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dimanche 8 janvier 2023

Les grands voyageurs #10 - Kimbi Daniels


 



Kimball J. Daniels est né le 19 janvier 1973 à Estevan en Saskatchewan. D'origine métis, ce rapide joueur de centre de 5'-11" et 185 lbs débuta dans la WHL à l'âge de 16 ans au sein des Broncos de Swift Current lors de la saison 1988-89. Quelques années après leur horrible accident d'autobus, les Broncos étaient encore toute une machine de hockey durant cette saison, terminant l'année en première place avec une fiche de 55-16-1. Daniels s'en sortit bien pour un joueur de 16 ans durant cette saison, où dans un rôle secondaire dans une équipe paquetée, il obtint 30 buts et 31 passes en 68 matchs ainsi que 12 points en 12 matchs en séries. Les Broncos pulvérisèrent leur compétition en séries où ils balayèrent chaque adversaire en 4 matchs.

Les Broncos remportèrent ensuite la coupe Memorial contre les Blades de Saskatoon et Daniels fit particulièrement tourner les têtes lors de ce tournoi alors qu'il termina au sommet des buteurs avec 5 buts en 6 matchs.


Les Broncos étaient à l'époque sous les ordres de Graham James, celui qui fut plus tard accusé d'abus sexuels par Sheldon Kennedy et ensuite Theoren Fleury. Kennedy était capitaine de ces Broncos de 1989 et co-chambreur de Daniels. Bien que des rumeurs aient circulé au fil des années sur l'identité de nombreux autres joueurs possiblement victimes de James, Daniels a toujours nié avoir été impliqué ou d'avoir soupçonné quoi que ce soit envers son ancien entraineur, avec qui il serait resté ami et aurait même écrit une lettre de recommandation pour une libération conditionnelle...

Daniels continua son parcours junior la saison suivante, et il s'améliora avec une récolte de 43 buts et 51 passes pour 94 points. Les Flyers le choisirent ensuite en 3e ronde (44e au total) au repêchage de 1990. De retour avec les Broncos en 1990-91, il marqua tous les buts de son équipe lors d'une victoire de 7-4 contre Medecine Hat le 2 octobre 1990. Ce sept buts en un match demeure à ce jour le record de la WHL pour les buts un match.


 

Daniels termina cette saison 90-91 avec 64 buts et 128 points, ce qui lui valut un essai en fin de saison avec les Flyers où il put disputer ses 2 premiers matchs dans la LNH, durant lesquels il récolta 1 passe. Il débuta la saison suivante avec les Flyers et y joua 25 matchs, ne récoltant cependant que 1 but et 1 passe seulement. 

Tout bascula dans la carrière de Daniels lorsque les médecins des Flyers découvrirent une condition dégénérative dans son genou, ce qui lui aurait causé tôt ou tard de mettre fin à sa carrière, à moins d'être opéré. Une greffe osseuse fut alors effectuée et il fut retourné dans le junior, désormais avec les Thunderbirds de Seattle, pour continuer sa convalescence.

Bien qu'il demeura efficace offensivement durant le restant de sa carrière, cette blessure affecta sa grande vitesse, la chose qui le distinguait, et il ne revint jamais dans la LNH en plus de rarement jouer un calendrier complet. Une certaine réputation de fêtard et de gros buveur le suivit partout où il a pu jouer mais il a plus tard déclaré qu'une grande partie de sa consommation était causée par une certaine auto-médication pour aider à endurer ses nombreuses douleurs au genou toujours présentes.


Sa longue convalescence continua en 1992-93 alors qu'il joua une dernière saison junior de seulement 9 matchs avec les Americans de Tri-City. Il était quand même trop fort pour la ligue alors qu'il récolta 9 buts et 21 points lors de ces 9 matchs. Il fut toutefois libéré par les Flyers durant l'hiver 1993.

Il débuta alors un impressionnant parcours nomade à travers les rangs professionnels, ce qui lui vaut une place dans cette série. Si vous êtes nouveau avec les Grand Voyageurs, je compte à mesure entre parenthèses chaque nouveau club professionnel avec qui il a joué. 

1993-94
Après son association finie avec les Flyers (1), il partagea la saison 1993-94 avec les Falcons de Detroit (2) dans la Colonial Hockey League (CoHL) et les Golden Eagles de Salt Lake City (3) de la IHL. Il amassa en tout 54 points en 48 matchs.

1994-95
Daniels partagea la saison avec le Moose du Manitoba (4) dans la IHL et le Olimpija de Ljubljana (5) en Slovénie où il remporta le championnat de cette ligue.

1995-96
Trois nouveaux Clubs en 95-96, d'abord les Bandits de Baltimore (6) de la AHL où il ne joua que sept matchs et ensuite deux clubs de la ECHL, les Lizard Kings de Jacksonville (7) et les Checkers de Charlotte (8). Fiche cumulative de 67 points en 51 matchs entre ces trois clubs.

1996-97
Quatre clubs en 96-97, d'abord les Checkers où il avait joué la saison précédente et ensuite les Nailers de Wheeling (9) dans la ECHL, les Bulldogs de Hamilton (10) dans la AHL et également les Americans de Rochester (11) aussi dans la AHL. Total de 69 points en 58 matchs.

1997-98
Trois nouveaux clubs en 97-98, soit les Bruins de Providence (12) dans la AHL et ensuite un retour dans la IHL avec les Dragons de San Antonio (13) et les Rafales de Québec (14) qui firent son acquisition des Dragons en retour de nul autre que Donald Dufresne. Fun fact ici, lorsqu'il apprit la nouvelle de son échange à San Antonio, Dufresne annonça qu'il prenait sa retraite au lieu de partir pour le Texas.

Sur son passage dans la capitale, on rapporte que Daniels n'était pas vraiment un joueur d'équipe selon l'entraineur Jean Pronovost. Il obtint 16 points en 28 matchs dans l'éphémère chandail des Rafales.

1998-99
Retour en Slovénie, encore avec le Olimpija de Ljubljana, mais aussi 29 matchs dans la ECHL avec le Brass de New Orleans (15). Total de 75 points en 55 matchs.

1999-00
Saison entamée dans la ECHL avec les Tiger Sharks de Tallahassee (16) mais retour à Québec à la mi-saison lorsque les Citadelles de Québec (17) de la AHL eurent besoin d'effectifs, le club étant affilié aux Tiger Sharks. Après une fiche de 10 points en 26 matchs et insatisfait de son utilisation, il demanda d'être renvoyé à Tallahassee. 


2000-01
Donc après 17 clubs en seulement 8 saisons (plus deux autres clubs junior), Daniels désirait de la stabilité. Il mit alors le cap sur l'Alaska pour s'aligner avec les Aces d'Anchorage (18) dans la West Coast Hockey League. Il jouera avec cette équipe de la saison 2000-01 jusqu'à celle de 2007-08. Au passage, les Aces et les clubs survivants de la WCHL migrèrent dans la ECHL en 2003-04 et remportèrent la coupe Kelly en 2005-06. 

Finalement libéré par les Aces en 2008, il joua ensuite avec les Roadrunners de Phoenix (19), toujours dans la ECHL, mais comme la franchise fut dissoute après cette saison 2008-09, Daniels préféra prendre sa retraite plutôt que de tenter de se dénicher un autre emploi. Il retourna vivre à Anchorage pour s'occuper davantage de ses deux enfants.


 

En additionnant ses statistiques dans les différents circuits professionnels, Kimbi Daniels aura récolté 306 buts et 564 passes pour 870 points en 928 parties.

Il fit un retour au printemps 2010 pour s'aligner temporairement avec les Flyers de Fort St.John, un club senior du nord de la Colombie-Britannique pour leur parcours au tournoi de la coupe Allan, championnat qu'il put ajouter à sa longue carrière, en plus de la coupe Memorial, la coupe Kelly et le championnat de Slovénie.


Sources:
One of the greatest that never was, The Province, 22 mai 2015
Speak no evil, Winnipeg Free Press, 17 décembre 2020
Échangé, Dufresne se retire, Le Soleil, 7 novembre 1997
La stabilité avant l'ambition, Le Soleil 15 décembre 1999
Daniels repart, Le Soleil, 1er mars 2000

vendredi 6 janvier 2023

Le masque de Murray Bannerman





Les Blackhawks de Chicago sont, à mon avis, l'équipe de hockey qui a eu le plus de beaux masques de gardien. Je pense tout d'abord à celui d'Ed Belfour bien entendu, mais également celui avec la tête d'amérindien de Jocelyn Thibault, le masque plus simple de l'ancien Saguenéen Jimmy Waite, les multiples coiffes de chef amérindien, tel que Darren Pang, Jeff Hackett et, plus récemment, celle de Cristobal Huet. À l'époque des masques de fibre de verre, à la Jacques Plante, c'est celui de Murray Bannerman qui marqua mon l'imaginaire.

Repêché par les Canucks de Vancouver en 1977, Bannerman devint la "considération future" de l'échange qui envoya Hubert "Pit" Martin aux Canucks en novembre 1977. Bannerman rejoint donc les Hawks du Nouveau-Brunswick dans la AHL pendant deux saisons avant de faire le saut avec le grand club pour la saison 1980-81, dans le rôle de second à Tony Esposito. C'est alors qu'il commença à porter ce masque fabriqué par Greg Harrison.

La vue d'un visage immaculé blanc d'un guerrier amérindien a probablement contribué à ses succès dans l'organisation des Blackhawks. Œuvrant aux côtés de "Tony O", Bannerman prit de plus en plus de place, ravissant le poste de partant à Esposito en 1983-84. Suite à la retraite de ce dernier, il ne put garder les Blackhawks à bout de bras, perdant peu à peu sa place au profit de Bob Sauvé. Relégué dans les clubs affiliés aux Hawks, soit 41 matchs avec les Skipjacks de Baltimore de l'AHL et 3 avec les Hawks de Saginaw de l'IHL, Bannerman accrocha ses jambières à la fin de la saison 1987-88. Il est aujourd'hui directeur des ventes, division USA pour une compagnie de transport de Montréal, Traffic Tech.

Bien entendu, ce masque figurait parmi les œuvres affichées lors de l'exposition MASK présenté à Calgary en janvier & février 1988. Par contre, parmi les autres photographies, on remarqua également que Harrison s'est auto plagié …

Vous vous dites sûrement "... Qui ?". Effectivement, Boyarski n'est pas connu. Il a gardé les buts des Warriors de Whitby en 1975-76, une équipe sénior A en Ontario qui a existé dans la Ontario Hockey Association Senior A de 1975 à 1979. Le nom des Warriors existe toujours, mais il appartient désormais à une équipe junior A de crosse.

Pour des raisons évidentes, et dans la foulée des changements de noms de l'équipe de football de Washington, ou celle de baseball de Cleveland, l'organisation des Blackhawks de Chicago est maintenant très rigoureuse face aux artistes peintres, afin que les œuvres sur les masques de gardien ne dénigrent pas les membres des premières nations, en ne les dépeignant pas comme des guerriers, par exemple.

Sources : hockeydb, https://nhlhistory.substack.com/p/behind-the-mask-murray-bannerman


jeudi 5 janvier 2023

Histoire de cartes: Jump



Voici une autre thématique pour le fun que j'ai imaginée l'autre jour en triant des cartes. Voici des joueurs qui sautent, soit volontairement ou bien en étant envoyés dans la stratosphère par un adversaire. Si ça peut vous aider à rendre votre lecture plus palpitante, juste à faire jouer du Kris Kross ou du House of Pain en arrière plan.


 

Pour être éligible, les patins du joueur se doivent d'être à au moins un pouce de la surface glacée.

Allons-y donc.



C'est ce qu'on appelle de la «Haute» couture.

Contrairement à Kenny, ce design de carte ne volait pas haut...
Au lieu de jouer à saute-mouton, Pat Verbeek jouait à... saute-baleine... Des fois je me demande si je devrais pas laisser ces espaces vides...

Toujours adoré cette carte. Ça doit faire 34 fois que je l'utilise sur ce blogue.  

Vous avez aussi peut-être vu cette carte passer. J'avais autrefois analysé en détails les étranges personnages secondaires qu'on peut voir dans les estrades...

Cizikassé la geule...

Cette carte de Brian Propp demeure un classique pour plusieurs. En plus j'aurais pu la mettre dans ma batch de l'autre jour car on y retrouve un autre caméo de Brett Hull.

Ici je me demandais vraiment qui était ce joueur des North Stars dont on ne semble apercevoir qu'un «B» de son nom. Après vérification, je crois qu'il s'agit de nul autre que Bobby Smith car il avait le numéro 18 et on retrouvait un autre Smith chez les North Stars lors de cette saison, Derrick Smith.


Une autre de mes cartes favorites, celle du 3e meilleur pointeur de la première année des Mighty Ducks, Garry Valk. Le joueur qui lui fait ce merveilleux hug est un dénommé Mark Ferner, qui allait lui aussi connaitre sa meilleure saison en carrière cette année-là avec les premiers Ducks.

J'ai cette carte depuis 30 ans genre et à moment donné je suis tombé sur la version non-cadrée de cette photo. C'est assez cool puisque ça nous permet de mieux identifier le joueur des Whalers qui est nul autre que Zarley Zalapski...

Celui-ci c'est à peine s'il ne touche pas à la glace mais je tenais à le mettre puisqu'en plus d'être une carte de ces joueurs «no-names qui ont joué 4 matchs et qu'on s'en calice» et bien on retrouve aussi un caméo d'un autre Vyacheslav.

En fait j'ai écrit trop vite ici car Butsayev a quand même joué 132 matchs dans la LNH. Mais tant pis je vais pas effacer ma joke pour autant...



Et en terminant, c'est à peine s'il est en suspension, mais comment ne pas mettre une carte de Mike McPhee...


mardi 3 janvier 2023

Vic Hadfield


Depuis septembre, nous pouvons voir une multitude de références à la Série du siècle qui fête ses 50 ans: des rassemblements, des entrevues, une série télévisée et même une bière. Les exploits des Cournoyer, Esposito, Dryden et bien sûr Henderson ont été soulignés à maintes reprises. On a toutefois beaucoup moins vu Vic Hadfield.

Ce dernier a connu une très belle carrière, mais la Série du siècle n’en fut de toute évidence pas le point culminant.

D’abord recruté par les Black Hawks de Chicago, Hadfield fut assigné aux Tee Pee’s de St.Catharines de la Ligue de l’Ontario. Une solide performance de sa part aida d’ailleurs sa formation à remporter la Coupe Memorial en 1960.

Les Hawks l’envoyèrent alors dans la Ligue américaine avec les Bisons de Buffalo, mais alors qu’ils redevenaient finalement une bonne équipe et même les champions de la Coupe Stanley, ils jugèrent qu’ils n’avaient pas de place pour lui. Laissé sans protection, Hadfield fut repêché par les faibles Rangers.

Recherchant de la robustesse, les Blueshirts le firent graduer immédiatement. Avec le temps, cet aspect de son jeu demeura important, mais il prit de la confiance et obtint plus de temps de glace. Se concentrant plus sur son offensive, il vit sa production augmenter de façon constante, allant jusqu’à se retrouver sur la GAG (goal a game) Line avec Jean Ratelle et Rod Gilbert.

En 1971-72, les Rangers étaient de retour parmi l’élite et la GAG Line y a clairement apporté sa contribution. Derrière Phil Esposito et Bobby Orr de Boston, le trio new yorkais occupa les 3e, 4e et 5e positions des meilleurs pointeurs de la ligue. De son côté, Hadfield amassa 106 points, en plus de devenir le premier marqueur de 50 buts de l’équipe. (Il faudra attendre 1994 avant qu’Adam Graves ne devienne le 2e.) En séries, les Rangers ont accédé à la finale pour la première fois en 22 ans, bien qu’ils aient ensuite baissé pavillon devant les Bruins.

Suite à ces performances, Hadfield s’est présenté devant l’état-major des Rangers pour négocier son nouveau contrat dans des circonstances particulières. Une nouvelle ligue, l’Association mondiale de hockey (AMH), se préparait à débuter ses activités, et dans le but de gagner de la crédibilité, elle signait à fort prix des joueurs de la LNH, incluant certains de grand calibre. Hadfield devenait ainsi une cible de choix. Pour éviter de le perdre, les Rangers lui ont donc offert un contrat de près d’un million de dollars pour cinq ans, une somme considérable à l’époque.

C’est dans cet état d’esprit que Hadfield s’est présenté au camp d’Équipe Canada, en compagnie de ses deux compagnons de trio. D’autre part, l’entraîneur Harry Sinden avait invité suffisamment de joueurs pour former deux équipes lors des entraînements. Jugeant que tous méritaient de faire partie de l’aventure, il se retrouva alors avec une grande quantité de joueurs disponibles.

Lors du premier match à Montréal, Hadfield et la GAG Line ne furent guère plus brillants que le reste de l’équipe, que l’Union Soviétique remporta 7-3 à la surprise générale. Sinden se rendit alors compte qu’il avait besoin de joueurs versatiles pouvant se replier pour faire face à une équipe en meilleure forme et qui patinait et passait amplement. Il décida donc de laisser Hadfield de côté pour le deuxième match à Toronto. Piqué au vif de rater le match dans sa ville et blessé dans son orgueil, il menaça de quitter l’équipe, ne comprenant pas que des types comme Jean-Paul Parisé et Paul Henderson jouaient et pas lui. Sinden le convainquit finalement de demeurer.

Hadfield rata aussi le match à Winnipeg, avant de jouer celui à Vancouver. Dans cette partie, une défaite de 5-3 où l’équipe canadienne fut huée et où Phil Esposito y alla de son cri du cœur dans son entrevue à la conclusion du match, Hadfield eut peu d’impact.

Entre les quatre matchs au Canada et les quatre à Moscou, l’équipe canadienne devait jouer deux matchs à Stockholm contre l’équipe suédoise. Lors du deuxième match, Hadfield a compté un but, récolté une passe, mais il a aussi asséné un violent coup de bâton au visage de Lars-Erik Sjoberg, qui lui concédait pourtant 5 pouces, et lui fractura ainsi le nez. Lors de ces matchs, Hadfield ne fut par contre pas le seul canadien qui vit son comportement être remis en question. Couplé aux résultats décevants des matchs contre les Soviétiques, les Canadiens étaient à ce moment bien loin d’avoir atteint le statut de héros nationaux, tout au contraire.

L’équipe suédoise n’était toutefois pas la seule à ne pas trouver Hadfield amical. Suivant probablement son pleurnichage constant, certains coéquipiers en furent excédés. Lors de ce match, Hadfield demanda à Bobby Clarke où il devait se positionner pour la mise au jeu. Clarke lui répondit : sur le banc…

Une fois arrivé à Moscou, Sinden a remanié ses trios. En mettant Ratelle avec Frank Mahovlich et Yvan Cournoyer, il devenait clair que la GAG Line ne tenait plus. Lorsqu’il confirma à Hadfield qu’il serait peu probable qu’il joue un autre match (contrairement à Ratelle et Gilbert), c’en fut trop pour lui. Prenant encore Parisé comme cible, Hadfield annonça qu’il quittait l’équipe.

Il y eut alors un ressac à son endroit. Sinden indiqua qu’il en avait assez et qu’il n’avait même pas tenté de le retenir. Considérant les conditions difficiles dans lesquelles les joueurs canadiens étaient à Moscou (hôtel, nourriture, etc.), l’aspect patriotique avait pris de l’ampleur. Les accusations de traîtrise et de lâcheté ne se firent pas attendre. Frosty Forrestall, le soigneur des Bruins, ne put d’ailleurs s’empêcher de décocher une flèche envers le capitaine de leurs rivaux, pendant qu’Esposito était le leader incontesté de l’équipe et qu’un vaillant guerrier des Bruins, Wayne Cashman, prenait son mal en patience. Pour Forrestall, ceci ne faisait que démontrer pourquoi Boston bottait constamment le derrière des Rangers.

Au moment de l’annonce de Hadfield, elle fut accompagnée par la même de Jocelyn Guèvremont et Richard Martin, deux jeunes joueurs qui n’avaient joué que les matchs en Suède et qui estimaient qu’il était préférable pour eux de se mettre en forme pour leur saison à venir. Comme le moral était plutôt bas à ce moment, des rumeurs commencèrent à circuler au sujet de 6 à 10 joueurs qui pourraient quitter. On mentionna les noms de Don Awrey (pourtant un Bruin), Mickey Redmond, Dale Tallon et Dennis Hull. Finalement, ceux-ci restèrent avec l’équipe. Seul Gilbert Perreault finira par quitter.

Dans la série produite récemment par CBC et diffusée du côté francophone à TVA Sports, cet épisode fut passé sous silence. On préféra plutôt mettre l’emphase sur l’adversité à laquelle les joueurs (restants) durent faire face lors de leur séjour à Moscou. Considérant que le but était de célébrer la victoire, 50 ans plus tard, on peut comprendre ce choix.  Une chose est sûre, la victoire de l'équipe canadienne a permis que l'histoire de Hadfield soit éventuellement balayée sous le tapis.

Les trois joueurs en question prirent leur décision la journée suivant l’arrivée des épouses à Moscou. Il en coûta donc 2500$ pour payer les billets de retour de Monsieur et Madame Hadfield, Monsieur et Madame Guèvremont et de Richard Martin. Hockey Canada n’avait alors pas suffisamment d’argent (évidemment, les méthodes de paiement et les transferts de fonds n’étaient pas ce qu’ils sont aujourd’hui, mais on peut quand même se poser des questions). Il fallut donc que Wayne Cashman contribue 500$ pour leur permettre de revenir.

Lorsque Hadfield retourna avec les Rangers, sa production diminua, bien que demeurant respectable (62 points en 63 matchs en 1972-73 et 55 points en 77 matchs en 1973-74). Il fut ensuite échangé à Pittsburgh contre Nick Beverley, dans un échange en faveur des Penguins. C’est ainsi que fut démantelée la GAG Line.

Il trouva sa place dans la ville de l’acier avec 73 points en 1974-75 et 65 points en 1975-76.

À l’été 1976, il dut subir une opération au genou, mais celle-ci n’a pas tenu le coup. S’étant reblessé en décembre et devant repasser sous le bistouri, Hadfield mit fin à sa carrière.

En 1002 matchs, sa fiche est de 323-389-712.

Au moment de sa retraite, il possédait le quatrième plus haut total chez les Rangers pour les matchs, les buts, les passes et les points. 42 ans plus tard, ces mêmes Rangers ont retiré son numéro 11.

Il possède toujours un terrain de pratique de golf à Oakville, dans la région de Toronto.

Sources:

"They also serve the team who just sit out and wait" de Ted Blackman, September 7, 1972, Montreal Gazette, page 33,

"Esposito’s goal salvages 4-4 tie" de Ted Blackman, September 18, 1972, Montreal Gazette, page 17,

"Swedes wonder if NHL a hoax" de Ted Blackman, September 18, 1972, Montreal Gazette, page 18,

"Cournoyer key figure in Sinden line change" de Ted Blackman, September 21, 1972, Montreal Gazette, page 33,

"J’ai honte d’être canadien" de Michel Blanchard, 18 septembre 1972, La Presse, page B1,

"En dépit de nouvelles tuiles, les Canadiens tiennent le coup" de Claude Larochelle, 22 septembre 1972, Le Soleil, page 10,

"Hadfield, Martin, Guevremont return home", September 22, 1972, Montreal Gazette, page 13,

"La campagne de Russie s’annonce pénible" de Michel Blanchard, 22 septembre 1972, La Presse, page B1,

"Phil Esposito stands taller as he keeps doing it all" de Ted Blackman, September 23, 1972, Montreal Gazette, page 27,

"Canada edges Russians, refs: ′Never gonna beat us again′" de Ted Blackman, September 25, 1972, Montreal Gazette, page 21,

"No.7: Esposito in nets, new refs" de Bruce Levett, CP, September 26, 1972, Montreal Gazette, page 39,

"Pens Trims Stars, 6-2, But Lose Vic Hadfield" de Bob Whitley, December 8, 1976, Pittsburgh Post Gazette, page 42,

hockeydb.com, hockey-reference.com, vichadfieldgolf.com, wikipedia.org.