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mercredi 22 mai 2024

Reprise du draft d'expansion de 1991



 

 

Vous connaissez probablement l'histoire qui a mené les défunts North Stars du Minnesota à obtenir les droits sur le légendaire Guy Lafleur à l'été 1991. Sinon, laissez-moi vous la résumer.

Suite à plusieurs accords bizarres, les North Stars purent participer au repêchage d'expansion de 1991 en compagnie des nouveaux Sharks. Ils avaient obtenu ce droit afin de compenser leurs pertes de personnel suite au départ de leurs anciens propriétaires et quelques-uns de leurs prospects au profit de San Jose. 

Cependant, les choix offerts par les équipes étaient bien pauvres en talent, avec des exigences d'admissibilité très faciles à contourner, au point de pouvoir y mettre des joueurs qui avaient pris leur retraites des années auparavant. C'était tellement mince en options que que lorsque vint le tour de choisir parmi les attaquants disponibles chez les piteux Nordiques de l'époque, le DG des North Stars Bobby Clarke élut son choix sur nul autre que Guy Lafleur, malgré le fait que ce dernier avait déclaré qu'il prenait sa retraite après la saison 1990-91 qui venait de se terminer. Afin de garder Lafleur dans l'organisation après sa retraite, les Nordiques refirent l'acquisition des droits sur Lafleur le lendemain en retour des droits sur Alan Haworth, qui jouait alors en Europe depuis plusieurs saisons.

On a bien ri à l'époque de cette situation absurde et on en rit encore. Mais le fait demeure que Lafleur était bel et bien disponible comme choix et Bobby Clarke a probablement voulu en jouer une à la LNH afin de protester contre l'absurdité évidente de la situation et les problèmes de personnel que lui créèrent cette défusion menant à la naissance des Sharks. D'ailleurs, parmi les quelques joueurs obtenus par les North Stars, aucun n'eut un rôle d'importance avec l'équipe, la plupart étant même échangés de nouveau à d'autres équipes pour d'autres pièces de rechange.

Le Soleil, 30 mai 1991
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Ce repêchage bizarroïde m'a toujours fasciné, comme tout ce qui concerne la génèse Seals/Barons/North Stars/Sharks en fait, et j'en rajoute encore une couche aujourd'hui avec une expérience un peu spéciale. Aujourd'hui, je me métamorphose en Bobby Clarke de 1991 et je refais entièrement sa job au repêchage d'expansion. 

Mais ma mission est toutefois différente. Comme les Nordiques n'étaient pas les seuls à avoir mis disponibles des joueurs à la retraite, cette version de Bobby Clarke opte d'aller all-in. Au lieu d'essayer de trouver quelques pièces de rechange pouvant peut-être un jour donner quelque chose dans la LNH, je vais plutôt complètement saboter mon poste en repêchant le plus de joueurs retraités et/ou non-disponibles et/ou blessés permanents et/ou presque morts parmi les choix réels offerts par les autres équipes à l'époque.

Oui c'est le genre de choses qu'on fait ici...

Je modifie toutefois quelque peu les règles. À l'époque, les Sharks et les North Stars pouvaient seulement sélectionner 10 joueurs chacun. Donc si les Sharks prenaient par exemple un joueur des Bruins, les North Stars ne pouvaient plus en prendre un des Bruins. On va donc bypasser ça pour aujourd'hui et permettre de  repêcher un joueur par équipe, la seule règle étant de ne pas dépasser 12 attaquants, 6 défenseurs et 2 gardiens.

Allons-y donc. Ça va être le fun.

Vous avez d'abord pour chaque équipe la liste des joueurs disponibles, suivi de mon choix. Les joueurs à la retraite sont en italique avec entre parenthèse l'année de leur dernier match dans la LNH, ou dans certains cas l'AMH. Oui oui, l'AMH.


DÉTROIT
Attaquants: John Chabot, Marc Habscheid, Chris Macrae, Bengt-Ake Gustafsson, Murray Eaves, Bernie Federko (1991)
Défenseurs:
Brad Marsh, Dean Morton, Dave Lewis (1988), Mike O'Connell (1990)
Gardiens:
Alain Chevrier, Glen Hanlon, Randy Hansch

Alors à Détroit, le choix était évident pour mon premier attaquant, soit Bernie Federko, le nouvellement retraité depuis quelques semaines et fameusement obtenu en retour de Adam Oates, comme quoi je ne suis pas le DG le plus débile de la ligue. Dans mes autres choix de joueurs retraités, j'avais les défenseurs Dave Lewis et Mike O'Connell, ainsi que le gardien Glen Hanlon, mais lui il ne le savais pas encore qu'il avait joué son dernier match. Il y avait aussi Bengt-Ake Gustafsson, un habile attaquant suédois qui avait quitté pour l’Europe depuis deux ans, mais lui je le laisse aux Sharks.

Donc bienvenue chez les North Stars, Bernie. Voici bien sûr ta carte O-Pee-Chee prête d'avance pour la prochaine saison.

HARTFORD
Attaquants: Mikael Andersson, Terry Yake, André Lacroix (1980), Larry Pleau (1979-AMH)
Défenseurs: Dave Babych, Marc Bergevin, Brian Chapman, John Stevens, Emanuel Viveiros
Gardiens: Daryl Reaugh

Pas vraiment le choix de prendre le meilleur pointeur de l'histoire de l'AMH, le seul et unique André Lacroix. Ça va faire du bien de le revoir sur les glaces de la LNH pour la première fois depuis la saison 1979-80, alors qu'il fit partie de la première édition des Whalers dans la grande ligue.


BOSTON
Attaquants: Andy Brickley, John Carter, Lou Crawford, Peter Douris, Nevin Markwart, Willi Plett (1988), Louis Sleigher (1986)
Défenseurs: John Mokosak, Allan Pedersen, Jim Wiemer, Gord Kluzak (1990), Frank Simonetti (1988)
Gardiens: Norm Foster

Ici j'avais quand même un choix déchirant avec la disponibilité du grand Willi Plett chez les Bruins. Mais je me devais de choisir un bon défenseur à moment donné et j'ai donc choisi le premier choix au total en 1982, Gord Kluzak. Retraité à seulement 27 ans, on a pas affaire à un vieil homme comme un Jean Béliveau (disponible à Montréal) mais je crois que même Béliveau a de meilleurs genoux que Kluzak en 1991. Ayant subi 11 opérations lors des trois saisons précédentes, Kluzak avait dû prendre sa retraite prématurément en novembre 1990. 


NEW JERSEY
Attaquants: Doug Brown, Pat Conacher, Jeff Madill, Kent Nilsson, Janne Ojanen, Walt Poddubny, Claude Vilgrain
Défenseurs: Jamis Huscroft, Marc Laniel, David Marcinyshyn, Lee Norwood, Jeff Sharples, Murray Brumwell, Michel Bolduc (1983), Bob Lorimer (1986)
Gardiens: Craig Billington, Roland Melanson, Bob Sauvé (1989)

Le moment est bien choisi de prendre un gardien. Et tant qu'à faire, pourquoi ne pas choisir le co-récipiendaire du trophée Vézina de 1980 et du Jennings de 1985, nul autre que Robert «Bob» Sauvé.

Il y avait bien aussi le légendaire Kent Nilsson qui n'avait pas été vu sur les glaces de la LNH depuis 1987 à Edmonton. Mais celui-ci a encore plusieurs années devant lui dans sa Suède natale et prendra finalement sa retraite en 1998, donc il ne fite pas du tout avec la philosophie de mon équipe.



PHILADELPHIE

Attaquants: Don Biggs, Mike Bullard, Rod Dallman, Brian Dobbin, Mark Freer, Chris Jensen, Tim Kerr, Dale Kushner, Normand Lacombe, Glen Seabrooke (1989), Bobby Clarke (1984), Bill Barber (1984)
Défenseurs: David Fenyves, Mark Howe, Shaun Sabol, Willie Huber (1988)
Gardiens: Pete Peeters


Quoi? Moi, Bobby Clarke, suis disponible sur la liste de mon ancienne équipe, les Flyers, avec qui j'ai joué mon dernier match en 1984 et qui a apparemment toujours mes droits. J'ai même été DG après ma retraite comme joueur. Bande d'ingrats. Me semble que je suis libre de mes propres droits...

Mais anyway, difficile de m'auto-exclure. De toute manière, je suis probablement encore meilleur que tous ces rejets et autres retailles des Flyers. Sauf peut-être Mark Howe qui ira probablement me rejoindre au temple de la renommée plus tard. Donc oui je m'auto-choisis. En plus ça va sauver un salaire...


MONTREAL

Attaquants: Brent Gilchrist, Mats Naslund, Jim Nesich, Ryan Walter, Dan Woodley, Bruce Baker (1981), Jean Béliveau (1971), Yvan Cournoyer (1979), John Ferguson (1971), Bob Gainey (1989), Pierre Mondou (1985), Mario Tremblay (1986)
Défenseurs: Jean-Jacques Daigneault, Donald Dufresne, Sylvain Lefebvre, Jayson More, Jean Hamel (1984)
Gardiens: Frédéric Chabot, Ken Dryden (1979)


Ouf! La liste du Canadien est loadée man!! Vraiment l'équipe qui a le plus abusé du système, tout en offrant quand même quelques très bons choix comme Brent Gilchrist, Sylvain Lefebvre et Jean-Jacques Daigneault... Je suis surpris que Serge Savard s'est pas inclus dans la liste lui aussi. Tant qu'à faire il aurait pu aussi mettre Howie Morenz et Georges Vézina...

Mais bref faut bien choisir et c'est pas le choix qui manque chez le CH. Malgré que je pourrais frapper un home-run avec Ken Dryden dans les buts ou Jean Béliveau au centre, je voudrais pas rendre jaloux mon coach Bob Gainey sur qui je porte définitivement mon choix. 

Heille, c'est pas tous les jours qu'on aura la chance de voir un duo joueur entraîneur et joueur DG sur la même ligne...


BUFFALO

Attaquants: Francois Guay, Jeff Hamilton, Jan Ludvig (1989), Steve Ludzik, Mikko Makela, Gates Orlando, Greg Paslawski
Défenseurs: Brian Curran, Dale DeGray, Don McSween, Lee Fogolin (1987), Dirk Rueter, Steve Smith, Honnu Virta, Jay Wells
Gardiens: Steve Weeks

Pas mal moins de joueurs retraités chez les Sabres. Dommage, j'aurais bien aimé ajouter Gilbert Perreault à ma liste. Mais je vais me rabattre sur l'ex-Oiler Lee Fogolin à la défense, quand même un pas pire choix et un autre joueur qui a remporté la coupe.


ST.LOUIS
Attaquants: David Bruce, Yves Heroux, Steve Tuttle, Ron Wilson, Ed Beers (1986), Paul MacLean (1991), Brian Sutter (1988)
Défenseurs: Dominic Lavoie, Harold Snepsts, Scott Paluch, Tom Tilley, Alain Vigneault (1983), Ed Kea (1983)
Gardiens: Darrell May, Alain Raymond

Du bon choix à St.Louis. Toujours tentant de choisir Ed Beers ou Harold Snepsts, et ce pour n'importe quel choix que tu pourrais avoir dans la vie. Mais bon, il faut y aller au mérite et on va choisir Brian Sutter. Celui-ci devra toutefois accepter de démissionner de son poste d'entraîneur des Blues pour venir jouer au Minnesota. Mais je lui laisserai pas le choix. Il pourra pas refuser de jouer sur la même ligue qu'André Lacroix.


EDMONTON
Attaquants: Dan Currie, Fabian Joseph, Mark Lamb, John Leblanc, Tommy Lehman, Ken Linseman, Max Middendorf, Shaun Van Allen, Mike Ware, Craig Redmond, Dave Hunter (1989)
Défenseurs: Mario Barbe, John English, Greg Hawgood, Charlie Huddy, Tomas Jonsson, Marc Laforge, Norm Maciver, Selmar Odelein, Reijo Ruotsalainen, Glen Cochrane (1989)
Gardiens: Pokey Reddick


Pas beaucoup de choix juteux à Edmonton mais quand même, Dave Hunter c'était tout un dur et je pense qu'il a encore un peu de gaz dans le réservoir. Il a juste 33 ans en fait. Sinon mon seul autre retraité était Glen Cochrane. Je sais pas c'est qui Glen Cochrane et Google existe pas encore en 1991 alors on y va pour Hunter.


CALGARY
Attaquants: Rich Chernomaz, Kerry Clark, Paul Fenton, Tim Hunter, Brian MacLellan, Sergei Pryakhin, Jim Peplinski (1990)
Défenseurs: Kevan Guy, Rick Lessard, Scott McCrady, Brian Engblom (1987)
Gardiens: Steve Guenette

Ici je voulais prendre Jim Peplinski mais il le sait pas que plus tard il va faire un comeback avec les Flames en 1995. Sinon je voulais réunir les frères Tim et Mark Hunter mais on m'a dit que c'était même pas des frères. Anyway il va jouer jusqu'en 1997 donc c'est non. Donc quand on sait pas trop quoi faire, on choisit un défenseur alors voici notre nouveau membre de la brigade défensive, Brian Engblom.

Bienvenue Brian.


VANCOUVER
Attaquants: Peter Bakovic, Craig Coxe, Andrew McBain, Stan Smyl (1991), Marc Crawford (1987), Darcy Rota (1984)
Défenseurs: Brian Blad, Jack Capuano, Ian Tennant, Ian Kidd, Robert Nordmark, Risto Siltanen, Carl Valimont, Randy Gregg (1990), Larry Melnyk (1990), Behn Wilson (1988), Paul Reinhart (1990)
Gardiens: Bob Mason


Une bonne cuvée à Vancouver avec Randy Gregg, Marc Crawford ou bien Paul Reinhart. Mais ici pas le choix d'y aller avec le plus grand Canuck de tous les temps, et il y en aura probablement jamais de meilleur là-bas. Stan Smyl vient tout juste de prendre sa retraite, mais je crois qu'il va facilement se laisser convaincre, car nos chandails sont pas mal plus beaux que les Canucks.


 

TORONTO
Attaquants: Normand Aubin, Aaron Broten, Lucien DeBlois, Mike Foligno, Todd Hawkins, Kent Hulst, Greg Johnston, Kevin Maguire, Mike Millar, Dave Reid, Mike Stevens, Gilles Thibaudeau, Dan Maloney (1982), Brad Smith (1987), Greg Terrion (1988)
Défenseurs: Jerry Dupont, Rob Ramage, Bill Kitchen (1985)
Gardiens: Damian Rhodes


Ici, Toronto m'offre un total de 15 attaquants et seulement 3 défenseurs. Edmonton m'offrait un éventail de 22 joueurs tandis que d'autres équipes comme Hartford m'en offraient seulement 10 ou 11. C'est comme si les règlements étaient du grand n'importe quoi...

Mais bref ici on va y aller avec Dan Maloney comme attaquant de soutien. 451 points en 737 matchs c'est pas pire du tout. Et c'est celui qui est le plus vieux de la gang alors go.

Un habile stratège ici des Leafs qui ont fait joué un seul match au gardien Damian Rhodes en 1990-91, seulement pour qu'il soit éligible à ce repêchage d'anthologie. Mais ça marche pas avec moi ces techniques. Trop jeune, ce Damian Rhodes.


CHICAGO
Attaquants: Martin Desjardins, Paul Gillis, Michel Goulet, Jim Johannson, Brian Noonan, Warren Rychel, Mike Stapleton, Dan Vincelette, Bill Watson, Sean Williams, Cliff Koroll (1980)
Défenseurs: Bruce Cassidy, Rick Lanz, Bob McGill, Jim Playfair, Dave Feamster (1985)
Gardiens: Greg Millen, Darren Pang (1989)

Chez les Blackhawks, j'ai bien osé repêcher Michel Goulet, mais ce bon vieux Michel a encore quelques bonnes années devant lui alors ça ne marche pas. Darren Pang, lui, a les genoux complètement finis comme Gord Kluzak alors c'est parfait.


WINNIPEG
Attaquants: Bryan Erickson, Bob Joyce, Mark Kumpel, Tyler Larter, Scott Schneider, Phil Sykes, Jim Vesey, Bob Brooke (1990)
Défenseurs: Randy Carlyle, Dallas Eakins, Todd Flichel, Moe Mantha, Chris Norton, Roger Ohman, Kent Paynter, Rudy Poeschek, Daryl Stanley (1990)
Gardiens: Tom Draper

Pas une grosse cuvée à Winnipeg avec seulement Bob Brooke et Daryl Stanley comme joueurs officiellement retraités. Ça n'a pas un gros cachet. Il y aurait toujours Randy Carlyle, mais je crois qu'il lui reste encore un bon deux ans d'activité dans la vraie vie.

Dans ce cas-ci on va y aller avec Moe Mantha. Si je regarde ma boule de crystal, je crois qu'il va à peine jouer en 1991-92. De toute manière, avec un nom comme Moe Mantha, il pourrait avoir 22 ans et je le croirais pas. Moe Mantha = 55 ans minimum dans ma tête alors c'est parfait.

En plus comme bonus, il a déjà joué au Minnesota il y a quelques saisons alors j'aurai même pas à faire trop de Photoshop pour sa carte, ou quelque soit la technologie en cours en ce moment en 1991.


WASHINGTON
Attaquants: Robin Bawa, Tim Bergland, Craig Duncanson, Brent Hughes, Rob Murray, Mike Richard, Steve Seftel, Dave Tippett, Alfie Turcotte, Simon Wheeldon
Défenseurs: Chris Felix, Mark Ferner, John Kordic, Neil Sheehy, Terry Murray (1982)
Gardiens: Mike Liut

Un seul véritable joueur retraité à Washington avec leur entraineur et ex-défenseur Terry Murray, qui lui aussi devra faire comme Brian Sutter et redevenir joueur avec nous. Avec autant de joueurs-entraîneurs de 40 ans et +, ça va s'obstiner longtemps sur les stratégies mais on va vivre avec.

Dommage quand même pour Mike Liut... mais il lui reste encore de la vraie carrière en 1991-92.



NEW YORK RANGERS
Attaquants: Paul Broten, Lee Giffin, Jody Hull, Kelly Kisio, Guy Larose, Joe Paterson, Dave Archibald, Pierre Larouche (1988), Anders Hedberg (1985)
Défenseurs: Stéphane Guérard, Mark Hardy, Lindy Ruff, André Villeneuve (1988)
Gardiens: Bob Froese, Mark Laforest, Sam St-Laurent

Alors pour les Rangers, j'ai hésité longtemps entre la légende des Jets de Winnipeg du temps de l'AMH Anders Hedberg ou bien Pierre Larouche, l'ancien marqueur prolifique du Canadien et des Penguins, et aussi avec les Rangers (48 buts en 1983-84, donc y'a pas si longtemps). Mais finalement je choisis Pierre Larouche. Comme il a déjà joué avec Guy Lafleur, la chimie devrait encore opérer 10 ans plus tard au Minnesota.



NEW YORK ISLANDERS
Attaquants: Bill Berg, Brad Dalgarno, Rob DiMaio, Paul Gagné, Brad Lauer, Derek Laxdal, Hubie McDonough, Mick Vukota, Kevin Herom, Jim Koudys, Garry Lacey, Kurt Lackton, Mark Hamway (1987), Don Maloney (1991)
Défenseurs: Jeff Finley, Rick Green, Chris Pryor, Stefan Persson (1986), Denis Potvin (1988)
Gardiens: Jeff Hackett, George Maneluk

Ici j'aurais pu réunir les frères Don et Dan Maloney, mais non je n'ai autre choix que de sélectionner mon ancien grand rival Denis Potvin qui sera assurément notre défenseur numéro un en 1991-92. Il a pris sa retraite après la saison 1987-88 malgré une saison de 51 points alors je crois qu'il a encore des choses à prouver.


LOS ANGELES
Attaquants: Scott Bjugstad, Mal Davis, Ilkka Sinisalo, Jim Thomson, John Tonelli
Défenseurs: Bob Halkidis, Rick Hayward, John Miner, Petr Prajsler, Tim Watters, Tom Laidlaw (1990)
Gardiens: Mario Gosselin

Ici c'est un peu décevant pour Los Angeles avec seulement un joueur réellement retraité et il s'agit d'un défenseur et j'ai déjà mes 6 défenseurs... Alors pour plaire à mon défenseur numéro un, je fais une exception et je sélectionne plutôt son ancien coéquipier John Tonelli. Marqueur prolifique et sous-estimé, Tonelli en est tout de même à ses derniers milles dans la vraie vie alors que selon ma boule de crystal, il jouera une dernière saison en 1991-92 partagée entre Los Angeles, Chicago et Québec. Il est donc un très bon fit dans mon équipe.


PITTSBURGH
Attaquants: Jock Callander, Jay Caulfield, Jeff Daniels, Randy Gilhen, Jiri Hrdina, Kim Issel, Mark Kachowski, Peter Lee, Dave Michayluk, Glenn Mulvenna, Barry Pederson, Bryan Trottier
Défenseurs: Gilbert Delorme, Gord Dineen, Randy Hillier, Bob Gladney (1984)
Gardiens: Bruce Racine, Wendell Young

Comme les Kings, les Penguins n'ont pas reçu le mémo comme quoi ils pouvaient loader leurs choix avec le plus de joueurs retraités possibles. Au lieu de ça j'ai seulement un no-name comme Bob Gladney et ses 14 matchs en carrière dans la LNH. Et je pensais que Gilbert Delorme était à la retraite mais finalement non, il joue encore dans la IHL...

Donc on va faire comme avec les Kings et tenter de recréer encore plus la dynastie des Islanders en sélectionnant nul autre que Bryan Trottier, lui qui vient d'ailleurs de battre mon équipe en finale la semaine passée...


QUÉBEC
Attaquants: Alan Haworth, Jeff Jackson, Trevor Stienberg, Alain Côté (1989), Guy Lafleur (1991)
Défenseurs: Gerald Bzdel, Mario Doyon, Miloslav Horava, Brent Severyn
Gardiens: Mario Brunetta, Scott Gordon


Ouf. Je suis d'accord avec le Bobby Clarke de la première dimension sur le fait qu'il n'y a pas beaucoup de choix chez les Nordiques. Seulement 11 joueurs au total en plus. Mais dans l'optique de ma vision pour cette nouvelle équipe, j'ai le dernier choix parfait en Guy Lafleur. Nouvellement retraité le temps d'un tour au chalet et maintenant de retour dans la LNH dans un nouveau domicile au Minnesota, Guy pourra retrouver ses anciens coéquipiers Bob Gainey et Pierre Larouche en plus de nombreux grands rivaux de son temps comme Denis Potvin, ses comparses des Islanders ainsi que bien sûr, moi-même, Bobby Clarke.



C'était donc mes choix en tant que Bobby Clarke circa 1991 en vue de la nouvelle mouture des North Stars en 1991-92. Cet alignement complet devra travailler dur pour déloger mes jeunes joueurs comme Mike Modano, Neal Broten et Brian Bellows mais on sait jamais.


ATTAQUANTS:

Guy Lafleur - Bobby Clarke - Brian Sutter
Bob Gainey - Bryan Trottier - John Tonelli
Pierre Larouche - André Lacroix - Bernie Federko
Mike Hunter - Dan Maloney - Stan Smyl

DÉFENSEURS:

Denis Potvin - Gord Kluzak
Lee Fogolin - Brian Engblom
Moe Mantha - Terry Murray

GARDIENS:
Bob Sauvé
Darren Pang


Ça va être tout un match des anciens. 

Je suis quand même déçu de ne pas avoir pu prendre Jean Béliveau ou Yvan Cournoyer ou Ken Dryden. Peut-être que je pourrais échanger au CH mes droits sur Lou Nanne et Bill Goldsworthy en échange de ceux de Béliveau...

Et vous? Si vous étiez Bobby Clarke en 1991, qui auriez-vous pris?

Et si j'étais plutôt le DG des Sharks? 

... à suivre.


mercredi 9 août 2023

Sondage: L'héritage des Barons/Seals



 


L'autre jour, j'observais mon collègue Martin ITFOR débattre sur le compte Twitter de Puckdoku sur ce qui advenait des éternels Barons de Cleveland / Seals de Californie dans l'histoire de la LNH. Comme vous le savez très probablement, cette équipe défunte occupe une place de choix dans nos cœurs ici à LVEUP. On en a parlé en détails et en détails et en détails, et plus d'une fois. Mais il est clair que ce n'est pas tout le monde qui se souvient ou qui ont de l'attachement pour les Barons/Seals et c'est plus qu'évident lorsque vient le temps de savoir où se situe cette franchise étrange dans l'arbre généalogique de la LNH. 

La complexité d'une telle question demeure liée au fait que contrairement à une équipe relocalisée comme les Nordiques, Whalers ou Scouts de Kansas City, les Barons ont plutôt fusionné avec une autre équipe, les North Stars du Minnesota, ce qui demeure à ce jour un cas unique dans l'histoire du «Big 4» nord-américain (LNH,MLB,NBA, NFL).

Plus tard, ces mêmes North Stars connurent une autre crise existentielle menant au départ de leurs propriétaires, les frères George et Gordon Gund, qui obtinrent de la LNH une nouvelle équipe d'expansion, les Sharks de San Jose, en 1991. Lors de la création de cette nouvelle équipe, la ligue procéda à la dissolution de cet accord de fusion de 1978 en permettant aux frères Gund de partir en Californie avec quelques-uns des espoirs des North Stars en plus de permettre à ces derniers de participer au repêchage d'expansion. Ensuite quelques années plus tard, les North Stars déménagèrent finalement à Dallas.

N.B. J'ai tellement écrit souvent ce dernier paragraphe dans ma vie... Pourtant je me tanne pas...


Faits saillants d'un match de fin de saison North Stars vs. Barons, le 29 mars 1978. Il s'agissait du dernier match entre les deux équipes avant la fusion, et un des derniers matchs des Barons, qui l'emportèrent 7-3.


Donc, comme vous pouvez voir, tout ça est compliqué. Et probablement inutilement compliqué pour le commun des mortels. Mais ici, nous ne sommes pas le commun des mortels et on aime aller au fond des choses et poser les vraies questions. Le temps est donc venu de finalement trancher avec la question suivante: «Où se situent actuellement les Barons (et les Seals) dans l'organigramme de la LNH?». On pourrait aussi simplifier cette question par «Où peut-on mettre des joueurs des Seals/Barons dans notre grille Puckdoku?»

On va donc faire un autre sondage pour en finir une fois pour toute. Voici d'abord vos trois choix de réponses possibles.

Option 1: L'option «standard»
Les Barons sont maintenant les Stars de Dallas

Contrairement à d'autres équipes défuntes qui ont cessé leurs activités sans déménager (comme c'était souvent le cas dans l'AMH), la ligue n'a pas procédé à un repêchage de dispersion où les joueurs des Barons se seraient retrouvés éparpillés à travers la ligue. À la place, les meilleurs effectifs des Barons devinrent des North Stars tandis que les plus faibles équipes de la ligue purent ramasser les quelques miettes et retailles restantes, moyennant une compensation financière, ce dont très peu d'équipes profitèrent de toute manière.

En fusionnant de la sorte, cette équipe amalgamée est devenue bien meilleure qu'à tout autre moment précédent de son histoire, que ce soit au Minnesota, à Cleveland ou à Oakland. Avec l'apport d'anciens Barons (et anciens Seals) comme Al MacAdam, Gilles Meloche et quelques autres bons plombiers, cette nouvelle mouture des North Stars est parvenue à éliminer les champions en titre, les Canadiens, durant les séries de 1980 avant de se rendre en finale contre les Islanders l'année suivante. On peut donc dire que le peu de bonnes choses qui ont été produites à Cleveland/Oakland ont finalement pu servir à quelque chose et laisser une empreinte au Minnesota. C'est un peu comme quand une de tes plantes meure et que tu te sers de la vieille terre pour transplanter d'autres plantes... Analogie.

L'équipe a ensuite continué contre vents et marées durant les difficiles années 80 avant de finalement lever l'ancre après la saison 1992-93, connaissant au passage une autre finale cendrillon en 1991 contre Pittsburgh, tout juste avant la «défusion» avec les Sharks.

Intéressant de lire que les Stars voulaient apparemment garder le nom temporairement avant de faire voter les fans pour un nouveau nom... J'imagine qu'ils ont laissé faire.

Les Stars de Dallas, contrairement à beaucoup d'équipes relocalisées, ont continué d'honorer l'héritage des North Stars, en gardant leur nom (sans le North), couleurs et chandails, et ont surtout conservé les anciens numéros retirés des North Stars comme le #8 de Bill Goldsworthy et le #19 de Bill Masterton. Ils ont même plus tard retiré le #7 de Neal Broten, même si ce dernier avait principalement joué au Minnesota et très peu à Dallas.

Donc, si les Stars respectent autant leur lignée, il devrait naturellement être de même pour leurs racines «Clevelandaises» et «Oaklandiennes». Donc, selon cette logique, l'héritage des Stars devrait inclure d'anciens Barons et Seals comme Carol Vadnais, Rick Hampton et Bobby Baun. Et de ce qu'on a pu voir, les North Stars n'étaient pas vraiment un facteur dans la LNH avant la fusion, ce n'est qu'en absorbant l'essence des Barons qu'ils ont finalement obtenu une véritable identité.

C'est généralement cette option qui semble la plus populaire, d'ailleurs il est possible de faire porter le chandail des Barons et des Seals aux Stars de Dallas dans la série NHL de EA Sports. It's in the game.

Passons donc à la deuxième option encore plus fantasque...

Option 2: L'option «romantique»
Les Barons sont maintenant les Sharks de San Jose

Avant de partir d'Oakland en 1976, George et Gordon Gund faisaient partie des actionnaires minoritaires des Seals. Suite au refus de la ville de San Francisco de bâtir un nouvel aréna pour héberger les Seals, les frères Gund convainquirent le propriétaire Mel Swig de tenter le coup dans leur ville natale de Cleveland. Suite au départ de Swig après une première saison catastrophique à Cleveland, les Gund lui rachetèrent l'équipe et procédèrent un an plus tard à cet accord historique (et bizarre) avec la LNH pour acheter les North Stars et fusionner les deux équipes en demeurant dans le plus fort des deux marchés, au Minnesota. Toutefois, les Gund n'étaient pas très attachés à cet état, en plus de connaître plusieurs épisodes fâcheux avec les autorités et gouvernements locaux. Lorsque l'opportunité de retourner en Californie se présenta, ils sautèrent sur l'occasion.

George Gund

En «défusionnant» les North Stars en 1991 et en procédant aux repêchages spéciaux discutés plus haut, les Gund ont fait naître les Sharks, et ce dans la région où leur projet avait autrefois échoué, la baie de San Francisco. Les Sharks sont ensuite devenus un grand succès à San Jose. De l'autre côté, les North Stars ont rapidement perdu du lustre après le départ des Gund avant d'être soudainement déménagés au Texas.

Donc il fait du sens de prétendre que les Sharks sont la continuation de l'ancienne franchise des Seals/Barons puisque leurs propriétaires n'étaient pas au Minnesota ni avant ni après ces deux accord de fusion/défusion. Si on suit le parcours des Gund, on peut bien tracer la ligne comme étant: SealsBaronsNorth StarsSharks, avec comme bonus le retour dans la baie de San Francisco.

J'ai appelé cette option «romantique» car en s'énervant un peu, on peut dire que les Barons et les Sharks sont nés de la passion et la persévérance des frères Gund. Même que leur présence au Minnesota, même si cela s'est terminé en queue de poisson (ou de requin), semblait nécessaire à la survie de l'équipe. Ils ont apporté une âme aux North Stars en 1978 et ils sont partis avec cette âme en Californie en 1991. L'équipe n'a ensuite pas fait long feu une fois les Gund partis.


Et en continuant dans cet aspect plus «spirituel», les Sharks ont même ramené l'ancien look des Seals lors du programme Reverse Retro la saison dernière. C'est probablement la première et seule fois à ma mémoire où les Seals furent remémorés de la sorte par une équipe et par la ligue. Même le logo et les couleurs des Sharks rappellent en grande partie ceux des anciens Seals, surtout le dernier chandail turquoise de l'équipe avant le départ à Cleveland.

Donc de gros points forts envers cette option, même si elle est plus tirée par les cheveux que les autres... Parfois l'aspect spirituel est plus fort que la logique en place. C'est un peu le même cas à Winnipeg, qui célèbre à fond ses anciens Jets d'antan mais qui n'en a rien à foutre de la lignée logique des Thrashers ou de quoi que ce soit qui se passe en Arizona. Difficile à contredire...

Option 3: L'option «plate»
Les Barons sont une équipe défunte, sans relocalisation.


Ceci est le statu quo dépressif, administratif, sans émotion et inévitablement logique de la LNH, qui n’accommode vraiment pas les geeks comme nous, et qui n'a pas vraiment tendance à vouloir célébrer ses échecs de toute manière. Un peu comme un jumeau siamois qui n'aurait pas survécu, les Barons ont simplement cessé leurs activités lors de cette fusion et leur lignée s'arrêta ainsi. Leurs choix au repêchage de 1978 furent annulés et le calendrier fut modifié pour retirer une équipe. Les joueurs ont bien sûr conservé leurs statistiques passées mais aucun record d'équipe des Barons et Seals ne fait maintenant partie de l'histoire des Stars. PAS MÊME DES SHARKS. TSÉ.

Suivant cette logique, les Barons entrent dans la même catégorie que les Americans de New York, les Quakers de Philadelphie ou les Tigers d'Hamilton, soit une équipe disparue sans aucune continuation dans la lignée. Et les Barons sont officiellement considérés comme étant la dernière équipe du Big 4 à avoir cessé ses activités.

Parenthèse ici alors que ce même genre de situation loufoque s'était autrefois produite avec les anciens Maroons de Montréal. Bien qu'on ne considère pas la chose comme étant une véritable fusion, les effectifs des Maroons furent absorbés par le Canadien lors de la fin de la franchise en 1938. Les Maroons et le CH avaient les mêmes propriétaires et aucun repêchage de dispersion n'eut lieu lors de la fin des Maroons, contrairement à ce qui s'était produit auparavant avec la fin d'autres franchises comme les Quakers ou les Eagles de St.Louis en 1935. Mais comme les Maroons étaient alors sur le respirateur artificiel, il n'aurait resté que très peu de joueurs intéressants à charogner pour les autres équipes.

Donc malgré que je considère cette option comme étant «plate», on peut bien sûr comprendre la logique de ne pas considérer les anciennes statistiques ou records d'une équipe défunte et non pas relocalisée. Pourquoi vouloir se compliquer la vie en tant que ligue professionnelle sérieuse? Si par exemple on se questionne à savoir qui était le meilleur marqueur de la franchise des Stars en 1975-76, on n'a pas à se questionner inutilement si c'était Bill Goldsworthy et ses 24 buts avec les North Stars ou bien Al MacAdam et ses 32 buts comme meneur chez les Seals. 

Heureusement, comme les Seals/Barons étaient poches et leur héritage presque nul, on ne retrouve pas vraiment de tels dilemmes. Il n'y avait pas vraiment de Wayne Gretzky sur place qui aurait pu, disons, scorer 69 buts en 1974 et ainsi détenir un record d'équipe «défunt» disparu des annales et détenu par aucune équipe actuelle...

Bref j'ai tu dit que c'était compliqué? 


Donc. Il est temps de choisir votre camp et de voter en grand nombre entre ces trois options. Êtes vous plus «standard», «romantique» ou «plate»? Comme nous nous auto-proclamons comme étant l'autorité en ce qui concerne les Barons/Seals, ce jugement sera ensuite gravé à jamais dans les annales du destin.

VOTEZ.

dimanche 13 décembre 2020

Joueur oublié des 90's #44 - Jayson More

 


Il y a de ces sujets dont je ne me lasserai probablement jamais. Le meilleur exemple, vous le connaissez surement, c’est l’interminable et intarissable sujet des déménagements, fusions et défusions des franchises des Golden Seals / Barons / North Stars et ensuite des Sharks. J’en ai parlé 1 million de fois et c’est d’ailleurs en cherchant sur les Barons que je suis tombé sur ce blog il y a genre 10 ans. En fait pour les Barons, si je trouvais quelque chose d'intéressant sur leurs fournitures de bureau ou sur celui qui faisait leur nettoyage à sec, je finirais par en parler.
 
Quoi que je fasse, on dirait toujours que j’y retourne à moment donné. En reparlant à nouveau du repêchage spécial d’expansion de 1991 dans mon texte sur Alan Haworth en septembre dernier, je suis tombé sur le nom du défenseur Jayson More, un des membres des Sharks pour leur saison inaugurale de 1991-92 qui fut obtenu du Canadien au repêchage d'expansion. Je croyais qu'il n'était qu'un coup raté de la part des Sharks alors que de meilleurs joueurs étaient disponibles et que j'ignorais s'il avait joué à Montréal ou dans la LNH par la suite. Mais sans tambours ni trompettes, More fut tout de même un des bons choix obtenus par les Sharks, du moins en terme de longévité.


 

Jayson William More est né le 12 janvier 1969 dans le petit village de Souris au Manitoba (population de 1800 personnes). Il débuta son stage junior avec les Broncos de Lethbridge en 1984-85 et y joua deux saisons avant de passer aux Wheat Kings de Brandon en 1986. Il partagea ensuite la saison 86-87 avec les Wheat Kings et les Bruins de New Westminster et amassa en tout 37 points en 64 matchs en plus de 217 minutes de pénalité. 

Solide, mobile et costaud sans pour autant être une grosse menace en offensive, More était classé au 26e rang sur la centrale du repêchage. Les Rangers de New York causèrent toutefois une certaine surprise en le sélectionnant au 10e rang du repêchage de 1987. Il joua ensuite une dernière année à New Westminster et connut sa meilleure saison avec 13 buts et 60 points en plus de 270 minutes de pénalité. 

Il fit ensuite le saut chez les professionnels avec les Rangers de Denver, club-école des grands Rangers dans la IHL pour la saison 1988-89. Il joua 62 matchs à Denver et fut rappelé le temps d'un match à New York mais ce fut toutefois le seul qu'il joua avec l'équipe. Au début de la saison 1989-90, les Rangers l'échangèrent aux North Stars du Minnesota en retour d'un autre certain flop du repêchage de 1987, l'attaquant Dave Archibald (6e au total). 

Il passa donc la majorité de cette saison 1989-90 avec le club-école des North Stars à Kalamazoo, ne jouant que 5 matchs au Minnesota sans récolter de points.

Durant ce temps, les propriétaires des North Stars et anciennement des Barons de Cleveland, les frères George et Gordon Gund avaient finalisé leur entente avec la ligue et les North Stars pour se départir de l'équipe en échange d'un club d'expansion pour la saison 1991-92, les futurs Sharks. Ils reçurent également lors de cette entente le droit de partir avec 24 joueurs du système des North Stars. Bobby Clarke, alors nouvellement en poste comme DG des North Stars, avait tout un problème en vue de préparer cette liste de joueurs non-protégés pour les Sharks durant la saison 1990-91. Il déclara même que cette entente était ridicule et qu'il trouvait impossible d'améliorer son équipe avec les mains liées de la sorte.

George Gund - fondateur des Sharks de San Jose et des Barons de Cleveland

Parmi les détails de l'entente, les North Stars avaient le droit de protéger 14 patineurs et 2 gardiens ayant joué au moins 50 matchs dans la NHL avant la fin de la saison 1989-90. Les Sharks pouvaient également choisir trois espoirs non-signés par les North Stars à l'exception des joueurs issus du repêchage de 1990. Comme More n'avait pas encore 50 matchs de joués dans la LNH, les North Stars ne pouvaient le protéger et devaient donc exposer un joueur plus expérimenté à sa place. Ils décidèrent donc de l'échanger pour un joueur qui leur permettrait d'avoir plus d'options soit d'être sur cette liste de joueurs protégés avec 50 matchs en carrière ou bien d'être laissé non-protégé pour les Sharks.

Au même moment, le Canadien avait un problème dans sa cour avec le gardien Brian Hayward qui refusa de se rapporter à l'équipe au début de la saison. Insatisfait de son temps de jeu et d'être considéré comme gardien numéro 2 derrière Patrick Roy, il demanda d'être échangé. Les North Stars trouvèrent donc un bon partenaire d'échange et envoyèrent More au CH en retour d'Hayward dans un échange un contre un. More se rapporta donc avec les Canadiens de Fredericton pour le restant de la saison 90-91 pendant qu'Hayward connut une saison médiocre au Minnesota (fiche de 6-15-3) comme numéro 2 derrière Jon Casey.


Mais Bobby Clarke avait ainsi un atout supplémentaire dans sa liste de joueurs non-protégés. N'ayant pas vraiment de plans d'avenir pour lui, Hayward fut donc laissé sans protection et fit donc partie des 24 joueurs sélectionnés par les Sharks.

Après ce repêchage de ''dispersion'' entre les North Stars et Sharks, les deux équipes purent prendre part à un repêchage d'expansion traditionnel quoique les North Stars n'étaient pas une équipe d'expansion... Les 20 autres équipes de la ligue avaient le droit de protéger chacune 2 gardiens et 16 patineurs et les Sharks et North Stars allaient pouvoir chacun choisir 10 joueurs soit 1 joueur par équipe.

Jean Béliveau aurait pu revenir au jeu
à  60 ans avec les Sharks

Parmi les exigences requises, les autres équipes de la LNH se devaient d'offrir au moins un gardien ayant joué un match dans la ligue ainsi qu'un attaquant et un défenseur avec au moins 40 matchs, séries incluses. Il y avait également une technicalité totalement absurde faisant en sorte que des joueurs à la retraite pouvaient également se retrouver sur ces listes. 

On retrouvait alors pour ce repêchage d'expansion de 1991 le nom de quelques jeunes blanc-becs disponibles comme Jean Béliveau, Denis Potvin, Yvan Cournoyer, Ken Dryden, Mats Naslund et Bill Barber. Et parmi d'autres joueurs disponibles pour Bobby Clarke et son entraîneur Bob Gainey au Minnesota, on retrouvait... Bobby Clarke et Bob Gainey.

Au final je ne comprends toujours pas pourquoi la ligue avait laissé passer cette absurdité mais au final le repêchage eut lieu et le Canadien, qui avait abusé du système avec des joueurs des dynasties passées, avait tout de même quelques bons joueurs actifs parmi lesquels choisir dont Brent Gilchrist, Jean-Jacques Daigneault, Ryan Walter et Sylvain Lefebvre. Avec leur sélection du CH, les Sharks choisirent plutôt Jayson More... 

Et ce même si Pierre Mondou et Mario Tremblay étaient aussi disponibles...

Et tant qu'à faire, pourquoi les Canadiens n'ont pas aussi offert Maurice Richard, Elmer Lach ou Joe Malone? Ce dernier était techniquement décédé depuis 1969 mais je parie que ça aurait été aussi légal avec la ligue.

Voici la liste complète des joueurs disponibles. Remarquez que les Sharks auraient aussi pu sélectionner Michel Goulet, Mark Howe ou Bryan Trottier.

Le Soleil, 30 mai 1991
Cliquez pour plus grande résolution



Bref le CH s'en sortit bien en ne perdant que More qui n'aura joué aucun match avec eux et seulement 57 à Fredericton où il obtint 7 buts et 17 passes.

Mais pourquoi les Sharks ont-il choisi More, un défenseur avec seulement 6 matchs dans la LNH au lieu d'un autre jeune défenseur ayant davantage de potentiel et/ou d'expérience comme Daigneault, Lefebvre ou encore Donald Dufresne? Et bien la réponse se trouvait à San Jose, où en plus de se retrouver avec celui qui fut échangé contre lui, Brian Hayward, More retrouva aussi le directeur général Jack Ferreira.

Ferreira était l'ancien DG des North Stars qui fit son acquisition des Rangers en 1989. Lorsque l'accord entre la ligue et les frères Gund fut conclu, Ferreira quitta le bateau et joignit les Gunds pour cette nouvelle aventure à San Jose, ce qui amena Clarke au Minnesota. Ce dernier n'avait pas autant d'attachement pour More et c'est pourquoi il fut échangé contre Hayward. Mais ce n'était pas la première fois que More et Ferreira se croisèrent puisque avant d'être DG des North Stars, Ferreira était directeur du développement des joueurs chez... les Rangers. C'est même lui qui aurait convaincu l'état major des Rangers de le repêcher d'avance au 10e rang.

Quoiqu'il en soit, More put enfin s'épanouir à San Jose et fut un bon soldat avec l'équipe pendant 5 saisons. Même après le départ de Ferreira après la première saison d'existence des Sharks. Ironiquement, Ferreira quitta pour occuper ensuite le poste de directeur du recrutement chez le Canadien en 1992-93. More joua à San Jose jusqu'à l'aube de la saison 1996-97 lorsqu'il fut échangé aux Rangers dans un échange envoyant Marty McSorley aux Sharks. 

Seulement deux joueurs parmi ceux de l'édition inaugurale des Sharks de 1991-92 sont restés plus longtemps que More soit Ray Whitney et le gardien Wade Flaherty. Cependant, Whitney n'avait joué que 2 matchs et seulement 3 pour Flaherty, passant tous les deux la majorité de l'année dans les mineures. La plupart des joueurs obtenus des North Stars et du repêchage d'expansion ne jouèrent pas au-delà de cette saison 1991-92 avec les Sharks. Et du lot, seul More et Arthurs Irbe se rendirent jusqu'en 1996 avec l'équipe. Whitney était un choix de repêchage tandis que Flaherty était agent libre.

More connut d'ailleurs sa meilleure saison en 1991-92, sa saison recrue, avec 4 buts et 13 passes en 46 matchs. Il connut ensuite son sommet pour les buts en 1992-93 avec 5. Il fit partie des débuts modestes des Sharks au vieux Cow Palace de San Francisco et la saison record de 71 défaites en 91-92 mais aussi la présence surprise des Sharks et l'élimination encore plus surprise des Red Wings en première ronde des Séries de 1994.


Il fit donc un retour à New York en 1996-97 mais cela ne dura que 14 matchs alors qu'il passa aux Coyotes de Phoenix en retour de Dallas Eakins et Mike Eastwood. En 97-98, les Coyotes l'envoyèrent aux Blackhawks en compagnie de Chad Kilger en retour de Jim Cummins et Keith Carney.

Il retourna ensuite avec un club d'expansion mais cette fois-ci ce ne fut pas lors d'un repêchage alors qu'il signa comme agent libre avec les Predators de Nashville pour leur saison inaugurale en 1998-99. Il subit toutefois une commotion lors d'un match contre son ancienne équipe, les Sharks. Incapable de se remettre des symptomes post-commotion, il dut prendre sa retraite prématurément à 28 ans. Il intenta d'ailleurs une poursuite envers les Predators pour bris de compensations financières et gagna sa cause et plus de 100,000$ en dédommagements.

Après sa retraite, More fut introduit au temple de la renommée du hockey du Manitoba.

En 406 matchs dans la LNH, Jayson More obtint 18 buts et 54 passes pour 72 points et 702 minutes de pénalité.

 

Après son départ rapide des Sharks en 1992, Jack Ferreira continua son parcours au sein de clubs en construction. Après sa seule année comme directeur du recrutement du Canadien, il quitta pour devenir le premier DG des Mighty Ducks, poste qu'il occupa jusqu'en 1998 sans jamais plus acquérir les services de Jayson More... Il devint plus tard directeur du personnel des joueurs des Thrashers et assistant-GM des Kings de 2007 à 2018, récoltant d'ailleurs deux bagues de la coupe Stanley au passage. Il est présentement conseiller chez le Wild du Minnesota.

Brian Hayward ne joua que 51 matchs après son départ de Montréal. Il ne redevint jamais numéro un, même à San Jose où malgré son masque mémorable, il était troisième violon derrière Jeff Hackett et Arthurs Irbe. Il se retira après la saison 1992-93 pendant que ses anciens coéquipiers remportèrent la coupe et Patrick Roy le Conn Smythe.


Sources:
The Predators Deny Injury Allegations Made By Eric Nystrom
, Ontheforecheck.com
Manitoba Hockey Hall of Fame
Hayward: «J'ai hâte de me retrouver au coeur de l'action», La Presse, Jeudi 8 novembre 1990
Les Sharks pourront repêcher Béliveau... et Lafleur, Le Soleil, 30 mai 1991
San Jose choisit Jayson More, La Presse 31 mai 1991

lundi 9 avril 2018

Les Barons de Cleveland: 40 ans déjà









Ceux qui nous lisent régulièrement connaissent notre amour pour les Barons de Cleveland.  À eux seuls, ils représentent plusieurs thèmes récurrents du LVEUP:  uniforme magnifique, équipe éphémère, histoires obscures ou loufoques, nostalgie...

Il y a quarante ans aujourd'hui, le 9 avril 1978, ces chers Barons jouaient le dernier match de leur courte histoire.  (Une défaite de 3-2 contre les Penguins.) 

Il ne s'agit toutefois pas de la seule date significative de leur existence.

Où étiez vous le 23 novembre 1977??  Les Barons de Cleveland ont accompli ce soir-là un de leurs rares exploits.  Ce soir-là, au Richfield Coliseum, devant près de 12 859 personnes (ils n'ont joué en tout que 12 parties à domicile devant plus de 10 000 spectateurs pendant leur histoire), les Barons ont battu le Canadiens de Montréal qui allaient en perdre seulement 10 cette année-là, et qui en perdit uniquement 29 en trois saisons.  Ces mêmes Canadiens qui étaient alors en route vers la 3e coupe Stanley sur 4 de la légendaire dynastie de la fin des années 70, se sont faits plantés par l'une des pires concessions de l'histoire de la LNH... 

Les Barons de Cleveland n'ont malheureusement joué que 2 saisons dans la LNH.  Je ne les ai jamais vu jouer parce que j'étais pas né, mais j'ai une puissante obsession pour cette équipe là, qui date de ma jeunesse...  À la bibliothèque de notre école primaire, il y avait un livre sur les masques de gardiens qui datait un peu, mais daté des années 70 quand on est dans les années 80, ce n'était pas si pire.  Dans ce livre où on voyait tous les plus beaux masques des gardiens des années de l'époque figurait le masque de l'un des plus mémorables membres de l'organisation des Barons de Cleveland, Gilles Meloche.  Dès lors, il n'en fallait pas plus pour que j'aie une fixation pour cette équipe parce qu'à l'époque où l'internet n'existait pas, se renseigner sur l'histoire du hockey était un plutôt difficile parce que tout le monde sait que les livres sur le hockey ne s'intéressent pas au perdants et que la documentation sur l'histoire du hockey est difficile à trouver, surtout quand on a 10-11 ans.  Mais depuis, j'ai fait mes recherche et je portais même un t-shirt des Barons il y a quelques années lorsque j'ai visité le Temple de la renommée du hockey!  J'ai également fait un discours de la mort à propos des légendaires Barons en 2007, genre quelques jours avant le 30e anniversaire de cette défaite des Canadiens contre les Barons, alors que je suis allé donner un spectacle à Cleveland (que de souvenirs...)

Donc voici une courte histoire des Barons de Cleveland :

Les Barons de Cleveland, avant d'être la première équipe de l'Ohio de la LNH étaient les Seals de la Californie.  Apparemment, la Ligue nationale voulait avoir une équipe dans la région de l'Ohio dès les années 40.  Les deux dernières franchises à avoir disparu de la ligue, les Maroons de Montréal et les Americans de Brooklyn furent seulement suspendues et des tractations avaient été faites afin de vendre une de ces franchises en dormance depuis presque 10 ans à des investisseurs de l'Ohio.  Parce qu'il faut dire qu'à l'époque où il n'y avait que 6 équipes, le calibre de la Ligue américaine était très relevé.  À 6 équipes, on a les 6 meilleurs gardiens du monde et le 7e et le 8e, ils se retrouvaient alors dans la AHL ou la défunte WHL.

De cette ligue, les Barons de Cleveland de la Ligue américaine, qui ont existé de 1937 à 1972, sont considérés comme étant l'une des plus grandes équipes de l'histoire de la ligue, avec entre autres des joueurs comme Johnny Bower. Ils possèdent par exemple encore aujourd'hui le deuxième plus haut total de victoires de la Coupe Calder avec dix, une de moins qu'une autre équipe légendaire mais par contre toujours active dans cette ligue, les Bears de Hershey.  Le succès de cette équipe a créé des ambitions afin d'établir une équipe de plus haut calibre dans la ville de Cleveland.  Et cette occasion se présenta en 1972 avec l'apparition de la WHA, la fameuse Association mondiale de hockey, celle qui voulait rivaliser avec la LNH.

Cleveland s'est donc vu décerner une équipe dans cette nouvelle ligue, les Crusaders de Cleveland. L'apparition de cette équipe allait d'ailleurs sonner le glas de la légendaire équipe de la Ligue américaine.  Les Crusaders avaient entre autres su convaincre le célèbre gardien des Bruins Gerry Cheevers de se joindre à eux de 1972-73 à 1975-76.  L'année d'après, l'équipe fut transférée à St-Paul, où elle devint la deuxième mouture des Fighting Saints du Minnesota de la WHA lorsque la LNH vint finalement s'installer à Cleveland.

Les Barons de Cleveland tirent pour leur part leurs origines dans l'équipe des Golden Seals de la Californie.  Cette équipe était l'une des 6 équipes de l'expansion de 1967.  Au début ils étaient supposé être nommés les Seals de San Francisco.  L'aréna n'ayant pas été construite à temps, l'équipe a joué ses premiers match à Oakland, devenant ainsi les Seals d'Oakland.  Il est à noter que les Seals de San Francisco étaient une équipe de la défunte WHL, ligue professionnelle mineure analogue à la AHL, où les Canucks de Vancouver originaux évoluaient également jusqu'à leur entrée dans la LNH en 1970. 

Les Seals étaient probablement l'équipe la moins bien construite de ces premières équipes d'expansion. Bien que des joueurs de haut calibre en fin de carrière comme Harry Howell (qui deviendra plus tard le directeur général de Barons), Carol Vadnais et Bobby Baun en firent partie à un moment donné, l'équipe n'a jamais vraiment eu de succès.  Toutefois, ce fut dans ses premières années, alors que l'équipe se nommait toujours les Seals d'Oakland, qu'ils connurent leurs plus grands succès.  Succès qui prit la forme de deux participations aux séries éliminatoires.  Il faut toutefois rappeler comment les séries élimatoires étaient construite à l'époque.  Suite à l'expansion de 1967 et jusqu'à l'expansion de 1970, qui vit entrer Buffalo et Vancouver dans la ligue, la LNH était divisée en deux conférences: conférence de l'Est avec les 6 équipes dites originales et la conférence de l'Ouest avec les nouvelles équipes.  Nul besoin de rappeler la disproportion qu'engendra cette configuration de la ligue, qui est très bien illustrée dans le fait que les Blues de St-Louis perdirent 3 années de suite en 4 match en finale de la Coupe Stanley...  Les Seals ont donc su dans cette configuration faire les séries éliminatoires à deux occasions.  Ils ne les referont plus jamais après la réorganisation de la ligue avec l'expansion de 1970.

L'année 1970-71 marque un tournant étrange dans l'histoire des Seals qui allait faire de cette équipe une des formations des plus douteuses de l'histoire du hockey.  Cette année-là, Charlie O. Finley, le type qui possédait les As' d'Oakland (ouais, avez-vous une fixation pour cette équipe-là aussi? Si vous aimez les histoires d'équipes tordues, lisez sur les A's de Kansas City...) a acheté les Seals.  Ils sont alors devenus les Golden Seals de la Californie et prirent des couleurs semblables à celles des A's.  Cette fois, le style était à l'avant plan, le jeu au second.  Finley aimait tellement le style des joueurs de baseball avec leur chaussures blanche qu'il demanda à ses joueurs de hockey de peinturer leurs patins en blanc.  Je me rappelle d'avoir déjà lu à quelque part à propos de ça que les joueurs avaient à les peinturer presque à chaque jour parce que des patins blancs, ça n'existait pas et qu'à force de jouer, la peinture s'enlevait.  En bout de ligne, ils se retrouvaient avec de gros patins pesants portant des couches et des couches de peinture.  L'année d'après, les joueurs portaient des patins vert et or aux couleurs de l'équipe.  La chose à savoir en tout cas sur les Seals, c'est qu'ils n'étaient pas bon, qu'ils essayaient de faire un show du hockey et que ça ne marchait pas trop dans la région où ils étaient et qu'ils avaient de très mauvais dirigeants. Les autre équipes d'expansion (Pittsburgh, Philadelphie, St-Louis, Minnesota et Los Angeles) ont tous connu leur moment de gloire dans la LNH.

Néanmoins le pire coup des dirigeants des Seals fût d'avoir échanger contre 2-3 bâtons et une douzaine de rouleaux de tape (le choix de première ronde des Canadiens de 1970, qui devint Chris Oddleifson, et le vétéran Ernie Hicke) contre leur choix de première ronde de 1971 qui allait devenir Guy Lafleur et le défenseur François Lacombe (qui ne joua jamais à Montréal mais qui devint un pilier des Nordiques de l'AMH).  Guy aurait pu être un Seal... Mais bon, elle est connue et est toujours plaisante à rappeler.  Je ne crois pas qu'il y ait pire échange dans toute l'histoire...

Comme j'y ai fait allusion plus haut, les moment les plus forts de l'histoire des Golden Seals de la Californie furent à la fin des années 60 alors qu'ils purent se tailler une place en séries au milieu d'autres équipes en construction.  Cependant, alors que leurs équipes cousines d'expansion comme les Flyers ou d'expansions ultérieures comme les Islanders et les Sabres, devinrent des puissances de la LNH, les Seals demeurèrent au fond de la cave avec une stabilité remarquable.  Il faut dire à leur corps défendant que l'arrivée de l'AMH qui à un certain moment comptait 14 équipes et la ligue nationale 16, a vu diminuer le niveau de jeu en dispersant les talents (30 équipes, diminution de talent, ça vous dit quelque chose?)  Ça s'est très bien vu alors que les Scouts de Kansas City et les Capitals de Washington firent leur apparition dans la ligue, leur piètre performance (la saison inaugurale des Capitals étant toujours un record de médiocrité inégalé) força la LNH à annuler l'expansion de 1976 où des équipes de Denver et Seattle étaient supposées entrer dans la Ligue.  En 1974, face aux difficultés des Seals, la Ligue nationale prit elle-même les commandes de l'équipe pendant deux saisons avant d'enfin trouver un acheteur nommé Mel Swig, avec qui se joignèrent les frères George et Gordon Gund.  Tannés probablement de rester dans la cave et de perdre de l'argent avec une équipe médiocre qui joue devant des bancs vides depuis près de 9 ans, ces mêmes frères Gund, actionnaires minoritaires dans l'équipe, ont su convaincre Swig de déménager l'équipe sous d'autres cieux où elle pourrait peut-être se développer d'une meilleure façon.

La suite fut une catastrophe.

D'abord, le site de l'aréna était absurde.  Puis les performances sur la patinoire demeurèrent médiocres.  Ceci entraîna rapidement des problèmes d'assistance et dans une ligue où on vit par les ventes aux guichets, des problèmes financiers.

Les frères Gund conclurent alors une entente singulière pour acquérir un autre canard boiteux, les North Stars du Minnesota et les fusionner avec les Barons.

Les Barons continuèrent donc de vivre indirectement à travers les North Stars, mais près une embellie, Minnesota retrouva ses anciens problèmes.  Pour s'en sortir, les frères Gund utilisèrent la fusion des Barons et des North Stars comme motif pour obtenir une équipe d'expansion à l'aide d'une autre entente particulière et l'établir à nouveau dans la région de la baie de San Francisco, à San Jose cette fois. 

C'est donc un peu à cause des légendaires Barons de Cleveland que le grand Link Gaetz s'est retrouvé à San Jose dans le repêchage d'expansion de 1991.

Le hockey fit un retour à Cleveland en 1992, lorsque les Lumberjacks de l'IHL s'y sont installés.  Le club école des Penguins, du Lightning, des Blackhawks et finalement du Wild y est demeuré jusqu'à la fin des activités de la Ligue en 2001.  À ce moment, une troisième version des Barons, à nouveau dans la Ligue américain et affiliée cette fois aux Sharks, a vu le jour. 

3e version, filiale des Sharks
Lorsque San Jose a transféré sa filiale à Worcester en 2006, ce fut la fin des Barons, mais pas du hockey à Cleveland.  Elle fut remplacé par les Monsters du Lac Erié, filiale de l'Avalanche.  Depuis 2016, ce qui est maintenant le club école des Blue Jackets a été renommé les Monsters de Cleveland.

Avec la présence d'une équipe de la Ligue nationale à Columbus et la faiblesse de l'économie de Cleveland, il est peu probable de voir un jour le retour des Barons version LNH.