Drop Down MenusCSS Drop Down MenuPure CSS Dropdown Menu

dimanche 20 novembre 2022

Réunion de famille


À une certaine époque, la famille Conacher était presque une forme de royauté dans le monde du hockey. Les frères Lionel, Charlie et Roy ont tous accédé au Temple de la renommée. Bert, le frère jumeau de Roy, avait aussi beaucoup de talent, mais la perte d’un œil lors d’un accident alors qu’il jouait au hockey avec ses frères l’empêcha d’accéder à la LNH. Lionel, qui était aussi un redoutable joueur de football, de crosse et de baseball, fut nommé le meilleur athlète pour la première moitié du XXe siècle au Canada. Les cinq sœurs de la famille avaient apparemment aussi de grandes capacités athlétiques, mais à cette époque, le sport féminin était peu développé.

Pour ce qui est de la génération suivante, le fils de Charlie, Pete, et celui de Lionel, Brian, tout comme leur cousin, Murray Henderson, ont également joué dans la Ligue nationale. Quant à Lionel Jr, c’est plutôt dans la Ligue canadienne de football, avec les Alouettes, qu’il joua.

Tout ça pour dire que les liens familiaux étaient forts dans cette famille sportive. Par contre, le sport, c’est le sport…

En 1929-30, Charlie jouait sa saison recrue dans sa ville natale, avec les Maple Leafs. Pendant ce temps, Lionel en était déjà à sa cinquième saison dans la grande ligue. Il n’habitait plus en ville, s’alignant avec les Americans de New York.

Lorsqu’ils s’affrontaient, les deux frères avaient habitude de se laisser tranquille. Par contre, lorsque Lionel prit pour cible le pourtant robuste Red Horner, Charlie se sentit obligé d’intervenir. Après un échange de bâtons élevés, les frangins se dirigèrent vers le banc des pénalités. À ce moment, les deux s’approchèrent de l’autre, en s’agitant et en gesticulant. Lionel se mit alors à se lamenter, mais les récriminations qu’il avait pour son jeune frère n’étaient pas nécessairement celles que les spectateurs présumaient.

-Je n’ai pas pu aller à la maison aujourd’hui. Papa et maman vont bien?

-Oui, mais ils se demandaient pourquoi tu n’étais pas venu, répliqua Charlie.

Après avoir purgé leur pénalité, en sortant du banc, Lionel agrippa le chandail du frérot. Charlie répliqua en lui passant son bâton sous le nez.

-Tu diras à maman que j’irai la voir lors du prochain voyage, lui dit Lionel pendant que la foule s’agitait.

L’histoire ne le dit pas, mais on suppose que le message s’est rendu à destination.

Pour Lionel, il s’agissait peut-être d’une répétition, puisque quelques années plus tard, il ajouta la lutte professionnelle à ses activités.

Frayne, Trent, The Mad Men of Hockey, McClelland & Stewart Limited, 1974, pages 96, 106-107.

jeudi 10 novembre 2022

Trêve de hockey #105 - Stu Nahan

"À mes côtés, mon partenaire encore ce soir, Stu Nahan"  | Rocky II (1979)





Lorsque RaySheppard a finalement reçu notre magnifique livre "Le meilleur de La Vie Est une Puck", il nous a fait parvenir une petite vignette où on le voit enlever un livre de sa collection afin d'y insérer notre "best of". Le livre qui a perdu son "spot" de façon peu cavalière, c'est ce que Ray qualifie de "pire livre de hockey".

Dans ce ramassis de Carl Johnson, outre de nombreux cliparts et au milieu de citations pas rapport, il y a une page avec la photo d'un jeune gardien de but, Stu Nahan, accompagné d'une simili biographie. 

Ce qui attira d'abord mon attention, outre la bouche ouverte de Stu, fut qu'il est inscrit "Rocky Movies" dans la "biographie". Étant ancien boxeur et ayant mon fils aîné qui pratique également le noble art, les films de la série "Rocky" et "Creed" ont joué en boucle sur nos télévisions. Après une brève recherche Google / IMDB, Stu Nahan joue effectivement son propre rôle, étant un des commentateurs pour presque tous les combats de boxe présentés dans les films mettant en vedette Rocky Balboa Sylvester Stallone.

"What started out as a joke has turned out to be a disaster". | Rocky IV (1985)

Alors que Carl Johnson essaie de nous faire croire dans son torchon que Stu Nahan est né à Montréal, il est plutôt né à Los Angeles le 23 juin 1926. Sa famille déménagea toutefois au Canada deux ans plus tard. Il put ainsi, en grandissant, apprendre le hockey, jusqu'à devenir le gardien des Redmen de l'Université McGill. Les Maple Leafs le mirent sous contrat en 1946 et le retournèrent en Californie, avec les Monarchs de Los Angeles. Malheureusement pour lui, sa carrière de hockeyeur stagna et il prit sa retraite du hockey. Il se dirigea alors vers le monde des communications. C'est pour une émission pour enfants à Sacramento qu'il commença sa carrière, avant de déménager au New Jersey et personnifier "Captain Philadelphia" pour un programme jeunesse d'une station de Philadelphie. 

La version Stu Nahan de "Capitaine Cosmos"

Sa connaissance du sport lui permit alors de devenir commentateur sportif, tout d'abord pour les nouveaux Flyers de Philadelphie (NHL), ainsi que pour les matchs des Eagles de Philadelphie (NFL) à CBS. Il revint plus tard sur la côte californienne en tant que lecteur de nouvelles sportives et commentateur pour de nombreux événements sportifs, en plus de faire partie de l'équipe de description des matchs des Dodgers de Los Angeles (MLB). C'est ainsi, qu'à partir de 1976, il fit des apparitions dans 14 productions hollywoodiennes, toujours dans son propre rôle. Sa dernière prestation dans un film fut dans le 6e opus de la série "Rocky", alors que c'est sa voix qu'on entend comme commentateur du combat "jeu vidéo".

Il est décédé en décembre 2007, à l'âge de 81 ans.



samedi 5 novembre 2022

On ne niaise pas avec Gordie Howe


En 1981, Phil Esposito venait tout juste de prendre sa retraite des Rangers. Après s’être rendu compte que d’être assistant-entraîneur d’une équipe composée de ceux qui étaient ses coéquipiers quelques semaines auparavant n’était pas une bonne idée, il se résolut donc à s’éloigner.

Pour s’occuper, il décida donc de jouer des matchs d’anciens joueurs. La formation à laquelle il se joignit comprenait entre autres Gordie Howe et Bobby Hull. Bien que ces deux derniers étaient alors âgés de 52 et 42 ans, ils venaient eux aussi à peine de prendre leur retraite, à la fin de la saison 1979-80 dans leur cas.

La première partie à laquelle Esposito a pris part avait lieu à Stamford, au Connecticut. L’adversaire était une équipe composée de jeunes professionnels, avocats, courtiers, dans la vingtaine ou dans la trentaine.

Ayant la jeunesse de leur côté, et quand même un certain talent, les professionnels sautèrent sur la glace et se mirent à patiner à toute vitesse. Les anciennes gloires les regardèrent et se dirent qu’ils prenaient peut-être la rencontre un peu trop sérieusement.

Gordie Howe se dirigea alors vers l’autre équipe et dit à l’un d’eux de lever le pied et de ne pas humilier leurs aînés. Sa réponse fut :

-Alors le vieux, tu ne peux pas suivre?

S’en suivit ensuite la mise au jeu. Esposito s’empara de la rondelle et la passa à Hull à sa gauche. Lorsqu’il tourna la tête vers sa droite, il s’aperçut que Howe n’y était pas. Il se rendit toutefois compte que sur le bord de la bande, il y avait un vacarme incessant. Le vieux Gordie y était très occupé à faire un mauvais parti à son nouvel "ami", qui criait de douleur. Howe lui répliqua alors :

-Lève-toi, foutu minable! Je t’ai pas frappé si fort..

Esposito lui demanda alors ce qui c’était passé. Howe lui répondit alors qu’il l’avait dardé dans les bijoux de famille et que ça devrait le ralentir.

Howe se dirigea ensuite vers le banc adverse, et il demanda si quelqu’un d’autre voulait l’humilier. Après avoir posé sa question une deuxième fois, il n’eut toujours pas de réponse.

Lorsqu’Esposito lui dit qu’il était fou, la réponse de Howe fut qu’il ne les laisserait pas le rabaisser.

Source: Esposito, Phil & Golenbock, Peter, Thunder and Lightning: A no – b.s. hockey memoir, McClelland & Stewart, Toronto, 2003, pages 200-202.

mercredi 2 novembre 2022

Retour au Temple de la renommée


Le Temple de la renommée du hockey est un endroit que j’apprécie. Pas étonnant pour un geek de hockey comme moi. Même si j’y suis allé à quelques reprises, j’aime y retourner lorsque je vais à Toronto. Ça faisait un moment que je n’y avais pas mis les pieds, jusqu’à cette semaine, où je me suis mis à jour.

Je vous partage donc certaines nouveautés, certains trucs qui devraient être mis à jour et d’autres éléments que je trouve tout simplement intéressants.

En ce 50e anniversaire de la Série du siècle, on a mis à jour cette section, qu’on retrouve dans la section internationale. Je ne suis toutefois en mesure de comparer avec ce qu’on retrouvait avant. La poupée russe géante reçue en cadeau à l’époque y est toutefois toujours.



Comment passer à côté de la pandémie?  Le Temple de la renommée a pris la balle au bond et a mis en place une section à ce sujet. Un jour, vous pourrez expliquer à vos petits-enfants que les activités de toutes les ligues ont été suspendues, que des titres de certaines ligues n’ont pas été décernés et que lorsque la LNH a repris ses activités, ce fut dans des bulles sans spectateurs.





D’ailleurs, on y a habilement placé côte à côte la section au sujet de la grippe espagnole et celle de la covid 19.



La salle des trophées, située dans une opulente ancienne succursale bancaire, est toujours impressionnante. Si ceux-ci existent pour la plupart depuis des années, on peut tout de même y voir quelques signes du temps qui passe.

De voir la Coupe qui a marqué ma jeunesse (celle de 1985-86) monter et de maintenant se retrouver sur le deuxième anneau m’a mis en pleine figure que les années avancent et que je vieillis… Un jour viendra où cet anneau sera retiré de la Coupe et mis dans la voûte. À ce moment, je me sentirai vraiment vieux…



Toujours au sujet de la pandémie, on se souviendra que celle-ci et l’imposition de quarantaine à la frontière avaient entraîné la modification des divisions, incluant la création d’une division nord (canadienne). Suite à leur parcours inespéré en séries en 2021, les Canadiens ont ainsi mis la main sur le Trophée Clarence-Campbell, un trophée qui leur avait toujours échappé, parce qu’en théorie, il est remis aux champions de la conférence… ouest. C‘est maintenant chose faite.

(À noter que de 1968 à 1981, le Trophée Campbell était remis aux champions de la saison régulière de la conférence du même nom. Comme à ce moment, les conférences étaient divisées sur la base de critères géographiques nébuleux, les Flyers et les Islanders l’ont déjà remporté. Montréal n’est donc pas la seule équipe de l’est à avoir son nom dessus.)



Ce n’est pas une illusion (même si mes photos ne sont pas toujours de grande qualité). Malgré qu’il ait été remis pour la première fois qu’en 1999, faisant ainsi de lui l’un des trophées les plus récents, le Trophée Maurice-Richard semble déjà terni et usé. De plus, je n’avais jamais remarqué qu’il contenait une plaque montrant une rondelle qui pénètre dans un but. Je comprends qu’il est décerné au meilleur buteur de la ligue, mais le concept me paraît plutôt sans saveur… La représentation du vieux Forum de l’autre côté me paraît plus appropriée.


On trouve aussi au Temple la Coupe Clarkson, mais malgré la dissolution de la Ligue canadienne de hockey féminin en 2019, il est encore indiqué qu’elle est toujours remise. On salue en passant les anciennes Stars et les anciennes Canadiennes dont on retrouve le nom dessus. On souhaite du même coup bonne chance à la Force de Montréal, la nouvelle équipe de la Premier Hockey Federation, qui tentera de se mériter la Coupe Isobel.






Peut-être est-ce aussi en raison de la covid, mais d’autres éléments n’ont pas non plus été mis à jour, comme ce présentoir des Canadiens, qui indique encore que le club affilié de Montréal dans la ECHL est le défunt Beast de Brampton, et non les Lions de Trois-Rivières.



Si l’ajout récent d’une pub de RBC sur le chandail du Tricolore a causé une certaine controverse, dites vous que ça aurait pu être pire. Dans la section des masques de gardien, on en retrouve un provenant de la ligue tchèque avec un bout de mousse grossièrement collé sur le front pour annoncer une firme de télécommunication



Ce n’est pas une nouveauté, mais j’ai eu une pensée pour les gens de Sherbrooke en voyant le nom de leur ville sur la Coupe Calder, pour le titre remporté en 1985. On vous salue!



Il y a plusieurs années la chaîne de beignets Tim Hortons faisait le lien entre elle et son défunt fondateur. Avec le temps, la référence s’est un peu perdue, mais pas à sa succursale à la sortie du Temple de la renommée. Horton y est membre depuis 1977.