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dimanche 15 février 2026

Jake Forbes


 


Le gardien Vernon Vivian Forbes, surnommé « Jake » ou « Jumpin' Jackie » en raison de son style de jeu acrobatique, est né le 4 juillet 1897 à Toronto.

Après avoir fait ses classes au hockey mineur dans divers clubs locaux, il joignit les rangs des St.Pats de Toronto durant la saison 1919-20, devenant le 3e gardien du club durant la saison, ce qui était assez rarissime à l'époque. Il devint numéro un des St.Pats la saison suivante et obtint 13 victoires en 20 matchs, aidant le club à terminer au deuxième rang. Pour la saison suivante, en 1921-22, il désirait une augmentation de salaire à 2500 dollars, ce que les St.Pats refusèrent catégoriquement. Il devint alors le premier joueur de la LNH à sacrifier une saison entière. Ce geste d'insubordination, inédit pour l'époque, s'est soldé par la vente de ses droits à la franchise des Tigers d'Hamilton la saison suivante.

Forbes revint donc en action après une saison perdue et joua les trois saisons suivantes à Hamilton, obtenant des statistiques en conséquence d'être dans le pire club de cette jeune ligue à seulement 4 équipes. Il obtint 6 victoires en 24 matchs en 1922-23 et ensuite 9 en 24 en 1923-24.

La chance des Tigers tourna toutefois lors de la saison 1924-25, le club passant de la dernière à la première place d'une ligue désormais à 6 clubs (arrivée des Bruins et Maroons), s'assurant une place en finale de la Coupe Stanley.

Cependant, les choses tournèrent au vinaigre pour Forbes et les Tigers et on peut imaginer que Forbes fut un des principaux architectes de ce qui allait se passer. Cette saison-là, la ligue avait décidé d'augmenter le nombre de matchs de la saison régulière de 24 à 30 sans offrir de compensation financière supplémentaire aux joueurs.

Menés par leur capitaine Billy Burch, Forbes et ses coéquipiers ont exigé une prime de 200 dollars par joueur pour ces rencontres additionnelles. Devant le refus catégorique des propriétaires et les menaces de suspension du président de la LNH, Frank Calder, les joueurs ont maintenu leur position et refusé de disputer les séries éliminatoires. Cette impasse a conduit à la suspension immédiate de l'équipe, privant Jake Forbes de sa meilleure chance de soulever le prestigieux trophée.

Les conséquences de ce bras de fer ont été permanentes pour le gardien de but. Bien que la franchise ait été rachetée et déménagée pour devenir les Americans de New York, et malgré le fait que Forbes soit resté un pilier de la ligue pendant encore plus d'une décennie, il n'a plus jamais eu l'occasion de jouer des matchs éliminatoires. Après avoir disputé seulement deux matchs de séries lors de sa première année complète en 1921, il a passé le reste de sa carrière au sein d'équipes de bas de classement, accumulant un total de 84 victoires contre 114 défaites. Pourtant, son efficacité individuelle est restée remarquable pour l'époque, comme en témoigne sa moyenne de buts alloués de 2,76 et ses 20 blanchissages.


 
Après quelques saisons difficiles avec les Americans et des détours dans les mineures, il fut libéré en 1930. Il passa la saison suivante dans la ligue Can-Am à l'exception de deux matchs avec les anciens Pirates de Pittsburgh, maintenant nommés les Quakers de Philadelphie, deux matchs qui se soldèrent par des défaites pour cette autre club en difficulté, qui connaîtra d'ailleurs un des pires rendements de l'histoire de la LNH avec une fiche de 4–36–4, soit le 2e pire pourcentage de points de l'histoire à 0.136%.

Les saisons suivantes furent à l'image de la difficile décennie des années 30, avec un parcours nomade dans plusieurs clubs et ligues. Il retourna jouer quelques matchs avec les Americans (son dernier dans la LNH en 1933) mais passa la majorité du temps dans les mineures avec les clubs suivants; Eagles de New Haven (Can-Am), Tigers du Bronx (Can-Am), Bulldogs de Windsor (IHL), Stars de Syracuse (IHL), Indians de Springfield (Can-Am), Tecumsehs de London (IHL) et Cardinals de Rochester (IHL).

Il a finalement pris sa retraite en 1936. En s'éteignant à l'âge de 88 ans en 1985, Jake Forbes était le dernier joueur vivant des Tigers de Hamilton.



lundi 29 décembre 2025

Une petite photo pour le plaisir #105 - La foule du Forum en 1938

 


Voici une photo faisant partie du Fonds Conrad Poirier, un photographe très actif au cours de la première partie du 20e siècle et qui a produit de nombreux clichés de qualité. Ceux qui se sont procuré notre livre peuvent voir une de ses photos sur la couverture. 


 

On y voit une partie de la foule lors du match des Canadiens du 24 février 1938 contre les Bruins. De toute évidence, elle est très homogène. Non seulement elle est très masculine, mais l’habillement est aussi uniforme. 

D’abord, le paletot foncé est de mise. (La photo est en noir et blanc, mais on peut supposer que plusieurs sont dans la même palette de couleur.) Le tout est accompagné d’une chemise pâle, d’une cravate et de l’incontournable chapeau. 

Pour ceux que ça intéresse, le match s’est terminé par un match nul de 1-1. Leroy Goldsworthy a marqué en première période, Johnny Gagnon a égalisé le pointage pour les Canadiens en troisième période en déjouant Tiny Thompson

C’est Wilf Cude qui défendait le filet montréalais.

Sources: 

"Canadiens and Boston play to 1-1 Deadlock" de Marc T. McNeil, February 25, 1938, Montreal Gazette, page 12, 

BANQ.  

 

mercredi 14 mai 2025

Roger Jenkins


 

 

Le défenseur Roger «Broadway» Jenkins est né 18 novembre 1911 à Appleton au Wisconsin. Sa famille déménagea toutefois à Port Arthur en Ontario lorsqu'il n'avait que trois ans. 

Après avoir joué son junior à Thunder Bay et une saison senior à Edmonton, il devint la propriété des Black Hawks pour la saison 1930-31. Cependant, les Black Hawks le prêtèrent aux Maple Leafs avant que la saison commence et c'est donc avec Toronto qu'il fit ses débuts professionnels. Après 21 matchs avec les Leafs, il fut retourné à Chicago pour finir cette première saison où il n'obtint qu'une seule passe. 

La saison suivante, il fut recalé avec les obscurs Tigers du Bronx de la Canadian-American Hockey League, l'ancêtre de la AHL moderne. Les Tigers n'existeront que durant cette seule saison 1931-32. La saison suivante, Jenkins fut rapatrié à Chicago où il joua enfin une saison complète et récolta de bonnes statistiques avec 3 buts et 10 passes en 46 matchs, soit le meilleur rendement chez les défenseurs de l'équipe. Il évoluait aussi parfois comme attaquant.

En 1933-34, il joua encore toute la saison à Chicago, mais n'obtint que 4 points. Il fut toutefois en poste durant l'entièreté des séries éliminatoires et aida le club à remporter sa première Coupe Stanley. Avant que les séries commencent, Jenkins avait parié avec le gardien des Hawks Charlie Gardiner que s'ils gagnaient la coupe, il paraderait Gardiner en brouette dans les rues de Chicago lors de la parade. 

Jenkins tint parole.

Jenkins transportant Charlie Gardiner lors de la parade de 1934
 

Gardiner devint le seul gardien capitaine à remporter la Coupe Stanley dans l'histoire de cette dernière. Cependant, il souffrait d'une infection aux amygdales depuis deux saisons, et jouait constamment malgré la douleur, la fatigue et même des convulsions. Il dut même quitter le match décisif en finale contre les Red Wings, après la 3e période toujours avec une égalité de 0-0. Le match se termina en 2e période de surtemps sur un but de Mush March (tout un nom). Gardiner remporta également le Vézina cette saison-là. Malheureusement, son infection prit de l’ampleur et il mourut d'une hémorragie cérébrale deux mois après avoir été transporté en brouette par Jenkins.

Lors de l'entre-saison 1934, Jenkins fut impliqué dans une méga transaction alors que la légende du Canadien Howie Morenz prit (dans la controverse) le chemin de Chicago. En retour de Morenz, du gardien Lorne Chabot et du défenseur Marty Burke, le Canadien obtint l'excellent Lionel «Big Train» Conacher, l'attaquant Leroy Goldsworthy ainsi que Jenkins. Conacher fut toutefois échangé aussitôt aux Maroons où il avait déjà joué dans le passé.


Jenkins continua donc sa carrière avec le CH et obtint 4 buts et 6 passes en 1934-35. Il fut toutefois échangé à prix fort après cette seule saison, cette fois-ci aux Bruins. En retour de seulement Jenkins, le CH obtint le controversé et excentrique Jean Pusie et aussi le défenseur Walt Buswell qui jouera 5 solides saisons avec le faible club montréalais.

Donc Jenkins joua en 1935-36 pour un cinquième club différent en six saisons (en incluant les Tigers du Bronx). Il récolta 8 points en 42 matchs. 

Mais, encore une fois, il fut impliqué dans une autre transaction d'importance avant la saison suivante. Cette fois-ci, il retourna avec le Canadien en compagnie du légendaire Babe Siebert. En retour, les Bruins rapatrièrent Leroy Goldsworthy, en plus de mettre la main sur Sammy McManus ainsi qu'un montant de 10 000$.

Cependant, les Canadiens n'avaient que très peu de plan pour ce deuxième séjour de Jenkins. Ils le firent jouer 10 matchs sans histoire avant de le laisser languir dans les gradins. Il fut finalement libéré à la mi-décembre 1936. Le soir même, les Maroons lui firent signer un contrat d'urgence pour colmater leur défense. Mais ce ne fut que son seul et unique match avec les Maroons et il fut également laissé de côté pour les prochains matchs. Il fut finalement prêté aux Americans de New York, son 3e club de la saison. Il est d'ailleurs un des premiers joueurs de l'histoire de la ligue à avoir joué pour trois équipes durant le même calendrier.

Libéré par les Americans après la saison, il débuta ensuite celle de 1937-38 sans contrat. Il fut toutefois signé quelques semaines plus tard par son premier club, les Black Hawks. L'air de Chicago sembla parfaitement lui convenir puisqu'il retrouva finalement son aplomb, obtenant 9 points en 37 matchs, et aidant de nouveau l'équipe à remporter la Coupe Stanley. Cette fois-ci il fut un contributeur majeur en séries, obtenant 6 points en 10 matchs. 

Les Hawks de 1938 sont souvent considérés comme un des pires clubs à avoir remporté la Coupe. Le club avait raté les séries l'année précédente et s'étaient faufilé en séries avec une fiche de 14 victoires, 25 défaites et 9 nulles, ce qui était quand même bon pour la dernière position donnant accès aux séries dans leur division. Sur leur chemin, ils éliminèrent d'abord les Canadiens, et ensuite les Americans en deuxième ronde, soit deux clubs ayant abandonné dans le cas de Jenkins la saison précédente. Ils éliminèrent ensuite les Leafs en 4 matchs (d'une série 3 de 5). Les Leafs étaient également une ancienne équipe de Jenkins, mais comme vous pouvez voir, il a pas mal joué partout...

Leur pourcentage de victoire de .291 en saison demeure à ce jour un record pour un club champion de la coupe. Ils sont également le club champion ayant le moins de membres du temple de la renommée, seulement un en fait, le défenseur Earl Siebert.

Et encore une fois, j'imagine par tradition, Jenkins avait fait le pari avec le gardien des Black Hawks, cette fois-ci Mike Karakas, qu'il le transporterait en brouette. Je n'ai pas trouvé de photo cette fois-ci, seulement cette coupure de journal.


Les Black Hawks de 1938 étaient également l'équipe avec les plus de joueurs nés aux États-Unis ayant leur nom gravé sur la coupe avec 8 joueurs, incluant Jenkins.

Suite à cette deuxième coupe pour Jenkins (et les Hawks), il débuta la saison suivante à Chicago mais fut libéré après 14 matchs. Il fit alors un énième retour avec une ancienne équipe, en retournant avec les Americans de New York. C'est avec eux qu'il termina son parcours dans la LNH. Et son dernier match en saison régulière ne fut même pas complété en tant que patineur. Lors du dernier match de la saison des Americans contre les Rangers, le gardien Earl Robertson se blessa durant la deuxième période. N'ayant aucun substitut, ce fut Jenkins qui fut délégué pour remplacer Robertson. Alors qu'ils tiraient déjà de l'arrière 4-2, Jenkins alloua 7 buts et les Americans perdirent ce match 11-5, soit leur pire défaite de la saison. Ils atteignirent toutefois les séries mais s'inclinèrent en 2 matchs contre les Maple Leafs.

La saison suivante, Jenkins fut vendu aux Indians de Springfield de Eddie Shore dans la AHL. Après une saison à Springfield, il joua trois ans avec les Bears de Hershey et fut élu au passage sur l'équipe d'étoiles en 1942-43. Il mit ensuite le cap vers l'ouest pour terminer sa carrière dans les niveaux mineurs de l'ouest nord-américain. Il joua d'abord la saison 1943-44 avec les Iron Workers de Seattle de l'obscure Northwest International Hockey League, ligue purement amateure qui jouait seulement les dimanches... La NIHL se renomma sous le nom de la Pacific Coast Hockey League la saison suivante. Jenkins suivit, cette fois-ci avec les Stars de Seattle. Il joua ensuite pour les Ironmen de Seattle et termina finalement sa longue carrière en 1948 après deux saisons avec les Rockets de Tacoma.

En 327 matchs dans la LNH, sa fiche fut de 15 buts et 39 passes pour 54 points. Il aura joué pour 6 clubs de la LNH, à une époque où l'on comptait entre 7 et 10 équipes par saison. Les seuls clubs où il n'aura pas joué durant son passage furent les Rangers, les Red Wings, les Quakers de Philadelphie (1930-31) et les Senators d'Ottawa/Eagles de St.Louis, 

Donc malgré une carrière assez anonyme, il aura tout de même laissé sa trace particulière, obtenant au passage deux coupes Stanley et ayant été impliqué dans plusieurs transactions majeures de l'époque. On peut dire qu'il a roulé sa brouette...


vendredi 11 août 2023

La fusion Maroons/Canadiens

Match bénéfice Howie Morenz - 1937

 


Fondés en 1924 pour palier à l'absence d'une équipe anglophone à Montréal dans la LNH, les Maroons de Montréal connurent une très bonne première décennie d'existence, remportant même la coupe Stanley à seulement leur deuxième saison. Portés par d'excellents joueurs comme Nels Stewart, Hooley Smith, Babe Siebert, Lionel Conacher et le gardien Clint Benedict, les Maroons semblaient bien en selle et remplissaient le nouveau Forum de Montréal, qui fut d'ailleurs construit initialement pour eux.

Cependant, les réalités du marché économique et démographique firent en sorte que Montréal ne pouvait plus héberger deux franchises à partir de la moitié des années 30, principalement à cause des effets de la crise économique suivant le krach boursier de 1929 (oui ça s'écrit bien Krach). Les deux franchises connurent des baisses d'assistance durant les pénibles années 30, mais les Canadiens arrivaient à mieux s'en sortir avec un plus large bassin de partisans francophones. Les Maroons, par contre, terminèrent derniers dans la ligue à ce niveau pour leurs trois dernières saisons d'existence, soit de 1935-36 à 1937-38, et ce malgré une deuxième conquête de le coupe en 1935. 

Ces problèmes financiers firent en sorte que, comme plusieurs équipes en difficulté à cette époque, (Senators d'Ottawa, Quakers de Philadelphie, Eagles de St.Louis) les Maroons durent vendre beaucoup de leurs vedettes ou autres joueurs de soutien pour survivre. Cependant, les Maroons demeurèrent compétitifs malgré tout.

Hooley Smith
130 buts et 151 passes en 388 matchs avec les Maroons


Voici quelques-unes de ces ventes:
- Babe Siebert fut vendu aux Rangers en juillet 1932
- Nels Stewart fut vendu aux Bruins en octobre 1932
- Le gardien Dave Kerr fut vendu aux Rangers en décembre 1934
- Paul Haynes fut vendu aux Bruins en décembre 1934
- Sammy McManus fut vendu aux Rangers en octobre 1935 (10 000$)
- Hooley Smith fut vendu aux Bruins en octobre 1936

De leut côté, les Canadiens avaient eux aussi connu leur part d'ennuis financiers, et passèrent près de déménager à Cleveland. Pour sauver l'équipe, la société propriétaire des Maroons, la Canadian Arena Company, avança une somme de 165 000$ à un groupe d'hommes d'affaires composé de Ernest Savard, Louis Gélinas et le colonel Maurice Forget. Ces derniers achetèrent donc les Canadiens des anciens propriétaires, Léo Dandurand et Jos Cattarinich, en septembre 1935. La Canadian Arena Company avait donc indirectement le contrôle sur les Canadiens en plus des Maroons.

Mais devant se rendre à l'évidence quelques années plus tard, la CAC décida de miser seulement sur le tricolore et de mettre la franchise des Maroons en suspens après la saison 1937-38, soit la pire saison de l'histoire de l'équipe qui termina au dernier rang avec une fiche de 12-30-6. On tenta de vendre la franchise à des intérêts de St-Louis, et une transaction d'une somme de 150 000$ fut même annoncée dans les journaux. Cependant la ligue refusa, estimant que les problèmes économiques ayant mené à la dissolution rapide des Eagles de St.Louis en 1935, notamment les frais élevés de transport, étaient toujours présents. 

On considéra aussi de garder les Maroons à Montréal à temps partiel, occupant plus de la moitié du  calendrier à Ottawa, privé de ses Senators depuis 1934, ainsi qu'un nombre limité de matchs à Montréal. On estimait que avec cette option, l'effet de rareté des matchs des Maroons influencerait leurs fans à y retourner en grand nombre. On abandonna toutefois l'idée rapidement. 

Dans les années suivantes, on entendit parler de possibles transferts à Cleveland ou Philadelphie mais rien de tout ça n'aboutit et la franchise fut officiellement dissoute en 1947.

La Patrie, 14 août 1938

Montréal-Matin, 18 aôut 1947

 
Maroons de Montréal - 1937-38 - Dernière édition


Donc à l'aube de la saison 1938-39, il fallait procéder à la dispersion des effectifs des Maroons. Normalement, lorsque une franchise cesse ses activités, les joueurs sont réclamés par les autres équipes lors d'un repêchage spécial ou vendus au plus offrant. Cependant une telle chose ne se produisit pas exactement de cette manière avec les Maroons. Comme leurs proprios étaient les mêmes que les Canadiens, la majorité des effectifs des Maroons furent absorbés par le CH. Bien que ce n'est pas considéré ou remémoré comme une véritable fusion comme celle des Barons de Cleveland avec les North Stars du Minnesota en 1978, on peut dire qu'il s'agit essentiellement du même procédé. 

Et même avant cette «fusion», plusieurs considéraient les Maroons comme l'enfant pauvre. Malgré que les deux équipes avaient des DG différents, les proprios et les recruteurs mettaient davantage d'importance à l'alignement du CH. Le meilleur exemple se produisit en février 1936 lorsque le CH obtint des Maroons un jeune Toe Blake ainsi que deux autres joueurs (Bill Miller et Ken Grivel) en retour seulement du gardien Lorne Chabot. Ce dernier venait d'être acheté des Blackhawks et n'avait pas d'utilité dans le système du CH. Blake devint une vedette avec le CH tandis que Chabot était en fin de carrière et ne joua que 16 matchs avec les Maroons.

Canadiens de Montréal - 1938-39

Donc lors de la fin des Maroons, le CH obtint des renforts provenant de l'autre vestiaire du Forum. Cependant, il ne s'agissait que de maigres renforts. Le CH, qui faisait déjà à peine mieux que les Maroons dans le classement avant la fusion, termina cette première saison post-fusion à l'avant-dernier rang de la ligue en 1938-39 avec une fiche de 15-24-9, une fiche moins bonne que l'année précédente (18-17-13).

Les quelques joueurs suivants firent partie du transfert Maroons/CH. Vous allez voir que peu d'entre eux auront marqué l'histoire du tricolore.

- Herb Cain (AG)
Meilleur élément obtenu pour cette saison 1938-39, cet attaquant membre des Maroons depuis 1933 obtint 13 buts et 14 passes dans un rôle secondaire. Il ne joua qu'une saison avec le CH avant de faire une grève salariale et d'être subséquemment échangé aux Bruins. Il devint une vedette offensive à Boston, principalement en 1943-44 lorsqu'il termina au premier rang des pointeurs de la ligue avec une fiche record de 82 points qui durera jusqu'aux 86 points de Gordie Howe en 1951. Cette production record est toutefois grandement considérée comme étant une anomalie, alors qu'il n'a jamais approché de telles statistiques à autre moment de sa carrière et qu'il aurait été grandement aidé par les alignements défensifs décimés à travers la ligue dû à la deuxième guerre mondiale. Cain demeure à ce jour le seul champion pointeur à ne pas avoir été introduit au temple de la renommée.

- Stewart Evans (D)
Anciennement des Red Wings, Evans faisait aussi partie des Maroons vainqueurs de la coupe en 1935. Il obtint 2 buts et 7 passes en 43 matchs dans ce qui fut sa dernière saison en carrière.

Herb Cain

Jimmy Ward

- Jimmy Ward (AD)
Ward faisait partie des Maroons depuis la saison 1927-28 et joua près de 500 matchs avec eux, marquant une dizaine de buts par saison. Ce fut également sa dernière saison dans la LNH en 1938-39 qu'il termina avec 4 buts et 3 passes, suite à quoi il fut renvoyé dans les mineures.

- Des Smith (D)
Défenseur marginal qui en était à sa deuxième année dans la LNH. Il fut rétrogradé dans les mineures après 16 matchs et fut plus tard envoyé aux Bruins. Fun fact, Smith est immortalisé à jamais à LVEUP sur la couverture de notre livre paru l'an dernier. Il est le membre des Maroons au #17 qui donne un coup de corde à linge au joueur des Americans. By the way, le livre est toujours en vente en version digitale si ça vous intéresse.

- Marvin «Cyclone» Wentworth (D)
Wentworth était un très bon défenseur, étant même temporairement capitaine des Blackhawks avec qui il joua de 1927 à 1932 avant de passer aux Maroons. Il termina même au premier rang des pointeurs des Maroons lors de la conquête de 1935. Il était cependant lui aussi en fin de carrière lors de son transfert au CH et ne joua que deux autres saisons, ne marquant qu'un seul but avec le tricolore.

- Bob Gracie (C)
Un autre joueur en fin de carrière et ex-champion de 1935. Il fut rétrogradé dans les mineures après seulement 7 matchs et éventuellement échangé aux Blackhawks.

- Claude Bourque (G)
Le CH obtint lors de ce transfert les droits sur le gardien Claude Bourque qui devint l'adjoint de Wilf Cude durant cette saison 1938-39. Il devint numéro un par défaut la saison suivante, mais ne put faire mieux qu'une fiche de 9-24-3 en 36 matchs avant d'être échangé aux Red Wings.

Marvin «Cyclone» Wentworth
 

Et voici pour compléter les autres mouvements de personnel suivant la fusion:.

- L'attaquant Gus Marker fut vendu aux Maple Leafs pour 4000$

- Les Blackhawks de Chicago déboursèrent 30 000$ pour l'acquisition de trois joueurs des Maroons; Russ Blinco, Baldy Northcott et Earl Robinson.

- Dave Trottier fut libéré et signé par les Red Wings.

- Les 5 joueurs suivant furent retournés dans les mineures sans jamais revenir dans la LNH; Paul Runge, Allan Shields, Jerry Shannon, Maurice Croghan et le gardien Bill Beveridge

Aucun de ces joueurs vendus n'ont vraiment fait long feu par la suite dans la LNH.

Mais il y a cependant deux excellents éléments qui furent obtenus des Maroons par le CH.

- Buddy O'Connor (C)
Le joyau de cette fusion, le futur membre du temple Buddy O'Connor faisait en fait un retour dans le système du CH alors que ces derniers avaient échangé ses droits aux Maroons en 1936. Ces droits revinrent donc aux Canadiens mais O'Connor n'avait encore jamais joué avec les Maroons ou ailleurs dans la LNH, étant plutôt une vedette avec les Royaux de la ligue senior. Après avoir participé à la renaissance de l'équipe montréalaise, dont deux coupes Stanley, il fut finalement échangé aux Rangers en 1947.

- Tommy Gorman (DG)
Gorman peut être considéré comme un des meilleurs entraîneurs et DG des premières décennies de la LNH, et même de toute l'histoire. Avec un oeil particulier pour trouver du talent, il commença sa carrière comme DG et propriétaire partiel des Sénateurs qu'il mena à trois conquêtes de la coupe (1920, 1921 et 1923). Il devint ensuite entraîneur et DG des Americans de New York en 1928 avant de passer  aux mêmes postes chez les Blackhawks en 1933. Il mena les Hawks à leur première coupe en 1934, malgré qu'ils étaient au dernier rang de la ligue pour les buts marqués. Après une dispute avec le proprio, il quitta Chicago pour venir occuper les mêmes positions chez les Maroons. Il mena les Maroons à la conquête de 1935, devenant le premier et le seul entraîneur à ce jour à remporter la coupe deux saisons d'affilée avec deux équipes différentes.

Tommy Gorman (en mortaise) et son club champion de 1935

Après la fusion de 1938, Gorman occupa de nouvelles fonctions avec son nouveau club à titre de directeur des affaires du Forum et du Canadien. Mais après des expériences ratées au poste de DG avec Cecil Hart (1936-39) et très brièvement Jules Dugal (1939-40), les Canadiens promurent Gorman comme DG à partir de la saison 1940-41, peu après que la Canadian Arena Company ait officiellement acheté le club. 

C'est Gorman qui embaucha notamment Maurice Richard et qui mena la renaissance du club, le tout culminant par la reconquête de la coupe en 1944, ainsi qu'une autre en 1946, suite à quoi il passa les rênes à Frank Selke. Gorman demeure le seul DG de l'histoire du Big 4 (NHL, MLB, NFL, NBA) à avoir géré 4 clubs vers un championnat.

C'était donc la fusion non-officielle Maroons/Canadiens. C'est pas mal moins connu que la fusion Barons/North Stars et vous vous doutez bien que ce genre de sujet me passionne. Comme équipe défunte, je trouve que les Maroons sont souvent oubliés, malgré qu'il s'agit d'une des meilleures équipes défuntes avec deux championnats. J'ai même déjà suggéré que le CH leur rende un jour honneur si jamais ils manquent d'inspiration pour un chandail Reverse Retro. Comme on a pu voir, les Maroons font partie de l'histoire du club, même si c'était de manière peu orthodoxe durant une période creuse pour le hockey montréalais. Alors pourquoi pas? Tant qu'à honorer les Expos...



Sources:
Habs' greatest GMs inducted into Builder's Row, NHL.com, 1er novembre 2007
Les Maroons à St.Louis pour une somme de 150,000$, La Patrie, 14 août 1938
Que fera-t-on des Maroons?, La Patrie, 14 août 1938
Northcott, Blinco et Robinson joueront à Chicago, L'Illustration Nouvelle, 16 septembre 1938

samedi 1 avril 2023

Hib Milks


 


C'est assez rare que je parle de joueurs des années 20 (1920 pas 2020) et encore moins de joueurs des anciens Pirates de Pittsburgh. Je me suis donc dit que ce serait une bonne opportunité de faire ça quand je suis tombé sur un nom comme Hib Milks...

Hibbert Henry «Hib» Milks
est né le 1er avril 1899 dans le petit village de Eardley en Outaouais, un patelin qui fut fusionné en 1975 avec 3 autres villages pour donner aujourd'hui la municipalité de Pontiac. Il déménagea de l'autre côté de la rivière, à Ottawa lors de ses 18 ans et gradua dans les différents niveaux de la ligue de hockey organisé de la région, la Ottawa City Hockey League (OCHL), qui est considérée comme la deuxième ligue organisée dans l'histoire du hockey, ses origines remontant à 1890. Au sein des Gunners d'Ottawa, Milks, qui évoluait comme ailier gauche et comme centre, forma un duo redoutable avec un joueur du nom de Harold Darragh pendant trois saisons, soit de 1919-20 à 1921-22. 
 
Milks et Darragh prirent la décision de joindre les rangs des Yellowjackets de Pittsburgh de la United States Amateur Hockey Association (USAHA) pour la saison 1922-23. Ils revinrent tous les deux dans la OCHL la saison suivante avec les New Edinburghs d'Ottawa mais cela ne dura qu'une saison avant de revenir avec les Yellowjackets en 1924-25 lors de ce qui était la dernière saison d'existence de la USAHA. La saison suivante, comme Pittsburgh allait faire son entrée dans la LNH, une dizaine d'anciens membres des défunts Yellowjackets, bref pratiquement toute l'équipe à cette époque, devinrent membres de la nouvelle organisation des Pirates de Pittsburgh, qui sont essentiellement considérés comme la continuation des Yellowjackets. On retrouvait également chez ces premiers Pirates de futurs membres du temple comme le défenseur Lionel «Big Train» Conacher et le gardien Roy Worters, en plus du fameux duo Darragh-Milks.

Les Pirates de Pittsburgh ont existé pendant seulement 5 saisons et n'ont jamais laissé une très grande marque dans l'histoire du hockey, à l'exception de la présence des Conacher et Worters. Mais si ces derniers représentaient bien le niveau défensif de l'équipe, on n'y retrouvait pas vraiment de grandes vedettes offensives. Durant 4 de ces 5 saisons, c'est Hib Milks qui termina au premier rang des pointeurs des Pirates, Darragh étant celui de la cinquième. Durant ces saisons de 44 matchs, Milks mena les Pirates pour les points avec des saisons de 19, 22, 21 et une de seulement 12 points en 1928-29, qui faisait quand même de lui le meneur des Pirates. 
 
Il faut cependant dire qu'on ne décernait pas autant de mentions d'assistance à l'époque, soit seulement une mention pour la première passe et même souvent qu'on oubliait de l'inscrire au pointage. Par exemple, Milks obtint un sommet en carrière de 18 buts en 1927-28, le restant de sa fiche étant composée de 3 passes. Autre exemple durant cette même saison 1927-28, Howie Morenz du Canadien termina avec 33 buts et 18 passes, ce qui le plaçait au premier rang pour les deux catégories.

 
Milks, au deuxième rang et Darragh à l'avant-dernier.


Les Pirates firent les séries durant deux de leurs trois premières saisons mais commencèrent à vivre des difficultés financières les forçant à vendre des joueurs pour survivre, dont Conacher. Milks et Darragh furent toutefois épargnés et terminèrent exæquo en 1928-29 avec cette mince fiche discutée plus haut de 9 buts et 3 passes chacun pour 12 points en tête des faibles Pirates qui terminèrent avec une fiche de 9-27-8. La saison 1929-30 fut ensuite la dernière de l'équipe où les choses ne firent que se dégrader davantage avec une fiche de 5-36-3.
 
La franchise fut alors achetée par le bootleger Bill Dwyer et déménagée à Philadelphie sous le nom des Quakers en 1930-31, dans l'espoir qu'un nouvel aréna soit construit à Pittsburgh pour y ramener l'équipe plus tard. Les Quakers furent encore pire que les Pirates et finirent leur seule saison d'existence avec une minable fiche de 4-36-4, ce qui est toujours le deuxième pire pourcentage de victoire après les Capitals de Washington de 1974-75. Milks fut toutefois fidèle au poste comme toujours, terminant premier compteur des Quakers avec 17 buts et 23 points. Il termina toutefois au deuxième rang pour les points derrière les 27 points d'un certain Gerry Lowrey. 
 
Cette saison marqua toutefois la fin du duo Milks-Darragh alors que ce dernier fut échangé aux Bruins  en retour d'un défenseur et d'une somme d'argent.

Hib Milks avec les Quakers
Après la disparition des Quakers, Hib Milks aboutit avec les Rangers où il ne fut que très peu utilisé en attaque, terminant la saison 1931-32 totalement blanchi de la colonne des buts avec 0 filets et seulement 4 passes. Il décida ensuite de revenir au bercail, alors qu'il signa avec les Senators, qui eux revenaient au jeu après une saison d'inactivité causée aussi par des difficultés financières. La disette de Milks continua à Ottawa alors qu'il fut de nouveau blanchi durant cette saison 1932-33. N'ayant toujours pas marqué en 19 matchs, il se blessa grièvement au genou en janvier 1933 et ne revint jamais au jeu.

Il retourna dans l'Outaouais après sa retraite et y mourut en 1949 après une longue maladie. Il avait 50 ans.

En 317 matchs dans la LNH, Hib Milks récolta 87 buts et 41 passes pour 128 points. Ses 98 points acquis avec les Pirates font de lui le meneur de l'histoire de la franchise, suivi de près par Darragh à 91 points.

Pour sa part, Darragh joua quelques matchs à Boston suite à son départ de Philadelphie. Il joua ensuite deux saisons à Toronto, mais fut cédé dans la IHL en 1933. Il y joua quelques temps avant de prendre sa retraite en 1936 et revenir lui aussi dans le coin d'Ottawa. Son plus vieux frère, Jack Darragh, joua longtemps pour les Senators, y gagnant 4 Coupes Stanley, et fut élu au temple de la renommée en 1962.

vendredi 22 avril 2022

Mel «Sudden Death» Hill

 


John Melvin Hill est né le 15 février 1915 dans le petit village de Glenboro au Manitoba. Évoluant à l'aile droite, il joua son hockey junior à Saskatoon au début des années 30 avant de graduer au niveau senior à Sudbury. Il fut invité par les Rangers à un de leurs camps d'entrainement mais fut rapidement libéré, suite à quoi ce sont les Bruins qui lui donnèrent une chance pour la saison 1937-38. Il joua 8 matchs avec eux durant cette première saison, passant le restant de l'année dans la IAHL (ancêtre de la AHL) avec les Reds de Providence, équipe qu'il aida à remporter la coupe Calder de 1938.

Il se mérita un poste à temps plein à Boston en 1938-39, obtenant une fiche raisonnablement bonne de 10 buts et 10 passes en 44 matchs. Il n'était pas considéré comme une grande menace offensive ni une future vedette pour les Bruins, la forte équipe étant plutôt bien représentée à ce niveau par des joueurs comme Milt Schmidt, Roy Conacher, Bill Cowley, le gardien Frank Brimsek et un redoutable trio de défenseurs robustes composé de Flash Hollett, Dit Clapper et Eddie Shore

Mais tout changea pour Mel Hill durant les séries de 1939, particulièrement lors de la série de première ronde contre l'équipe qui avait auparavant refusé ses services, les Rangers. Il s'agissait de la première année où la LNH optait pour des rondes 4 de 7 et la première ronde sous ce format allait nous offrir un classique.

Lors du premier match de cette série, l'égalité de 1-1 persistait après 3 périodes et 2 autres périodes de prolongation. Alors qu'on se dirigeait vers une 4e période de surtemps, Bill Cowley repéra Hill qui marqua le filet vainqueur avec un tir dans le haut du filet avec seulement 35 secondes à faire. 

Un scénario presque identique se produisit lors du deuxième match alors que Hill marqua un deuxième filet en prolongation, de nouveau sur une passe de Cowley, cette fois en première période de prolongation, ce qui mena les Bruins à une victoire de 3-2. Boston gagna ensuite le 3e match par la marque de 4-1 mais les Rangers reprirent vie par la suite, gagnant les trois matchs suivants et égalisant la série.

On en était donc à un 7e match pour cette soirée du 2 avril 1939. Les deux équipes s'inscrivirent au pointage une fois chacune en deuxième période, mais encore une fois l'égalité perdura longtemps, le match se rendant de nouveau en 3e prolongation. Et encore une fois, l'issue du match fut décidée par une brillante passe de Cowley à Mel Hill qui élimina ainsi les Rangers avec son 4e filet de la série et son 3e en surtemps. 

Il devint alors le premier joueur de l'histoire de la LNH à effectuer ce «tour du chapeau en prolongation». Plusieurs joueurs en ont obtenu deux mais seulement une poignée contre la même équipe. Vous vous souvenez probablement de John Leclair durant la finale de 1993 contre les Kings par exemple. Seulement deux autres joueurs ont aussi obtenu 3 buts en prolongation durant le même tournoi printanier; Maurice Richard en 1951 et Corey Perry durant les séries de 2017. Mais Mel Hill demeure le seul à ce jour à avoir accompli cet exploit durant la même série. 

* Pour leur part, Perry avait obtenu 1 but en prolongation durant chacune des trois rondes des séries des Ducks en 2017 (contre Calgary, Edmonton et Nashville) tandis que Richard en avait obtenu 2 contre les Red Wings en première ronde et 1 autre durant la finale contre les Toronto en 1951.

Les Bruins obtinrent ainsi leur laisser-passer jusqu'en finale de la coupe Stanley où ils remportèrent les grands honneurs en 5 matchs face aux Maple Leafs. Hill obtint deux autres buts durant cette finale, portant son total à 6 buts et 3 passes pour 9 points en 12 matchs, bon pour le 3e rang des pointeurs des Bruins derrière Cowley à 14 points et Roy Conacher à 10 points (et aussi 6 buts). Le parcours de Hill lors de ces séries lui valut le surnom de «Sudden Death».

Les Bruins, champions de 1939

 

Hill avoua toutefois qu'il avait de la difficulté à assumer ce surnom alors qu'il était désormais attendu de lui qu'il marque le gros but, une pression difficile à supporter pour un joueur qui se qualifiait lui-même de joueur ordinaire et peu spectaculaire. Il n'apprécia ce surnom qu'une fois sa carrière terminée. 

Lors de la saison suivante, Hill récolta 9 buts et 20 points en 37 matchs comme attaquant secondaire chez les Bruins. Ces derniers remportèrent une autre coupe en 1940-41, la 3e de leur histoire et également la dernière avant 1970. Cette fois, Hill ne connut pas un parcours similaire à celui de 1939, n'obtenant qu'un but et une passe en 8 matchs, mais ce seul but fut toutefois le filet décisif lors du 7e match de la première ronde contre les Maple Leafs. Les Bruins balayèrent ensuite les Red Wings lors de la finale.

Mel Hill et Bill Cowley suite au balayage des Red Wings en finale de 1941


Suivant cette deuxième conquête en trois ans, les Bruins se départirent des services de «Sudden Death», l'envoyant aux Americans de Brooklyn en retour d'une somme d'argent. Lors de cette première (et seule) saison des Americans sous le dénominatif géographique de Brooklyn, Mel Hill obtint davantage de temps de glace qu'au sein des puissants Bruins et termina deuxième pointeur de cette équipe en difficulté avec 14 buts et 37 points en 47 matchs. Je vous le rappelle au cas où vous l'ignoriez, mais les Americans n'avaient de Brooklyn que le nom, évoluant toujours au Madison Square Garden alors qu'il n'y avait pas d'aréna adéquat dans le borough de Brooklyn. Les Americans ne faisaient apparemment que s'y entraîner...

Un an avec la dernière incarnation des Americans.

 


Ce fut toutefois la dernière saison de la franchise qui suspendit ses opérations et leurs joueurs furent dispersés à travers la ligue. Ce sont les Maple Leafs qui obtinrent les services de Hill qui connut ensuite sa meilleure saison en carrière en 1942-43 avec 44 points dont 17 buts. Il joua 4 saisons à Toronto, remportant une 3e coupe Stanley en 1945 suite à une saison où il obtint un sommet en carrière de 18 buts.

Après 35 matchs avec les Leafs en 1945-46 où il n'obtint que 5 buts et 7 passes, il fut envoyé dans la ligue américaine avec les Hornets de Pittsburgh. Il ne revint jamais plus dans la LNH. Après une dernière saison à Pittsburgh en 1947-48, il décida de revenir au Canada au niveau senior avec les Capitals de Regina où il joua jusqu'à sa retraite en 1952.

Il demeura à Regina suite à sa retraite en travailla dans l'industrie des boissons gazeuses. Il décéda en 1996 à l'âge de 82 ans. 

En 324 matchs dans la LNH, Mel Hill obtint une fiche de 89 buts et 109 passes pour 198 points. Sa fiche en séries fut de 12 buts et 7 passes pour 19 points en 43 matchs.

Il fut plus tard admis au temple de la renommée du hockey du Manitoba ainsi que celui du sport au Manitoba.


samedi 25 septembre 2021

Roy Worters



En 1920, alors qu’elle n’en était qu’à sa deuxième édition, la Coupe Memorial fut remise au Toronto Parkdale Canoe Club. On retrouvait dans leur alignement une future légende, Lionel Conacher. Dans les buts, on retrouvait aussi un petit gardien de but, Roy Worters.

Après être passé par le hockey senior, Worters pensa abandonner. Son ancien coéquipier, Conacher, le convainquit toutefois de le suivre à Pittsburgh, pour s’aligner avec les Yellow Jackets de la USAHA. Lorsqu’en 1925, l’équipe fut convertie en formation de la Ligue Nationale et devint les Pirates, Worters fit ses débuts dans la LNH. À 5’3’’ et 135 livres, il est devenu (et demeure à ce jour) l’un des plus petits joueurs de l'histoire de la ligue. Selon la légende, la tête de celui qui était surnommé "Shrimp" (crevette) touchait la barre transversale lorsqu’il était profondément dans son filet.

Malgré une faible défensive, Worters tint le fort du mieux qu’il put, faisant des Pirates une équipe moyenne. D’ailleurs, le 26 décembre 1926, il réussit 70 arrêts contre les Americans de New York, mais ce fut malgré tout insuffisant. Pittsburgh s’inclina 3-1.

Après trois saisons, il eut une dispute salariale avec Pittsburgh, ce qui entraîna son échange vers les Americans de New York. En retour, les Pirates, une équipe avec des problèmes aux guichets, obtinrent Joe Miller et 20 000$.

Les Americans étaient alors une équipe pathétique, détenue par Bill Dwyer, un individu louche impliqué dans le trafic d’alcool, avec un entourage qui l’était tout autant.  Il était fréquent de voir ses acolytes armés dans ses bureau du Madison Square Garden. 

Worters rejoignit alors Conacher et ne mit pas de temps à faire sa marque. Il aida les Americans à atteindre les séries pour la première fois. Dans une série de deux matchs au total des buts, ils perdirent toutefois 1-0 en prolongation contre leurs rivaux new yorkais, les Rangers.

Les efforts de Worters furent tout de même soulignés, puisqu’il remporta le Trophée Hart, remis au joueur le plus utile à son équipe, pour la saison 1928-29.  Il fut d'ailleurs le premier gardien à être choisi pour cet honneur, et il faudra attendre à la saison 1949-50 avant que Chuck Rayner ne réédite l'exploit. 

Le 27 février 1930, il se passa quelque chose qui serait inimaginable aujourd’hui. Le gardien des Canadiens, George Hainsworth, souffrait de grippe. Comme à l’époque, il n’y avait pas de gardien auxiliaire, il fallut donc lui trouver un remplaçant. Il arrivait alors que dans de telles circonstances, une équipe prête un joueur à une autre. Comme les Canadiens avaient joué le samedi précédent contre les Americans, qu’ils jouaient ensuite à Montréal contre Toronto le jeudi et que les Americans jouaient après à Montréal contre les Maroons le samedi suivant, il était logique d’un point de vue logistique que Worters se joigne aux Canadiens pour revenir à Montréal, joue le match contre Toronto dans leur uniforme, avant d’être rejoint par les Americans pour leur match contre les Maroons.

Worters se tira très bien d’affaires et les Canadiens l’emportèrent 6-2. Le samedi suivant, ce fut un retour à la normale pour Worters, alors que les Americans s’inclinèrent 5-1 contre les Maroons. Ce match avec le Bleu Blanc Rouge fut sa seule (et courte) expérience avec une équipe championne, puisque les Canadiens remportèrent ensuite la Coupe Stanley, alors que Worters passa le reste de sa carrière avec les Americans, qui ne s’approchèrent jamais du titre. En fait, ce petit match fut son seul au sein d’équipe qui existe toujours, puisque les Pirates et les Americans ont disparu depuis longtemps.

Ça n’empêcha pas Worters de reprendre le collier et l’année suivante, il le fit de brillante façon. Il remporta le Trophée Vézina pour avoir accordé le moins de buts en 1930-31. Il aida ainsi les Americans à être une équipe moyenne, malgré le fait qu’ils avaient aussi l’attaque la plus anémique de la ligue (à égalité avec les misérables Quakers de Philadelphie). Étonnamment, malgré cet honneur, son nom ne fut pas retenu, ni pour la première équipe d’étoiles, ni pour la deuxième.

Le diminutif Worters n’hésita alors pas à tenir tête à son patron peu fréquentable pour obtenir une augmentation de salaire. Mais Dwyer, qui aimait bien Worters, qui le faisait rire, finit par céder et lui concéda un contrat de trois ans à 8500$ par année, un sommet à ce moment pour un gardien.

Shrimp joua jusqu’en 1937, moment où il dut subir une chirurgie pour une hernie. Il investit ensuite ses économies, dont il avait pris grand soin, dans divers projets hôteliers dans la région torontoise. Il devint ainsi un prospère homme d’affaires.

Il demeura alors en contact avec son ex-entraîneur (et plus tard président de la ligue) Merv "Red" Dutton. Lorsque ce dernier l’initia à la chasse et que Worters tua sa première oie, c’est avec son humour habituel qu’il déclara qu’elle était plus grosse que lui…

Malheureusement, Worters ne put jouir très longtemps de ses succès en affaires, étant emporté par un cancer de la gorge en 1957, à l’âge de 57 ans.

Il fut intronisé à titre posthume au Temple de la renommée en 1969.

Sources:

"Worters occupera le poste de Hainsworth, Roy Worters, de l’Américain, remplacera Geo. Hainsworth", 27 février 1930, La Patrie, page 13,

"Canadiens Capture Second Position By Beating Leafs, 6-2", February 28, 1930, Montreal Gazette, page 16,

"Famous N.H.L. Goalie, Roy Worters, 57, Dies", CP, November 8, 1957, Montreal Gazette, page 25,

"Good Morning" de Vern Greer, November 8, 1957, Montreal Gazette, page 25,

"Former Netminder Ace, Worters, Dies", CP, November 8, 1957, Calgary Herald, page 46.

samedi 26 juin 2021

Alfie Moore


Alfie Moore avait le profil du gardien des ligues mineures nomade. De 1926 à 1936, il joua dans huit villes, dans différentes ligues et des deux côtés de la frontière. À un moment, il devint la propriété des Rangers, mais il ne joua pas de match pour eux.

En novembre 1936, les Americans de New York firent son acquisition, mais il fut assigné aux Eagles de New Haven de l’IAHL (l’ancêtre de la Ligue américaine).

En janvier, une blessure à Roy Worters lui permit de faire ses débuts dans la LNH, chose qu’il fit avec panache en blanchissant les Canadiens. À la fin de la saison, Moore avait joué 18 matchs avec les Amerks, qui terminèrent derniers de la division canadienne (!) et de la ligue. L’année suivante, il retourna dans l’IAHL.


Pendant ce temps, les Black Hawks connurent une saison 1937-38 ordinaire (14-25-9), mais ils se qualifièrent tout de même de justesse pour les éliminatoires.

En séries, Chicago surprit alors les Canadiens, avant de vaincre les Americans. Toutefois, au dernier match de la série, le gardien des Hawks, Mike Karakas, se brisa un orteil. Comme il n’y avait pas à cette époque de gardien substitut, Karakas avait joué tous les matchs de la saison et il n’y avait pas d’alternative claire pour le début de la finale contre Toronto, deux jours plus tard.

Les Black Hawks demandèrent donc "d’emprunter" Dave Kerr, le gardien des Rangers, puisque ceux-ci étaient éliminés et que Kerr habitait à Toronto. Conn Smythe, le directeur-gérant des Leafs, refusa catégoriquement. Il suggéra plutôt Moore, qui habitait aussi dans les environs. L’entraîneur des Hawks, Bill Stewart, fut offusqué de la proposition de Smythe et voulut en venir aux coups avec lui.

Stewart finit par reprendre sur lui et accepter l’idée. On tenta alors de retracer Moore en commençant par son domicile. Il n’y était pas, mais son épouse suggéra d’aller voir à la taverne du coin.

C’est finalement Johnny Gottselig, le capitaine des Hawks qui le connaissait, qui le retrouva à l’endroit indiqué par sa femme. Le premier réflexe de Moore a été de lui demander des billets pour le match. Gottselig lui offrit plutôt de jouer pour eux. Moore accepta, bien qu’il n’était pas vraiment en bon état. Devant l’absence d’alternative plus potable, on lui fit boire de grandes quantités de café pour le remettre sur pied. Moore se présenta finalement dans la chambre des Hawks 30 minutes avant le début de la partie.

Gordie Drillon marqua pour les Leafs sur le premier tir, mais par la suite, la stratégie de Smythe lui explosa au visage. Plutôt que d’être une proie facile, Moore n’accorda aucun autre but et les Hawks l’emportèrent 3-1. À la fin du match, il fut porté en triomphe par ses coéquipiers.

Le président de la ligue Frank Calder déclara ensuite Moore comme étant inéligible pour jouer, tout en reconnaissant toutefois le résultat du premier match. Chicago recruta donc un autre gardien des mineures, Paul Goodman, mais avec un résultat très différent. Toronto l’emporta 5-1.

On ramena alors Karakas, maintenant équipé d’une bottine spéciale pour protéger son orteil. Il aida ainsi Chicago à remporter les deux matchs suivants et à devenir la plus mauvaise équipe (0,385) à remporter la Coupe Stanley.

Pour ses efforts, Moore reçut 300$ et une montre (il n’y avait pas de bague de la Coupe Stanley à l’époque), en plus de passer une semaine à Chicago aux frais du club pour les festivités.

Moore joua deux parties en 1938-39 avec les Americans (deux défaites) et une autre avec les Red Wings en 1939-40 (encore une autre défaite). Pour le reste, il continua son parcours nomade dans les mineures jusqu’en 1941-42.

Il est décédé en 1979, à l’âge de 73 ans.

Sources:

"Battu samedi, par l’Américain, le Canadien le bat hier" de Horace Lavigne, 1er février 1937, La Patrie, page 24,

"Alfie Moore a été le héros de la victoire des Hawks", 6 avril 1938, La Patrie, page 22,

"Le choix de Moore donne lieu à un assaut entre les deux chefs", 6 avril 1938, La Patrie, page 22,

"Chicago Upsets Toronto by 3-1 with Alfie Moore Replacing Karakas, Substitute Goalie Stars For Victors As Series Starts", CP, April 6, 1938, Montreal Gazette, page 14,

"Les Leafs égalent les chances en gagnant la deuxième", 8 avril 1938, La Patrie, page 22,

"Les Hawks ne sont plus qu’à une joute du championnat", 11 avril 1938, La Patrie, page 22,

"Nouvelles et commentaire sportifs" de Zotique L’Espérance, 14 avril 1938, La Patrie, page 23,

"On This Day : Alfie Moore Takes Over in Goal" de Bob Verdi, April 5, 2021, nhl.com/blackhawks,

hockeydb.com, hockey-reference.com, wikipedia.org.

mardi 26 mai 2020

Collection de programmes #2





Comme j'ai une fascination pour tout ce qui est de programmes, guides médias, yearbooks et albums souvenirs vintage, re-voici une autre collection de ces fascinants documents que je trouve sur internet.

Dans le premier épisode je m'étais éparpillé sur plusieurs décennies différentes mais aujourd'hui je vais  me concentrer sur des vieux programmes soit de l'ère des ''Original 6'' et avant...


D'abord selon mes recherches, on aurait commencé à vendre et à distribuer des ''programmes'' autour de 1926. Il est possible qu'il en existait auparavant mais le plus vieux que j'ai trouvé de la LNH serait celui-ci des Maroons de Montréal datant de décembre 1925:



Au départ, ces programmes étaient assez rudimentaires avec peu d'illustrations et avec des publicités tout aussi rudimentaires. Les moyens étant encore limités à l'époque, on retrouve également peu de couleurs et le fond et bordures des documents restaient blanc:



Les Senators réutilisaient la même photo de leur aréna sur chaque programme. Notez le ''H'' manquant à ''Pittsburg''.

 
Je me demande à quelle année Pittsburg a reçu son ''H'' à la fin...



Un match hors-concours intra-ligue entre les Americans de New York et les Rosebuds de Portland. Le matcha avait lieu au Borders Cities Arena de Windsor en Ontario. Remarquez bien la mention ''Tonight's game under Western rules''. En 1926, cette ''WCHL'' , qui comportait différents règlements que ceux de la LNH, en était à sa dernière saison d'existence. L'année suivante, les droits des joueurs des Rosebuds furent vendus aux nouveaux Black Hawks de Chicago.


Programme de la dernière série intra-ligue pour l'obtention de la Coupe Stanley. La WCHL fut dissoute et la Coupe devint propriété exclusive de la LNH par la suite. Comme les Rosebuds discutés plus haut, les joueurs des Cougars de Victoria furent acquis par la nouvelle franchise de Detroit qui conserva le surnom ''Cougars'' pour quelques saisons. Au départ les Cougars ne purent jouer à Detroit alors que l'Olympia de Detroit était toujours en construction. Ils jouèrent donc leur première saison... à Windsor au Border Cities Arena discuté plus haut... Je crois donc que le match vu plus haut était en quelque sorte une ''pratique'' pour voir si l'aréna de Windsor allait convenir...



 
 J'adore ces vieilles pubs de Laura Secord...


On commença ensuite à voir de plus en plus d'illustrations sur les programmes:




 

Mais Ottawa restait plate...


 J'ignore s'il s'agit bien ici d'un ''programme'' mais wow...

 
Detroit en 1929-30 dans le temps où ils s'appelaient toujours les Cougars.

 
J'ignore l'année de celui-ci ou de quelle genre de publication il s'agit mais oh qu'il est beau... Les Bruins devraient ramener cette illustration sur un chandail vintage, une patch à l'épaule ou quelque chose du genre.

 
 
Celui-ci doit être assez rare alors que les Quakers de Philadelphie n'existèrent que durant une seule saison. Remarquez la mention de ''Benny Leonard'' cet ex-champion boxeur qui devint propriétaires des Pirates et futurs Quakers. Voir texte du 28 janvier 2009.


 Les programmes du Forum de Montréal mettaient en vedette les deux clubs qui se partageaient l'Aréna


 Programme remis lors de l'ouverture du Maple Leaf Gardens en 1931


Remarquez les différents joueurs aux différents chandails derrière le but des Maroons.


Comme vous pouvez voir, les programmes commencèrent à devenir de mieux en mieux illustrés au cours des années 30, particulièrement ceux des Maples Leafs et des Rangers:



Un programme de 1935 contre les éphémères Eagles de St.Louis


Toronto utilisait la terminaison ''Programme'' au lieu de ''Program''. Il s'agit en fait de l'ancienne épellation britannique qui fut plus tard raccourcie par les americains.


Comment pouvait-on bien suivre un match Rangers vs. Americans?
Les deux équipes avaient un chandail aux mêmes couleurs...


Le problème fut réglé en 1933 lorsque les Americans employèrent un chandail alternatif blanc lors des matchs contre les Rangers...




Ce programme des Red Wings mettaient davantage en évidence leur entraîneur Jack Adams



En terminant voici mon préféré parmi tous ceux de cet article:

On saute maintenant en 1950 en pleine période ''Original 6''. Je dis 1950 mais je n'en suis pas aussi certain si on regarde les différents chandails des adversaires des Bruins. Remarquez le deuxième joueur dans la file qui porte le chandail noir et blanc des Black Hawks qu'ils portèrent de 1927 à 1934. Remarquez qu'il pourrait s'agir seulement d'une erreur ou d'un choix artistique afin de le différencier des autres joueurs en rouge. D'ailleurs ces deux joueurs en rouge ont l'air trop similaire. Si le dernier joueur (#13) est un joueur du Canadien, où est la bande bleue au centre du chandail? Il s'agit malgré tout d'une oeuvre d'art et j'aimerais bien l'acquérir en vrai pour en faire un agrandissement et un poster...