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jeudi 29 août 2024

Trêve de hockey #110 - Joel Youngblood


Récemment, Danny Jansen a accompli un exploit cocasse. Le 26 juin, il a pris part à un match des Blue Jays, qui affrontaient alors les Red Sox. Toutefois, le match a été interrompu par la pluie. Il a depuis été échangé à Boston.

Le 26 août, le même match a été repris. Le gérant Alex Cora a donc annoncé qu’il utiliserait Jansen. Celui-ci a donc participé au match en jouant pour les deux équipes impliquées, bien que son fait d’armes ait été réalisé à deux mois d’écart. Le fait que des matchs peuvent être interrompus par la pluie rend cette situation presque exclusive au baseball. (Quoique, si Pierre Gauthier a échangé Mike Cammalleri pendant un match, qui sait, il aurait pu le refiler à son adversaire de la soirée et rendre la chose possible au hockey…)

Par contre, il y a 42 ans, les Expos ont été au milieu d’une situation abracadabrante qui, selon moi, est encore plus particulière. Mais avant d’en arriver à cette journée particulière, reculons un peu dans le temps.

Joel Youngblood a été repêché par les Reds de Cincinnati en 1970. Il prit toutefois un certain temps avant de se faire une (petite) place au sein de la grosse machine rouge, une des équipes dominantes des années 1970. Il fit finalement ses débuts dans les majeures et joua 55 matchs en 1976. Du même coup, il fit partie de l’équipe championne de la série mondiale. Son séjour à Cincinnati fut toutefois de courte durée. À la fin de la saison, il fut échangé aux Cardinals, où il ne passa que quelques mois, avant se retrouver avec les Mets.

C’est finalement à New York, dans une équipe faible, qu’il fit sa place. Il participa d’ailleurs au match des étoiles en 1981.

Par contre, en 1982, son étoile avait pâli et il était devenu réserviste. Le 4 août, les Mets jouaient à Chicago contre les Cubs. Le match débutait à 14h35.

C’est à la troisième manche que Youngblood a réussi un simple bon pour deux points contre Ferguson Jenkins. Il a par la suite appris qu’il avait été échangé aux Expos contre un joueur à être nommé plus tard. (Le lanceur Tom Gorman prit éventuellement le chemin de New York le 16 août.) Il prit ses affaires et se dirigea vers l’aéroport. Il dut toutefois rebrousser chemin, car il avait oublié son gant. Il prit finalement son avion vers 18h en direction de Philadelphie, où jouaient les Expos à 19h35.

C’est donc au milieu du match qu’il put se rendre au stade. En sixième manche, le gérant Jim Fanning l’inséra dans l’alignement pour remplacer Jerry White, blessé, au champ droit. Il en profita pour frapper un coup sûr aux dépends de Steve Carlton.

Ainsi, il est devenu le premier joueur à disputer deux matchs le même jour, dans deux villes différentes. Il fallait donc que les deux équipes jouent dans des villes relativement proches, que le transport soit disponible, que les deux matchs n’aient pas lieu à la même heure et que la transaction se passe au moment propice.

La seule situation presque semblable qui a eu lieu s’est passée le 30 mai 1922, alors que les Cardinals et les Cubs se sont échangé Max Flack et Cliff Heathcote au milieu d’un programme double. Ils ont donc joué deux matchs en un jour pour deux équipes différentes, mais dans leur cas, contrairement à Youngblood, les deux parties ont eu lieu dans la même ville.

Fait intéressant, Youngblood, pourtant pas une si grande menace offensive, a réussi un coup sûr dans les deux parties, et dans les deux cas, ce fut aux dépends d’un futur membre du Temple de la renommée (Jenkins et Carlton).


Youngblood mentionna d’ailleurs que s’il s’était donné la peine de rejoindre sa nouvelle équipe aussi rapidement, c’est qu’il voulait montrer aux Expos son enthousiasme à se joindre à eux, alors qu’il était souvent laissé de côté avec les Mets. Pourtant, celui qu’on a acquis principalement pour sa polyvalence en défensive ne fit finalement que passer à Montréal. Son contrat expira à la fin de la saison et on lui accorda son statut de joueur autonome. Il signa ensuite avec les Giants, avec qui il demeura pendant six ans. Il boucla la boucle en faisant un bref passage avec l’équipe qui l’avait repêché, Cincinnati, en 1989.

Il fut par la suite instructeur avec les Reds, les Brewers, les Orioles et les Diamondbacks, en plus d’œuvrer à différents niveaux dans les mineures.

Sources :

″Un réserviste qui jouera régulièrement″ de Michel Blanchard, 5 août 1982, La Presse, page S2,

″Au cas où Dawson…″ de Michel Blanchard, 5 août 1982, La Presse, page S2,

″Youngblood avait oublié son gant!″ de Michel Blanchard, 5 août 1982, La Presse, page S4,

″Expos get Youngblood″ de Brian Kappler, Montreal Gazette, August 5, 1982, page C7,

″Bloc-notes″ de Michel Blanchard, 6 août 1982, La Presse, page S2,

″Une polyvalence… … qui se fait déjà sentir″ de Michel Blanchard, 6 août 1982, La Presse, page S4,

″Jouer pour deux équipes… dans un même match″, PC, 26 août 2024, RDS (rds.ca),

wikipedia.org.

lundi 12 août 2024

Trêve de hockey #109 : Mon match préféré des Expos


Vous rappelez-vous lorsque les partisans des Expos lançaient des barres de chocolat sur le terrain après un circuit? Bon dieu que Hershey a dû vendre des barres Oh Henry en 1996 dans la province de Québec. La folie Henry Rodriguez a atteint son paroxysme cet été là, alors que le #40 des Expos de Montréal avait frappé un nombre record de 36 circuits au cours de la saison. Aucun autre grand joueur dans l'histoire de Nos Z'amours, comme André Dawson, Gary Carter, le Grand Orange Rusty Staub, Moises Alou ou autres Larry Walker, n'avait frappé autant de circuits pour les Expos auparavant. Ça c'était avant que Vladimir Guerrero (père il faut dire maintenant …) ne le devance en 1998 (38 circuits), 1999 (42 circuits) et en 2000 (44 circuits), devenant le recordman des Expos … Mais bref, en 1996, "Oh Henry" Rodriguez était le dieu du stade !

Je n'ai pas assisté à énormément de matchs des Expos dans ma vie, à mon grand regret. Peut-être une dizaine au total (plus un match des Nationals en 2013, mais ça ne compte pas vraiment). La majorité du temps, c'était en groupe avec le baseball mineur de Victoriaville, alors que j'avais 9-11 ans. Entouré de mes coéquipiers, on était surtout occupé à se promener dans le stade, à jouer aux arcades sous les estrades, etc., bref, tout sauf regarder attentivement le match qui se déroulait. Ça ne pouvait arriver quand j'accompagnais mon père et mon grand-père à un match. Mon grand-père était un grand fan de baseball et, bien entendu, surtout des Expos. Il ratait rarement un match à la télévision. Il suivait attentivement chacune de leurs saisons et faisait parfois une prière au bon Dieu afin qu'il les aide un peu. Il n'a pas prié assez fort semblerait-il …

Il n'y a qu'un seul match auquel j'ai assisté dont je me rappellerai toujours. Le lundi 12 août 1996, mon grand-père et mon père m'ont amené voir la sensation "Oh Henry" alors que les Astros de Houston étaient de visite au Stade Olympique. J'avais apporté mon gant, espérant pouvoir capter une balle frappée par un joueur des Expos, ou par Craig Biggio ou Jeff Bagwell des Astros. On avait eu de bonnes places, près du troisième coussin. Auparavant, j'étais toujours assis (quand j'y étais …) dans les estrades populaires, c'est-à-dire, le champ gauche, donc loin de l'action.

Et de l'action, on en a eu !

Au monticule, on avait droit à un affrontement entre Mark Leiter des Expos et Danny Darwin des Astros qui semblait déjà assez vieux sur ma carte Topps de 1991. Il avait 40 ans en 1996. Le premier frappeur du match, Brian Hunter, envoya le troisième lancer de Leiter dans les gradins pour un circuit. Déjà 1-0 Astros et je me disais que le match serait long … Et lors du tour au bâton des Expos, Moises Alou frappa dans un double-jeu pour mettre fin à la manche.

Mais en deuxième manche, les joueurs des Expos ont commencé à faire résonner leurs bâtons. Darrin Fletcher frappa d'abord un double et ce fut l'arrivée d'Henry Rodriguez à la plaque. Avec un compte complet, il retroussa le lancer de Darwin de l'autre côté de la clôture, prenant bien le temps d'admirer son trentième circuit de la saison, et la pluie de barre chocolatée, au grand mécontentement de Darwin. Les Expos menaient alors le match 2-1.

À leur retour au bâton en troisième manche, les Expos ont continué sur leur lancée. Mark Grudzielanek soutira un but sur balle, Cliff Floyd frappa un double et Moise Alou cogna également un double pour envoyer les deux coureurs au marbre. 4-1 Expos. Puis, Darrin Fletcher arrive à la plaque, expédie la balle dans la foule, pour un circuit. C'était alors 6 à 1 pour les Expos.

Sentant probablement que le match était à l'eau alors qu'Henry Rodriguez revenait au bâton pour sa deuxième présence du match, Darwin décida de prendre sa revanche sur ce dernier. Il lança deux balles à l'intérieur. TRÈS à l'intérieur. Je me rappelle que mon père avait prédit le troisième lancer : envoyé directement sur la hanche de Rodriguez. Il n'en fallait pas plus pour que Rodriguez sprinte en direction du monticule pour tenter de "slugger" Darwin.

Les enclos se sont vidés instantanément. Ça s'est poussé, pitché au sol, donné quelques claques, mais ça s'est somme tout calmé rapidement … avant que la bagarre reprenne près du premier but. D'où j'étais, on voyait des dizaines de bras s'élancer, des casquettes revoler ainsi qu'un casque (!), des gars au sol, etc. Jeff Juden, un obscur lanceur de 6'8" s'est fait mettre sur l'Astroturf à deux reprises, mais c'est relevé à chaque fois, pitchant presque les joueurs des Astros hors de son chemin, cherchant à arracher la tête au nain de 5'8" qui l'avait envoyé au sol, John Cangelosi ; c'était chaotique. Puis la foule en redemandait. On avait presque un match Canadiens-Nordiques des années 80 devant nos yeux.




Les esprits ont fini par se calmer, pratiquement le quart des joueurs a été envoyé aux douches et on a pu reprendre le match, qui est rapidement devenu bien plus terne. Mark Leiter a très bien fait, lançant le match au complet, chose qu'on voit de moins en moins de nos jours.

Les Expos ont finalement remporté le match 8 à 1, le premier d'une série de trois parties. Les deux équipes se sont partagé les deux autres matchs.

Le lendemain, on apprenait les suspensions qui résultaient de la bagarre générale. Pour les Expos, Rodriguez, Juden et Moises Alou (c'est lui qui a lancé son casque) ont hérité de 4 matchs. Pour les Astros, Darwin a eu 5 matchs (donc un match étant donné la rotation à 5 lanceurs …) et Cangelosi 4 matchs..

Ah, et avant de quitter le stade, comme lors de ma visite au Forum quelques mois plus tôt, j'ai pu m'acheter un paquet de cartes de joueurs des Expos. J'ai encore ces cartes Score 1996 …


Le look est magnifique !

https://www.baseball-reference.com
https://www.latimes.com/archives/la-xpm-1996-08-15-sp-34380-story.html
https://www.sfgate.com/sports/article/Astros-Expos-free-for-all-added-to-the-mystery-of-3127393.php

dimanche 24 mars 2019

Trêve de hockey #96 - Visite au Musée Grévin - Suite









En avril 2016, Keith Acton est allé visité le musée Grévin avec sa famille. J'y suis allé lors de la relâche avec la mienne et une nouvelle section était ouverte depuis quelques mois : celle sur les Expos. Dans le cadre des deux matchs pré-saison que les Blue Jays disputeront aux Brewers de Milwaukee ce lundi et ce mardi, je me suis dit que le moment était parfait pour vous partager mes photos. De plus, c'est cette année que nous célébrons le 50e anniversaires de nos "Zamours"

Plusieurs articles de la collection personnelle de Perry Giannas se retrouvaient dans la section ; des casques, des bâtons, des photos, les crampons de Gary Carter, etc.

Le masque que le receveur #39, Brian Schneider, portait en 2003

Plusieurs photos de l'Histoire du baseball à Montréal

Des photos de Gary Carter

Un cadre relatant l'histoire de Jackie Robinson

Jersey de Gary Carter en 1992

Jersey de Tim Raines dans les années 80

Jersey de Pedro Martinez, en 1997




Un casque, une casquette, les crampons, un bâton et le sac, tous ayant appartenu au "Kid"




J'aime bien cette balle

Les bancs du parc Jarry ... ils étaient confortable malgré tout !

Bien sûr, une exposition sur le baseball, dans un musée de cire, doit au moins comporter une statue de cire. Celle qui fut introduit en octobre 2018 fut celle du regretté #8, Gary "Kid" Carter


La position au bâton ressemble à celle que prenait Carter lorsqu'il arrivait dans le rectangle, le visage est très ressemblant, quoi peut-être un peu trop allongé. Ils ont choisi de représenter Carter avec les cheveux frisés. Il lui arrivait cependant parfois d'avoir les cheveux lisses. L'uniforme ne semble pas authentique, mais la reproduction représente bien l'uniforme des années 80, quoique le bleu poudre des pantalons ne soit pas exactement dans la même teinte que la chemise. Tant qu'à être dans les détails, Carter avait l'habitude de ne pas attacher le bouton supérieur.

Bref, j'ai bien aimé ma seconde visite au Musée Grévin. J'y étais aller une fois en 2015 mais sans les enfants. Ils ont ajouté plusieurs accessoires pour prendre des photos avec les statues, dont une réplique d'une ceinture de la UFC afin de défier GSP !

On peut rêver, non ?

lundi 30 mai 2016

Blair Mackasey



Né à Hamilton, c’est toutefois à Verdun que Blair Mackasey a grandi.

En 1969-70, il se joignit aux Canadiens Junior de Montréal, l’équipe championne de la Coupe Memorial. Menée entre autres par Gilbert Perreault, elle répéta son exploit. Toutefois, la jeune recrue Mackasey eut un rôle effacé et ne participa pas aux séries. Michel Dion (voir textes du 18 et du 27 septembre 2011), à sa deuxième année, faisait également partie de l’équipe.

Mais le hockey n’était pas la seule passion de Mackasey. L’été, il jouait également au baseball. Tout aussi talentueux, il signa un contrat avec les Expos. Il disputa la saison 1972 dans la ligue des recrues, en Floride, avec les Expos de Cocoa. C’est là qu’il retrouva son ancien coéquipier, Michel Dion, qui avait également signé un contrat avec eux.

À l’arrivée de Mackasey en Floride, il y avait un jeune arrêt-court qu’on venait de convertir en premier but, Gary Carter. Toutefois, Mackasey était également un premier but. On décida donc de diriger Carter derrière le marbre pour lui faire de la place. À partir de ce moment, Carter est devenu l’un des meilleurs receveurs de sa génération, avec la carrière que l’on connaît.

En 1973, Mackasey passa la saison avec les Expos de Jamestown, dans le calibre A. Toutefois, tout comme Michel Dion, il en arriva à la conclusion que ses chances d’atteindre le plus haut niveau étaient meilleures au hockey. C’est pourquoi que lorsque l’heure du choix arriva, il renonça au baseball, malgré qu’il s’agissait du sport qu’il préférait. Il continua donc son stage junior avec le Bleu Blanc Rouge de Montréal.

En 1975, Mackasey devint le choix de troisième ronde (55e au total) des Capitals, qui venaient de connaître la pire saison pour une équipe d’expansion. (voir texte du 30 décembre 2013) Il ne joua toutefois jamais à Washington, malgré la faiblesse évidente de l’équipe. Il passa un an dans leur organisation, avant d’être cédé à Toronto pour une somme d’argent.

Mackasey débuta la saison avec les Leafs en jouant le match d’ouverture au Colorado, contre les Rockies, dans ce qui s’avéra finalement son seul match dans la Ligue nationale. Il passa le reste de la saison avec les Black Hawks de Dallas de la CHL, mais elle fut écourtée par une importante blessure au dos.

En 1977-78, il fut affecté par une pneumonie, en plus d’être hanté à nouveau par sa blessure au dos, qui mit finalement fin à sa carrière de joueur.

Il travailla par la suite dans le domaine de l’imprimerie, puis il devint entraîneur. C’est d’abord avec les Lions du Lac-St-Louis, du calibre midget AAA, que Mackasey attira d’abord l’attention, surtout lorsqu’il remporta la Coupe Air Canada en 1991-92.

Il gradua ensuite au niveau junior, lorsqu’il passa la saison 1993-94 derrière le banc des Bions de Granby, avant de passer les deux suivantes avec les Voltigeurs de Drummondville. À ce moment, il avait entre autres sous ses ordres Denis Gauthier et surtout, Daniel Brière. Lorsque Mackasey fut ensuite embauché comme dépisteur par les Coyotes de Phoenix, il insista pour que ceux-ci repêchent Brière au premier tour en 1996.

Il y fut jusqu’en 2002, avant de se joindre à Hockey Canada. Il fut parmi ceux qui assemblèrent des équipes qui remportèrent deux médailles d’or et deux médailles d’argent au championnat mondial junior. Il a également participé à la composition de l’équipe olympique en 2006, à Turin.

Il s’est par la suite joint au Wild du Minnesota comme dépisteur en 2006. En 2010, il est devenu directeur du personnel.

En 2012, il a été parmi les candidats rencontrés par les Canadiens pour le poste de directeur-gérant, où on lui a finalement préféré Marc Bergevin.

Malgré un épisode de cancer de la gorge en 2013, il est toujours en poste avec le Wild.


Sources: “Blair Mackasey avec le Wild” PC, 10 janvier 2006, RDS (rds.ca), “How Gary Carter became a catcher with the Expos” de Stu Cowan, 4 mai 2012, Montreal Gazette (montrealgazette.com), “Mackasey would make nice fit for rebuilding Habs”, de John Meagher, 16 mai 2012, Montreal Gazette (montrealgazette), “Hockey Helps Mackasey Overcome Cancer” de Mike Doyle, 11 juin 2013, (wild.nhl.com), “Habs’ Brière has history of proving size isn’t everything” de Stu Cowan, 12 septembre 2013, Montreal Gazette (montrealgazette.com), hhof.com, hockeydraftcentral.com, wikipedia.org.

lundi 10 août 2015

Trêve de hockey #79 - Hideki Irabu


 






Hideki Irabu est né sur l’île d’Okinawa, au Japon, où aujourd’hui on retrouve toujours une base américaine.  Son père biologique serait d’ailleurs un soldat américain qu’il n’a jamais connu.
 
Devenu lanceur droitier, il eut une longue carrière avec les Chiba Lotte Marines de la Ligue japonaise.  Spécialiste des retraits au bâton, il fit un lancer qui atteignit 153 km/h.  Cette marque fut un record du Japon pendant 12 ans.
 
En 1997, les Padres achetèrent son contrat de Chiba.  Par contre, celui que certains appelaient le Nolan Ryan japonais refusa d’aller jouer à San Diego.  Pour lui, il n’y avait qu’une seul destination possible en Amérique du Nord : les Yankees de New York.  Les deux équipes finirent par s’entendre.  Pour Irabu et Homer Bush, les Padres obtinrent Rubén Rivera et Rafael Madina (deux joueurs qui n’eurent pas de grandes carrières) et 3 millions $.  Irabu signa un contrat de 4 ans pour 12,8 millions $.
 
Les attentes étaient donc grandes.  Après seulement 8 matchs dans les mineures, Irabu fut rappelé dans la Grosse pomme.
 
Le premier match a laissé une bonne impression.  En 6 manches 2/3, Irabu a retiré 9 frappeurs sur des prises et accordé deux points, dans une victoire de 10-3 des Yankees sur les Tigers de Détroit.  En plus d’avoir attiré 51 901 spectateurs et 300 journalistes au Yankee Stadium, le match a été suivi sur de nombreux écrans géants dans 24 villes du Japon.  Au total, avec la télévision, 35 millions de japonais ont regardé le match.
 
La suite a été moins intéressante.  Irabu s’est montré distant et indifférent envers l’équipe.  Son éthique de travail a soulevé des questions, tout comme le fait d’apporter des cigarettes dans le vestiaire…
 
Mais les Yankees vivaient de belles années et malgré une moyenne de points mérités élevée, Irabu gagna sa part de matchs, en plus de faire partie de l’équipe championne de la Série mondiale en 1998, même s’il n’a pas lancé en séries.
 
Le 1er avril 1999, dans un match du camp d’entraînement sans signification, Irabu manqua à son devoir de couvrir le premier but.  Le bouillant propriétaire des Yankees George Steinbrenner, faisant aussi référence à son excès de poids, l’a alors qualifié de gros crapaud (″fat pussy toad″ pour être exact).  Il l’a également empêché de prendre l’avion vers la Californie avec le reste de l’équipe.  Ce surnom peu flatteur a ensuite collé à la peau d’Irabu.  Il a complété la saison 1999 avec les Yankees, gagné une autre Série mondiale, mais ses jours dans la Grosse pomme tiraient à leur fin.
 
Irabu est passé du marché le plus médiatisé vers l’indifférence totale dans laquelle baignaient des Expos agonisants.  Pour l’obtenir, les Montréalais sacrifièrent deux jeunes lanceurs : Ted Lilly et Jake Westbrook.  Lilly joua au total 15 ans et remporta 130 victoires dans les majeures.  Westbrook joua 13 ans, remporta 105 victoires, ainsi que la Série mondiale avec les Cardinals en 2011.
 
Les résultats d’Irabu à Montréal ont été loin d’être mémorables.  En deux ans, il a été à plusieurs reprises sur la liste des blessés.  En tout, il débuta 14 matchs et compila une fiche de 2-7.
 
Il joua une dernière saison en 2002 avec les Rangers du Texas, cette fois comme releveur.
 
Au total, il cumula une fiche de 34-35, 16 sauvetages, avec une ronflante moyenne de points mérités de 5,15.
 
Il a ensuite effectué un bref retour dans la ligue japonaise.
 
La suite a été un mélange de dépression et de consommation d’alcool abusive.  Il a d’ailleurs été arrêté à quelques reprises à ce sujet (entre autres pour avoir agressé un barman et pour conduite en état d’ébriété)  Il a malgré tout effectué un bref retour en 2009 au sein d’une équipe indépendante, à Long Beach, en Californie.
 
En juillet 2011, alors qu’il vivait en Californie et que sa femme voulait le quitter avec ses enfants, l’histoire d’Hideki Irabu s’est terminée de façon tragique.  Il s’est enlevé la vie.  
 
Sources : ″Irabu réussit sa rentrée″, 11 juillet 1997, AP, La Presse, p.S6, ″Les Japonais voulaient voir ça″ Associated Press, La Presse, 11 juillet 1997, p.S6, ″Hideki Irabu, Briefly a Yankee sensation, Dies at 42″ de Douglas Marin, 28 juillet 2011, New York Times (nytimes.com), ″Late ex-New York Yankees pitcher Hideki Irabu always appeared a troubled man, up until his death″ de John Harper, 29 juillet 2011, New York Daily News (nydailynews.com), ″Page 2 - The List : Steinbrenner’s worst″ de Jeff Merron, ESPN (espn.go.com).

dimanche 18 septembre 2011

Michel Dion






(Maudit qu'il était laid le chandail des Nordiques avec le logo blanc...)

Doté de plusieurs talents, Michel Dion a joué à de hauts niveaux au hockey et au baseball. En 1970, il choisit définitivement le baseball et s’aligna avec les Expos de West Palm Beach comme receveur. Toutefois, après deux ans, il se rend bien compte que le réseau de filiales des Expos comprend un autre espoir comme receveur qui n’est pas mauvais du tout : Gary Carter, futur membre du Temple de la Renommée. Considérant que ses chances d’accéder au niveau professionnel y sont probablement meilleures, il retourne au hockey, avec le Bleu Blanc Rouge de Montréal de la LHJMQ.

Il est ensuite repêché par les Racers d’Indianapolis de l’AMH. En 1975-76, il se joint à eux pour la deuxième moitié de la saison. Son jeu impressionne au point de lui mériter le trophée Ben Hatskin, comme meilleur gardien de la ligue. En 1977, il se joint aux Stingers de Cincinnati. Il y joue jusqu’à la dissolution de l’équipe en 1979, alors que les Stingers ne font pas partie des quatre équipes de l’AMH (Edmonton, Hartford, Québec et Winnipeg) à se joindre à la LNH.

Faisant partie du repêchage de dispersion, il est repêché par les Nordiques et est devant leur cage pour le premier match Canadiens-Nordiques (qu’on peut d'ailleurs voir dans la section archives de radio-canada.ca). Il joue une cinquantaine de matchs et se tire bien d’affaires, malgré la faiblesse de l’équipe devant lui.

Son début de saison 1980-81 fut toutefois pénible. Puis, le 10 décembre, au Colisée, après avoir accordé quatre buts aux Bruins, il abandonne son filet de son propre chef après huit minutes en deuxième période. Il se dirige alors vers le vestiaire en lançant son équipement. Michel Bergeron est furieux de le voir quitter ainsi et affirme qu’il ne veut plus le voir avec son club. Il sera échangé peu de temps après aux Jets de Winnipeg pour presque rien. Il termine l’année avec eux, qui sont d’une très grande médiocrité cette année-là, avant d’être laissé aller.

Il signe donc comme agent libre avec les Penguins de Pittsburgh pour la saison 1981-82. Il y joue 62 matchs et se distingue suffisamment pour être invité au match des étoiles. Il y reste jusqu’en 1984-85, sa dernière saison dans la LNH (et la première de Mario Lemieux avec l’équipe).

Étant toujours un athlète accompli et polyvalent, il tente par la suite de se qualifier pour le PGA Tour. Il s’en approche mais n’y parvient pas. Il habite maintenant en Caroline du Sud, où il est instructeur de golf.




Sources : greatesthockeylegends.com, « Please meet Michel Dion » de Rich McGowan, 17 mai 2010 (savannahnow.com).

mercredi 24 août 2011

Trêve de hockey #55 : Claude Raymond











(Malheureusement, il n'y a pas les fameuses cartes de Claude Raymond où le lanceur québécois avait la "fly" baissée dont j'ai parlé en avril 2010)

Après avoir fait un billet sur Ron Piché (9 août), je pouvais difficilement passer à côté de l’idée de faire un billet sur la fierté de ma ville natale de St-Jean-sur-Richelieu: Claude Raymond.

Bien que son premier amour ait été le hockey, comme tant d’autres, il a rapidement réalisé que son talent pour le baseball était beaucoup plus important. Le hasard faisant bien les choses, il se trouvait dans une ville où la culture du baseball était particulièrement forte, la proximité de la frontière américaine aidant. De plus, St-Jean pouvait compter sur un club de la Ligue Provinciale. Celui-ci évoluait à l’extérieur de la structure officielle du baseball organisé. Pendant sa jeunesse, après la deuxième grande guerre, cette équipe présentait un calibre fort intéressant, avec des joueurs ayant été bannis pour avoir signé un contrat avec la Ligue Mexicaine (le baseball majeur ne badinait pas avec la compétition dans ce temps-là, d’autant plus que les ambitions de cette ligue se sont dégonflées assez rapidement), des joueurs ayant évolué dans la Ligue des Noirs et bien sûr des joueurs locaux, comme
Jean-Pierre Roy (qui avait aussi tenté l'aventure mexicaine). Les Braves étaient donc l’attraction de la ville et Raymond était un de leurs plus grands fans.

Il eut par la suite, en 1953, un essai avec les Royaux de Drummondville de la même ligue. On lui a offert un contrat, mais l’offre dut être retirée lorsqu’on réalisa qu’il n’avait pas les dix-sept ans qu’il prétendait avoir, n’en ayant que quinze.

Il tenta plutôt sa chance au baseball junior à Montréal, où il fut remarqué. Il eut des offres des Dodgers de Brooklyn (le club majeur affilié aux Royaux de Montréal de la Ligue Internationale), des Giants, des Indians et des Pirates. Mais en bout de ligne, c’est finalement avec les Braves de Milwaukee qu’il signera en 1955, sous la recommandation de leur dépisteur Roland Gladu, un de leurs anciens joueurs.

Il évoluera dans leur réseau comme releveur, une spécialisation relativement rare à l’époque. Puis en décembre 1958, il sera laissé sans protection au repêchage d’hiver. Les White Sox de Chicago profiteront de l’occasion pour le sélectionner. C’est donc à leur camp d’entraînement qu’il se rend en 1959. Il fera l’équipe et effectuera ses débuts dans les majeures le 15 avril 1959. Un mois plus tard, les White Sox voulurent le renvoyer dans les mineures, mais en faisant ainsi, ils offraient la possibilité à l’équipe qui l’avait perdu de le reprendre, ce que firent les Braves immédiatement.

Il devra attendre jusqu’en 1961 pour retourner dans les majeures, avec les Braves cette fois, où il aura Ron Piché comme coéquipier. Il retournera par la suite dans les mineures, mais à partir de juin 1962, il fit définitivement sa place au niveau majeur et n’y retourna plus.

En tant que joueur des Braves, Raymond avait droit à certains bénéfices comme une automobile, des pleins d’essence, des produits laitiers, une caisse de bière par semaine (Milwaukee est la ville de Miller après tout) et… des cartouches de cigarettes! Les temps changent…

À l’époque, les lanceurs partants avaient pour objectif de lancer un match complet. Le nombre de sauvetages accumulés par les releveurs était donc bien inférieur à ce qu’il est aujourd’hui. Se faire retirer du match et être remplacé par un releveur était souvent vu comme un embarras. L’accueil sur le monticule n’était donc pas toujours cordial, d’autant plus que les Braves comptaient sur deux as, Warren Spahn et Lew Burdette. Les choses se sont toutefois placées. Ron Piché a été assigné comme co-chambreur de Spahn, Raymond comme co-chambreur de Burdette et une amitié s’est développée.

En 1964, il sera acquis par les Colt 45’s de Houston. L’équipe sera renommée les Astros en 1965, suite à leur déménagement à l’Astrodome, le premier stade couvert du baseball. Le nom fait bien sûr référence à la présence de la NASA à Houston.





En 1966, alors qu’il mène la Ligue Nationale avec la meilleure moyenne de points mérités, il est invité au match des étoiles (ayant lieu au Busch Stadium de St-Louis) par le gérant des Dodgers, Walter Alston. Ceci constituait toute une reconnaissance, d’autant plus que les releveurs étaient rarement invités pour de telles occasions à l’époque. Il terminera l’année avec une fiche de 7-5 et 16 sauvetages (5 de moins que le meneur de la ligue), et ce, au sein d’une équipe qui compila une fiche de 72-90.

Au cours de la saison 1967, il fut rééchangé aux Braves, alors que ceux-ci étaient depuis déménagés à Atlanta. Les Braves ont donc fait son acquisition trois fois au cours de sa carrière.

En 1969, les Expos débutent leurs activités. C’est le 16 mai de cette année que ”Frenchy” lancera pour la première fois du monticule du Parc Jarry, mais dans l’uniforme du club visiteur. Il y reçut une ovation monstre, dans un moment bien sûr chargé d’émotion pour lui. Son coéquipier Tito Francona (le père de Terry) est même allé le rejoindre sur le monticule pour l’aider à se ressaisir. C’est Raymond qui fut crédité de la victoire ce soir-là.

Le 19 août de la même année, les Expos firent son acquisition. Pour lui, cela signifiait qu’il passait d’une équipe de première place à une autre de dernière place, mais ça n’avait pas d’importance. Il était heureux revenir à la maison, devenant ainsi le premier canadien à jouer dans les majeures pour une équipe canadienne. De plus, il avait ralenti et était moins utilisé par les Braves.

En 1970, il souffrit d’un début d’arthrite dans son index droit et le gérant Gene Mauch l’utilisa peu au début. Mais comme les autres releveurs ne faisaient pas le boulot, il vit de plus en plus d’action et termina la saison avec 23 sauvetages, un sommet personnel.

La saison 1971 se passa beaucoup moins bien (1-7, aucun sauvetage) et les Expos ne renouvelèrent pas son contrat. Devant le manque d’intérêt des autres équipes, il prit sa retraite, avec une fiche cumulative de 46-53 et 83 sauvetages.




Il sera de retour dans l’entourage des Expos à partir de 1973, où il agira comme analyse des matchs à la radio jusqu’en 1984, puis à la télévision de 1985 à 2001.

En 2002, le directeur-gérant des Expos, Omar Minaya, le nomma instructeur, poste qu’il occupera jusqu’au déménagement de l’équipe après la saison 2004. C’est lui qui fera les adieux aux partisans lors du dernier match du 29 septembre. (J’y étais.)

Aujourd’hui âgé de 74 ans, il s’occupe toujours du Fonds Claude Raymond, qui avec entre autres son annuel tournoi de golf, amasse des fonds au profit des jeunes de la région de St-Jean qui s’illustrent dans les domaines du sport, de la culture, de la science et de l’éducation. Cette fondation est maintenant en place depuis quarante ans.

Membre du Temple de la Renommée du baseball canadien, du Temple de la Renommée des Sports du Québec et du Panthéon des Sports Canadiens, ayant offert des centaines et des centaines de cliniques de baseball aux jeunes au fil des ans, toujours affable et simple, il symbolise plus que quiconque le baseball au Québec.

Sources: “Claude Raymond” d’Alexandre Pratt (bioproj.sabr.org), “Claude Raymond, baseball” (rds.ca/pantheon), “Claude Raymond - The Most Successful French-Canadian Baseball Pitcher of All Time”, March 1, 1998 (canadianbaseballnews.com), baseball-reference.com

jeudi 28 juillet 2011

Trêve de hockey #49 : 20 ans aujourd'hui...




Il y a 20 ans aujourd'hui, El Presidente, Dennis Martinez, est devenu le 13e lanceur de tous les temps à avoir réussi un match parfait... Probablement que vous étiez comme moi à l'époque et ne saviez même pas qu'un match parfait était une chose qui existait au baseball...

Dans ma tête, ce fut le plus grand moment de l'histoire des Expos... J'étais un grand fan de Dennis... ...et des Expos...

Si je n'ai pas vu cet attrapé de Marquis Grissom 1000 fois, je ne l'ai jamais vu...

En plus, je m'en rappelle tellement bien que j'étais certain que ça s'était passé un dimanche et après vérification, c'est le cas...

jeudi 16 septembre 2010

Des pubs des Nordiques et des Expos


On s'ennuie du temps où on avait des pubs de 50...





Pouvez-vous me dire comment l'annonceur classique du Saguenay que l'on retrouve dans une des premières annonces des Expos s'appelle?


En attendant, personnalisez votre chandail des Nordiques :


mercredi 8 avril 2009

Trêve de hockey #3 : Les Expos


Petit article pour souligner le fait qu'il y a aujourd'hui 40 ans, les Expos de Montréal jouaient le premier match de leur existence au stade Shea de New York. Match que les Expos gagnèrent par la marque de 11 à 10. Et comme on ne fait pas les choses à moitié dans le monde, et bien le seul match à l'affiche dans le baseball majeur aujourd'hui est un affrontement entre les Nationals de Washington et les Marlins de la Floride de Jeffrey Loria... Quand l'ironie dirige le monde...

Je n'aime pas beaucoup le baseball et je n'étais pas très bon à ce sport, j'étais pas mal du genre qu'on envoie à "la vache" quand j'étais jeune et que je jouais dans les ligues de baseball mineur de Villes de La Baie. Ceux qui viennent de cette gentille ville à l'ombre du majestueux fjord du Saguenay se rappelleront comment le baseball mineur était assez mal organisé. On engageait 2-3 jeunes étudiants de cégep pour animer la ligue et ça n'avait pas plus d'impact dans le monde, je pense même que le pointage des matchs n'étaient même pas compilés. Et comble du malheur, le stade de Bagotville, en face du centre Jean-Claude Tremblay, avait constamment un vent du Nord qui soufflait et rendait le jeu un peu plus difficile. Le terrain de baseball a cédé depuis le pas à un skate park suite au "déluge" de 1996 et ça ne s'est pas beaucoup amélioré, on recule presque en skatant... J'aimerais connaître les prix Nobels qui ont pensé à mettre ces facilités à cet endroit... J'aimais mieux jouer au bat roulant dans la rue des Bouleaux que de joueur au baseball dans des ligues organisées... On repassera donc pour l'histoire du baseball au Saguenay...

Anyway, je n'aimais pas plus les Expos, contrairement à certains de mes amis. Je trouvais ça trop lent pour ma cervelle qui marche à 200 milles à l'heure pour la plupart du temps... À 7 ans, on ne sait pas que c'est un sport fait pour boire de la bière dans les estrades et pour jaser, on a pas à suivre une puck attentivement, ne serait-ce que parce qu'elle peut t'arriver dans la face à tout moment. C'est une chose que l'on découvre plus tard. Je n'ai d'ailleurs jamais eu l'occasion d'aller au Stade voir les Expos, même lorsque j'ai déménagé à Montréal. Ma blonde est même allée sans moi qui n'avais aucun intérêt nostalgique à un des derniers matchs avec notre ami Mathieu, compagnon de voyage à la lutte, ancien voisin du dessous et fan des Bruins de Boston... Je n'ai donc jamais connu l'ambiance du Stade pour le baseball.

Le Stade c'est une drôle de place et j'ai vite compris en regardant les Expos à la télé que ce n'était pas l'endroit du siècle pour le baseball. L'éclairage endormant donnait à la télévision une sorte d'ambiance de mort surtout lorsqu'accentuée par des estrades vides... C'était donc pas ben ben vendeur... Toutefois, ce n'est rien comparé à écouter le baseball à la radio. Si je dis que je n'aimais pas les Expos, j'ai toutefois toujours aimé mettre les matchs de l'équipe des Expos de Montréal à la radio. C'est comme une ambiance estivale, ça donnait un bruit de fond chaleureux qui te faisait sentir qu'on était en été... Je crois qu'à tous les emplois que j'ai eus où j'avais le droit d'écouter la radio et bien je me faisais un devoir de mettre le match des Expos, question de mettre un bruit de fond qui te faisait sentir libre comme l'air. C'est peut-être la chose qui me manque le plus des Expos, les descriptions à la radio. Vous savez, les cris de Rodger Brulotte et ce genre de bruit spatial quand les Expos marquaient un circuit... J'aurais dû faire comme Elvis Gratton et m'enregistrer une couple de matchs contre les Padres de San Diego ou les Reds de Cincinnati pour écouter dans ces chaudes soirée d'été où j'ai le goût de rien faire de boire de la bière seul sur mon balcon...

Toutefois, si vous n'avez pas vu la série sur l'histoire du baseball au Québec qui a été diffusée le mois passé sur canal Historia et bien je vous la recommande. On apprend que le baseball était plus profond dans la culture québécoise que les gens de ma génération qui n'ont connu qu'une équipe de poudrés dans la grosse bolle de béton. L'histoire des Royaux de Montréal et des Expos du Stade Jarry n'a absolument rien à voir avec ce que l'on a connu. Même si les Expos nous ont fait vivre quelques instants de bonheurs, ce n'est rien comparé à l'atmosphère qui se dégageait de ces équipes. Et à voir comment le baseball majeur va de nos jours et bien on n'a pas le choix que de dire bon débarras... De toute façon, on n’aurait jamais pu avoir une équipe qui peut compétitionner, j'aime mieux qu'on ait mis un terme à cette histoire et de nous rappeler de 1994 comme les fans des Nordiques se rappellent le but d'Alain Côté...

On n'a toutefois pas perdu au change avec le départ des Expos. On peut dire qu'un des bons coups de Bob Gainey a été de prendre Youppi! dans l'équipe. Avouez que c'est quand même mieux que l'échange de Ribeiro... Youppi! fait maintenant une superbe job en tant que mascotte du Canadiens de Montréal. Comment les québécois auraient pu se débarrasser d'un être aussi sympathique. C'était probablement le seul membre de l'organisation des Expos des qui donnait son 110% à chaque match durant les 25 ans qu'il a servi comme mascotte de l'équipe. Savez-vous d'ailleurs que Youppi! est membre du Temple de la renommée du Baseball? En fait ce n'est pas officiel, mais Youppi! a droit à son présentoir de membre du Temple de la renommée à Cooperstown, tout comme la mascotte de Phillies et celle des Padres... J'espère d'ailleurs que Jacques Doucet aura le sien bientôt...

J'aime bien aussi le fait que maintenant il y ait une bannière au Centre Bell honorant l'équipe. On ne retrouve plus beaucoup de traces des Expos à Montréal, comme si la déchirure avait été profonde. Quand on va au Stade, on voit que la surface au milieu est encore faite pour le baseball, mais sans plus. Toutefois, au plafond du Centre Bell, juste à côté de la moitié des numéros retirés de la Sainte-Flanelle, on retrouve une bannière honorant les Expos et les numéros qui furent retirés par l'équipe en bleu poudre...

Espérons que Youppi! demeurera longtemps avec le CH et que le baseball majeur pour sa part restera loin de Montréal pour toujours... Vaut mieux quelques bons souvenirs qu'un mauvais présent...

Donc, 40 ans aujourd'hui...