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jeudi 21 décembre 2023

Joueur oublié des 90's #85 - Steve Chiasson









Pour une autre rare fois, je m'insère dans une série créée par RaySheppard. C'est qu'en (re)tombant sur une carte de Steve Chiasson (prononcé Chay-sonn), je me suis rendu compte que j'avais totalement oublié ce joueur, et ce qu'il lui est arrivé.

Steven Joseph Chiasson est né le 14 avril 1967 à Barrie en Ontario. au Canada. Il joint les rangs des Platers de Guelph dans la OHL pour la saison 1983-84. Défenseur robuste, mais possédant une bonne relance de l'attaque, il se fait remarquer par les Red Wings de Detroit qui en font leur choix de troisième ronde, 50e au total, au repêchage de 1985. 
 
Toujours avec les Platers la saison suivant sa sélection, il fut sélectionné au sein d'Équipe Canada pour le championnat mondial junior qui se tenait en Tchécoslovaquie, où il marqua 4 points (2 buts 2 passes) en 6 matchs. Il subit cependant le même sort que ses coéquipiers et leurs adversaires soviétiques, alors que les deux équipes furent disqualifiées du tournoi suite à une bagarre générale. De retour à Guelph, il fut une figure importante des Platers, les aidant à remporter la coupe Memorial en plus d'être élu le joueur le plus utile du tournoi.


Chiasson, #26 au premier rang, avec des Cooperall et un air absent, à côté de Jacques Martin


Malgré 23 matchs disputés dans la AHL avec les Red Wings d'Adirondack, Chiasson fit rapidement sa place à Detroit, s'imposant avec son jeu robuste et ses qualités offensives. Il représenta d'ailleurs l'équipe au match des étoiles de 1993, saison au cours de laquelle il amassa sa plus grande récolte de points en carrière, avec 62 (12 buts et 50 passes), faisant de lui le 5e meilleur marqueur de l'équipe, tout juste derrière un joueur culte ici, Ray Sheppard.




À l'été 1994, voulant grandement améliorer leur position de gardien de but, les Red Wings firent l'acquisition de Mike Vernon des Flames de Calgary en retour de Chiasson. Avec les Flames, Chiasson disputa deux très bonnes saisons, au sein d'une brigade défensive composée entre autres de Phil Housley, James Patrick et Zarley Zalapski. Lors de la saison 1996-97, Chiasson et les Flames n'allaient nulle part. Le club composait d'ailleurs avec plusieurs blessures, dont certaines aux vétérans défenseurs de l'équipe avec seulement 2 matchs joués par Patrick et 19 par Zalapski (Housley était désormais à Washington). Les Flames sacrifièrent alors Chiasson à la date limite des échanges (en compagnie d'un choix de 3e ronde en 1997), l'envoyant aux Whalers de Hartford en retour de Glen Featherstone, Hnat Domenichelli, et un choix de 2e ronde(1997) et un de 3e ronde (1998).

Au sein d'une équipe qui était sur ses derniers milles à Hartford, Chiasson sembla se plaire sous les ordres de Paul Maurice, inscrivant presque autant de points en 18 matchs (14 points) qu'en 47 parties à Calgary (16 points). Une fois les Whalers éliminés, Chiasson défendit les couleurs de l'unifolié lors du championnat mondial de 1997, ramenant la médaille d'or à la maison.

Il suivit l'équipe à Raleigh en Caroline du Sud lorsqu'elle devint les Hurricanes. Le déménagement ne changea rien à première vue à l'organisation, alors qu'elle rata les séries pour une sixième année consécutive mais, maintenant dans la trentaine, Chiasson se mit à s'impliquer collectivement, avec des visites dans les hôpitaux et auprès de groupes jeunesse. De plus, il renoua avec son ancien coéquipier chez les Red Wings, Ray Sheppard, qui devint son cochambreur lors des périples sur la route, en plus de brièvement côtoyer mon avatar, Kirk McLean. Chiasson aida, en compagnie de Glen Wesley, à solidifier un jeune brigade défensive, en menant autant au niveau des points (34 pour Chiasson, 25 pour Wesley) qu'en leadership.

En 1998-99, après 24 matchs, Chiasson a dû subir une opération à l'épaule qui l'a tenu à l'écart du jeu de décembre à avril, revenant à temps pour disputer les quatre dernières parties du calendrier régulier, et accompagner l'équipe à leur première série éliminatoire depuis leur arrivée en Caroline du Nord. Face aux Bruins de Boston, Chiasson termina deuxième marqueur de son équipe, avec un but et deux assistances, dans une série remportée en 6 matchs par les bostonnais. Dépités, les Hurricanes reprirent l'avion qui les ramenait à la maison.


But marqué au début du 5e match de la série


L'avion atterrit aux alentours de 1 heure le 3 mai 1999. Suite au débarquement, Chiasson et quelques  autres joueurs se rendirent chez leur coéquipier Gary Roberts prendre un verre. Vers 4 heures du matin, alors qu'il retournait chez lui, Chiasson perdit le contrôle de son véhicule et, dans l'embardée, perdit la vie sur le coup. La vitesse et l'alcool en furent la cause. À 32 ans, il était père de trois enfants, deux garçons et une fille.

Sa fiche en carrière dans la LNH se résume à 398 points (93 buts, 305 passes), en 751 parties.

Depuis son décès, les Hurricanes remettent à chaque saison le "Steve Chiasson Award" qui honore le joueur faisant montre du meilleur leadership, persévérance, détermination et ténacité. De plus, le #3 que Chiasson portait n'a jamais été distribué à nouveau au sein de l'équipe, même s'il n'est pas officiellement retiré.

Les fils de Steve Chiasson ont également évolué à un haut niveau. Ryan Chiasson a joué dans la USHL ainsi que la NCAA et Michael, son fils aîné, a fait partie des Wolverines de l'Université du Michigan pendant quatre saisons, en plus de participer à un camp des recrues des Hurricanes, 14 ans après le départ de son père.


Sources :

jeudi 13 avril 2023

Joueur oublié des 90's #75 - Gordie Roberts



 

Gordon Douglas Roberts est né le 2 octobre 1957 à Détroit et sa famille habitait tout près de l'Olympia, domicile des Red Wings. Ses deux frères ainés étaient des «stick-boys» à l'Olympia et étaient donc conséquemment de grands fans de Gordie Howe. Tellement fans qu'ils implorèrent leur mère enceinte de nommer le nouveau venu du nom de Gordie.

Les frères Roberts évoluèrent dans le hockey mineur de Détroit, qui avait d'ailleurs grandement évolué avec la présence de Colleen Howe qui aida grandement à développer le hockey dans la région pour que ses fils et les autres jeunes aient accès à des installations et du personnel de qualité. Gordie Roberts et ses frères purent donc en profiter, évoluant dans les mêmes ligues et équipes que les fils Howe. Gordie se développa comme défenseur et quitta le giron familial en 1974 pour évoluer une saison avec les Cougars de Victoria dans la ligue junior de l'ouest. Il n'y joua toutefois qu'un an avant d'être embauché à seulement 17 ans par les Whalers de la Nouvelle-Angleterre dans l'AMH, allant alors rejoindre son frère Doug qui joignit l'équipe au même moment pour la saison 1975-76.

Malgré sa sélection subséquente par le Canadien au repêchage de 1977, Roberts demeura dans l'AMH et fut éventuellement réuni avec son idole et celui à qui il devait son nom, Gordie Howe. Ce dernier joignit les rangs des Whalers avec ses fils Mark et Marty pour la saison 1977-78, après quatre saisons passées ensemble avec les Aeros de Houston. 

L'arrivée des Howe à Hartford fit en sorte de voir Roberts terminer au premier rang des défenseurs du circuit pour les deux dernières saisons de l'AMH avec ses saisons de 61 et 57 points respectivement.

Lors de l'absorption des 4 équipes survivantes de l'AMH dans la LNH en 1979-80, les Canadiens auraient pu se prévaloir des services de Roberts, détenant toujours ses droits. Ils firent cependant un accord avec les Whalers comme quoi ils ne réclameraient pas Roberts en échange de la promesse de non-sélection du défenseur Rod Langway lors du repêchage d'expansion pour ces nouvelles équipes.

À sa première saison dans le grand circuit, Roberts s'en sortit bien avec une fiche de 8 buts et 28 passes en 80 matchs. Signe du destin, il obtint également une passe sur le dernier but en saison régulière de la carrière du plus vieux Gordie, son fameux 801e but qui ne fut dépassé que par Wayne Gretzky et plus récemment par Alex Ovechkin.

(En fait, le dernier vrai but de Howe fut marqué lors des séries de 1980, contre le gardien Denis Herron du Canadien)

 

Roberts fut ensuite échangé aux North Stars du Minnesota en retour de Mike Fidler, quelques temps après le début de la saison 80-81. Il aida donc l'équipe à se rendre jusqu'à la finale contre les Islanders cette même année 1981. 

Il fut ensuite un fidèle morceau de la défense des North Stars pendant les 6 saisons suivantes, ne ratant presque aucun match. Il connut son sommet en carrière dans la LNH en 1983-84 avec une fiche de 8 buts et 45 passes pour 53 points, en plus de 10 points durant les séries. Il participa également à la Coupe Canada de 1984 pour les États-Unis.

Après quelques bonnes années, les North Stars commencèrent à battre de l'aile et se départirent finalement de Roberts en février 1988 en l'envoyant au Flyers en retour de considérations futures. Ces mêmes considérations futures revinrent en scène seulement 11 matchs plus tard lorsqu'il passa aux Blues de St.Louis et y termina la saison 87-88.

Il joua deux honnêtes saisons à St.Louis avant d'aboutir avec les Penguins de Pittsburgh en octobre 1990, encore une fois en retour de considérations futures.

Au moins le gars d'O-Pee-Chee n'avait pas à airbrusher le casque vert des Whalers...

St. Louis (1988-90)

 
Pittsburgh (1990-92)

Roberts arriva donc à Pittsburgh à temps pour retourner en finale de la Coupe Stanley, contre son ancienne équipe de surcroit, lors de la finale de 1991 et ensuite celle de 1992. On pourrait croire qu'à ce stade-ci de sa carrière qu'il n'était là que comme passager mais il ajouta beaucoup d'expérience et de stabilité à un corps de défense bien garni mais quand même instable où il y avait beaucoup de va et vient (Paul Coffey, Larry Murphy, Zarley Zalapski, etc...) Roberts était considéré alors comme un fiable 4e défenseur et joua pratiquement tous les matchs des Penguins lors de ces deux conquêtes.

À l'été 1992, il signa comme agent libre avec les Bruins de Boston. Il y joua ses deux dernières saisons en carrière dans la LNH, devenant au passage le premier joueur américain à dépasser le plateau des 1000 matchs dans la LNH.

À la saison 1994-95, il participa au camp d'entraînement des Sharks mais décida de prendre sa retraite après les matchs pré-saison. Il fit toutefois un retour quelques mois plus tard dans la IHL avec les Wolves de Chicago comme joueur-entraîneur. Il fit de même en 1995-96 lorsqu'il signa un dernier contrat d'un an avec le Moose du Minnesota.

Boston (1992-94)

 

Au moment de cette véritable retraite, il était le dernier coéquipier de Gordie Howe encore actif. Mais même ce dernier n'avait pas encore dit son dernier mot puisque Mr. Hockey fit un autre retour en 1996-97 en participant à un match (ou un coup publicitaire) à 69 ans avec les Vipers de Détroit dans la IHL.

Après sa retraite, Gordie Roberts fut brièvement assistant-entraîneur avec les Coyotes de 1997 à 1999, pour ensuite devenir recruteur avec les Canadiens pendant de nombreuses années, soit de 2001 à 2010. Il fut libéré par l'équipe en même temps que la fin de l'ère Bob Gainey. Il devint ensuite entraîneur au niveau secondaire au Minnesota.

En 1097 matchs dans la LNH, sa fiche fut de 61 buts et 359 passes pour 420 points et 1582 minutes de pénalité. Il joua également 311 matchs dans l'AMH avec une fiche de 42 buts et 144 passes pour 186 points.

Il fut élu au sein du temple de la renommée américain en 1999.

Pour sa part, son frère Doug avait été le premier de la famille Roberts à jouer avec le plus vieux Gordie, alors qu'il fut membre des Red Wings de 1966 à 1968. Il joua ensuite pour les Seals de Californie et fut même invité au match des étoiles comme seul représentant des Seals en 1970. Il joua également avec les Bruins et un autre séjour à Détroit. Il termina sa carrière en Finlande en 1978. Son fils Dave, et neveu de Gordie, fut repêché par les Blues en 1989 et joua une centaine de matchs dans la LNH avec les Blues, les Canucks et les Oilers.


Sources:
Howe's 801st NHL goal forgotten by many with Ovechkin closing in, NHL.com, 14 décembre 2022
Gordie Roberts remembers his namesake's sheer endurance, Maclean's, 10 juin 2016