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dimanche 25 janvier 2026

Les arénas des Bruins - Boston Garden


 

Tex Rickard était un promoteur de boxe new yorkais. En 1925, il fit bâtir la troisième version du Madison Square Garden (qui n’était pas à Madison Square et qui n'est pas l'actuel MSG, la quatrième version) et y installa un locataire, les Americans de New York de la Ligue Nationale. L’année suivante, il se porta acquéreur d’une autre nouvelle équipe de la LNH, les Rangers, qu’il installa aussi au MSG. 

Devant le succès de ses entreprises, Rickard voulut avoir sept Madison Square Gardens. Il rassembla donc un groupe d’investisseurs pour construire le deuxième Madison Square Garden à Boston. Si celui de New York n’était plus sur Madison Square, imaginez de Boston… Le nom de l’aréna inauguré en 1928 fut éventuellement réduit à Boston Garden et il n'y eut pas d'autre MSG ailleurs qu'à New York.

Source: wikicommons
 

Conçu d’abord pour la boxe, la disposition des sièges était faite pour être près de l’action. Toutefois, comme le propriétaire des Bruins, Charles Adams, faisait partie des investisseurs, son équipe devint immédiatement un locataire. Ayant brisé son bail avec le Boston Arena, ceci déclencha une bataille juridique qui s’étendit jusqu’en 1933. 

Pendant la récession des années 1930, le Garden eut grandement besoin des tournées de patinage artistique de la championne olympique Sonja Henie et des Ice Follies pour rester à flot. Suite à une dispute avec le clan Henie, Walter Brown, un des propriétaires du Garden et futur propriétaire des Celtics, a fondé les Ice Capades. 

Ces mêmes Celtics furent fondés en 1946, mais contrairement aux Bruins, ils partagèrent leurs parties entre le Boston Arena et le Garden. Cette situation dura jusqu’en 1955. L’iconique parquet (fait de petits bouts de bois en raison des pénuries reliées à la guerre) venait d’ailleurs initialement du Boston Arena, avant d’être associé au Garden. C’est d’ailleurs sur ce même parquet que les Celtics eurent tant de succès (11 championnats en 13 ans, de 1957 à 1969), faisant ainsi de l’ombre aux Bruins, pour qui cette période fut beaucoup moins heureuse. Il demeure qu’en 1957, le Garden fut la première enceinte à accueillir la finale de la NBA et celle de la LNH la même année. Cette situation se répétera en 1958 et en 1974 (et arrivera aussi une fois à New York, Chicago et au New Jersey). 

En 1972-73, les Whalers de la Nouvelle-Angleterre débutèrent leurs activités dans la nouvelle AMH en partageant leur temps entre l’Arena et le Garden. C’est d’ailleurs sur la patinoire de ce dernier qu’ils remportèrent la première Coupe Avco

Du côté musical, le Garden était un incontournable. Les Beatles, Elvis et Pavarotti y ont donné des spectacles. Aerosmith, un groupe local, y a été à l’affiche 10 fois. Par contre, Kiss refusa de renoncer à ses effets pyrotechniques, ce qui était interdit au Garden et y fut donc écarté. 

Source: wikicommons

Au fil du temps, le vieux Garden finit toutefois par montrer ses limites. D’abord, sa capacité (moins de 15000 personnes pour le hockey) était faible, et ce, malgré que la patinoire était plus petite que les normes (9 pieds de moins sur la longueur et 2 pieds de moins sur la largeur). Cette étroitesse où on ne pouvait se défiler pouvait toutefois être un avantage pour les Big Bad Bruins. 

Aussi, le Garden n’avait pas d’air climatisé. Lorsque les Bruins avançaient en séries, la chaleur pouvait causer du brouillard sur la glace. Et c’est sans compter les piliers structuraux qui obstruaient la vue de certaines places et la quantité impressionnante de rats qui y habitait. 

Des problèmes avec le système électrique causèrent aussi des maux de tête lors des finales de 1988 et 1990, incluant un match qui dut être repris deux jours plus tard à Edmonton. 


 

Il y eut finalement au fil des ans plusieurs projets pour remplacer le désuet Garden, incluant un au New Hampshire. 

Après de longues négociations, il y eut en 1993 une entente pour construire le nouveau Shawmut Center, qui devint le Fleet Center avant même son ouverture, lorsque la banque Shawmut fut acquise par la Fleet Bank. Il s’appelle aujourd’hui le TD Garden

Construit sur le même site, à certains endroits, il n’y avait que 9 pouces entre le vieux Garden et son nouveau voisin. 

Le dernier duel à s'y tenir fut un match présaison entre Montréal et Boston, disputé le 26 septembre 1995 que les Bruins remportèrent 3-0. 

Les deux immeubles cohabitèrent pendant 3 ans, quand le Garden fut démoli.  Les morceaux du parquet furent vendus au public.


 

Sources : 

″It’s back to school time″ de Gary Fitz, February 25, 1992, The Nashua Telegraph, page 15, 

″Boivin, Orr, Léveillé…″ de Réjean Tremblay, 27 septembre 1995, La Presse, page S3, 

″Une grande fête″, 27 septembre 1995, La Presse, page S4, 

″De beaux souvenirs du Garden″ de Réjean Tremblay, 27 septembre 1995, page S5, 

″Verdi : At old Boston Garden, rats and excessive heat had their place″ de Bob Verdi, June 18, 2013, Chicago Daily Herald,(dailyherald.com), 

wikipedia.org.

samedi 24 janvier 2026

Les arénas des Bruins - Boston Arena (ou Matthews Arena)

 

Il y a quelques années, j’avais fait une petite série de textes au sujet de tous les arénas où les Canadiens ont joué et j’étais retourné sur le site de chacun d’eux pour voir ce qui s’y trouve aujourd’hui. J’avais répété l’expérience à Toronto, puis récemment à Edmonton et Calgary

Je ne l’avais pas fait lorsque je suis allé à Boston il y a quelques années, mais je voulais un jour le faire, entre autres pour aller voir le Matthews Arena, qui s’appelait le Boston Arena lors de la naissance des Bruins en 1924. Comme il était toujours utilisé par l’Université Northeastern, je me suis dit qu’il serait intéressant d’aller y voir un match. J’avais passé devant la dernière fois que j’y suis allé, mais c’était en été et tout était verrouillé. Partie remise que je me disais. 


 

J’ai raté mon coup… C’est avec déception que j’ai appris que les Huskies de Northeastern y avaient disputé leur dernier match le 13 décembre dernier, contre les Terriers de Boston University. (Les Terriers ont gagné 4-3.) L’aréna étant construit sur du remblai, sa structure commence à s’enfoncer (tout de même plus de 110 ans après son inauguration) et devrait être démoli le mois prochain. Il sera remplacé par une nouvelle construction qui hébergera les Huskies. 

Inauguré en 1910, il était au moment de sa fermeture le plus vieil aréna toujours en opération pour du hockey. 

 

La démolition d’un immeuble situé au cœur d’un campus universitaire dense et près de deux stations de métro représentera un défi. Mais auparavant, l’intérieur sera vidé, pour y récupérer certains items qui seront réutilisés (incluant des éléments architecturaux) et d’autres qui seront conservés en souvenir ou vendus aux partisans. On peut d’ailleurs acheter des sièges pour 600$ US, même si ceux-ci sont plutôt contemporains. L’enseigne des toilettes est plus raisonnable, à 150$. 

Voici donc un texte à son sujet, même si j’aurais préféré éventuellement faire quelque chose de plus étoffé. 

Je peux tout de même vous dire qu’à son inauguration, Boston Arena était la première patinoire intérieure de la ville. Contenant 5000 places, sa présence a permis au hockey de prendre de l’ampleur dans la région. D’ailleurs, il a même accueilli Babe Ruth, qui a brièvement joué au sein d’une équipe amateur lors de son passage chez les Red Sox. 

En décembre 1918, un incendie le détruisit, mais suite à sa reconstruction, il réouvrit en janvier 1921.

Lorsque les Bruins sont devenus la première équipe américaine à se joindre à la LNH en 1924, il allait de soi qu’ils jouent au Boston Arena. Ils y rejoignirent alors les équipes de Harvard, Boston University et Boston College. 

Le séjour des Oursons y fut toutefois de courte durée. En 1928, une nouvelle enceinte fut construite, le Boston Garden. Celle-ci devint alors l’endroit principal en ville pour les galas de boxe et de lutte. Les Bruins suivirent, brisant ainsi leur bail avec le Boston Arena. Une bataille juridique s’en suivra qui dura jusqu’en 1933. 

Les Bruins furent toutefois remplacés par des équipes de ligues mineures, incluant les Olympics, qui firent brièvement partie de la Ligue de hockey senior du Québec dans les années 1940. 

En 1946, une équipe de la nouvelle Basketball Association of America (BAA, qui deviendra plus tard la NBA), les Celtics, commença ses opérations en partageant ses matchs entre l’Arena et le Garden. Cette situation demeura jusqu’en 1955. 

En 1972, un nouveau locataire arriva au Boston Arena, les Whalers de la Nouvelle-Angleterre de la nouvelle Association mondiale de hockey (AMH), qui partagèrent aussi leurs parties entre l’Arena et le Garden. Toutefois, ils furent coincés entre un Arena trop petit et un Garden trop occupé avec les Bruins, leur club école (les Braves) et les Celtics. Les Whalers décidèrent alors mettre le cap vers Hartford en 1974. C’est ainsi que les Baleiniers se retrouvèrent dans une ville qui n’est pas sur le bord de la mer. 

En 1979, l’Université Northeastern fit l’acquisition du Boston Arena, où son équipe de hockey jouait depuis 1930, et le renomma le Matthews Arena, en l’honneur du président de l’université. 

L’équipe qui a longtemps été dirigé par Fern Flaman a produit au fil des ans des joueurs comme David Poile (longtemps directeur-gérant des Capitals et des Predators), Chris Nilan, Jamie Oleksiak et Adam Gaudette. 

Autre que le hockey, l’Arena fut le site de nombreux discours politiques de présidents (Theodore Roosevelt, William Howard Taft, Herbert Hoover, F.D. Roosevelt). 

Il y eut aussi plusieurs concerts, comme ceux de Johnny Cash, Jerry Lee Lewis et Bob Dylan. En 1970, The Doors y donnèrent deux concerts. Le deuxième, interminable, fut interrompu lorsque les autorités coupèrent le courant, au grand déplaisir de Jim Morrison, dans un état second avancé. 

Sources : 

″The deconstruction of Matthews Arena will be ′very surgical′″ de Erin Kayata, December 9, 2025, Northeastern Global News (northeastern.edu), 

″The Last Days of Matthews Arena, Boston’s Overlooked Sports Cathedral″ de Dan Gartland, December 11, 2025, Sports Illustrated (si.com), 

rememberingmatthewsarena.myshopify.com, wikipedia.org.

 

mercredi 17 décembre 2025

Les arénas des Flames - Stampede Corral

 

D’abord, je devrais spécifier ″Les arénas des Flames DE CALGARY″. Les Flames ont débuté en 1972 à Atlanta, où ils ont joué à l’Omni Coliseum, mais comme je ne suis pas allé à Atlanta, on débutera donc avec le Corral. Ils ont ensuite déménagé au Saddledome, couvert dans le billet précédent. 

Comme le Saddledome, comme le futur Scotia Place, le Stampede Corral était situé sur le site du Stampede. Construit en 1950, il remplaçait le Victoria Arena, aussi situé dans le même secteur. Ce dernier avait un profil semblable au Edmonton Gardens, soit une construction avant la première grande guerre, qui a servi pour des expositions agricoles. Elle a aussi abrité l’équipe locale de la WCHL, les Tigers. Ainsi, depuis plus de 100 ans, lorsqu’il y a du hockey professionnel à Calgary, c’est dans le même secteur. 

 

Pour en revenir au Corral, il a été construit au coût de 1,25 million $ (16 millions en dollars d’aujourd’hui). Sa capacité a varié de 6475 à 8700 sièges. 

Il a été l’hôte de hockey junior et senior. Les Cowboys de l’AMH y ont aussi élu domicile de 1975 à 1977. Les Boomers de la NASL y ont joué au soccer intérieur en 1980-81. Stu Hart, promoteur de lutte (et père de Bret et Owen) y a tenu d’innombrables galas. Les représentants canadiens y ont aussi joué de nombreux matchs de la Coupe Davis.

En 1972, les championnats du monde de patinage artistique se sont déroulés au Corral. 

En 1980, les Flames débarquèrent en ville. Le Corral était l’endroit incontournable pour les installer, mais il était clair qu’il ne répondait pas aux critères de la Ligue nationale. La résidence des Flames y a duré trois ans, jusqu’à ce que le Saddledome soit prêt. 

En huit ans à Atlanta, les Flames ont atteint les séries à six reprises. Toutefois, ils n’y ont jamais remporté une série. En fait, ils n’ont remporté que deux matchs, tout en perdant quinze. 

Une fois à Calgary, il s’agissait pratiquement de la même équipe, mais il y eut un revirement de situation. Les succès en séries ont été immédiats. Au printemps 1981, les Flames balayèrent Chicago, pour ensuite éliminer les finalistes de l’année précédente, les Flyers, en sept matchs. La ville, déjà enthousiaste d’avoir une équipe de la LNH, devint folle et l’atmosphère dans le petit Corral devint électrique. Le beau parcours des Flames prit ensuite fin contre les North Stars, qui atteignirent ainsi la finale. 

En 1988, lors des Olympiques, le Corral a joué un rôle de soutien au Saddledome lors des compétitions de hockey et de patinage artistique. 

Il y eut par la suite des spectacles, de la lutte et un peu de hockey. 

On annonça en 2016 que le centre de congrès BMO Centre serait agrandi au coût de 500 millions $. Pour y faire de l’espace, il fallait démolir le Corral, ce qui fut terminé en 2021. 

L'agrandissement du BMO Centre, où se trouvait le Corral
 

Comme le hockey dans la ville de Calgary a toujours été dans le même secteur, il n’y a peut-être pas de nécessité de mettre des plaques ou des affiches pour souligner le site du Corral et je n’en ai d’ailleurs pas vu. 

Sources : banqueducanada.ca, wikipedia.org.

mardi 16 décembre 2025

Escapade à Calgary


 

Une de mes motivations pour aller en Alberta cette année était de voir le Saddledome. Troisième plus vieil aréna de la ligue derrière la Madison Square Garden de New York et le Climate Pledge Arena de Seattle (bien que ce dernier ait été rénové de fond en comble récemment), il est en fin de vie. Après de longues négociations, l’équipe, la ville et la province se sont entendus pour se partager les coûts d’un projet de 1,22 milliard $ tout juste à côté de l’aréna actuel. Le futur Scotia Place est maintenant en construction et devrait être prêt pour la saison 2027-28. 

Le vénérable Saddledome est à la fin de sa vie
 

Le compte à rebours est donc commencé et si je voulais aller dans cet endroit plein d’histoire, je me devais d’agir. 


 

Les Flames ont débuté à Atlanta en 1972, mais malgré quelques réussites sur la glace (mais pas en séries), ils n’ont pas eu un grand succès aux guichets. En 1980, un groupe mené par l’ex-propriétaire des Oilers et des Racers d’Indianapolis dans l’AMH et futur propriétaire des Alouettes, Nelson Skalbania, mit la main sur la franchise. Ils la déménagèrent alors à Calgary, mais il était évident que les 8700 sièges du Stampede Corral étaient insuffisants et qu’il s’agissait d’une solution temporaire. 

En septembre 1981, Calgary devança Falun en Suède et Cortina d’Ampezzo en Italie pour obtenir les Jeux d’hiver de 1988. La nécessité pour un nouvel aréna n’avait donc plus à être démontrée. Après avoir envisagé quelques sites, il fut décidé que la nouvelle installation serait construite dans la partie est de la ville, sur les terrains du Stampede et tout juste à côté du Corral. 

L’architecture est unique, puisqu’en cette ville du Stampede, l’immeuble est forme de selle, d’où le nom, Saddledome. 

Comme les Flames en avaient besoin le plus rapidement possible, c’est donc en octobre 1983, un peu moins que 5 ans avant le début des Jeux, que fut inauguré le Saddledome. Toutefois, il s’agissait tout de même d’un retard de 9 mois par rapport à ce qui était prévu. D’un budget initial de 60 millions $, des dépassements de coûts et des efforts pour accélérer le projet ont résulté en un coût total de 97,7 millions $ (273 millions en dollars d’aujourd’hui). 

Les rivaux albertains, les Oilers, ont toutefois gâché la fête en l’emportant 4-3. 

Le Saddledome a évidemment été le site des compétitions de patinage artistique et de hockey pendant les Olympiques. Dans le premier cas, il y a eu l’intense bataille des Brian (Boitano et Orser) et la performance surprise d’Elizabeth Manley, qui termina derrière l'est-allemande Katarina Witt. Quant au hockey, le tournoi constitutait un tournant, puisqu’on commençait à accueillir des joueurs qui avaient déjà joué comme professionnels. Il s’agissait toutefois de joueurs qui étaient autonomes, puisque les équipes de la Ligue nationale n’en avaient pas libéré pour l'occasion et la ligue n’avait pas fait de pause dans son calendrier. 

 

Il était incontournable de mettre une section au sujet des Jeux de 1988


Le Canada avait mis sur pied un programme olympique pour développer un esprit d’équipe, puisque c’est ainsi que fonctionnaient les pays de l’est à ce moment. Des joueurs comme Randy Gregg, Claude Vilgrain, Andy Moog et Jim Peplinski ont porté l’unifolié à Calgary, mais l’équipe a raté le podium en terminant quatrième. C’est finalement l’Union soviétique qui a remporté l’or, avec des joueurs qui furent ensuite autorisés à se joindre à la LNH comme Fetisov, Kasatonov, Gusarov, Kamensky et Larionov.

Le Saddledome était le site du programme de l'équipe olympique canadienne

Section sur l'histoire du hockey à Calgary, incluant en bas à gauche une photo des éphémères Cowboys de l'AMH (1975-77)

 
Photo des Tigers de la WCHL (1920-27).  L'équipe de 1923-24 a perdu en finale de la Coupe Stanley contre les Canadiens
 

Section où on honore tous les membres du Temple de la renommée originaires d'Alberta

La reine Elizabeth et le prince Philip sont déjà passés dans le coin

Du côté professionnel, les partisans des Canadiens se souviendront peut-être que c’est au Saddledome que le tricolore a remporté la Coupe Stanley en 1986. De son côté, les Roughnecks, l’équipe locale de crosse, y ont gagné le titre de la NLL en 2004, 2009 et 2019. 

Les championnats du monde de patinage artistique y ont eu lieu en 2006. Les mondiaux juniors y ont été tenus en 2012. 

Au niveau politique, c’est au Saddledome qu’en 1990 Jean Chrétien a été désigné chef du Parti libéral, en chemin pour devenir premier ministre. 

En 2013, la rivière Bow a débordé et l’endroit a été sévèrement endommagé. 

Aujourd’hui, en plus des Flames et des Roughnecks, les locataires sont les Wranglers de la Ligue américaine et les Hitmen de la WHL. 

Si l’endroit montre un peu son âge, sa riche histoire est bien mise en valeur. Facilement accessible (station Victoria Park / Stampede du C Train), on y trouve un public enthousiaste et en nombre respectable, malgré une année difficile. Bien heureux de l’avoir visité avant qu’il ne soit qu’un souvenir. 

Pour ce qui est du match, le Wild poursuivait sa tournée de l’ouest. En cette soirée hommage aux Forces armées canadienne, nous avons eu droit à un Ô Canada avec une partie en français. 

Les Flames portaient leur chandail noir que je n'aime pas tant.

 

Même si le Wild était favori, les Flames ont offert une belle performance. Huberdeau, Coronato, Zary et Andersson ont compté. Seul Trenin a répliqué pour le Minnesota. Dustin Wolf a été solide devant le filet des Flames et ceux-ci l’ont emporté 4-1. 

Sources: banqueducanada.ca, wikipedia.org.

La réplique géante du masque d'Yves Bélanger est toujours là. (en dessous, les Flames, les Hitmen (junior), les Roughnecks (crosse) et les Wranglers (LAH))

 

Les allées sont vastes.  On y circule facilement.


Un peu tout autour, on voit des photos d'anciens joueurs

 

À la boutique souvenir, on vend encore des Iginla et des Lanny.  À droite, des chandails des Roughnecks, qui appartiennent à la même entreprise que les Flames, tout comme les Hitmen, les Wranglers et les Stampeders de la LCF

Les Flames ont connu du succès au fil des ans, dont la Coupe de 1989, remportée au Forum.  Les côtés montent plus haut. Ce sont les pointes de la "selle".


Il y a peu d'arénas de la LNH qui peuvent afficher un drapeau olympique
L

Les loges, rajoutés en 1994, sont les plus basses que j'ai vues.  Elles ont toutefois fait baisser la capacité sous les 20 000.  Aujourd'hui, elle est d'environ 19 300.


Les Flames ont retiré les numéros de McDonald, Iginla, Vernon et Kiprusoff.  MacInnis et Nieuwendyk sont "Forever A Flame" (honorés mais leur numéro n'est pas retiré).


Les sections du bas sont sur une structure d'aluminium, chose que je n'avais jamais vue au niveau LNH.  Plusieurs sièges montrent leur âge en étant chambranlants.

 

Première fois que je vois une bannière pour un lutteur.  Il faut dire que Bret "The Hitman" Hart est originaire de Calgary et qu'il est l'un des fondateurs des Hitmen.


Fidèle au nom, des (vraies) flammes jaillissent lorsque les Flames comptent

On voit plusieurs types de chandails, avec plusieurs joueurs, incluant quelques Jagr, même s'il n'a joué que 22 matchs avec les Flames

Martin St-Louis n'a joué que 69 matchs avec Calgary, mais il y a un grand fan

Ce cher Harvey paraît un peu défraîchi.  En espérant qu'il ait droit à un peu de toilettage avant le déménagement...


Qui dit Alberta, dit boeuf de l'ouest.  On trouve chez Shorty's ce sandwich: pain ciabatta dans lequel on défait devant vous un short rib, qu'on couvre de frites, d'oignons frits, de chimchurri et d'une sauce demi-glace au vin.  Pas léger, pas donné (35$), mais délicieux.  On trouve évidemment aussi la bouffe d'aréna plus traditionelle et des mets indiens.


Le nouveau domicile des Flames (juste à côté) est déjà en construction


Voici ce à quoi devrait ressembler le nouvel aréna


Peut-on aller à Calgary sans faire un détour à Banff?




lundi 15 décembre 2025

Les arénas des Oilers - Northlands Coliseum

 

Ça faisait déjà un moment qu’il était évident que le vieux Gardens ne faisait plus l’affaire, mais le remplacer n’était pas une mince affaire. En 1963, les électeurs ont voté contre une proposition de payer pour un nouvel aréna au centre-ville. 

Il y eut une deuxième proposition en 1970, cette fois pour l’Omniplex, un stade couvert pour accommoder autant le football que le hockey, mais celle-ci fut aussi rejetée par référendum. 

La ville grossissait et il était temps de régler cette histoire plutôt gênante. Avec l’arrivée des Oilers, la situation devenait encore plus urgente. Charles Allard, co-propriétaire des Oilers avec ″Wild Bill″ Hunter, mit de l’avant un projet. Toutefois, il y en avait aussi un autre en chemin. 

L’Edmonton Exhibition Association (devenue plus tard Northlands) a été créée en 1879, d’abord pour organiser une exposition agricole. Avec le temps, l’organisation civique a étendu ses activités pour inclure la gestion du Gardens et des courses de chevaux, et devenir un club social où il était bien vu pour les notables de l’endroit de faire du bénévolat. Northlands avait ses entrées au niveau politique, possédait des terres, gérait déjà un aréna et par son statut d’organisme, pouvait obtenir plus facilement des subventions. Allard retira donc son projet et Northlands prit le projet en charge, qui fut voté par son conseil en 1972. 

Northlands, au coin de Wayne Gretzky Drive, avec ce qui reste de l'enseigne
 

Situé de l’autre côté de la rue du Gardens, dans le nord de la ville dans un quartier plutôt morne, le futur Coliseum adopta les mêmes plans que le Pacific Coliseum de Vancouver, avec une forme circulaire, plutôt que l’usuelle forme rectangulaire. De plus, avec une pente plus accentuée, il était dessiné spécifiquement pour le hockey, alors que la plupart des arénas américains de l’époque étaient principalement construits pour le basketball. 

L'avenue des Champions a plutôt mauvaise mine
La construction n’a toutefois pas été simple. D’abord, le terrain dut être remblayé, parce que sa capacité portante s’est avérée insuffisante. Il y eut aussi trois grèves de différents corps des métiers, en plus d’une autre grève, celles des ouvriers de l’acier. Northlands avait prévu le coup en stockant 1100 tonnes d’acier. Toutefois, il en manqua finalement 400 autres, qu’on dut acheter sur le marché noir. 

Le coût passa de 10 à 15 millions $ (111 millions $ en dollars d’aujourd’hui), mais avec d’innombrables heures supplémentaires des ouvriers, l’aréna put finalement ouvrir le 10 novembre 1974, alors que les Oilers ont affronté les Crusaders de Cleveland. Les 5000 derniers sièges sont arrivés la veille et au début du match, 100 n’étaient toujours pas installés et furent remis aux spectateurs. L’annonceur mit alors en garde la foule, indiquant qu’il se pourrait que leur siège ne soit pas fixé correctement. 

Les résultats des Oilers ne furent toutefois pas mieux dans le nouvel immeuble. Il fallut attendre l’arrivée de Wayne Gretzky en 1978-79 pour voir les choses s’améliorer. Ils se qualifièrent alors pour la finale de la dernière saison de l’AMH, qu’ils perdirent contre les Jets. Ces derniers ont d’ailleurs suivi le chemin inverse des Oilers. Si Winnipeg a dominé l’AMH, avant de connaître des débuts pénibles dans la LNH, Edmonton a eu des résultats décevants dans le circuit maudit, avant de prendre son envol dans la Ligue nationale en gagnant 5 Coupes Stanley à ses 11 premières saisons. 

"La maison que Gretzky a bâtie" ne sera plus qu'un souvenir l'été prochain
 

En plus des Oilers, Northlands fut le site des compétitions de gymnastique des Jeux du Commonwealth de 1978, de matchs de la Coupe Canada en 1981 et en 1984, de hockey junior, de la Ligue américaine, de soccer intérieur, de crosse et de roller hockey

Dans les années 1990, Peter Pocklington, le propriétaire des Oilers, était déjà détesté en ville, après avoir vendu Wayne Gretzky aux Kings. Il empira alors la situation en se disputant avec Northlands. Comme c’était souvent le cas dans ces années, il voulait plus de loges corporatives, faute de quoi, il voulait s’accaparer de plus de revenus. Il menaça évidemment de déménager l’équipe. Il s’en est suivi une longue saga. C’est finalement en 1998 que Pocklington vendit l’équipe à un groupe local, qui avait une option pour égaler l’offre, peu de temps avant qu’il ne la vende au propriétaire des Rockets de Houston et qu’il ne déménage l’équipe. 


 

L’équipe a raté les séries de 2006 à 2016 dans l’immeuble qui s’est aussi appelé l’Edmonton Coliseum, le Skyreach Centre et le Rexall Place, alors que celui-ci continuait de montrer son âge. Les Oilers déménagèrent alors au centre-ville, dans le Rogers Place. 

Faute de locataires et d’activités, l’endroit fut remis à la ville en 2018 et fermé. Il demeura en place malgré qu’il en coûte près de 2 millions $ par année pour l'entretenir. Après beaucoup de tergiversations, il fut finalement décidé de le démolir l’été prochain, au coût de 55 millions $. Il laissera alors sa place à des habitations et à un parc événementiel. 

On peut supposer que ce stationnement à étages maintenant grillagé sera aussi démoli.  Les alentours manquent d'attrait,
 

Lors de mon passage, l’endroit était à l’abandon, en attendant son funeste destin. C’est plutôt triste de voir ainsi un endroit chargé d’histoire, mais il est probablement trop tard pour faire quelque chose avec et honnêtement, le secteur n’est pas terrible. 

Sources : 

″The rise and the fall of the Edmonton Coliseum″ de David Staples, April 6, 2016, Edmonton Journal (edmontonjournal.com), 

″Demolition of Edmonton’s Coliseum set to start next summer″ de Mrinali Anchan, August 26, 2025, CBC (cbc.ca), 

banqueducanada.ca, wikipedia.org.

 

dimanche 14 décembre 2025

Les arénas des Oilers - Edmonton Gardens



Comme je l’avais fait à Toronto, j’ai profité de mon passage à Edmonton pour non seulement visiter l’aréna actuel des Oilers, mais aussi les sites de leurs anciens domiciles.

Comme les Nordiques, les Whalers et les (anciens) Jets, les Oilers sont nés avec la formation de l’Association mondiale de hockey (AMH), qui a débuté ses activités à la saison 1972-73.

Ils devaient initialement avoir des rivaux à Calgary, mais les Broncos n’ont finalement jamais vu le jour et la franchise a été expédiée à Cleveland.

Un peu comme à Québec, c’est le propriétaire de l’équipe junior local, les Oil Kings, qui s’est intéressé à la ligue naissante.  ″Wild Bill″ Hunter (la mascotte des Oilers s’appelle Hunter en son honneur), a donc sauté dans le train de l’AMH en devenant propriétaire (avec d’autres partenaires) et directeur-gérant de la nouvelle équipe.  De plus, ce cher Bill, reconnu pour ne pas faire dans la dentelle, avait l’habitude de perdre patience avec son entraîneur au cours de l’année et de le remplacer derrière le banc, chose qui est arrivée trois fois en quatre ans, alors que les résultats laissaient à désirer.

Photo de la ville d'Edmonton

 

Pour héberger sa nouvelle équipe, il utilisa le même domicile que celui des Oil Kings, l’Edmonton Gardens.

Inauguré en 1913, ce qui était initialement appelé l’Edmonton Stock Pavilion était situé à l’extérieur de la ville, car il était fréquemment utilisé pour des expositions agricoles et des courses de chevaux, en plus de contenir des étables.  C’est pourquoi il était surnommé le ″Cow Barn″.

Durant ses premières années, il fut le domicile des Eskimos de la WCHL (et non ceux de ce qui est devenu la LCF), une ligue professionnelle qui a existé jusqu’au milieu des années 1920 et qui à ce moment pouvait aspirer à la Coupe Stanley.  Il abrita aussi au fil des ans des équipes juniors (Flyers et Oil Kings) qui ont remporté la Coupe Memorial.  Il y eut également de la boxe, du patinage artistique, des rodéos, des encans de vente de bétail et des cirques.  Alors qu’il était plutôt défraîchi, le cirque de Moscou avait toutefois refusé de s’y produire.

Réputé pour être désuet et inconfortable, il fut rénové en 1966, suite au fait que le chef pompier ordonna sa fermeture, parce qu’il n’était pas sécuritaire.

Sa capacité à ce moment était de 5200 places.

Les Oilers y jouèrent deux saisons, avant de déménager en 1974 de l’autre côté de la rue, au nouveau Northlands Coliseum.

Lors de leur séjour, le banc des joueurs avait trois niveaux différents, ce qui demandait une certaine coordination pour les changements de ligne, surtout lorsque l’ordre était modifié.  Par contre, selon Harry Neale, qui était à ce moment l’entraîneur des Fighting Saints du Minnesota, un joueur cloué au banc avait alors le privilège de regarder le match à partir du meilleur siège de l’endroit.

En mars 1981, alors que Northlands n’était pas disponible, les Drillers de la version intérieure de la North American Soccer League (NASL) durent se résoudre à disputer leur finale dans l’immeuble déjà condamné à la démolition.  Les Drillers ont alors battu le Sting de Chicago.

La destruction du Gardens devait avoir lieu en janvier 1982.  On tenta d’abord d’y parvenir avec 50 kilos de dynamite.  Devant le peu de résultat, on utilisa alors un bulldozer, sans résultat.

En février on retenta le coup avec de la dynamite, avec cette fois 320 bâtons répartis dans une multitude de trous.  Le tout causa principalement un immense nuage de poussière.

On termina finalement le travail avec une boule de démolition.

Aujourd’hui, on y trouve l’Edmonton Expo Centre, un centre de congrès.

Sources: 

Willes, Ed, The Rebel League, the short and unruly life of the World Hockey Association, McClelland & Stewart, 2004, p.112-113,

″The Edmonton Gardens″ de Lawrence Herzog, November 19, 2009, Edmonton Real Estate Weekly (rewedmonton.ca),

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