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jeudi 12 avril 2018

Combien de temps avant de faire les séries?








Cette année, les Golden Knights de Vegas ont impressionné avec leurs performances.  Aidés par des règles de repêchage d’expansion avantageuses, bien gérés et bien entraînés, ils ont non seulement fait les séries, mais ils ont également obtenu l’avantage de la glace dans leur série contre les Kings.  Pourtant, lorsqu’on pense équipe d’expansion, on pense surtout équipe misérable.
 
Est-ce que les Golden Knights sont les seuls à avoir suivi ce chemin?  Pas vraiment.  Toutefois, l’époque où sont arrivées les équipes a quelque chose à voir.
 
J’ai donc compilé combien de saisons chaque équipe a dû attendre avant d’atteindre et les séries et combien avant d’obtenir une série avec l’avantage de la glace.
 
J’ai d’abord ignoré les Canadiens et les Leafs, puisqu’ils y étaient lors de la première saison de la Ligue.
 
Les équipes qui sont arrivées dans les années 1920 (Bos, Chi, Det, NYR) ont puisé dans les défuntes équipes de la WCHL et certaines ont eu du succès rapidement (NYR), d’autres moins.
 
Il y a ensuite eu une longue période stable (les Original Six), jusqu’en 1967-68.  À ce moment, les cadres de la LNH ont doublé, passant de six à douze équipes.  (ajout de LA, Min, Oak, Phi, Pit, StL)  Mais pour éviter que les nouveaux se fassent démolir, la ligue a mis toutes les nouvelles équipes dans la même division.  Certaines ont donc forcément terminé en tête du groupe et eu un certain succès immédiatement.  Les partisans des Kings, des Flyers et des Blues ont ainsi eu droit non seulement à une série à leur première année, mais également à une série à domicile, comme ceux des Golden Knights.  En fait, les Blues ont même fait la finale, avant de se faire détruire par les champions de l’autre division (les anciennes équipes), les Canadiens. 
 
Ce départ fulgurant n’a toutefois pas été représentatif de la suite, puisque St-Louis est maintenant la plus vieille équipe à ne pas avoir remporté la Coupe Stanley.
 
Les équipes qui ont suivi (Buf, Van, Atl, NYI, KC, Wsh) devaient se débrouiller avec un repêchage d’expansion plus mince et faire face à plus d’équipes établies.  Des équipes comme Vancouver, Kansas City/Colorado/New Jersey et Washington ont ainsi eu de la difficulté à s’illustrer.
 
Vint ensuite l’expansion de 1979-80, qui était en fait l’absorption des équipes restantes de l’AMH.  (Edm, Hfd, Qué, Wpg)  Malgré des règles qui ne faisaient pas de cadeau aux nouveaux venus, il demeure qu’ils avaient une base, incluant entre autres Edmonton qui pouvait tout de même compter sur Wayne Gretzky et Mark Messier…  Les Oilers et les Whalers ont ainsi accédé aux séries à leur première année dans la LNH, mais sans l'avantage de la glace.
 
Après une autre période calme, les Sharks ont amorcé une nouvelle série d’expansion en 1991-92, qui s’est étendue jusqu’en 2000-01 (Clb, Min).  Encore une fois, les nouvelles équipes devaient faire face à d’encore plus nombreuses formations établies.  Des équipes comme Nashville, Atlanta et Columbus ont alors pris du temps à accéder aux séries.  D’ailleurs, dans le cas des Blue Jackets, leurs partisans attendent toujours la première série où leurs favoris auraient l’avantage de la patinoire…
 
Si on fait donc exception des circonstances particulières de l’élargissement des cadres de 1967-68, l’exploit de Golden Knights est inédit.


 


 


 

lundi 9 avril 2018

Les Barons de Cleveland: 40 ans déjà









Ceux qui nous lisent régulièrement connaissent notre amour pour les Barons de Cleveland.  À eux seuls, ils représentent plusieurs thèmes récurrents du LVEUP:  uniforme magnifique, équipe éphémère, histoires obscures ou loufoques, nostalgie...

Il y a quarante ans aujourd'hui, le 9 avril 1978, ces chers Barons jouaient le dernier match de leur courte histoire.  (Une défaite de 3-2 contre les Penguins.) 

Il ne s'agit toutefois pas de la seule date significative de leur existence.

Où étiez vous le 23 novembre 1977??  Les Barons de Cleveland ont accompli ce soir-là un de leurs rares exploits.  Ce soir-là, au Richfield Coliseum, devant près de 12 859 personnes (ils n'ont joué en tout que 12 parties à domicile devant plus de 10 000 spectateurs pendant leur histoire), les Barons ont battu le Canadiens de Montréal qui allaient en perdre seulement 10 cette année-là, et qui en perdit uniquement 29 en trois saisons.  Ces mêmes Canadiens qui étaient alors en route vers la 3e coupe Stanley sur 4 de la légendaire dynastie de la fin des années 70, se sont faits plantés par l'une des pires concessions de l'histoire de la LNH... 

Les Barons de Cleveland n'ont malheureusement joué que 2 saisons dans la LNH.  Je ne les ai jamais vu jouer parce que j'étais pas né, mais j'ai une puissante obsession pour cette équipe là, qui date de ma jeunesse...  À la bibliothèque de notre école primaire, il y avait un livre sur les masques de gardiens qui datait un peu, mais daté des années 70 quand on est dans les années 80, ce n'était pas si pire.  Dans ce livre où on voyait tous les plus beaux masques des gardiens des années de l'époque figurait le masque de l'un des plus mémorables membres de l'organisation des Barons de Cleveland, Gilles Meloche.  Dès lors, il n'en fallait pas plus pour que j'aie une fixation pour cette équipe parce qu'à l'époque où l'internet n'existait pas, se renseigner sur l'histoire du hockey était un plutôt difficile parce que tout le monde sait que les livres sur le hockey ne s'intéressent pas au perdants et que la documentation sur l'histoire du hockey est difficile à trouver, surtout quand on a 10-11 ans.  Mais depuis, j'ai fait mes recherche et je portais même un t-shirt des Barons il y a quelques années lorsque j'ai visité le Temple de la renommée du hockey!  J'ai également fait un discours de la mort à propos des légendaires Barons en 2007, genre quelques jours avant le 30e anniversaire de cette défaite des Canadiens contre les Barons, alors que je suis allé donner un spectacle à Cleveland (que de souvenirs...)

Donc voici une courte histoire des Barons de Cleveland :

Les Barons de Cleveland, avant d'être la première équipe de l'Ohio de la LNH étaient les Seals de la Californie.  Apparemment, la Ligue nationale voulait avoir une équipe dans la région de l'Ohio dès les années 40.  Les deux dernières franchises à avoir disparu de la ligue, les Maroons de Montréal et les Americans de Brooklyn furent seulement suspendues et des tractations avaient été faites afin de vendre une de ces franchises en dormance depuis presque 10 ans à des investisseurs de l'Ohio.  Parce qu'il faut dire qu'à l'époque où il n'y avait que 6 équipes, le calibre de la Ligue américaine était très relevé.  À 6 équipes, on a les 6 meilleurs gardiens du monde et le 7e et le 8e, ils se retrouvaient alors dans la AHL ou la défunte WHL.

De cette ligue, les Barons de Cleveland de la Ligue américaine, qui ont existé de 1937 à 1972, sont considérés comme étant l'une des plus grandes équipes de l'histoire de la ligue, avec entre autres des joueurs comme Johnny Bower. Ils possèdent par exemple encore aujourd'hui le deuxième plus haut total de victoires de la Coupe Calder avec dix, une de moins qu'une autre équipe légendaire mais par contre toujours active dans cette ligue, les Bears de Hershey.  Le succès de cette équipe a créé des ambitions afin d'établir une équipe de plus haut calibre dans la ville de Cleveland.  Et cette occasion se présenta en 1972 avec l'apparition de la WHA, la fameuse Association mondiale de hockey, celle qui voulait rivaliser avec la LNH.

Cleveland s'est donc vu décerner une équipe dans cette nouvelle ligue, les Crusaders de Cleveland. L'apparition de cette équipe allait d'ailleurs sonner le glas de la légendaire équipe de la Ligue américaine.  Les Crusaders avaient entre autres su convaincre le célèbre gardien des Bruins Gerry Cheevers de se joindre à eux de 1972-73 à 1975-76.  L'année d'après, l'équipe fut transférée à St-Paul, où elle devint la deuxième mouture des Fighting Saints du Minnesota de la WHA lorsque la LNH vint finalement s'installer à Cleveland.

Les Barons de Cleveland tirent pour leur part leurs origines dans l'équipe des Golden Seals de la Californie.  Cette équipe était l'une des 6 équipes de l'expansion de 1967.  Au début ils étaient supposé être nommés les Seals de San Francisco.  L'aréna n'ayant pas été construite à temps, l'équipe a joué ses premiers match à Oakland, devenant ainsi les Seals d'Oakland.  Il est à noter que les Seals de San Francisco étaient une équipe de la défunte WHL, ligue professionnelle mineure analogue à la AHL, où les Canucks de Vancouver originaux évoluaient également jusqu'à leur entrée dans la LNH en 1970. 

Les Seals étaient probablement l'équipe la moins bien construite de ces premières équipes d'expansion. Bien que des joueurs de haut calibre en fin de carrière comme Harry Howell (qui deviendra plus tard le directeur général de Barons), Carol Vadnais et Bobby Baun en firent partie à un moment donné, l'équipe n'a jamais vraiment eu de succès.  Toutefois, ce fut dans ses premières années, alors que l'équipe se nommait toujours les Seals d'Oakland, qu'ils connurent leurs plus grands succès.  Succès qui prit la forme de deux participations aux séries éliminatoires.  Il faut toutefois rappeler comment les séries élimatoires étaient construite à l'époque.  Suite à l'expansion de 1967 et jusqu'à l'expansion de 1970, qui vit entrer Buffalo et Vancouver dans la ligue, la LNH était divisée en deux conférences: conférence de l'Est avec les 6 équipes dites originales et la conférence de l'Ouest avec les nouvelles équipes.  Nul besoin de rappeler la disproportion qu'engendra cette configuration de la ligue, qui est très bien illustrée dans le fait que les Blues de St-Louis perdirent 3 années de suite en 4 match en finale de la Coupe Stanley...  Les Seals ont donc su dans cette configuration faire les séries éliminatoires à deux occasions.  Ils ne les referont plus jamais après la réorganisation de la ligue avec l'expansion de 1970.

L'année 1970-71 marque un tournant étrange dans l'histoire des Seals qui allait faire de cette équipe une des formations des plus douteuses de l'histoire du hockey.  Cette année-là, Charlie O. Finley, le type qui possédait les As' d'Oakland (ouais, avez-vous une fixation pour cette équipe-là aussi? Si vous aimez les histoires d'équipes tordues, lisez sur les A's de Kansas City...) a acheté les Seals.  Ils sont alors devenus les Golden Seals de la Californie et prirent des couleurs semblables à celles des A's.  Cette fois, le style était à l'avant plan, le jeu au second.  Finley aimait tellement le style des joueurs de baseball avec leur chaussures blanche qu'il demanda à ses joueurs de hockey de peinturer leurs patins en blanc.  Je me rappelle d'avoir déjà lu à quelque part à propos de ça que les joueurs avaient à les peinturer presque à chaque jour parce que des patins blancs, ça n'existait pas et qu'à force de jouer, la peinture s'enlevait.  En bout de ligne, ils se retrouvaient avec de gros patins pesants portant des couches et des couches de peinture.  L'année d'après, les joueurs portaient des patins vert et or aux couleurs de l'équipe.  La chose à savoir en tout cas sur les Seals, c'est qu'ils n'étaient pas bon, qu'ils essayaient de faire un show du hockey et que ça ne marchait pas trop dans la région où ils étaient et qu'ils avaient de très mauvais dirigeants. Les autre équipes d'expansion (Pittsburgh, Philadelphie, St-Louis, Minnesota et Los Angeles) ont tous connu leur moment de gloire dans la LNH.

Néanmoins le pire coup des dirigeants des Seals fût d'avoir échanger contre 2-3 bâtons et une douzaine de rouleaux de tape (le choix de première ronde des Canadiens de 1970, qui devint Chris Oddleifson, et le vétéran Ernie Hicke) contre leur choix de première ronde de 1971 qui allait devenir Guy Lafleur et le défenseur François Lacombe (qui ne joua jamais à Montréal mais qui devint un pilier des Nordiques de l'AMH).  Guy aurait pu être un Seal... Mais bon, elle est connue et est toujours plaisante à rappeler.  Je ne crois pas qu'il y ait pire échange dans toute l'histoire...

Comme j'y ai fait allusion plus haut, les moment les plus forts de l'histoire des Golden Seals de la Californie furent à la fin des années 60 alors qu'ils purent se tailler une place en séries au milieu d'autres équipes en construction.  Cependant, alors que leurs équipes cousines d'expansion comme les Flyers ou d'expansions ultérieures comme les Islanders et les Sabres, devinrent des puissances de la LNH, les Seals demeurèrent au fond de la cave avec une stabilité remarquable.  Il faut dire à leur corps défendant que l'arrivée de l'AMH qui à un certain moment comptait 14 équipes et la ligue nationale 16, a vu diminuer le niveau de jeu en dispersant les talents (30 équipes, diminution de talent, ça vous dit quelque chose?)  Ça s'est très bien vu alors que les Scouts de Kansas City et les Capitals de Washington firent leur apparition dans la ligue, leur piètre performance (la saison inaugurale des Capitals étant toujours un record de médiocrité inégalé) força la LNH à annuler l'expansion de 1976 où des équipes de Denver et Seattle étaient supposées entrer dans la Ligue.  En 1974, face aux difficultés des Seals, la Ligue nationale prit elle-même les commandes de l'équipe pendant deux saisons avant d'enfin trouver un acheteur nommé Mel Swig, avec qui se joignèrent les frères George et Gordon Gund.  Tannés probablement de rester dans la cave et de perdre de l'argent avec une équipe médiocre qui joue devant des bancs vides depuis près de 9 ans, ces mêmes frères Gund, actionnaires minoritaires dans l'équipe, ont su convaincre Swig de déménager l'équipe sous d'autres cieux où elle pourrait peut-être se développer d'une meilleure façon.

La suite fut une catastrophe.

D'abord, le site de l'aréna était absurde.  Puis les performances sur la patinoire demeurèrent médiocres.  Ceci entraîna rapidement des problèmes d'assistance et dans une ligue où on vit par les ventes aux guichets, des problèmes financiers.

Les frères Gund conclurent alors une entente singulière pour acquérir un autre canard boiteux, les North Stars du Minnesota et les fusionner avec les Barons.

Les Barons continuèrent donc de vivre indirectement à travers les North Stars, mais près une embellie, Minnesota retrouva ses anciens problèmes.  Pour s'en sortir, les frères Gund utilisèrent la fusion des Barons et des North Stars comme motif pour obtenir une équipe d'expansion à l'aide d'une autre entente particulière et l'établir à nouveau dans la région de la baie de San Francisco, à San Jose cette fois. 

C'est donc un peu à cause des légendaires Barons de Cleveland que le grand Link Gaetz s'est retrouvé à San Jose dans le repêchage d'expansion de 1991.

Le hockey fit un retour à Cleveland en 1992, lorsque les Lumberjacks de l'IHL s'y sont installés.  Le club école des Penguins, du Lightning, des Blackhawks et finalement du Wild y est demeuré jusqu'à la fin des activités de la Ligue en 2001.  À ce moment, une troisième version des Barons, à nouveau dans la Ligue américain et affiliée cette fois aux Sharks, a vu le jour. 

3e version, filiale des Sharks
Lorsque San Jose a transféré sa filiale à Worcester en 2006, ce fut la fin des Barons, mais pas du hockey à Cleveland.  Elle fut remplacé par les Monsters du Lac Erié, filiale de l'Avalanche.  Depuis 2016, ce qui est maintenant le club école des Blue Jackets a été renommé les Monsters de Cleveland.

Avec la présence d'une équipe de la Ligue nationale à Columbus et la faiblesse de l'économie de Cleveland, il est peu probable de voir un jour le retour des Barons version LNH.

mardi 3 avril 2018

Équipe All-Star des oubliettes #8 - Avalanche du Colorado




Nous en sommes donc à notre 8e équipe All-Star des Oubliettes.

Je vous rappelle rapidement la formule, il s’agit de la meilleure équipe de tous les temps de la franchise mais composée des joueurs vedettes les plus oubliés à avoir porté leur uniforme, que ce soit par la longueur du séjour (généralement en bas de 100 matchs) ou par oubli collectif. Il s’agit de choix très subjectifs, basés selon ma propre mémoire et des fois, le terme “vedette” est assez subjectif également.

Comme lors de notre article précédent avec les Hurricanes, nous avons droit ici à une équipe relocalisée et j'inclus donc quelques Nordiques dans le tas.

ATTAQUANTS

Dale Hunter
 (12 matchs 1998-99)

Oui je triche ici car normalement je n'inclus pas des joueurs qui ont joué avec l'ancienne incarnation d'une franchise mais avouez que vous ne vous rappelez pas des 12 derniers matchs en carrière de Dale Hunter avec l'Avalanche. Ce n'est pas comme s'il était resté avec la franchise jusqu'au déménagement au Colorado et qu'il serait parti peu après (comme Owen Nolan). Il s'agit dans ce cas-ci d'un écart important et le facteur "bizarre/anachronisme" entre en compte ici. Après 12 saisons à Washington, Hunter fut échangé au Colorado à la date limite des transactions de 1999 en retour d'un choix de 2e ronde. Il eut alors la chance de jouer avec le choix de repêchage qui fut obtenu en retour de lui en 1987, Joe Sakic.

Avant son échange au Colorado, Hunter n'avait obtenu aucun but et seulement 5 passes avec les Capitals en 50 matchs. Il put enfin marquer son premier de la saison avec l'Avalanche avec qui il joua en tout 12 matchs en saison régulière et 19 autres durant les séries. L'Avalanche s'inclina finalement en finale de conférence contre Dallas et Hunter prit sa retraite après la saison.


Paul Kariya et Teemu Selanne
(51 et 78 matchs 2003-04)

En voici deux que je n'ai pas le choix de combiner ensemble. Ces deux légendes des (Mighty) Ducks d'Anaheim et récents membres du temple de la renommée ont tous les deux décidé de signer à rabais avec la puissante équipe de l'Avalanche du Colorado en 2003-04 dans l'espoir de gagner la Coupe Stanley ensemble après quelques saisons où ils furent séparés. Patrick Roy venait de prendre sa retraite mais l'Avalanche comptait toujours sur un solide noyau de superstars avec Peter Forsberg, Joe Sakic, Rob Blake, Milan Hejduk et autres. 

Malheureusement, ces deux vedettes connurent une des pires saisons de leur carrière et l'Avalanche s'inclina en deuxième ronde contre les Sharks. Teemu Selanne, un habitué des saisons d'au moins un point par match, termina celle-ci avec seulement 32 points. Paul Kariya pour sa part  n'était plus le même joueur depuis sa blessure subie lors de la finale de 2003 contre les Devils et Scott Stevens. Il connut d'autres ennuis de santé qui le limitèrent à 51 matchs en saison régulière et seulement 1 en série. Il obtint 36 poins avec Colorado. 

L'expérience du Colorado fut donc un échec mais il revinrent tous les deux à leur forme d'antan après le lock-out de 2005. Kariya signa avec les Predators et il obtint 85 points en 2005-06 tandis que Selanne retourna à Anaheim où il retrouva sa touche avec 40 buts et 90 points. 



Dave Andreychuk
(14 matchs 1999-2000)

En voici un qui est doublement oublié dans l'histoire de l'Avalanche. Non seulement son séjour fut très court mais on oublie également qu'il fit partie du même échange qui amena Raymond Bourque à Denver. Dave Andreychuk avait auparavant joué 4 saisons au New Jersey avant de signer comme agent libre avec les Bruins en 1999. Il fut toutefois ajouté comme bonus dans ce célèbre échange qui avait comme but de permettre à Bourque de finalement gagner la Coupe Stanley. Andreychuk n'avait jamais gagné la coupe non plus mais on en entendait moins parler.

En retour de Bourque et d'Andreychuk, les Bruins mirent la main sur Brian Rolston, Samuel Pahlsson, Martin Grenier et un futur choix de 1re ronde en 2000 (Martin Samuelsson). Malheureusement, l'Avalanche s'inclina encore une fois en finale de conférence (encore contre Dallas) et Bourque dut attendre une année de plus avant de remporter les grands honneurs.

Ah oui. Andreychuk dut lui aussi attendre un peu plus longtemps. Il ne fut pas resigné par l'Avalanche et il opta donc de faire un retour à Buffalo où il avait commencé sa carrière en 1982 et où il joua jusqu'en 1993. Il signa ensuite un autre contrat avec le Lightning en 2001 et comme Bourque, il connut ultimement un dénouement heureux avec cette équipe en les menant aux grands honneurs en 2004.

Au final, il marqua un total de 640 buts en saison régulière dans la LNH. Son total de buts avec l'Avalanche fut de 1 (mais 3 autres en séries).


Mentions honorables:
Theoren Fleury (15 matchs 1999), John Tonelli (19 matchs 1992), Martin Gélinas (31 matchs 1993-94), John Ogrodnick (32 matchs 1986-87), Wendel Clark (37 matchs 1995), Daniel Brière (57 matchs 2014-15), Jari Kurri (70 matchs 1997-98), Pierre Turgeon (79 matchs 2005-07), Ryan Smyth (132 matchs 2007-09)


DÉFENSEURS

Darius Kasparaitis
(11 matchs 2001-02)


Anciennement des Penguins et des Islanders, Darius Kasparaitis s'amena lui aussi avec l'Avalanche à la date limite des transactions, cette fois celle de 2002 alors que l'équipe espérait conserver la Coupe Stanley après la conquête de 2001. Plus reconnu pour ses mises en échec que pour ses prouesses offensives, il ne récolta aucun point en 11 matchs avec l'Avalanche durant la fin de la saison mais récolta 3 passes en 21 matchs des séries alors que l'équipe ne put retourner en grande finale, s'inclinant contre les Red Wings. 

Il signa ensuite avec les Rangers où il joua jusqu'en 2007 alors qu'il fut libéré par les Rangers pour jouer dans la KHL. Il se retira en 2009 mais retourna au jeu dans la ligue de sa Lituanie natale en 2016. Il avait comme but d'enfin pouvoir représenter ce petit pays internationalement, lui qui avait toujours joué pour la Russie auparavant. Il est toujours actif à 45 ans et va finalement ce mois-ci pouvoir jouer pour la Lituanie sur la scène internationale alors qu'il s'agit de la nation hôtesse du championnat du monde (2e division).


Steve Duchesne
(82 matchs 1992-93)

On entend pas souvent parler de Steve Duchesne je trouve. On parle ici d'un joueur plutôt nomade qui fut souvent considéré comme une bonne monnaie d'échange. Il fut d'ailleurs impliqué dans deux échanges majeurs en deux ans. Il passa d'abord des Kings aux Flyers en mai 1991 lors d'un échange à trois équipes avec les Oilers qui vit les Kings mettre la main sur Jari Kurri afin de le réunir avec Wayne Gretzky. Un an plus tard, soit en juin 1992, Duchesne fit partie d'un des plus gros échanges de tous les temps lorsqu'il fut inclut dans le forfait jumbo des Flyers pour mettre la main sur Eric Lindros. 

Il connut une excellente saison à Québec, obtenant un sommet en carrière de 82 points, ce qui pour un défenseur (même en 1993) est excellent. Il aida également les Nordiques à enfin retourner en séries. En impasse salariale la saison suivante, il opta de faire la grève, ce qui força l'équipe à l'échanger. En compagnie de Denis Chassé, il prit le chemin de St. Louis en janvier 1994. En retour, les Nordiques mirent la main sur Bob Bassen, Garth Butcher et Ron Sutter, trois joueurs moyens et/ou en fin de carrière. Duchesne déclara plus tard qu'il regrettait d'avoir quitté Québec et qu'il aurait du accepter moins d'argent pour rester à Québec.

Il joua plus tard pour les Sénateurs en plus de faire un retour à Los Angeles et aussi à Philadelphie. Il signa avec les Red Wings en 1999 et put clore sa carrière sur une bonne note en remportant la coupe Stanley de 2002.


Mentions honorables:
Johnny Boychuk (4 matchs 2007-08), Bryan Marchment (14 matchs 2002-03), Bobby Dollas (25 matchs 1987-89), Garth Butcher (34 matchs 1993-94), Kevin Shattenkirk (46 matchs 2010-11), Risto Siltanen (79 matchs 1985-87), Patrice Brisebois (113 matchs 2005-07)


GARDIEN

Ron Hextall
54 matchs (1992-93)

Un autre ex-membre des Flyers obtenu dans la méga-transaction Lindros, Ron Hextall ne joua lui aussi qu'une saison avec l'équipe. Je crois que le souvenir de lui en Nordique demeure tout de même assez vif dans la mémoire collective car même si ce fut bref, c'était durant cette fameuse période glorieuse qu'était la saison 1992-93, saison où toutes les vedettes avaient des saisons de 100 points et où le Canadien nous permettait toujours de rêver. Malgré tout je crois qu'avec du recul, c'est tout de même étrange de voir Hextall en Nordique car il demeure tellement associé aux Flyers.

Il connut une bonne saison comme numéro un des Nordiques qu'il aida à connaître leur seule saison de plus de 100 points dans la LNH. Cependant, comme on se rappelle tous, il fut renversé lors de la première ronde face aux Canadiens, malgré que les Nordiques menaient la série 2-0. L'équipe comptait miser davantage sur Stéphane Fiset pour l'avenir et préférait s'échapper du salaire d'Hextall. Ils l'envoyèrent donc aux Islanders peu avant le repêchage amateur contre le gardien Mark Fitzpatrick.

En plus d'Hextall contre Fitzpatrick, les deux équipes s'échangèrent également leurs choix de première ronde cette année-là. Les Nordiques purent donc repêcher plus tôt au 14e rang (Adam Deadmarsh) tandis que les Islanders reculèrent au 23e (Todd Bertuzzi). Avec Fiset et plus tard Jocelyn Thibault (également un choix obtenu dans l'échange Lindros), les Nordiques n'eurent aucun désir de garder Fitzpatrick, le laissant plutôt libre au repêchage d'expansion. Il fut sélectionné par les nouveaux Panthers de la Floride.

Hextall ne fit pas long feu non plus à Long Island. Après cette seule saison, il retourna aux Flyers qui échangèrent le gardien Tommy Soderstrom pour rapatrier Hextall à Philadelphie. Il y joua jusqu'en 1999.


Mentions honorables:
Tommy Salo (5 matchs 2003-04), Garth Snow (7 matchs 1993-95), Brian Elliott (12 matchs 2010-11), Greg Millen (18 matchs 1989-90) Marc Denis (28 matchs 1996-2000), Jean-Sébastien Giguère (72 matchs 2011-14)


Dans le prochain épisode, les Blue Jackets!

Sources

dimanche 1 avril 2018

Entre adversaires, on peut s'aider



Le déraillement de 1950 n’est pas la seule fois où les Canadiens ont eu des problèmes avec leur moyen de transport.

En 1934-35, la Ligue nationale comptait dans ses rangs les Eagles de St-Louis, suite au déménagement des Senators d’Ottawa au Missouri. Les Eagles devinrent alors l’équipe la plus éloignée. Le déplacement en train vers St-Louis s’avérait donc long et coûteux. Bien que ce ne fut pas le seul facteur, les frais de transport élevés contribuèrent à mettre fin à l’existence des Eagles après une seule saison.

Les éphémères Eagles de St-Louis

Les Canadiens devaient se rendre à St-Louis pour y affronter les Eagles le 2 mars 1935. Pour une raison quelconque, les uniformes n’étaient pas dans le même train que l’équipe. Celui qui transportait l’équipement fut alors impliqué dans un déraillement.

La nouvelle parvint aux oreilles de l’équipe et du propriétaire des Black Hawks, Frederic McLaughlin. Ce dernier leur offrit donc de prêter les uniformes de son équipe au Tricolore.

C’est finalement en utilisant l’avion (mesure exceptionnelle à l'époque) qu’on réussit à envoyer l’équipement des Canadiens à St-Louis, à temps pour le match. Montréal n’a donc pas eu à porter un uniforme adverse pour défaire les Eagles, 3-2 en prolongation.

Mush March, des Black Hawks


On redonna alors les uniformes aux Black Hawks, contre qui les Canadiens jouaient le lendemain.

Devant un adversaire beaucoup plus coriace que les faibles Eagles, la tâche s’est avérée beaucoup plus difficile. Devant la cage des Black Hawks, Lorne Chabot a blanchi les Canadiens 3-0. Il y a tout de même des limites à la générosité envers l'adversaire...


Sources: “Tout comme le roi Dagobert, Canadien perd ses costumes », La Patrie, 4 mars 1935, p.20, « Retrieve Equipment, Canadiens’ Paraphernalia Reaches St.Louis in Time », 4 mars 1935, Montreal Gazette, p.14.