Dans cet épisode on parle de plein de choses dont les différents développements qui se sont passés dans la LHJMQ, en plus des séries universitaires, collégiales et sénior qui commencent très bientôt. Également, bobKudelski nous présente un ancien joueur obscur des Nordiques du nom de Ken Quinney tandis que RaySheppard déverse son fiel sur les maudites cartes Bowman. Et on termine tout ça en jouant à un jeu vidéo vintage en prenant exclusivement des équipes d'expansion poches.
On aimerait bien également débuter un «mailbag» lors de futurs épisodes de ce podcast, donc si ça vous intéresse, écrivez-nous si vous aimeriez nous faire parvenir de petits cadeaux par la poste, que ce soit des cartes ou autres souvenirs vintage de hockey qu'on ouvrirait en direct. Ça serait ben l'fun.
Si vous vous rendez en Mauricie, il est possible de visiter le Musée Pop. En plus de la très intéressante visite de la vieille prison de Trois-Rivières (reliée au musée), vous pouvez entre autres voir l’exposition "Attache ta tuque", au sujet de la culture québécoise.
On y retrouve trois sculptures de bois (bois polychrome) de Patrick Lavallée. Une première, Souvenir d’enfance, représente Ken Drydenappuyé sur son bâton Canadien.
La troisième, La soirée de hockey, évoque une rencontre Canadiens-Nordiques.
On y retrouve également des tables de hockey, de 1950, en bois et de 1954, en métal, dans un état surprenant. La mienne est beaucoup plus récente, et pourtant...
Notez toutefois que le hockey n’est qu’une facette de l’exposition. On y retrouve aussi des volets sur la musique, le climat et plusieurs autres.
En ce moment, il est aussi possible de voir une exposition complémentaire à la visite de la prison et une autre au sujet du cirque.
Pourquoi ne pas combiner votre visite avec un match de baseball des Aigles au Stade Quillorama (auparavant Fernand-Bédard), un petit saut à l'hippodrome, juste à côté ou le Grand Prix de Trois-Rivières? Avec les Lions de la ECHL et les Patriotes de l'UQTR (hockey U Sports), l'offre sportive dans la cité de Laviolette est variée.
Voici notre 10e excursion LVEUP 2021-22 où je vous le rappelle notre mission divine, soit d’aller voir, moi et mes collègues, le plus de niveaux de hockey différents durant la saison. Donc après le collégial (RSEQ), la LHJMQ, la LHJAAAQ, l'universitaire (Usports), la AHL, le Junior A, AA et B, le juvénile D1 et la LNH, il ne nous restait que très peu de niveaux à cocher sur notre liste.
Cependant, le niveau quelque peu à l'origine de ce projet demeurait toujours non-complété et cela tombe parfaitement à point pour ce 10e compte-rendu alors que la ECHL, toute nouvelle au Québec, était non seulement sur notre liste mais on se prévoyait depuis longtemps d'en profiter pour faire un sommet LVEUP entre les collaborateurs du blog. Le timing était donc parfait en ce samedi 2 avril dernier, lors d'un match d'après-midi contre les Royals de Reading.
Donc en plus de nous donner la rare chance de nous réunir entre puckeux et d'arrondir à 10 nos excursions, est-ce que le match allait être à la hauteur de nos attentes?
Comme le match avait lieu à 15h, on a décidé de se réunir avant pour dîner à la Microbrasserie Archibald de Trois-Rivières, moi RaySheppard, keithacton, Kirk McLean et PetePeeters. Il manquait malheureusement notre Martin ITFOR national qui ne pouvait faire le voyage. C'était moi qui avais le plus de route à faire, soit environ 4 heures entre Alma et Trois-Rivières. Kirk partait de Victoriaville tandis que Pete et Keith faisaient la route ensemble à partir de Montréal. Je suis quand même arrivé le premier, battant mes collègues de 5-10 minutes... Ma blonde me surnomme d'ailleurs le «Time Master» par mon habileté légendaire à bien estimer le temps et les distances...
Donc après notre copieux dîner, une bonne bière et s'être échangé quelques cartes, nous avons gagné le site du tout nouveau Colisée Vidéotron de Trois-Rivières pour ce match tant attendu où nous pourrions finalement découvrir cette ligue. En plus de notre anticipation, j'avais aussi bien préparé le terrain durant les mois précédents avec ma longue série sur l'histoire de la ECHL et ses nombreuses équipes. Après avoir parlé autant de la «East Coast», j'avais vraiment hâte d'y mettre les pieds pour de vrai.
Le Colisée est situé dans un quartier en plein développement donc on comprend que c'est présentement un peu vide aux alentours. La signalisation est d'ailleurs encore un peu déficiente au niveau du stationnement dans les environs. Alors que je tentais de trouver un spot, j'ai pris la rue qui mène devant l'entrée principale et un employé de la ville m'a engueulé parce que c'était le chemin seulement pour les stationnements VIP... JE LE SAIS TU MOÉ??? C'est pas indiqué, connard... Moi qui tentais de trouver une borne électrique pour mon char (il y en a d'ailleurs juste 2 apparemment... chose à corriger), j'ai laissé faire assez rapidement... Mais il faut bien dire que l'accès à l'aréna est vraiment facile, surtout par l'autoroute 40.
Nos sièges
Prochaine fois... pas à côté du garde...
Les Royals sont affiliés aux Flyers, logo sur l'épaule et bande orange à l'appui
Du «cheap labour» pour nettoyer la glace durant les pauses
Un match Lions contre... Lions
Bref, malgré ce léger contretemps, j'ai retrouvé mes collègues à leurs sièges et nous avons pu admirer ce très bel amphithéâtre qui sent encore le char neuf. L'aréna est moderne mais on retrouve quand même un certain cachet intimiste. Nous avions acheté des billets dans la 4e rangée du côté des visiteurs, mais on trouvait qu'on aurait pu acheter des billets plus reculés et avoir une meilleure vue, pour le même tarif... La capacité est de 4390 places (contrairement aux 6000 que je m'attendais) et il y avait 3315 personnes lors de ce match.
Il y a un bel écran indicateur moderne et des écrans panoramiques dans le haut, toutes des choses modernes imitant les ligues majeures. C'est d'ailleurs un peu dérangeant ce côté «on sait qu'on est pas la LNH ni le Canadien» mais on est quand même «su'a coche». C'est peut-être parce que le tout est moussé à la saveur de popcorn Vidéotron/Québécor où la promotion et «l'auto-flattage» sont vraiment trop mis à l'avant-plan. Des entrevues et des capsules avec les joueurs à l'écran (où on entendait d'ailleurs très mal), un animateur de foule fatiguant, etc... Personnellement c'est pas vraiment ce que je recherche... Mettez-moi juste des petites musiques d'orgues et des Go!Lions!Go! et c'est ben assez. Aussi, parlant de Videotron, ni moi ni mes collègues avions une bonne connexion internet nulle part dans l'aréna. Moi avec Telus, PetePeeters avec Bell et même Kirk McLean pourtant avec Videotron... J'ai dû tenter pendant une bonne demi-heure de faire une Story sur Instagram avant d'abandonner. Elle s'est finalement uploadé une fois dans mon auto après le match...
Mais bref tout ça c'est pas trop grave. Tant qu'on a un bon match à se mettre sous la dent.
Est-ce qu'on a eu un bon match?
Euh... Non.
Ça s'est terminé 2-1 pour les Royals, les meneurs de la section nord, durant ce deuxième match en trois jours de ce «programme triple» à Trois-Rivières. Ils avaient également gagné la veille par la marque de 5-1.
Des fois un match de 2-1 ou 1-0 peut être la chose la plus excitante au monde mais ce n'était pas vraiment une de ces fois en ce samedi après-midi. D'ailleurs il y avait ce «je-ne-sais-quoi» qui semble faire la différence entre un match pépère d'après-midi et un match excitant en soirée. En fait je me sentais plus dans une ambiance de dimanche matin... Le jeu était assez décousu chez les Lions, malgré un barrage de 37 tirs de leur part. L'effort y était mais il manquait définitivement une étincelle. Il faut dire que les Royals ont la réputation d'être des experts dans l'art d'étouffer le jeu et on en a eu une bonne démonstration. Leur gardien était aussi excellent et il s'est d'ailleurs mérité la première étoile.
Durant la 3e période, moi et mes collègues étions davantage en mode jasette qu'en mode d'écoute attentive du match... Durant une intermission, l'animateur de foule a procédé à un concours de style «the Price is Right» où des fans devaient deviner des prix d'articles de la circulaire des supermarchés Métro. Genre une bouteille de ketchup à 5$ ou un 6 pack de Pepsi à 6.99$... C'était très divertissant et en blague j'ai lancé que c'était le meilleur moment du match... mes collègues ont éclaté de rire, ce qui venait confirmer tragiquement le tout.
On a quand même eu droit à un but des Lions mais ce n'était vraiment pas un but d'anthologie...
On croyait même que le but serait refusé... et on n'aurait pas eu grands arguments contre...
À la défense des Lions qui ont quand même fourni un bel effort, ils ont eu jusqu'à maintenant un ahurissant total de 83 joueurs dans l'alignement durant la saison... gracieuseté de cette saison Covid. Difficile de créer des lignes stables de joueurs qui se connaissent dans un tel scénario.
Bref malgré quelques mauvais côtés c'était tout de même une belle expérience que de goûter à cette fameuse ECHL. Un match de hockey c'est jamais totalement plate et on pense même répéter l'expérience de ce sommet LVEUP l'an prochain (ou même avant qui sait?). On est content pour Trois-Rivières d'avoir leur nouvel aréna et du hockey professionnel qui vient ajouter à une diversité qui manquait cruellement dans la province. En plus à 28$ le billet c'est très bon marché.
On semble d'ailleurs être tombé sur un mauvais match puisque la troupe d'Éric Bélanger s'est vengée de ses deux défaites consécutives en remportant le 3e match contre les Royals le dimanche soir par la marque de 4-3. De plus les spectateurs pouvaient demeurer en place gratuitement après le match pour visionner celui des Patriotes de l'UQTR en finale du championnat universitaire canadien sur l'écran géant... Mais anyway je n'aurais pas pu rester pour ça alors que le match des Patriotes se termina tard en 2e prolongation et que je travaillais le lendemain donc avec mon 4 heures de route on aurait oublié ça.
C'est donc ce qui complète cette 10e excursion LVEUP en 2021-22. Malgré la Covid qui est venue brouiller les cartes, on a quand même réussi à clancher les principaux niveaux d'importance disponibles au Québec et dans nos régions respectives. Personnellement il ne me reste que très peu de temps pour voir les Marquis dans la LNAH, je pense y aller ce vendredi alors qu'ils sont présentement en séries contre les Pétroliers de St-Jérome (égalité de 2-2 dans la série). Sinon j'ai en vue le fameux Tournoi Provincial Midget d'Alma qui se déroulera cette année exceptionnellement en mai, contrairement au mois de janvier. Et peut-être les Sags qui sait... même si Kirk McLean a vu ses Tigres.
Donc à la revoyure. On a des gros projets sur la planche pour vous bientôt...
Les excursions LVEUP 2021-22 (avec la liste de niveaux potentiels):
Né à Los Angeles, Trevor Gretzky a choisi le baseball, plutôt que de suivre les traces de son célèbre père. Il a été un choix de 7e ronde des Cubs en 2011.
Après avoir passé dans les réseaux des Cubs et des Angels, il s'est retrouvé dans l'uniforme des Capitales de Québec de la Ligue Can-Am en 2016. Cet été, c'est avec les Aigles de Trois-Rivières de la même ligue qu'il poursuit sa carrière, où il peut jouer dans le superbe Stade Stéréo Plus.
Bien qu'il ne soit pas une vedette du club, il occupe une place importante dans le marketing de l'équipe. Comme quoi Gretzky est encore un nom qui résonne beaucoup.
En 1968-69, les Canadiens Junior représentaient une équipe redoutable qui attirait des foules considérables au vieux Forum. Après avoir remporté la Coupe Memorial, elle a vu quatre de ses joueurs (sur treize) être repêchés en première ronde : Réjean Houle (1er) et Marc Tardif (2e) par les Canadiens, André Dupont (8e) par les Rangers et Jean-Pierre Bordeleau (13e) par les Black Hawks.
L’année suivante, ils remportèrent encore la Coupe Memorial, en plus de voir trois autres de leurs joueurs être choisis en première ronde, dont le premier au total, Gilbert Perreault. Mais à ce moment, André Dupont n’y était plus. Les Rangers l’avaient assigné aux Knights d’Omaha, où l’équipe de l’entraîneur Larry Popein remporta la Coupe Adams.
En 1970-71, les Knights remportèrent à nouveau la Coupe Adams, mais cette fois, ils étaient dirigés par Fred Shero. Cette rencontre s’avéra marquante pour Dupont, puisque Shero apprécia grandement le jeu robuste du gros défenseur, nommé le meilleur de la ligue. En seulement 54 matchs, Dupont accumula 306 minutes de pénalité. Il eut également la chance de jouer 7 matchs avec les Rangers.
Son passage dans la Grosse pomme fut toutefois de courte durée, puisqu’en novembre 1971, il fut impliqué dans un échange à cinq joueurs qui l’envoya à St-Louis. Cette transaction lui permit de se faire une place dans la LNH.
En 1972-73, Shero était devenu entraîneur des Flyers et il tâchait à se construire une équipe des plus intimidantes, qui comptait déjà Dave Schultz, Bob Kelly, Don Saleski et Gary Dornhoefer. Il recommanda donc au directeur-gérant Keith Allen de faire l’acquisition de celui qu’on surnommait ″Moose″ depuis le junior, parce qu’il pouvait charger un adversaire au milieu de la patinoire. Pour l’obtenir, Philadelphie dut céder Brent Hughes et Pierre Plante, deux joueurs appréciés dans le vestiaire. L’accueil envers Dupont fut donc initialement un peu froid. Toutefois, comme le style de Dupont cadrait parfaitement avec le reste de l’équipe, il ne mit pas de temps à s’intégrer.
En 1973-74, Dupont ajouta à son palmarès déjà garni, lorsque les Broad Street Bullies imposèrent leur style intimidant pour devenir la première équipe d’expansion à remporter la Coupe Stanley. Dupont y contribua entre autres en marquant le but égalisateur du match 2 de la finale, contre les Bruins, en toute fin de troisième période. Il y alla ensuite de son classique ″Moose Shuffle″, alors qu’il semblait pédaler sur la glace.
L’année suivante, les Flyers remportèrent une deuxième Coupe, contre les Sabres et la French Connection cette fois, et il y avait des craintes que leur style agressif se propage.
En 1975-76, les Flyers connurent une autre très bonne saison, malgré l’absence prolongée de leur gardien Bernard Parent. Une fois en séries, Philadelphie élimina d’abord les Maple Leafs, avant de faire face aux Bruins en demi-finale.
Le 6 mai 1976, lors du cinquième et décisif match, Reggie Leach se chargea d’éliminer les Bruins pratiquement à lui seul en marquant cinq buts dans une victoire de 6-3. À la fin du match, Dupont y alla d’une déclaration à la télévision qui ne passa pas inaperçue : « Cinq buts, c’est des buts en tab… » Les Flyers perdirent ensuite la finale contre les Canadiens, où certains conclurent que la finesse avait finalement eu le dessus sur l’intimidation.
Une autre citation célèbre du ″Moose″ a un lien avec un match à Vancouver le 9 février 1973, où des joueurs des Flyers durent d’abord passer par la cour, pour leurs frasques lors d’un voyage précédent. Ils y allèrent ensuite de leur stratégie habituelle pour battre les pauvres Canucks 10-5. À la fin du match, Dupont, avec son accent francophone, y alla de la déclaration suivante : « Great trip for us. We don’t go to jail. We beat up dere chicken forwards. We score 10 goals. We win. Now de Moose drink beer! » (Bon voyage pour nous. On ne va pas en prison. On bat leurs avants peureux. On compte 10 buts. On gagne. Maintenant, le Moose boit de la bière!)
En 1979-80, les Flyers connurent une séquence record de 35 matchs sans défaite. Toutefois, la saison ne s’est terminée pas comme souhaitée. En finale, les Flyers se sont inclinés devant les Islanders, qui se méritaient ainsi la première de leur quatre Coupes consécutives.
Cette défaite signifia la fin du passage de Dupont chez les Flyers. L’équipe se rajeunissait et le ″Moose″ ne faisait plus partie des plans. Par contre, on prit soin de lui faire signer un nouveau contrat de trois ans, avant de lui demander à quelle équipe il voulait être échangé. Il choisit Québec, pour se rapprocher de son Trois-Rivières natal. Les Nordiques donnèrent un choix de 7e ronde pour obtenir ses services.
À sa première année dans l'uniforme fleurdelisée, Dupont les aida les à accéder aux séries de la LNH pour la première fois. D’ailleurs, lors de ses 12 saisons complètes dans la LNH, il ne rata jamais les séries, en plus de ses deux Coupes Stanley et de ses quatre finales (auxquelles on peut ajouter sa Coupe Memorial et ses deux Coupes Adams).
En 1981-82, Dupont devint capitaine et aida les Nordiques à non seulement faire les séries, mais à également éliminer les Canadiens pour la première fois. Après avoir éliminé les Bruins, ils s’inclinèrent devant les éventuels champions, les Islanders.
À la fin de son contrat, après la saison 1982-83, Dupont s’en fit offrir un nouveau par les Whalers, mais il préféra plutôt prendre sa retraite et retourner à Trois-Rivières. En 800 matchs, sa fiche est de 59-185-244 et 1986 minutes de pénalité. Il devint alors entraîneur des Draveurs et eut entre autres Claude Lemieux sous ses ordres.
Après un peu plus de deux ans, Dupont se brouilla avec le propriétaire et démissionna.
Il opéra ensuite un magasin d’articles de sports, avant d’être embauché comme dépisteur par un ancien coéquipier chez les Flyers, Mel Bridgman, devenu le directeur-gérant des nouveaux Sénateurs. Il y sera jusqu’à l’arrivée de Pierre Gauthier.
Il travailla ensuite pour un bureau d’agents de joueurs.
En 2014, il a été victime d’un cambrioleur, qui lui prit l’une de ses deux bagues de la Coupe. Aurait-il pris la chance de tomber face à face avec le ″Moose″ alors qu’il était au sommet de son art avec les Flyers?
Son fils Danny a été repêché par les Sénateurs et a également été entraîneur du Titan d’Acadie-Bathurst de la LHJMQ.
Sources :
Jackson, Jim, Walking Together Forever, The Broad Street Bullies, Then and Now, Sports Publishing LLC, 2004, p.72 à 80,
« Reggie Leach compte cinq buts et se réfugie en haut d’un placard » de Pierre Foglia, 7 mai 1976, La Presse, p.B7, « André ″Moose″ Dupont, un homme heureux et comblé » de Ronald King, 23 juillet 2008, La Presse, (lapresse.ca), « André ″Moose″ Dupont s’est fait volé une bague de la Coupe Stanley », 17 octobre 2014, Radio-Canada (radio-canada.ca), hhof.com, wikipedia.org.
La saison du baseball majeur est déjà débutée et celle de la Ligue Can-Am suivra bientôt. Depuis 1999, les gens de Québec ont la chance de compter sur les Capitales (voir texte 6 août 2009), une équipe qui a connu beaucoup de succès, autant sur le terrain qu’aux guichets. Cette même équipe dispute ses matchs dans un stade magnifique, le Stade Municipal, construit à la fin des années 1930.
Il y aura toutefois de la nouveauté cette année. L’équipe sera rejointe dans la Ligue Can-Am par des voisins, les Aigles de Trois-Rivières. La nouvelle équipe, qui appartient à un groupe qui compte l’ex-lanceur des majeures Éric Gagné, ainsi que Marc-André Bergeron, que nous avons déjà vu dans l’uniforme des Canadiens, jouera ses matchs dans un stade similaire, construit dans les mêmes années. Le lien de parenté est évident, et bien réel.
Stade Fernand-Bédard de Trois-Rivières
Maurice Duplessis, député de Trois-Rivières, a été élu premier ministre du Québec pour la première fois en 1936, alors que son Union Nationale mit fin à un long régime des Libéraux de Louis-Alexandre Taschereau. À ce moment, on tentait de se remettre péniblement de la Grande Dépression. Le chômage demeurait élevé et des programmes d’infrastructures étaient en place pour créer de l’activité.
En 1937, Duplessis, grand amateur de baseball en général et des Yankees de New York en particulier, fut invité par l’équipe de la Ligue Provinciale de sa ville à faire le lancer protocolaire, lors du premier match de la saison. Constatant avec déception l’état des lieux, Duplessis s’engagea à faire construire un stade, qui ouvrit l’année suivante.
Utilisant le même programme, une demande pour un stade semblable fut faite pour Québec, où siégeait évidemment le gouvernement Duplessis. Les plans du stade de Trois-Rivières, de l’architecte Jules Caron, furent réutilisés pour Québec, d’où les similitudes. Le stade ouvrit en 1939. Il fut question de nommer le stade de Trois-Rivières "Stade Maurice-Duplessis", mais comme l’Union Nationale perdit le pouvoir cette même année, on se ravisa.
Stade Municipal de Québec
Les deux stades connurent des moments de gloire et d’autres plus sombres. Au fil des ans, des équipes de la Ligue Provinciale et de la première version de la Ligue Can-Am y jouèrent sous divers noms, en plus de la présence de la Ligue de Baseball Élite du Québec.
Pour Québec, il y eut les Athlétiques (à un moment affiliés aux Dodgers de Brooklyn), les Alouettes (affiliées aux Cubs de Chicago, puis aux Giants de New York), les Braves (voir texte du 21 août 2011) et les Indiens.
À Trois-Rivières, on retrouva les Renards, les Royals (affiliés aux Dodgers de Brooklyn), les Yankees et les Phillies (affiliés aux équipes du même nom).
C’est toutefois dans les années 1970, avec l’arrivée récente des Expos en 1969, qu’on y vit une activité intense. De 1971 à 1977, les Expos eurent leur club AA (les Carnavals, puis les Métros) à Québec. Les gens de la Vieille Capitale eurent ainsi la chance de voir passer des joueurs comme Steve Rogers, Gary Carter, Andre Dawson, Warren Cromartie et Ellis Valentine avant ceux de Montréal.
Trois-Rivières n’était pas en reste avec ses Aigles, filiale des Reds de Cincinnati dans sa période de la grosse machine rouge. Sont ainsi passés dans la Cité de Laviolette Ken Griffey Sr, Tom Hume, Joaquin Andujar, Doug Flynn et Dan Driessen. (Ces deux derniers ont joué plus tard avec les Expos.)
Pendant la même période, les Pirates de Pittsburgh eurent également un club à Sherbrooke, puis à Thetford Mines (voir texte du 24 mars 2010), avec par contre moins de succès.
À la fin de la saison 1977, suite à des assistances décroissantes, les Expos déménagèrent leur club à Memphis, pendant que les Reds envoyèrent le leur à Nashville.
Les deux stades ont par la suite été beaucoup plus tranquilles pendant plusieurs années, malgré la présence du baseball junior et de quelques événements, comme le Championnat mondial de baseball junior, disputé à Trois-Rivières en 1989 et en 1998.
Avant l’arrivée des Capitales en 1999, le stade, dont la démolition a été envisagée, a dû faire l’objet d’une importante cure de rajeunissement.
Du côté de Trois-Rivières, le stade a aussi dû faire l’objet de travaux avant l’arrivée des nouveaux Aigles. Il porte depuis 2001 le nom de Fernand-Bédard, en l’honneur d’une personne grandement impliquée dans le baseball de la région au fil des années.
En choisissant la Ligue Can-Am, autant les Capitales que les Aigles prennent la voie du baseball indépendant. Celle-ci a l’avantage d’avoir un alignement plus stable, étant donné que les joueurs appartiennent au club même, et non au club parent. Par contre, le baseball affilié a l’avantage de pouvoir compter sur des espoirs du grand club, même s’ils ne sont habituellement que de passage.
Du côté d’Ottawa, qui possède un stade plus récent (1993) et qui a longtemps logé les Lynx (filiale AAA des Expos), les expériences du côté du baseball indépendant ont connu un succès mitigé et on vise plutôt le baseball affilié. Pour le moment, on vise un club AA pour 2014.
Bonne chance et bonne saison, autant aux Capitales qu’aux Aigles!
Sources : « Le baseball AA pour Ottawa 2014, c’est possible, mais… » de Marc Brassard, 11 décembre 2012, Le Droit (cyberpresse.ca), « Stade Fernand-Bédard » (patrimoine-culturel.gouv.qc.ca), « Le Stade Municipal, un joyau historique » (capitalesdequebec.com), wikipedia.org.