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vendredi 3 octobre 2025

Le numéro 29 chez le Canadien






Avec le décès du grand Ken Dryden le 5 septembre dernier et le tout dernier match de Marc-André Fleury samedi passé, je me suis dit que c'était un bon moment pour voir l'héritage du numéro 29 chez le Canadien de Montréal.

C'est en 1967 que le #29 est porté pour la première fois sur l'uniforme tricolore et il sera d'ailleurs presque exclusif aux gardiens de but jusqu'en 1982. C'est Rogatien Vachon qui est le premier à arborer ce numéro sur son uniforme pour la saison 1967. En 1968-69, Tony Esposito et Ernie Wakely utilisent ce numéro : Esposito pendant ses treize parties devant le filet montréalais et Wakely lors de son seul match de la saison (son deuxième et dernier dans l'uniforme du Canadien)

La saison suivante, le nouveau venu Phil Myre est celui qui hérite du numéro 29, jusqu'à l'arrivée du jeune prodige Ken Dryden. Ce dernier sera le porte étendard de ce numéro jusqu'à sa retraite à la fin de la saison 1979, suite à une (courte) carrière de 8 saisons lui permettant de mettre la main sur 6 coupes Stanley, cinq trophées Vézina ainsi qu'un trophée Conn Smythe et le Calder.

Rick Wamsley - 1980-81

Alors que personne n'utilisa le 29 la saison suivante, c'est un gardien qui aura l'honneur de reprendre le chandail numéro 29 des tablettes, alors que Rick Wamsley fut devant le filet du Canadiens pendant cinq parties, en remportant trois. L'ailier gauche Dave Orleski fut également titulaire du #29 le temps d'un match (et un autre la saison suivante). La saison suivante, c'est le numéro 1 que Wamsley arbora et ce, jusqu'à ce qu'il soit échangé par le Canadien aux Blues de St-Louis dans le cadre du repêchage de 1984, leur permettant de repêcher Shayne Corson en première ronde et Stéphane Richer au deuxième tour. 

L'édition 1981-82 du Canadien amena un nouveau gardien de but, alors que le gardien Mark Holden fut rappelé des Voyageurs de la Nouvelle-Écosse pour le mois de janvier 1982. Se faisant attribuer le numéro 29, il l'amena sur la glace à une seule occasion, alors qu'il prit la place de Denis Herron pour la troisième période d'une victoire de 6-2 contre les Flames de Calgary. Holden ne disputa que trois autres parties avec le Canadien en deux saisons, portant le numéro 32, avant d'être échangé aux Jets de Winnipeg contre Doug Soetaert.

Holden fut le dernier gardien à porter le numéro 29. Peut-être que les dirigeants du Canadien se sont dit que c'était un sacrilège de laisser un autre portier avoir le numéro d'un futur membre du Temple de la Renommée, lui qui eut son billet d'entrée en 1983. Par contre, comme le numéro était toujours en circulation, d'autres joueurs du Canadien décidèrent de le prendre. Voici la liste de ces joueurs :

John Chabot 1983-84 - Ron Flockhart 1984-85

En 1983-1984, le numéro 29 fut décerné à l'ancien des Olympiques de Hull et des Castors de Sherbrooke, John Chabot, qui disputa 56 parties avec le Canadien en tant que joueur de centre. La saison suivante, il foula la glace pendant dix parties dans l'uniforme bleu-blanc-rouge avant d'être échangé aux Penguins de Pittsburgh en retour de Ron Flockhart, un autre centre. Ce dernier termina la saison dans le poste ET dans la chandail de Chabot. Les préposés à l'équipement ont dû tout simplement arraché le nom de Chabot pour coudre le nom de Flockhart sur le chandail. Il fut transigé à la fin de la saison aux Blues de St-Louis en retour de Perry Ganchar.

Gaston Gingras 1985-1987

Repêché en 1979 par le Canadien, Gaston Gingras fit un retour en février 1985 après un exil d'un peu plus de deux ans avec les Maple Leafs de Toronto. Il resta à Montréal jusqu'en octobre 1987, étant échangé aux Blues de St-Louis. C'est déjà le 3e numéro 29 à être échangé aux Blues …

Gilles Thibaudeau 1987-1989

Signé par le Canadien alors qu'il jouait Junior B à St-Jérôme, Gilles Thibaudeau passa les saisons 1986-87 et 1987-88 principalement à Sherbrooke, mais il fut rappelé et put jouer au total 26 matchs avec le grand club. Alors qu'il portait le numéro 28 à ses premiers matchs à Montréal, il réquisitionna le 29 suite au départ de Gingras. Il resta dans la métropole en 1988-89 mais ne fut utilisé que pendant 32 matchs. Il fut libéré à la fin de la saison et se retrouva avec les Islanders de New York.

Patrick Lebeau 1991 - Jesse Bélanger 1992-93

Repêché en 1989 par le Canadien, Patrick Lebeau formait avec les Canadiens de Fredericton un trio assez redoutable avec Gilbert Dionne et Jesse Bélanger. Il était donc permis de tout espérer du jeune frère de Stéphan. Il ne joua cependant que deux match avec le Canadien en 1991. Après un passage avec l'organisation des Flames et avec les Panthers, Patrick prit le chemin de l'Europe où il connut un peu plus de succès qu'en Amérique. Pour sa part, Bélanger arriva à Fredericton en même temps que Lebeau, mais ne joua avec le grand club pour la première fois qu'en 1991-92. Il fit parti de l'équipe championne de 1993, disputant même 9 matchs en série, inscrivant un point. Les Panthers de la Floride le sélectionnèrent au repêchage d'expansion et revint avec le Canadien en 1999-2000, mais cette fois avec le numéro 40.

Yves Racine 1995-1996

L'ancien des Tigres de Victoriaville arriva à Montréal en provenance de Philadelphie en retour de Kevin Haller en juin 1994. Mais à cause du lock-out, il ne disputa ses premiers matchs avec Montréal qu'en janvier 1995. Il débuta la saison suivante avec le CH avant d'être soumis au ballotage et réclamé par les Sharks en janvier 1996.

Brett Clark 1997-1999

Repêché en 6e ronde par le Canadiens en 1996, Brett Clark disputa une saison avec l'équipe nationale canadienne avant de faire ses débuts avec le club dès la saison suivante, disputant 102 matchs avec le Bleu-blanc-rouge avant d'être réclamé par les Thrashers d'Atlanta au repêchage d'expansion de 1999. Ça fait trois numéro 29 de suite qui se font réclamé par une autre équipe …

Jim Cummins 1999-2000

Le Canadien fit l'acquisition du dur à cuire Jim Cummins au repêchage de 1999 contre un choix de 6e ronde. Il ne fit pas vraiment de flammèche au sein de l'édition du nouveau millénaire. Je me rappelle surtout de lui car lors d'un match en janvier 2000, le CH avait joué contre les Rangers au Centre Molson, dans un match "spécial Original 6" et les deux équipes avec leur chandail foncé. Mais comme les casques étaient bleus dans les deux cas, les arbitres avaient demandé aux joueurs du Canadiens de mettre leurs casques blanc après la première période. C'était laid rare, ils avaient l'air d'une bande de Calimero.

Darryl Shannon 2000

Si vous avez oublié le passage de Shannon avec le Canadien, vous n'êtes pas seul. Surtout connu pour avoir joué avec son frère Darrin avec les Jets de Winnipeg dans les années 90, Shannon s'emmena avec le Tricolore au début de la saison 2000-01. Il ne disputa que 7 matchs anonyme à Montréal et 4 avec les Citadelles de Québec dans la Ligue Américaine. Il fut libéré par le CH et s'envola vers l'Allemagne.

Gino Odjick 2000-2002

Le dernier joueur du Canadien à avoir utilisé le numéro 29 fut le sympathique et regretté Gino Odjick. En fin de carrière, il fut acquis par le Canadien en décembre 2000 en retour entre autre de P.J. Stock. Il fit de son mieux pour s'acquitter de sa tâche d'homme fort, mais le poids des années commençait à se faire ressentir et il ne semblait pas être le préféré de Michel Therrien. Après une saison et demie à Montréal et quelques matchs avec les Citadelles à Québec, Odjick prit une retraite bien mérité. 

Tout comme le numéro 29 d'ailleurs, qui fut finalement retiré par le Canadien en janvier 2007. Utilisé sur 40 ans, le numéro 29 fit parti de 10 équipes championne, dont 6 sur le dos de Ken Dryden.

Ken Dryden, 1947-2025

vendredi 20 septembre 2024

Les grands voyageurs #15 - Greg Koehler




Comme toujours lors des chapitres de la série «Les Grands Voyageurs», chaque club professionnel où le joueur a joué un match est compté entre parenthèses.

 


 

Greg Koehler est né le 27 février 1975 à Scarborough. Lorsqu'il était âgé de 13 ans et capitaine de son club pee-wee, Ken Dryden en fit le sujet principal d'un épisode de sa série documentaire «Home Game», qui fut diffusée en 1989. On y voit un jeune Koehler et son équipe en préparation pour le tournoi Pee-Wee de Québec et les défis que tout cela représente pour lui et sa famille. La série fut ensuite adapté en un livre du même nom.

Après cette saison, Koehler (qui jouait au centre) semblait avoir plafonné et était désormais dépassé par les autres au niveau talent, taille et poids. Le capitaine fut donc retranché de son club. Il abandonna alors temporairement le hockey mais fut plus tard convaincu de revenir avec un club de Niagara Falls, avec qui il retrouva sa touche et connut une poussée de croissance. Il évolua ensuite pour divers clubs junior A avant d'être recruté par l'Université Lowell-UMass, avec qui il remporta le titre de recrue de la saison 1996-97 dans sa division (Hockey East).

Son bon rendement avec Lowell-UMass incita les Hurricanes de la Caroline à lui offrir un contrat. Il débuta donc son parcours professionnel en 1998-99 avec les clubs-école des Hurricanes, dans la AHL avec le Beast de New Haven (1) et dans la ECHL avec les Everblades de la Floride (2). 

Les Hurricanes changèrent de club-école principal en 1999-2000 et Koehler changea donc de ligue et d'équipe avec les Cyclones de Cincinnati (3) dans la défunte IHL. Après une première saison timide là-bas (12 buts 13 passes) passée exclusivement sur le troisième trio, il se disputa avec son coach sur son temps de jeu et déclara qu'il était capable de marquer 30 buts dans cette ligue. Le coach écouta et c'est ce qu'il fit la saison suivante (2000-01) alors qu'il connut sa meilleure saison professionnelle à vie avec 35 buts et 36 passes pour 71 points. 

Mais durant cette même saison 2000-01, il allait marquer l'histoire du hockey à tout jamais...

Vers la fin décembre 2000, Rod Brind'Amour se blessa. N'ayant que très peu de relève au centre, les Hurricanes (4) rappelèrent Koehler qui put faire ses débuts dans la LNH le 29 décembre 2000 lors d'un match contre les Blue Jackets. Vers la fin de la première période, son trio fut appelé à prendre le relais et Koehler put enfin mettre les patins sur la glace et devenir un joueur de la LNH. Cependant, au même moment, le capitaine Ron Francis se fit accrocher par Steve Heinze des Blue Jackets. Francis s'écroula contre la bande et le sifflet retentit, signifiant le début d'une pénalité et la fin du shift de Koehler, qui n'aura duré que 4 secondes.

Le reste du match fut ponctué de multiples autres pénalités (56 minutes au total durant la partie). Tirant déjà de l'arrière 1-0 après cette première période, l'entraîneur Paul Maurice préféra ne plus utiliser le 4e trio de Koehler. N'évoluant aucunement sur les unités spéciales des Hurricanes, Koehler ne fit donc plus aucune présence, ni durant ce match ni aucun autre dans la LNH. Il participa aux échauffements de deux autres parties, mais ne fut plus jamais rappelé par les Hurricanes, et il termina la saison à Cincinnati. 

Sa carrière dans la LNH se résuma donc à ce simple 4 secondes contre les Blue Jackets, ce qui demeure un record jusqu'à ce jour. 

Quand on utilise l'expression «juste le temps d'une tasse de café» ou «a cup of coffee in the big leagues», et bien dans le cas de Koehler on peut plutôt parler d'une petite gorgée de café...

Ce «record» est cependant à prendre avec des pincettes. La ligue ne tient ces statistiques de temps passé sur la glace que depuis 1997 et même au départ il y avait des erreurs fréquentes, car Koehler est plutôt listé à 46 secondes sur le site de la LNH, ce qui serait tout de même près du record, soit au troisième rang. Il n'y a en fait que 4 joueurs (incluant Koehler), depuis qu'on compile ces statistiques, qui ont joué moins d'une minute dans la LNH.

Les voici pour vous:
Jeff Libby (Islanders 97-98): 43 secondes
Tim Ramholt (Flames 07-08): 45 secondes
*Greg Koehler (Hurricanes 01-02): 46 secondes
(mais 4)
* Cameron Butler (Blue Jackets 23-24): 54 secondes
(toujours actif donc possible d'améliorer)

Il est donc toujours techniquement possible qu'en 1931, un joueur nommé Joe Schlomo des Falcons de Détroit ait sauté sur la glace pendant une seconde avant de se fouler la cheville et disparaître à jamais dans le néant. Mais ça, on le saura jamais...

Mais Koehler lui-même a officialisé au site The Athletic qu'il n'a effectivement joué qu'un seul shift de 4 secondes. Lui et les journalistes de l'époque s'entendent pour confirmer ce fait et que probablement que les marqueurs de temps ont simplement confondu Koehler avec un autre joueur, ce qui arrivait apparemment assez souvent à l'époque. De nos jours, avec les joueurs ayant pratiquement des puces implantées dans le bras et des codes QR tatoués sur les fesses, on imagine qu'on est davantage précis...

Koehler mentionne également n'en vouloir à personne, qu'il a simplement été malchanceux et qu'il a adoré sa carrière malgré tout, et que ce seul shift dans la LNH a été magique. Il a réussi à se rendre à la LNH, ce qui représentait en quelque sorte un «F... You» à ces anciens coachs Pee-wee pour l'avoir retranché. Il a aussi pu grandement profiter de ce contrat offert par les Hurricanes, utilisant entre autres une partie de son bonus de signature de 650,000$ pour payer la maison de ses parents.

Koehler reprit donc son chemin dans les mineures. Il passa une autre saison dans l'organisation des Hurricanes, cette fois-ci avec les Lock Monsters de Lowell (5), où il fit en quelque sorte un retour au bercail de ses années universitaires. Ses droits furent cependant échangés aux Flyers en février 2002 (contre Jesse Boulerice si vous vous rappelez de lui). Il termina donc la saison 2001-02 avec les Phantoms de Philadelphie (6) dans la AHL. 

Il se retrouva en 2002-03 dans l'organisation des Predators de Nashville et fut même rappelé en renfort par ces derniers. Il participa à un échauffement d'avant-match, mais fut finalement rayé de la formation et retourné dans les mineures avec les Admirals de Milwaukee (7). Il fut ensuite échangé aux Kings de Los Angeles, et termina la saison avec les Monarchs de Manchester (8).

Dans tout ça, le comble de l'histoire est le fait que Koehler a eu quand même droit à quelques cartes de hockey, non pas pour son seul «match» dans la LNH avec les Hurricanes, mais plutôt lors de ce passage encore plus court à Nashville comme réserviste...

«Top Shelf» dans le sens qu'il était «sur la tablette»?

«Nashville» mais avec son chandail des Hurricanes.

Une carte avec un morceau de son chandail lors de l'échauffement...
Même pas eu le temps de mettre du tape sur son bâton.

Le gars a plus de cartes que de matchs joués...
 

Désormais sans contrat avec une organisation de la LNH, il débuta véritablement un parcours encore plus nomade. Il joua pour 4 clubs en 2003-04, et ce dans un ordre que j'ignore. Il joua 37 matchs pour les Jackals d'Elmira (9) dans la UHL (United Hockey League), 2 matchs dans la AHL avec le Crunch de Syracuse (10), 12 matchs avec le Rampage de San Antonio (11) et finalement un retour avec les Monarchs de Manchester pour la fin de la saison et les séries 2004.

Il retourna avec les Jackals d'Elmira en 2004-05 mais termina la saison avec le Frostbite d'Adirondack (12), toujours dans la UHL. 

En 2005-06, ce fut un début de saison avec le Frostbite mais aussi un aller-retour de 8 matchs en Italie avec le Milan HC (13).

En 2006-07, ce fut une autre saison dans la UHL partagée entre deux nouveaux clubs, soit les Hounds de Chicago (14) et le PrairieThunder (wtf) de Bloomington (15). Note à moi-même, me renseigner sur ces derniers...

Toutefois, le poids des années et de la route avait laissé ses traces et il décida de prendre sa retraite après cette saison 2006-07.

Il habite désormais la région de Toronto et travaille comme mécanicien, passant une bonne partie de ses loisirs dans un chalet qu'il a acheté avec son contrat des Hurricanes. Il a deux enfants dont une fille qui a été choisie une fois pour chanter l'hymne national avant un match entre les Maple Leafs et... les Hurricanes.

C'était donc l'histoire de Greg Koehler, pas le plus grand des voyageurs comme David Ling ou Trevor Jobe (sérieux allez lire ces texte) mais il aura quand même joué pour 15 clubs professionnels en seulement 10 saisons. Et c'est toujours sans compter les organisations de la LNH pour qui il n'a pas joué de match régulier, dans ce cas-ci il faudrait en inclure 3 autres (Predators, Flyers et Kings)...

Sources:
The shortest career in NHL history? 1 shift. 4 seconds. 0 regrets, The Athletic, 8 novembre 2023

dimanche 24 juillet 2022

Une petite photo pour le plaisir #101 - Musée Pop de Trois-Rivières

Si vous vous rendez en Mauricie, il est possible de visiter le Musée Pop. En plus de la très intéressante visite de la vieille prison de Trois-Rivières (reliée au musée), vous pouvez entre autres voir l’exposition "Attache ta tuque", au sujet de la culture québécoise.

On y retrouve trois sculptures de bois (bois polychrome) de Patrick Lavallée. Une première, Souvenir d’enfance, représente Ken Dryden appuyé sur son bâton Canadien.



La deuxième, Maurice Richard, le héros, représente le Rocket avec son bâton Victoriaville.



La troisième, La soirée de hockey, évoque une rencontre Canadiens-Nordiques.



On y retrouve également des tables de hockey, de 1950, en bois et de 1954, en métal, dans un état surprenant.  La mienne est beaucoup plus récente, et pourtant...






Notez toutefois que le hockey n’est qu’une facette de l’exposition. On y retrouve aussi des volets sur la musique, le climat et plusieurs autres.

En ce moment, il est aussi possible de voir une exposition complémentaire à la visite de la prison et une autre au sujet du cirque.

Pourquoi ne pas combiner votre visite avec un match de baseball des Aigles au Stade Quillorama (auparavant Fernand-Bédard), un petit saut à l'hippodrome, juste à côté ou le Grand Prix de Trois-Rivières?  Avec les Lions de la ECHL et les Patriotes de l'UQTR (hockey U Sports), l'offre sportive dans la cité de Laviolette est variée.

samedi 28 août 2021

The Game (ou L'enjeu ou Le match) de Ken Dryden



Il y a parfois des incontournables que, pour une raison tout à fait inexplicable, on finit par contourner.

J’ai une grande admiration pour Ken Dryden, qui a un parcours qui sort du lot et qui a toujours fait les choses à sa manière. Que ce soit en prenant le chemin universitaire (chose rarissime dans les années 1960 pour un joueur qui aspirait à une carrière dans la LNH), en refusant le contrat qu’on voulait lui imposer pour plutôt aller terminer son droit en 1973, en prenant sa retraite très tôt pour se consacrer à son après-carrière et j’en passe, Dryden a mené sa carrière comme lui l’entendait.

J’ai aussi lu de nombreux livres au sujet du hockey, et il s’adonne que Dryden en a écrit un des plus renommés. Lorsqu’en 2002, le Sports Illustrated a dressé son top 100 des meilleurs livres de sport de tous les temps, The Game (traduit en français par L’enjeu ou Le match, dépendamment des éditions) s’est classé neuvième (et premier pour le hockey). Sorti en 1983, il a fait l’objet de nombreuses rééditions et est toujours disponible.  

J’avais donc toutes les raisons du monde pour le lire et pourtant, jusqu’à récemment, je ne l’avais pas fait.

Le cœur du livre est le suivant : au cours de la saison 1978-79, n’étant pourtant âgé que de 31 ans, jouant pour les triples champions de la Coupe Stanley et ayant remporté le Trophée Vézina au cours de ces trois mêmes années, Dryden songe pourtant à la retraite. À partir de ce moment, on l’accompagne dans sa réflexion, lors de sa décision, ainsi que dans son quotidien, autant sur la glace, hors glace que dans sa vie personnelle. L’intellectuel qu’est Dryden ne se contente évidemment pas de décrire la situation. Il y va de son analyse et de sa vision des choses.

On le voit entre autres pleinement conscient des sacrifices que ses choix professionnels imposent à son épouse et ses enfants et discuter de ces partisans qui sont si souvent à l'entrée du Forum pour les solliciter que les joueurs viennent à les connaître.

Dans la chambre, il consacre plusieurs paragraphes (dispersés dans le livre) à décrire ses coéquipiers, sans condescendance mais sans complaisance. Les innombrables tours pendables de Pointu (Guy Lapointe). Le tempérament fougueux de Mario Tremblay.  Réjean Houle, à la fois cible de nombreux quolibets, mais aussi tellement appréciatif de la chance qu’il avait, lui qui venait d’un milieu modeste. Larry Robinson, le géant qui préférait jouer autrement que physiquement pour exprimer son talent. Bob Gainey, le valeureux guerrier au talent malgré tout limité (en attaque du moins). Le talent extraordinaire de Lafleur. De toute évidence, Dryden avait des atomes crochus avec Doug Risebrough, qu’il décrit comme une personne foncièrement bonne. Peut-être un peu moins avec Steve Shutt, qu’on perçoit comme un peu puéril, faisant des blagues qu’il semblait le seul à trouver drôle. Dryden a aussi pris le temps de s’attarder au travail sans relâche, important mais dans l’ombre, du préposé à l’équipement Eddy Palchak.

Cette équipe était bien consciente de son excellence. Dryden y va de réflexions au sujet de matchs où, devant des adversaires beaucoup plus faibles, même une victoire apportait des frustrations si la performance était jugée trop ordinaire. Il y va aussi d’analyses qui peuvent presque paraître arrogantes de certains adversaires, entre autres les Flyers et les Leafs, l’équipe de son enfance.

D’ailleurs à un moment où on mentionne souvent que les joueurs ne veulent plus jouer à Montréal à cause de la pression étouffante, malgré que les Canadiens n’aient pas gagné la Coupe depuis près de 30 ans, il est surprenant de constater qu’à cette époque, pourtant dominante, l’équipe ressentait aussi une telle pression. La victoire semblait un acquis. Dryden, le meilleur gardien de la ligue, se faisait régulièrement crier "On veut Larocque!" après un mauvais but. Au début de sa carrière, il sentait qu’il pouvait faire une différence et faire gagner l’équipe. À la fin, il voyait plutôt son rôle comme étant de veiller à ne pas la faire perdre. Une défaite sur la route contre les Islanders, une équipe en pleine progression, n’aurait pas dû être perçue comme déshonorante. Pourtant, lorsqu’elle se produit, on sent que c’est la fin du monde.

Voyant les troupes vieillir et n’envisageant pas comment elles pourraient maintenir la cadence (et encore moins l’augmenter) pour répondre à ces attentes considérables, il a préféré passer à autre chose, non sans ajouter une quatrième Coupe Stanley consécutive et un autre Trophée Vézina (partagé avec Michel Larocque) à la fin de la saison.  Jamais Dryden n’emploie de tels mots, mais en lisant ceci, j’ai eu l’impression qu’en traversant une ligne, l’exigence d’un public devient de l’ingratitude, ligne qu’a allègrement franchi le très gâté public montréalais (15 Coupes en 24 ans). Exigence qui, à mes yeux, a éventuellement aussi coûté cher aux Alouettes et aux Expos.

Sur une base plus macro, Dryden réfléchit au sujet de la violence dans le hockey, de l’influence des Soviétiques et de l’importance du hockey dans la culture canadienne. Il s’attarde aussi à la tentative ratée d’américanisation du hockey, avec les expansions à tous crins des années 1970, qui culmine avec l’échec médiatique de la Coupe du défi.

Dryden démontre également que pendant ses années à Montréal, ville qu’il a appréciée, il n’a pas vécu dans une bulle. Considérant le Montréal anglophone petit et restreint, il se devait d’embrasser la ville au complet, côté franco inclus. Politiquement en ébullition, il a vu le déroulement des années 1970 au Québec. On sent qu’il comprend ce qui s’y passe et qu’il s’y intéresse. Il parle du rôle identitaire des Canadiens au Québec, de la dynamique franco/anglo de la chambre et de la montée du Parti québécois.

Il mentionne aussi son passage à l’émission de Lise Payette, Appelez-moi Lise, en 1972, où il a angoissé, croyant que son français n’était pas assez bon (comme c’est souvent le cas chez les anglophones). Bien sûr qu’il n’a pas la même éloquence en français qu’en anglais, mais il demeure qu’on lui a parlé positivement de cette entrevue pendant des années.

Lors de la réédition de 2003, vingt ans après sa sortie, un chapitre a été ajouté où il couvre la fin de la domination des Canadiens, le rôle croissant de l’argent et l’impact qu’a eu Wayne Gretzky. Il fait également l’inventaire de tous ses anciens coéquipiers qui occupaient des postes dans la LNH incluant, à sa grande surprise, Steve Shutt, qui a été assistant-entraîneur.

À noter que la traduction a été refaite en 2008, puisque celle-ci n'était pas à la hauteur aux yeux de Dryden, et confirmé par mon collègue Kirk McLean.  Donc, à garder en tête si vous magasinez du côté des livres d'occasion.

Il s’agit donc d’un livre qui ratisse large, réfléchi, franc, écrit dans un style assez littéraire et qui offre un accès privilégié à tout ce qui touche de près ou de loin au hockey. Le fait qu’il se passe au sein des Canadiens ajoute bien sûr à l’intérêt, puisque les références nous sont plus familières, autant au niveau sportif que sociologique.

À lire donc, si ce n’est pas encore fait.

Source :

Dryden, Ken, The Game, HarperCollins, Toronto, 1983 (réédition de 2013),

"The Top 100 Sports Books of All Time" de Pete McEntegart, L. Jon Wertheim, Gene Menez et Mark Bechtel, December 16, 2002, Sports Illustrated (sportsillustrated.cnn.com).

mardi 17 août 2021

Le masque méconnu de Ken Dryden





J'avais déjà fait un article sur les masques que Ken Dryden avait utilisé dans sa carrière. Ce fut, en quelque sorte, la genèse à cette série de masques méconnus. Depuis l'article original, j'ai trouvé des réponses à mes précédentes questions, en plus de trouver un autre masque porté par le grand #29, qui est vraiment un masque très méconnu.

Tout d'abord, débutons avec la correction de certains faits du premier article. Le masque que Dryden arbore sur la couverture du magazine "Goal" dans mon article précédent est le résultat d'un montage. Aucune idée à savoir si ça a réellement été fait pour l'édition des "Rangers" (et dans ce cas, pourquoi ??) ou si c'est un montage "moderne", mais c'est tiré de la couverture officielle. Je dois avouer qu'à l'époque, je trouvais aussi que ça semblait être un montage, mais je me suis fait avoir …

Vraie version à gauche, version modifiée à droite

Comme mentionné dans mon article original, il gardait comme roue de secours ce masque qu'il a reçu lors de la saison 1975-76. . Il a tout de même eu à l'utiliser dans au moins un match officiel. Ce fut lors d'un match à Washington contre les Capitals, en 1976.

Lors du premier affrontement dans la LNH entre les frères Dryden, Ken portait un masque Fibrosport contrairement à son masque "style pretzel". J'avais supposé que c'était soit le masque de Phil Myre ou un nouveau masque que Dryden ne portait que très peu. J'avais sensiblement raison, alors que c'était le nouveau masque de Dryden qu'il n'utilisait qu'en pratique. Cependant, ce soir-là le 20 mars 1971, Dryden débuta le match au bout du banc, regardant Rogatien Vachon affronter les tirs des Sabres. Vers la moitié de la 2e période, Vachon fut blessé et Dryden fut envoyé dans la mêlée. Son masque habituel étant resté au vestiaire, Dryden utilisa son masque de pratique qui était près du banc. À ce moment, l'entraîneur des Sabres, Punch Imlach envoya Dave Dryden en remplacement de Joe Daley pour que les deux frères puissent s'affronter. Les Canadiens remportèrent le match 5-2, Ken accordant 2 buts et Dave 3.

Le combo que son frère lui fit parvenir fut également utilisé dans un match officiel, le jeudi 23 janvier 1979, une victoire de 6 à 3 contre les Blues à St-Louis. Malheureusement, la partie ne fut pas télévisé et aucune image "officielle" ne semble exister. 


Ce qui m'a encore une fois surpris, et qui semble aussi méconnu aux yeux de plusieurs experts, c'est de voir qu'un autre prototype lui avait été fourni, mais cette fois avec une cage avec les tiges droites. Un casque plus court que le précédent, peut-être à sa demande, afin de s'approcher de son masque iconique.

Cette fois, il semble ne jamais l'avoir utilisé lors d'un match, uniquement lors des entraînements. Sachant qu'il prendrait fort probablement sa retraite au terme de la saison, il ne voulait pas faire ce changement si près de la fin de sa carrière. Peut-être que ça aurait inspiré plus de gardiens à faire le changement vers les masques modernes plus rapidement si un carrière étoile comme Dryden l'avait adopté à ce moment. On ne saura jamais.

J'aurai voulu une photo de meilleure qualité …

dimanche 10 janvier 2021

Une vidéo pour le plaisir #4 - La coupe Stanley - Un siècle de moments magique (1893-1993)



 




Je suis dernièrement tombé sur le vidéo Youtube d'un VHS que j'avais plus jeune, "The Stanley Cup - A Century Of Magic Moments (1893-1993)". J'ai regardé cette cassette (en version française) en boucle, assis devant ma télé, alors que ma passion pour le hockey était encore relativement jeune. Animé par Ken Dryden, cette cassette m'a permis d'en apprendre beaucoup sur les moments et sur les joueurs qui ont marqués les 100 ans de la coupe Stanley.

J'ai donc replongé dans mes souvenirs en regardant la version anglaise et je me permets de laisser mes commentaires en "temps réel".
 

 
0:26 - "We want the Cup" ... Désolé cher fan des North Stars, ça n'arrivera pas

0:28 - La fameuse barbe de Lanny McDonald

0:35 - Bel arrêt de Ron Hextall au dépend de Craig McTavish

1:06 - Bill Murray ?? 

3:38 - Pauvre lui, y'a l'air déprimé

4:27 - The "Dominion Hockey Challenge Cup" … Ouais, la coupe Stanley, ça sonne mieux

4:49 - Les Silver Seven d'Ottawa … 10 défenses victorieuse de la coupe entre 1903 et 1906 !

6:19 - Ben câline … je croyais que ce n'était que Ken Dryden qui faisait ça

6:39 - Le magnifique chandail des Metropolitans de Seattle, première équipe américaine à remporter la coupe Stanley

7:18 - Belle collection de chandails

9:49 - Parlant de chandails, voici celui du premier match des étoiles 

11:08 - Bobby Orr qui se bat comme une fillette

11:54 - Une foule impensable en 2020-21

12:15 - Beau clin d'œil Bobby

12:47 - LA gaffe de Steve Smith …

13:46 - … et son sourire le plus satisfait

15:02 - La Punch Line. Avec Rocket Richard qui enfile le plus beau chandail blanc du Canadiens

16:31 - Boom-boom qui se fait flatter les cheveux

16:34 - Il y a un enfant qui s'est déguisé en adulte à la droite de l'écran

16:38 - Pourquoi dévisser le haut ? Ça libère le frigidaire avec le champagne dans la partie basse de la coupe ?

17:00 - "Je n'ai jamais vérifié si mon nom est sur la coupe … il doit y être !" Effectivement Henri, 11 fois.

17:35 - Le Canadien qui bats les Bruins à répétition … je ne m'en lasserai jamais.

18:01 - Pratiquement un "coup de la corde à linge" de Lambert à Tremblay

18:17 - Don Cherry mesdames et messieurs !

18:33 - C'est une punition ça ! … Oubliez ça, il a marqué.

18:46 - Cet arrêt de Roy m'a toujours impressionné

18:53 - Le but le plus rapide en prolongation en finale de la coupe Stanley

19:50 - C'est pas supposé porter malheur ça ?

20:35 - Le "mullet" de Barry Melrose

21:50 - Ça, c'est littéralement un but NHL 94

22:40 - Ça fait du bien de voir une foule en liesse au Centre Bell Centre Molson Forum de Montréal

22:51 - "Kin … il ne fonctionne plus. Criss le a dompe !"

23:04 - La toute première coupe donnée par Bettman

23:13 - Beau geste de Carbo de laissé la coupe à Denis Savard

23:47 - À l'époque de TVA Sports, c'est encore à la radio qu'on écoute les matchs

25:23 - J'ai beau ne pas aimer les Leafs, j'adore ce chandail

26:41 - Le triste destin de Bill Barilko

27:18 - Punch Imlach

27:45 - Une puck dans les burnes

28:10 - Une puck dans la face

28:16 - Les partisans des Leafs attendent encore de revoir ce moment

31:35 - Le kid capote, les Islanders deviennent une dynastie !!

32:02 - Butch Goring .. un look de viking et un casque affreux.

32:46 - Ça joue rough devant le filet de Billy Smith

32:54 - TIMBER !!

33:38 - "The island is sinking" ... Ce fut le début des années des Oilers 

33:52 - J'ai cette image dans la tête depuis mes 8 ans, sans farce

36:22 - Je passerais des heures devant cette vitrine

37:21 - Tout un arrêt …

37:30 - … et celui là aussi

42:02 - Quelqu'un sait pourquoi Joe Mullen portait un protège-cou qui ressemble à un collet cervical ?

43:44 - Inscription lettre par lettre … bon dieu que ça doit être long

46:39 - Howe qui est "à ça" d'égorger un jeune Gretzky

47:39 - Mal de dos !

47:46 - J'ai encore de la difficulté à concevoir que Bourque ce soit fait déculotté comme ça

49:53 - The Flying Goal 

51:06 - Wow !

vendredi 10 novembre 2017

Une petite photo pour le plaisir #71 - Le Gardien de but









Si vous allez à la Place Montréal Trust (quadrilatère Ste-Catherine, McGill College, Maisonneuve et Mansfield) à Montréal, au niveau métro, vous pourrez voir la sculpture « Le Gardien de but ».  Il s’agit d’un bronze moulé de l’artiste Robin Bell, qui représente Ken Dryden grandeur nature dans sa pose caractéristique, le menton sur le bout de son bâton.  D’une hauteur de 196 centimètres et d’un poids de 400 kilos, l’œuvre en impose.
 
Elle avait d’abord été commandée par Immeubles Cambridge pour la Place Vertu, mais depuis août 2011, on la trouve à la Place Montréal Trust, une autre propriété d’Ivanhoé Cambridge.
 
On retrouve sa représentation sur le trophée Ken Dryden, remis au meilleur espoir chez les gardiens de but dans la Ligue midget AAA.
 
 
 
 

mercredi 29 mars 2017

Les masques de Ken Dryden








Je m'amusais cette semaine à regarder des photos de masques vintage. J'ai bien sur vu plusieurs photographies des masques iconiques de Ken Dryden.


Dryden commença à porter le premier masque à partir de sa carrière universitaire avec le Big Red de l'Université de Cornell, dans l'État de New York, parce que le port du masque était obligatoire dans les rangs universitaire. Il continua de le porter lors de sa seule saison avec les Voyageurs de Montréal de la AHL et au début de sa carrière avec le Canadiens.

Dryden rata la saison 1973-74 à la suite d'une mésentente contractuelle. C'est lors de son retour à l'automne 1974 que le #29 reçut son nouveau masque de fibre de verre. Il avait pour son dire que le design sur son masque se devait d'être simple, afin d'être vu par les spectateurs dans les plus hauts gradins. C'est pourquoi il fit peindre une version agrandie et simple du logo du Canadiens... qui ressemblait surtout à une cible .. Bref !

Je croyais que Dryden n'avait pas porté d'autres protecteurs facial jusqu'à sa retraite à la fin des séries 1979. D'ailleurs, plusieurs photos disponibles sur internet démontrent l'usure de son masque "cible" ; la peinture écaillée, le menton craqué, etc. Puis, j'ai trouvé la photo suivante :


Dryden, avec une autre version de son masque cible ?? Je me suis tout d'abord dit que ce devait être un montage, genre la tête de Mike Liut découpé sur le corps de Dryden avec le masque repeinturé. Mais en cherchant bien, j'ai trouvé cette autre photo :


Cette photo a été prise au "Hockey Hall of Fame" de Toronto. Derrière Dryden, on reconnaît son premier masque (en bas à droite) et à la gauche de sa tête, juste à côté du masque de Gilles Gratton, on distingue très bien le masque de la couverture du magazine Goal (Magazine officiel de la LNH de 1972 à environ 1994). Ce masque, Dryden a commencé à le porter à partir de 1976, lors des entraînements. Ce devait être, en quelque sorte, son masque de secours, au cas où le premier casserait ou qu'une attache se briserait. Il est difficile de savoir si c'est le cas ici, étant donné qu'à l'époque où les réseaux sociaux n'existaient pas, ces changements mineurs étaient moins répandus au public. Contrairement à aujourd'hui, alors que l'on peut savoir si Carey Price change de caleçon entre les périodes.


Intrigué par cette "découverte", j'ai fait des recherches que sur des images de Ken Dryden. J'ai alors remarqué cette photo, datant du 20 mars 1971, alors que Ken affrontait son frère Dave pour la première fois dans la grande ligue.

 
Vous remarquez le masque que Dryden (Ken, pas Dave) porte sur sa tête ? Pas du tout ressemblant à son masque de broche ! Dans ce cas, j'y vais totalement de supposition, n'ayant pas trouvé de réponse claire. Première supposition : Dryden reçut un nouveau masque à son arrivée avec le CH et qu'après un essai de 1-2 matchs il ait décidé de revenir à son masque original. Deuxième supposition : son masque de broche avait besoin de réparation suite à un lancer et son coéquipier Phil Myre lui prêta son masque.

 

Dave Dryden restera éternellement moins connu que son illustre petit frère. Pourtant, sa carrière dans la LNH s'étala de 1961 à 1980, en passant par l'AMH (avec les Rangers, les Blackhawks, les Sabres, les Cougars de Chicago et les Oilers). Si Jacques Plante a été l'inventeur du masque de gardien, Dave Dryden est celui qui inventa la version contemporaine. Tanné de se faire sonner les cloches suite à un lancer (on dira ce qu'on voudra, les masques des années 1960-70 protégeait surtout contre les coupures), Dave décida au milieu des années '70 d'essayer le casque de joueur, comme Vladislav Tretiak. Déplorant que le rembourrage se trouve surtout sur le dessus du casque (parfait si on reçoit une brique sur la tête !!), Dave se moula un masque de fibre de verre qui recouvrait aussi le côté du visage, ainsi qu'une section pour le derrière de la tête. Il découpa ensuite un espace dans le visage afin d'y incorpora la grille qui était sur le casque de joueur. Il fit produire le masque et quelques gardiens l'adoptèrent rapidement. Bien sur, il en fit faire un pour son frère, qui l'essaya lors des entraînements, au courant de la dernière saison du grand #29 dans la Ligue Nationale.


Ça fait étrange non ?

Je vous laisse sur cette imitation du célèbre masque, de type Onimaru. Disponible pour 200$ US sur Ebay !

http://www.ebay.com/itm/ONIMARU-VINTAGE-KEN-DRYDEN-MONTREAL-CANADIENS-GOALIE-HOCKEY-MASK-/171000755921

lundi 1 août 2011

Ken Dryden





(Je ne comprendrai jamais pourquoi le Canadien avait le logo pas aligné sur son chandail à la fin des années 70...)


Le 2 mai dernier, lors de l’élection fédérale, Ken Dryden a perdu son siège de York-Centre, dans le Toronto métropolitain. C’était la fin d’un autre chapitre d’une vie professionnelle bien remplie, qui a touché à des domaines très variés.

Né à Hamilton, il grandit toutefois dans la région de Toronto. Il fut repêché en 1964 par Boston, mais échangé aux Canadiens la même journée avec Alex Campbell contre Paul Reid et Guy Allen. (Aucun des deux ne parvint à jouer dans la LNH.) Comme le repêchage était beaucoup moins médiatisé à cette époque, ce n’est que beaucoup plus tard que Dryden se rendit compte qu’il fut très brièvement un Bruin.

Contrairement à son frère Dave (aussi gardien de but), qui choisit le chemin traditionnel du hockey junior, il opta pour le hockey universitaire, chose très rare à ce moment-là. Il put donc poursuivre ses études, tout en s’alignant avec le Big Red de l’Université Cornell, dans l’état de New York.

Après sa graduation, il se joint finalement à l’organisation du Canadien en 1970, avec les Voyageurs de la Ligue américaine. Il sera rappelé à la fin de la saison et créera une impression immédiate. Après six matchs en saison régulière, il en jouera 20 en séries, menant l’équipe à la Coupe Stanley. Il remportera aussi le Trophée Conn Smythe (avant de mettre la main sur le Calder en tant que recrue de l’année, la saison suivante).

Les faits saillants de sa carrière sur la patinoire sont bien connus : six Coupes Stanley, cinq Trophées Vézina (dont trois partagés avec Michel Larocque), participation à la Série du Siècle, à la Coupe du Défi, à de nombreux matchs d’étoiles, etc. Mais c’est en dehors de la patinoire qu’il était différent des autres. Le fait de poursuivre la voie universitaire dans les années 1960 n’en était que la première facette.

En 1973, il se disputera avec Sam Pollock, le dg du Canadien qui n’avait pas la réputation d’être très accommodant sur le sujet, pour une question salariale. Ne voyant pas le hockey comme sa seule avenue, il quittera l’équipe pour faire ses études de droit à McGill. Il ratera la saison 1973-74 en entier. Une entente sera par la suite conclue et il reviendra l’année suivante.

Après la Coupe Stanley de 1979 (une quatrième de suite), malgré qu’il n'était âgé que de 31 ans, il décide de prendre sa retraite. Il veut passer à autre chose. Il pratiquera le droit et écrira un livre sur le hockey professionnel « The Game » (« L’enjeu » en version française). Le livre fut si bien reçu qu’il fut en nomination pour les Prix du Gouverneur-Général. Il sera aussi commissaire à la jeunesse auprès du gouvernement ontarien, commentateur sportif à la télévision (d’accord, ça, ce n’est pas très original), avant de devenir président des Maple Leafs en 1997. Il le sera jusqu’en 2003, alors qu’une restructuration dans l’actionnariat des Leafs verra son poste aboli.

Il se dirigera ensuite vers la politique fédérale en 2004. Il sera élu au sein l’équipe libérale de Paul Martin et deviendra ministre du développement social. Il survivra à la défaite de son parti en 2005 et demeurera député de l’opposition jusqu’en 2011. Entre temps, il tentera sa chance à la chefferie du parti en 2006, remportée par Stéphane Dion.

Aujourd’hui âgé de 63 ans, il pourrait bien se retirer avec le sentiment du devoir accompli. Mais qui sait, il pourrait se trouver une occupation dans un domaine tout autre. Comme il l’a dit lui-même, il ne s’est jamais vu comme un hockeyeur, mais bien comme une personne qui joue au hockey. Il ne s’est jamais vu comme un auteur, mais bien comme une personne qui écrit. Il ne s’est jamais vu non plus comme un politicien, mais bien comme une personne impliquée en politique. Peut-être se verra-t-il bientôt comme une personne faisant… encore autre chose?

Sources : legendsofhockey.net, wikipedia.org, “Hommage à Ken Dryden : Une carrière unique“ de Jean-François Chabot (30 janvier 2007, radio-canada.ca), “Beyond the polls : What will Ken Dryden do next? “ de Brett Popplewell (3 mai 2011, thestar.ca)