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dimanche 24 juillet 2022

Une petite photo pour le plaisir #101 - Musée Pop de Trois-Rivières

Si vous vous rendez en Mauricie, il est possible de visiter le Musée Pop. En plus de la très intéressante visite de la vieille prison de Trois-Rivières (reliée au musée), vous pouvez entre autres voir l’exposition "Attache ta tuque", au sujet de la culture québécoise.

On y retrouve trois sculptures de bois (bois polychrome) de Patrick Lavallée. Une première, Souvenir d’enfance, représente Ken Dryden appuyé sur son bâton Canadien.



La deuxième, Maurice Richard, le héros, représente le Rocket avec son bâton Victoriaville.



La troisième, La soirée de hockey, évoque une rencontre Canadiens-Nordiques.



On y retrouve également des tables de hockey, de 1950, en bois et de 1954, en métal, dans un état surprenant.  La mienne est beaucoup plus récente, et pourtant...






Notez toutefois que le hockey n’est qu’une facette de l’exposition. On y retrouve aussi des volets sur la musique, le climat et plusieurs autres.

En ce moment, il est aussi possible de voir une exposition complémentaire à la visite de la prison et une autre au sujet du cirque.

Pourquoi ne pas combiner votre visite avec un match de baseball des Aigles au Stade Quillorama (auparavant Fernand-Bédard), un petit saut à l'hippodrome, juste à côté ou le Grand Prix de Trois-Rivières?  Avec les Lions de la ECHL et les Patriotes de l'UQTR (hockey U Sports), l'offre sportive dans la cité de Laviolette est variée.

jeudi 21 juillet 2022

Le masque Delbert G. Louch








J'en ai déjà fait mention à quelques reprises, j'adore faire le tour des brocantes à la recherche d'articles de hockey ; rondelles, équipements vintage, masques de gardien, etc. Et ces recherches peuvent parfois être payantes, surtout en histoire. J'ai récemment mis la main sur un exemplaire des masques fabriqué par Delbert G. Louch. Vous avez fort probablement déjà vu photo semblable, mais avec le visage de Johnny Bower derrière le masque.

C'est en 1954 que M. Louch développa la première version de ce protecteur facial transparent, dans son atelier de St-Mary's, en Ontario. Fabriqué avec deux épaisseurs de plexiglas afin d'assurer une rigidité, il en fit parvenir un exemplaire à tous les gardiens de la LNH, espérant une réponse positive et que les gardiens se mettent à l'utiliser de manière continue. Malheureusement, les critiques furent destructrices ; embue rapidement, obstrue la vue (dû aux reflets des lumières), ne protège pas assez le front, etc. 

Celui qui donna le plus de chances au masque de Louch fut Jacques Plante. Après avoir subit des fractures aux os des joues en 1954 et en 1955, Plante cherchait une façon de convenablement se couvrir le visage, sans pour autant en réduire sa visibilité et son efficacité. Plante y colla des serviettes pour le coller à son visage, et ainsi absorber les chocs et la sueur. Il coupa également un espace pour ses yeux, afin d'éviter le reflet dérangeant des spots de lumière dans les arénas, et créa le trou pour la bouche afin d'éviter au protecteur d'embuer,. C'est en partie ce masque qui emmena Plante à se faire mouler le visage pour créer son masque de fibre de verre, qu'il présenta à toute la famille de la LNH en novembre 1959. C'est d'ailleurs en 1959 que l'on vit un gardien avec ce qui pourrait être l'ancêtre du casque de ski-doo.

Portant son masque de fibre de verre (avant qu'il soit peinturé beige/blanc), tenant son masque de plexiglas modifié

C'est pourtant deux ans auparavant, en 1957 que Louch accoucha du modèle que j'ai acquis. Il était destiné autant aux gardiens de but de hockey que de crosse, pour les receveurs au baseball et aux arbitres. Le port de ce dernier se vit particulièrement dans les ligues mineures et les universités. Emile Francis, futur entraîneur des Rangers de New York, le porta pendant quelques matchs en décembre 1959, alors qu'il évoluait avec les Comets de Spokane, dans la Western Hockey League. Ayant une épaule dans une attelle suite à une blessure (en dehors de la glace on s'entend), Francis décida de porter le masque protecteur au cas où il ne pourrait relever le bras assez rapidement pour protéger son visage pour capter une rondelle. 

Joe Sellinger avec Michigan State

Emile Francis avec les Comets de Spokane

Ce nouveau modèle fut une fois de plus testé par quelques gardiens de la LNH, dont Glenn Hall et Johnny Bower (voir début de l'article) encore sans grand succès. Toutefois, Terry Sawchuck endossa le produit, ayant une mention sur les boîtes qu'il suggérait fortement à chacun de porter un masque ... sans qu'il n'est jamais porté ce masque plus d'une pratique.

Test probablement aussi efficace que de "kicker" les tires d'un char

Ce protecteur avait également une version pour les joueurs, qui ne couvrait que les yeux et le nez. Pas mal l'ancêtre de la visière que nous connaissons aujourd'hui.


Les innovations de M. Louch sont encore très méconnues aujourd'hui. Pourtant ses tentatives ont aidé à l'amélioration des équipements protecteurs que nous connaissons maintenant. D'ailleurs, la "version" de Jacques Plante se retrouve au Hockey Hall of Fame ... sans la mention de M. Louch. Né en 1903, M. Louch est décédé en mai 1990.

dimanche 17 juillet 2022

Le masque de ... Barclay Plager ??

 

Les frères, Bill, Bob et Barclay Plager





À partir de l'expansion de 1968, il était rendu assez rare de voir des gardiens qui ne portait pas le masque. La "révolution" lancé par Jacques Plante en 1959 avait fonctionnée. De toute façon, avec la constante amélioration de l'équipement et des bâtons, il était de plus en plus dangereux pour un gardien de s'aventurer sur la patinoire sans masque. Ce fut également le cas pour les joueurs, qui commençaient à se conscientiser par rapport à leur sécurité. On voyait d'ailleurs de plus en plus de joueurs porter le casque. Ce ne fut toutefois qu'en 1979 que la Ligue obligea tous leurs nouveaux joueurs à en porté un.

Lors de la saison 1970-71, Barclay Plager se fit casser le nez (certaines sources indiquent jusqu'à 5 fois (!) lors de cette saison). Afin de continuer à jouer, il décida de se protéger le visage en portant un masque de gardien.

Comme on peut remarquer, il fit modifier le masque afin que sa bouche et sa mâchoire soient libre de protection. Et, en tant que défenseur, le port du masque lui permit de continuer à se placer devant les lancers en direction de la cage des Blues.


Acquis des Rangers en 1967, Plager était le cœur et l'âme des Blues, étant un pilier de la défense de l'équipe en compagnie de son frère Bob. Il devint capitaine en 1972 jusqu'en 1976, alors qu'il fut envoyé dans les mineures avec les Blues de Kansas City. En tant que joueur-entraîneur, il aida les Blues à gagner le championnat de la Central Hockey League. Suite à une autre demi-saison dans le même rôle, cette fois avec les Golden Eagles de Salt Lake, Plager fut promu au poste d'entraîneur en chef des Blues de St-Louis. Outre la saison 1980-81 (année où son #8 fut retiré par les Blues), il resta derrière le banc de St-Louis (comme assistant ou comme entraîneur-chef) jusqu'en février 1988, alors qu'il décéda d'un cancer du cerveau.


samedi 9 juillet 2022

Les excursions LVEUP 2021-22 #14 – Le repêchage de la LNH – Centre Bell


Et voilà! Le rideau est finalement tombé sur la séance de repêchage de 2022. Le fait que les Canadiens qui détenaient le premier choix (une première depuis 1980), alors que l’événement avait lieu dans leur cour, a fait en sorte de créer un grand engouement. Tous avaient une opinion et il en a résulté de nombreuses discussions pas toujours civilisées entre des personnes qui avaient peu ou pas vu jouer les principaux protagonistes. Maintenant, rendez-vous dans 3 ou 4 ans pour avoir une opinion un peu plus informée sur la chose.

La situation a grandement aidé à mousser l’intérêt pour les billets pour assister à l’encan. Pour la première journée (jeudi soir, première ronde), il en coûtait 90$ pour les rouges, 80$ pour la section club et 40$ pour le niveau supérieur. Ces billets se sont envolé à la vitesse de l’éclair et n’ayant pas été assez rapide, j’ai dû m’en passer. Pour la deuxième journée (vendredi, rondes 2 à 7), les prix étaient de 30$ pour les rouges, 20$ pour la section club et 10$ pour les niveaux supérieurs. Je me suis dit que, même si le suspense était moins grand que pour le jeudi, voir comment le tout fonctionnait valait bien un petit 10$. Je me suis donc dirigé vers les hauteurs.

Il fut une époque où je suivais les activités de la LHJMQ de beaucoup plus près que maintenant. Aujourd’hui, je connais quelques espoirs, mais sans plus. Aussi, si le championnat mondial junior m’aide habituellement à connaître quelques noms, ce ne fut pas le cas cette année, puisqu’il a été grandement écourté. Je me suis donc imprimé les listes de la centrale de dépistage, histoire de me repérer et de comparer avec les choix des équipes.

Fébrilité avant le grand moment

À mon arrivée, il était facile de repérer les espoirs. Il suffisait de chercher les jeunes hommes en complet cravate. Plusieurs prenaient des photos avec les membres de leur famille. On sentait une fébrilité partagée. Atteindre ce niveau sans un appui indéfectible de ses proches est pratiquement impossible.

D'après vous, qui sont les espoirs parmi la foule?

Je me suis ensuite dirigé vers mon siège. Le plancher était disposé comme une classe. À l’avant, les cancres : Montréal, Arizona et Seattle. À l’arrière, les premiers de classe : Colorado, Tampa Bay, New York et Edmonton. Avant de commencer la séance, Bill Daly, le commissaire adjoint, a même pris les présences en nommant chacune des équipes par ordre alphabétique. Il ne manquait que le son de la cloche…

La photo n'est pas très bonne, mais on y voit les cancres de la classe (Montréal, Arizona et Seattle) en avant, au pied du podium

À l'arrière, les premiers de classe, de haut en bas, Colorado, Tampa Bay, New York et Edmonton

Comme à l'école, le professeur Bill Daly prend les présences


La section médias

Nos amis de TVA Sports

La foule était plus clairsemée que la veille

Contrairement à la première journée, où une tribu de personnes se rendait sur le podium à chacune des annonces pour ensuite attendre l’arrivée de l’heureux élu et de lui remettre un chandail, les autres tours se déroulent plus rondement. On fait l’annonce à partir de la table et si le joueur est présent, il peut descendre et rejoindre sa nouvelle équipe, mais pendant cette période, les sélections continuent. Si l’équipe suivante traînait, Daly l’incitait à se dépêcher. (Gary Bettman n’était pas sur le podium lors de la deuxième journée.) À certains moments, l’annonceur Michel Lacroix, qui répétait les choix, s’est même fait couper la parole. Ceci laisse donc moins de temps pour chercher parmi les listes.

Au début, on peut tout de même suivre, puisque les premiers nommés sont habituellement en haut de la liste. Mais dans un repêchage où celle-ci était plus ou moins suivie, ça devenait de plus en plus difficile de les repérer rapidement. Je me suis donc concentré sur les choix des Canadiens, des Sénateurs et ceux issus de la LHJMQ. Pour le défenseur russe choisi en cinquième ronde par les Hurricanes, désolé… D’autant que pour la deuxième journée, les noms des joueurs choisis n’étaient pas affichés sur le tableau central, mais seulement sur celui du podium, peu visible d’où j’étais. Mais pourquoi j’ai oublié mes lunettes?

Un peu difficile pour moi de lire sur le tableau du podium...


Les équipes avaient ensuite une loge pour manger et recevoir leurs nouvelles acquisitions.

À la sortie, les exaucés avaient leur nouveau chandail sur le dos, alors que les déçus n’avaient que leur veston. Certains se sont prêté à des séances de photos, que ce soit avec des parents et amis ou avec des partisans. Une multitude de navettes attendait tout ce beau monde à l'extérieur.

En route vers l'aéroport.  On espère qu'ils sont patients...

Somme toute, c’est une expérience intéressante, mais l’intérêt est encore plus grand si vous suivez le hockey junior. L’aspect humain (joie, déception, solidarité et fierté familiales) est particulier, et je suppose que j’en aurais été témoin encore plus si j’avais été assis parmi les joueurs et leurs familles.

Isiah George des Knights de London et nouvelle acquisition des Islanders qui prend un bain de foule

Faits et commentaires au sujet du repêchage

-Kent Hughes a eu l’intelligence d’éviter la controverse au sujet de l’aspect local. Il a repêché un franco-ontarien (Cédric Guindon au 4e tour) et un québécois de la LHJMQ avec sa dernière sélection (Miguel Tourigny au 7e tour). C’est peu, d’autant plus que le tricolore a choisi onze joueurs, mais c’est mieux que rien. Je n’ai jamais compris que Marc Bergevin soit tombé à quelques reprises dans ce piège à ours et dut passer du temps à se justifier au lieu de parler de ses choix, alors qu’il aurait été si simple de prendre au moins une sélection tardive pour montrer qu’on s’intéresse à la LHJMQ. S’il peut arriver que les étoiles ne s’alignent pas pour les premières rondes, pour celles qui suivent, il n’y a pas d’excuse. Je comprends aussi que les règles favorisent entre autres les joueurs universitaires, puisqu’on peut conserver leurs droits plus longtemps, mais il demeure que les probabilités que ces sélections tardives ne jouent même qu’un seul match dans la grande ligue sont de toute façon faibles. Tourigny (que je n’ai pas vu jouer) a autant de mérite que n’importe quel américain qui ne mettra peut-être jamais les pieds à Montréal. Lui donner sa chance est sain et peu coûteux, en plus de permettre d'éviter des débats philosophiques redondants.

-Parlant des espoirs de la LHJMQ, ce sont les Ducks d’Anaheim qui ont "nettoyé la place" en s’accaparant trois des quatre premiers joueurs issus de cette ligue : Nathan Gaucher, Noah Warren et Tristan Luneau.  On leur souhaite bonne chance.

-Les Sénateurs aiment beaucoup les suédois (4 choix sur 9). Les Canadiens sont plus diversifiés (deux slovaques, deux ontariens, deux albertains, un québécois, un suédois, un finlandais, un américain et un autrichien).

-La liste de la centrale est une indication, mais après un moment, elle ne tenait plus et les équipes choisissaient un peu partout, même à l’extérieur de celle-ci. Par exemple, chez les gardiens européens, quatre cerbères sur la liste (sur dix) ont été choisis, alors que sept autres ont été sélectionnés sans même y apparaître.

-Chez les patineurs nord-américains, le triste honneur du plus haut classé à ne pas être choisi appartient à Jake Livanavage, de l’Arizona. Il était classé 54e. On peut imaginer la déception. Comme il a 18 ans, il pourra se reprendre. Chez les gardiens, le troisième espoir nord-américain, le californien Dylan Silverstein et le deuxième européen, le suédois Hugo Havelid, ont également été ignorés. Ils ont aussi 18 ans. Autre preuve que la liste ne fait pas foi de tout.

-À l’inverse, les Panthers ont choisi au 93e rang Marek Alscher des Winterhawks de Portland. Selon la liste de la centrale de recrutement, il n’était que 177e et ce, seulement parmi les patineurs nord-américains. L’avenir nous dira si ce qu’ils ont vu et que la centrale n’a pas vu se transformera en or ou si ce n’était qu’une illusion.

-Toujours au sujet des gardiens, la récolte a été faible. Il a fallu attendre au 41e rang avant qu’un d’eux ne soit choisi (le finlandais Topias Leinonen, par Buffalo). Seulement deux ont été sélectionnés parmi les 100 premiers.

-Kent Hughes n'a pu être aux côtés de son fils Jack, choisi 51e rang par les Kings, puisqu'il était occupé à la table des Canadiens.  Ils se sont toutefois évidemment repris un peu plus tard dans la journée, alors qu'ils se sont fait l'accolade.

-Au quatrième tour, les Red Wings ont repêché un jeune prodige, Amadeus Lombardi.  Peut-être que lui et Ludwig Persson, le choix de troisième tour des Capitals, nous produiront éventuellement de grands classiques.

-Espérons que Cutter Gauthier, le premier choix des Flyers, est bien outillé pour accéder à la LNH.

-Le prix du choix itinérant revient au 216e, celui qui a servi à choisir Miguel Tourigny.  Il s'agit à la base du 7e choix des Blues.  Il est ensuite passé par Montréal (dans l'échange de Jake Allen), puis Philadelphie (en retour d'Erik Gustafsson.  "On n'a jamais assez de défenseurs" comme disait l'ancienne administration.), puis Arizona, avant de revenir à Montréal (en retour du 7e choix de 2021).  5 destinations dans 4 villes différentes.

-Une fois que la séance avançait, une charmante personne s’est mise à crier comme une perdue à chaque sélection, comme si elle faisait partie de la famille de tous les joueurs choisis. Comme plusieurs personnes avaient quitté, c’était plus silencieux et il était difficile de ne pas l’entendre, même en étant loin d’elle. Un peu comme un jeune bébé qui découvre qu’il entend sa voix et qui le fait sans arrêt, elle devait avoir le même niveau de maturité… On espère qu’elle a fait son dodo.