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vendredi 5 mai 2023

Joueur oublié des 90's #77 - Alexei Yegorov



 


Né le 21 mai 1975 à Leningrad (aujourd'hui St-Petersbourg), le jeune Alexei Yurievich Yegorov était bien petit et chétif à la naissance, passant bien près de ne pas survivre. Il parvint toutefois à s'en tirer et devint un hockeyeur d'exception dès son plus jeune âge, jouant la majorité du temps au sein d'équipes aux joueurs plus vieux qu'il parvenait à mettre dans sa poche. 

Le jeune Yegorov était un enfant turbulent à l'école mais avait un bon cœur et était très populaire. Il parvient entre autres à faire adopter par sa mère un ami dont les parents sont décédés et il organise aussi des funérailles pour un chien desquels il réussit à faire assister toute son école au grand dam des professeurs impuissants. Pendant qu'il se développe dans les différents niveaux du club local, le SKA St-Petersbourg, Yegorov devient père à seulement 17 ans. Sa copine et lui entretiennent une relation difficile et mouvementée, les forçant à habiter séparément, ce qui mènera à ce que son fils Nikita soit majoritairement élevé par la mère d'Alexei.

Graduant au sein du SKA senior en 1992-93, où il évolue comme ailier droit, Yegorov a aussi des problèmes d'autorité avec son entraîneur, l'ancien joueur légendaire Boris Mikhailov, un entraîneur formé à la vieille école. Durant la saison 1994-95, les deux en viennent à un argument irréconciliable suite à quoi Mikhailov le libère de l'équipe. Ayant précédemment été repêché en 3e ronde du repêchage de 1994 par les Sharks, Yegorov quitte la Russie pour tenter sa chance en Amérique du Nord, terminant la saison avec le Fire de Fort Worth dans la Central Hockey League ou il récolte 14 points en 18 matchs. 

 

 


Il fait ses débuts dans l'organisation des Sharks en 1995-96 avec leur club-école de la IHL, les Blades de Kansas City. Il s'en sort admirablement bien avec une fiche de 31 buts et 25 passes en 65 matchs, ce qui lui vaut un rappel à San Jose en fin de saison. Durant ce court séjour de 9 matchs dans la grande ligue, il obtient 5 points dont 3 buts. Ces trois filets sont tous obtenus lors d'un match contre les Flames. Il est toutefois retourné à Kansas City après ce court essai.

L'année suivante, il migre dans la AHL avec les Thoroughblades du Kentucky ou il obtient 26 buts et 36 passes en 76 matchs. Il n'est rappelé que pour deux petits matchs avec les Sharks, récoltant une seule passe. Ce seront malheureusement ses derniers matchs dans la LNH. Il passe ensuite la saison 1997-98 exclusivement dans la AHL, obtenant 32 buts et 52 passes pour 84 points et participant au match des étoiles. Difficile de confirmer mais selon ce que j'ai lu, ce 84 points serait le record pour un joueur russe en une saison dans la AHL.

Cependant, les Sharks ne feront plus jamais appel à ses services. La haute direction des Sharks avait complètement changé de main et ils désiraient faire table rase sur la précédente recette d'employer une grosse majorité de joueurs européens, les entraîneurs précédents étant de toute manière très racistes envers eux. C'est un peu ce qui est arrivé à un autre joueur de cette série évoluant avec les Sharks, Jan Caloun (voir texte du 2 mars 2022).

Yegorov et sa famille décident alors de retourner en Russie. Il évolua pour 3 clubs en 1998-99, terminant la saison à St-Petersbourg de retour avec le SKA. Malheureusement pour lui, cette décision de revenir en terrain familier sera le point tournant et tragique de cette histoire.

 

Habitant le même quartier de sa jeunesse, Yegorov renoua avec d'anciens amis qui étaient désormais des gens peu fréquentables. Bien qu'il ait joué peu longtemps en Amérique, son contrat avec les Sharks lui rapporta tout de même plus de 300 000$. Ses amis commencèrent alors à abuser du généreux Yegorov qui leur payaient des vêtements et qui les sortaient dans des discothèques et des casinos. Mais la pire chose qui lui arriva fut son introduction à l'héroïne, qu'il commença à consommer sans retenue durant cette saison 98-99. Il se rendit compte assez rapidement qu'il avait un problème et tenta de se réhabiliter. Malheureusement, lors de ses séjours à l'hôpital pour sevrer, il se révéla qu'il était très facile de se procurer de l'héroïne à même l’hôpital qui était assez facile d'accès pour que ses amis aillent lui en porter directement.

Voulant tenter d'échapper à tout ça, Yegorov décida de tenter un retour en Amérique du Nord. Au même moment, coïncidence ou pas, les nouveaux Thrashers d'Atlanta avaient acquis les droits sur Yegorov lors du repêchage d'expansion. Il ne fut pas signé par les Thrashers mais joua quand même dans les mineures en 1999-2000 au sein des Ice Dogs de Long Beach dans la IHL et des Hawks d'Adirondack dans la UHL.

Il quitta ensuite pour l'Allemagne où il joua une saison en 2000-01, tout en continuant d'éviter de retomber dans la drogue et de subir des traitements. Mais encore une fois, il rechuta lors d'un retour à St.Petersbourg, renouant de nouveau avec sa vieille gang et écoulant ce qui lui restait monétairement. Toute tentative de réhabilitation sembla alors inutile et il ne joua plus jamais au hockey.

Au début de l'année 2002, alors qu'il commença à manquer d'argent, il se mit à consommer à crédit. Pour continuer à avoir du crédit, il laissa son passeport en garantie à son dealer. Sans argent lorsqu'il fut temps de payer, il se rendit chez le dealer pour tenter de récupérer son passeport de force. Il fut toutefois accueilli par trois autres hommes forts qui le tabassèrent sans merci et le firent débouler les escaliers entre le 7e et le 3e étage. Selon la version officielle diffusée dans les journaux, Yegorov se serait ensuite jeté lui-même par la fenêtre du 3e étage, certains disent pour échapper à ses assaillants, d'autres racontent que c'était pour simplement en finir lui-même. Il mourut donc sur le coup de l'impact à l'âge de 26 ans, le 2 mars 2002. Ses attaquants jetèrent ensuite son passeport sur son corps inerte avant l'arrivée des policiers. 

Lors de ses funérailles, peu de ses anciens amis ou anciens coéquipiers furent présents à la demande de la famille, offusquée que plusieurs d'entre eux lui aient tourné le dos quand il avait besoin d'aide.

Son fils Nikita Yegorov, aujourd'hui âgé de 30 ans, joua également au hockey à divers niveaux en Russie durant les années 2010. Il a toujours eu des doutes sur la mort de son père, refusant la théorie officielle du suicide. Il raconte être retourné sur les lieux plus tard pour faire sa propre enquête et un ancien résident lui aurait dit qu'il aurait plutôt tenté de s'échapper en s'accrochant par la fenêtre et qu'il aurait plutôt glissé ou bien que ses assaillants l'aient fait tomber.

1975-2002


La fiche dans la LNH de Alexei Yegorov fut de 3 buts et 3 passes en 11 matchs.

Il obtint également 247 points en 298 matchs combinés dans les rangs mineurs nord-américains ainsi que 110 points en 259 matchs en Russie et en Europe.


Sources:
White trash burned Alexei Yegorov, Sovsport.ru, 23 octobre 2002
He was admired in Russia and America, and he traded his career for drugs. The tragedy of Egorov's hockey talent, Sport24.ru, 29 avril 2022
The terrible story hockey player Yegorov, Sportexpress.ru, 15 avril 2020
Sharks lose game, but may have found a star in Yegorov, SF Gate.com, 21 février 1996

lundi 5 décembre 2022

Quand le hockey vire au tragique


La Presse, 3 mars 1905


 
 
Le 24 février 1905, le dernier match de la saison opposait deux équipes voisines dans leur ligue régionale senior. Alexandria, dans l’est ontarien, a parcouru la vingtaine de kilomètres qui la séparait de Maxville pour affronter sa rivale.

Les deux frères Laurin, qui jouaient pour Alexandria, étaient des joueurs offensifs et élégants. De l’autre côté, Allan Loney, 19 ans, avait déjà une réputation de joueur sans merci. Une version de l’histoire indique qu’avant le match, Loney s’était engagé à faire passer un mauvais quart d’heure aux joueurs d’Alexandria si ceux-ci parvenaient moindrement à s’imposer et même de s’en prendre à l’arbitre au besoin. Loney enguirlanda d’ailleurs l’arbitre O’Connor au début du match. Il faut aussi noter que la rivalité entre les deux villes était bien ancrée, d’autant plus que l’équipe de crosse d’Alexandria était dominante depuis un moment dans la région.
Alcide Laurin

Vers le milieu du match, selon la version de l’arbitre, Loney frappa Alcide Laurin au menton. Il continua ensuite à le poursuivre pour briser son bâton. En ramassant ce qui restait de celui-ci, Laurin passa des commentaires indéterminés. Il faut croire que Loney n’a pas apprécié, puisqu’il lui asséna avec force un coup de bâton sur la tempe. Laurin, 24 ans, toujours selon la version de l’arbitre, était penché et avait le dos tourné. Il s’affaissa aussitôt. Loney fut expulsé.

Une autre version mentionne que Laurin avait d’abord fracturé le nez de Loney. Ce serait donc en le frappant que Laurin aurait brisé son bâton. Il aurait alors signalé son intention de se battre à son adversaire. Les deux versions étaient donc assez contradictoires. Une troisième version indiqua que le coup était accidentel, version qui fut réfuté par les médecins légistes. Il était donc difficile de départager tout ça. Le problème, c’est qu’en 1905, les reprises vidéo dans des ligues régionales, ce n’était pas vraiment fréquent…

Ce n’est que quelques minutes plus tard qu’on constata que Laurin avait rendu l’âme. Il s’agit du premier décès recensé lors d’un match de hockey. L’autopsie démontra que le crâne était fracturé à cinq endroits, incluant une fente d’un demi-pouce de large. À l’annonce de sa mort, l’entourage de Laurin s’en est pris aux joueurs de Maxville. Le frère de Laurin s’attaqua directement à Loney et lui aurait brisé le nez avec son bâton. En bout de ligne, lequel des Laurin a brisé le nez de Loney et à quel moment? Difficile à départager. Loney fut arrêté, accusé de meurtre et conduit à la prison de Cornwall.

Le tout est ensuite devenu une saga. On nota rapidement que le père de Loney, bien que maintenant aveugle, était le marchand le plus prospère de Maxville et qu’il était à la tête de la loge orangiste de l’endroit. De plus, le fait que les joueurs de Maxville étaient tous protestants, alors que ceux d’Alexandria étaient presque tous catholiques est un angle qui a immédiatement fait surface, insinuant des problèmes de partialité.

L’arrestation de Loney s’est aussi faite avec un certain esprit de clocher. Le constable d’Alexandria, un dénommé Hall, qui s’est présenté à Maxville a d’abord demandé la collaboration des autorités locales, pour éviter le grabuge. On lui demanda alors s’il avait un mandat d’arrestation. Lorsqu’il répondit oui, on lui dit que le mandat était illégal et qu’il s’apprêtait à commettre une bavure. Le magistrat local vint ensuite à sa rencontre regarder son document, pour alors lui dire qu’il n’avait pas de valeur. Lorsque le constable Hall lui signifia que le juge de paix qui l’avait signé avait aussi juridiction sur Maxville, la conversation bifurqua sur la maladie de la mère de Loney. Hall leur répondit qu’il avait un travail à faire. Les autorités de Maxville lui indiquèrent donc que ce serait eux qui iraient cueillir Loney pour l’amener à la gare. C’est finalement quelques minutes avant le départ du train vers Cornwall que Loney fut remis à Hall.

À la surprise générale, Loney fut ensuite libéré sans caution pendant l’enquête. Il demeura toutefois à Cornwall, de crainte de créer un soulèvement à Alexandria, où l’enquête se déroulait à l’hôtel de ville. Les nombreux curieux, incluant plusieurs personnes de Maxville, ne furent pas admis dans la salle, histoire de prévenir l’agitation.

Le coroner statua rapidement que c’est le coup de bâton qui fut fatal. La défense dut donc trouver un argumentaire pour disculper Loney.

Au procès, autant la défense que la Couronne étaient représentés par trois avocats. La Couronne convoqua 25 témoins. La défense, 40. On peut se demander quel pourcentage de la foule qui était présente au match représente ces 65 personnes...  On estima le nombre de visiteurs à Cornwall à 1000 pour l'événement.

Au procès, bien que Loney donnait une impression de nonchalance, ses avocats le dépeignirent comme une victime d’une attaque de Laurin. Il affirma même qu’au moment du coup, il avait les yeux fermés, montrant ainsi le côté accidentel de celui-ci. Il s’agit toutefois d’un argument difficile à prouver ou à infirmer. En fait, il évoqua qu'il ne se souvenait même pas du coup lui-même. La défense mit également ses efforts à décrédibiliser l’arbitre et mettre ses compétences en doute.

L’accusation de meurtre, passible de pendaison, fut ensuite changée en homicide. Le jury accepta la défense de Loney, selon qui il aurait agi en légitime défense. Après quatre heures de délibération, il fut donc acquitté, semant la joie dans la salle d’audience, au point où le juge Teetzel expulsa les plus exubérants. Il sermonna également Loney, lui mentionnant qu’il devait une fière chandelle à ses avocats.

Il se lança ensuite dans un éditorial où il dénonça la glorification, par les journaux et la population, de ceux qu’il qualifia de brutes, au hockey, à la crosse et au football. Il alla même jusqu’à mentionner que ces jeux devraient être interdits.

Loney déménagea éventuellement à Edmonton, où il travailla pour le CN. Il est décédé en 1965, à l’âge de 79 ans.

Sources :

"En jouant au hockey", 27 février 1905, La Presse, page 11,

"Détails d’une brutalité révoltante", 1er mars 1905, La Presse, page 1,

"Loney, who killed Alcide Laurin with a hockey stick, in jail", March 1st 1905, Montreal Star, page 12,

"Une brave famille canadienne-française dans le deuil", 2 mars 1905, La Presse, page 1,

"La mort du jeune Alcide Laurin", 3 mars 1905, La Presse, page 1,

"Les frères Charlebois défient les Maxville", 6 mars 1905, La Presse, page 1,

"L’affaire de Maxville", 7 mars 1905, La Presse, page 1,

"Le meurtrier de Laurin", 23 mars 1905, La Presse, page 1,

"Le procès de Loney", 24 mars 1905, La Presse, page 1,

"L’acquittement de Loney aux assises de Cornwall", 30 mars 1905, La Presse, page 1,

"Loney est acquitté", 30 mars 1905, La Patrie, page 1,

"Announcements", March 4 1965, Edmonton Journal, page 22,

"We like our hockey with a little blood" de Lawrence Scanlan, March 11, 2004, The Globe and Mail (theglobeandmail.com),

wikipedia.org.

mardi 12 mai 2020

Juha Widing



Juha Widing est né en Finlande de parents issus de la minorité suédoise. À l’âge de 4 ans, il déménagea d’ailleurs avec sa famille en Suède.

Nouvellement arrivé dans l’état-major des médiocres Rangers, Emile Francis chercha de nouvelles façons d’améliorer son équipe en regardant du côté du Vieux Continent. Il recruta d’abord Ulf Sterner, qui fit un bref passage dans l’uniforme des Blueshirts, mais un autre joueur attira aussi son attention, Juha Widing. Par contre, celui-ci n’était âge que de 17 ans. C’est donc toute sa famille qui déménagea au Manitoba, pour lui permettre de poursuivre son apprentissage dans le hockey junior avec les Wheat Kings de Brandon en 1964.

À sa troisième et dernière année à Brandon, il termina deuxième buteur et deuxième pointeur de la Ligue junior du Manitoba, derrière une verte recrue prometteuse, Bobby Clarke.

Widing fit ensuite ses débuts professionnels avec les Knights d’Omaha de la Ligue centrale. Il y sera deux ans, au cours desquels il termina en tête des pointeurs de son équipe à chaque occasion.

Ses performances forcèrent alors la main des Rangers, qui durent l’amener à New York pour la saison 1969-70. Par contre, avec Jean Ratelle, Walt Tkaczuk, Ron Stewart et Don Marshall, il y avait congestion au poste de centre. Emile Francis dut donc se résoudre à ce que l’expérience avec Widing se poursuive ailleurs. En février, il l’échangea aux Kings.

C’est donc à Los Angeles que le premier européen de formation (quoi qu’on peut argumenter qu’il a joué son junior au Canada) avec une carrière significative dans la LNH alla poursuivre son parcours.

Sur la côte ouest, il fallait vendre une équipe dans un sport non traditionnel et qui, en plus, était très mauvaise. Le propriétaire Jack Kent Cooke jugeait alors qu’il fallait que les joueurs aient un surnom. Avec sa grande crinière blonde typiquement suédoise, Cooke surnomma Widing "Whitey". Et pour que la chose ait soit encore plus accrocheuse, il donna instruction au descripteur de l’appeler "Whitey Why-Ding" plutôt que "Yoo-ha Vee-ding". Malgré tout, Widing, de nature affable, ne se formalisa pas qu’on déforme son nom.

Widing était un patineur très rapide et bien que de bonne taille (1,90m ou 6′1′′), il ne se distinguait pas avec sa robustesse, fidèle à l’image qu’on se faisait des européens. Il fut d’ailleurs ciblé et reçut des remarques désobligeantes. Par contre, ça ne l’empêcha pas d’être le meilleur pointeur des Kings à ses trois premières saisons à Los Angeles (de 1970 à 1973), bien que l’équipe rata les séries à chaque occasion. Jouant d’abord avec Bob Berry et Mike Byers au sein de la Bee Line, puis avec Berry et Mike Corrigan au sein de la Hot Line, il eut quatre saisons d’au moins 25 buts.

À l’arrivée de Marcel Dionne avec l’équipe en 1975, le rôle de Widing avec les Kings diminua grandement et sa production baissa à 7 buts. Cette baisse de régime ne l’empêcha toutefois pas d’être invité à faire partie de l’équipe suédoise qui participa à la première Coupe Canada, d’autant plus qu’à cette époque, les suédois évoluant en Amérique du Nord étaient toujours peu nombreux. Les Suédois terminèrent quatrièmes, derrière le Canada, la Tchécoslovaquie et l’Union Soviétique.

De retour dans la LNH, les choses ne s’améliorèrent pas pour lui, et en janvier 1977, il fut ajouté à un échange de gardiens, alors que Gary Edwards prit avec lui le chemin de Cleveland, pendant que Gary Simmons se retrouva à Los Angeles.

Le passage de Widing avec les Barons fut de courte durée, puisque l’année suivante, il signa avec les Oilers, alors dans l’AMH.

Après une saison en Alberta, Widing fut échangé aux Racers d’Indianapolis contre Bill Goldsworthy, mais il préféra plutôt prendre sa retraite.

Il s’établit ensuite en Colombie-Britannique et fit des investissements immobiliers. Par contre, il eut un passage à vide et s’occupa peu de lui-même.

En décembre 1984, il fut victime d’une crise cardiaque, qui l’emporta à l’âge de 37 ans.


Sources:
Moran, Jay, The Rangers, the Bruins and the End of an Era, AuthorHouse, Bloomington, 2009, p.165,

"50 Forgotten Stories: Remembering Juha Widing" de Sheng Peng, December 21, 2016 (nhl.com),

wikipedia.org.

dimanche 5 avril 2020

Réal Lemieux



Bien que natif de Victoriaville, c’est à Sorel qu’a grandi Réal Lemieux.

En 1963, il participa au camp du Canadien Junior, mais comme il n’appartenait à aucune organisation, le journaliste Guy Émond lui conseilla plutôt de signer avec les Red Wings. Il se retrouva donc avec les Red Wings de Hamilton de la Ligue de l’Ontario.

Il y évolua ainsi deux ans. En 1964-65, il marqua 48 buts en 48 matchs, avant de passer aux Wings de Memphis de la Ligue centrale.

Que ce soit à Hamilton ou à Memphis, Lemieux s’est retrouvé au sein d’équipes assez faibles, prélude aux années pénibles qui suivront pour les Red Wings. Toutefois, nous sommes toujours pendant la période des six équipes et les postes sont difficiles à obtenir. Malgré cela, Lemieux eut tout de même l’occasion de faire ses débuts dans la LNH en étant rappelé pour un match en 1966-67.

À la fin de la saison, la Ligue nationale doubla ses effectifs, passant de 6 à 12 équipes. Ceci créa de nombreux postes, et Lemieux en bénéficia en étant choisi par Los Angeles.

C’est dans un rôle d’attaquant défensif et en jouant en désavantage numérique que le fougueux Lemieux se fit une place avec les Kings. Celui qui avait disputé quelques combats de boxe dans le cadre des Golden Gloves, n’accumula pourtant pas tant de minutes de pénalité.

Lemieux demeura deux ans sur la côte ouest, avant d’être échangé aux Rangers, contre Léon Rochefort et Dennis Hextall. Son expérience dans la Grosse Pomme fut par contre plus ou moins heureuse, où il n’eut pas tant de temps de glace. D’ailleurs, New York le retourna à Los Angeles au mois de février avec Juha Widing contre Ted Irvine. Les Kings, qui après deux années respectables pour une équipe d’expansion sous les ordres de Red Kelly, étaient d’ailleurs dans une année horrible, où le nouvel entraîneur Hal Laycoe n’a pas fait long feu. Los Angeles termina alors la saison avec 38 points, 20 points derrière les avant-derniers, les pauvres Seals d'Oakland.

Une saison aussi mauvaise aurait en théorie permis de mettre la main sur un espoir de premier plan au repêchage. Il y en avait d’ailleurs de disponible, mais Gilbert Perreault se retrouva plutôt avec les nouveaux Sabres, tandis que leurs frères d’expansion, les Canucks, choisirent le futur directeur-gérant des Panthers, Dale Tallon. Quant aux Kings, ils auraient dû choisir au troisième rang, mais ils avaient échangé leur choix aux Bruins contre Skip Krake. C’est ainsi que Reggie Leach aboutit à Boston et que les Kings ratèrent aussi les séries les trois années suivantes.

Les choses semblaient se replacer pour les Kings en 1973-74, mais Lemieux n’eut pas la chance de retourner en séries, puisque le scénario se répéta. En novembre, Los Angeles l’envoya à nouveau aux Rangers avec Gilles Marotte contre Sheldon Kannegiesser, Mike Murphy et Tom Williams.

Toutefois, le deuxième séjour à New York de Lemieux sera encore plus court que le premier. Après seulement 8 matchs, les Rangers l’échangèrent aux Sabres contre un joueur des mineures.

À la fin de la saison, ses services ne furent pas retenus par Buffalo et il décida donc de prendre sa retraite. Au total, il joua 457 matchs dans la LNH. Sa fiche est de 51-104-155.

Il retourna ensuite à Sorel, pour travailler pour une compagnie du domaine de l’acier. Malheureusement, le retour à la maison tourna au tragique. En octobre 1975, Lemieux fut victime d’une fatale rupture d'anévrisme cérébrale. Il n'avait que 30 ans.

Pour venir en aide à sa famille, un match bénéfice eut lieu à Sorel en août, match auquel participèrent ses anciens coéquipiers Rodrigue Gilbert et Gilles Marotte et plusieurs autres joueurs de la Ligue nationale et de l’AMH.

Un parc porte aujourd’hui son nom sur la rue Martin, à Sorel-Tracy.



Sources:
Moran, Jay, The Rangers, the Bruins and the End of an Era, AuthorHouse, Bloomington, 2009, p.165,
"Match de hockey en mémoire de Réal Lemieux", 19 juillet 1976, La Presse, page C5;
"Souvenir pour la famille Lemieux", 28 août 1976, Le Nouvelliste, page 8;
“La Coupe aux Kings et une pensée pour Réal Lemieux” de Jean Doyon, 12 juin 2012, Sorel-Tracy Magazine (soreltracy.com),
"Les chroniques du Panthéon : Réal Lemieux, joueur de hockey sorelois, fougueux et vaillant" de Jean Doyon, 6 mars 2017, Sorel-Tracy Magazine, (soreltracy.com),
hockeydb.com, hockey-reference.com, wikipedia.com.

mardi 10 janvier 2017

Le mystère Duncan MacPherson






Né le 3 février 1966 à Saskatoon, le défenseur Duncan MacPherson impressionna dans la WHL au sein des Blades de sa ville natale et fut par la suite repêché 20e au total par les Islanders de New York en 1984, soit quelques rangs après Mario Lemieux, Kirk Muller et Ed Olczyk et devant des noms comme Patrick Roy, Brett Hull et Tom Glavine. Il continua à évoluer au sein des Blades durant les deux saisons suivantes en compagnie entre autres de Wendel Clark et de son partenaire à la défense, Trent Yawney. Sa dernière saison à Saskatoon fut sa meilleure au niveau offensif alors qu’il récolta 10 buts et 64 points en 70 matchs. Il n’était pas une grande star offensive mais plutôt un solide défenseur, un “stay-at-home defenseman” qui n’avait pas peur de défendre ses coéquipiers et de se sacrifier pour bloquer des tirs.

Il était également un favori de la foule. Une légende à son sujet raconte que lorsque leur plus grands rivaux, les Pats de Regina, tentèrent de faire jouer un joueur de Football dans leur équipe pour intimider les Blades, MacPherson rassura ses coéquipiers de ne pas s’en faire et il s’occupa du footballeur en le plaquant solidement dès le début du match. Ce fut le seul match de la carrière de ce footballeur.




Suite à son stage junior, il s’aligna ensuite avec le club-école des Islanders, les Indians de Springfield dans la AHL. Lors de sa première saison en 1986-87, il se blessa à la jambe et ne joua en tout que 26 matchs où il n’amassa qu’un seul but et aucune passe. Sa deuxième saison fut meilleure alors qu’il récolta 5 buts et 19 points en plus de 213 minutes de pénalités en 74 matchs. Cependant, il n’était pas assez rapide pour la LNH et les Islanders abandonnèrent dans son cas. Lors de sa troisième saison professionnelle, il fut relégué avec le 2e club-école de l’équipe, le Ice d’Indianapolis dans la IHL suite à quoi les Islanders rachetèrent son contrat après la saison 1988-89. Il ne joua finalement aucun match en saison régulière avec eux.





Voyant sa carrière professionnelle en Amérique terminée, MacPherson décida de tenter un nouveau défi en acceptant une proposition comme joueur-entraîneur avec les Tigers de Dundee en Écosse. Cette proposition venait d’un entrepreneur canadien du nom de Ron Dixon qui attendait MacPherson à Dundee le 12 août 1989 pour finaliser les détails de l’emploi. MacPherson s’envola donc seul pour l’Europe durant l’été 1989 et désirait tout d’abord voyager et aller rendre visite à d’anciens coéquipiers et amis avant d’aller rencontrer Dixon et débuter cette nouvelle aventure.

Le 12 août 1989 arriva et Dixon n’eut aucune visite de MacPherson.

Ses parents n’eurent aucune nouvelle de leur fils également. Après quelques jours d’inquiétude, sa mère contacta George Pesut, un ancien coéquipier de MacPherson qui l’avait hébergé chez lui en Allemagne avant son départ prévu pour l’Écosse. Pesut lui raconta qu’il l’avait vu pour la dernière fois le 7 août, alors qu’il devait se rendre au camp d’entraînement de son équipe allemande. Pesut prêta sa voiture à MacPherson pour lui permettre de se rendre en Autriche et continuer de visiter l’Europe. À la fin de son séjour, il devait ramener la voiture chez Pesut et ensuite prendre un avion pour l'Écosse. Lorsque Pesut revint chez lui après son camp, il ne vit pas sa voiture et trouva le sac de hockey de MacPherson toujours dans son appartement.

Après quelques contacts plutôt non concluants avec la police autrichienne qui n’avait pas l’air de prendre l’affaire au sérieux, les MacPherson mirent le cap sur l’Europe pour effectuer leurs propres recherches. Ils réussirent à retracer la voiture de Pesut le 19 septembre 1989. La voiture était immobile depuis 42 jours dans le stationnement d’une piste de ski autrichienne du nom de Stubai Glacier près de la ville d’Innsbruck. Son passeport et ses bagages se trouvaient toujours dans la voiture. Les MacPherson continuèrent ensuite leur enquête auprès de la station. Un instructeur de ski reconnut la photo de Duncan et expliqua aux parents qu’il avait donné une leçon de snowboard à Duncan qui lui avait dit qu’il avait en tête de pratiquer davantage et d’ensuite partir faire du hiking dans les sentiers avoisinants le glacier. Il se rappela également que les conditions n'étaient pas fameuses lors de cette journée et qu'il y avait peu de skieurs sur les pentes.


La station de ski Stubai Glacier


Selon la station, le snowboard et les bottes loués par Duncan furent retournés le jour même, ce qui signifiait probablement que Duncan serait donc parti faire du hiking tel que prévu. Avec cette dernière piste, les parents de Duncan passèrent donc les mois suivants à explorer éperdument les environs jusqu’à dilapider presque toutes leurs économies et de se rendre à l’évidence et retourner au Canada.

Ils retentèrent d’autres recherches lors des années suivantes mais en vain. Une lueur d’espoir apparut en 1994 lorsqu’ils reçurent un appel d’Ottawa leur énonçant un rapport de police datant de 1989 où un homme amnésique serait sorti de la forêt et aurait apparu dans la ville autrichienne de Villach, quelques semaines après la dernière apparition de MacPherson. Cet homme correspondait vaguement à la description de Duncan et avait refait sa vie en Autriche et adopté le nom de Mark Schoffman. Il avait un accent et des vêtements nord-américains en plus de plusieurs cicatrices aux genoux, ce qui était similaire à Duncan, lui qui avait subi plusieurs blessures aux genoux durant sa carrière. 5 ans plus tard, les autorités Autrichiennes tentaient toujours d’élucider le mystère de cet étrange homme amnésique nord-américain et tombèrent sur le cas de MacPherson. Ils se rendirent compte que Schoffman savait également patiner.

Les MacPherson ne voulaient pas se rendre une fois de plus en Europe sans un meilleur espoir. Ils contactèrent un autre ancien coéquipier de Duncan du nom d’Emmanuel Viveiros, également exilé en Europe et qui évoluait justement dans la ville de Villach. Ils lui demandèrent d’aller rencontrer Schoffman et déterminer s’il s’agissait en fait de Duncan. Viveiros acquiesça et se rendit sur place mais revint bredouille. L’homme avait la même grandeur et stature que MacPherson mais il ne s’agissait définitivement pas de lui. Les années continuèrent donc de passer et le mystère MacPherson continua de perdurer.

Une autre théorie de la mère de Duncan durant ces années de disparition était que Duncan aurait peut-être été embauché par la CIA. Duncan lui avait auparavant déclaré qu’il aurait été contacté par la CIA afin de devenir un espion alors qu’il avait le profil et la carrure de l’emploi. Il lui aurait dit que si c’était le cas, qu’il pourrait devoir disparaître et ne plus avoir contact avec eux. Mais ceci n’était qu’une vague conversation et Duncan semblait plus intéressé par sa carrière en Écosse avec les Tigers de Dundee.

Elle eut également une autre source de questionnement en 2002 lorsque fut publiée une enquête sur Ron Dixon, l’entrepreneur canadien qui aurait engagé MacPherson en 1989. Dixon avait un historique de magouilles et de connections douteuses. Les Tigers de Dundee n’était en fait qu’un mirage financier et peut-être une façon pour Dixon de blanchir de l'argent. Peut-être que Dixon était mêlé à la disparition de MacPherson? Ce dernier aurait émis quelques doutes sur les intentions de Dixon auprès de ses parents et aussi auprès de Pesut. Dixon était cependant mort en 2001 dans un accident de voiture au Mexique.

Un an plus tard, soit en juillet 2003, une vague de chaleur inhabituelle fit fondre la neige dans les Alpes Autrichiennes et fit apparaître le corps pétrifié de Duncan MacPherson qui fut découvert par un autre skieur. Il portait toujours le même manteau que celui indiqué lors de sa disparition ainsi que ses papiers d’identification. Il était au beau milieu d’une pente de ski, sous les remonte-pentes.

À ses côtés se trouvait également le snowboard loué à la station de ski.

Il ne fut pas le seul disparu retrouvé cet été-là. On retrouva également le corps d’un jeune homme de 18 ans disparu depuis 1949 ainsi qu’un skieur manquant à l’appel depuis 1971. Quelques années auparavant on retrouva aussi non loin de là deux escaladeurs toujours attachés ensemble. Ceci fait malheureusement partie des routines annuelles des pistes de skis dans les Alpes qui ont tendance à étouffer les rapports de morts et de disparition sur leurs pentes alors que ce n’est pas bien pour le tourisme et les affaires. Malgré tout, les MacPherson se rendirent sur place afin d’identifier le corps et fermer le dossier avec les autorités locales. La mère de Duncan décida de laisser les spécialistes faire le rapport d’autopsie et décida ensuite de faire incinérer leur fils. On imagine donc qu’à ce moment les parents de Duncan purent enfin tourner la page et faire la paix avec ce qui lui était arrivé mais encore là, des doutes et d’autres mystères vinrent s’ajouter à cette saga.


L'endroit où fut découvert le corps de MacPherson



Les MacPherson découvrirent plus tard qu’aucune autopsie ne fut effectuée et plus les années passèrent, plus ils découvrirent des incongruités dans les rapports d’enquête. Durant les années 2000, la CBC s’intéressa plusieurs fois à cette histoire et retournèrent enquêter à plusieurs reprises auprès des gens concernés. Selon les différentes sources et selon les années, les informations et les faits ne concordaient pas toujours. Par exemple, l’endroit où fut découvert MacPherson n’était pas toujours le même. Les faits racontés par l’instructeur de ski changent également sur la nature de MacPherson qui fut décrit tantôt comme un skieur débutant et prudent et tantôt comme téméraire et casse-cou. La station de ski n’a aussi jamais vraiment adressé le fait qu’elle a menti à propos du snowboard loué par MacPherson et son supposé retour à la boutique de location. Les autorités locales, le coroner, ainsi que le médecin légiste ont maintes fois refusé de rouvrir le dossier et considérait l’affaire comme conclue. Leur version des faits était que MacPherson s’était aventuré hors des sentiers sécuritaires et serait tombé dans une crevasse, aurait subi des blessures fatales et serait mort de ces blessures et/ou gelé par la neige et le froid. Il était donc le seul responsable de sa mort.

Les MacPherson furent plus tard approchés par l’écrivain John Leake, un expert des mystères et des meurtres dans la région des Alpes qui a beaucoup écrit sur le sujet. Pour lui ce n’était pas surprenant de retrouver autant de discrétion de la part des autrichiens. Selon lui il existe une culture du silence sur ces accidents de montagne et MacPherson en aurait subi les conséquences. Une nouvelle piste fut découverte lorsque Leake demanda aux MacPherson de pouvoir examiner le snowboard endommagé de Duncan qu’ils avaient ramené au Canada avec eux. Leake fit examiner la planche par un expert en la matière qui en déduit que le snowboard avait été endommagé à plusieurs endroits et de manière presque machinale, ce qu’une chute dans une crevasse n’aurait pas pu causer. La théorie de la crevasse fut également remise en doute. L’endroit où fut finalement trouvé MacPherson était très près de la station, sur une piste régulière et non pas dans un endroit inapproprié comme il fut dit auparavant. On réexamina également les rayons X pris sur le cadavre de MacPherson et on y découvrit des contusions répétées aux genoux et aux tibias.

Tous ces nouveaux indices vinrent changer les hypothèses de Leake et des MacPherson. Leur théorie la plus récente serait que Duncan se serait blessé sur la piste, aurait attendu des secours mais n’aurait pas été secouru (il faisait un temps ombrageux et embrumé ce jour-là). Une surfaceuse aurait ensuite passé sur son corps (possiblement pendant qu’il était encore vivant) et aurait tailladé ses jambes et le snowboard. Le conducteur, ne voulant pas être blâmé, aurait ensuite transporté le corps de MacPherson dans une crevasse.

Tout ceci n’est effectivement qu’une hypothèse mais il s’agit du scénario le plus probable pour les MacPherson qui n’auront probablement et malheureusement jamais réponse à leurs nombreuses questions. Pour ma part, il est évident que je n’irai jamais skier à la station Stubai Glacier à Stubaital en Autriche.

Si vous voulez en savoir plus, voici un lien vers le plus récent reportage de la CBC à ce sujet. Il y a également le livre de Leake, "Cold a long time" qui est sorti en 2012 et qui est par la suite devenu un bestseller en Autriche.




Duncan Alvin MacPherson
1966-1989


Sources:
ESPN
Hockey Blog in Canada
Reddit
Esquire
Cold a long time
CBC

mardi 11 novembre 2014

Red Garrett



Petit billet court, à l’image de la carrière et de la vie de son sujet.
Originaire de Toronto, Dudley "Red" Garrett avait été recruté par l’équipe de sa ville, les Leafs. Il n’eut toutefois pas l’occasion de jouer avec eux, puisqu’en 1942, il est échangé aux Rangers avec Hank Goldup, contre Babe Pratt (voir texte du 14 octobre 2012). Cet échange fut très profitable pour les Leafs.

C’est au cours de cette saison que Garrett fit ses débuts avec les Blueshirts. Il joua au total 23 matchs, amassant un but et une passe.

Il ne termina toutefois pas sa saison à New York. Comme la guerre faisait rage, il se retrouva dans la marine et joua quelques matchs avec des équipes militaires.

Le 25 novembre 1944, Garrett se trouvait sur le HMCS Shawinigan, au large de Port-aux-Basques, à Terre-Neuve, lorsqu’un U-Boat allemand le coula. Tout l’équipage périt. Garrett avait 20 ans.

Pour honorer sa mémoire, la Ligue Américaine (où il a également joué quelques matchs) présente depuis 1947 le Dudley "Red" Garrett Memorial Award à sa recrue de l’année.

Parmi ses récipiendaires, on note plusieurs noms familiers comme Terry Sawchuk, Pelle Lindbergh (voir texte du 12 novembre 2010), Brett Hull, Félix Potvin, Daniel Brière et… René Bourque.

Sources : rongood.net, ahlhalloffame.com, wikipedia.org.

lundi 18 août 2014

Murray Balfour








Découlant du fameux système de recrutement que Frank Selke avait mis en place (voir texte du 16 septembre 2013), les Canadiens avaient dans les années 1950 dans leur organisation, plusieurs joueurs originaires des prairies.

Également originaire de la Saskatchewan, Murray Balfour eut un parcours semblable à celui d’Ed Litzenberger. (voir texte du 14 octobre 2013)  Dans son cas, il fut assigné aux Canadiens de Hull-Ottawa, avant de jouer quelques matchs avec le tricolore, tout comme Litzenberger.  Et tout comme ce dernier, il ne parvint pas à faire l’équipe, à ce moment dans sa période des cinq Coupes consécutives.  Et comme Litzenberger, il prit le chemin de Chicago, une équipe très faible qui semblait finalement sortir de sa torpeur.

Balfour se retrouva alors sur la même ligne que deux autres jeunes loups, Bill Hay et Bobby Hull.  On les surnomma d’ailleurs la "Million Dollar Line".  Le surnom n’avait toutefois rien à voir avec leur salaire.  À la fin des années 1950, personne ne faisait ce genre de montant et même en additionnant les trois, on était loin de ce chiffre.  C’est plutôt que le propriétaire des Hawks, James D. Norris, avait affirmé qu’il ne les échangerait pas pour un million de dollars.

En 1960-61, les trois membres de la "Million Dollar Line" terminèrent premier, deuxième et quatrième compteurs de l’équipe.  (Seul Stan Mikita empêcha Balfour de faire partie du top 3.)

Au cours de la même saison, Balfour eut également l’occasion de montrer aux Canadiens qu’ils avaient fait une erreur en le laissant aller.  En demi-finale, les Hawks affrontaient le tricolore, en quête d’une sixième Coupe consécutive et qui avait terminé premier lors de la saison régulière.  Au troisième match, Balfour marqua les deux buts de son équipe, incluant le but gagnant en troisième prolongation.  En bout de ligne, Chicago emporta la série en six et mit ainsi fin à la séquence historique des Canadiens. 

Jusqu’au cinquième match de la finale, contre les Red Wings, Balfour était le meilleur buteur des séries pour les Hawks. C’est à ce moment qu’il se fractura un poignet.  Lorsque deux jours plus tard, les Black Hawks gagnèrent leur première Coupe en vingt-trois ans (et la dernière avant quarante-neuf ans de disette), Balfour dut regarder les célébrations de sa chambre d’hôpital.

Ça devait être la première d’une série de plusieurs blessures qui ralentirent de beaucoup Balfour.  En 1964, Chicago se résout à échanger Balfour aux Bruins, alors une équipe misérable.  Balfour fut encore affecté par les blessures et après avoir joué quinze matchs dans l’uniforme jaune et noir, il fut assigné aux Bears de Hershey de la Ligue Américaine.

En avril, il fut opéré pour ce qu’on pensait être une lésion au poumon.  On trouva plutôt une tumeur inopérable.  Balfour retourna alors à Régina pour passer ses derniers moments avec ses parents.  Il est décédé à la fin mai, à l’âge de 28 ans.

À ses funérailles, deux de ses porteurs étaient ses ex-coéquipiers de la "Million Dollar Line".

Un aréna porte maintenant son nom à Régina.

Sources : Feige, Timothy, "Hockey’s Greatest Tragedies, The Broken Heroes of The Fastest Game on Earth", Arcturus Publishing, 2011, p.35 à 39, legendsofhockey.net, wikipedia.org.

lundi 2 juin 2014

Scott Garland








Le chemin vers la Ligue Nationale peut parfois être sinueux.
Bien que né en Saskatchewan, c’est avec les Canadiens Jr. de Montréal que Scott Garland débuta son stage junior.  (L’équipe faisait à l’époque partie de la Ligue de l’Ontario.)  Au cours de la saison 1970-71, il avait comme coéquipiers des joueurs comme Richard Martin (voir texte du 14 mars 2011), Bobby Lalonde (voir texte du 28 septembre 2011), Jocelyn Guèvremont et Michel Dion (voir texte du 18 septembre 2011).  Il ne joua par contre que 29 matchs, amassant 12 points et 94 minutes de pénalité.
L’année suivante, il passa par le junior A, en plus de jouer 6 petits matchs avec les Petes de Peterborough.
Jouant dans une période où le talent était dilué (voir texte du 19 août 2011) et où le jeu robuste était très valorisé, il obtint tout de même une chance de jouer dans la Ligue Centrale, avec les Oilers de Tulsa.  Son ardeur au jeu et sa robustesse attirèrent alors  l’attention des Maple Leafs, qui lui offrirent un contrat.  Il fut ainsi assigné aux Blazers d’Oklahoma City de la même ligue, où il passa les saisons 1973-74 et 1974-75.
Il débuta également la saison 1975-76 à Oklahoma City, où il accumula 59 points en 58 matchs, un niveau jamais atteint pour lui.  Et contre toute attente, il fut rappelé et atteignit la Ligue Nationale.  L’année suivante, il devint même un régulier à Toronto et amassa 29 points.
En 1977-78, il recula dans la hiérarchie et retourna dans la Ligue Centrale, avant d’être échangé aux Kings, dans un échange à cinq joueurs.
Il passa l’essentiel de la saison qui suivit avec leur filiale de la Ligue Américaine, en plus de jouer six matchs avec l’équipe californienne.
C’est malheureusement ainsi, après 91 matchs et 37 points dans la LNH, que son vaillant parcours prit fin.  Le 9 juin 1979, alors qu’il était à Montréal, son véhicule eut une crevaison sur l’Autoroute Métropolitaine.  Garland en perdit le contrôle et eut un accident qui lui coûta la vie.  Il avait 27 ans.
Sources : « Former Junior Garland dies », Montreal Gazette, 11 juin 1979, p.36, hockeydb.com, legendsofhockey.net.

lundi 14 avril 2014

Marc Potvin









C’est alors qu’il jouait au niveau junior B que Marc Potvin fut sélectionné en neuvième ronde (169e au total) par Detroit, au repêchage de 1986. Plutôt que de suivre la voie du hockey junior majeur, le petit cousin de Denis et de Jean accepta une bourse d’études de l’Université Bowling Green, en Ohio. C’est donc quatre ans plus tard qu’il fit ses débuts professionnels, avec les Red Wings d’Adirondack de la Ligue Américaine.

Potvin dut alors changer de style et accumula beaucoup plus de minutes de pénalités que pendant sa période universitaire. En 1990-91, ses 365 minutes lui valurent d’ailleurs la première place du circuit, à égalité avec Mario Roberge des Canadiens de Fredericton. En 1992, il fit partie de l’équipe championne de la Coupe Calder, en plus de jouer quelques matchs avec le grand club.

Il passa les années suivantes à faire la navette entre ses clubs de la LNH (Red Wings, Kings, Bruins) et leur club-école respectif. En fait, il n’y a pratiquement qu’à son année passée avec les Whalers (1993-94) qu’il joua régulièrement dans la grande ligue.  Au total, de 1990 à 1996, il joua 121 matchs dans la Ligue Nationale, montrant une fiche de 3-5-8 et 456 minutes de pénalité.

Il retourna ensuite jouer dans la AHL et la IHL, avant de revenir avec les Red Wings d’Adirondack, comme entraîneur-adjoint cette fois. Il devint ensuite entraîneur-chef dans la ECHL, puis dans la AHL, avec les Falcons de Springfield, alors une filiale des Coyotes de Phoenix. Les résultats ne furent pas très bons et Potvin perdit son emploi après deux saisons.

Il retourna donc à Glens Falls au cours de la saison 2003-04, pour diriger les IceHawks d’Adirondack de la United Hockey League (UHL).

Le 13 janvier 2006, Potvin était toujours à la tête de l’équipe, qui avait depuis été renommée « Frostbite ». Par contre, alors que sa troupe se trouvait à Kalamazoo, il ne se présenta pas pour l’entraînement du matin. Les joueurs apprirent ensuite avec stupeur que Potvin avait été retrouvé mort dans sa chambre d’hôtel.

L’autopsie conclut au suicide par pendaison. Son taux d’alcool était plus élevé que la norme, mais il n’y avait pas de trace de violence. Le père de deux enfants n’avait pas d’historique de dépression, mais il était en instance de divorce.  Il n’a pas laissé de note.

Sources: “Autopsy rules death of UHL coach Potvin a suicide”, AP, USA Today (usatoday30.usatoday.com), 10 février 2006, “Police: Potvin’s death was suicide” de Don Lehman, Glens Falls Post-Star (poststar.com), 10 février 2006, hockeydb.com, legendsofhockey.net.

mardi 18 février 2014

L'échange au destin le plus tragique de l'histoire?











En voyant que les lettons passaient en quart de finale cet après-midi, j'ai eu une petite pensée pour Kārlis Skrastiņš, cet ancien défenseur de la NHL malheureusement décédé en 2012 dans le tragique écrasement de l'avion dans lequel prenait bord l'équipe du Lokomotiv Yaroslavl... Probablement que même à 39 ans, il aurait relevé le défi, lui qui était d'ailleurs le capitaine de l'équipe lettone lors des Jeux de Vancouver... Gageons par contre que la mémoire de cet ancien ironman des défenseurs de la NHL (qui joua 495 matchs de suite, un record battu depuis par Jay Bouwmeester) est une inspiration pour son équipe à se rendre le plus loin possible...

Un fait par contre m'a sauté aux yeux en lisant un peu sur la carrière de Kārlis Skrastiņš... Le 28 février 2008, il fut échangé de l'Avalanche du Colorado aux Panthers de la Floride en retour de redoutable défenseur Ruslan Salei...

Ce qui me rend triste dans ce fait c'est de savoir que ces deux joueurs qui furent échangés un pour l'autre en ce jour de février 2008 connurent le même destin tragique, Salei étant un autre des joueurs du Lokomotiv Yaroslavl qui périt dans l'écrasement...



Difficile de trouver un échange dans l'histoire de la NHL (ou du hockey en général) où les deux joueurs  impliqués connurent le même destin tragique...

Si vous en connaissez un, faites-le moi savoir...

Bref, j'ai eu une petite pensée pour ces deux joueurs aujourd'hui...