Drop Down MenusCSS Drop Down MenuPure CSS Dropdown Menu
Affichage des articles dont le libellé est échange. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est échange. Afficher tous les articles

mardi 10 mars 2026

Jari Kurri et les Devils de Milan (1990-91)


 
 
 
Parmi mes nombreux joueurs cultes, un qui est définitivement dans le top 10, sans être des plus obscurs comme la plupart des joueurs dont j’aime parler, figure l’original «Finnish Flash», Jari Kurri.

Il serait toutefois trop facile de faire un simple texte sur lui. Comme tout bon membre du temple, la quantité de textes déjà disponibles sur lui sont légion, particulièrement tout ce qui touche à la dynastie des Oilers et Wayne Gretzky. Ce qui m’intéresse toutefois aujourd’hui est de parler d’un chapitre assez oublié dans la carrière de la légende finlandaise, soit sa saison 1990-91 passée en Italie avec le club des Devils de Milan.

Malgré une 5e coupe remportée avec les Oilers au printemps 1990, parfois surnommée la coupe de «rédemption» et de la «consécration» des Oilers, et deux ans après l’infâme échange de Gretzky à Los Angeles, Kurri surprend tout le monde à l’été 1990 en décidant de quitter les Oilers et la LNH pour signer un contrat avec un club méconnu d’une ligue nettement plus inférieure pour un joueur de son calibre.



 
Ce n’était toutefois pas tellement une surprise de voir Kurri, ou tout autre joueur européen à l’époque, dire non à la LNH malgré une carrière florissante. C’était d’ailleurs particulièrement présent chez les clubs Canadiens. Des joueurs suédois de renom comme Hakaan Loob et Kent Nilsson avaient, au cours des années précédentes, plié bagage après plus ou moins une décennie dans la LNH, pour soit retourner jouer dans leurs patries respectives, ou bien ailleurs en Europe. Plusieurs disaient vouloir que leurs enfants puissent être éduqués dans leur langue maternelle. Quelques semaines avant l’annonce du départ de Kurri, on assistait à Montréal à une situation similaire avec Mats Naslund qui s’était également expatrié en Europe, en Suisse dans ce cas-ci.

Mais le cas de la vedette des Oilers, où l’hécatombe ne faisait que s’accentuer avec son départ, a davantage fait tourner les têtes.

Malgré qu’il n’était plus jumelé avec la merveille, Kurri venait de récolter un excellent 93 points en 1989-90 et un autre 25 points en séries, connaissant même un de ses meilleurs matchs en carrière durant la finale contre les Bruins lorsqu’il amassa 3 buts et 2 passes lors du deuxième match.

 
 
 

Ce départ n'était pas une simple retraite anticipée ou retour aux sources, mais était en grande partie une manœuvre stratégique. En conflit avec la direction des Oilers qui refusait de l'échanger aux Kings de Los Angeles pour rejoindre Gretzky, Kurri a utilisé l'Europe comme levier de pression. Mais selon lui, cet exil lui permettait quantité de choses; prendre une "pause mentale" après dix saisons intenses dans la LNH, pouvoir participer aux Championnats du monde de 1991, organisés dans sa Finlande natale, et, ultimement, de forcer les Oilers à négocier son transfert pour rejoindre son ancien coéquipier.

Malgré l'euphorie post-championnat, Kurri était rentré en Finlande immédiatement après la victoire. Il avait même mis sa maison d'Edmonton en vente. Le message était clair : son chapitre en Alberta était terminé.

Lui et son agent, Don Baizley, refusèrent même une offre financière supérieure des Oilers pour emprunter une voie totalement inattendue, soit un contrat de deux ans avec les Devils de Milan, avec qui il était associé depuis un certain temps et qui appartenaient à nul autre que Silvio Berlusconi. Ce dernier, avant de devenir le premier ministre controversé dont on se rappelle davantage de nos jours, était alors propriétaire d’un empire médiatique en Europe et possédait de nombreux clubs professionnels, dont le célèbre AC Milan, qu’il sauva de la faillite en 1986.
 
Dans le cercle de la LNH, on ne parvenait pas à faire du sens de la décision de Kurri. Le journaliste Cam Cole compara la situation à Magic Johnson qui partirait jouer au basketball en Yougoslavie. L'entraineur des Oilers John Muckler admit qu'il aurait davantage compris si Kurri aurait opté pour jouer chez lui en Finlande, dans une ligue davantage compétitive à défaut de jouer dans la la meilleure ligue au monde. Pour lui, il était risqué de faire un tel choix, expliquant qu'il aurait même de la difficulté à revenir dans la LNH.
 
De plus, contrairement à d'autre clubs plus prestigieux ou traditionnels d'Europe, par exemple en Suisse ou en Allemagne, le HC Milan Devils n’était pas un club avec une grande tradition, ayant été fondés juste un an avant l'arrivée de Kurri. Ils n’auront d'ailleurs existé que jusqu’en 1996, lorsque le club déménagea à Courmayeur, dans le nord de l’Italie, avant d’être dissout pour de bon en 1999.
 
Vous pouvez appercevoir Kurri dans l'uniforme milanais ici (#25):
 
 

Il y eut beaucoup de spéculations sur le montant de la transaction. Les médias suisses rapportèrent à l’époque une somme de plus d'un million de dollars. Le journal allemand Salzburger Nachrichten parlait plutôt d’un salaire de 350 000 dollars US, assorti d’un logement dans un château luxueux en plus d’une Mercedes. La ligue italienne comptait alors 10 équipes et le calendrier de 36 matchs se jouait les mardis et samedis, avec les dimanches toujours libres, donc un ratio salaire par match nettement avantageux.

L’arrivée de Kurri eut un effet marqué sur le hockey sur glace italien et les experts locaux convenaient que l’équipe de l’entraîneur-chef Jim Webster seraient les favoris du championnat italien.

Avec les Devils, Kurri opta bizarrement de troquer son fétiche #17 pour le #25. Le 17 appartenait au Canadien Mark Morrison, un ancien choix de 3e ronde des Rangers qui ne joua qu’une dizaine de matchs dans la LNH, et qui en était à sa deuxième saison avec les Devils, ayant terminé la saison précédente avec 113 points. Il est cependant étrange que Morrison n’ait pas légué le 17 à la grande vedette Kurri pour l’occasion.
 
Kurri, à gauche, et son coéquipier Mark Morrison qui portait le #17 à sa place...


Et bien que la présence de Kurri aida à remplir les patinoires et à revigorer le prestige de la Serie A, les Devils de Milan échouèrent en 1990-91. Ils terminèrent en troisième place et s'inclinèrent en séries face à leur rival immédiat, le HC Saima Milan. Lors de cette saison, Kurri rata six matchs et contribua 27 buts et 48 passes en 30 matchs. Avec ce 75 points, il ne figurait que 15e sur la liste des pointeurs, derrière des noms comme l’ancien des Flames Kevin Lavallée, l’ancien joueur éphémère des North Stars Dusan Pasek, ainsi que nul autre que Mark Napier. L’ancien du Canadien avait même terminé au premier rang de la ligue avec 118 points. Et selon ce que j’ai lu, Kurri rata également les séries, pour une raison que j’ignore.

Après son année en Italie, l'impasse persistait entre Kurri et les Oilers. Il menaça finalement de retourner chez les Devils pour exercer l’option de sa deuxième année de contrat s'il n'était pas échangé avant le 31 mai. Il avait également clairement établi que les retrouvailles avec Gretzky étaient sa priorité absolue.

Sather, qui ne ne voulait pas perdre une saison supplémentaire de ses services, finit par céder. Ainsi, une heure avant l'échéance fixée par l'ailier droit, Sather échangea ses droits, ainsi que Dave Brown et Corey Foster, à Philadelphie en retour de Craig Fisher, Scott Mellanby et Craig Berube. Les Flyers ont ensuite envoyé le joueur de 31 ans, accompagné de Jeff Chychrun, vers Los Angeles contre Steve Duchesne, Steve Kasper et un choix de quatrième tour au repêchage de 1991.

Un détail moins connu est que Kurri a failli rejoindre les Red Wings de Detroit, qui offraient plus d'argent que les Kings. Kurri était prêt à accepter, mais Detroit n'étant pas intéressé par un échange complexe à trois clubs, Sather a privilégié la transaction avec Philadelphie et Los Angeles.




Le deuxième chapitre de la carrière de Kurri dans la LNH, post-Italie, commença donc avec la fameuse réunion tant attendue avec Gretzky. On peut dire sans équivoque que cette deuxième moitié de carrière fut nettement moins resplendissante que la première. Le tandem Gretzky-Kurri version L.A, malgré quelques étincelles et une chimie toujours efficace, (dont un tour du chapeau lors de son premier match en tant que Kings) ne fut pas aussi mémorable qu’à leurs plus jeunes années à Edmonton. Il était évidemment grandement terminé le temps des saisons de 200 points de Gretzky et de 60+ buts/100+ points de Kurri. À cette première saison à L.A en 1991-92, Kurri ne récolta que 60 points, dont 23 buts, et les Kings se firent éliminer une fois de plus par les Oilers en première ronde. 
 
En fait, les Oilers post-finale de 1990 étaient toujours davantage compétitifs que leurs expatriés à Los Angeles. Malgré l’éxode continuel de plusieurs autres vedettes (Glenn Anderson, Grant Fuhr, Kevin Lowe, Adam Graves, Mark Messier, etc) les Oilers se rendirent tout de même jusqu'en finale de conférence en 1990-91 et 1991-92 tandis que les Kings ne firent jamais long feu. 

Les choses semblèrent toutefois débloquer en 1992-93, malgré une blessure importante à Gretzky qui lui fit manquer la moitié de la saison. Kurri prit davantage de place durant l’année, étant parfois muté au centre, et il termina la saison à 87 points. On énonça que le leadership tranquille de Kurri était une des principales raisons que les Kings parvinrent à redresser le bateau en l’absence de la merveille. Le parcours des Kings de l’ère Gretzky connut ainsi son apogée au printemps 1993 avec une participation en finale de la Coupe Stanley, pliant toutefois l’échine en 5 matchs face à Patrick Roy et le Canadien de Montréal.

Les Kings (pas seulement Gretzky et Kurri) ne furent plus jamais les mêmes par la suite, devant attendre l’arrivée d’une nouvelle génération à la fin des années 2000 avant de finalement passer à un autre niveau. Ils ratèrent les séries en 1993-94 et de nouveau durant la saison écourtée de 1995. Kurri connut sa dernière saison véritablement respectable offensivement en 93-94 avec 77 points dont 31 buts.
 

 
Après ces deux saisons décevantes et hors des séries, le club alors en quasi-faillite (et le propriétaire Bruce McNall en prison) liquida une grande partie de ses effectifs durant la saison 1995-96 et non pas seulement lors du fameux «2e échange» de Gretzky l’envoyant aux Blues de St.Louis (contre pas grand chose). Deux semaines suivant le départ du 99, le 17 plia également bagage, pour Manhattan dans son cas, en compagnie de Marty McSorley. En retour, les Kings obtinrent notamment Ray Ferraro. Cet échange est toutefois très impopulaire dans l’histoire des Rangers, les fans n’ayant pas apprécié Kurri autant qu’ils aimaient Ferraro. Kurri ne fit effectivement que passer à NY, et ce sans grande étincelle. Il n’obtint que 5 points en 14 matchs (dont seulement 1 but) pour clore la saison. Et malgré qu’il se racheta légèrement en séries avec 8 points en 11 matchs, les Rangers le laissèrent aller, son contrat échu.

Kurri joua ensuite deux dernières saisons dans la LNH, une en 1996-97 avec les Mighty Ducks d’Anaheim, où il put côtoyer son protégé Teemu Selanne, et une ultime saison en 1997-98 avec l’Avalanche du Colorado. À ce stade-ci de sa glorieuse carrière, Kurri était davantage devenu un attaquant de soutien défensif. Il n’eut que 13 buts et 35 points avec les Ducks et ensuite seulement 5 buts et 22 points avec l’Avalanche. 
 
C’est avec ces derniers qu’il put toutefois franchir de justesse l’illustre cap des 600 buts, terminant sa carrière dans la LNH avec un total de 601 buts, 797 passes pour 1398 points en 1251 matchs. Il était alors le recordman des points pour les joueurs européens. Il a depuis été détrôné de cette distinction par Selanne (1457) , Alex Ovechkin (1673 - au moment d’écrire ces lignes) et finalement le meneur, et #2 de tous les temps dans la LNH, Jaromir Jagr avec 1921 points.

Pour leur part, malgré que les Devils n'ont pas remporté le championnat d'Italie durant le court séjour de Kurri, et qu’ils ont disparu rapidement de la scène par la suite, ils ont toutefois soulevé le trophée les trois printemps suivants avant que le club ne soit aboli, soit en 1992, 1993 et 1994.
 
Sylvio Berlusconi (à droite) avec son club des Devils de Milan

 
Sources:
https://www.eishockeyblog.ch/als-kurri-nach-mailand-kam/
https://seura.fi/seuran-mies/miksi-jari-kurri-pelasi-kesken-nhl-uransa-kauden-italiassa/
https://www.nhl.com/kings/news/jari-kurri-almost-a-red-wing-before-he-became-a-king-285678450
https://oilersnation.com/news/an-oral-history-of-how-jari-kurri-left-the-edmonton-oilers-to-play-hockey-in-italy 

mercredi 14 mai 2025

Roger Jenkins


 

 

Le défenseur Roger «Broadway» Jenkins est né 18 novembre 1911 à Appleton au Wisconsin. Sa famille déménagea toutefois à Port Arthur en Ontario lorsqu'il n'avait que trois ans. 

Après avoir joué son junior à Thunder Bay et une saison senior à Edmonton, il devint la propriété des Black Hawks pour la saison 1930-31. Cependant, les Black Hawks le prêtèrent aux Maple Leafs avant que la saison commence et c'est donc avec Toronto qu'il fit ses débuts professionnels. Après 21 matchs avec les Leafs, il fut retourné à Chicago pour finir cette première saison où il n'obtint qu'une seule passe. 

La saison suivante, il fut recalé avec les obscurs Tigers du Bronx de la Canadian-American Hockey League, l'ancêtre de la AHL moderne. Les Tigers n'existeront que durant cette seule saison 1931-32. La saison suivante, Jenkins fut rapatrié à Chicago où il joua enfin une saison complète et récolta de bonnes statistiques avec 3 buts et 10 passes en 46 matchs, soit le meilleur rendement chez les défenseurs de l'équipe. Il évoluait aussi parfois comme attaquant.

En 1933-34, il joua encore toute la saison à Chicago, mais n'obtint que 4 points. Il fut toutefois en poste durant l'entièreté des séries éliminatoires et aida le club à remporter sa première Coupe Stanley. Avant que les séries commencent, Jenkins avait parié avec le gardien des Hawks Charlie Gardiner que s'ils gagnaient la coupe, il paraderait Gardiner en brouette dans les rues de Chicago lors de la parade. 

Jenkins tint parole.

Jenkins transportant Charlie Gardiner lors de la parade de 1934
 

Gardiner devint le seul gardien capitaine à remporter la Coupe Stanley dans l'histoire de cette dernière. Cependant, il souffrait d'une infection aux amygdales depuis deux saisons, et jouait constamment malgré la douleur, la fatigue et même des convulsions. Il dut même quitter le match décisif en finale contre les Red Wings, après la 3e période toujours avec une égalité de 0-0. Le match se termina en 2e période de surtemps sur un but de Mush March (tout un nom). Gardiner remporta également le Vézina cette saison-là. Malheureusement, son infection prit de l’ampleur et il mourut d'une hémorragie cérébrale deux mois après avoir été transporté en brouette par Jenkins.

Lors de l'entre-saison 1934, Jenkins fut impliqué dans une méga transaction alors que la légende du Canadien Howie Morenz prit (dans la controverse) le chemin de Chicago. En retour de Morenz, du gardien Lorne Chabot et du défenseur Marty Burke, le Canadien obtint l'excellent Lionel «Big Train» Conacher, l'attaquant Leroy Goldsworthy ainsi que Jenkins. Conacher fut toutefois échangé aussitôt aux Maroons où il avait déjà joué dans le passé.


Jenkins continua donc sa carrière avec le CH et obtint 4 buts et 6 passes en 1934-35. Il fut toutefois échangé à prix fort après cette seule saison, cette fois-ci aux Bruins. En retour de seulement Jenkins, le CH obtint le controversé et excentrique Jean Pusie et aussi le défenseur Walt Buswell qui jouera 5 solides saisons avec le faible club montréalais.

Donc Jenkins joua en 1935-36 pour un cinquième club différent en six saisons (en incluant les Tigers du Bronx). Il récolta 8 points en 42 matchs. 

Mais, encore une fois, il fut impliqué dans une autre transaction d'importance avant la saison suivante. Cette fois-ci, il retourna avec le Canadien en compagnie du légendaire Babe Siebert. En retour, les Bruins rapatrièrent Leroy Goldsworthy, en plus de mettre la main sur Sammy McManus ainsi qu'un montant de 10 000$.

Cependant, les Canadiens n'avaient que très peu de plan pour ce deuxième séjour de Jenkins. Ils le firent jouer 10 matchs sans histoire avant de le laisser languir dans les gradins. Il fut finalement libéré à la mi-décembre 1936. Le soir même, les Maroons lui firent signer un contrat d'urgence pour colmater leur défense. Mais ce ne fut que son seul et unique match avec les Maroons et il fut également laissé de côté pour les prochains matchs. Il fut finalement prêté aux Americans de New York, son 3e club de la saison. Il est d'ailleurs un des premiers joueurs de l'histoire de la ligue à avoir joué pour trois équipes durant le même calendrier.

Libéré par les Americans après la saison, il débuta ensuite celle de 1937-38 sans contrat. Il fut toutefois signé quelques semaines plus tard par son premier club, les Black Hawks. L'air de Chicago sembla parfaitement lui convenir puisqu'il retrouva finalement son aplomb, obtenant 9 points en 37 matchs, et aidant de nouveau l'équipe à remporter la Coupe Stanley. Cette fois-ci il fut un contributeur majeur en séries, obtenant 6 points en 10 matchs. 

Les Hawks de 1938 sont souvent considérés comme un des pires clubs à avoir remporté la Coupe. Le club avait raté les séries l'année précédente et s'étaient faufilé en séries avec une fiche de 14 victoires, 25 défaites et 9 nulles, ce qui était quand même bon pour la dernière position donnant accès aux séries dans leur division. Sur leur chemin, ils éliminèrent d'abord les Canadiens, et ensuite les Americans en deuxième ronde, soit deux clubs ayant abandonné dans le cas de Jenkins la saison précédente. Ils éliminèrent ensuite les Leafs en 4 matchs (d'une série 3 de 5). Les Leafs étaient également une ancienne équipe de Jenkins, mais comme vous pouvez voir, il a pas mal joué partout...

Leur pourcentage de victoire de .291 en saison demeure à ce jour un record pour un club champion de la coupe. Ils sont également le club champion ayant le moins de membres du temple de la renommée, seulement un en fait, le défenseur Earl Siebert.

Et encore une fois, j'imagine par tradition, Jenkins avait fait le pari avec le gardien des Black Hawks, cette fois-ci Mike Karakas, qu'il le transporterait en brouette. Je n'ai pas trouvé de photo cette fois-ci, seulement cette coupure de journal.


Les Black Hawks de 1938 étaient également l'équipe avec les plus de joueurs nés aux États-Unis ayant leur nom gravé sur la coupe avec 8 joueurs, incluant Jenkins.

Suite à cette deuxième coupe pour Jenkins (et les Hawks), il débuta la saison suivante à Chicago mais fut libéré après 14 matchs. Il fit alors un énième retour avec une ancienne équipe, en retournant avec les Americans de New York. C'est avec eux qu'il termina son parcours dans la LNH. Et son dernier match en saison régulière ne fut même pas complété en tant que patineur. Lors du dernier match de la saison des Americans contre les Rangers, le gardien Earl Robertson se blessa durant la deuxième période. N'ayant aucun substitut, ce fut Jenkins qui fut délégué pour remplacer Robertson. Alors qu'ils tiraient déjà de l'arrière 4-2, Jenkins alloua 7 buts et les Americans perdirent ce match 11-5, soit leur pire défaite de la saison. Ils atteignirent toutefois les séries mais s'inclinèrent en 2 matchs contre les Maple Leafs.

La saison suivante, Jenkins fut vendu aux Indians de Springfield de Eddie Shore dans la AHL. Après une saison à Springfield, il joua trois ans avec les Bears de Hershey et fut élu au passage sur l'équipe d'étoiles en 1942-43. Il mit ensuite le cap vers l'ouest pour terminer sa carrière dans les niveaux mineurs de l'ouest nord-américain. Il joua d'abord la saison 1943-44 avec les Iron Workers de Seattle de l'obscure Northwest International Hockey League, ligue purement amateure qui jouait seulement les dimanches... La NIHL se renomma sous le nom de la Pacific Coast Hockey League la saison suivante. Jenkins suivit, cette fois-ci avec les Stars de Seattle. Il joua ensuite pour les Ironmen de Seattle et termina finalement sa longue carrière en 1948 après deux saisons avec les Rockets de Tacoma.

En 327 matchs dans la LNH, sa fiche fut de 15 buts et 39 passes pour 54 points. Il aura joué pour 6 clubs de la LNH, à une époque où l'on comptait entre 7 et 10 équipes par saison. Les seuls clubs où il n'aura pas joué durant son passage furent les Rangers, les Red Wings, les Quakers de Philadelphie (1930-31) et les Senators d'Ottawa/Eagles de St.Louis, 

Donc malgré une carrière assez anonyme, il aura tout de même laissé sa trace particulière, obtenant au passage deux coupes Stanley et ayant été impliqué dans plusieurs transactions majeures de l'époque. On peut dire qu'il a roulé sa brouette...


vendredi 4 avril 2025

Les grands voyageurs #16 - Dave McLlwain

 


 

Le trophée O'Brien

Lors de la saison 1977-78, le défenseur Dennis O'Brien marqua l'histoire en devenant le premier joueur à disputer au moins un match pour 4 équipes différentes durant la même saison. Cela lui aura valu, 40 ans plus tard, de voir un trophée à son nom à La Vie Est Une Puck pour le joueur qui a joué pour le plus d'équipes durant la saison.

Mais lors du brainstorm pour la création de ce trophée, on pensait d'abord nommer ce trophée en l'honneur de celui qui répéta l'exploit en 1991-92, nul autre que Dave McLlwain. On s'est finalement rabattu sur O'Brien, le OG, mais aujourd'hui on tient quand même à faire une place à McLlwain en lui accordant finalement une bio. 

David Allan McLlwain et né le 9 juin 1967 à Seaforth en Ontario, même ville d'origine que plusieurs joueurs de renom comme Cooney Weiland et Ryan O'Reilly. 

Joueur de centre de 6'-0" et 185 livres, McLlwain débuta son stage junior en 1984-85 avec les Rangers de Kitchener mais fut échangé aux Centennials de North Bay la saison suivante, saison qui résulta sur sa sélection tardive en 9e ronde (174e au total) par les Penguins de Pittsburgh au repêchage de 1986.

Il termina ensuite la saison 1986-87 avec 119 points, au deuxième rang de la OHL. Il participa également aux championnat junior de 1987, ce fameux tournoi qui vit la Russie et le Canada être disqualifiés suite à une bagarre générale.  


Il débuta ensuite son parcours professionnel en 1987-88, parvenant à se tailler un poste avec les Penguins, à l'exception de 9 matchs dans la IHL avec les Lumberjacks de Muskegon. Il récolta 19 points dont 11 buts en 66 matchs pour cette saison recrue.

Il sembla régresser la saison suivante et ne joua que 24 matchs à Pittsburgh (3 points) et il passa la majorité de la saison à Muskegon, les aidant à remporter la coupe Turner. 

Ce fut sa dernière saison à Pittsburgh car durant l'été 89, il fit partie d'une transaction de 6 joueurs entre les Penguins et les Jets de Winnipeg. En compagnie de Randy Cunneyworth et le gardien Rick Tabbaracci, McLlwain prit le chemin du Manitoba. En retour, les Penguins mirent la main sur Jim Kyte, Randy Gilhen et Andrew McBain.

McLlwain répondit parfaitement à cet échange, récoltant des sommets en carrière de 25 buts et 51 points en 1989-90. Cela sembla toutefois être bien éphémère alors qu'il régressa à seulement 25 points en 1990-91.

Vint ensuite sa fameuse saison à 4 équipes en 1991-92.

Après seulement 3 matchs en début de saison avec les Jets, il passa aux Sabres de Buffalo dans un échange impliquant 5 joueurs et un choix au repêchage qui devint Yuri Khmylev chez les Sabres. Mais seulement 2 semaines plus tard, il fit partie d'un autre échange encore plus gros, celui de Pierre Turgeon/Pat LaFontaine entre les Sabres et Islanders de New York. McLlwain, Turgeon, Benoit Hogue et Uwe Krupp devinrent alors des Islanders, tandis que Lafontaine, Randy Hillier et Randy Wood devinrent des Sabres.

Il joua donc pour les Islanders pour les 54 matchs suivants, amassant 23 points. Mais lors de la date limite des transaction au printemps 1992, il passa aux Maple Leafs de Toronto en compagnie de Ken Baumgartner. En retour, les Islanders mirent la main sur Claude Loiselle et Daniel Marois.

Donc si vous étiez parmi ces nombreux collectionneurs de cartes autour de 1992, vous deviez avoir pas mal de versions de Dave McLlwain:




Après autant de mouvement, il put au moins réaliser un rêve d'enfance de pouvoir jouer à Toronto devant les siens. Il fut «récompensé» en 1992-93 en jouant la saison entière avec les Leafs, amassant 18 points en 66 matchs.

Mais ce fut encore une fois très bref dans la ville reine alors qu'il signa avec les Sénateurs d'Ottawa durant l'été 1993, et connaitra sa deuxième meilleure récolte en carrière en 93-94 avec 43 points. Après une demie-saison moyenne en 1995, les Sénateurs s'en débarrassèrent, tout d'abord en le prêtant dans la IHL aux Lumberjacks de Cleveland. 

Parenthèse ici pour parler des Sens, qui faisaient alors véritablement honneur à leur jeune réputation de club broche à foin, puisqu'au même moment, le club versait plus de 2,5 millions en salaire à des joueurs qui n'étaient même plus dans la LNH... 

Je recopie ici un texte du Soleil du 8 décembre 1995:

«Les infortunés Sénateurs d’Ottawa ont retourné hier aux mineures les vétérans Dave Archibald et Scott Levins. Puisqu’Archibald recevra quand même son salaire de 400 000 $ à l’île-du-Prince-Édouard, les Sénateurs devront désormais verser quelque 2.5 millions à des joueurs qui ne sont pas dans la LNH. L’équipe verse environ 19 millions en salaires. Pat Elynuik (850 000$), Brad Shaw (550 000$), Chris Dahlquist (550 000$), Dave McLlwain (450 000$), Darrin Madeley (300 000$) et Sylvain Turgeon (150 000$) appartiennent tous aux Sénateurs même si aucun d’eux ne joue à Ottawa. Ils écoulent tous leurs contrats garantis dans la LIH. Les Sénateurs doivent également honorer les contrats de l’ancien entraineur Rick Bowness et de son adjoint Alain Vigneault, ainsi que celui de l’ex-directeur général Mel Bridgman.


 

Mais McLlwain était loin d'être fini car il amassa 75 points dont 30 buts en 60 matchs dans la IHL. Il évoluait avec le même club qu'il avait auparavant porté les couleurs, les Lumberjacks, qui étaient toutefois déménagés à Cleveland. Les Lumberjacks demeuraient toujours le club-école des Penguins et c'est en quelque sorte ce qui dicta la suite des choses. Les Sénateurs trouvèrent finalement preneur pour les services de McLlwain en mars 1996 lorsqu'il retourna aux Penguins en retour d'un choix de 8e ronde.

Après avoir fait ce court retour avec les Penguins, il retourna avec les Lumberjacks en 1996-97. Il parvint toutefois à revenir dans la LNH pour 4 matchs en fin de saison avec un autre ancien club, les Islanders. Ce furent ses derniers matchs dans la LNH.

Il mit ensuite le cap sur la ligue allemande en 1997-98 avec le Landshut EV. S'en suivit par après 2 saisons avec le HC Berne dans la ligue Suisse.

En 2000-01, il retourna dans la ligue allemande avec les Sharks de Cologne. Il y connaitra alors ses années les plus stables, jouant avec le club jusqu'à sa retraite en 2009.

Il termina deux fois en tête des pointeurs de la DEL, soit en 2005-06 et 2006-07. Il fut élu capitaine des Sharks pour ses trois dernières saisons et demeure à ce jour le 2e meilleur pointeur de l'histoire de l'équipe.

L'équipe lui a rendu honneur lors de sa retraite et à ce qu'on peut entendre ici, il avait même appris un peu d'Allemand...


En 501 matchs dans la LNH, il amassa 100 buts et 107 passes pour 207 points.

Il fallut ensuite attendre jusqu'en 2014-15 pour revoir un joueur faire 4 équipes en une saison lorsque Mark Arcobello réédita l'exploit, suivi quelques années plus tard de Jussi Jokinen en 2017-18.

jeudi 29 août 2024

Trêve de hockey #110 - Joel Youngblood


Récemment, Danny Jansen a accompli un exploit cocasse. Le 26 juin, il a pris part à un match des Blue Jays, qui affrontaient alors les Red Sox. Toutefois, le match a été interrompu par la pluie. Il a depuis été échangé à Boston.

Le 26 août, le même match a été repris. Le gérant Alex Cora a donc annoncé qu’il utiliserait Jansen. Celui-ci a donc participé au match en jouant pour les deux équipes impliquées, bien que son fait d’armes ait été réalisé à deux mois d’écart. Le fait que des matchs peuvent être interrompus par la pluie rend cette situation presque exclusive au baseball. (Quoique, si Pierre Gauthier a échangé Mike Cammalleri pendant un match, qui sait, il aurait pu le refiler à son adversaire de la soirée et rendre la chose possible au hockey…)

Par contre, il y a 42 ans, les Expos ont été au milieu d’une situation abracadabrante qui, selon moi, est encore plus particulière. Mais avant d’en arriver à cette journée particulière, reculons un peu dans le temps.

Joel Youngblood a été repêché par les Reds de Cincinnati en 1970. Il prit toutefois un certain temps avant de se faire une (petite) place au sein de la grosse machine rouge, une des équipes dominantes des années 1970. Il fit finalement ses débuts dans les majeures et joua 55 matchs en 1976. Du même coup, il fit partie de l’équipe championne de la série mondiale. Son séjour à Cincinnati fut toutefois de courte durée. À la fin de la saison, il fut échangé aux Cardinals, où il ne passa que quelques mois, avant se retrouver avec les Mets.

C’est finalement à New York, dans une équipe faible, qu’il fit sa place. Il participa d’ailleurs au match des étoiles en 1981.

Par contre, en 1982, son étoile avait pâli et il était devenu réserviste. Le 4 août, les Mets jouaient à Chicago contre les Cubs. Le match débutait à 14h35.

C’est à la troisième manche que Youngblood a réussi un simple bon pour deux points contre Ferguson Jenkins. Il a par la suite appris qu’il avait été échangé aux Expos contre un joueur à être nommé plus tard. (Le lanceur Tom Gorman prit éventuellement le chemin de New York le 16 août.) Il prit ses affaires et se dirigea vers l’aéroport. Il dut toutefois rebrousser chemin, car il avait oublié son gant. Il prit finalement son avion vers 18h en direction de Philadelphie, où jouaient les Expos à 19h35.

C’est donc au milieu du match qu’il put se rendre au stade. En sixième manche, le gérant Jim Fanning l’inséra dans l’alignement pour remplacer Jerry White, blessé, au champ droit. Il en profita pour frapper un coup sûr aux dépends de Steve Carlton.

Ainsi, il est devenu le premier joueur à disputer deux matchs le même jour, dans deux villes différentes. Il fallait donc que les deux équipes jouent dans des villes relativement proches, que le transport soit disponible, que les deux matchs n’aient pas lieu à la même heure et que la transaction se passe au moment propice.

La seule situation presque semblable qui a eu lieu s’est passée le 30 mai 1922, alors que les Cardinals et les Cubs se sont échangé Max Flack et Cliff Heathcote au milieu d’un programme double. Ils ont donc joué deux matchs en un jour pour deux équipes différentes, mais dans leur cas, contrairement à Youngblood, les deux parties ont eu lieu dans la même ville.

Fait intéressant, Youngblood, pourtant pas une si grande menace offensive, a réussi un coup sûr dans les deux parties, et dans les deux cas, ce fut aux dépends d’un futur membre du Temple de la renommée (Jenkins et Carlton).


Youngblood mentionna d’ailleurs que s’il s’était donné la peine de rejoindre sa nouvelle équipe aussi rapidement, c’est qu’il voulait montrer aux Expos son enthousiasme à se joindre à eux, alors qu’il était souvent laissé de côté avec les Mets. Pourtant, celui qu’on a acquis principalement pour sa polyvalence en défensive ne fit finalement que passer à Montréal. Son contrat expira à la fin de la saison et on lui accorda son statut de joueur autonome. Il signa ensuite avec les Giants, avec qui il demeura pendant six ans. Il boucla la boucle en faisant un bref passage avec l’équipe qui l’avait repêché, Cincinnati, en 1989.

Il fut par la suite instructeur avec les Reds, les Brewers, les Orioles et les Diamondbacks, en plus d’œuvrer à différents niveaux dans les mineures.

Sources :

″Un réserviste qui jouera régulièrement″ de Michel Blanchard, 5 août 1982, La Presse, page S2,

″Au cas où Dawson…″ de Michel Blanchard, 5 août 1982, La Presse, page S2,

″Youngblood avait oublié son gant!″ de Michel Blanchard, 5 août 1982, La Presse, page S4,

″Expos get Youngblood″ de Brian Kappler, Montreal Gazette, August 5, 1982, page C7,

″Bloc-notes″ de Michel Blanchard, 6 août 1982, La Presse, page S2,

″Une polyvalence… … qui se fait déjà sentir″ de Michel Blanchard, 6 août 1982, La Presse, page S4,

″Jouer pour deux équipes… dans un même match″, PC, 26 août 2024, RDS (rds.ca),

wikipedia.org.

vendredi 12 juillet 2024

Retrouver ses chums




J'adore parler des Oilers d'antan, surtout ce qui s'est passé en coulisses après les nombreuses coupes et la dynastie des années 80. Avec un groupe aussi explosif de joueurs vedettes, il est très intéressant d'analyser leurs allées et venues durant la deuxième moitié de leur carrière qui s'adonnait justement à se passer durant les fastes années 90, où les salaires allaient en montant et où les grosses transactions devenaient monnaie courante.

Mais ce que j'ai pensé analyser aujourd'hui sont plutôt les nombreuses expériences de réunions de ces ex-Oilers durant les années 90 où l'on tenta maintes fois de recréer la recette Oilers ou peut-être simplement de plaire ou satisfaire les Wayne Gretzky et Mark Messier qui désiraient probablement revoir leurs vieux potes.

En commençant tout d'abord chez les Kings, quelques années après «l'échange», Gretzky a pu être réuni à plusieurs reprises avec ses anciens chums des Oilers. Tout d'abord à l'automne 1991 lorsqu'il fut finalement, et certains diront inévitablement, réuni avec son numéro 2 de prédilection, Jari Kurri. Ce dernier venait de passer la saison 1990-91 en Italie suite à une dispute contractuelle à Edmonton. Tout le monde s'attendait à ce que son retour dans le LNH se fasse avec les Kings et c'est ce qui se produisit lors d'un échange à trois équipes impliquant les Flyers, les Kings et les Oilers. 

Et ensuite, pourquoi ne pas ajouter un autre ex-Oiler à la défense pour les Kings? Au même moment de l'arrivée de Kurri, on vit le défenseur Charlie Huddy rejoindre les Kings en 91-92, suite à un échange avec les North Stars, eux qui avaient obtenu Huddy des Oilers lors du repêchage d'expansion compliqué de 1991. Il fut inclus dans une transaction envoyant le surestimé Todd Elik au Minnesota.

Plus tard lors de cette même saison 1991-92, on amena également Paul Coffey avec les Kings lors d'un autre échange à trois équipes impliquant de nouveau les Flyers, ce même échange qui envoya Mark Recchi à Philadelphie et Rick Tocchet à Pittsburgh.

Gretzky entouré de Luc Robitaille, Jari Kurri et Paul Coffey au match des étoiles de 1993.

Gretzky entouré de Marty McSorley et Charlie Huddy

Grant Fuhr

Le séjour de Coffey à L.A. fut toutefois assez court, alors qu'il fut échangé aux Red Wings durant la saison 1992-93. 

Gretzky et Kurri furent toutefois réunis quelques temps après avec leur ancien portier de longue date, le gardien Grant Fuhr, durant la saison 1994-95 après une transaction avec les Sabres. Le séjour de Fuhr à L.A. fut toutefois une expérience ratée alors qu'il ne put faire mieux qu'une pénible fiche de 1-7-3 en 14 matchs au sein d'une équipe des Kings en déroute. Il quitta pour St.Louis après la saison.

Mais pendant tout ce temps il y avait également d'autres ex-Oilers qui se cherchaient un nouveau nid quelque part. Et nulle part ailleurs que chez les Rangers de New York l'on vit apparaître le plus grand contingent de ces ex-dynastiens.

Le premier fut le jeune Adam Graves qui se vit offrir plus d'argent à New York qu'à Edmonton comme agent libre en 1991-92. La perte de ce joueur fut la goutte qui fit déborder le vase pour le capitaine Mark Messier. Estimant que les Oilers ne désiraient plus mettre les efforts financiers nécessaires pour continuer à compétitionner, il exigea un échange. Après quelques semaines de grève, il prit finalement lui aussi le chemin de Broadway en retour de Bernie Nicholls, Steven Rice et Louis DeBrusk.

En plus de Messier, les Rangers obtinrent également des «considérations futures» des Oilers. Ces considérations futures se transformèrent finalement en un autre échange qui envoya le défenseur Jeff Beukeboom aux Rangers en retour de David Shaw. Membre de trois coupes des Oilers, Beukeboom jouera avec les Rangers jusqu'en 1999.

Donc Messier, Graves et Beukeboom débutèrent l'aventure ensemble à New York et transformèrent la franchise. Mais après une saison 1991-92 qui se solda par un trophée du Président pour les Rangers, la saison 92-93 fut un flop et ils ratèrent les séries. Cela mena le DG Neil Smith à retourner au boulot et continuer le pillage en règle de ce qui restait de Oilers d'antan. 

Glenn Anderson
Il avait auparavant débuté ce travail durant la saison 92-93, obtenant d'abord le défenseur Kevin Lowe en décembre 1992. Lowe avait été nommé capitaine suite au départ de Messier mais se retrouva lui aussi en dispute contractuelle, ce qui le mena à trois mois de grève de sa part au début de la saison. Il fut finalement échangé aux Rangers en retour de Roman Oksiuta et un choix de 3e ronde. Lowe était le dernier Oiler encore avec l'équipe depuis les débuts de l'équipe dans la LNH en 1979, et il était également le dernier du club des 7 joueurs à avoir été membre des 5 coupes des Oilers, les autres étant Messier, Kurri, Fuhr, Huddy, Glenn Anderson et Randy Gregg.

Ensuite, vers la fin de cette saison 1992-93, un autre Oiler prit le chemin de NY en la personne de Esa Tikkanen, en retour du futur capitaine des Oilers Doug Weight. Tikkanen avait précédemment lui aussi été en dispute avec Glen Sather en regard à son contrat, étant retourné à reculons à Edmonton.

Ces ajouts, ainsi que d'autres transactions avec d'autres équipes (Steve Larmer entre autres), menèrent les Rangers à un autre trophée du président. Et comme renforts finaux provenant de ces anciens Oilers, Smith se permit d’acquérir à la date limite des transactions un autre capitaine des Oilers, le récalcitrant du casque Craig MacTavish, attribué du «C» depuis le départ de Lowe. Le même jour, il acquit la dernière pièce du puzzle, l'attaquant Glenn Anderson, qui était membre des Maple Leafs depuis la saison 1991-92. En retour, les Leafs mirent la main sur le prolifique Mike Gartner dans ce que j'appelle affectueusement le meilleur échange «moustache contre moustache» de l'histoire.

Parmi les Rangers de 1994, on retrouvait les ex-Oilers Adam Graves,
Mark Messier et Kevin Lowe


Donc c'est avec 7 ex-huileux (Messier, Graves, Anderson, MacTavish, Beukeboom, Lowe, Tikkanen) que les Rangers de 1994 mirent la main sur cette coupe qu'ils recherchaient depuis 1940. Cette coupe est souvent considérée comme étant la 6e coupe non-officielle de la dynastie des Oilers.

Mais revenons à Gretzky et les Kings. Suite à la défaite en finale de 1993, l'équipe débuta immédiatement une pente descendante. En fait on peut dire que la franchise déboula la pente. Le propriétaire des Kings Bruce McNall fut reconnu coupable de fraude en décembre 93 et fut forcé de vendre l'équipe à de nouveaux propriétaires qui eurent de la difficulté à renflouer l'équipe. Les excès financiers de McNall avaient grandement nui aux finances des Kings qui eurent même de la difficulté à payer leurs joueurs. Donc de nombreuses vedettes des Kings durent être échangés, comme Luc Robitaille et Alexei Zhitnik. 

Frustré de la situation, Gretzky demanda à être échangé, ce qui se produisit en février 1996 lorsqu'il prit le chemin de St.Louis. Les Kings reçurent bien peu en retour de Gretzky, le meilleur élément fut l'attaquant Craig Johnson dont j'ai parlé l'autre jour...

Peu après le départ de Gretzky, c'est Jari Kurri qui quitta le bateau, étant échangé aux Rangers, retrouvant de nouveau une floppée d'ex-Oilers, mais quand même moins qu'en 1994 alors que Anderson, MacTavish et Tikkanen avaient tous quitté depuis ce temps. Mais parmi les autres joueurs qui suivirent Kurri à New York, il y avait l'ex-King et ex-Oiler Marty McSorley à prendre en considération.

Jari Kurri

On put toutefois voir durant quelques semaines une réunion Messier-Kurri à New York, ce qui, combiné avec la présence de Pat Verbeek et Luc Robitaille, en faisait une édition assez particulière et éphémère des Rangers...

En fait, beaucoup de ces ex-Oilers, et maintenant ex-Rangers, étaient désormais à St.Louis. Après la conquête des Rangers de 1994, Mike Keenan quitta NY pour St.Louis à gros prix, où il devint coach et DG. Il se dit alors que si la recette d'ex-Oilers était bonne, il serait encore plus gagnant de mixer deux recettes, soit des ex-Oilers et ex-Rangers... et Brett Hull.

C'est donc durant cette étrange saison 95-96 que les Blues obtinrent dans l'ordre les joueurs suivants:
- Grant Fuhr, comme agent libre après sa désastreuse saison 94-95 avec les Kings
- Brian Noonan, comme agent libre après deux ans avec les Rangers
- Stéphane Matteau, héros de 1994 obtenu des Rangers en décembre 1995 contre Ian Laperrière
- Wayne Gretzky, des Kings en février 1996
- Craig MacTavish, des Flyers en mars 1996 en retour de Dale Hawerchuk
- Charlie Huddy, des Sabres en mars 1996 en retour de Denis Hamel
- Glenn Anderson, obtenu au ballotage des Oilers (où il avait fait un court retour) en mars 1996

Keenan avait aussi précédemment fait l’acquisition de Doug Lidster, Greg Gilbert et Esa Tikkanen des Rangers durant la saison 1994-95 mais cela ne fut que temporaire alors que les trois quittèrent les Blues avant l'arrivée de Gretzky.



L'expérience ex-Oilers et/ou Rangers à St.Louis ne fonctionna pas comme prévu, notamment par une chimie Hull/Gretzky qui n'était pas aussi explosive que l'on imaginait. Et après l'élimination des Blues par les Red Wings au printemps 1996, et plusieurs critiques de Keenan envers Gretzky, beaucoup de ces joueurs ne furent pas de retour en 1996-97, principalement Gretzky, qui quitta pour... évidemment les Rangers.

Maintenant en 1996-97, on vit enfin la réunion Gretzky-Messier à New York. Cependant, on manqua l'occasion de voir le «big three» réuni car Kurri signa comme agent libre avec les Mighty Ducks, retrouvant pour sa part lui aussi un ami de son propre côté, le spectaculaire Teemu Selanne. Les Rangers de 1996-97 ne ressemblaient plus beaucoup à ceux de 1994, ni aux anciens Oilers qui commençaient à prendre leurs retraites respectives. Kevin Lowe était retourné terminer sa carrière avec les Oilers. Beukeboom et Graves étaient toujours là mais Gretzky n'avait même pas joué avec Graves à Edmonton et très peu avec Beukeboom. Mais il put tout de même revoir un autre vieux chum lorsque Tikkanen fut réacquis par les Rangers en fin de saison, contribuant d'ailleurs à 9 buts en 15 matchs en séries.

 

Toutefois, cette ultime réunion ne fut que temporaire et le portrait était bien différent en 1997-98 avec notamment une autre réunion, celle de Mike Keenan et Mark Messier à Vancouver (avec des résultats désastreux). Avec les Rangers en 97-98, il n'y avait plus que Beukeboom comme ancien allié des Oilers pour Gretzky, alors que Tikkanen était lui aussi parti, pour Washington dans son cas.

Gretzky et les Rangers ratèrent les séries lors des deux années suivantes. Il fut toutefois réuni de nouveau avec Tikkanen en 98-99 lors d'un troisième tour de piste à NY pour ce dernier qui quitta également la LNH après cette saison.

Par la suite, il ne restait plus que l'éternel Messier comme joueur actif au tournant du millénaire et l'ère de ces réunions d'ex-Oilers/Rangers/Blues était désormais chose du passée. La seule réunion qu'on put voir était celle de Messier lui-même qui retourna à New York en 2000-01 après le fiasco Vancouver. Il retrouva alors quelques vieux copains de 1994 comme Graves, Brian Leetch et Alex Kovalev (lui aussi en retour d'exil).

Kovalev fut d'ailleurs le dernier joueur encore actif de la coupe de 1994 lorsqu'il prit sa retraite.



C'était donc les nombreuses réunions des Ex-Oilers et Rangers. Mais il y eut de nombreuses autres réunions de chums à travers les âges mais j'ai gardé ça pour une deuxième partie. À la revoyure donc.

dimanche 16 juin 2024

Échanger Jacques Lemaire

 


 


Durant sa carrière de joueur qui dura de 1967 à 1979, Jacques Lemaire a exclusivement joué pour le Canadien de Montréal, remportant 8 coupes Stanley ainsi que 835 points en 853 matchs. Il devint plus tard entraineur du CH et ensuite des Devils où il fut largement crédité (à tort ou à raison) pour avoir inventé «la trappe». Il devint plus tard le premier entraineur du Wild du Minnesota et fit ensuite un bref retour au New Jersey. Après quelques années comme conseiller à Toronto, il est depuis 2018 conseiller de l'état major des Islanders avec son vieil ami Lou Lamoriello.

Mais dans tout ça, saviez-vous que Jacques Lemaire a déjà été échangé? Et pas durant sa carrière de joueur?

Vous pensiez probablement que je parlais de cette fameuse carte O-Pee-Chee 1974-75 où les gars l'ont échappé solide, croyant une rumeur selon laquelle Lemaire avait été échangé aux Sabres de Buffalo pour ensuite le airbrusher dans le style typique d'O-Pee-Chee.

Mais il n'en était rien et Lemaire continua et termina sa carrière de joueur à Montréal. 

Non. «L'échange» dont je parle se produisit beaucoup plus tard, soit en juin 2000. Voici cet échange selon hockeydb:

2000-Jun-12
Rights traded from Montreal Canadiens to Minnesota Wild for round 6 pick in the 2001 draft

Donc, avant leur saison inaugurale, le Wild du Minnesota acquirent les droits sur leur premier entraîneur Jacques Lemaire en retour d'un choix de 6e ronde au repêchage de 2001.

Beaucoup de questions doivent traverser votre esprit... 

D'abord, pourquoi un joueur à la retraite se retrouve à voir ses droits échangés? De plus, Lemaire a entraîné d'abord au New Jersey après Montréal. Ce ne serait pas plutôt les Devils qui auraient dû recevoir une compensation pour voir Lemaire partir au Minnesota?

Et bien d'abord, il n'est pas unique de voir une équipe recevoir une compensation lorsqu'un entraîneur signe avec une autre équipe. C'est arrivé dans le cas de Michel Bergeron, qui fut échangé en tant qu'entraîneur des Nordiques aux Rangers en 1987. C'est aussi possible de voir des joueurs retraités se voir inclure dans un repêchage d'expansion, sujet dont j'ai parlé abondamment l'autre jour...

Donc dans le cas de Lemaire en 2000, ce n'était pas si unique que ça. Cependant pourquoi c'est le Canadien qui reçut un choix et non pas les Devils? 

Et bien un chapitre quelque peu oublié de la carrière de Lemaire fut son bref retour dans l'organisation du Canadien, entre ses séjours d'entraîneur des Devils et du Wild.

En décembre 1998, Jacques Lemaire était toujours à l'emploi des Devils comme consultant, depuis qu'il avait précédemment démissionné de son poste d'entraîneur suite à l'élimination de son équipe en première ronde contre les Sénateurs au printemps précédent. 

Cependant, son grand ami Réjean Houle, ayant besoin de renforts durant cette difficile saison 1998-99, fit appel à Lemaire comme nouveau conseiller. Lemaire accepta l'offre et revint ainsi dans le giron du CH. Comme les Devils ne devaient plus que quelques semaines de salaire à Lemaire, ils ne demandèrent aucune compensation au CH. De plus qu'il ne s'agissait que d'un poste de conseiller et non pas d'entraîneur ou DG.

Le Devoir, 28 décembre 1998

Plusieurs fans et commentateurs sportifs eurent alors espoir de voir Lemaire éventuellement remplacer Houle comme DG. Mais Lemaire assura son ami qu'il n'avait aucune intention de voler son poste, ni de devenir entraîneur, estimant être heureux dans ce rôle de «semi-retraité». Il occupa d'ailleurs la majorité de son temps comme consultant à distance à partir de la Floride... 

Il avait déjà occupé de telles fonctions auprès de Serge Savard suite à son départ comme coach du CH en 1984-85. D'ailleurs, une autre facette de la carrière administrative de Lemaire qu'on ignore probablement fut son titre de directeur des opérations hockey du CH entre 1985 et 1988. Il quitta ensuite l'équipe le temps d'une saison en 1988-89 pour devenir DG des Canadiens Jr. de Verdun dans la LHJMQ. Mais après cette seule saison, il revint avec le CH comme assistant à Serge Savard, fonctions qui furent ensuite doublées du titre de DG des Canadiens de Frederiction dans la ligue américaine, tout ça jusqu'à son départ au New Jersey après la conquête de 1993.

Toutefois, en l'an 2000, lorsque l'occasion se présenta de revenir en action avec l'équipe d'expansion du Wild du Minnesota, Lemaire changea son fusil d'épaule et reprit du service, rejoignant son autre ancien coéquipier Doug Risebrough, DG du Wild. Réjean Houle dut d'ailleurs remanier totalement son organigramme organisationnel lors de cette expansion de 2000 puisque Mario Tremblay, également conseiller avec le CH, suivit Lemaire au Minnesota, tandis que Dave King (anciennement assistant entraîneur et recruteur) devint le premier entraîneur des Blue Jackets.

Comme Lemaire était sous contrat avec le tricolore pour encore une saison, le Wild envoya donc comme compensation ce choix de 6e ronde en 2001. Au sujet de cet «échange», Houle déclara «Ce sont des échanges symboliques parce que nous avons toujours dit que nous n’empêcherions jamais un de nos employés de devenir entraîneur-chef. » 

En fait, le CH avait précédemment obtenu un choix compensatoire en 1998 lorsque Jacques Demers fut employé par le Lightning de Tampa Bay comme nouvel entraîneur, ce qui, contrairement à Jacques Lemaire, n'apparait pas sur sa page hockeydb. Un autre échange le concernant est toutefois inclus, celui de 1983 où les Nordiques l'envoyèrent (comme coach) aux Blues de St.Louis, contre Gord Donnelly et nul autre qu'un autre futur coach, Claude Julien...

Donc pour finir, vous vous demandez probablement ce que le CH obtint au final pour le départ de ces anciens employés?

Eric Himelfarb


Avec le choix de 6e ronde de 2001 aquis du Wild, le CH fit la sélection de l'attaquant Eric Himelfarb au 171e rang. Himelfarb joua dans OHL jusqu'en 2004 et ne fut jamais signé par le club. Il passa dans l'organisation des Red Wings par la suite mais ne se rendit jamais à la LNH. Il joua principalement en Suisse jusqu'à sa retraite en 2022.

En ce qui concerne la sélection obtenue en retour de Jacques Demers, le CH sélectionna alors un certain Craig Murray au 201e rang, un joueur qui ne dépassa jamais les rangs universitaires américains, à l'exception d'un seul match dans la ECHL en 2007-08. Quelques rangs plus tard, avec leur véritable choix de 8e ronde, ils sélectionnèrent Michael Ryder.


Sources:
Canadiens hire Jacques Lemaire as consultant, The Record, 28 décembre 1998
Lemaire revient chez le Canadien, le Devoir, 28 décembre 1998
«Le contrat que j'ai avec le Canadien arrive en plein dans mon plan de vie», La Pressse, 12 janvier 1999
Houle s'intéresse aux services de Carbonneau, le Quotidien, 17 juin 2000
Lemaire, entraîneur du Wild, La Voix de l'Est, 20 juin 2000
Houle: «Enseigner aux jeunes est une vocation pour Jacques», La Presse, 20 juin 2000



samedi 18 mai 2024

Joueur oublié des 90's #91 - Craig Johnson

 

 



Pour trouver des joueurs oubliés intéressants pour cette série, ça aide beaucoup d'avoir un nom générique comme Craig Johnson...

Né le 8 mars 1972 à St.Paul au Minnesota, l'attaquant Craig Thomas Johnson évoluait encore au niveau high school lorsque les Blues de St.Louis en firent leur choix de 2e ronde (33e au total) du repêchage de 1990. Il débuta ensuite son parcours universitaire avec les Gophers de l'Université du Minnesota où il joua durant trois ans, optant ensuite d'abandonner sa dernière année d'éligibilité pour plutôt joindre les rangs de l'équipe nationale américaine en vue des Olympiques de 1994. 

Johnson devint ensuite professionnel lors de la saison 1994-95. Après la première demi-saison annulée par la grève et qu'il passa dans la IHL, il parvint à obtenir un poste avec les Blues lors de la reprise des activités. Il marqua même le premier but du club dans leur nouveau domicile, le Kiel Center (aujourd'hui appelé le Enterprise Center). Il ne fut toutefois utilisé que sporadiquement durant cette première saison, terminant l'année avec 6 points en 15 matchs et jouant 1 seul match en séries.

Il débuta la saison 1995-96 avec le grand club, amassant 15 points en 49 matchs et ne faisant qu'un court séjour de 5 matchs dans les mineures. Il fut toutefois inclus dans une transaction majeure en février 1996. 

Au même moment à Los Angeles, insatisfait et déçu de la débandade des Kings depuis la finale de 1993, Wayne Gretzky demanda finalement à être échangé.

En retour de seulement Gretzky, les Kings reçurent les joueurs suivants:
- Roman Vopat (C)
- Craig Johnson (LW)
- Patrice Tardif (C)
- Choix de 5e ronde en 1996 (Peter Hogan)
- Choix de 1ère ronde en 1997 (Matt Zultek)

On peut aisément dire que les Kings ont reçu bien peu en retour de la merveille, alors que du lot, seul Johnson devint un membre du club à long terme, et ce dans un rôle secondaire.

Le principal atout de ce package aurait normalement dû être ce choix de première ronde en 1997, mais avec cette sélection au 15e rang obtenu des Blues, les Kings sélectionnèrent l'attaquant Matt Zultek qui non seulement ne s'est jamais rendu à la LNH mais qui aura à peine joué une trentaine de matchs dans la AHL. Il joua davantage dans la ECHL et SPHL jusqu'à sa retraite en 2011.

En fait les Kings ont complètement gâché cette sélection puisqu'ils n'exercèrent jamais leurs droits sur Zultek qui redevint éligible au repêchage en 1999 et qui fut sélectionné cette fois-ci par les Bruins en deuxième ronde... Je ne vois vraiment pas ce que les recruteurs de la LNH semblaient voir en lui pour être repêché aussi tôt à deux reprises. Par ses statistiques ordinaires au junior, je l'aurais plus vu en 6e, 7e ronde...

Bref, Johnson s'amena à L.A. pour terminer la saison 1995-96, et sembla bien fournir au départ avec 9 points en 11 matchs. Il ne joua cependant que 31 matchs en 96-97, et ne récolta que 7 points. Il se reprit ensuite en 97-98 et connut sa meilleure saison en carrière en 17 buts et 21 passes pour 38 points.

Beau caméo de Ray Ferraro

Beau caméo de Fredrik Olausson

Davantage un attaquant de soutien et un joueur défensif, Johnson fut fidèle au poste avec les Kings pendant 7 saisons complètes, ne dépassant le cap des 10 buts qu'à une seule autre reprise en 2001-02 avec 13 buts. Mais après une saison de seulement 3 buts en 70 matchs en 2002-03, il fut libéré par le club.

Il n'eut pas à aller trop loin la saison suivante, alors qu'il signa comme agent libre avec les Mighty Ducks. Mais sa saison 2003-04 ne fut pas très concluante. Il fut placé au ballotage en janvier 2004, réclamé ensuite par Toronto où il joua 10 matchs, placé au ballotage de nouveau en mars et finalement réclamé par les Capitals avec qui il joua un autre 15 matchs, ses derniers dans la LNH.

Il continua ensuite sa carrière en Europe, d'abord trois saisons en Allemagne et une dernière saison en Autriche en 2007-08 avant de prendre sa retraite.

En 557 matchs dans la LNH, sa fiche fut de 75 buts et 98 passes pour 173 points.

Il demeura ensuite dans le milieu du hockey, d'abord dans la ECHL comme assistant entraineur, ensuite entraineur-chef au niveau high school au Minnesota, recruteur pour les Kings et plus tard entraineur adjoint de leur club-école. Il a depuis gradué dans la LNH, comme assistant entraineur, des Ducks depuis la saison 2022-23.

Son fils, le défenseur Ryan Johnson, qu'il a d'ailleurs coaché au Minnesota, a été sélectionné en première ronde (31e) au total par les Sabres en 2019. Comme le paternel, il a joué avec les Gophers de l'Université du Minnesota avant de faire le saut dans la LNH. Il vient d'ailleurs de jouer sa première saison à Buffalo.