Drop Down MenusCSS Drop Down MenuPure CSS Dropdown Menu
Affichage des articles dont le libellé est edmonton. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est edmonton. Afficher tous les articles

lundi 15 décembre 2025

Les arénas des Oilers - Northlands Coliseum

 

Ça faisait déjà un moment qu’il était évident que le vieux Gardens ne faisait plus l’affaire, mais le remplacer n’était pas une mince affaire. En 1963, les électeurs ont voté contre une proposition de payer pour un nouvel aréna au centre-ville. 

Il y eut une deuxième proposition en 1970, cette fois pour l’Omniplex, un stade couvert pour accommoder autant le football que le hockey, mais celle-ci fut aussi rejetée par référendum. 

La ville grossissait et il était temps de régler cette histoire plutôt gênante. Avec l’arrivée des Oilers, la situation devenait encore plus urgente. Charles Allard, co-propriétaire des Oilers avec ″Wild Bill″ Hunter, mit de l’avant un projet. Toutefois, il y en avait aussi un autre en chemin. 

L’Edmonton Exhibition Association (devenue plus tard Northlands) a été créée en 1879, d’abord pour organiser une exposition agricole. Avec le temps, l’organisation civique a étendu ses activités pour inclure la gestion du Gardens et des courses de chevaux, et devenir un club social où il était bien vu pour les notables de l’endroit de faire du bénévolat. Northlands avait ses entrées au niveau politique, possédait des terres, gérait déjà un aréna et par son statut d’organisme, pouvait obtenir plus facilement des subventions. Allard retira donc son projet et Northlands prit le projet en charge, qui fut voté par son conseil en 1972. 

Northlands, au coin de Wayne Gretzky Drive, avec ce qui reste de l'enseigne
 

Situé de l’autre côté de la rue du Gardens, dans le nord de la ville dans un quartier plutôt morne, le futur Coliseum adopta les mêmes plans que le Pacific Coliseum de Vancouver, avec une forme circulaire, plutôt que l’usuelle forme rectangulaire. De plus, avec une pente plus accentuée, il était dessiné spécifiquement pour le hockey, alors que la plupart des arénas américains de l’époque étaient principalement construits pour le basketball. 

L'avenue des Champions a plutôt mauvaise mine
La construction n’a toutefois pas été simple. D’abord, le terrain dut être remblayé, parce que sa capacité portante s’est avérée insuffisante. Il y eut aussi trois grèves de différents corps des métiers, en plus d’une autre grève, celles des ouvriers de l’acier. Northlands avait prévu le coup en stockant 1100 tonnes d’acier. Toutefois, il en manqua finalement 400 autres, qu’on dut acheter sur le marché noir. 

Le coût passa de 10 à 15 millions $ (111 millions $ en dollars d’aujourd’hui), mais avec d’innombrables heures supplémentaires des ouvriers, l’aréna put finalement ouvrir le 10 novembre 1974, alors que les Oilers ont affronté les Crusaders de Cleveland. Les 5000 derniers sièges sont arrivés la veille et au début du match, 100 n’étaient toujours pas installés et furent remis aux spectateurs. L’annonceur mit alors en garde la foule, indiquant qu’il se pourrait que leur siège ne soit pas fixé correctement. 

Les résultats des Oilers ne furent toutefois pas mieux dans le nouvel immeuble. Il fallut attendre l’arrivée de Wayne Gretzky en 1978-79 pour voir les choses s’améliorer. Ils se qualifièrent alors pour la finale de la dernière saison de l’AMH, qu’ils perdirent contre les Jets. Ces derniers ont d’ailleurs suivi le chemin inverse des Oilers. Si Winnipeg a dominé l’AMH, avant de connaître des débuts pénibles dans la LNH, Edmonton a eu des résultats décevants dans le circuit maudit, avant de prendre son envol dans la Ligue nationale en gagnant 5 Coupes Stanley à ses 11 premières saisons. 

"La maison que Gretzky a bâtie" ne sera plus qu'un souvenir l'été prochain
 

En plus des Oilers, Northlands fut le site des compétitions de gymnastique des Jeux du Commonwealth de 1978, de matchs de la Coupe Canada en 1981 et en 1984, de hockey junior, de la Ligue américaine, de soccer intérieur, de crosse et de roller hockey

Dans les années 1990, Peter Pocklington, le propriétaire des Oilers, était déjà détesté en ville, après avoir vendu Wayne Gretzky aux Kings. Il empira alors la situation en se disputant avec Northlands. Comme c’était souvent le cas dans ces années, il voulait plus de loges corporatives, faute de quoi, il voulait s’accaparer de plus de revenus. Il menaça évidemment de déménager l’équipe. Il s’en est suivi une longue saga. C’est finalement en 1998 que Pocklington vendit l’équipe à un groupe local, qui avait une option pour égaler l’offre, peu de temps avant qu’il ne la vende au propriétaire des Rockets de Houston et qu’il ne déménage l’équipe. 


 

L’équipe a raté les séries de 2006 à 2016 dans l’immeuble qui s’est aussi appelé l’Edmonton Coliseum, le Skyreach Centre et le Rexall Place, alors que celui-ci continuait de montrer son âge. Les Oilers déménagèrent alors au centre-ville, dans le Rogers Place. 

Faute de locataires et d’activités, l’endroit fut remis à la ville en 2018 et fermé. Il demeura en place malgré qu’il en coûte près de 2 millions $ par année pour l'entretenir. Après beaucoup de tergiversations, il fut finalement décidé de le démolir l’été prochain, au coût de 55 millions $. Il laissera alors sa place à des habitations et à un parc événementiel. 

On peut supposer que ce stationnement à étages maintenant grillagé sera aussi démoli.  Les alentours manquent d'attrait,
 

Lors de mon passage, l’endroit était à l’abandon, en attendant son funeste destin. C’est plutôt triste de voir ainsi un endroit chargé d’histoire, mais il est probablement trop tard pour faire quelque chose avec et honnêtement, le secteur n’est pas terrible. 

Sources : 

″The rise and the fall of the Edmonton Coliseum″ de David Staples, April 6, 2016, Edmonton Journal (edmontonjournal.com), 

″Demolition of Edmonton’s Coliseum set to start next summer″ de Mrinali Anchan, August 26, 2025, CBC (cbc.ca), 

banqueducanada.ca, wikipedia.org.

 

dimanche 14 décembre 2025

Les arénas des Oilers - Edmonton Gardens



Comme je l’avais fait à Toronto, j’ai profité de mon passage à Edmonton pour non seulement visiter l’aréna actuel des Oilers, mais aussi les sites de leurs anciens domiciles.

Comme les Nordiques, les Whalers et les (anciens) Jets, les Oilers sont nés avec la formation de l’Association mondiale de hockey (AMH), qui a débuté ses activités à la saison 1972-73.

Ils devaient initialement avoir des rivaux à Calgary, mais les Broncos n’ont finalement jamais vu le jour et la franchise a été expédiée à Cleveland.

Un peu comme à Québec, c’est le propriétaire de l’équipe junior local, les Oil Kings, qui s’est intéressé à la ligue naissante.  ″Wild Bill″ Hunter (la mascotte des Oilers s’appelle Hunter en son honneur), a donc sauté dans le train de l’AMH en devenant propriétaire (avec d’autres partenaires) et directeur-gérant de la nouvelle équipe.  De plus, ce cher Bill, reconnu pour ne pas faire dans la dentelle, avait l’habitude de perdre patience avec son entraîneur au cours de l’année et de le remplacer derrière le banc, chose qui est arrivée trois fois en quatre ans, alors que les résultats laissaient à désirer.

Photo de la ville d'Edmonton

 

Pour héberger sa nouvelle équipe, il utilisa le même domicile que celui des Oil Kings, l’Edmonton Gardens.

Inauguré en 1913, ce qui était initialement appelé l’Edmonton Stock Pavilion était situé à l’extérieur de la ville, car il était fréquemment utilisé pour des expositions agricoles et des courses de chevaux, en plus de contenir des étables.  C’est pourquoi il était surnommé le ″Cow Barn″.

Durant ses premières années, il fut le domicile des Eskimos de la WCHL (et non ceux de ce qui est devenu la LCF), une ligue professionnelle qui a existé jusqu’au milieu des années 1920 et qui à ce moment pouvait aspirer à la Coupe Stanley.  Il abrita aussi au fil des ans des équipes juniors (Flyers et Oil Kings) qui ont remporté la Coupe Memorial.  Il y eut également de la boxe, du patinage artistique, des rodéos, des encans de vente de bétail et des cirques.  Alors qu’il était plutôt défraîchi, le cirque de Moscou avait toutefois refusé de s’y produire.

Réputé pour être désuet et inconfortable, il fut rénové en 1966, suite au fait que le chef pompier ordonna sa fermeture, parce qu’il n’était pas sécuritaire.

Sa capacité à ce moment était de 5200 places.

Les Oilers y jouèrent deux saisons, avant de déménager en 1974 de l’autre côté de la rue, au nouveau Northlands Coliseum.

Lors de leur séjour, le banc des joueurs avait trois niveaux différents, ce qui demandait une certaine coordination pour les changements de ligne, surtout lorsque l’ordre était modifié.  Par contre, selon Harry Neale, qui était à ce moment l’entraîneur des Fighting Saints du Minnesota, un joueur cloué au banc avait alors le privilège de regarder le match à partir du meilleur siège de l’endroit.

En mars 1981, alors que Northlands n’était pas disponible, les Drillers de la version intérieure de la North American Soccer League (NASL) durent se résoudre à disputer leur finale dans l’immeuble déjà condamné à la démolition.  Les Drillers ont alors battu le Sting de Chicago.

La destruction du Gardens devait avoir lieu en janvier 1982.  On tenta d’abord d’y parvenir avec 50 kilos de dynamite.  Devant le peu de résultat, on utilisa alors un bulldozer, sans résultat.

En février on retenta le coup avec de la dynamite, avec cette fois 320 bâtons répartis dans une multitude de trous.  Le tout causa principalement un immense nuage de poussière.

On termina finalement le travail avec une boule de démolition.

Aujourd’hui, on y trouve l’Edmonton Expo Centre, un centre de congrès.

Sources: 

Willes, Ed, The Rebel League, the short and unruly life of the World Hockey Association, McClelland & Stewart, 2004, p.112-113,

″The Edmonton Gardens″ de Lawrence Herzog, November 19, 2009, Edmonton Real Estate Weekly (rewedmonton.ca),

wikipedia.org.

 

samedi 13 décembre 2025

Escapade à Edmonton

 

Pour mon escapade de cette année, j’ai décidé d’aller dans l’ouest canadien. Si la destination principale était Calgary, j’ai tout de même profité de l’occasion pour faire un détour par Edmonton. La capitale de l’Alberta, aussi connue pour son énorme centre commercial, a une population de 1,1 million de personnes et est située à 300 km de Calgary. 


 

Elle bénéficie depuis 2016 d’un aréna qui fait l’envie de sa prospère rivale provinciale, le Rogers Place. Le financement de sa construction avait alors fait l’objet de négociations ardues entre le propriétaire des Oilers, Daryl Katz (qui a vendu sa chaîne de pharmacies pour 3 milliards $) et la ville, au sujet de la contribution de chacun et de la couverture des dépassements de coûts. Le projet, qui a coûté en bout de ligne 484 millions $ à l’époque, est situé au centre-ville et a entraîné d’importants investissements immobiliers dans le secteur. On trouve autour plusieurs endroits pour prendre un petit breuvage et se mettre dans l’ambiance avant d’aller au match. 

On peut se rendre au Rogers Place en tramway, avec la station MacEwan

 

Pour l’immeuble, le résultat est très intéressant. Honnêtement, j'ai manqué un peu de temps pour bien explorer l'extérieur, mais à l'intérieur, il s’y dégage un peu partout une impression de grandeur. L’endroit est vaste et moderne. Les billets y sont relativement abordables. 

Le Rogers Place se trouve au centre-ville, au milieu d'un nouveau développement immobilier

Dès l'entrée, l'endroit est vaste.  Le slogan de l'équipe:  This is Oil Country.
 

Une murale de Wayne Gretzky

 
L'endroit est spacieux et le plafond est haut

On y retrouve une base de partisans fidèles, qui a connu les sommets dans les années 1980 avec l’ère Gretzky, mais aussi une longue traversée du désert de 2006 à 2016. Avec l’arrivée du prodige Connor McDavid, il y a eu un revirement de situation. Les Oilers se sont approchés de près de la Coupe en atteignant la finale lors des deux dernières années, mais les Panthers les ont empêchés de remporter le titre. 

Si on porte attention, on se rend compte qu'il y a du McDavid au m2
 

Nous avons eu droit à un sons et lumières assez classique
 

Cette année, les choses vont un peu moins bien, mais ce n’est pas encore dramatique. 

Le match que j’ai vu était un mardi, contre le Wild. La foule y était nombreuse (19 173 spectateurs) et passionnée. Hunter, la mascotte, n’était pas seul à animer l’endroit. Il y avait aussi entre autres madame Coupe Stanley, un dynamique joueur de tam tam et un Elvis. 

Madame Coupe Stanley

Notre joueur de tam tam

Le King

Les numéros retirés, presque tous reliés à l'équipe des années 1980

 
Les Oilers ont aussi un anneau d'honneur

Les Oil Kings ont aussi leurs bannières

Le match s’annonçait comme un festival offensif, avec un duel entre deux des plus grandes menaces en attaque, McDavid et Kirill Kaprizov. Pourtant, le résultat a été tout autre. Nous avons eu droit à un duel de gardiens. Si Stuart Skinner a parfois été pointé du doigt pour l’incapacité des Oilers à aller jusqu’au bout, il a connu un fort match. (Il sera échangé une semaine plus tard.)  Son opposant, l’étonnante recrue Jesper Wallstedt, a toutefois été parfait. Il a arrêté les 33 tirs des Oilers. McDavid nous a montrés un petit peu de sa magie, mais sans trouver le fond du filet. Seul Jonas Brodin, avec un beau tir de la pointe, a réussi à déjouer Skinner. Victoire du Wild, 1-0. Les deux gardiens ont été choisis les deux premières étoiles. 

Je ne sais pas si plusieurs ont payé 320$ pour un chandail de Stuart Skinner, mais une semaine plus, il devenait un Penguin.

Le geek en moi accroche au fait qu'on établisse le début des Oilers en 1979.  Il s'agit de leur entrée dans la LNH, mais ils ont débuté leurs activités dans l'AMH en 1972.

Ce chandail avec le masque de Grant Fuhr a vraiment de la gueule

Ces manteaux plucheux sont beaucoup moins mon style...

Détail intéressant, Wallstedt a été repêché en 2021, au 20e rang au total par le Wild avec un choix qui appartenait initialement aux Oilers. Ceux-ci avaient accepté de reculer de deux rangs (et ainsi choisir Xavier Bourgault) en retour d’un choix de troisième ronde supplémentaire (qui est devenu le défenseur allemand oeuvrant à l’Université du Vermont, Luca Muenzenberger). Considérant que leur situation devant le filet soulève des questions, l’avenir nous dira si les Oilers s’en mordront les doigts, considérant que Bourgault est maintenant dans l’organisation des Sénateurs et que Muenzenberger joue aujourd'hui en Allemagne. 

Chronique culinaire: Le menu est assez traditionnel.  On trouve toutefois aussi un PFK et ceci. Ce hot dog avec viande hachée, salade de chou, moutarde, chips et cornichon est assez copieux et coûte 15$ pour les intéressés.  (Je ne l'ai pas essayé.)  Un point d'originalité pour l'autre item, de saison, un panini dinde et canneberge.


Il y a moyen de prendre une bière à prix raisonnable, tout près d'un derrick.


mardi 10 décembre 2024

Histoires de coupes: 1990






J'ai pensé débuter une nouvelle série interminable sur ce blog (ça faisait longtemps...) dédiée spécialement sur les noms gravés que l'on retrouve sur la célèbre Coupe Stanley. 

Chaque édition de champions qui se retrouve inscrite annuellement sur le trophée comporte son lot d'histoire et de petits détails fascinants. Il y a bien sûr des joueurs vedettes que l'on reconnait inévitablement, mais moi ce que je préfère ce sont évidemment les joueurs no-names ou ceux que je ne me souvenais pas qu'ils avaient joué avec l'équipe ou qu'ils avaient gagné la coupe. Parfois aussi, ce sont les membres du staff qui me fascinent. 

J'ai donc pensé analyser ces gravures en détails en survolant rapidement l'équipe pour ensuite choisir un joueur et/ou membre du staff qui a le plus piqué ma curiosité. 

Comme je ne savais pas vraiment par où commencer, j'ai pensé débuter par la décennie fétiche de moi et beaucoup de nos lecteurs, celle des années 90.

Allons-y donc. Vous excuserez l'anglais dans le titre des membres du staff. J'ai copié ça d'un autre site et c'était trop d'ouvrage à tout changer.

1990 - Oilers d'Edmonton


Joueurs: Mark Lamb, Joe Murphy, Mark Messier (Captain), Craig MacTavish, Glenn Anderson, Esa Tikkanen, Adam Graves, Kelly Buchberger, Jari Kurri (A), Craig Simpson, Martin Gelinas, Dave Brown, Petr Klima, Kevin Lowe (A), Steve Smith, Jeff Beukeboom, Randy Gregg, Charlie Huddy, Geoff Smith, Reijo Ruotsalainen, Craig Muni, Bill Ranford, Grant Fuhr, Pokey Reddick 

Staff: Peter Pocklington (Owner), Glen Sather (President/General Manager), John Muckler (Head Coach), Ted Green (Co-Coach), Bruce MacGregor (Asst. General Manager), Ron Low (Asst. Coach), Barry Fraser (Director of Player Personnel/Chief Scout), Bill Tuele (Director of Public Relations), Werner Baum (Controller), Dr. Gordon Cameron (Chief of Medical Staff), Dr. David Reid (Team Physician), Ken Lowe (Athletic Tainer-Therapist), Barrie Stafford (Trainer), Stuart Poirier (Massage Therapist), Lyle Kulchisky (Ass't Trainer), John Blackwell (Director of Hockey Operations, AHL), Garnet Bailey (Scout), Ed Chadwick (Scout), Lorne Davis (Scout), Harry Howell (Scout), Albert Reeves (Scout), Matti Vaisanen (Scout)

dimanche 8 décembre 2024

Bill Tobin


Il peut arriver que lorsqu’on examine les faits d’armes de quelqu’un, on en conclut qu’il n’a pas obtenu tout le mérite qui lui revient. Parfois, c’est l’inverse. On regarde le palmarès de quelqu’un et à première vue, ça semble bien rempli. Pourtant, si on gratte un peu, on se rend contre qu’il y a beaucoup de vent.

Natif d’Ottawa, Tobin se dirigea vers Edmonton en 1920 pour s’aligner avec les Eskimos de la Big Four League, une ligue senior initialement amateur. Toutefois, pour pouvoir se joindre à cette ligue, il fallait avoir habité en Alberta depuis un certain moment. Les Canadians de Calgary arguèrent alors que ce critère n’était pas rempli pour Tobin. Un comité fut formé pour étudier la question et celui-ci statua que Tobin était éligible. Par contre, l’autre équipe de Calgary, les Tigers, se plaignit de la procédure et refusa la conclusion. Les deux équipes de Calgary remirent aussi en question le statut d’amateur d’autres joueurs et voulurent que le tout soit soumis à un juge. Lorsque les Eskimos refusèrent, la ligue s’écrasa et disparut. Les Eskimos et les Tigers se joignirent alors à la WCHL (Western Canada Hockey League), une nouvelle ligue officiellement professionnelle.

Tobin joua quelques matchs avec Edmonton comme gardien jusqu’en 1925, avant de passer une année à l’extérieur du hockey.

En 1926, le baron du café, le major Frederic McLaughlin, se porta acquéreur des restes des Rosebuds de Portland de la maintenant défunte WHL, même s’il en savait peu au sujet du hockey, pour en faire une nouvelle équipe de la LNH, les Black Hawks. Tobin, connaissant certains joueurs, se pointa à Chicago pour les visiter. Il attira alors l’attention de l’excentrique et impulsif major McLaughlin, qui en fit immédiatement son adjoint.

L’administration mise en place par McLaughlin était autoritaire et bancale. Les changements d’entraîneurs se suivaient à un rythme ridicule. (Il y en eut 15, impliquant 13 individus en 18 ans.) Tobin, qui effectuait toutes les tâches que lui demandait McLaughlin, dans une période où le personnel n’était pas très nombreux, fit évidemment partie du lot, avec un passage de 23 matchs en 1929-30 et un autre de 48 matchs (il eut droit à une saison complète!) en 1931-32. Tobin ne fut pas le pire du lot, avec une fiche globale de ,500.

Le reste du temps, il fit du dépistage, dans l’ouest canadien entre autres, des négociations de contrats, des échanges, toujours selon les instructions de McLaughlin, tout en portant le titre de gérant d’affaires (business manager), avant d’hériter formellement du poste de directeur-gérant en 1942. À noter que ce titre n’existait pas à la fondation des Hawks puisque McLaughlin décidait de tout de toute façon. Étonnamment, malgré ce chaos, Tommy Gorman réussit à les amener à la Coupe en 1934 et l’ancien arbitre du baseball majeur Bill Stewart fit de même en 1938 (avec la pire fiche de l'histoire pour un champion dans ce cas).

McLaughlin mourut en 1944, mais ce ne signifia pourtant pas la fin du rôle de marionnette de Tobin. Officiellement, il se porta acquéreur avec un associé des actions de la succession de son ancien patron. Toutefois, dans les faits, le nouveau propriétaire n’était qu’un prête-nom pour James E. Norris. Celui qui détenait le Chicago Stadium était déjà propriétaire des Red Wings. Comme la ligue ne lui permettait pas de posséder deux équipes, il voulut ″appuyer″ quelqu’un pour devenir propriétaire de son locataire.

En octobre 1947, dans son style fantasque habituel, Tobin déclara qu’il n’était aucunement question d’échanger son meilleur joueur, Max Bentley, aux Leafs. Il préférait avoir Bentley dans son alignement plutôt que d’avoir en retour cinq joueurs avec un ″charley horse″ (crampe à la jambe) que lui offrirait Conn Smythe. Il en rajouta en affirmant qu’il offrait à Smythe son club affilié de Kansas City au complet, en plus du dentier de Johnny Gottselig pour obtenir Syl Apps. Quelques jours plus tard, Tobin échangea Bentley contre cinq joueurs, incluant Gaye Stewart.

Les méthodes de Tobin ne connurent pas vraiment de succès, c’est le moins qu’on puisse dire. Les Hawks terminèrent ainsi en dernière place 7 fois en 8 ans, de 1946-47 à 1953-54.

Lorsque James E. Norris mourut en 1952, les Red Wings devinrent la propriété de ses enfants Bruce et Marguerite. Il n’était donc plus nécessaire ″d’appuyer″ Tobin pour être propriétaire des Hawks. C’est son autre fils, James D, qui prit sa place.

On toléra Tobin jusqu’en 1954, alors qu’Arthur Wirtz devint président et Tommy Ivan devint directeur-gérant. Le changement de régime n’eut pas d’effet immédiat, puisque Chicago termina dernier dans une ligue à 6 équipes 3 autres années supplémentaires (donc 10 fois en 11 ans).

C’est peut-être pour services rendus qu’on le conserva malgré tout dans l’entourage de l’équipe. Il avait toujours un bureau, mais sans rôle précis. Il s’y rendait pour ouvrir son courrier et jouer aux cartes avec la personne qu’il réussissait à accrocher. Les journalistes couvrant les Hawks le surnommaient l’homme du mystère. Il conserva ce ″poste″ pratiquement jusqu’à son décès, alors que son emphysème l’emporta en 1963, à l'âge de 67 ans.

En 37 ans avec l'équipe, lors de la seule période où il avait une certaine valeur ajoutée, les résultats de l'équipe ont été affreux.

Mais techniquement, il faisait partie de l’équipe qui a remporté la Coupe Stanley en 1960-61...  

Sources :

″Une 1ère preuve de l’échange de Siebert pour Grosso, Simon et McDonald″, 7 janvier 1945, Le Petit Journal, page 39,

″Du soir au lendemain″ de Paul Parizeau, 9 avril 1945, Le Canada, page 12,

″Déclaration sarcastique de Bill Tobin″, 29 octobre 1947, Le Canada, page 8,

″Ivan devient gérant des Hawks; Abel restera coach″, PAf, 8 juillet 1954, La Patrie, page 51,

″Good Morning″ de Vern DeGeer, April 15, 1961, Montreal Gazette, page 28,

″Bill Tobin dies in Chi″, May 8, 1963, Edmonton Journal, page 65,

″Hawks’ Bill Tobin Dies, 68″, AP, May 9, 1963, Ottawa Citizen, page 10,

wikipedia.org.

jeudi 2 août 2018

Une petite photo pour le plaisir #78 - Glenn Anderson sans moustache











Voici une photo qui paraît bien banale à première vue. Il s'agit de la légende des Oilers Glenn Anderson arborant son célèbre #9 avec l'équipe albertaine, pour qui il joua de 1980 jusqu'à son échange à Toronto après la saison 1990-91. Cependant, si vous connaissez bien l'histoire des Oilers et/ou d'Anderson, cette photo vous pose peut-être certains questionnements.

Premièrement, où est sa fameuse moustache? Et pourquoi Anderson a l'air aussi vieux? L'image classique d'Anderson que vous avez en tête lorsque vous entendez son nom ressemble probablement à quelque chose comme ça:



Si vous comparez les deux photos, vous pouvez voir des différences subtiles tant au niveau de l'apparence d'Anderson qu'au niveau du chandail et de l'équipement, qui semblent plus modernes sur la première photo.

Ou bien peut-être que vous vous souvenez de lui dans d'autres uniformes? Après son séjour à Toronto, il fut acquis par les Rangers en retour de Mike Gartner et alla rejoindre une bande d'ex-Oilers (Messier, Tikkanen, Lowe, MacTavish, etc.) pour remporter la coupe avec New York en 1994 sous les ordres de Mike Keenan.

Suite à ça il signa avec les Blues de St. Louis pour le reste de la saison écourtée de 1994-95. C'est à cette époque qu'on commença à le voir sans sa moustache légendaire:




Après cette demi-saison à St.Louis, Anderson opta de ne pas renouveler son contrat avec l'équipe et retourna jouer en Allemagne avec le Panther (sans S) d'Augsburger où il avait joué durant le lock-out l'année précédente. Il joua aussi quelques matchs avec l'équipe nationale canadienne. Cependant il eut l'opportunité de revenir dans la LNH lorsque son ex-coéquipier Esa Tikkanen lui fit part que les Canucks étaient intéressés à le réunir avec lui à Vancouver. Anderson aimait bien l'idée de terminer sa carrière dans sa ville natale et il signa l'offre de Pat Quinn, le DG des Canucks, en janvier 1996. 

Cependant, une nouvelle règle de la LNH à l'époque (qui je crois est toujours en vigueur) indiquait que si un joueur avait débuté la saison en europe et qu'il était signé par la suite par un club de la LNH, il devait d'abord passer par le ballottage. Le DG des Oilers, Glen Sather, sauta sur l'occasion pour ramener son ancien joueur vedette à Edmonton. La direction des Canucks et Anderson plaidèrent auprès de Sather pour annuler le transfert et le laisser finir sa carrière avec les Canucks comme il le désirait. Cependant, Sather ne plia pas et Anderson se reporta à reculons à Edmonton. On raconte que la décision de Sather était en fait une petite revanche envers Quinn et les Canucks pour leur avoir ''volé'' le défenseur Randy Gregg (voir texte du 21 juillet 2011) au ballottage en 1991, une histoire aussi compliquée d'ailleurs que je n'élaborerai pas davantage aujourd'hui.

Ironiquement, Sather était un de ceux qui étaient à l'origine de cette règle concernant les joueurs ayant débuté la saison en Europe. Il avait fait le coup à quelques reprises, entre autres en 1987 en rapatriant le défenseur finlandais Reijo Ruotsalainen en fin de saison comme renfort pour les séries.



C'est donc ainsi qu'un Anderson sans moustache et un peu mélancolique revint à Edmonton dans un uniforme légèrement différent qui ajoute un peu à l'anachronisme apparent de cette photo. L'équipe était en train de se moderniser et avait apportée de subtiles modifications à leur chandail classique. Les couleurs devinrent quelques tintes plus foncées lors de cette saison 1995-96. L'année suivante, les Oilers continuèrent dans la même veine avec un nouveau chandail aux couleurs encore plus foncées

Cependant, Anderson ne porta jamais ce nouvel uniforme alors que son deuxième séjour à Edmonton fut de courte durée. Après 5 ans d'exil, il retrouva une équipe totalement différente de la dynastie des années 80. Après le démantèlement de cette dernière (voir texte du 16 avril 2017), il ne restait que l'attaquant Kelly Buchberger comme survivant de la dernière coupe des Oilers de 1990 lors du retour d'Anderson en janvier 1996. Il obtint un raisonnable 10 points en 17 matchs avec les Oilers. Mais toujours en processus de reconstruction, en dehors des séries et avec un budget limité, les Oilers se départirent d'Anderson au mois de mars, le replaçant au ballottage. Cette fois-ci, ce sont les Blues qui le ramenèrent une deuxième fois dans leur giron. 

Le nouvel entraîneur des Blues, Mike Keenan, retenta le coup de 1994 afin de remporter les grands honneurs.  Déjà pourvu de Grant Fuhr dans les buts, Keenan (également directeur-général des Blues) refit le plein d'ex-Oilers avant la date limite des transactions de 1996. En plus d'Anderson, il obtint les services de Charlie Huddy, Craig MacTavish et bien sûr Wayne Gretzky, qui avait demandé à être échangé aux Kings. Il avait aussi obtenu précédemment quelques-uns de ses ex-champions avec les Rangers, dont Stéphane Matteau et Brian Noonan. 

Cependant, le citron commençait à être pas mal pressé en ce qui concerne la magie de ces ex-Oilers vieillissants. L'équipe était en effet la plus vieille de la ligue en 1995-96 avec plus de 22 joueurs au dessus de 30 ans.  En plus de ces anciens d'Edmonton, on retrouvait des joueurs trentenaires comme Al MacInnis, Dale Hawerchuk et Brett Hull. L'équipe se qualifia de justesse pour les séries mais se rendit toutefois jusqu'à la deuxième ronde, perdant en 6 matchs contre les Red Wings. La chimie espérée entre Gretzky et Hull ne se concrétisa pas et ces deux joueurs étaient à couteaux tirés avec Keenan, comme plusieurs autres joueurs d'ailleurs. Plusieurs d'entre eux (dont Gretzky) ne revinrent pas en 1996-97 et Keenan fut démis de ses fonctions en décembre 1996. 

Pour sa part, Anderson retourna jouer une dernière saison en Suisse avec l'équipe de Chaux-de-fonds où il obtint 29 points en 23 matchs. Il fut élu au Temple de la renommée en 2008 et son numéro 9 fut retiré par les Oilers l'année suivante.  Il demeure une légende à Edmonton.  Il est également dans le club sélect des 7 joueurs qui ont gagné les 5 coupes de la dynastie (Mark Messier, Jari Kurri, Kevin Lowe, Fuhr, Gregg, Huddy et Anderson). Cependant, peu de gens se souviennent de ce deuxième court séjour de 1996. 

Histoire de terminer sur une note plus joyeuse, voici le vidéo de son introduction au temple:




Sources:

samedi 28 juillet 2018

Équipe All-Star des oubliettes #12 - Oilers d'Edmonton








Re-bienvenue à cette interminable série sur ces joueurs vedettes dont le passage avec une équipe a été largement oublié. On a droit aujourd'hui à une des mes équipes favorites, les Oilers, que j'aime célébrer en me remémorant leurs belles années mais aussi leurs années glauques et leurs nombreux problèmes de personnel...

Je vous rappelle rapidement la formule, il s’agit de la meilleure équipe de tous les temps de la franchise mais composée des joueurs vedettes les plus oubliés à avoir porté leur uniforme, que ce soit par la longueur du séjour (généralement en bas de 100 matchs) ou par oubli collectif. Il s’agit de choix très subjectifs, basés selon ma propre mémoire et parfois le terme “vedette” est assez subjectif également.

Allons-y donc.

ATTAQUANTS


Miroslav Satan
126 matchs (1995-97)

Un cas classique de projet avorté hâtivement. Choix de 5e ronde (111e au total) de l'équipe lors du repêchage de 1993, la future vedette des Sabres Miroslav Satan débuta avec l'équipe durant une des pires périodes de l'histoire de la franchise, une période que j'appelle les années ''lendemain de veille post-dynastie'' (voir texte du 16 avril 2017). Il eut des débuts prometteurs avec l'équipe lors de sa première saison professionnelle en 1994-95 dans la Ligue américaine avec les Oilers du Cap-Breton où il obtint 24 buts et 40 points en seulement 25 matchs. On espérait alors beaucoup de lui au sein de l'équipe en reconstruction.

Il débuta à Edmonton la saison suivante et il obtint somme toute une première saison correcte avec 18 buts et 35 points en 62 matchs. Glen Sather espérait qu'il se développe davantage la saison suivante mais son jeune joueur sembla plutôt régresser. Il obtint 17 buts et seulement 28 points à sa deuxième saison. Au même moment, plusieurs autres jeunes ailiers prirent leur place avec l'équipe (Ryan Smyth, Dean McAmmond, Kirk Maltby, Mariusz Czerkawski) et la situation contractuelle de Satan poussa Sather à prendre une décision. Voyant que son contrat allait prendre fin et contraint par le peu de budget disponible à Edmonton, Sather avait peur que Satan ne retourne jouer en Slovaquie et ainsi de le perdre pour rien. Il décida donc de l'échanger aux Sabres en retour de deux joueur marginaux; Craig Millar et Barrie Moore. 

Ces deux joueurs ne jouèrent qu'une quarantaine de matchs dans la LNH par la suite, tandis que Satan connut six saisons de 20 buts et plus (dont une de 40) avec les Sabres et joua plus de 1000 matchs dans la LNH jusqu'à sa retraite en 2010 alors qu'il jouait avec les Bruins.


Vincent Damphousse
80 matchs (1991-92)

On se souvient davantage de Vincent Damphousse avec les Oilers car il s'agissait d'un des meilleurs échanges de la carrière de Serge Savard avec le Canadien lorsqu'il envoya le très surestimé Shayne Corson (voir texte du 9 sept. 2015) en plus de Brent Gilchrist et Vladimir Vujtek aux Oilers en retour de Damphousse et d'un choix de 4e ronde en 1993 (Adam Wiesel, aucun match dans la LNH). 

Auparavant, Damphousse était un des meilleurs joueurs des Maple Leafs avec qui il joua de 1986 jusqu'en 1991 lorsqu'il fit partie de l'énorme échange avec les Oilers qui amena Glenn Anderson et le gardien Grant Fuhr dans la ville reine. Durant ce court séjour à Edmonton, Damphousse termina au premier rang des pointeurs de l'équipe (89 points) en plus de les aider à se rendre en finale de conférence, où ils perdirent en quatre parties contre Chicago. Ce furent les derniers bons moments de la franchise jusqu'à leur retour en séries en 1997.

Le séjour de Damphousse à Edmonton fut donc de très courte durée et est généralement oublié par les fans. Même si l'équipe était toujours compétitive à l'époque, les fans étaient blasés d'avoir vu autant de vedettes partir soudainement et ils ne s'étaient pas beaucoup attaché à ces nouveaux joueurs comme Damphousse. Cependant ils n'ont pas apprécié l'échange de Damphousse aux Canadiens, d'autant plus que Corson est généralement considéré comme l'un des pires capitaines de l'histoire de l'équipe (il occupa ce poste pendant à peine une saison). Au moins, le passage de Damphousse à Edmonton lui permit d'établir un record particulier alors qu'il termina premier marqueur de  trois équipes différentes lors de trois années consécutives. De plus, il améliora ses statistiques à chaque fois. Il obtint 73 points avec Toronto en 1990-91, 89 points à Edmonton en 1991-92 et ensuite 97 points à Montréal en 1992-93.


Adam Oates
60 matchs (2003-04)

Un des meilleurs passeurs de l'histoire, Adam Oates en était à ses derniers milles en 2002-03 lorsqu'il signa pour un an avec les Mighty Ducks d'Anaheim. Il les aida pourtant à se rendre en finale de la Coupe Stanley contre les Devils avec une récolte de 13 points en 21 matchs. Mais il était alors âgé de 41 ans et les Ducks déclinèrent la dernière année d'option du contrat de Oates.  Il redevint donc agent libre.  Il croyait alors sa carrière terminée et ne s’entraîna presque pas durant l'entre-saison. Après quelques semaines du début de la saison 2003-04, le directeur général Kevin Lowe passa toutefois un appel à Oates pour signer à Edmonton. Il était en manque d'un joueur de centre suite à la grève de Mike Comrie (voir texte du 15 février 2016), alors en pleine dispute contractuelle (il fut éventuellement échangé en décembre).

Oates mit du temps à se mettre en marche, ayant peu patiné auparavant et ayant raté le camp d’entraînement. Il n'obtint que 2 buts et 18 points en 60 matchs avec l'équipe. Toutefois les Oilers voyaient davantage en lui un mentor et un professeur envers les jeunes joueurs. Il aida entre autres quelques jeunes centres des Oilers comme Raffi Torres et Shawn Horcoff à s'améliorer au cercle des mises en jeu. Il se retira au dernier match de la saison alors que les Oilers ratèrent les séries de peu au dernier match seulement.

Il joua en tout pour 7 équipes de la LNH et fut intronisé au temple de la renommée en 2012.


Mentions honorables:
Geoff Courtnall (12 matchs 1987-88), Sergei Samsonov (19 matchs 2006), Petr Nedved (35 matchs 2003-04, 2006-07), Geoff Sanderson (41 matchs 2007-08), Erik Cole (63 matchs 2008-09), Mike Peca (71 matchs 2005-06), Garry Unger (75 matchs 1980-83), Petr Sykora (82 matchs 2006-07), Bernie Nicholls (95 matchs 1991-93), Mariusz Czerkawski (113 matchs 1995-97), Scott Mellanby (149 matchs 1991-93).

DÉFENSEURS

 
Reijo Ruotsalainen
16 matchs + 21 en séries (1987)
10 matchs + 22 en séries (1990)

Je n'avais que très peu d'options en défense et je ne voulais pas inclure un choix évident comme Chris Pronger car je crois que son séjour quoique court avec les Oilers, est demeuré très vif dans les souvenirs des fans, surtout ceux d'Edmonton. Je préfère plutôt parler d'un joueur cruellement oublié des années 80, le finlandais Reijo (prononcé Rexo) Ruotsalainen

Un des meilleurs patineurs de son époque, Ruotsalainen avait un style qui se comparait au grand Paul Coffey des Oilers. Choix de 6e ronde (115e au total) des Rangers en 1981, il débuta immédiatement avec l'équipe et devint leur meilleur défenseur, terminant d'ailleurs au premier rang des marqueurs de l'équipe en 1985. Cependant, il eut de la difficulté la saison suivante alors que les Rangers étaient en pleine tourmente avec leur nouvel entraineur Ted Sator. Ne voyant pas d'avenir à New York, il opta alors d'aller jouer à Berne en Suisse pour la saison 1986-87 et les Rangers refilèrent éventuellement ses droits aux Oilers dans un échange impliquant 7 joueurs. 

Alors que plusieurs défenseurs des Oilers furent blessés durant la saison (dont Paul Coffey), Glen Sather, toujours fan des joueurs finlandais, parvint à convaincre Ruotsalainen de revenir dans la LNH une fois la saison terminée en Suisse. Il fit donc partie de la troisième conquête de la Coupe Stanley des Oilers. Il obtint 13 points en 16 matchs en saison et 7 autres points durant les séries. 

Suite à ce beau retour en Amérique du nord, il avait toutefois l’œil sur les prochains Jeux Olympiques à Calgary. Il opta donc de jouer en Suède durant la saison afin de pouvoir être éligible à se joindre à l'équipe finlandaise, qui obtint éventuellement la médaille d'argent en 1988. Pendant ce temps, les Oilers décidèrent de le placer au ballottage et il fut alors réclamé par les Devils. Ruotsalainen joua une autre saison à Berne mais revint dans la LNH une fois de plus en 1989-90 avec les Devils. Espérant améliorer une fois de plus son club en vue des séries, Sather ramena Ruotsalainen à Edmonton en mars 1990 où il contribua davantage qu'en 1987. Il obtint 13 points en 22 matchs des séries et remporta une deuxième coupe Stanley, la dernière de la dynastie des Oilers. Il retourna ensuite jouer à Berne la saison suivante et prit sa retraite en 1998.

Durant son court passage (en deux parties) à Edmonton, il obtint également le surnom de ''Rental Rexi'' et il demeure toujours dans la mémoire de certains fans invétérés des Oilers. Son nom est parfois mentionné à la blague comme suggestion lorsque les Oilers ont besoin de renfort en défense (ce qui arrive souvent).


Reed Larson
10 matchs (1988)

Qui? Je vous ai dit que je n'avais pas beaucoup d'option en défense alors j'ai opté de rester dans l'obscur pour ce dernier poste de patineur et comme ça fait longtemps que j'ai envie de parler de Reed Larson et bien c'était l'occasion rêvée. Disons que c'est plus intéressant que de parler de Jaroslav Spacek...

Un des meilleurs défenseurs américains de tous les temps, Larson demeure cependant méconnu car il joua la plus grande partie de sa carrière au sein des ''Dead Wings'' de Detroit qui firent de lui leur choix de 2e ronde (22e au total) en 1976. En 10 ans à Detroit, il joua 708 matchs et obtint 188 buts et 570 points, ce qui pour un défenseur, même dans les années 80, est pas mal impressionnant. Il connut 5 saisons consécutives de 20 buts et plus et au passage il participa trois fois au match des étoiles. Il fut éventuellement échangé aux Bruins de Boston en 1986 et il y joua deux saisons suite à quoi son contrat ne fut pas renouvelé. 

Sans contrat pour la saison 1988-89, il subit un accident de voiture durant la saison morte, ce qui endommagea les nerfs dans son bras droit. Il obtint éventuellement un contrat avec les Oilers en septembre 1988 et obtint tout de même 9 points en seulement 10 matchs à Edmonton. Cependant, l'équipe décida de le laisser aller alors que son arme de prédilection, son lancer frappé de la ligne bleue, lui faisait défaut depuis son accident. De plus, il n'était pas le plus fiable défensivement. Il signa alors avec les Islanders.  Il joua une trentaine de matchs avec eux mais ils s'en départirent rapidement à leur tour, l'envoyant aux North Stars en mars 1989. 

Il tenta un autre retour la saison suivante avec les Sabres mais cette expérience ne dura qu'un match suite à quoi il s'exila en europe jusqu'à sa retraite en 1994. 


Mentions honorables:
Jiri Slegr (69 matchs 1994-96), Chris Pronger (80 matchs 2005-06), Fredrik Olausson (108 matchs 1993-96), Sheldon Souray (144 matchs 2007-10), Jaroslav Spacek (31 matchs 2006).


GARDIEN


Jacques Plante
31 matchs (1974-75)


Après avoir conclu sa carrière dans la LNH avec les Bruins de Boston après la saison 1972-73, le légendaire Jacques Plante devint le nouvel entraineur et directeur général des Nordiques de Québec dans l'AMH pour la saison 1973-74. Mais après cette seule saison où l'équipe rata les séries et où il fut réprimandé maintes fois par la direction, le malheureux ex-gardien démissionna de ses deux fonctions. Quelques jours plus tard, il annonça à la presse incrédule qu'il revenait au jeu comme gardien la saison suivante avec les Oilers d'Edmonton.

Les Oilers détenaient les droits sur Plante depuis sa retraite dans la LNH et l'annulation de son contrat comme entraîneur des Nordiques lui permit de signer officiellement avec eux. Il avait en fait planifié ce retour (dans le dos des dirigeants des Nordiques) depuis quelques mois déjà alors qu'il avait fait part de ses intentions au proprio des Oilers quelques semaines avant la fin de la saison. Il devint ainsi à 46 ans le plus vieux gardien de l'histoire du hockey professionnel et son contrat de 150 000$ fut le plus élevé de sa carrière. Il avait toujours la passion et excellait toujours à sa position, gagnant 8 de ses 9 premières parties avec les Oilers.

Cependant, s'estimant trop vieux pour les longs voyages, il obtint du proprio des Oilers le droit de jouer seulement les matchs à domicile, du moins pour la saison régulière. Pendant que ses coéquipiers étaient sur la route, il s’entraînait à Edmonton avec l'équipe junior des Oil Kings. Durant un de ces entraînements en décembre 1974, il fut atteint à la tête lors d'une collision avec un jeune joueur et il perdit connaissance. Il eut une blessure à l'oreille, ce qui affecta son équilibre par la suite. Il ne se rétablira jamais complètement de cette blessure et il ne put continuer sur sa belle lancée du début de la saison. Il joua 21 autres matchs, obtenant une fiche de 7-13-1. Il laissa d'ailleurs quelquefois sa place en plein match à cause de ses étourdissements. Il fut également blessé à la main à la fin de la saison.

Il décida toutefois de jouer une dernière saison en 1975-76, estimant que lorsqu'il est en santé, il est toujours performant. Il tomba toutefois dans les mauvaises grâces de son entraineur et de son proprio qui ne voyait plus en Plante le bon coup de publicité de l'année précédente. En plus d'avoir de plus en plus de difficulté à suivre le rythme lors du camp d’entraînement, il fut victime d'une tragédie lorsqu'il apprit que son fils Richard venait de mettre fin à ses jours à l'âge de 19 ans. Il quitta donc l'équipe pour retrouver sa famille mais revint toutefois finir le camp des Oilers la semaine suivante malgré qu'il était toujours secoué par ce deuil. Cependant, la direction des Oilers n'était pas très compatissante et Plante était de moins en moins désiré au sein de l'équipe qui avait engagé le cerbère Dave Dryden avant la saison.

Le dernier match professionnel de Plante eut lieu le 9 octobre 1975, un match hors-concours contre les Cowboys de Calgary la veille du début de la saison de l'AMH. Il y eut seulement 2000 spectateurs pour voir ce grand pionnier jouer son dernier match. Les Oilers pensèrent même à annuler ce match dû au peu d’intérêt au guichet et au fait que ce match n'avait pas grande importance. Les Cowboys refusèrent cependant. Plante joua deux périodes et alloua 3 buts sur 17 tirs. Il fut informé le lendemain qu'il n'y avait officiellement plus de place pour lui et il prit sa (troisième) retraite sans tambour ni trompette et partit vivre en Suisse avec son épouse. Il revint par la suite comme entraineur des gardiens pour plusieurs équipes dont les Flyers et le Canadien. Il mourut du cancer à Genève en 1986.


Mentions honorables:
Ilya Bryzgalov (20 matchs 2013-14), Bob Essensa (74 matchs 1996-99), Nikolai Khabibulin (117 matchs 2009-13),