir.  Quelques mois après l’introduction de son frère Marcel au Temple de la renommée, Jean quitta finalement Pittsburgh pour prendre le chemin d’Atlanta dans un échange à trois équipes.  Gregg Sheppard se retrouva quant à lui à Pittsburgh, alors que Dick Redmond alla à Boston.

Au moment de partir de Pittsburgh, Pronovost détenait les records d’équipe pour les buts et les points.  (Ces records ont depuis été battus par Mario Lemieux.)

À son arrivée en Géorgie, on lui conseilla d’éviter Ed Kea, qui prêchait intensément la bonne parole.  Son épouse se lia tout de même d’amitié avec la femme de ce dernier et se joignit au mouvement.  Pronovost devint aussi ″born again Christian″.

Sur la glace, Atlanta avait la réputation d’être une équipe respectable, mais qui s’écrasait en séries.  Lors des deux ans de Pronovost dans leur uniforme, l’équipe s’est montrée fidèle à sa réputation, en ne remportant qu’un seul match de séries.

Lorsqu’à l’été 1980, les Flames déménagèrent à Calgary, Pronovost n’a pas été invité à suivre.  Voulant effectuer un virage jeunesse, ils échangèrent leur capitaine aux Capitals, une autre équipe faible, contre un montant d’argent.

Si Pronovost amassa 65 points en 1980-81, il fut limité à 10 matchs en 1981-82, passant la majorité de l’année avec les Bears de Hershey de la Ligue américaine.  Il profita toutefois de son passage à Washington pour enseigner la bonne parole à Mike Gartner et Ryan Walter. 

Comme ce fut sa dernière saison, il termina sa carrière avec une fiche de 391-383-774.  Malheureusement pour lui, il ne lui manqua que 2 petits matchs pour atteindre le seuil de 1000.

À la fin des années 1980, il s’est joint aux Redmen (aujourd’hui Redbirds) de McGill, d’abord comme entraîneur-adjoint, puis comme entraîneur.

En 1994-95, il devint entraîneur de l’équipe de son patelin, les Cataractes de Shawinigan, en cours d’année.

En 1996-97, il fit partie de la brève aventure des Rafales de Québec de la Ligue internationale.  Il quitta au milieu de l’année suivante (la dernière de l’équipe), pour ensuite se joindre aux Huskies de Rouyn-Noranda.  Il y sera jusqu’au milieu de l’année 2000-01.  Il complétera la saison 2001-02 derrière le banc des Castors de Sherbrooke.

Il passa ensuite une saison en Suède.

Il est aujourd’hui à la retraite et vit à Calgary.

Sources:

″Fan’s Baloney Cuts Through Pens’ Prony″ de Dan Donovan, November 27, 1973, Pittsburgh Press, page 26,

″Penguins’ Pronovost fed up″, CP, December 22, 1976, Ottawa Citizen, page 19,

″Pronovost Skates Off; Pens Land Sheppard″ de Bob Whitley, September 7, 1978, Pittsburgh Post-Gazette, page 10,

″Pronovost to play for Caps″, AP, July 2, 1980, The Lewiston Journal, page 21,

″Charter members to enter Penguins’ Hall″ de Bob Grove, October 22, 1992, Greene County Observer-Reporter, page C-6,

″NHL Star gets a wake up Call: The Story of Jean Pronovost″, Hockey Ministries International (hockeyministries.org),

chl.ca, wikipedia.org.

 

mercredi 17 septembre 2025

Bob Paradise

  

Originaire du Minnesota, Bob Paradise est allé à l’école au Cretin High School (ça ne s’invente pas), à St-Paul. Athlète accompli, il excella au football, en plus de recevoir une offre des Red Sox de Boston. Il préféra toutefois continuer son parcours scolaire avec Saint Mary’s University, où il mit plus d’emphase sur le hockey et où il montra des statistiques offensives intéressantes pour un défenseur. 

Après un bref passage dans l’IHL, il se retrouva au sein de l’équipe olympique américaine qui se rendit aux Jeux de Grenoble, en 1968. À cette époque, le hockey n’était pas si populaire aux États-Unis, avec quelques exceptions comme le Minnesota natal de Paradise et le Massachusetts. La LNH venait à peine de procéder à sa première expansion, lorsqu’elle ajouta six nouvelles équipes au pays de l’Oncle Sam, ajoutées à ses quatre équipes traditionnelles, Boston, New York, Détroit et Chicago. 

Bien que l’équipe comptait aussi dans ses rangs des gens qui laissèrent plus tard leur trace dans le monde du hockey comme Lou Nanne, Larry Pleau et Herb Brooks, elle dut se contenter de la sixième place. Ses deux victoires furent acquises contre les deux Allemagnes, en plus d’un match nul contre la Finlande. Elle prit toutefois une dégelée de 10-2 contre les champions éventuels, l’Union soviétique. 

En six matchs, Paradise n’obtint aucun point et aucune minute de pénalité. 

En 1969, il continua son parcours international en participant au championnat du monde en Suède. Les États-Unis perdirent leurs dix matchs, incluant un massacre de 17-2 contre les Soviétiques, les futurs gagnants. Ils terminèrent alors sixièmes, la dernière place du groupe A. 

Paradise passa le reste de la saison 1969-70 avec les Knights d’Omaha de la Ligue centrale. Dans une équipe dirigée par Larry Popein et avec des coéquipiers qui incluaient son frère Dick, André Dupont et Mike Robitaille, il remporta la Coupe Adams. 

Ces performances semblèrent convaincre les Canadiens, puisque Sam Pollock, qui n’avait jamais assez d’espoirs dans son organisation, lui fit signer un contrat. Il n’y eut évidemment pas d’espace pour lui avec le Bleu Blanc Rouge. Il passa plutôt l’année avec les Voyageurs de Montréal de la Ligue américaine avant d’être échangé aux North Stars du Minnesota contre un montant d’argent. 

C’est donc avec l’équipe de son état natal qu’il fit ses débuts en 1971-72 dans la Ligue nationale. En jouant 6 matchs, il devint alors l'un des 16 joueurs américains à jouer dans la LNH cette année-là. L’expérience fut toutefois de courte durée, puisqu’à la fin de la saison, il fut échangé aux nouveaux Flames d’Atlanta, encore une fois contre un montant d’argent. 

C’est donc en Géorgie qu’il put jouer régulièrement au plus haut niveau. Cette situation dura un peu plus d’un an, puisqu’il fut échangé avec Chuck Arnason aux Penguins en janvier 1974, en retour d’Al McDonough. 

En 1974-75, les Penguins connurent un rare succès en séries en éliminant les Blues au premier tour. Ils affrontèrent ensuite les Islanders, qui accédaient alors aux éliminatoires pour la première fois. Pittsburgh prit les devants 3-0 dans la série, mais les New Yorkais leur jouèrent un tour en devenant la deuxième équipe à renverser la vapeur dans de telles circonstances, après les Leafs de 1942. Lors du septième et ultime match, malgré une cause perdante, Paradise laissa sa marque. S’il n’était pas vraiment un bagarreur et n’accumulait pas tant de minutes de pénalités, il pouvait certainement se défendre, surtout pendant cette époque où le jeu rude dominait. En première période, il livra un violent combat à Clark Gillies. Si ce dernier n’a jamais eu froid aux yeux, il affirma plus tard que Paradise, qui lui infligea alors une raclée, était le joueur le plus dur qu’il avait affronté dans sa carrière.

https://www.youtube.com/watch?v=KS1gzU6d6p4

https://www.youtube.com/watch?v=BvRHV8KfOKQ

Suite à sa meilleure saison offensive dans la Ligue nationale (3 buts et 15 passes), il revint avec les Penguins en 1975-76, mais seulement pour 9 matchs, puisqu’en novembre, il fut échangé aux misérables Capitals de Washington, qui venaient de connaître la pire saison pour une équipe d’expansion. Pour l’obtenir, les Caps donnèrent leur choix de 2e ronde, qui deviendra Greg Malone. Le père de Ryan eut par la suite une belle carrière, jouant 704 matchs avec Pittsburgh, Hartford et Québec. 

Quant à Paradise, il joua 70 matchs avec Washington, avant d’être retourné aux Penguins, contre les droits sur Don Awrey, en fin de carrière et qui ne joua finalement jamais avec les Capitals. 

Pour le reste de sa carrière, le défenseur à caractère défensif joua irrégulièrement. Quand ce n’était pas à cause de blessures, c’était simplement parce qu’il peinait à se tailler une place. 

Ça ne l’empêcha toutefois pas de retourner aux championnats du monde en 1977, à Vienne, où les États-Unis terminèrent encore sixièmes. 

Il joua ses dernières parties dans la LNH en 1978-79. 

Paradise devint ensuite professeur au secondaire. 

En 1989, sa contribution au niveau international contribua à le faire élire au Temple de la renommée du hockey américain. Il alla alors y rejoindre son beau-père, nul autre que Bob "Killer" Dill

Sources : 

″Arnasson (sic) et Paradise passent aux Pingouins″, 5 janvier 1974, Québec, à propos, page 29, 

″Les Islanders ont réussi″, 27 avril 1975, Montréal-Matin, page 62, 

″Islanders Oust Penguins, 1-0″ de Dan Donovan, April 27 1975, Pittsburgh Press, page D1, 

″Incredible Hulk Mahovlich Snaps Wings″ de Dan Donovan, December 1 1977, Pittsburgh Press, page C1, 

quanthockey.com, ushockeyhall.com, wikipedia.org.

 

vendredi 22 août 2025

Joueur oublié des 90's #102 - Bill Houlder


 

  


Bill Houlder est né le 11 mars 1967 à Thunder Bay. Défenseur costaud de 6'2" et 216 livres, il fit ses classes avec les Centennials de North Bay qu'il joignit pour la saison 1984-85. Il se fit suffisamment remarquer pour être repêché en 4e ronde (82e au total) par les Capitals de Washington. Il joua deux autres saisons à North Bay, se démarquant notamment en 1986-87 où il termina parmi les meilleurs défenseurs offensifs de la OHL avec 68 points et une place sur la première équipe d'étoiles.

Il débuta ensuite son parcours professionnel dans l'organisation des Capitals en 1987-88, saison qu'il partagea entre le grand club et le club école à Fort Wayne dans la IHL. Il continua de progresser lors des deux saisons suivantes mais son maximum de matchs en une saison avec les Caps fut lors de la saison 89-90 où il joua 41 matchs. 

N'ayant vraisemblablement plus de place pour lui, les Capitals l'échangèrent aux Sabres de Buffalo durant le camp d'entraînement en septembre 1990. En retour, les Capitals reçurent le défenseur Shawn Anderson, 5e choix au total en 1986 qui n'avait rien fait d'extraordinaire jusque-là. Les Capitals perdirent ensuite Anderson au ballotage le lendemain...

Houlder prit donc le chemin de Buffalo mais il y joua encore moins qu'à Washington, soit seulement 7, 10 et 15 matchs lors des trois saisons subséquentes. Il était toutefois trop fort pour les mineures, étant élu meilleur défenseur de la IHL en 1992-93 et obtenant une place sur la première équipe d'étoiles la même année, ainsi qu'en 1990-91 dans la AHL.

Il eut finalement une véritable chance avec les expansions lorsqu'il fut sélectionné par les Mighty Ducks au repêchage d'expansion de 1993. Au sein de la nouvelle équipe en 1993-94, il joua 80 matchs et récolta 39 points dont 14 buts, soit le meilleur rendement offensif pour un défenseur des Ducks lors de cette saison inaugurale. Ses allers-retours dans les mineures étaient alors chose du passé.

Il ne resta toutefois que cette seule saison à Anaheim, étant échangé durant l'été 94 aux Blues de St-Louis en retour d'un autre défenseur, Jason Marshall. 

Après une seule saison également à St-Louis, il devint agent libre et signa avec le Lightning de Tampa Bay, amassant 28 et 25 points lors des deux saisons suivantes.

De nouveau agent libre en 1997, il signa avec les Sharks avec qui il connut deux autres bonnes saisons de 32 points chacune. À l'été 99, les Sharks l'échangèrent au Lightning dans un échange impliquant 5 joueurs dont Niklas Sundstrom qui prit le chemin de San Jose.  

De retour à Tampa Bay et désormais un vétéran de 10 saisons professionnelles, il fut élu comme nouveau capitaine, le précédent occupant Rob Zamuner ayant été échangé plus tôt durant la saison morte.  La suite des choses fut toutefois un fiasco. 

Le Lightning était alors dans une autre de leurs saisons de misère et d'instabilité à l'époque, ayant eu 4 entraîneurs-chef depuis la saison 1997-98 et presque autant de propriétaires. L'équipe eut également la distinction peu honorable d'employer 6 gardiens par saison de 1998-99 à 2000-01.

Donc au travers de cette instabilité au début de la saison 99-00, le Lightning connut un lent début de saison et décidèrent de placer leur nouveau capitaine au ballotage après seulement 14 matchs. Il s'agit d'un des plus courts mandats pour un capitaine officiel dans l'histoire de la LNH, à l'exception des capitaines par intérim ou les rotations de capitaine.



 

Houlder fut alors récupéré au ballotage par les Predators de Nashville, une autre équipe d'expansion récente. L'équipe en était en fait à sa deuxième année. Après les Mighty Ducks, le Lightning et les Sharks, il s'agissait de sa 4e équipe en carrière qui n'avait pas encore une décennie d'existence. Il est ce qu'on surnomme ici un abonné des équipes d'expansion.

Houlder fut très apprécié au sein des Predators, demeurant un vétéran fiable durant 4 saisons. À l'exception d'un seul match, il joua l'entièreté du calendrier de l'équipe de la saison 2000-01 jusqu'à sa retraite après la saison 2002-03. 

Donc malgré quelques saisons précaires en début de carrière, Houlder joua un impressionnant total de 846 matchs dans la LNH, amassant 59 buts et 191 passes pour 250 points.

Après sa retraite, il revint dans la région de North Bay et est présentement assistant-entraîneur du Battalion de North Bay depuis la saison 2017-18.

 


mardi 29 juillet 2025

Doug Mohns


 

J'avais croisé le nom de Doug Mohns lors de plusieurs recherches mais je ne lui accordais que très peu d'attention. Je croyais à prime abord qu'il était un joueur moyen et vagabond qui avait quand même connu une bonne carrière de façon anonyme. Mais en regardant finalement ses statistiques de plus près, j'ai tout de suite sursauté lorsque je me suis rendu compte qu'il était défenseur et qu'il avait accumulé plus de 700 points et joué durant 22 saisons. Il méritait alors définitivement une bio ici.

Doug Mohns est né le 13 décembre 1933 à Capreol en Ontario. Un patineur né, il fut même approché par les Ice Capades à l'âge de seulement 7 ans. Sa famille refusa toutefois l'offre et il se concentra plutôt sur le hockey. Surnommé «Diesel» pour sa vitesse sur patins rappelant une locomotive, il se distingua tout d'abord au sein des Flyers de Barrie de la ligue junior de l'Ontario avec qui il fut d'abord prêté par son club local de Capreol pour la coupe Memorial de 1951. Après leur victoire, les Flyers recrutèrent Mohns pour la saison 1951-52. Évoluant comme attaquant, il mena les Flyers pour les points à sa première saison et ramena les Flyers à la coupe Memorial en 1953. En compagnie de joueurs de renom comme Orval Tessier et Don Cherry, Mohns récolta 18 points en 10 matchs lors de ce tournoi et ramena la coupe Memorial à Barrie.

Propriété des Bruins, Mohns, alors âgé de seulement 19 ans, fit le saut directement dans la LNH en 1953-54. Il était assez rare de voir un si jeune joueur percer un alignement de la LNH à l'époque «Original 6» surtout sans devoir faire ses preuves dans les mineures. Mais des blessures à la défense chez les Bruins firent en sorte qu'il y avait un poste disponible. Il fut toutefois converti en défenseur, encore une fois un fait assez rare.

 

Mohns connut une très bonne première saison, accumulant 13 buts et 14 passes pour 27 points, soit le meilleur rendement offensif chez les défenseurs des Bruins, alors un club très médiocre en attaque. Leur meilleur attaquant n'ayant obtenu que 47 points.

Il joua 11 saisons complètes à Boston, devenant en 1959-60 le deuxième défenseur de l'histoire de la LNH (après Flash Hollett) à marquer 20 buts en une saison. En plus de sa rapidité et sa versatilité à pouvoir jouer parfois comme attaquant, il était un des premiers disciples du lancer frappé suite à son introduction par Bobby Hull et Boom Boom Geoffrion. Il participa 5 fois au match des étoiles lors de ses années avec les Bruins, 4 fois comme défenseur et 1 fois comme attaquant. Son entraîneur à Boston, le légendaire Milt Schmidt, évoqua que Mohns était un des meilleurs joueurs de la ligue à l'époque.  

Cependant, malgré quelques bonnes années vers la fin des années 50, dont deux participations en finale (1957 et 1958 contre Montréal), les Bruins n'allaient plus nulle part durant les années 60 et ratèrent les séries de 1960 à 1967. À l'été 1964, Mohns fut échangé aux Blackhawks en retour de deux joueurs, Reggie Fleming et Ab McDonald.

Lors de sa première saison à Chicago, il fut reconverti comme ailier gauche et muté sur le trio de Stan Mikita et Kenny Warham. Surnommé la «Scooter line» pour leur vitesse étourdissante, le trio fut un des meilleurs de la ligue pendant six saisons durant lesquelles Mohns connut ses meilleurs moments. Sa meilleure saison eut lieu en 1966-67 où il obtint 60 points, dont 25 buts, en seulement 61 matchs. Il retourna également au match des étoiles en 1965. Son entraîneur Billy Reay déclara qu'avoir Mohns sur la glace était comme d'avoir droit à un 3e défenseur tellement il était capable de se replier efficacement en défense ou d'adapter facilement son rôle selon l'intensité des matchs.


Après six ans à Chicago, l'âge commença à ralentir Doug Mohns. Il eut toutefois la chance de prolonger sa carrière grâce aux expansions. Après une première moitié de saison difficile, il fut échangé aux North Stars du Minnesota en février 1971. Il y joua durant deux autres saisons, retournant une dernière fois au match des étoiles en 1972, avant d'être réclamé par les Flames d'Atlanta au repêchage intraligue de 1973. Des blessures le limitèrent toutefois à seulement 28 matchs avec les Flames. 

L'heure de la retraite semblait avoir sonné pour Mohns à l'été 1974. Il y eut des rumeurs selon qui il deviendrait le premier entraîneur des nouveaux Capitals de Washington. Ces derniers portèrent toutefois leur choix sur Jim Anderson. Malgré tout, le DG des Capitals, son ancien coéquipier et entraîneur Milt Schmidt, voulait quand même avoir Mohns dans son équipe. N'ayant pas obtenu beaucoup de vétérans aguerris durant le repêchage d'expansion, Schmidt et les Caps achetèrent la dernière année du contrat de Mohns et le nommèrent comme premier capitaine de la franchise pour la saison 1974-75.

La première saison des Capitals demeure à ce jour la pire de l'histoire de la ligue avec seulement 8 victoires, 67 défaites, 5 matchs nuls et la majorité des joueurs avec une fiche de -50 (et le record de tous les temps de -82 de Bill Mikkelson). Lors de cette 22e saison en carrière, le vénérable Mohns parvint à jouer 75 matchs et accumula 2 buts et 19 passes à la défense des Capitals. Il termina avec une fiche de -54 et prit ensuite une retraite bien méritée.

Au autre cas de «patch» de capitaine appliquée avec du tape électrique

 

En 1389 matchs dans la LNH, Doug Mohns aura obtenu 248 buts et 462 passes pour 710 points et 1250 minutes de pénalité. Lors de sa retraite, seulement 4 joueurs avaient joué davantage de matchs; Gordie Howe, Alex Delvecchio, Tim Horton et Harry Howell.  

Il n'a malheureusement jamais remporté la coupe Stanley ou remporté d'honneurs individuels, ce qui nuit grandement à sa postérité. Durant ses années où il évoluait principalement comme défenseur (1953 à 1964 avec les Bruins), seulement 3 défenseurs ont obtenu davantage de points, soit Red Kelly (qui évoluait lui aussi parfois comme attaquant), Bill Gatsby et Doug Harvey.

Si le trophée Selke avait existé (il n'existe que depuis 1978), nul doute que Doug Mohns aurait été candidat durant ses années à Chicago. Il a aussi eu la malchance de partir de Boston quelques années avant l'éclosion des Big Bad Bruins et les coupes des années 70, en plus d'arriver à Chicago trop tard, les Blackhawks ayant remporté les grands honneurs en 1961. Il fut toutefois nommé au 57e rang du Top 100 de l'histoire des Bruins lors des célébrations du 100e de l'équipe en 2023-24.

Après sa retraite, il s'impliqua dans plusieurs causes humanitaires et travailla une vingtaine d'années au Massachusetts comme administrateur d'hopital. Il décéda en 2014 à l'âge de 80 ans.


mercredi 9 avril 2025

Quiz hardcore LVEUP: Capitals de Washington

 





C'est l'heure de retourner dans le hardcore avec un autre quiz LVEUP. 

Aujourd'hui, les Capitals.

Bonne chance! Partagez-nous votre score dans les commentaires ou sur Facebook.

Pour d'autres quiz du genre, cliquez ici.

 

dimanche 22 septembre 2024

Bob Girard





Travailleur infatigable, Robert Girard n’a pas eu le parcours le plus typique qui soit. Jamais repêché, c’est alors qu’il jouait au niveau senior avec les As d’Amqui qu’il signa un contrat comme agent libre. Les faibles Golden Seals de la Californie, tentant désespérément de retrouver un peu de profondeur, lui firent signer un contrat comme agent libre en septembre 1973.

Il fut d’abord assigné aux Checkers de Charlotte de la SHL (Southern Hockey League), avant de graduer avec les Golden Eagles de Salt Lake de la WHL (Western Hockey League).

Comme 1973-74 fut la dernière année d’existence de la WHL, les Golden Eagles et Girard se joignirent l’année suivante à la CHL (Central Hockey League). L’année fut également soulignée par l’arrivée de Jack Evans derrière le banc. Ce fut aussi l’un des rares points positifs de l’histoire des Seals, alors que leur club-école finit premier au classement et remporta la Coupe Adams. Girard, un ailier versatile qui était jusqu’à récemment un défenseur, contribua aux succès de l’équipe avec 13 buts et 32 passes.

Les minables Seals, qui venaient de changer six fois d’entraîneur en quatre ans, ne pouvaient pas passer à côté de ce rare coup d’éclat, et firent alors graduer Evans derrière leur banc pour la saison 1975-76. Celui-ci en profita pour faire graduer Girard avec lui. D’ailleurs, il devait vraiment apprécier son jeu, puisque dès son année recrue, il joua l’année au complet. Le manque de talent de l’équipe fit aussi en sorte qu’il hérita de missions périlleuses habituellement pas confiées aux nouveaux venus, comme celle de surveiller Guy Lafleur lors des affrontements contre Montréal.

Offensivement, Girard s’en tira aussi relativement bien, malgré quelques disettes. Si une autre recrue, Dennis Maruk, compta 30 buts, Girard parvint tout de même à en accumuler 16, en plus de 26 passes. Ce ne fut toutefois pas suffisant pour rendre les Seals respectables, qui ratèrent encore les séries et qui terminèrent 14e sur 18, avec une fiche de 27-42-11. Avec une moyenne de 6944 spectateurs, ils terminèrent également derniers au niveau des foules et finirent par déménager à Cleveland, pour devenir les Barons.

À Cleveland, les résultats ne furent guère mieux, ni sur la patinoire, ni dans les estrades.

Girard marqua 11 buts et obtint 10 passes en 1976-77, avant d’être échangé au cours de la saison 1977-78. Il n’améliora toutefois pas ainsi son sort, puisqu’il se retrouva avec une équipe encore pire, les Capitals de Washington. En retour, les Caps donnèrent tout de même un joueur qui avait connu des saisons intéressantes offensivement, Walt McKechnie.

À Washington, il fit la rencontre de Robert Sirois, qui devint un ami et même un partenaire d’affaires, avec qui il détint pendant un moment un restaurant italien à Pierrefonds.

À un moment où ils étaient en vacances à Miami avec quelques coéquipiers, Sirois vit Girard entrer dans un bar. Il voulut le suivre, mais on l’empêcha. Lorsqu’il insista, il put finalement être admis. À l’intérieur, il constata que la clientèle était purement masculine. Lorsqu’il repéra finalement Girard, il le vit alors qu’il dansait langoureusement avec un autre homme. Éberlué, Sirois se fit alors demander par un autre client s’il était au courant qu’il s’agissait d’un bar gay. Sirois répondit qu’il n’en savait absolument rien et sortit.

Dans une LNH des années 1970, alors que le jeu était très agressif et l’ambiance plutôt macho et homophobe, ce point était très embarrassant. Sirois, avec ce qu’il a qualifié lui-même de sa mentalité de l’époque, dit alors lors d’une conversation ultérieure à Girard que le tout devait demeurer secret et qu’il devrait se faire soigner. Le secret demeura.

Girard joua aussi la saison 1978-79 avec les Capitals, mais au repêchage de 1979, il fut déçu de ne pas avoir été choisi par les Nordiques. Il retourna donc avec les Capitals, avec qui il joua un dernier match dans la LNH. Il passa le reste de la saison avec les Bears de Hershey dans la Ligue américaine, avec qui il remporta la Coupe Calder.

Il tenta brièvement l’expérience suisse, avant de revenir dans la région montréalaise et de jouer dans des ligues récréatives.

S’il est décédé en 2017, à l’âge de 69 ans, ce n’est qu’après que la question de son orientation sexuelle refit surface. Marie-Claude Savard, dans le cadre de la série documentaire ″Intouchables″, diffusée en 2020, se demanda pourquoi il n’y avait jamais eu un seul joueur de la Ligue nationale qui ait dévoilé son homosexualité. C’est ainsi que l’équipe retraça Sirois et le frère de Girard, Denis. Ce dernier confirma le tout et s'est dit persuadé que s’il avait été toujours vivant, dans le contexte actuel, Robert aurait sûrement accepté de finalement faire sa ″sortie du placard″.

Malgré les journées de la fierté, est-ce que les choses ont vraiment changé?  Bien qu'il soit pratiquement statistiquement impossible qu'il n'y ait aucun homosexuel dans la LNH, il demeure qu'aucun ne se soit affiché comme tel, ni maintenant, ni jamais.

Sources:

″Gritty Girard finds success as winger″, de Brent Checketts, Deseret News, November 7, 1974, page F1,

″Girard espère″ de Bernard Brisset des Nos, Montréal-Matin, 7 décembre 1976, page 69,

″Les matineux″, Montréal-Matin, 29 décembre 1976, page 47,

″Les matineux″, Montréal-Matin, 30 août 1978, page 59,

″Burton reviendra jouer au Colisée″ de Maurice Dumas, Le Soleil, 14 juin 1979, page C1,

″Intouchables, L’homosexualité au hockey, entre tabou et clichés″ (Les intouchables : argent, sexe, drogue et… hockey! | ICI.Radio-Canada.ca)

wikipedia.org.

samedi 18 mai 2024

Joueur oublié des 90's #91 - Craig Johnson

 

 



Pour trouver des joueurs oubliés intéressants pour cette série, ça aide beaucoup d'avoir un nom générique comme Craig Johnson...

Né le 8 mars 1972 à St.Paul au Minnesota, l'attaquant Craig Thomas Johnson évoluait encore au niveau high school lorsque les Blues de St.Louis en firent leur choix de 2e ronde (33e au total) du repêchage de 1990. Il débuta ensuite son parcours universitaire avec les Gophers de l'Université du Minnesota où il joua durant trois ans, optant ensuite d'abandonner sa dernière année d'éligibilité pour plutôt joindre les rangs de l'équipe nationale américaine en vue des Olympiques de 1994. 

Johnson devint ensuite professionnel lors de la saison 1994-95. Après la première demi-saison annulée par la grève et qu'il passa dans la IHL, il parvint à obtenir un poste avec les Blues lors de la reprise des activités. Il marqua même le premier but du club dans leur nouveau domicile, le Kiel Center (aujourd'hui appelé le Enterprise Center). Il ne fut toutefois utilisé que sporadiquement durant cette première saison, terminant l'année avec 6 points en 15 matchs et jouant 1 seul match en séries.

Il débuta la saison 1995-96 avec le grand club, amassant 15 points en 49 matchs et ne faisant qu'un court séjour de 5 matchs dans les mineures. Il fut toutefois inclus dans une transaction majeure en février 1996. 

Au même moment à Los Angeles, insatisfait et déçu de la débandade des Kings depuis la finale de 1993, Wayne Gretzky demanda finalement à être échangé.

En retour de seulement Gretzky, les Kings reçurent les joueurs suivants:
- Roman Vopat (C)
- Craig Johnson (LW)
- Patrice Tardif (C)
- Choix de 5e ronde en 1996 (Peter Hogan)
- Choix de 1ère ronde en 1997 (Matt Zultek)

On peut aisément dire que les Kings ont reçu bien peu en retour de la merveille, alors que du lot, seul Johnson devint un membre du club à long terme, et ce dans un rôle secondaire.

Le principal atout de ce package aurait normalement dû être ce choix de première ronde en 1997, mais avec cette sélection au 15e rang obtenu des Blues, les Kings sélectionnèrent l'attaquant Matt Zultek qui non seulement ne s'est jamais rendu à la LNH mais qui aura à peine joué une trentaine de matchs dans la AHL. Il joua davantage dans la ECHL et SPHL jusqu'à sa retraite en 2011.

En fait les Kings ont complètement gâché cette sélection puisqu'ils n'exercèrent jamais leurs droits sur Zultek qui redevint éligible au repêchage en 1999 et qui fut sélectionné cette fois-ci par les Bruins en deuxième ronde... Je ne vois vraiment pas ce que les recruteurs de la LNH semblaient voir en lui pour être repêché aussi tôt à deux reprises. Par ses statistiques ordinaires au junior, je l'aurais plus vu en 6e, 7e ronde...

Bref, Johnson s'amena à L.A. pour terminer la saison 1995-96, et sembla bien fournir au départ avec 9 points en 11 matchs. Il ne joua cependant que 31 matchs en 96-97, et ne récolta que 7 points. Il se reprit ensuite en 97-98 et connut sa meilleure saison en carrière en 17 buts et 21 passes pour 38 points.

Beau caméo de Ray Ferraro

Beau caméo de Fredrik Olausson

Davantage un attaquant de soutien et un joueur défensif, Johnson fut fidèle au poste avec les Kings pendant 7 saisons complètes, ne dépassant le cap des 10 buts qu'à une seule autre reprise en 2001-02 avec 13 buts. Mais après une saison de seulement 3 buts en 70 matchs en 2002-03, il fut libéré par le club.

Il n'eut pas à aller trop loin la saison suivante, alors qu'il signa comme agent libre avec les Mighty Ducks. Mais sa saison 2003-04 ne fut pas très concluante. Il fut placé au ballotage en janvier 2004, réclamé ensuite par Toronto où il joua 10 matchs, placé au ballotage de nouveau en mars et finalement réclamé par les Capitals avec qui il joua un autre 15 matchs, ses derniers dans la LNH.

Il continua ensuite sa carrière en Europe, d'abord trois saisons en Allemagne et une dernière saison en Autriche en 2007-08 avant de prendre sa retraite.

En 557 matchs dans la LNH, sa fiche fut de 75 buts et 98 passes pour 173 points.

Il demeura ensuite dans le milieu du hockey, d'abord dans la ECHL comme assistant entraineur, ensuite entraineur-chef au niveau high school au Minnesota, recruteur pour les Kings et plus tard entraineur adjoint de leur club-école. Il a depuis gradué dans la LNH, comme assistant entraineur, des Ducks depuis la saison 2022-23.

Son fils, le défenseur Ryan Johnson, qu'il a d'ailleurs coaché au Minnesota, a été sélectionné en première ronde (31e) au total par les Sabres en 2019. Comme le paternel, il a joué avec les Gophers de l'Université du Minnesota avant de faire le saut dans la LNH. Il vient d'ailleurs de jouer sa première saison à Buffalo.