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mercredi 24 décembre 2025

Guy Lafleur, poète

 


En ce temps des fêtes, voici quelque chose de différent. 

En faisant des recherches, je suis tombé par hasard sur ceci dans l’édition du 17 novembre 1972 de La Presse. 

Guy Lafleur, celui qu’on présentait comme le successeur de Jean Béliveau s’est présenté à Montréal avec énormément d’attentes à son endroit. À ses trois premières saisons, il a présenté une fiche qui aurait été considérée enviable pour la grande majorité des joueurs (64, 55 et 56 points), mais pas pour lui. D’abord, le courant ne passait pas vraiment entre lui et l’entraîneur Scotty Bowman. De plus, Marcel Dionne, choisi tout juste après lui par Détroit, avait de meilleurs statistiques. 

Au moment de l’écriture de l’article, Lafleur débute sa deuxième saison et est donc encore dans sa période difficile. Il n’est pas encore la grande vedette qu’il deviendra, statut auquel il aspire selon ce qui est écrit dans l’article. 

Il indique qu’il est heureux, mais que le hockey, ″y a pas juste ça dans la vie.″ (Un autre marqueur de 50 buts, Stéphane Richer, reprendra une phrase semblable quelques décennies plus tard, et la réaction ne fut pas positive.) 

Il s’ouvre sans pudeur (et je dirais avec un certain courage) au sujet d’un poème écrit l’année précédente. L’auteur indique qu’une maison d’édition lui aurait fait une vague proposition pour publier ses poèmes, mais que ce ne serait pas un service à lui rendre, ce qui ne l’empêcha pourtant pas de publier celui-ci, que je me suis permis de citer… 

Personnellement, pour un jeune de 20 ans (au moment de l’écriture) qui a quitté son domicile très jeune pour se concentrer sur le hockey (j’ignore quel niveau de scolarité il a complété, mais à l’époque dans le junior, ce n’était pas une priorité), je trouve que ce n’est pas si mal. Peut-être que je suis influencé par l’admiration et l’affection que je porte au Démon blond… À vous de juger. 

Mon amie, 

Embrasser sans serrer

C’est comme manger

Une galette non sucrée

Si un jour, tu ouvres ma tombe

Tu liras, écrit en lettres d’or

Je t’aime encore

Si tu étais un petit crochet

Et moi une petite chaudière

Laisserais-tu ma petite chaudière

S’accrocher à ton petit crochet?

La rose séparée du rosier

Se flétrit

Mais séparé de toi

Je pleure et je m’ennuie

Si parfois dans la vie

Tu te sens seule

Pense qu’il y a quelqu’un

Qui t’aime et qui pense à toi

L’amour a ses raisons

Que la raison ne connaît pas

Un peu de joie apportée

Aux autres cause satisfaction

Que bien des présents reçus

Pardonne à la main indiscrète

Qui durant ton absence

Est venue feuilleter ce cahier

Ce n’est pas pour y écrire

Un poème, coquette

Mais simplement pour y laisser

La marque d’un souvenir…

S’il me faut ces lignes

Pour te prouver mon amitié

Voici que je les signe

Avec sincérité 

Guy Lafleur, nov. 71 

Sources : ″On a tout demandé à Lafleur, même d’être poète″ de Pierre Brosseau, 17 novembre 1972, La Presse, page D2.

lundi 16 juin 2025

Richard Brodeur

 

C’est sur une patinoire faite par son père dans la cour arrière chez lui à Longueuil que Richard Brodeur a commencé à jouer au hockey. Ce n’est qu’à 9 ans qu’il a rejoint le hockey organisé. Ce délai n’a pas semblé lui causer de problème. 

En 1970, le gardien de petit gabarit se retrouva avec les Maple Leafs de Verdun de la LHJMQ, mais il joua peu, avant d’être échangé à la pire équipe de la ligue, les Royals de Cornwall. 

Brodeur fut alors au cœur d’un revirement spectaculaire, alors qu’avec l’arrivée d’Orval Tessier derrière le banc et la contribution de joueurs comme Blair MacDonald et Gary MacGregor, les Royals passèrent de derniers à premiers en 1971-72. Brodeur fut nommé meilleur gardien de la ligue, en plus d’arrêter 46 tirs dans une performance clé en finale de la Coupe Memorial, qui permit aux Royals de vaincre les Petes de Peterborough par la marque de 2-1. Brodeur remporta ainsi le Trophée Stafford Smythe, remis au joueur le plus utile à son équipe lors du tournoi de la Coupe Memorial. 

Avec ces honneurs dans sa besace, Brodeur avait de grands espoirs pour le repêchage de 1972. Toutefois, il n’y eut pas moins de 10 gardiens qui ont été choisis avant lui. Si les premiers (Michel Larocque et Denis Herron) ont connu de belles carrières, par la suite, il y eut Mike Veisor, Dave Elenbaas, Gilles Gratton et d’autres dont vous n’avez jamais entendu parler. Ce sont finalement les nouveaux Islanders qui choisirent Brodeur, au 7e tour, 97e au total. 

Être repêché par une équipe d’expansion aurait pu être une opportunité de gravir les échelons rapidement, mais New York avait aussi pu s’assurer des services de Gerry Desjardins, Billy Smith et Glenn Resch. On offrit donc à Brodeur un contrat d’un an pour 12 000$ avec un boni à la signature de 1000$ pour jouer à Fort Wayne, dans la Ligue internationale. 

Pendant ce temps, une nouvelle ligue, l’Association mondiale, tentait de démarrer. Comme les Nordiques offrirent à Brodeur un contrat de deux ans pour un total de 45 000$, en plus d’un boni à la signature de 20 000$, il opta pour le circuit maudit.    

S’il débuta derrière Serge Aubry, il partagea ensuite la place avec ce dernier et Michel Deguise, avant de devenir le gardien numéro un des Fleurdelysés à partir de 1974-75. En 1975-76, il remporta 44 victoires, un record de l’AMH qui ne fut jamais battu. Il fit aussi évidemment partie de l’édition de 1976-77 des Nordiques qui remporta la Coupe Avco. 

Lorsque l’AMH rendit l’âme en 1979, et que quatre de ses équipes, dont les Nordiques, furent absorbées par la Ligue nationale, Brodeur fut l’un des rares à avoir disputé toutes les saisons du circuit avec la même équipe. 

Les droits sur Brodeur devaient donc en théorie revenir aux Islanders, mais les Nordiques utilisèrent alors l’une de leurs trois sélections prioritaires pour conserver ses droits. Toutefois, New York accepta de laisser Gerry Hart sans protection. En retour, les Nordiques acceptaient d’échanger Brodeur contre un autre gardien. Même si Hart n’avait pas vraiment envie de venir à Québec et Brodeur de la quitter, le plan fut mis en place et Brodeur fut éventuellement échangé contre Göran Högosta

À son arrivée à New York, les perspectives d’avenir ne paraissaient pas très prometteuses pour Brodeur, étant donné que Smith et Resch y étaient toujours. Brodeur se retrouva donc à Indianapolis dans la Ligue centrale. En février 1980, Smith dut s’absenter, Brodeur fut rappelé d’urgence. Comme le match suivant avait lieu à Québec, l’entraîneur Al Arbour eut le flair de lui confier le filet pour faire face à son ancienne équipe, contre qui il avait une certaine rancoeur. Brodeur remporta ainsi son premier match dans la LNH, 5-3. Il participa à un deuxième match avant de retourner à Indianapolis, où il remporta le Trophée Terry-Sawchuk à la fin de la saison. 

À la fin du camp de 1980, frustré de la situation, Brodeur exigea d’être échangé, sans quoi il prenait sa retraite. Une demi-heure plus tard, on lui annonça qu’il s’en allait à Vancouver avec une inversion de choix de cinquième ronde à l’encan de 1981. Les Islanders prirent Jacques Sylvestre, alors que les Canucks choisirent Moe Lemay. 

Tout ceci n’améliorait pas tant la situation de celui qu’on surnommait Kermit, puisqu’il se retrouvait encore deux autres gardiens, cette fois c’était Gary Bromley et Glen Hanlon. Toutefois, les deux se sont rapidement blessés et Brodeur saisit sa chance. Bromley perdit sa place et Hanlon fut éventuellement échangé à St-Louis. 

Jusque-là, les Canucks avaient toujours été une équipe ordinaire et ils n’avaient jamais remporté une série depuis leur création en 1970. Si Brodeur joua 52 matchs en 1980-81, il faut dire que leur fiche était plutôt ordinaire à 28-32-20. (Oui, 20 matchs nuls!) 

En 1981-82, Brodeur a joué autant de matchs que la saison précédente et la fiche de l’équipe était à peine mieux (30-33-17). Par contre, Vancouver se trouvait dans la division Smythe, où à part les Oilers, qui s’étaient complètement échappés, les autres équipes étaient au mieux très ordinaires. Toutefois, au premier tour, les faibles Kings ont causé une énorme surprise en envoyant la bande à Gretzky en vacances, ce qui a été appelé le ″Miracle on Manchester″. Pendant ce temps, les Canucks, dirigés par Roger Neilson suite à la suspension de Harry Neale, ont balayé les Flames. 

Au deuxième tour, Los Angeles devait donc affronter des Canucks reposés. C’est alors que suite au jeu brillant de Brodeur, on affirma que si Vancouver devait affronter les Rois (Kings), les Canucks pouvaient compter sur le Roi Richard (King Richard, en référence à Richard III). Le surnom a collé.

Les Canucks ont ensuite facilement éliminé les Kings, 4-1, avant d’affronter une autre équipe qui avait surpris, les Blackhawks. 

Vancouver défit aussi rapidement Chicago. Lors du deuxième match, en dérision d’une performance de l’arbitre qui l’irritait, l’entraîneur Roger Neilson a brandi une serviette blanche au bout d’un bâton, comme une ironique reddition. Neilson fut expulsé, mais ce fut la seule défaite des Canucks.


Vancouver, qui n’avait jamais eu de succès en séries, se retrouvait ainsi en finale, contre les champions en titre (et son ancienne équipe), les Islanders. Les partisans des Canucks ont agité des quantités phénoménales de serviettes blanches. Brodeur, qui a joué tous les matchs des Canucks en séries, a continué de se distinguer, mais la réalité a fini par rattraper Vancouver, qui a été balayé. Ce parcours en séries et la contribution de Brodeur sont alors entrés dans la légende sur la côte-ouest. Malgré la défaite, un défilé a eu lieu et plus de 100 000 personnes y ont assisté. 

L’année suivante, les performances de Brodeur furent reconnues, lorsqu’il fut invité au match des étoiles. Le tout fut toutefois contrecarré, lorsqu’il fut atteint d’un lancer-frappé de Dan Daoust, des Leafs. Son tympan droit a été perforé et il a dû recevoir 10 points de suture. Il rata donc le match des étoiles, qui avait lieu trois jours plus tard et fut remplacé par son coéquipier John Garrett

Pendant les années suivantes, Brodeur continua de jouer de nombreux match au sein d’une équipe qui stagnait ou qui régressait, et ce jusqu’en mars 1988. À ce moment, les Canucks étaient l’une des pires équipes de la ligue. Ils échangèrent donc Brodeur aux Whalers contre Steve Weeks, pour qu’il puisse appuyer Mike Liut. Une fois en séries, Hartford affronta Montréal, qui était favori. Brodeur joua quatre matchs, mais dans une cause perdante. Le Tricolore eut le dessus. 

L’année suivante, les Whalers envoyèrent Brodeur dans la Ligue américaine à Binghampton, pour servir de mentor à leurs jeunes gardiens. Il joua six matchs, avant de finalement prendre sa retraite.

Brodeur revint au Québec pour devenir représentant pour Labatt, en Gaspésie, sur la Côte-Nord, puis dans le Bas du fleuve. Il retourna ensuite à Vancouver, pour gérer un hôtel. 

Brodeur avait toutefois une passion, la peinture. C’est lors de son passage à Cornwall qu’il a commencé à peindre de façon autodidacte. Toutefois, dans l’atmosphère macho des années 1970, alors que les gardiens étaient déjà considérés comme bizarres, il est demeuré discret à ce sujet. Par contre, ayant subi plusieurs commotions cérébrales au fil de sa carrière, lorsqu’il eut des conséquences de celles-ci, c’est sa peinture qui lui a servi de bouée de sauvetage. 

Il y a 25 ans, il a eu envie de se consacrer entièrement à son art. Habitant toujours en Colombie-Britannique, il a vendu au fil des ans plusieurs centaines de toiles. Il expose régulièrement dans plusieurs galeries, incluant La Belle Galerie, dans le Vieux-Québec. Ses sujets préférés sont la nature et les scènes de hockey avec des enfants. 

 

Sources: 

D’Auteuil, Jean-Pierre et Otis, Jean-Philippe, La Ligue de hockey junior majeur du Québec, Depuis Lafleur, en passant par Lemieux et Crosby, Éditions Caractère, 2013, pages 25 à 30; 

″Brodeur avait un petit compte à régler à Québec″ de Maurice Dumas, 28 février 1980, Le Soleil, page C1, 

″Brodeur blessé, Garrett devient numéro un″ d’UPI et AP, 7 février 1983, Le Soleil, page B2,

″Canucks at 50: How Richard Brodeur went from Kermit to king to a folk-art ′Picasso′″ de J.J. Adams, December 10, 2019, The Vancouver Province (theprovince.com), 

″Richard Brodeur du filet à la toile″ de Jean-François Chabot, 26 avril 2020, Radio-Canada (ici.radio-canada.ca), 

″Des Nordiques au pinceau: l’ex-gardien de but Richard Brodeur raconte à quel point la peinture l’a «sauvé»″ de Diane Tremblay, 31 janvier 2024, Journal de Québec (journaldequebec.com), 

″Quand la peinture sauve la vie du Roi Richard″ de Mikaël Lalancette, 1er février 2024, La Tribune (latribune.ca), 

 ″L’ex-gardien de but Richard Brodeur expose ses toiles à Québec″ de Gabrielle Morissette, 2 février 2024, Radio-Canada (ici.radio-canada.ca), 

brodeurartist.com, hockeydraftcentral.com. labellegalerie.ca.

vendredi 9 décembre 2022

Excursion LVEUP - La murale du Centre-Sportif d'Acton Vale






Ce n'est pas la première fois que je me rends à Acton Vale pour un match de hockey mineur de mes fils. Depuis plusieurs saisons, dans plusieurs catégories, les équipes de Victoriaville (les Tigres) et les équipes d'Acton Vale (les Valois) se partagent une série de 2 matchs, majoritairement au début de la saison. Cette année était toutefois le premier match à Acton Vale où je me rendais depuis le début de la pandémie, les matchs inter région étant mis sur pause depuis, ou presque.

Toutefois, lors des dernières rencontres, l'équipe avait toujours trouvée un moyen d'organiser un transport en autobus et je ne prenais pas le temps de visiter l'extérieur de l'aréna. Ce qui ne fut pas le cas cette fois. 

En arrivant donc au centre-sportif d'Acton Vale, j'ai pu admirer cette magnifique murale, fait en hommage postume à Serge Lemoyne, natif de l'endroit, décédé en 1998.

(cliquez sur les photos pour une meilleure résolution)

Mettant en vedette plusieurs oeuvres de l'artiste-peintre, majoritairement de sa série "Bleu Blanc Rouge", la murale fut réalisée par Frédérick Thomas, dans le cadre du "Circuit des murales historiques, de la région d'Acton".



dimanche 24 juillet 2022

Une petite photo pour le plaisir #101 - Musée Pop de Trois-Rivières

Si vous vous rendez en Mauricie, il est possible de visiter le Musée Pop. En plus de la très intéressante visite de la vieille prison de Trois-Rivières (reliée au musée), vous pouvez entre autres voir l’exposition "Attache ta tuque", au sujet de la culture québécoise.

On y retrouve trois sculptures de bois (bois polychrome) de Patrick Lavallée. Une première, Souvenir d’enfance, représente Ken Dryden appuyé sur son bâton Canadien.



La deuxième, Maurice Richard, le héros, représente le Rocket avec son bâton Victoriaville.



La troisième, La soirée de hockey, évoque une rencontre Canadiens-Nordiques.



On y retrouve également des tables de hockey, de 1950, en bois et de 1954, en métal, dans un état surprenant.  La mienne est beaucoup plus récente, et pourtant...






Notez toutefois que le hockey n’est qu’une facette de l’exposition. On y retrouve aussi des volets sur la musique, le climat et plusieurs autres.

En ce moment, il est aussi possible de voir une exposition complémentaire à la visite de la prison et une autre au sujet du cirque.

Pourquoi ne pas combiner votre visite avec un match de baseball des Aigles au Stade Quillorama (auparavant Fernand-Bédard), un petit saut à l'hippodrome, juste à côté ou le Grand Prix de Trois-Rivières?  Avec les Lions de la ECHL et les Patriotes de l'UQTR (hockey U Sports), l'offre sportive dans la cité de Laviolette est variée.

lundi 15 novembre 2021

Art: Puckasso et les Bulls de Birmingham



Petit break de ma longue série sur la ECHL pour vous parler de... la ECHL. Que voulez-vous. Quand on est tombé dans un trou, des fois le meilleur moyen d'en sortir est de continuer de creuser...

Mais ici c'est plus une petite parenthèse car j'avais envie de vous partager ce petit bijou trouvé lors de mes recherches:


C'est-tu pas splendide ça? Moi qui fais parfois des fixations sur des programmes de hockey, celui-ci me comble particulièrement en me rejoignant par la bande avec mon intérêt pour les arts. Cela va d'ailleurs me permettre de pouvoir ajouter un peu de matériel à notre sous-section un peu pauvre des arts/littérature dans nos archives...

Bref, il s'agit d'un magnifique programme de la saison 1997-98 des défunts Bulls de Birmingham dans notre chère ECHL. Cliquez ici pour en savoir plus sur les Bulls mais ici je vais d'abord vous parler de ce magnifique hommage à Picasso par ce dénommé «Puckasso».

Je n'ai pas réussi à retracer qui était ce Puckasso, ni ceux responsable des publications médiatiques des Bulls mais je crois qu'on avait affaire à un amoureux de l'art car je trouve son adaptation du style de Picasso admirable. Peut-être qu'il s'ennuyait à faire des programmes de hockey typiques et qu'il a décidé de s'éclater ici, mais il semble connaître son Picasso dont le taureau est un des animaux fétiches.

J'ai particulièrement remarqué la tête du taureau principale qui provient du tableau Guernica, une des œuvres les plus célèbres du maître du cubisme. Cela m'a vraiment sauté aux yeux car j'ai depuis l'époque du cegep une reproduction de cette œuvre d'art chez moi et je l'ai vraiment «spotté» tout de suite.


Cliquez pour une plus grande résolution

Vous pouvez également remarquer l'inspiration de Guernica dans les visages et les mains des fans dans les estrades, particulièrement ceux à gauche du programme.

En plus du personnage principal, j'aime bien le gardien de but et son masque. Pour les fans dans les estrades, on remarque aussi plusieurs autres hommages à Picasso comme les visages de profils disproportionnés ainsi que le mélange des couleurs vives:




Bref, c'était une petite pause artistique. J'espère que vous avez apprécié. On retourne maintenant à notre programmation habituelle. Pour terminer voici, d'autres magnifiques programmes des Bulls de l'époque:

 







vendredi 20 décembre 2019

Idées cadeaux #10 - Le masque



C’est par hasard que j’ai croisé ce t-shirt à la boutique L’art des artisans du Québec, au Complexe Desjardins, à Montréal.




Il représente une image inspirée des toiles basées sur le masque de Ken Dryden. Celles-ci font partie de la série « Bleu Blanc Rouge » de Serge Lemoyne, la série la plus célèbre du peintre originaire d’Acton Vale, qu'il réalisa entre 1969 et 1979.

Le Masque, peint en 1975, s’est vendu 240 000$ en 2017. La version t-shirt est donc beaucoup plus abordable.

Le masque

Si ça vous intéresse, on peut aussi voir Dryden, de la même série, au Musée des Beaux-Arts de Montréal.


Dryden


Serge Lemoyne est décédé en 1998.


Sources : "News in Brief : A Record-Breaking Sale, And More", 9 novembre 2017, CanadianArt (canadianart.ca), 150ans150oeuvres.uqam.ca.

vendredi 10 novembre 2017

Une petite photo pour le plaisir #71 - Le Gardien de but









Si vous allez à la Place Montréal Trust (quadrilatère Ste-Catherine, McGill College, Maisonneuve et Mansfield) à Montréal, au niveau métro, vous pourrez voir la sculpture « Le Gardien de but ».  Il s’agit d’un bronze moulé de l’artiste Robin Bell, qui représente Ken Dryden grandeur nature dans sa pose caractéristique, le menton sur le bout de son bâton.  D’une hauteur de 196 centimètres et d’un poids de 400 kilos, l’œuvre en impose.
 
Elle avait d’abord été commandée par Immeubles Cambridge pour la Place Vertu, mais depuis août 2011, on la trouve à la Place Montréal Trust, une autre propriété d’Ivanhoé Cambridge.
 
On retrouve sa représentation sur le trophée Ken Dryden, remis au meilleur espoir chez les gardiens de but dans la Ligue midget AAA.
 
 
 
 

lundi 18 avril 2016

Roger Doucet



Les Bruins ont René Rancourt. Depuis 1976, le chanteur originaire de Lewiston, Maine interprète les hymnes nationaux avant les matchs, avant d’y aller de sa petite chorégraphie.

Les Canadiens ont eu Ginette Reno récemment, lors des séries de 2014 et 2015. Auparavant, ils ont eu l’ex-Sinner Charles Prévost-Linton pendant une douzaine d’années. Depuis, ils ont tenu des auditions pour trouver une multitude d’interprètes, dont plusieurs chanteuses qui chantent « Ô Kéneda » plutôt qu’ « Ô Canada ». Certains soirs, on a laissé les partisans chanter eux-mêmes. Mais avant tout ce beau monde, il y avait Roger Doucet.

D’origine modeste, Doucet fit partie de la troupe de l’Armée canadienne pendant la Deuxième Guerre mondiale, ce qui lui permit de voyager amplement. Après la guerre, il alla parfaire sa formation classique en étudiant à New York, où il rencontra son épouse Geraldine.

Au fil des ans, il travailla à plusieurs endroits, dont Londres et Hambourg. De retour à Montréal, où il établit sa famille en 1957, il participa à divers opéras présentés à Radio-Canada. Par contre, vivre de l’opéra pendant cette période était loin d’être facile, et ses revenus, loin d’être réguliers. Il dut donc prendre divers contrats, dont celui de chanter dans un restaurant, pendant que sa femme vendait des produits Avon.

C’est finalement en 1970 que Doucet commença à chanter les hymnes nationaux au Forum. Son interprétation énergique fit rapidement de lui un incontournable et il gagna une importante renommée. Il ajouta ensuite à ses engagements les matchs des Alouettes en 1974 et ceux des Expos en 1977.

Lors du célèbre match des Canadiens contre l’Armée rouge du 31 décembre 1975, en plus du Ô Canada, Doucet chanta l’hymne soviétique (en russe bien sûr).

Doucet fut aussi remarqué pour avoir changé quelques phrases de la partie anglaise de l’hymne canadien. De plus, sa façon de terminer la dernière ligne (« … we stand on guard for thee. » dans la version chantée lors des matchs des Canadiens ou « … protégera nos foyers et nos droits. » dans la version originale) est pratiquement entrée dans l’usage. Plutôt que de terminer sur des notes basses, Doucet la terminait sur des notes hautes.

En avril 1980, Doucet dut subir une opération chirurgicale pour lui enlever une tumeur au cerveau. Lors de sa convalescence, Doucet reçut même des vœux du président américain d’alors, Jimmy Carter, et de son épouse. En juin de la même année, il reçut l’Ordre du Canada.
 

Geraldine a par la suite dut le remplacer à plusieurs reprises. C’est finalement en juillet 1981 qu’il s’est éteint.



Sources : “From Jimmy and Rosalynn Carter to Roger Doucet: Get well soon”, 18 avril 1980, Montreal Gazette, p.2, “Doucet s’éteint”, 20 juillet 1981, La Presse, p.B3, “Anthem Singer Roger Doucet Dies” 20 juillet 1981, Ottawa Citizen, p.3, “Geraldine Doucet’s new TV talk show finally brings her out of the shadows” de Beverley Mitchell, 21 janvier 1983, Montreal Gazette, p.B11, “Le CH de l’Occident contre l’Armée rouge” de Réjean Tremblay, 31 décembre 2015, Journal de Montréal (journaldemontreal.com), wikipedia.org.

jeudi 7 avril 2016

Visite au Musée Grévin








Comme ma fille voulait aller au Musée Grévin, à Montréal, j’ai profité de l’occasion pour jeter un coup d’œil sur leurs statues de joueurs de hockey.  Sans surprise, c’est ce sport qui occupe la majeure partie de la section consacrée aux athlètes, malgré la présence entre autres de Gilles Villeneuve, Chantal Petitclerc, Nadia Comaneci et Joannie Rochette.
 
Le visage est bien sûr l’élément le plus frappant, mais d’autres détails ont aussi leur importance, à divers degrés.
 
Maurice Richard
 
Le visage est assez ressemblant.  On note également un bel effort pour recréer son fameux regard.  Les gants et le bâton sont de la bonne époque.  Le chandail comporte un lacet au niveau du cou.
 
Jean Béliveau
 
Le visage paraît assez jeune et les traits ne sont pas assez accentués autour des yeux.  Pourtant, au début de sa carrière, Béliveau avait des gants beiges.  Plus tard, il avait, comme ici, des gants bleus, blancs et rouges.  Par contre, sur les photos que j’ai trouvées, il s’agissait de Cooper, pas des Rawlings.  Il s’agit tout de même d’un petit détail.
 
Guy Lafleur
 
La calvitie montre qu’on a ici affaire à un Lafleur à la fin de son séjour à Montréal.  Bien qu’il ait été surnommé le démon blond, la chevelure de ce Lafleur me paraît trop pâle.  De plus, elle semble gominée, alors que Lafleur avait les cheveux au vent.  Peut-être que de donner l’impression que les cheveux flottent est trop difficile sur une statue de cire.
 
Le bâton Sher-Wood est là.  J’avoue que je ne me souvenais pas des gants Koho, mais après vérification, c’est effectivement ce qu’il portait à ses dernières années avec les Canadiens.  (Il a aussi porté des CCM et des Canadiens.  À Québec, il avait des Ferland.)
 
Wayne Gretzky
 
À mon avis, il s’agit de la moins bien réussie.  On semble lui avoir fait un début de calvitie ce qui n’est pas vraiment le cas, surtout lors de ses années à Edmonton.  De plus, Gretzky semble plus roux que le châtain qu’il est.  Quant aux dents, elles sont particulières.
 
Mais ce qui cloche le plus, c’est que malgré qu’il semble en situation de jeu, il ne porte pas de casque.  Où est le Jofa 235? (voir texte du 8 mars 2014)
 
Patrick Roy
 
Évidemment qu’avec un masque sur la tête, moins de détails sont apparents, mais je dois avouer que le visage est très bien réussi.
 
Mario Lemieux
 
Nous avons ici un Lemieux en fin de carrière, période avec le chandail noir et or.  Personnellement, j’ai plus de souvenirs de lui avec son Cooper SK2000 (en début de carrière) ou de son Jofa 390 (période chandail avec le Penguin stylisé).  Par contre, il a effectivement porté un CCM en fin de carrière (ainsi qu’un Nike).
 
Sidney Crosby
 
Le visage de Crosby est aussi bien réussi.  Par contre, j’aurais tout de même un reproche : on dirait qu’on lui a mis du eyeliner…
 
Qu’en pensez-vous?

lundi 14 mars 2016

Jere Gillis



À plusieurs niveaux, le parcours de Jere Gillis sort des sentiers battus.

D’abord, au niveau de sa famille. Il est né en Oregon, d’où est originaire son père, qui a été skieur alpin olympique et qui a aussi joué au football à l’Université de l’Oregon. Encore aujourd’hui, il est le seul natif de cet état à avoir eu une carrière significative dans la LNH.

Sa mère, Rhona Wurtele, est née à St-Lambert. Elle a formé avec sa sœur jumelle Rhoda la première équipe féminine de ski alpin olympique du Canada, à St-Moritz, en 1948.

Si lui et ses parents étaient des athlètes, son frère et sa sœur ont excellé dans un domaine tout autre.

Son frère Christopher a été danseur et chorégraphe jusqu’à son décès, à l’âge de 42 ans. Quant à sa sœur Margie, elle est une sommité dans son domaine. Elle a eu une carrière internationale, également dans le domaine de la danse contemporaine. Elle a reçu l’Ordre du Canada. Elle est aussi Chevalier de l’Ordre national du Québec et a reçu le Prix du Gouverneur Général pour les arts du spectacle.

Jere a quant à lui choisi un sport autre que celui de ses parents, le hockey.

À sa dernière saison junior, en 1976-77 avec les Castors de Sherbrooke, Gillis amassa 140 points. Les Castors participèrent également au tournoi de la Coupe Memorial. Même si son équipe ne se rendit pas à la finale, Gillis fut tout de même nommé au sein de l’équipe d’étoiles du tournoi, à l’aile gauche.

Au repêchage de cette même année, Gillis fut choisi quatrième au total par les Canucks, derrière Dale McCourt des Red Wings (voir texte du 1er février 2010), Barry Beck des Rockies et Robert Picard des Capitals (voir texte du 14 janvier 2012), mais devant Doug Wilson (voir texte du 10 mai 2012) et Mike Bossy.

Gillis se tailla immédiatement une place dans l’alignement des faibles Canucks et marqua 23 buts, dans ce qui s’avéra finalement sa meilleure saison en carrière.

Il eut par la suite quelques autres saisons décentes à Vancouver, avant de se faire ballotter d’un endroit à l’autre du continent.

Il prit le chemin de New York dans l’échange qui envoya Mario Marois aux Canucks. Il alla ensuite faire un bref passage avec les Nordiques lorsque ces derniers échangèrent Robbie Ftorek aux Rangers. (voir texte du 2 janvier 2012)

Ce fut ensuite Buffalo, un retour à Vancouver et Philadelphie, entrecoupé de stages dans la Ligue américaine.

Au total, en 386 matchs dans la LNH de 1977 à 1987, il montre une fiche de 78-95-173.

Il alla ensuite jouer en Italie et en Grande-Bretagne, avant de réorienter sa carrière d’une manière surprenante. Retrouvant un côté plus artistique, comme son frère et sa sœur, il devint cascadeur dans l’industrie du cinéma. Il a ainsi participé à des films variés comme Maurice Richard, Bon Cop, Bad Cop, L’aviateur ou Pompéi.

Gillis a aussi publiquement affiché son adhésion à la scientologie.





Sources: “Gene Gillis wins Mt.Hood Ski Race”, UP, 15 juin 1947, Eugene Register-Guard, p.5, “Saturday Night Celebration To Honor Prominent Skiers” de Shirley Couch, 21 avril 1950, Eugene Register-Guard, p.3A, hockeydraftcentral.com, imdb.com, lifeimprovementconsultant.com, quanthockey.com, wikipedia.org.