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dimanche 15 février 2026

Jake Forbes


 


Le gardien Vernon Vivian Forbes, surnommé « Jake » ou « Jumpin' Jackie » en raison de son style de jeu acrobatique, est né le 4 juillet 1897 à Toronto.

Après avoir fait ses classes au hockey mineur dans divers clubs locaux, il joignit les rangs des St.Pats de Toronto durant la saison 1919-20, devenant le 3e gardien du club durant la saison, ce qui était assez rarissime à l'époque. Il devint numéro un des St.Pats la saison suivante et obtint 13 victoires en 20 matchs, aidant le club à terminer au deuxième rang. Pour la saison suivante, en 1921-22, il désirait une augmentation de salaire à 2500 dollars, ce que les St.Pats refusèrent catégoriquement. Il devint alors le premier joueur de la LNH à sacrifier une saison entière. Ce geste d'insubordination, inédit pour l'époque, s'est soldé par la vente de ses droits à la franchise des Tigers d'Hamilton la saison suivante.

Forbes revint donc en action après une saison perdue et joua les trois saisons suivantes à Hamilton, obtenant des statistiques en conséquence d'être dans le pire club de cette jeune ligue à seulement 4 équipes. Il obtint 6 victoires en 24 matchs en 1922-23 et ensuite 9 en 24 en 1923-24.

La chance des Tigers tourna toutefois lors de la saison 1924-25, le club passant de la dernière à la première place d'une ligue désormais à 6 clubs (arrivée des Bruins et Maroons), s'assurant une place en finale de la Coupe Stanley.

Cependant, les choses tournèrent au vinaigre pour Forbes et les Tigers et on peut imaginer que Forbes fut un des principaux architectes de ce qui allait se passer. Cette saison-là, la ligue avait décidé d'augmenter le nombre de matchs de la saison régulière de 24 à 30 sans offrir de compensation financière supplémentaire aux joueurs.

Menés par leur capitaine Billy Burch, Forbes et ses coéquipiers ont exigé une prime de 200 dollars par joueur pour ces rencontres additionnelles. Devant le refus catégorique des propriétaires et les menaces de suspension du président de la LNH, Frank Calder, les joueurs ont maintenu leur position et refusé de disputer les séries éliminatoires. Cette impasse a conduit à la suspension immédiate de l'équipe, privant Jake Forbes de sa meilleure chance de soulever le prestigieux trophée.

Les conséquences de ce bras de fer ont été permanentes pour le gardien de but. Bien que la franchise ait été rachetée et déménagée pour devenir les Americans de New York, et malgré le fait que Forbes soit resté un pilier de la ligue pendant encore plus d'une décennie, il n'a plus jamais eu l'occasion de jouer des matchs éliminatoires. Après avoir disputé seulement deux matchs de séries lors de sa première année complète en 1921, il a passé le reste de sa carrière au sein d'équipes de bas de classement, accumulant un total de 84 victoires contre 114 défaites. Pourtant, son efficacité individuelle est restée remarquable pour l'époque, comme en témoigne sa moyenne de buts alloués de 2,76 et ses 20 blanchissages.


 
Après quelques saisons difficiles avec les Americans et des détours dans les mineures, il fut libéré en 1930. Il passa la saison suivante dans la ligue Can-Am à l'exception de deux matchs avec les anciens Pirates de Pittsburgh, maintenant nommés les Quakers de Philadelphie, deux matchs qui se soldèrent par des défaites pour cette autre club en difficulté, qui connaîtra d'ailleurs un des pires rendements de l'histoire de la LNH avec une fiche de 4–36–4, soit le 2e pire pourcentage de points de l'histoire à 0.136%.

Les saisons suivantes furent à l'image de la difficile décennie des années 30, avec un parcours nomade dans plusieurs clubs et ligues. Il retourna jouer quelques matchs avec les Americans (son dernier dans la LNH en 1933) mais passa la majorité du temps dans les mineures avec les clubs suivants; Eagles de New Haven (Can-Am), Tigers du Bronx (Can-Am), Bulldogs de Windsor (IHL), Stars de Syracuse (IHL), Indians de Springfield (Can-Am), Tecumsehs de London (IHL) et Cardinals de Rochester (IHL).

Il a finalement pris sa retraite en 1936. En s'éteignant à l'âge de 88 ans en 1985, Jake Forbes était le dernier joueur vivant des Tigers de Hamilton.



mercredi 14 mai 2025

Roger Jenkins


 

 

Le défenseur Roger «Broadway» Jenkins est né 18 novembre 1911 à Appleton au Wisconsin. Sa famille déménagea toutefois à Port Arthur en Ontario lorsqu'il n'avait que trois ans. 

Après avoir joué son junior à Thunder Bay et une saison senior à Edmonton, il devint la propriété des Black Hawks pour la saison 1930-31. Cependant, les Black Hawks le prêtèrent aux Maple Leafs avant que la saison commence et c'est donc avec Toronto qu'il fit ses débuts professionnels. Après 21 matchs avec les Leafs, il fut retourné à Chicago pour finir cette première saison où il n'obtint qu'une seule passe. 

La saison suivante, il fut recalé avec les obscurs Tigers du Bronx de la Canadian-American Hockey League, l'ancêtre de la AHL moderne. Les Tigers n'existeront que durant cette seule saison 1931-32. La saison suivante, Jenkins fut rapatrié à Chicago où il joua enfin une saison complète et récolta de bonnes statistiques avec 3 buts et 10 passes en 46 matchs, soit le meilleur rendement chez les défenseurs de l'équipe. Il évoluait aussi parfois comme attaquant.

En 1933-34, il joua encore toute la saison à Chicago, mais n'obtint que 4 points. Il fut toutefois en poste durant l'entièreté des séries éliminatoires et aida le club à remporter sa première Coupe Stanley. Avant que les séries commencent, Jenkins avait parié avec le gardien des Hawks Charlie Gardiner que s'ils gagnaient la coupe, il paraderait Gardiner en brouette dans les rues de Chicago lors de la parade. 

Jenkins tint parole.

Jenkins transportant Charlie Gardiner lors de la parade de 1934
 

Gardiner devint le seul gardien capitaine à remporter la Coupe Stanley dans l'histoire de cette dernière. Cependant, il souffrait d'une infection aux amygdales depuis deux saisons, et jouait constamment malgré la douleur, la fatigue et même des convulsions. Il dut même quitter le match décisif en finale contre les Red Wings, après la 3e période toujours avec une égalité de 0-0. Le match se termina en 2e période de surtemps sur un but de Mush March (tout un nom). Gardiner remporta également le Vézina cette saison-là. Malheureusement, son infection prit de l’ampleur et il mourut d'une hémorragie cérébrale deux mois après avoir été transporté en brouette par Jenkins.

Lors de l'entre-saison 1934, Jenkins fut impliqué dans une méga transaction alors que la légende du Canadien Howie Morenz prit (dans la controverse) le chemin de Chicago. En retour de Morenz, du gardien Lorne Chabot et du défenseur Marty Burke, le Canadien obtint l'excellent Lionel «Big Train» Conacher, l'attaquant Leroy Goldsworthy ainsi que Jenkins. Conacher fut toutefois échangé aussitôt aux Maroons où il avait déjà joué dans le passé.


Jenkins continua donc sa carrière avec le CH et obtint 4 buts et 6 passes en 1934-35. Il fut toutefois échangé à prix fort après cette seule saison, cette fois-ci aux Bruins. En retour de seulement Jenkins, le CH obtint le controversé et excentrique Jean Pusie et aussi le défenseur Walt Buswell qui jouera 5 solides saisons avec le faible club montréalais.

Donc Jenkins joua en 1935-36 pour un cinquième club différent en six saisons (en incluant les Tigers du Bronx). Il récolta 8 points en 42 matchs. 

Mais, encore une fois, il fut impliqué dans une autre transaction d'importance avant la saison suivante. Cette fois-ci, il retourna avec le Canadien en compagnie du légendaire Babe Siebert. En retour, les Bruins rapatrièrent Leroy Goldsworthy, en plus de mettre la main sur Sammy McManus ainsi qu'un montant de 10 000$.

Cependant, les Canadiens n'avaient que très peu de plan pour ce deuxième séjour de Jenkins. Ils le firent jouer 10 matchs sans histoire avant de le laisser languir dans les gradins. Il fut finalement libéré à la mi-décembre 1936. Le soir même, les Maroons lui firent signer un contrat d'urgence pour colmater leur défense. Mais ce ne fut que son seul et unique match avec les Maroons et il fut également laissé de côté pour les prochains matchs. Il fut finalement prêté aux Americans de New York, son 3e club de la saison. Il est d'ailleurs un des premiers joueurs de l'histoire de la ligue à avoir joué pour trois équipes durant le même calendrier.

Libéré par les Americans après la saison, il débuta ensuite celle de 1937-38 sans contrat. Il fut toutefois signé quelques semaines plus tard par son premier club, les Black Hawks. L'air de Chicago sembla parfaitement lui convenir puisqu'il retrouva finalement son aplomb, obtenant 9 points en 37 matchs, et aidant de nouveau l'équipe à remporter la Coupe Stanley. Cette fois-ci il fut un contributeur majeur en séries, obtenant 6 points en 10 matchs. 

Les Hawks de 1938 sont souvent considérés comme un des pires clubs à avoir remporté la Coupe. Le club avait raté les séries l'année précédente et s'étaient faufilé en séries avec une fiche de 14 victoires, 25 défaites et 9 nulles, ce qui était quand même bon pour la dernière position donnant accès aux séries dans leur division. Sur leur chemin, ils éliminèrent d'abord les Canadiens, et ensuite les Americans en deuxième ronde, soit deux clubs ayant abandonné dans le cas de Jenkins la saison précédente. Ils éliminèrent ensuite les Leafs en 4 matchs (d'une série 3 de 5). Les Leafs étaient également une ancienne équipe de Jenkins, mais comme vous pouvez voir, il a pas mal joué partout...

Leur pourcentage de victoire de .291 en saison demeure à ce jour un record pour un club champion de la coupe. Ils sont également le club champion ayant le moins de membres du temple de la renommée, seulement un en fait, le défenseur Earl Siebert.

Et encore une fois, j'imagine par tradition, Jenkins avait fait le pari avec le gardien des Black Hawks, cette fois-ci Mike Karakas, qu'il le transporterait en brouette. Je n'ai pas trouvé de photo cette fois-ci, seulement cette coupure de journal.


Les Black Hawks de 1938 étaient également l'équipe avec les plus de joueurs nés aux États-Unis ayant leur nom gravé sur la coupe avec 8 joueurs, incluant Jenkins.

Suite à cette deuxième coupe pour Jenkins (et les Hawks), il débuta la saison suivante à Chicago mais fut libéré après 14 matchs. Il fit alors un énième retour avec une ancienne équipe, en retournant avec les Americans de New York. C'est avec eux qu'il termina son parcours dans la LNH. Et son dernier match en saison régulière ne fut même pas complété en tant que patineur. Lors du dernier match de la saison des Americans contre les Rangers, le gardien Earl Robertson se blessa durant la deuxième période. N'ayant aucun substitut, ce fut Jenkins qui fut délégué pour remplacer Robertson. Alors qu'ils tiraient déjà de l'arrière 4-2, Jenkins alloua 7 buts et les Americans perdirent ce match 11-5, soit leur pire défaite de la saison. Ils atteignirent toutefois les séries mais s'inclinèrent en 2 matchs contre les Maple Leafs.

La saison suivante, Jenkins fut vendu aux Indians de Springfield de Eddie Shore dans la AHL. Après une saison à Springfield, il joua trois ans avec les Bears de Hershey et fut élu au passage sur l'équipe d'étoiles en 1942-43. Il mit ensuite le cap vers l'ouest pour terminer sa carrière dans les niveaux mineurs de l'ouest nord-américain. Il joua d'abord la saison 1943-44 avec les Iron Workers de Seattle de l'obscure Northwest International Hockey League, ligue purement amateure qui jouait seulement les dimanches... La NIHL se renomma sous le nom de la Pacific Coast Hockey League la saison suivante. Jenkins suivit, cette fois-ci avec les Stars de Seattle. Il joua ensuite pour les Ironmen de Seattle et termina finalement sa longue carrière en 1948 après deux saisons avec les Rockets de Tacoma.

En 327 matchs dans la LNH, sa fiche fut de 15 buts et 39 passes pour 54 points. Il aura joué pour 6 clubs de la LNH, à une époque où l'on comptait entre 7 et 10 équipes par saison. Les seuls clubs où il n'aura pas joué durant son passage furent les Rangers, les Red Wings, les Quakers de Philadelphie (1930-31) et les Senators d'Ottawa/Eagles de St.Louis, 

Donc malgré une carrière assez anonyme, il aura tout de même laissé sa trace particulière, obtenant au passage deux coupes Stanley et ayant été impliqué dans plusieurs transactions majeures de l'époque. On peut dire qu'il a roulé sa brouette...


mercredi 12 juin 2024

Benny Grant

 


 

Ce texte a d'abord été publié comme texte inédit dans notre livre «Le meilleur de La vie est une puck» en 2022. Ce livre est désormais épuisé mais demeure toujours disponible en format digital (eBook). 


Le 20 février 2022, ­Andrew ­Hammond a pu effectuer un retour dans la ­LNH, après un exil de quatre ans, lorsqu’il fut acquis par les ­Canadiens de ­Montréal. Encore mieux, il a pu s’offrir une première victoire depuis le 9 avril 2016, soit un écart de 2 143 jours. On retrouve sept autres gardiens dans l’histoire de la ­LNH qui ont dû attendre plus longtemps que ­Hammond entre deux victoires. Il y a entre autres ­Michael ­Leighton (2 159 jours), ­Kay ­Whitmore (2 395 jours) et ­Roberto ­Romano (2 579 jours). Ce n’est rien cependant comparativement au meneur de cette liste.

Né à ­Owen ­Sound en ­Ontario le 14 juillet 1908, ­Benjamin ­Cameron Grant put jouer régulièrement à l’aréna d’Owen ­Sound car son père en était le gérant. Il joignit les ­rangs des ­Greys de sa ville natale dans la OHA, lors de la saison ­1924-25, mais dut attendre jusqu’en ­1926-27 pour finalement obtenir le poste de gardien titulaire de l’équipe. 

En 16 parties, il récolta 12 victoires, dont deux par blanchissage, avant de mener les ­Greys jusqu’au championnat de la coupe ­Memorial.


Il rejoignit ensuite les ­Panthers de ­London de la ­Canadian ­Professionnal ­Hockey ­League pour la saison suivante, mais ses droits furent échangés au ­Maple ­Leafs de ­Toronto en janvier 1928, contre une somme d’argent. Cette signature servait en fait à combler une rare absence de ­Lorne ­Chabot, gardien titulaire des ­Leafs. Grant fut d’office pour trois matchs à ­Toronto, ne récoltant qu’une victoire.

À une époque où les équipes de la ­LNH n’employaient qu’un seul gardien, ­Grant ne put vraiment s’établir. Mais ­Conn ­Smythe, propriétaire des ­Maple ­Leafs, ne voulait pas le perdre au profit d’une autre équipe et décida de le garder dans l’organisation pour les entrainements. Sa présence permettait d’avoir un remplaçant compétent lorsque ­Lorne ­Chabot devait s’absenter. Smythe se permettait de le prêter à d’autres équipes au besoin, contre une somme d’argent bien entendu. Ainsi, lors de la saison ­1929-30, ­Grant prit la place devant le filet des ­Americans de ­New ­York en remplacement de ­Roy ­Worters. Il y disputa sept matchs, remportant trois victoires.

Voulant garder son auxiliaire actif, ­Smythe prêta ­Grant aux ­Tigers de ­Boston de la ­Canadian-American ­Hockey ­League en ­1930-31 et aux ­Stars de ­Syracuse la ­IHL lors des deux saisons suivantes.

N’étant maintenant plus la propriété des ­Maple ­Leafs, qui comptaient désormais sur les services de ­Turk ­Broda, il retourna dans la ligue « ­Can-Am », d’abord avec les ­Cubs de ­Boston, ensuite les ­Arrows de ­Philadelphie, les ­Eagles de ­New ­Haven et les ­Indians de ­Springfield. Ces derniers migrèrent dans la ­AHL en 1936, avec ­Grant comme principal gardien. Il resta avec l’équipe jusqu’en 1941, pour ensuite rejoindre les ­Saints de ­Saint ­Paul de l’American ­Hockey ­Association. Il y joua deux saisons et prit sa retraite au printemps 1942, même s’il venait d’être élu sur la première équipe d’étoiles de l’AHA.

Benny Grant, dernier à droite de la 3e rangée, lors de la saison 1929-30 où il joua 7 matchs avec les Maple Leafs.


Un an plus tard, alors qu’il était de retour dans sa ville natale et travaillait pour ­Imperial ­Oil, ­Benny Grant assista comme spectateur au camp d’entraînement des ­Maple ­Leafs qui se déroulait à ­Owen Sound. Lorsque l’entraîneur-chef (et natif d’Owen ­Sound) ­Clarence "Hap" ­Day aperçut ­Grant, il lui offrit de revenir au jeu car les ­Leafs étaient en manque de gardiens compétents, dû à l’enrôlement de Turk ­Broda pour la ­Deuxième ­Guerre ­mondiale.

Grant refusa d’abord, prétextant qu’il avait un bon travail, mais il lui indiqua qu’il allait quand même demander à son patron s’il pouvait avoir congé sans solde pour la saison de hockey. Suite au refus de ce dernier, ­Grant avisa ­Hap ­Day qu’il ne pourrait accepter l’invitation. Mais quelques jours plus tard, Grant fut brusquement transféré aux bureaux de ­Toronto de la compagnie. Une fois sur place, il se fit indiquer que son lieu de travail se trouvait au 50 ­Carlton ­Street, ce qui se trouve à être le ­Maple Leaf Gardens.

L’Imperial ­Oil ­Company appartenait à ­Esso. Ces derniers étaient un commanditaires de la radio qui diffusait les matchs des ­Maple ­Leafs à l’époque. Lorsque les dirigeants apprirent que les ­Leafs avaient besoin de ­Grant, ils firent en sorte de libérer ce dernier.

Grant rejoignit donc ses nouveaux coéquipiers et disputa finalement 20 autres matchs avec les ­Maple ­Leafs. Il en remporta neuf, dont le premier le 30 octobre 1943, soit 3 609 jours (presque 10 ans) depuis sa dernière victoire dans l’uniforme des ­Americans de ­New ­York, eux qui n’existaient même plus à ce moment. Grant fut de nouveau prêté à une autre équipe, les ­Bruins de ­Boston en mars 1944, en l’absence de ­Bert ­Gardiner. Il affronta ses coéquipiers des ­Leafs, contre qui il subit une défaite de ­10-2, dans ce qui fut sa dernière partie en carrière.

Il retourna à ­Owen ­Sound travailler pour l’Imperial ­Oil. Il est décédé le 20 juillet 1991.




jeudi 25 avril 2024

Murph Chamberlain


Bien qu’il n’était pas à la base une si grande menace offensive, Murph Chamberlain eut un tournoi de la Coupe Allan remarquable en 1937, avec 17 buts en 13 matchs, menant les Frood Miners de Sudbury au titre. L’année suivante, il put rejoindre les Maple Leafs, où il montra plutôt un style agressif, en plus de constamment se faire entendre sur la patinoire, autant par ses adversaires que par les arbitres.

Chamberlain demeura trois ans à Toronto, alors que les Leafs atteignirent autant de fois la finale. Par contre, ils s'inclinèrent à chaque reprise.

Après la saison 1939-40, Conn Smythe décida donc de faire un changement derrière le banc des Leafs et remercia son entraîneur, Dick Irvin. Ce dernier se retrouva donc du travail à Montréal, où les Canadiens venaient d’avoir une saison horrible (10-33-5) qui leur garantit la dernière place.

Irvin voulut alors ajouter un peu de robustesse à sa nouvelle équipe et s’assura que Tommy Gorman fasse l’acquisition de Chamberlain, en retour d’un montant d’argent. Pour Chamberlain, il s’agissait alors d’un retour dans sa province natale, puisqu’il est natif de Shawville, dans le Pontiac.

Irvin eut d’abord à mettre un peu d’ordre dans ce club plutôt dissipé. Sa nouvelle acquisition n’a toutefois pas nécessairement été un élément stabilisateur. Bon vivant, blagueur et indiscipliné sur la glace, Chamberlain est d’ailleurs montré dans le filmMaurice Richard″ de Charles Binamé comme étant en état d’ébriété lors d’une pratique. Il parvint tout de même à marquer 10 buts en 1940-41, égalisant son sommet qu’il avait réalisé avec les Leafs.

Chamberlain débuta la saison 1941-42 avec Montréal, mais en février, il fut prêté aux Americans de Brooklyn. C’est d’ailleurs dans leur uniforme qu’il obtint son seul tour du chapeau en carrière, le 15 mars, contre Turk Broda des Leafs.

Si les Americans disparurent à la fin de l’année, ceci ne signifia toutefois pas son retour à Montréal, puisque les Canadiens le prêtèrent à nouveau, à Boston cette fois.

C’est finalement en 1943-44 que celui qu’on surnommait ″Old Hardrock″ put enfin réenfiler l’uniforme tricolore. Cette saison fut sa meilleure offensivement en carrière avec 15 buts et 32 passes, en plus de marquer le retour de la Coupe Stanley à Montréal après 12 ans d’absence.

Si sa saison suivante fut décevante, il sut rebondir en 1945-46, en plus de remporter sa deuxième Coupe Stanley.

C’est également à ce moment que celui qui avait grandi sur une ferme se porta acquéreur d’une ferme laitière à Saint-Sébastien, dans la région de la baie Missisquoi. Déjà reconnu comme étant coriace, Chamberlain considérait que le dur labeur de la ferme constituait une bonne façon de garder la forme, d’autant plus qu’à cette époque, les joueurs n’avaient pas un entraînement aussi structuré qu’aujourd’hui. Et pour améliorer son cheptel, Chamberlain n’eut pas besoin de chercher très loin, puisqu’il se procura un taureau primé de la ferme d’élevage de son patron, le propriétaire des Canadiens, Donat Raymond.

Chamberlain joua trois autres saisons avec les Canadiens, avant de prendre sa retraite. Il accepta ensuite un poste d’entraîneur dans les Maritimes, avec une équipe de Sydney. Il ne fut toutefois pas oublié par ses anciens coéquipiers, puisqu’en février 1950, lorsque sa ferme subit des dommages, ils allèrent lui donner un coup de main pour remettre les choses en place, pendant qu’il était toujours retenu en Nouvelle-Écosse. On doute qu’une telle chose serait possible aujourd’hui…

Il poursuivit ensuite son parcours d’entraîneur à Charlottetown, Sudbury, Buffalo et Vancouver, en plus de mener les Maroons de Chatham au niveau senior jusqu’au titre de la Coupe Allan en 1959-60.

Lorsque le monde des ligues mineures connut des années difficiles au début des années 1970, il s’acheta une nouvelle ferme à Beachville, près de London, où il avait aussi une entreprise de distribution de journaux et de catalogues.

En 1986, alors qu’il travaillait encore 12 heures par jour, il fit un arrêt cardiaque sur sa ferme, qui l’emporta. Il avait 71 ans.

Sources:

″Murph Chamberlain à (sic) la meilleure saison de sa carrière″ de Charles Mayer, 2 décembre 1945, Le Petit Journal, page 55,

″Murph Chamberlain″ de Jean Delisle, 9 février 1946, Le Bavard, page 9,

″Que font les joueurs de hockey entre les parties ?″ de Charles Mayer, 2 mars 1947, Le Petit Journal, page 53,

″Murph Chamberlain prend sa retraite″, 1er septembre 1949, Le Devoir, page 8,

″Bill Durnan n’est devancé que par Maurice Richard″, 9 février 1950, Montréal-Matin, page 20,

″En blanc et noir″ d’Armand Joksch, 9 février 1950, Montréal-Matin, 9 février 1950, page 22,

″Whatever happened to… Murph Chamberlain: Salesman and farmer″ de Jeff Wilkinson, December 20, 1977, The Windsor Star, page T4,

″Ex-hab Chamberlain dies″, CP, May 10, 1986, Montreal Gazette, page 76,

hockey-reference.com.

dimanche 20 novembre 2022

Réunion de famille


À une certaine époque, la famille Conacher était presque une forme de royauté dans le monde du hockey. Les frères Lionel, Charlie et Roy ont tous accédé au Temple de la renommée. Bert, le frère jumeau de Roy, avait aussi beaucoup de talent, mais la perte d’un œil lors d’un accident alors qu’il jouait au hockey avec ses frères l’empêcha d’accéder à la LNH. Lionel, qui était aussi un redoutable joueur de football, de crosse et de baseball, fut nommé le meilleur athlète pour la première moitié du XXe siècle au Canada. Les cinq sœurs de la famille avaient apparemment aussi de grandes capacités athlétiques, mais à cette époque, le sport féminin était peu développé.

Pour ce qui est de la génération suivante, le fils de Charlie, Pete, et celui de Lionel, Brian, tout comme leur cousin, Murray Henderson, ont également joué dans la Ligue nationale. Quant à Lionel Jr, c’est plutôt dans la Ligue canadienne de football, avec les Alouettes, qu’il joua.

Tout ça pour dire que les liens familiaux étaient forts dans cette famille sportive. Par contre, le sport, c’est le sport…

En 1929-30, Charlie jouait sa saison recrue dans sa ville natale, avec les Maple Leafs. Pendant ce temps, Lionel en était déjà à sa cinquième saison dans la grande ligue. Il n’habitait plus en ville, s’alignant avec les Americans de New York.

Lorsqu’ils s’affrontaient, les deux frères avaient habitude de se laisser tranquille. Par contre, lorsque Lionel prit pour cible le pourtant robuste Red Horner, Charlie se sentit obligé d’intervenir. Après un échange de bâtons élevés, les frangins se dirigèrent vers le banc des pénalités. À ce moment, les deux s’approchèrent de l’autre, en s’agitant et en gesticulant. Lionel se mit alors à se lamenter, mais les récriminations qu’il avait pour son jeune frère n’étaient pas nécessairement celles que les spectateurs présumaient.

-Je n’ai pas pu aller à la maison aujourd’hui. Papa et maman vont bien?

-Oui, mais ils se demandaient pourquoi tu n’étais pas venu, répliqua Charlie.

Après avoir purgé leur pénalité, en sortant du banc, Lionel agrippa le chandail du frérot. Charlie répliqua en lui passant son bâton sous le nez.

-Tu diras à maman que j’irai la voir lors du prochain voyage, lui dit Lionel pendant que la foule s’agitait.

L’histoire ne le dit pas, mais on suppose que le message s’est rendu à destination.

Pour Lionel, il s’agissait peut-être d’une répétition, puisque quelques années plus tard, il ajouta la lutte professionnelle à ses activités.

Frayne, Trent, The Mad Men of Hockey, McClelland & Stewart Limited, 1974, pages 96, 106-107.

vendredi 22 avril 2022

Mel «Sudden Death» Hill

 


John Melvin Hill est né le 15 février 1915 dans le petit village de Glenboro au Manitoba. Évoluant à l'aile droite, il joua son hockey junior à Saskatoon au début des années 30 avant de graduer au niveau senior à Sudbury. Il fut invité par les Rangers à un de leurs camps d'entrainement mais fut rapidement libéré, suite à quoi ce sont les Bruins qui lui donnèrent une chance pour la saison 1937-38. Il joua 8 matchs avec eux durant cette première saison, passant le restant de l'année dans la IAHL (ancêtre de la AHL) avec les Reds de Providence, équipe qu'il aida à remporter la coupe Calder de 1938.

Il se mérita un poste à temps plein à Boston en 1938-39, obtenant une fiche raisonnablement bonne de 10 buts et 10 passes en 44 matchs. Il n'était pas considéré comme une grande menace offensive ni une future vedette pour les Bruins, la forte équipe étant plutôt bien représentée à ce niveau par des joueurs comme Milt Schmidt, Roy Conacher, Bill Cowley, le gardien Frank Brimsek et un redoutable trio de défenseurs robustes composé de Flash Hollett, Dit Clapper et Eddie Shore

Mais tout changea pour Mel Hill durant les séries de 1939, particulièrement lors de la série de première ronde contre l'équipe qui avait auparavant refusé ses services, les Rangers. Il s'agissait de la première année où la LNH optait pour des rondes 4 de 7 et la première ronde sous ce format allait nous offrir un classique.

Lors du premier match de cette série, l'égalité de 1-1 persistait après 3 périodes et 2 autres périodes de prolongation. Alors qu'on se dirigeait vers une 4e période de surtemps, Bill Cowley repéra Hill qui marqua le filet vainqueur avec un tir dans le haut du filet avec seulement 35 secondes à faire. 

Un scénario presque identique se produisit lors du deuxième match alors que Hill marqua un deuxième filet en prolongation, de nouveau sur une passe de Cowley, cette fois en première période de prolongation, ce qui mena les Bruins à une victoire de 3-2. Boston gagna ensuite le 3e match par la marque de 4-1 mais les Rangers reprirent vie par la suite, gagnant les trois matchs suivants et égalisant la série.

On en était donc à un 7e match pour cette soirée du 2 avril 1939. Les deux équipes s'inscrivirent au pointage une fois chacune en deuxième période, mais encore une fois l'égalité perdura longtemps, le match se rendant de nouveau en 3e prolongation. Et encore une fois, l'issue du match fut décidée par une brillante passe de Cowley à Mel Hill qui élimina ainsi les Rangers avec son 4e filet de la série et son 3e en surtemps. 

Il devint alors le premier joueur de l'histoire de la LNH à effectuer ce «tour du chapeau en prolongation». Plusieurs joueurs en ont obtenu deux mais seulement une poignée contre la même équipe. Vous vous souvenez probablement de John Leclair durant la finale de 1993 contre les Kings par exemple. Seulement deux autres joueurs ont aussi obtenu 3 buts en prolongation durant le même tournoi printanier; Maurice Richard en 1951 et Corey Perry durant les séries de 2017. Mais Mel Hill demeure le seul à ce jour à avoir accompli cet exploit durant la même série. 

* Pour leur part, Perry avait obtenu 1 but en prolongation durant chacune des trois rondes des séries des Ducks en 2017 (contre Calgary, Edmonton et Nashville) tandis que Richard en avait obtenu 2 contre les Red Wings en première ronde et 1 autre durant la finale contre les Toronto en 1951.

Les Bruins obtinrent ainsi leur laisser-passer jusqu'en finale de la coupe Stanley où ils remportèrent les grands honneurs en 5 matchs face aux Maple Leafs. Hill obtint deux autres buts durant cette finale, portant son total à 6 buts et 3 passes pour 9 points en 12 matchs, bon pour le 3e rang des pointeurs des Bruins derrière Cowley à 14 points et Roy Conacher à 10 points (et aussi 6 buts). Le parcours de Hill lors de ces séries lui valut le surnom de «Sudden Death».

Les Bruins, champions de 1939

 

Hill avoua toutefois qu'il avait de la difficulté à assumer ce surnom alors qu'il était désormais attendu de lui qu'il marque le gros but, une pression difficile à supporter pour un joueur qui se qualifiait lui-même de joueur ordinaire et peu spectaculaire. Il n'apprécia ce surnom qu'une fois sa carrière terminée. 

Lors de la saison suivante, Hill récolta 9 buts et 20 points en 37 matchs comme attaquant secondaire chez les Bruins. Ces derniers remportèrent une autre coupe en 1940-41, la 3e de leur histoire et également la dernière avant 1970. Cette fois, Hill ne connut pas un parcours similaire à celui de 1939, n'obtenant qu'un but et une passe en 8 matchs, mais ce seul but fut toutefois le filet décisif lors du 7e match de la première ronde contre les Maple Leafs. Les Bruins balayèrent ensuite les Red Wings lors de la finale.

Mel Hill et Bill Cowley suite au balayage des Red Wings en finale de 1941


Suivant cette deuxième conquête en trois ans, les Bruins se départirent des services de «Sudden Death», l'envoyant aux Americans de Brooklyn en retour d'une somme d'argent. Lors de cette première (et seule) saison des Americans sous le dénominatif géographique de Brooklyn, Mel Hill obtint davantage de temps de glace qu'au sein des puissants Bruins et termina deuxième pointeur de cette équipe en difficulté avec 14 buts et 37 points en 47 matchs. Je vous le rappelle au cas où vous l'ignoriez, mais les Americans n'avaient de Brooklyn que le nom, évoluant toujours au Madison Square Garden alors qu'il n'y avait pas d'aréna adéquat dans le borough de Brooklyn. Les Americans ne faisaient apparemment que s'y entraîner...

Un an avec la dernière incarnation des Americans.

 


Ce fut toutefois la dernière saison de la franchise qui suspendit ses opérations et leurs joueurs furent dispersés à travers la ligue. Ce sont les Maple Leafs qui obtinrent les services de Hill qui connut ensuite sa meilleure saison en carrière en 1942-43 avec 44 points dont 17 buts. Il joua 4 saisons à Toronto, remportant une 3e coupe Stanley en 1945 suite à une saison où il obtint un sommet en carrière de 18 buts.

Après 35 matchs avec les Leafs en 1945-46 où il n'obtint que 5 buts et 7 passes, il fut envoyé dans la ligue américaine avec les Hornets de Pittsburgh. Il ne revint jamais plus dans la LNH. Après une dernière saison à Pittsburgh en 1947-48, il décida de revenir au Canada au niveau senior avec les Capitals de Regina où il joua jusqu'à sa retraite en 1952.

Il demeura à Regina suite à sa retraite en travailla dans l'industrie des boissons gazeuses. Il décéda en 1996 à l'âge de 82 ans. 

En 324 matchs dans la LNH, Mel Hill obtint une fiche de 89 buts et 109 passes pour 198 points. Sa fiche en séries fut de 12 buts et 7 passes pour 19 points en 43 matchs.

Il fut plus tard admis au temple de la renommée du hockey du Manitoba ainsi que celui du sport au Manitoba.


samedi 25 septembre 2021

Roy Worters



En 1920, alors qu’elle n’en était qu’à sa deuxième édition, la Coupe Memorial fut remise au Toronto Parkdale Canoe Club. On retrouvait dans leur alignement une future légende, Lionel Conacher. Dans les buts, on retrouvait aussi un petit gardien de but, Roy Worters.

Après être passé par le hockey senior, Worters pensa abandonner. Son ancien coéquipier, Conacher, le convainquit toutefois de le suivre à Pittsburgh, pour s’aligner avec les Yellow Jackets de la USAHA. Lorsqu’en 1925, l’équipe fut convertie en formation de la Ligue Nationale et devint les Pirates, Worters fit ses débuts dans la LNH. À 5’3’’ et 135 livres, il est devenu (et demeure à ce jour) l’un des plus petits joueurs de l'histoire de la ligue. Selon la légende, la tête de celui qui était surnommé "Shrimp" (crevette) touchait la barre transversale lorsqu’il était profondément dans son filet.

Malgré une faible défensive, Worters tint le fort du mieux qu’il put, faisant des Pirates une équipe moyenne. D’ailleurs, le 26 décembre 1926, il réussit 70 arrêts contre les Americans de New York, mais ce fut malgré tout insuffisant. Pittsburgh s’inclina 3-1.

Après trois saisons, il eut une dispute salariale avec Pittsburgh, ce qui entraîna son échange vers les Americans de New York. En retour, les Pirates, une équipe avec des problèmes aux guichets, obtinrent Joe Miller et 20 000$.

Les Americans étaient alors une équipe pathétique, détenue par Bill Dwyer, un individu louche impliqué dans le trafic d’alcool, avec un entourage qui l’était tout autant.  Il était fréquent de voir ses acolytes armés dans ses bureau du Madison Square Garden. 

Worters rejoignit alors Conacher et ne mit pas de temps à faire sa marque. Il aida les Americans à atteindre les séries pour la première fois. Dans une série de deux matchs au total des buts, ils perdirent toutefois 1-0 en prolongation contre leurs rivaux new yorkais, les Rangers.

Les efforts de Worters furent tout de même soulignés, puisqu’il remporta le Trophée Hart, remis au joueur le plus utile à son équipe, pour la saison 1928-29.  Il fut d'ailleurs le premier gardien à être choisi pour cet honneur, et il faudra attendre à la saison 1949-50 avant que Chuck Rayner ne réédite l'exploit. 

Le 27 février 1930, il se passa quelque chose qui serait inimaginable aujourd’hui. Le gardien des Canadiens, George Hainsworth, souffrait de grippe. Comme à l’époque, il n’y avait pas de gardien auxiliaire, il fallut donc lui trouver un remplaçant. Il arrivait alors que dans de telles circonstances, une équipe prête un joueur à une autre. Comme les Canadiens avaient joué le samedi précédent contre les Americans, qu’ils jouaient ensuite à Montréal contre Toronto le jeudi et que les Americans jouaient après à Montréal contre les Maroons le samedi suivant, il était logique d’un point de vue logistique que Worters se joigne aux Canadiens pour revenir à Montréal, joue le match contre Toronto dans leur uniforme, avant d’être rejoint par les Americans pour leur match contre les Maroons.

Worters se tira très bien d’affaires et les Canadiens l’emportèrent 6-2. Le samedi suivant, ce fut un retour à la normale pour Worters, alors que les Americans s’inclinèrent 5-1 contre les Maroons. Ce match avec le Bleu Blanc Rouge fut sa seule (et courte) expérience avec une équipe championne, puisque les Canadiens remportèrent ensuite la Coupe Stanley, alors que Worters passa le reste de sa carrière avec les Americans, qui ne s’approchèrent jamais du titre. En fait, ce petit match fut son seul au sein d’équipe qui existe toujours, puisque les Pirates et les Americans ont disparu depuis longtemps.

Ça n’empêcha pas Worters de reprendre le collier et l’année suivante, il le fit de brillante façon. Il remporta le Trophée Vézina pour avoir accordé le moins de buts en 1930-31. Il aida ainsi les Americans à être une équipe moyenne, malgré le fait qu’ils avaient aussi l’attaque la plus anémique de la ligue (à égalité avec les misérables Quakers de Philadelphie). Étonnamment, malgré cet honneur, son nom ne fut pas retenu, ni pour la première équipe d’étoiles, ni pour la deuxième.

Le diminutif Worters n’hésita alors pas à tenir tête à son patron peu fréquentable pour obtenir une augmentation de salaire. Mais Dwyer, qui aimait bien Worters, qui le faisait rire, finit par céder et lui concéda un contrat de trois ans à 8500$ par année, un sommet à ce moment pour un gardien.

Shrimp joua jusqu’en 1937, moment où il dut subir une chirurgie pour une hernie. Il investit ensuite ses économies, dont il avait pris grand soin, dans divers projets hôteliers dans la région torontoise. Il devint ainsi un prospère homme d’affaires.

Il demeura alors en contact avec son ex-entraîneur (et plus tard président de la ligue) Merv "Red" Dutton. Lorsque ce dernier l’initia à la chasse et que Worters tua sa première oie, c’est avec son humour habituel qu’il déclara qu’elle était plus grosse que lui…

Malheureusement, Worters ne put jouir très longtemps de ses succès en affaires, étant emporté par un cancer de la gorge en 1957, à l’âge de 57 ans.

Il fut intronisé à titre posthume au Temple de la renommée en 1969.

Sources:

"Worters occupera le poste de Hainsworth, Roy Worters, de l’Américain, remplacera Geo. Hainsworth", 27 février 1930, La Patrie, page 13,

"Canadiens Capture Second Position By Beating Leafs, 6-2", February 28, 1930, Montreal Gazette, page 16,

"Famous N.H.L. Goalie, Roy Worters, 57, Dies", CP, November 8, 1957, Montreal Gazette, page 25,

"Good Morning" de Vern Greer, November 8, 1957, Montreal Gazette, page 25,

"Former Netminder Ace, Worters, Dies", CP, November 8, 1957, Calgary Herald, page 46.

samedi 26 juin 2021

Alfie Moore


Alfie Moore avait le profil du gardien des ligues mineures nomade. De 1926 à 1936, il joua dans huit villes, dans différentes ligues et des deux côtés de la frontière. À un moment, il devint la propriété des Rangers, mais il ne joua pas de match pour eux.

En novembre 1936, les Americans de New York firent son acquisition, mais il fut assigné aux Eagles de New Haven de l’IAHL (l’ancêtre de la Ligue américaine).

En janvier, une blessure à Roy Worters lui permit de faire ses débuts dans la LNH, chose qu’il fit avec panache en blanchissant les Canadiens. À la fin de la saison, Moore avait joué 18 matchs avec les Amerks, qui terminèrent derniers de la division canadienne (!) et de la ligue. L’année suivante, il retourna dans l’IAHL.


Pendant ce temps, les Black Hawks connurent une saison 1937-38 ordinaire (14-25-9), mais ils se qualifièrent tout de même de justesse pour les éliminatoires.

En séries, Chicago surprit alors les Canadiens, avant de vaincre les Americans. Toutefois, au dernier match de la série, le gardien des Hawks, Mike Karakas, se brisa un orteil. Comme il n’y avait pas à cette époque de gardien substitut, Karakas avait joué tous les matchs de la saison et il n’y avait pas d’alternative claire pour le début de la finale contre Toronto, deux jours plus tard.

Les Black Hawks demandèrent donc "d’emprunter" Dave Kerr, le gardien des Rangers, puisque ceux-ci étaient éliminés et que Kerr habitait à Toronto. Conn Smythe, le directeur-gérant des Leafs, refusa catégoriquement. Il suggéra plutôt Moore, qui habitait aussi dans les environs. L’entraîneur des Hawks, Bill Stewart, fut offusqué de la proposition de Smythe et voulut en venir aux coups avec lui.

Stewart finit par reprendre sur lui et accepter l’idée. On tenta alors de retracer Moore en commençant par son domicile. Il n’y était pas, mais son épouse suggéra d’aller voir à la taverne du coin.

C’est finalement Johnny Gottselig, le capitaine des Hawks qui le connaissait, qui le retrouva à l’endroit indiqué par sa femme. Le premier réflexe de Moore a été de lui demander des billets pour le match. Gottselig lui offrit plutôt de jouer pour eux. Moore accepta, bien qu’il n’était pas vraiment en bon état. Devant l’absence d’alternative plus potable, on lui fit boire de grandes quantités de café pour le remettre sur pied. Moore se présenta finalement dans la chambre des Hawks 30 minutes avant le début de la partie.

Gordie Drillon marqua pour les Leafs sur le premier tir, mais par la suite, la stratégie de Smythe lui explosa au visage. Plutôt que d’être une proie facile, Moore n’accorda aucun autre but et les Hawks l’emportèrent 3-1. À la fin du match, il fut porté en triomphe par ses coéquipiers.

Le président de la ligue Frank Calder déclara ensuite Moore comme étant inéligible pour jouer, tout en reconnaissant toutefois le résultat du premier match. Chicago recruta donc un autre gardien des mineures, Paul Goodman, mais avec un résultat très différent. Toronto l’emporta 5-1.

On ramena alors Karakas, maintenant équipé d’une bottine spéciale pour protéger son orteil. Il aida ainsi Chicago à remporter les deux matchs suivants et à devenir la plus mauvaise équipe (0,385) à remporter la Coupe Stanley.

Pour ses efforts, Moore reçut 300$ et une montre (il n’y avait pas de bague de la Coupe Stanley à l’époque), en plus de passer une semaine à Chicago aux frais du club pour les festivités.

Moore joua deux parties en 1938-39 avec les Americans (deux défaites) et une autre avec les Red Wings en 1939-40 (encore une autre défaite). Pour le reste, il continua son parcours nomade dans les mineures jusqu’en 1941-42.

Il est décédé en 1979, à l’âge de 73 ans.

Sources:

"Battu samedi, par l’Américain, le Canadien le bat hier" de Horace Lavigne, 1er février 1937, La Patrie, page 24,

"Alfie Moore a été le héros de la victoire des Hawks", 6 avril 1938, La Patrie, page 22,

"Le choix de Moore donne lieu à un assaut entre les deux chefs", 6 avril 1938, La Patrie, page 22,

"Chicago Upsets Toronto by 3-1 with Alfie Moore Replacing Karakas, Substitute Goalie Stars For Victors As Series Starts", CP, April 6, 1938, Montreal Gazette, page 14,

"Les Leafs égalent les chances en gagnant la deuxième", 8 avril 1938, La Patrie, page 22,

"Les Hawks ne sont plus qu’à une joute du championnat", 11 avril 1938, La Patrie, page 22,

"Nouvelles et commentaire sportifs" de Zotique L’Espérance, 14 avril 1938, La Patrie, page 23,

"On This Day : Alfie Moore Takes Over in Goal" de Bob Verdi, April 5, 2021, nhl.com/blackhawks,

hockeydb.com, hockey-reference.com, wikipedia.org.

vendredi 10 avril 2020

Samuel Rothschild



Le père de Samuel Rothschild était un immigrant juif qui quitta la Russie avec ses trois frères, pour immigrer aux États-Unis. Ils allèrent ensuite à Montréal, avant de suivre le train vers l’ouest et de s’établir à Sudbury en 1883. Ils vendirent d’abord des marchandises aux travailleurs du rail, avant de s’ouvrir un magasin général, une boucherie et un magasin d’alcool (qu’ils perdront lors de la prohibition en 1915).

C’est donc dans une famille commerçante relativement prospère qu’est né Rothschild en 1899.

Celui-ci a ensuite déménagé à Montréal, où il étudia à McGill et s’aligna avec leur équipe de hockey. Il enfila également l’uniforme d’autres équipes mineures montréalaises, avant de retourner à Sudbury et de jouer pour les Wolves de l’endroit, d’abord en version junior, puis en version senior.

En octobre 1924, une nouvelle équipe de la LNH basée à Montréal, les Maroons, étaient sur le point de faire leurs débuts. Étant en recrutement, ils lui offrirent un contrat de 2 ans à 3500$ par année, en plus d’un boni à la signature de 1000$.

Le 1er décembre 1924 à Boston, les Maroons firent ainsi leurs débuts contre leurs frères d’expansion, les Bruins. Il s’agissait alors du premier match régulier de la Ligue nationale disputé aux États-Unis. (Des équipes américaines de la PCHA avaient par contre accueilli des matchs de la finale de la Coupe Stanley, puisqu’à ce moment, elle n’était pas encore exclusive à la LNH.) Au même moment, Rothschild faisait ses débuts et devenait ainsi le premier juif à jouer dans la Ligue nationale. Les Bruins l’emportèrent 2-1.

La première saison des Maroons se conclut avec une fiche de 9-19-2, terminant avant-derniers, devant les Bruins. Quant à Rothschild, ses 5 buts et 4 passes en 27 matchs lui assurèrent la troisième position chez les pointeurs de son équipe, derrière Punch Broadbent et Reg Noble.

L’année suivante, l’arrivée de Nels Stewart et de Babe Siebert améliora grandement la famélique attaque des Maroons. À eux deux, ils comptèrent plus de buts que l’équipe en entier en avait marqué lors de la saison inaugurale. (Par contre, il faut noter que le calendrier avait passé de 30 à 36 matchs.)

Ces performances aidèrent les Maroons à grandement s’améliorer. Ils terminèrent la saison régulière en deuxième place, pour ensuite surprendre Ottawa en séries et rafler la Coupe O'Brien et se mériter le droit d’affronter les champions de la WHL, les Cougars de Victoria, pour la Coupe Stanley.

Nels Stewart marqua 6 des 10 buts de son équipe, permettant aux Maroons de remporter la Coupe à leur deuxième année. Cette finale marqua aussi la dernière apparition d’une équipe n’appartenant pas à la LNH en finale de la Coupe Stanley, puisque la WHL cessa ensuite ses activités.

De son côté, bien que membre d’une équipe championne, Rothschild vit son utilisation diminuée et il se contenta de 2 buts et une passe en saison régulière.

Il revint tout de même pour une troisième saison, où il accumula un but et une passe.

Ses droits furent ensuite vendus aux Pirates de Pittsburgh en novembre 1927, mais son séjour dans la ville de l’acier fut de courte durée. En décembre, il fut suspendu par l’équipe parce qu’il ne s’était pas conformé aux règles de l’équipe pour ce qui est des pratiques, en plus de ne pas être suffisamment en forme. Il termina alors la saison avec les Americans de New York, avant de prendre sa retraite, suite à une blessure au genou.

Il retourna ensuite à Sudbury, où il devint entraîneur des Wolves. Son équipe, qui avait un jeune Toe Blake dans ses rangs, remporta d’ailleurs la Coupe Memorial en 1932.

Il devint également représentant pour Seagram pendant de longues années et s’impliqua au niveau du curling, devenant à un moment président de l’association nationale. Il est d’ailleurs membre du Temple de la renommée du curling canadien. Il a aussi été conseiller municipal et président de la chambre de commerce, toujours à Sudbury.

Il est décédé en 1987, à l’âge de 87 ans.


Sources:
“Rothschild Suspended”, December 26, 1926, Montreal Gazette, page 14,
“Rothschild Released”, December 39, 1926, page 14,
“The Rothschilds Story”, June 1, 2011, Sudbury Living Magazine, (sudburylivingmagazine.com),
“Sudbury, Sports” (ontariojewisharchives.org), curling.ca/hof, wikipedia.org.

mercredi 4 décembre 2019

Nels Stewart




Dans l'histoire de la LNH, seulement 7 joueurs ont détenu le titre du meilleur marqueur de tous les temps. Pendant 15 ans, soit de 1937 à 1952 c'est Nels ''Old Poison'' Stewart qui trônait au sommet.



Né le 29 décembre 1902 à Montréal, mais ayant grandi à Toronto, Robert Nelson Stewart débuta son parcours avec les Indians de Cleveland dans la United States Amateur Hockey Association où il mena la ligue pour les buts marqués durant 4 de ses 5 saisons dans ce circuit. Il fut plus tard surnommé "Old Poison'' en raison de son tir puissant et précis, autant capable d'atteindre le fond du filet que de défigurer un gardien. 

Il joignit les rangs des Maroons de Montréal lors de leur deuxième saison d'existence, en 1925-26. Malgré qu'il évolua quelquefois comme défenseur à ses débuts, il mena la ligue avec un total impressionnant de 34 buts en 36 matchs lors de cette saison recrue et remporta le trophée Hart, en plus d'aider les Maroons à remporter leur première Coupe Stanley contre les Cougars de Victoria, dans ce qui fut la dernière année où le trophée fut disputée entre deux ligues différentes. Il marqua 6 des 10 buts des Maroons en 4 matchs lors de cette finale. Si ces trophées existaient à l'époque, il aurait probablement remporté le Conn Smythe ainsi que le Calder en plus de son trophée Hart.

Contrairement à plusieurs contemporains immortels de l'époque comme Howie Morenz, Aurèle Joliat ou Eddie Shore, le nom de Nels Stewart n'a pas la même prestance que ces derniers. Réputé comme un mauvais patineur, il n'avait effectivement pas l'habitude des montées électrisantes à la Morenz. Grand et costaud pour son époque (6'1'', 200 lbs), il avait plutôt perfectionné l'art de l'échec-avant et du positionnement agressif autour du filet. Ses habiletés à bien flairer les retours et à marquer dans des mauvais angles firent de lui un des premiers marqueurs de style ''garbage goal'' d'importance. D'autres joueur dans ce style étaient déjà apparus par le passé, mais aucun n'avait obtenu un statut de vedette en jouant de la sorte jusqu'à l'arrivée de Stewart. Ce style de jeu fut plus tard perfectionné par des joueurs comme Gordie Drillon, Phil Esposito et Tim Kerr. 

Il était également très solide sur patins et capable de marquer d'une seule main ou en se faisant accrocher. Cependant, sa réputation de mauvais patineur lui colla à la peau et ce fut souvent confondu pour un manque d'effort. Pour d'autres, son coup de patin fut plutôt considéré comme trompeur, alors qu'il pouvait parcourir plus de glace avec ses grandes enjambées. À propos de Stewart, Frank Selke déclara qu'il n'avait jamais vu un joueur qui semblait mettre si peu d'effort pour récolter autant de succès. Il déclara également que Stewart était un des joueurs les plus malins et intelligents qu'il ait vu jouer. Stewart n'était également pas un enfant de chœur, se forgeant également une réputation comme bagarreur et instigateur. Une légende raconte également qu'il aurait maintes fois craché du tabac dans les yeux des gardiens adverses lorsqu'il orbitait autour du filet.

Stewart joua en tout 7 saisons avec les Maroons, connaissant plus tard une saison de 39 buts et 55 points en 44 matchs lors de la saison 1929-30, année où la passe avant en zone offensive fut permise. Il remporta également un deuxième trophée Hart. En compagnie de son ami d'enfance Hooley Smith et de Babe Siebert, il forma pendant plusieurs saisons un des trios les plus redoutables de l'époque, la ''S Line''. Cette ligne était une des meilleures offensivement, mais aussi au niveau de la robustesse alors que les trois figuraient également parmi les plus punis de l'époque. Stewart mena d'ailleurs la ligue pour les minutes de pénalités en 1926-27, avec trois minutes de plus que son grand rival Eddie Shore. Il obtint également le record pour les deux buts les plus rapides lorsqu'il marqua deux buts avec 4 secondes d'écart contre les Bruins en janvier 1931. Ce record fut plus tard égalé par Deron Quint des Jets de Winnipeg en 1995-96.

En difficulté financière durant la grande dépression (voir texte du 1er décembre 2019), les Maroons durent vendre plusieurs joueurs pour survivre. Ils envoyèrent Stewart aux Bruins de Boston avant la saison 1932-33 contre une somme d'argent. Il continua son bon travail avec les Bruins, connaissant deux saisons de 20 buts en 3 ans. Il fut ensuite vendu aux Americans de New York avant la saison 1935-36. Il joua une saison à New York mais dut être renvoyé à Boston l'année suivante alors que les Americans firent défaut dans le paiement de la transaction. Il débuta donc la saison 1936-37 de retour à Boston, mais fut retourné une fois de plus à New York dans une autre transaction d'argent qui aboutit cette fois-ci. C'est avec les Americans qu'il marqua son 272e but en carrière en février 1937. Ce but lui fit donc dépasser Howie Morenz comme meilleur marqueur de l'histoire, mais ce ne fut toutefois pas célébré en grande pompe, alors que Morenz avait marqué son dernier but en janvier 1937, soit seulement 3 semaines avant ce but de Stewart. On ignorait alors que Morenz avait marqué son dernier but car on espérait toujours son retour mais il avait effectivement joué son dernier match. Il mourut de complications suite à une opération quelques semaines plus tard.

Stewart termina l'année avec 26 buts en 43 matchs, soit sa dernière saison de plus de 20 buts. Lors de ce qui était alors une saison plus tranquille dans la ligue, ces 26 buts firent de lui le meneur de la ligue une fois de plus. Il devint peu après le premier joueur à franchir le cap des 300 buts marqués en carrière.

Il joua 3 autres saisons avec les Americans avant de prendre sa retraite après la saison 1939-40. Au moment de sa retraite il avait un total de 324 buts et 191 passes pour 515 points en 650 matchs. Malgré ses excellents débuts comme champion avec les Maroons et ses quelques années parmi l'élite de la ligue, il ne put cimenter davantage sa légende au niveau d'un Howie Morenz. Le fait d'avoir joué majoritairement pour des équipes défuntes n'a pas aidé non plus à faire perdurer son nom. Les Maroons étaient également dans l'ombre de Morenz, Joliat et des Canadiens à Montréal tandis que les Americans étaient dans l'ombre des Rangers, ce qui explique beaucoup.



Son titre de meilleur marqueur de l'histoire de la LNH perdura jusqu'en 1952 lorsque le grand Maurice Richard dépassa Stewart avec son 325e but. Malgré que Stewart termina sa carrière en 1940 et que les saisons sont désormais plus longues, il demeure toujours en 2019 dans le Top 200 des meilleurs marqueurs de l'histoire. Il se retrouve plus précisément au 181e rang devant Dale Hunter et Petr Sykora.

Après sa retraite, Stewart devint entraineur des Sailors de Port Colborne dans la ligue junior de l'Ontario. Lors de la saison 1942-43, il prit en charge la future vedette des Maple Leafs Ted Kennedy, un joueur qui s'apparentait à Stewart par ses talents de marqueur mais aussi son manque de vitesse. Stewart l'aida à perfectionner son jeu de passe et son jeu acharné autour du filet et Kennedy déclara plus tard qu'il fut la plus grande influence qu'il ait eu.

Il fut intronisé au temple de la renommée en 1952, soit 5 ans avant sa mort à l'âge de 54 ans en 1957. Il serait apparemment mort d'une crise cardiaque dans son chalet à Wasaga Beach en Ontario.




Si ça vous intéresse voici pour compléter le résumé des 7 joueurs ayant eu le titre de meilleur marqueur de l'histoire:

Joe Malone (1917 à 1923): Total de 143 buts

Cy Denneny (1923-1933): Total de 247 buts

Howie Morenz (1933 à 1937): Total de 271 buts

Nels Stewart (1937 à 1952): Total de 324 buts

Maurice Richard (1952 à 1963): Total de 544 buts
Gordie Howe (1963 à 1994): Total de 801 buts
Wayne Gretzky (1994 - ) Total de 894 buts

Si Alexander Ovechkin parvient à dépasser Gretzky (678 buts au moment d'écrire ces lignes), il deviendrait le 8e à se mériter le titre du meilleur marqueur de l'histoire. Ovechkin porte le numéro 8...