Natif d’Atlanta, en Géorgie (États Unis), Jean-Marc Pelletier est un gardien de but qui a disputé sept parties dans la LNH durant sa carrière, soit une avec les Flyers et six avec les Coyotes.
Québécois d’origine, il est né à Atlanta mais il a grandi à Saint-Lambert où il joua son hockey mineur, avant de partir étudier à l’Université Cornell à dix-sept ans, et aussi bien sûr, pour y jouer avec l’équipe comme deuxième gardien.
Même s’il est peu utilisé, il montre de belles promesses et les Flyers l’aiment bien. Ils décident donc de le repêcher avec leur sélection de deuxième tour (30e au total) en 1997, même s’il n’a que seize matchs de la NCAA derrière la cravate.
Pour voir plus de rondelles et s’habituer davantage aux rigueurs d’un calendrier plus rempli, il se joint à l’Océanic de Rimouski pour la saison 1997-98 pour ce qui sera sa seule saison dans la LHJMQ. Dans un club qui compte notamment Vincent Lecavalier et Brad Richards, il se rend jusqu’en finale, mais Rimouski baisse pavillon en quatre matchs face à Val d’Or.
L’année suivante (1998-99), le jeune Américain débute sa carrière professionnelle de façon solide. À titre de gardien numéro un des Phantoms dans la Ligue américaine, il garde le fort durant 47 joutes (2.78, .909%), en plus d’avoir la chance de disputer son premier match dans la LNH.
Le hasard faisant bien les choses, le destin voulut que Pelletier obtienne son premier départ le jour de son 21e anniversaire de naissance, le 4 mars 1999, dans un match à Philadelphie contre les Sénateurs d’Ottawa. Les Flyers perdirent le match 5 à 0, et le jeune cerbère accorda les cinq buts de son équipe, sur les vingt-neuf tirs reçus.
Pelletier venait de jouer sa seule partie à Philadelphie. Il s’aligna à nouveau avec les Phantoms en début de saison suivante mais, en janvier 2000, il fait partie de plusieurs joueurs impliqués dans une transaction qui envoyait notamment Rod Brind’Amour en Caroline. Le joueur d’aujourd’hui fit donc ses valises pour continuer son aventure dans l’organisation des Hurricanes.
Malheureusement, l’ancien de l’Océanic n’obtint aucun départ avec les ‘Canes, passant plutôt son temps dans la défunte Ligue internationale durant deux saisons avec les Cyclones de Cincinnati, pour ensuite en passer une autre avec les Lock Monsters de Lowell dans la Ligue américaine. Malgré tout, Pelletier demeure concentré et montre de très bonnes statistiques durant son séjour avec l’organisation des Hurricanes.
En décembre 2002, il est de nouveau échangé, cette fois aux Coyotes, contre un seul autre joueur : le gardien Patrick DesRochers. Cette transaction est positive pour Jean-Marc Pelletier, qui aura la chance de jouer six matchs dans la LNH avec Phoenix, soit deux lors de la saison 2002-03 (deux défaites) et quatre lors de la saison 2003-04 (une victoire - sa seule dans la LNH - et une défaite).
Il fait également très bien dans la Ligue américaine, cette fois avec les Falcons de Springfield, quand il n’avait pas la chance d’être dans la Grande Ligue. Il continuera de jouer dans la LAH durant deux saisons complètes supplémentaires, mais las d’être pris dans les mineures (il avait été échangé à l’organisation des Panthers depuis), il décide d’aller jouer en Allemagne pour la saison 2006-07, avec les Eagles de Mannheim.
Alors âgé de vingt-huit ans, il aide Mannheim à remporter le championnat de la DEL en remplacement du gardien Robert Müller, malheureusement diagnostiqué d’une tumeur au cerveau en novembre 2006. Dans une fin de saison émotive, Pelletier a été crucial dans la conquête du championnat par les Eagles.
Il part ensuite jouer trois autres saisons avec les Freezers de Hambourg, demeurant un excellent portier dans une équipe qui n’était pas parmi les plus fortes de la DEL. Il prend sa retraite à l’issue de la saison 2009-10, à l’âge de trente-deux ans.
Peut-être n’a-t-il disputé que sept parties dans le circuit Bettman, mais Jean-Marc Pelletier a tout de même joué près de cinq cent parties au hockey professionnel. Dans la DEL, l’AHL et l’IHL, il a montré une moyenne d’environ 2,86 et un taux d’arrêts de .913% durant ses quelques 476 parties disputées, avec quelques saisons avec des taux supérieurs à .920%.
En plus de son championnat à Mannheim, il a aussi eu l’honneur de représenter les États-Unis au Championnat mondial junior de 1998. L’équipe a terminé la compétition au cinquième rang.
Hier soir avait lieu un match entre le Canadien et les Oilers, mettant en vedette le fringant Oliver Kapanen du CH face à son cousin Kasperi Kapanen dans le camp adverse. Les Oilers l’ont finalement emporté in extremis 6 à 5, mais Oliver s’est illustré avec deux passes, contrairement à son cousin, blanchi de la feuille de pointage.
Il s’agissait de la première confrontation entre les cousins Kapanen dans la LNH. La famille Kapanen occupe toutefois depuis longtemps une place importante dans l’histoire du hockey finlandais, international, et, depuis les années 1990, dans celle de la LNH.
Voici un survol de cette véritable royauté du hockey finlandais.
Hannu Kapanen avec le HIFK (Helsinki)
Le premier des Kapanen à se distinguer fut Hannu Kapanen, né le 13 mars 1951 à Kontiolahti. Petit attaquant de 5 pi 9 po et 167 lb, il débuta en 1968 dans la principale ligue du pays, la SM-sarja, remplacée par la SM-liiga en 1975. Il évolua pour plusieurs clubs (JoKP, Karhu-Kissat et HIFK) avant de se joindre au Jokerit d’Helsinki en 1974.
Sa meilleure saison fut celle de 1975-1976, alors qu’il mena le Jokerit avec 53 points, dont 29 buts, en seulement 36 matchs.
Il représenta également la Finlande aux Jeux olympiques de 1976, récoltant quatre points en six matchs, ainsi qu’à plusieurs championnats du monde.
En 1977, il rejoignit les rangs du HIFK, remportant le championnat national en 1980. Il disputa ensuite cinq saisons en deuxième division avec le JoKP avant de prendre sa retraite en 1985. Par la suite, il devint un entraîneur respecté à travers la SM-liiga, occupant divers postes d’entraîneur-chef ou d’adjoint jusqu’en 2007.
Il fut intronisé au Temple de la renommée du hockey finlandais en 2006.
Jari Kapanen avec le Jokerit d'Helsinki
Frère cadet de Hannu, Jari Kapanen est pour sa part né le 1er mars 1954 à Joensuu. Évoluant également comme attaquant, Jari connut presque le même parcours que son frère, avec les 3 années de différence entre les deux. Il débuta lui aussi avec le JoKP, en 1971, ensuite TPS et le Karhu-Kissat. Les deux frères furent toutefois réunis en même temps avec le Jokerit, soit en 1974-75. Hannu quitta toutefois pour les rivaux du HIFK en 1977, mais Jari continua avec Jokerit jusqu'en 1980, étant élu capitaine en 1978. Il remporta également le trophée équivalant au Lady Byng dans la LNH, soit celui du joueur le plus gentilhomme en 1975.
En 1980, il quitta à son tour pour le HIFK, au moment où son frère descendait en deuxième division. Jari remporta lui aussi un championnat national avec HIFK, en 1983, avant de prendre sa retraite en 1987.
Sami Kapanen a joué pour les Whalers/Hurricanes de 1995 à 2003
Le plus illustre Kapanen (jusqu'à maintenant) est le fils de Hannu, Sami. Né le 14 juin 1973, alors que le paternel jouait avec le HIFK, Sami Kapanen était également attaquant de petit format (5'10") au talent explosif.
Formé au sein du KalPa, il évolua sous la direction de son père en 1992-1993. Dès ses années juniors, il brilla à l’international : or au championnat U17 de 1990 et bronze au U18 en 1991. En SM-liiga, il perça rapidement et fut nommé sur l’équipe d’étoiles en 1993-1994 grâce à 55 points en 48 matchs.
Aux Jeux olympiques de Lillehammer (1994), il aida la Finlande à décrocher la médaille de bronze — seulement la deuxième médaille olympique du pays au hockey —, ajoutant aussi l’argent aux championnats du monde la même année.
Après une autre médaille, d'or cette fois-ci, aux championnats du monde de 1995, Sami fut repêché en 4e ronde, 87e au total, par les Whalers de Hartford au repêchage de 1995. Déjà agé de 22 ans, il fit le saut directement dans l'organisation bientôt défunte pour la saison 1995-96.
Il débuta avec un bref séjour avec le club-école, les Falcons de Springfield. Après une excellente récolte de 31 points en 28 matchs dans la AHL, il fut rappelé à Hartford pour le restant de la saison, obtenant un modeste 5 buts et 4 passes en 35 matchs. Il fit partie des Whalers lors de leur dernière saison en 1996-97 (25 points en 45 matchs) avant de suivre l'équipe en Caroline.
C'est avec les Hurricanes qu'il connut ses meilleures années, récoltant en moyenne 59 points par saison lors des 5 années suivantes, à une époque où la «dead puck era» était en plein essor et où les petits attaquants de son genre avaient beaucoup de difficulté à manœuvrer. Son sommet en carrière fut atteint en 2001-02 avec une fiche de 27 buts et 42 passes pour 69 points. Il participa 2 fois au match des étoiles (2000 et 2002), se distinguant à chaque fois comme étant le plus rapide patineur à chaque instance. Il participa également au parcours cendrillon des Hurricanes jusqu'à la finale de 2002, s'inclinant toutefois en 4 matchs contre Détroit.
Kapanen et les Hurricanes eurent un difficile lendemain de veille la saison suivante. Il avait été contraint à seulement 1 but en 23 matchs lors des séries, et sa guigne continua en 2002-03. En perte de vitesse, les Hurricanes l'échangèrent aux Flyers en février 2003 en compagnie de Ryan Bast. En retour, les Hurricanes mirent la main sur l'espoir décevant Pavel Brendl ainsi que du défenseur montréalais Bruno St.Jacques.
Ce fut un bon changement d'air pour Kapanen qui obtint 13 points en 28 matchs pour clore la saison. Il devint davantage un attaquant de soutien au sein de ces Flyers bien garnis, avec qui il joua jusqu'en 2008. Il se distingua toutefois davantage en séries, amassant 17 points en deux tournois printaniers.
On se souvient toutefois davantage de Kapanen lors ce ces années à Philadelphie pour avoir été magistralement sonné par Darcy Tucker des Maple Leafs...
Il signa un nouveau contrat avec les Flyers au retour du lock-out. Après une saison de 25 points en 2006-07 et seulement 8 en 2007-08, Kapanen annonça qu'il quitta la LNH pour retourner jouer dans la SM-Liiga avec son ancien club junior, le KalPa, où il fut immédiatement nommé capitaine. Il était également propriétaire de l'équipe depuis la saison 2003-04, un peu comme Mario Lemieux à Pittsburgh, il était alors joueur/proprio/capitaine. Il occupa également brièvement le rôle de DG en 2011.
Après un courte année sabbatique en 2010-11, il revint au jeu pour trois autres saisons. Il fut rejoint alors par son jeune fils Kasperi qui faisait jusque-là partie du club junior de KalPa. Le duo père-fils joua ensemble jusqu'à la retraite officielle de Sami en 2014.
Sami et Kasperi Kapanen avec KalPa
Suite à sa retraite comme joueur, Sami demeura propriétaire de KalPa jusqu'en 2020, occupant parfois le rôle d'entraineur ou d'assistant. Il quitta ensuite pour devenir entraineur du HC Lugano. Il devint plus tard recruteur pour les Flyers mais a récemment quitté pour revenir en Finlande comme entraineur-chef des Pelicans de Lahti.
Sami Kapanen fut élu au temple de la renommée finlandais en 2015.
Kimmo Kapanen
Frère cadet de Sami, fils de Hannu et oncle de Kasperi, Kimmo Kapanen brisa toutefois le moule familial de petits attaquants rapides et habiles pour plutôt choisir d'être gardien.
Mais il suivit le reste de la famille, se développant lui aussi avec le KalPa junior et pro avec son frère et sous les ordres du père. Il était toutefois encore jeune et inexpérimenté et ne joua qu'une poignée de matchs comme gardien auxiliaire avec le club, jouant davantage avec le club U20.
Il suivit Sami avec le HIFK en 1994-95, jouant 8 matchs. Il évolua dans la SM-Liiga pour plusieurs clubs jusqu'en 2001. Il alterna entre plusieurs ligues et pays (Allemagne, Suède, Finlande) jusqu'en 2008, jouant principalement pour le Timra IK en suède pendant 4 saisons.
Il devint ensuite entraineur des gardiens du KalPa, et plus tard DG de Timra.
Kasperi Kapanen
Comme vous avez pu voir, les Kapanen deviennent rapidement père à leur tour et parviennent à jouer avec la lignée précédente. Kasperi Kapanen, fils de Sami, est né le 23 juillet 1996, alors que Sami commençait à peine dans la LNH avec les Whalers. Il est toutefois né en Finlande durant l'été et a donc la nationalité finlandaise.
Comme son oncle Kimmo, Kasperi brisa lui aussi le moule à sa manière, étant davantage plus grand et costaud à 6'1" et 194 livres. Après avoir fait ses classes avec KalPa, il devint un des espoirs en vue de la première ronde du repêchage de 2014. Il fut choisi au 22e rang par les Penguins de Pittsburgh. Mais après seulement un an dans l'organisation de Pennsylvanie, où il demeura en Finlande et dans la AHL, il fut inclus dans la méga-transaction avec les Maple Leafs amenant Phil Kessel à Pittsburgh.
Il passa 5 saisons avec les Leafs, récoltant un sommet en carrière de 20 buts et 24 passes en 2018-19. Il fut réaquis par les Penguins en 2020 et y joua trois saisons. Il fut toutefois placé au ballotage en février 2023 et réclamé par les Blues. Même scénario par la suite alors qu'il joua avec les Blues jusqu'à une autre démotion au ballotage en novembre 2024, où il fut réclamé par les Oilers et où il semble avoir retrouvé une belle niche comme attaquant de soutien. Il a obtenu 6 points en 12 matchs lors du dernier parcours en séries des Oilers au printemps dernier.
Oliver Kapanen
Fils de Kimmo, oncle de Sami, cousin de Kasperi, petit-fils de Hannu et etc... Oliver Kapanen est le plus récent du clan à fouler les glaces de la LNH avec le Canadien de Montréal qui en fit son choix de 2e ronde (64e au total) en 2021.
Il a sans surprise été formé avec KalPa, au junior et ensuite chez les pros. Il représenta la Finlande à de nombreuses éditions du championnat junior, étant même nommé capitaine de son pays aux U20 de 2023. Après une dernière saison avec Kalpa en 23-24, il traversa l'Atlantique en 24-25, faisant ses débuts avec l'organisation montréalaise. Il commença même l'année avec le grand club, avant d'être finalement prêté au club Timra IK en suède, club où son père Kimmo était toujours DG. Il y connut une très bonne saison (35 points en 36 matchs) mais fut retourné à Montréal pour terminer l'année.
Ses premiers matchs furent toutefois timides, seulement 2 passes en 18 matchs et une autre passe en séries. Il termina ensuite le calendrier avec le Rocket de Laval, amassant 6 points.
Tout ce trimbalage en 2024-25 semble malgré tout avoir porté ses fruits, puisqu'il connait un départ canon en 2025-26 avec 6 points en 9 matchs au moment d'écrire ces lignes.
Konsta Kapanen avec le KalPa
Deuxième fils de Sami et petit frère de Kasperi, Konsta Kapanen est né le 29 septembre 2003 et est le dernier de la lignée, pour l'instant, à se rendre au niveau professionnel. Non-repêché dans la LNH, il évolue présentement avec le club familial, le KalPa. Il y est depuis toujours en fait, soit depuis ses débuts avec le club KalPa U16 en 2018-19.
Si les autres avant lui ont un peu brisé le moule, Konsta est davantage «old school Kapanen» en tant qu'attaquant de 5'9" et 160 livres.
S'il ne figure pas sur le radar de la LNH, il a toutefois la distinction d'être le seul de la famille Kapanen à avoir remporté le titre de la SM-Liiga avec KalPa, qui vient de remporter le premier titre de son histoire en 2025.
Je vous laisse justement avec ce premier titre du KalPa, ce qui devait être un moment mémorable pour toute la famille Kapanen.
Vous pouvez y voir un but de Konsta Kapanen à 0:48 min.
Comme toujours lors des chapitres de la série «Les Grands Voyageurs», chaque club professionnel où le joueur a joué un match est compté entre parenthèses.
Greg Koehler est né le 27 février 1975 à Scarborough. Lorsqu'il était âgé de 13 ans et capitaine de son club pee-wee, Ken Dryden en fit le sujet principal d'un épisode de sa série documentaire «Home Game», qui fut diffusée en 1989. On y voit un jeune Koehler et son équipe en préparation pour le tournoi Pee-Wee de Québec et les défis que tout cela représente pour lui et sa famille. La série fut ensuite adapté en un livre du même nom.
Après cette saison, Koehler (qui jouait au centre) semblait avoir plafonné et était désormais dépassé par les autres au niveau talent, taille et poids. Le capitaine fut donc retranché de son club. Il abandonna alors temporairement le hockey mais fut plus tard convaincu de revenir avec un club de Niagara Falls, avec qui il retrouva sa touche et connut une poussée de croissance. Il évolua ensuite pour divers clubs junior A avant d'être recruté par l'Université Lowell-UMass, avec qui il remporta le titre de recrue de la saison 1996-97 dans sa division (Hockey East).
Son bon rendement avec Lowell-UMass incita les Hurricanes de la Caroline à lui offrir un contrat. Il débuta donc son parcours professionnel en 1998-99 avec les clubs-école des Hurricanes, dans la AHL avec le Beast de New Haven (1) et dans la ECHL avec les Everblades de la Floride (2).
Les Hurricanes changèrent de club-école principal en 1999-2000 et Koehler changea donc de ligue et d'équipe avec les Cyclones de Cincinnati (3) dans la défunte IHL. Après une première saison timide là-bas (12 buts 13 passes) passée exclusivement sur le troisième trio, il se disputa avec son coach sur son temps de jeu et déclara qu'il était capable de marquer 30 buts dans cette ligue. Le coach écouta et c'est ce qu'il fit la saison suivante (2000-01) alors qu'il connut sa meilleure saison professionnelle à vie avec 35 buts et 36 passes pour 71 points.
Mais durant cette même saison 2000-01, il allait marquer l'histoire du hockey à tout jamais...
Vers la fin décembre 2000, Rod Brind'Amour se blessa. N'ayant que très peu de relève au centre, les Hurricanes (4) rappelèrent Koehler qui put faire ses débuts dans la LNH le 29 décembre 2000 lors d'un match contre les Blue Jackets. Vers la fin de la première période, son trio fut appelé à prendre le relais et Koehler put enfin mettre les patins sur la glace et devenir un joueur de la LNH. Cependant, au même moment, le capitaine Ron Francis se fit accrocher par Steve Heinze des Blue Jackets. Francis s'écroula contre la bande et le sifflet retentit, signifiant le début d'une pénalité et la fin du shift de Koehler, qui n'aura duré que 4 secondes.
Le reste du match fut ponctué de multiples autres pénalités (56 minutes au total durant la partie). Tirant déjà de l'arrière 1-0 après cette première période, l'entraîneur Paul Maurice préféra ne plus utiliser le 4e trio de Koehler. N'évoluant aucunement sur les unités spéciales des Hurricanes, Koehler ne fit donc plus aucune présence, ni durant ce match ni aucun autre dans la LNH. Il participa aux échauffements de deux autres parties, mais ne fut plus jamais rappelé par les Hurricanes, et il termina la saison à Cincinnati.
Sa carrière dans la LNH se résuma donc à ce simple 4 secondes contre les Blue Jackets, ce qui demeure un record jusqu'à ce jour.
Quand on utilise l'expression «juste le temps d'une tasse de café» ou «a cup of coffee in the big leagues», et bien dans le cas de Koehler on peut plutôt parler d'une petite gorgée de café...
Ce «record» est cependant à prendre avec des pincettes. La ligue ne tient ces statistiques de temps passé sur la glace que depuis 1997 et même au départ il y avait des erreurs fréquentes, car Koehler est plutôt listé à 46 secondes sur le site de la LNH, ce qui serait tout de même près du record, soit au troisième rang. Il n'y a en fait que 4 joueurs (incluant Koehler), depuis qu'on compile ces statistiques, qui ont joué moins d'une minute dans la LNH.
Les voici pour vous: Jeff Libby (Islanders 97-98): 43 secondes Tim Ramholt (Flames 07-08): 45 secondes *Greg Koehler (Hurricanes 01-02): 46 secondes (mais 4) * Cameron Butler (Blue Jackets 23-24): 54 secondes (toujours actif donc possible d'améliorer)
Il est donc toujours techniquement possible qu'en 1931, un joueur nommé Joe Schlomo des Falcons de Détroit ait sauté sur la glace pendant une seconde avant de se fouler la cheville et disparaître à jamais dans le néant. Mais ça, on le saura jamais...
Mais Koehler lui-même a officialisé au site The Athletic qu'il n'a effectivement joué qu'un seul shift de 4 secondes. Lui et les journalistes de l'époque s'entendent pour confirmer ce fait et que probablement que les marqueurs de temps ont simplement confondu Koehler avec un autre joueur, ce qui arrivait apparemment assez souvent à l'époque. De nos jours, avec les joueurs ayant pratiquement des puces implantées dans le bras et des codes QR tatoués sur les fesses, on imagine qu'on est davantage précis...
Koehler mentionne également n'en vouloir à personne, qu'il a simplement été malchanceux et qu'il a adoré sa carrière malgré tout, et que ce seul shift dans la LNH a été magique. Il a réussi à se rendre à la LNH, ce qui représentait en quelque sorte un «F... You» à ces anciens coachs Pee-wee pour l'avoir retranché. Il a aussi pu grandement profiter de ce contrat offert par les Hurricanes, utilisant entre autres une partie de son bonus de signature de 650,000$ pour payer la maison de ses parents.
Koehler reprit donc son chemin dans les mineures. Il passa une autre saison dans l'organisation des Hurricanes, cette fois-ci avec les Lock Monsters de Lowell (5), où il fit en quelque sorte un retour au bercail de ses années universitaires. Ses droits furent cependant échangés aux Flyers en février 2002 (contre Jesse Boulerice si vous vous rappelez de lui). Il termina donc la saison 2001-02 avec les Phantoms de Philadelphie (6) dans la AHL.
Il se retrouva en 2002-03 dans l'organisation des Predators de Nashville et fut même rappelé en renfort par ces derniers. Il participa à un échauffement d'avant-match, mais fut finalement rayé de la formation et retourné dans les mineures avec les Admirals de Milwaukee (7). Il fut ensuite échangé aux Kings de Los Angeles, et termina la saison avec les Monarchs de Manchester (8).
Dans tout ça, le comble de l'histoire est le fait que Koehler a eu quand même droit à quelques cartes de hockey, non pas pour son seul «match» dans la LNH avec les Hurricanes, mais plutôt lors de ce passage encore plus court à Nashville comme réserviste...
«Top Shelf» dans le sens qu'il était «sur la tablette»?
«Nashville» mais avec son chandail des Hurricanes.
Une carte avec un morceau de son chandail lors de l'échauffement... Même pas eu le temps de mettre du tape sur son bâton.
Le gars a plus de cartes que de matchs joués...
Désormais sans contrat avec une organisation de la LNH, il débuta véritablement un parcours encore plus nomade. Il joua pour 4 clubs en 2003-04, et ce dans un ordre que j'ignore. Il joua 37 matchs pour les Jackals d'Elmira (9) dans la UHL (United Hockey League), 2 matchs dans la AHL avec le Crunch de Syracuse (10), 12 matchs avec le Rampage de San Antonio (11) et finalement un retour avec les Monarchs de Manchester pour la fin de la saison et les séries 2004.
Il retourna avec les Jackals d'Elmira en 2004-05 mais termina la saison avec le Frostbite d'Adirondack (12), toujours dans la UHL.
En 2005-06, ce fut un début de saison avec le Frostbite mais aussi un aller-retour de 8 matchs en Italie avec le Milan HC (13).
En 2006-07, ce fut une autre saison dans la UHL partagée entre deux nouveaux clubs, soit les Hounds de Chicago (14) et le PrairieThunder (wtf) de Bloomington (15). Note à moi-même, me renseigner sur ces derniers...
Toutefois, le poids des années et de la route avait laissé ses traces et il décida de prendre sa retraite après cette saison 2006-07.
Il habite désormais la région de Toronto et travaille comme mécanicien, passant une bonne partie de ses loisirs dans un chalet qu'il a acheté avec son contrat des Hurricanes. Il a deux enfants dont une fille qui a été choisie une fois pour chanter l'hymne national avant un match entre les Maple Leafs et... les Hurricanes.
C'était donc l'histoire de Greg Koehler, pas le plus grand des voyageurs comme David Ling ou Trevor Jobe (sérieux allez lire ces texte) mais il aura quand même joué pour 15 clubs professionnels en seulement 10 saisons. Et c'est toujours sans compter les organisations de la LNH pour qui il n'a pas joué de match régulier, dans ce cas-ci il faudrait en inclure 3 autres (Predators, Flyers et Kings)...
Né le 17 août 1967 à Hamilton en Ontario, Nelson Donald Emerson était un bon petit joueur très rapide et agile en plus d'être un excellent fabricant de jeu. Mais sa grande versatilité fit en sorte qu'il était aussi très monnayable sur le marché des transactions et c'est ainsi que je le retrouve très souvent sur mon chemin durant mes recherches, que ce soit par ses bonnes statistiques ou durant le parcours de ceux qui ont fait partie de ses nombreuses transactions.
Même sa sélection au repêchage provenait d'un échange ultra compliqué entre les Canadiens et les Blues:
Draft pick rights traded from Montreal Canadiens with Mike Dark, Mark Hunter, round 2 pick in the 1985 draft (Herb Raglan), round 5 pick in the 1985 draft (Dan Brooks) and round 6 pick in the 1985 draft (Rick Burchill) to St. Louis Blues for round 1 pick in the 1985 draft (Jose Charbonneau), round 2 pick in the 1985 draft (Todd Richards), round 4 pick in the 1985 draft (Martin Desjardins), round 5 pick in the 1985 draft (Tom Sagissor) and round 6 pick in the 1985 draft (Donald Dufresne)
Ça m'a causé une ou deux migraines à tenter de comprendre, mais en gros le CH a principalement envoyé Mark Hunter et un dénommé Mike Dark aux Blues en retour d'un choix de première ronde en 1985 qui devint José Charbonneau. Au travers de tout ça, les deux équipes inversèrent leurs sélections (2e, 5e et 6e rondes) à ce même repêchage 1985. Le CH obtint aussi en bonus un choix de 4e.
Bref, Nelson Emerson fut repêché en 3e ronde en 1985 par les Blues. Il
fut repêché directement du Junior B alors qu'il évoluait avec les
Cullitons de Stratford où il domina la ligue en 1985-86 avec 112 points
en 39 matchs. Ayant l'opportunité de rejoindre la OHL, il opta plutôt de
joindre les rangs de l'Université Bowling Green (Ohio) pour la
saison 1986-87.
Son parcours dans la NCAA fut exemplaire alors qu'il fut d'abord nommé recrue de l'année en 1986-87. Il joua quatre années complètes à Bowling Green, où il fut élu deux fois sur la première équipe d'étoiles de sa division en plus d'être à chaque saison finaliste comme récipiendaire du trophée Hobey Baker remis au meilleur joueur universitaire du pays.
Il avait aussi comme coéquipier et co-chambreur le futur membre du temple de la renommée Rob Blake, qui lui avait imité le parcours de son ami Emerson. Deux ans plus jeune que ce dernier, Blake avait lui aussi joué avec Stratford au Junior B (après Emerson) avant de joindre Bowling Green en 1987-88.
Les deux terminèrent leur parcours universtaire en 1989-90 alors qu'Emerson avait terminé ses quatre années tandis que Blake opta de devenir professionnel plus rapidement. Les deux purent terminer la saison 89-90 avec leurs nouvelles équipes, Blake à Los Angeles tandis qu'Emerson joignit le club-école des Blues.
Emerson obtint ensuite un essai de 4 matchs avec les Blues au début de la saison 90-91 (0 but, 3 passes) mais il passa la majorité de la saison avec le club-école, les Rivermen de Peoria dans la IHL. Il termina cette première saison pro avec une fiche de 36 buts et 79 passes pour 115 points, bon pour le 4e rang des pointeurs de la IHL qui élut ensuite Emerson comme recrue de l'année dans le circuit. Il aida les Rivermen à remporter la coupe Turner alors qu'il obtint 21 points en 17 matchs durant ces séries.
Les mineures étant derrière lui, Emerson débuta à temps plein avec les Blues en 1991-92 et s'en sortit encore très bien comme recrue avec une fiche de 23 buts et 36 passes pour 59 points en 79 matchs. Il s'améliora encore davantage en 1992-93 avec 73 points dont 51 passes.
Cependant, durant l'été 1993 les Blues avaient l'opportunité d'acquérir le prolifique défenseur Phil Housley des Jets de Winnipeg. Ils sacrifièrent donc le jeune Emerson ainsi que Stéphane Quintal afin d'obtenir Housley. Le parcours de Housley à St.Louis ne fut pas très productif alors qu'il se blessa et rata le 3/4 de la saison. Cependant, les Blues se reprirent l'été suivant en se servant de Housley pour obtenir Al MacInnis des Flames...
Pour sa part, Emerson encaissa le choc d'être échangé pour la première fois de sa carrière et calma la froideur initiale de ses nouveaux partisans, initialement frustrés d'avoir perdu Housley, en connaissant sa meilleure saison offensive en 1993-94 avec 33 buts et 41 passes pour 74 points, dont beaucoup furent amassés en étant jumelé à Teemu Selanne, avant que ce dernier se blesse et rate une trentaine de matchs. Il amassa ensuite 37 points durant la saison écourtée de 1995.
Lors de ses premiers matchs à Winnipeg, Emerson fut l'acteur principal d'un jeu controversé lors d'un match au domicile des Jets contre les Blackhawks.
Alors que l'égalité de 0-0 persistait en prolongation, le gardien Ed Belfour tenta de dégager la rondelle par la bande derrière son filet. En tournant autour du filet, Emerson capta la rondelle avec son gant et la déposa dans l'enclave ou même pratiquement directement dans le but selon plusieurs joueurs des Hawks.
La reprise vidéo fut inconclusive et l'arbitre Denis Morel s'en tint finalement à son jugement initial et accorda le but. Il s'agit d'un des buts les plus contestés de l'histoire. Heureusement qu'il ne s'agissait que d'un match en octobre et pas en séries...
Assez hilarant ce vidéo. Il faut tout de même reconnaître le «guts» de Morel ici alors qu'il dut survivre ensuite à toute une parade de personnages pas très joviaux. Imaginez avoir soudainement l'entièreté des Blackhawks de 1993 dans votre face; Bryan Marchment, Darin Kimble, Gary Suter, Steve Smith, Jeremy Roenick, Dirk Graham et surtout Ed Belfour ainsi qu'une demi-portée de frères Sutter (Brent, Rich et Darryl comme entraîneur). Il était quand même chanceux que Chris Chelios n'était pas présent, lui qui était alors suspendu pour quelques matchs...
Roenick y alla d'une de ces déclarations typiques dans les médias après le match:
« Morel should have been out of this league five years ago. That's the worst call I've seen since I first laced up the skates
as a kid. Maybe the refs should go on strike (a looming threat with
their contract up Nov. 14 and no agreement in sight). We could use some
new ones. »
Pour sa part, Emerson déclara qu'il n'avait définitivement pas lancé la rondelle dans le but. Qu'il l'a simplement remise devant l'enclave et que c'est un joueur des Hawks qui l'a ensuite poussé dans le but. Mais jusqu'à ce jour, il croit lui aussi que le but n'aurait pas dû être accordé, car il a définitivement gardé la rondelle trop longtemps dans sa main.
Quoiqu'il en soit, Emerson joua deux saisons avec les Jets, suite à quoi il fut échangé aux Whalers de Hartford en octobre 1995 en retour de Darren Turcotte. Ce dernier avait obtenu des stats similaires à Emerson la saison précédente mais les Whalers gagnèrent haut la main cet échange alors que Emerson obtint 58 points dont 29 buts en 95-96 tandis que Turcotte n'obtint que 32 points et termina l'année avec les Sharks lors d'une autre transaction, avant de ne devenir qu'un figurant par la suite.
À Hartford, Emerson retrouva Brendan Shanahan, son ancien compagnon de trio à St.Louis, ce qui l'aida à connaitre cette bonne saison.
Un autre but controversé... J'ai trouvé d'autres buts mais je voulais vraiment mettre celui-ci à cause du chandail glorieux du monsieur à 1:28 du vidéo :
Une blessure vint toutefois nuire à Emerson en 96-97, en plus du départ de
Shanahan, et il n'obtint que 38 points. Il suivit ensuite l'équipe en Caroline
en 97-98 et y connut sa dernière saison de 20 buts (21-24-45). Il marqua également le premier but de l'histoire des Hurricanes dans leur nouveau domicile.
Durant la saison 98-99, il continua ce périple nomade lorsque les Hurricanes l'envoyèrent aux Blackhawks en retour de Paul Coffey, un autre nomade de renom à l'époque. Emerson refit ses valises à nouveau avant la fin de la saison lorsque une troisième équipe, les Senators, fit son acquisition pour les séries en retour de Chris Murray.
Agent libre après cette saison 98-99, il signa pour trois saisons avec les nouveaux Thrashers d'Atlanta avec qui il joua le match inaugural et marqua 14 buts. Il termina toutefois la saison à Los Angeles, où il retrouva son vieil ami Rob Blake, lorsque les Kings firent son aquisition, en plus de celle de Kelly Buchberger, en retour de Donald Audette et Frantisek Kaberle.
La réunion des anciens de Bowling Green ne fut toutefois que temporaire puisque Blake quitta les Kings en février 2001 lors d'un échange majeur avec l'Avalanche avec qui il remporta la Coupe Stanley. Emerson continua sa route avec les Kings jusqu'à la fin de la saison 2001-02, suite à quoi il prit sa retraite.
Il reviendra dans le giron des Kings comme adjoint en 2006-07, pour ensuite devenir directeur du développement des joueurs, ayant ainsi contribué à une grosse partie des succès des Kings dans les années 2010, ce qui lui valut deux bagues. Il est depuis 2022 adjoint au directeur général... nul autre que Rob Blake.
Ses fils jumeaux, Quinn et Blake (coincidence?), sont tous les deux présentement dans la NCAA, Blake à Colorado State et Quinn avec l'alma mater de son paternel, Bowling Green. Mais aucun d'eux n'a été repêché dans la LNH.
En 771 matchs dans la LNH, Nelson Emerson aura amassé 195 buts et 293 passes pour 488 points.
Pour une autre rare fois, je m'insère dans une série créée par RaySheppard. C'est qu'en (re)tombant sur une carte de Steve Chiasson (prononcé Chay-sonn), je me suis rendu compte que j'avais totalement oublié ce joueur, et ce qu'il lui est arrivé.
Steven Joseph Chiasson est né le 14 avril 1967 à Barrie en Ontario. au Canada. Il joint les rangs des Platers de Guelph dans la OHL pour la saison 1983-84. Défenseur robuste, mais possédant une bonne relance de l'attaque, il se fait remarquer par les Red Wings de Detroit qui en font leur choix de troisième ronde, 50e au total, au repêchage de 1985.
Toujours avec les Platers la saison suivant sa sélection, il fut sélectionné au sein d'Équipe Canada pour le championnat mondial junior qui se tenait en Tchécoslovaquie, où il marqua 4 points (2 buts 2 passes) en 6 matchs. Il subit cependant le même sort que ses coéquipiers et leurs adversaires soviétiques, alors que les deux équipes furent disqualifiées du tournoi suite à une bagarre générale. De retour à Guelph, il fut une figure importante des Platers, les aidant à remporter la coupe Memorial en plus d'être élu le joueur le plus utile du tournoi.
Chiasson, #26 au premier rang, avec des Cooperall et un air absent, à côté de Jacques Martin
Malgré 23 matchs disputés dans la AHL avec les Red Wings d'Adirondack, Chiasson fit rapidement sa place à Detroit, s'imposant avec son jeu robuste et ses qualités offensives. Il représenta d'ailleurs l'équipe au match des étoiles de 1993, saison au cours de laquelle il amassa sa plus grande récolte de points en carrière, avec 62 (12 buts et 50 passes), faisant de lui le 5e meilleur marqueur de l'équipe, tout juste derrière un joueur culte ici, Ray Sheppard.
À l'été 1994, voulant grandement améliorer leur position de gardien de but, les Red Wings firent l'acquisition de Mike Vernon des Flames de Calgary en retour de Chiasson. Avec les Flames, Chiasson disputa deux très bonnes saisons, au sein d'une brigade défensive composée entre autres de Phil Housley, James Patrick et Zarley Zalapski. Lors de la saison 1996-97, Chiasson et les Flames n'allaient nulle part. Le club composait d'ailleurs avec plusieurs blessures, dont certaines aux vétérans défenseurs de l'équipe avec seulement 2 matchs joués par Patrick et 19 par Zalapski (Housley était désormais à Washington). Les Flames sacrifièrent alors Chiasson à la date limite des échanges (en compagnie d'un choix de 3e ronde en 1997), l'envoyant aux Whalers de Hartford en retour de Glen Featherstone, Hnat Domenichelli, et un choix de 2e ronde(1997) et un de 3e ronde (1998).
Au sein d'une équipe qui était sur ses derniers milles à Hartford, Chiasson sembla se plaire sous les ordres de Paul Maurice, inscrivant presque autant de points en 18 matchs (14 points) qu'en 47 parties à Calgary (16 points). Une fois les Whalers éliminés, Chiasson défendit les couleurs de l'unifolié lors du championnat mondial de 1997, ramenant la médaille d'or à la maison.
Il suivit l'équipe à Raleigh en Caroline du Sud lorsqu'elle devint les Hurricanes. Le déménagement ne changea rien à première vue à l'organisation, alors qu'elle rata les séries pour une sixième année consécutive mais, maintenant dans la trentaine, Chiasson se mit à s'impliquer collectivement, avec des visites dans les hôpitaux et auprès de groupes jeunesse. De plus, il renoua avec son ancien coéquipier chez les Red Wings, Ray Sheppard, qui devint son cochambreur lors des périples sur la route, en plus de brièvement côtoyer mon avatar, Kirk McLean. Chiasson aida, en compagnie de Glen Wesley, à solidifier un jeune brigade défensive, en menant autant au niveau des points (34 pour Chiasson, 25 pour Wesley) qu'en leadership.
En 1998-99, après 24 matchs, Chiasson a dû subir une opération à l'épaule qui l'a tenu à l'écart du jeu de décembre à avril, revenant à temps pour disputer les quatre dernières parties du calendrier régulier, et accompagner l'équipe à leur première série éliminatoire depuis leur arrivée en Caroline du Nord. Face aux Bruins de Boston, Chiasson termina deuxième marqueur de son équipe, avec un but et deux assistances, dans une série remportée en 6 matchs par les bostonnais. Dépités, les Hurricanes reprirent l'avion qui les ramenait à la maison.
But marqué au début du 5e match de la série
L'avion atterrit aux alentours de 1 heure le 3 mai 1999. Suite au débarquement, Chiasson et quelques autres joueurs se rendirent chez leur coéquipier Gary Roberts prendre un verre. Vers 4 heures du matin, alors qu'il retournait chez lui, Chiasson perdit le contrôle de son véhicule et, dans l'embardée, perdit la vie sur le coup. La vitesse et l'alcool en furent la cause. À 32 ans, il était père de trois enfants, deux garçons et une fille.
Sa fiche en carrière dans la LNH se résume à 398 points (93 buts, 305 passes), en 751 parties.
Depuis son décès, les Hurricanes remettent à chaque saison le "Steve Chiasson Award" qui honore le joueur faisant montre du meilleur leadership, persévérance, détermination et ténacité. De plus, le #3 que Chiasson portait n'a jamais été distribué à nouveau au sein de l'équipe, même s'il n'est pas officiellement retiré.
Les fils de Steve Chiasson ont également évolué à un haut niveau. Ryan Chiasson a joué dans la USHL ainsi que la NCAA et Michael, son fils aîné, a fait partie des Wolverines de l'Université du Michigan pendant quatre saisons, en plus de participer à un camp des recrues des Hurricanes, 14 ans après le départ de son père.
Chaque
franchise de la LNH ayant connu des hauts et des bas, j'ai pensé
analyser chaque franchise sous deux angles différents, soit ses années
de gloire (l'âge d'or) d'un côté et ses années de misère de l'autre
(l'âge de crotte), tout en omettant en grande partie de parler des
années «normales». Bien sûr, on peut souvent retrouver plus d'un âge d'or ou âge
de crotte. Et vous allez voir que parfois la «gloire» et la «misère»
sont relatives selon l'équipe. Genre que je sais pas trop ce que ça va
donner côté gloire pour les Blue Jackets, mais on verra rendu là.
J'ai en même temps établi quels ont été les différents «No man's land» de la LNH au cours des années, soit les pires endroits où on pouvait se retrouver comme joueur et/ou comme fan.
Années de gloire: AMH 1972-73 à 1978-1979 Une des équipes fondatrices de l'Association mondiale de hockey, les Whalers de la Nouvelle-Angleterre furent également ses premiers champions en 1972-73, gagnant la coupe AVCO contre les Jets de Winnipeg. L'équipe demeura compétitive et surtout stable durant ces années autrement difficiles pour la plupart des clubs du circuit maudit. L'équipe ne retourna en finale qu'une seule autre fois en 1978 dans
une cause perdante. L'équipe frappa notamment un grand coup en 1977 en acquérant Gordie Howe et ses fils, en plus d'avoir dans ses rangs des joueurs comme Mike Rogers, Blaine Stoughton et André Lacroix.
Joueur emblématique de cette période: Larry Pleau
Ancien membre du Canadien, Larry Pleau se joignit à l'aventure de l'AMH lors de la saison inaugurale de 1972-73 et demeura avec les Whalers jusqu'à la fin de la ligue en 1979 suite à quoi il prit sa retraite. Il obtint 372 points en 468 matchs avec l'équipe. Seul le défenseur Rick Ley aura joué plus de matchs avec l'équipe durant sa période AMH avec 478. Pleau passa derrière le banc lors de l'entrée de la franchise dans la LNH, d'abord comme assistant et ensuite lors de deux séjours comme entraîneur-chef.
Années de misère: 1980-81 à 1984-1985 Les Whalers firent les séries de justesse malgré une fiche déficitaire lors de leur première saison dans la LNH en 1979-80. Ils les ratèrent toutefois lors des cinq saisons suivantes, durant lesquelles se succédèrent 5 entraîneurs différents. Leur pire saison fut en 1982-83 alors qu'ils terminèrent avant-derniers avec une fiche de 19-54-7 et virent passer trois entraîneurs (Larry Kish, John Cunniff et Larry Pleau).
Durant cette période, l'équipe ne s'aidait vraiment pas au niveau des échanges, comme celui envoyant Mark Howe aux Flyers en retour de Ken Linseman qui lui fut ensuite échangé aux Oilers en retour de de Risto Siltanen. Ils échangèrent également l'excellent défenseur Gordie Roberts aux North Stars en retour de Mike Fidler. Roberts jouera ensuite 15 autres saisons tandis que Fidler ne joua que 40 matchs avec l'équipe avant de voir sa carrière finir en 1984.
Joueur emblématique de cette période: Blaine Stoughton Auteur d'une saison de 100 points en 1979-80, dont 56 buts qui le plaçaient à égalité au premier rang de la ligue (avec Danny Gare et Charlie Simmer), Stoughton demeura constant lors des trois années suivantes, connaissant ensuite des saisons de 43, 52 et 45 buts. Il passa aux Rangers en 1984 et ne fit pas très long feu ensuite, étant relégué dans la AHL la saison suivante avant de prendre sa retraite.
Années de gloire: 1985-86 à 1986-87 L'âge d'or des pauvres Whalers dans la LNH se résume à seulement deux saisons et la seule ronde gagnée dans toute leur histoire, soit au printemps de 1986 lorsqu'ils éliminèrent les Nordiques en première ronde, avant de donner toute une série contre les Canadiens, qui l'emportèrent in extrémis en sept matchs sur un but en prolongation légendaire de Claude Lemieux.
Vint ensuite la saison 1986-87 qu'ils terminèrent avec leur seul championnat de division avec une fiche de 43-30-7. Ils ne purent toutefois répéter leurs exploits en séries, alors que les Nordiques prirent leur revanche en l'emportant en 6 matchs.
Joueur emblématique de cette période: Ron Francis Un maître passeur, Francis termina 5 fois en tête des pointeurs des Whalers durant les années 80. Il fut également leur capitaine de 1985 à 1990, avant de passer aux Penguins dans un autre échange malfamé de la franchise hartfordienne.
Années de misère: 1992-93 à 1996-97 Les cinq dernières années d'existence des Whalers, qui coïncidaient avec un nouvel uniforme plus moderne, furent misérables à plusieurs niveaux. Malgré l'émergence de plusieurs jeunes joueurs comme Geoff Sanderson, Andrew Cassels et Sean Burke, en plus de la présence de Pat Verbeek, les Whalers ne retournèrent jamais en séries.
Finalement, les déboires de l'équipe, principalement causés par le fait d'être situé dans un petit marché sans grand support corporatif, auront raison de la franchise à Hartford. Malgré la promesse de ne pas déménager l'équipe lorsqu'il l'acheta en 1994, le propriétaire Peter Karmanos annonça le déménagement en 1996, qui fut finalement reporté pour 1997. Il porta finalement son choix de destination sur la ville de Raleigh en Caroline du Nord, après avoir considéré les villes de Columbus, Norfolk (Virginie) et Nashville.
Joueur emblématique de cette période: Geoff Sanderson Meilleur marqueur de l'équipe durant ses derniers milles, Sanderson formait un bon petit trio avec Cassels et Verbeek. Il connut sa meilleure saison en 92-93 avec 46 but et 89 points et marqua plus de 30 buts à chaque saison par la suite, à l'exception de la saison écourtée de 1995.
ALERTE NO MAN'S LAND 1995-96 à 1996-97 Malgré que l'équipe connaissait des éclaircies et parvint presque à se faufiler en séries lors de ses deux dernières saisons, il s'agissait probablement de la destination la moins populaire de l'époque pour les joueurs. Tout ça peut être résumé par une chaîne de joueurs vedettes qui ont abouti à Hartford pour en repartir rapidement.
Déçus du développement tardif et de l'attitude du défenseur Chris Pronger (2e choix au total en 1993), ils décidèrent de l'échanger aux Blues en retour de Brendan Shanahan. Ce dernier était furieux de l'échange et après la saison 1995-96, il annonça qu'il ne voulait pas rester davantage avec l'équipe, prétextant ne pas vouloir évoluer avec une équipe au futur incertain. Il fit alors la grève en attendant un échange, qui vint éventuellement à l'automne 1996 lorsqu'il passa aux Red Wings en retour de Keith Primeau et Paul Coffey. Toutefois, Coffey refusa également de jouer à Hartford, désirant jouer dans un plus gros marché compétitif. L'échange fut donc mis en suspens le temps de trouver une solution, ce qui arriva lorsque Coffey accepta finalement de se rapporter aux Whalers, où il ne joua que 20 matchs avant d'être ré-échangé, cette fois aux Flyers.
Années de gloire: 2001-02, 2005-06 Il est très difficile d'analyser les années de la franchise en Caroline, alors qu'il s'agit d'une des équipes les plus inconstantes que j'ai jamais vues.
Les débuts de l'équipe sous le ciel de la Caroline furent difficiles alors que leur aréna de Raleigh ne fut prêt qu'à l'automne 1999. L'équipe joua donc ses deux premières saisons à Greensboro, dans un aréna beaucoup trop grand d'une capacité de 21,000 places qu'ils ne parvinrent à remplir qu'à la moitié de sa capacité. L'équipe s'en sortit pas trop mal dans les circonstances, réussissant à revenir en séries en 98-99.
On avait alors affaire à une équipe moyenne, qui sortit toutefois de nulle part pour faire une présence surprise en finale en 2002, alors qu'ils avaient terminé au 7e rang dans l'association est. Normalement, une saison du genre est entourée de plusieurs saisons similaires, mais ils ratèrent les séries lors des deux saisons suivantes, pour ensuite surprendre encore tout le monde en 2005-06 au retour du lock-out avec une saison de 52 victoires et un autre retour en finale, cette fois-ci dans une cause gagnante contre les Oilers en sept matchs.
Mais après cette saison de gloire, ils ratèrent les séries de nouveau lors des deux années suivantes, le seul club dans l'histoire à accomplir ce fait médiocre. Très inconstant comme je disais.
Joueur emblématique de cette période: Rod Brind'Amour Membre de l'équipe depuis la saison 1999-00, l'actuel entraîneur de l'équipe Rod Brind'amour venait d'être nommé capitaine lors de cette saison 2005-06 et il terminera ce tournoi printanier avec 12 buts pour mener l'équipe à ce niveau.
Années de misère: 2009-10 à 2017-18 Les Hurricanes ratèrent donc les séries deux années consécutives suite à la coupe de 2006, mais se reprirent en 2008-09 en atteignant la 3e ronde. L'équipe dérapa ensuite en 2009-10, saison où ils retirèrent également le C de Brind'Amour qui était alors sur le déclin.
L'équipe rata ensuite les séries pendant 9 saisons consécutives, soit une des plus longues disettes de l'histoire. Durant ce temps on vit plusieurs entraîneurs tenter de redresser la barque comme Paul Maurice, Kirk Muller et Bill Peeters, sans succès. L'équipe commença à connaître des problèmes d'assistance, terminant même derniers à ce niveau en 2015-16 et 2016-17. Des rumeurs de déménagement firent alors leur apparition. Le club fut finalement acheté par Tom Dundon en décembre 2017.
Joueur emblématique de cette période: Jeff Skinner Récipiendaire du trophée Calder en 2010, Skinner fut en place en Caroline de 2009-10 à 2017-18, soit pendant l'entièreté de cette période de misère. Il marqua 204 buts en 579 matchs durant cette période, soit le troisième de l'histoire des Hurricanes (en dehors de Hartford).
Années de gloire: 2018-19 à maintenant Sans avoir regagné encore la Coupe Stanley, l'équipe est de nouveau compétitive et stable depuis l'arrivée/retour de Rod Brind'Amour comme entraîneur-chef pour la saison 2018-19. Sous ses ordres, l'équipe n'a pas encore raté les séries et a connu sa meilleure saison régulière à vie en 2021-22 avec une fiche de 54-20-0-6 pour 116 points, suivi d'une saison de 113 points l'an dernier. Ils se sont rendus deux fois en finale de conférence durant cette période et plus important, l'équipe connait des sommets en terme d'assistance, encore meilleures que lors des finales des années 2000.
L'équipe se démarque également des années précédentes par une nouvelle attitude «baveuse», n'hésitant pas à causer des controverses sur les réseaux sociaux (on se rappelle de l'épisode Montréal/Aho/Kotkaniemi), et également par ses célébrations d'après-matchs particulières, ce qui mena Don Cherry à les surnommer «Bunch of jerks», un terme qu'ils affectionnent depuis ce temps, en accord avec leur nouvelle identité.
Joueur emblématique de cette période: Sebastian Aho