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vendredi 4 avril 2025

Les grands voyageurs #16 - Dave McLlwain

 


 

Le trophée O'Brien

Lors de la saison 1977-78, le défenseur Dennis O'Brien marqua l'histoire en devenant le premier joueur à disputer au moins un match pour 4 équipes différentes durant la même saison. Cela lui aura valu, 40 ans plus tard, de voir un trophée à son nom à La Vie Est Une Puck pour le joueur qui a joué pour le plus d'équipes durant la saison.

Mais lors du brainstorm pour la création de ce trophée, on pensait d'abord nommer ce trophée en l'honneur de celui qui répéta l'exploit en 1991-92, nul autre que Dave McLlwain. On s'est finalement rabattu sur O'Brien, le OG, mais aujourd'hui on tient quand même à faire une place à McLlwain en lui accordant finalement une bio. 

David Allan McLlwain et né le 9 juin 1967 à Seaforth en Ontario, même ville d'origine que plusieurs joueurs de renom comme Cooney Weiland et Ryan O'Reilly. 

Joueur de centre de 6'-0" et 185 livres, McLlwain débuta son stage junior en 1984-85 avec les Rangers de Kitchener mais fut échangé aux Centennials de North Bay la saison suivante, saison qui résulta sur sa sélection tardive en 9e ronde (174e au total) par les Penguins de Pittsburgh au repêchage de 1986.

Il termina ensuite la saison 1986-87 avec 119 points, au deuxième rang de la OHL. Il participa également aux championnat junior de 1987, ce fameux tournoi qui vit la Russie et le Canada être disqualifiés suite à une bagarre générale.  


Il débuta ensuite son parcours professionnel en 1987-88, parvenant à se tailler un poste avec les Penguins, à l'exception de 9 matchs dans la IHL avec les Lumberjacks de Muskegon. Il récolta 19 points dont 11 buts en 66 matchs pour cette saison recrue.

Il sembla régresser la saison suivante et ne joua que 24 matchs à Pittsburgh (3 points) et il passa la majorité de la saison à Muskegon, les aidant à remporter la coupe Turner. 

Ce fut sa dernière saison à Pittsburgh car durant l'été 89, il fit partie d'une transaction de 6 joueurs entre les Penguins et les Jets de Winnipeg. En compagnie de Randy Cunneyworth et le gardien Rick Tabbaracci, McLlwain prit le chemin du Manitoba. En retour, les Penguins mirent la main sur Jim Kyte, Randy Gilhen et Andrew McBain.

McLlwain répondit parfaitement à cet échange, récoltant des sommets en carrière de 25 buts et 51 points en 1989-90. Cela sembla toutefois être bien éphémère alors qu'il régressa à seulement 25 points en 1990-91.

Vint ensuite sa fameuse saison à 4 équipes en 1991-92.

Après seulement 3 matchs en début de saison avec les Jets, il passa aux Sabres de Buffalo dans un échange impliquant 5 joueurs et un choix au repêchage qui devint Yuri Khmylev chez les Sabres. Mais seulement 2 semaines plus tard, il fit partie d'un autre échange encore plus gros, celui de Pierre Turgeon/Pat LaFontaine entre les Sabres et Islanders de New York. McLlwain, Turgeon, Benoit Hogue et Uwe Krupp devinrent alors des Islanders, tandis que Lafontaine, Randy Hillier et Randy Wood devinrent des Sabres.

Il joua donc pour les Islanders pour les 54 matchs suivants, amassant 23 points. Mais lors de la date limite des transaction au printemps 1992, il passa aux Maple Leafs de Toronto en compagnie de Ken Baumgartner. En retour, les Islanders mirent la main sur Claude Loiselle et Daniel Marois.

Donc si vous étiez parmi ces nombreux collectionneurs de cartes autour de 1992, vous deviez avoir pas mal de versions de Dave McLlwain:




Après autant de mouvement, il put au moins réaliser un rêve d'enfance de pouvoir jouer à Toronto devant les siens. Il fut «récompensé» en 1992-93 en jouant la saison entière avec les Leafs, amassant 18 points en 66 matchs.

Mais ce fut encore une fois très bref dans la ville reine alors qu'il signa avec les Sénateurs d'Ottawa durant l'été 1993, et connaitra sa deuxième meilleure récolte en carrière en 93-94 avec 43 points. Après une demie-saison moyenne en 1995, les Sénateurs s'en débarrassèrent, tout d'abord en le prêtant dans la IHL aux Lumberjacks de Cleveland. 

Parenthèse ici pour parler des Sens, qui faisaient alors véritablement honneur à leur jeune réputation de club broche à foin, puisqu'au même moment, le club versait plus de 2,5 millions en salaire à des joueurs qui n'étaient même plus dans la LNH... 

Je recopie ici un texte du Soleil du 8 décembre 1995:

«Les infortunés Sénateurs d’Ottawa ont retourné hier aux mineures les vétérans Dave Archibald et Scott Levins. Puisqu’Archibald recevra quand même son salaire de 400 000 $ à l’île-du-Prince-Édouard, les Sénateurs devront désormais verser quelque 2.5 millions à des joueurs qui ne sont pas dans la LNH. L’équipe verse environ 19 millions en salaires. Pat Elynuik (850 000$), Brad Shaw (550 000$), Chris Dahlquist (550 000$), Dave McLlwain (450 000$), Darrin Madeley (300 000$) et Sylvain Turgeon (150 000$) appartiennent tous aux Sénateurs même si aucun d’eux ne joue à Ottawa. Ils écoulent tous leurs contrats garantis dans la LIH. Les Sénateurs doivent également honorer les contrats de l’ancien entraineur Rick Bowness et de son adjoint Alain Vigneault, ainsi que celui de l’ex-directeur général Mel Bridgman.


 

Mais McLlwain était loin d'être fini car il amassa 75 points dont 30 buts en 60 matchs dans la IHL. Il évoluait avec le même club qu'il avait auparavant porté les couleurs, les Lumberjacks, qui étaient toutefois déménagés à Cleveland. Les Lumberjacks demeuraient toujours le club-école des Penguins et c'est en quelque sorte ce qui dicta la suite des choses. Les Sénateurs trouvèrent finalement preneur pour les services de McLlwain en mars 1996 lorsqu'il retourna aux Penguins en retour d'un choix de 8e ronde.

Après avoir fait ce court retour avec les Penguins, il retourna avec les Lumberjacks en 1996-97. Il parvint toutefois à revenir dans la LNH pour 4 matchs en fin de saison avec un autre ancien club, les Islanders. Ce furent ses derniers matchs dans la LNH.

Il mit ensuite le cap sur la ligue allemande en 1997-98 avec le Landshut EV. S'en suivit par après 2 saisons avec le HC Berne dans la ligue Suisse.

En 2000-01, il retourna dans la ligue allemande avec les Sharks de Cologne. Il y connaitra alors ses années les plus stables, jouant avec le club jusqu'à sa retraite en 2009.

Il termina deux fois en tête des pointeurs de la DEL, soit en 2005-06 et 2006-07. Il fut élu capitaine des Sharks pour ses trois dernières saisons et demeure à ce jour le 2e meilleur pointeur de l'histoire de l'équipe.

L'équipe lui a rendu honneur lors de sa retraite et à ce qu'on peut entendre ici, il avait même appris un peu d'Allemand...


En 501 matchs dans la LNH, il amassa 100 buts et 107 passes pour 207 points.

Il fallut ensuite attendre jusqu'en 2014-15 pour revoir un joueur faire 4 équipes en une saison lorsque Mark Arcobello réédita l'exploit, suivi quelques années plus tard de Jussi Jokinen en 2017-18.

vendredi 20 septembre 2024

Les grands voyageurs #15 - Greg Koehler




Comme toujours lors des chapitres de la série «Les Grands Voyageurs», chaque club professionnel où le joueur a joué un match est compté entre parenthèses.

 


 

Greg Koehler est né le 27 février 1975 à Scarborough. Lorsqu'il était âgé de 13 ans et capitaine de son club pee-wee, Ken Dryden en fit le sujet principal d'un épisode de sa série documentaire «Home Game», qui fut diffusée en 1989. On y voit un jeune Koehler et son équipe en préparation pour le tournoi Pee-Wee de Québec et les défis que tout cela représente pour lui et sa famille. La série fut ensuite adapté en un livre du même nom.

Après cette saison, Koehler (qui jouait au centre) semblait avoir plafonné et était désormais dépassé par les autres au niveau talent, taille et poids. Le capitaine fut donc retranché de son club. Il abandonna alors temporairement le hockey mais fut plus tard convaincu de revenir avec un club de Niagara Falls, avec qui il retrouva sa touche et connut une poussée de croissance. Il évolua ensuite pour divers clubs junior A avant d'être recruté par l'Université Lowell-UMass, avec qui il remporta le titre de recrue de la saison 1996-97 dans sa division (Hockey East).

Son bon rendement avec Lowell-UMass incita les Hurricanes de la Caroline à lui offrir un contrat. Il débuta donc son parcours professionnel en 1998-99 avec les clubs-école des Hurricanes, dans la AHL avec le Beast de New Haven (1) et dans la ECHL avec les Everblades de la Floride (2). 

Les Hurricanes changèrent de club-école principal en 1999-2000 et Koehler changea donc de ligue et d'équipe avec les Cyclones de Cincinnati (3) dans la défunte IHL. Après une première saison timide là-bas (12 buts 13 passes) passée exclusivement sur le troisième trio, il se disputa avec son coach sur son temps de jeu et déclara qu'il était capable de marquer 30 buts dans cette ligue. Le coach écouta et c'est ce qu'il fit la saison suivante (2000-01) alors qu'il connut sa meilleure saison professionnelle à vie avec 35 buts et 36 passes pour 71 points. 

Mais durant cette même saison 2000-01, il allait marquer l'histoire du hockey à tout jamais...

Vers la fin décembre 2000, Rod Brind'Amour se blessa. N'ayant que très peu de relève au centre, les Hurricanes (4) rappelèrent Koehler qui put faire ses débuts dans la LNH le 29 décembre 2000 lors d'un match contre les Blue Jackets. Vers la fin de la première période, son trio fut appelé à prendre le relais et Koehler put enfin mettre les patins sur la glace et devenir un joueur de la LNH. Cependant, au même moment, le capitaine Ron Francis se fit accrocher par Steve Heinze des Blue Jackets. Francis s'écroula contre la bande et le sifflet retentit, signifiant le début d'une pénalité et la fin du shift de Koehler, qui n'aura duré que 4 secondes.

Le reste du match fut ponctué de multiples autres pénalités (56 minutes au total durant la partie). Tirant déjà de l'arrière 1-0 après cette première période, l'entraîneur Paul Maurice préféra ne plus utiliser le 4e trio de Koehler. N'évoluant aucunement sur les unités spéciales des Hurricanes, Koehler ne fit donc plus aucune présence, ni durant ce match ni aucun autre dans la LNH. Il participa aux échauffements de deux autres parties, mais ne fut plus jamais rappelé par les Hurricanes, et il termina la saison à Cincinnati. 

Sa carrière dans la LNH se résuma donc à ce simple 4 secondes contre les Blue Jackets, ce qui demeure un record jusqu'à ce jour. 

Quand on utilise l'expression «juste le temps d'une tasse de café» ou «a cup of coffee in the big leagues», et bien dans le cas de Koehler on peut plutôt parler d'une petite gorgée de café...

Ce «record» est cependant à prendre avec des pincettes. La ligue ne tient ces statistiques de temps passé sur la glace que depuis 1997 et même au départ il y avait des erreurs fréquentes, car Koehler est plutôt listé à 46 secondes sur le site de la LNH, ce qui serait tout de même près du record, soit au troisième rang. Il n'y a en fait que 4 joueurs (incluant Koehler), depuis qu'on compile ces statistiques, qui ont joué moins d'une minute dans la LNH.

Les voici pour vous:
Jeff Libby (Islanders 97-98): 43 secondes
Tim Ramholt (Flames 07-08): 45 secondes
*Greg Koehler (Hurricanes 01-02): 46 secondes
(mais 4)
* Cameron Butler (Blue Jackets 23-24): 54 secondes
(toujours actif donc possible d'améliorer)

Il est donc toujours techniquement possible qu'en 1931, un joueur nommé Joe Schlomo des Falcons de Détroit ait sauté sur la glace pendant une seconde avant de se fouler la cheville et disparaître à jamais dans le néant. Mais ça, on le saura jamais...

Mais Koehler lui-même a officialisé au site The Athletic qu'il n'a effectivement joué qu'un seul shift de 4 secondes. Lui et les journalistes de l'époque s'entendent pour confirmer ce fait et que probablement que les marqueurs de temps ont simplement confondu Koehler avec un autre joueur, ce qui arrivait apparemment assez souvent à l'époque. De nos jours, avec les joueurs ayant pratiquement des puces implantées dans le bras et des codes QR tatoués sur les fesses, on imagine qu'on est davantage précis...

Koehler mentionne également n'en vouloir à personne, qu'il a simplement été malchanceux et qu'il a adoré sa carrière malgré tout, et que ce seul shift dans la LNH a été magique. Il a réussi à se rendre à la LNH, ce qui représentait en quelque sorte un «F... You» à ces anciens coachs Pee-wee pour l'avoir retranché. Il a aussi pu grandement profiter de ce contrat offert par les Hurricanes, utilisant entre autres une partie de son bonus de signature de 650,000$ pour payer la maison de ses parents.

Koehler reprit donc son chemin dans les mineures. Il passa une autre saison dans l'organisation des Hurricanes, cette fois-ci avec les Lock Monsters de Lowell (5), où il fit en quelque sorte un retour au bercail de ses années universitaires. Ses droits furent cependant échangés aux Flyers en février 2002 (contre Jesse Boulerice si vous vous rappelez de lui). Il termina donc la saison 2001-02 avec les Phantoms de Philadelphie (6) dans la AHL. 

Il se retrouva en 2002-03 dans l'organisation des Predators de Nashville et fut même rappelé en renfort par ces derniers. Il participa à un échauffement d'avant-match, mais fut finalement rayé de la formation et retourné dans les mineures avec les Admirals de Milwaukee (7). Il fut ensuite échangé aux Kings de Los Angeles, et termina la saison avec les Monarchs de Manchester (8).

Dans tout ça, le comble de l'histoire est le fait que Koehler a eu quand même droit à quelques cartes de hockey, non pas pour son seul «match» dans la LNH avec les Hurricanes, mais plutôt lors de ce passage encore plus court à Nashville comme réserviste...

«Top Shelf» dans le sens qu'il était «sur la tablette»?

«Nashville» mais avec son chandail des Hurricanes.

Une carte avec un morceau de son chandail lors de l'échauffement...
Même pas eu le temps de mettre du tape sur son bâton.

Le gars a plus de cartes que de matchs joués...
 

Désormais sans contrat avec une organisation de la LNH, il débuta véritablement un parcours encore plus nomade. Il joua pour 4 clubs en 2003-04, et ce dans un ordre que j'ignore. Il joua 37 matchs pour les Jackals d'Elmira (9) dans la UHL (United Hockey League), 2 matchs dans la AHL avec le Crunch de Syracuse (10), 12 matchs avec le Rampage de San Antonio (11) et finalement un retour avec les Monarchs de Manchester pour la fin de la saison et les séries 2004.

Il retourna avec les Jackals d'Elmira en 2004-05 mais termina la saison avec le Frostbite d'Adirondack (12), toujours dans la UHL. 

En 2005-06, ce fut un début de saison avec le Frostbite mais aussi un aller-retour de 8 matchs en Italie avec le Milan HC (13).

En 2006-07, ce fut une autre saison dans la UHL partagée entre deux nouveaux clubs, soit les Hounds de Chicago (14) et le PrairieThunder (wtf) de Bloomington (15). Note à moi-même, me renseigner sur ces derniers...

Toutefois, le poids des années et de la route avait laissé ses traces et il décida de prendre sa retraite après cette saison 2006-07.

Il habite désormais la région de Toronto et travaille comme mécanicien, passant une bonne partie de ses loisirs dans un chalet qu'il a acheté avec son contrat des Hurricanes. Il a deux enfants dont une fille qui a été choisie une fois pour chanter l'hymne national avant un match entre les Maple Leafs et... les Hurricanes.

C'était donc l'histoire de Greg Koehler, pas le plus grand des voyageurs comme David Ling ou Trevor Jobe (sérieux allez lire ces texte) mais il aura quand même joué pour 15 clubs professionnels en seulement 10 saisons. Et c'est toujours sans compter les organisations de la LNH pour qui il n'a pas joué de match régulier, dans ce cas-ci il faudrait en inclure 3 autres (Predators, Flyers et Kings)...

Sources:
The shortest career in NHL history? 1 shift. 4 seconds. 0 regrets, The Athletic, 8 novembre 2023

mercredi 7 août 2024

Les grands voyageurs #14 - Darren Banks




 

Re-bienvenue à la série des Grands voyageurs où l'on décortique le parcours étourdissant de ces «journeymen» légendaires. Le nombre d'équipes est compté entre parenthèses² au fur et à mesure.

 

Darren Banks est né le 18 mars 1966 à Toronto. Non-repêché, il prit le chemin des rangs universitaires canadiens en 1986 avec l'Université Brock de St.Catharines, où il joua durant trois ans et obtint un diplôme en sociologie. 

Il débuta ensuite comme professionnel en 1989-90 dans la ECHL avec les Cherokees de Knoxville (1). Grand ailier gauche costaud à 6'2" et 228 livres, c'est rapidement qu'il comprit qu'il devrait se concentrer sur son rôle de pugiliste pour perdurer dans le hockey. Il amassa 258 minutes de pénalité en 52 matchs, en plus d'amasser 47 points dont 25 buts à cette première saison pro. 

Cette bonne prestation capta l'attention des Flames de Calgary, qui l'embauchèrent et l'assignèrent à leur club-école de la IHL, les Golden Eagles de Salt Lake City (2) pour terminer cette saison 89-90. Il joua également un match en prêt avec les Komets de Fort Wayne (3). 

Il passa les deux saisons suivantes avec les Golden Eagles, passant dans l'ordre 286 et 303 minutes au cachot. Il fut libéré par les Flames sans jamais jouer avec le grand club mais il se trouva un autre poste dans l'organisation des Bruins de Boston (4) pour la saison 1992-93. Il impressionna assez au camp d'entrainement pour commencer la saison avec les Bruins en octobre 92. Lors de son premier match, le 8 octobre 1992 contre les Whalers, il accumula 17 minutes de pénalité.

Voici un extrait de ce premier match:



Il fut finalement retourné dans les mineures après 16 matchs durant lesquels il aura obtenu 2 buts, 1 passe, et 64 minutes de pénalité. Ces 3 points furent obtenus lors du même match, une victoire de 8-2 contre les faibles Sharks.

Il termina donc la saison 92-93 avec les Bruins de Providence (5) dans la AHL où il accumula 199 minutes de pénalité en 43 matchs en plus d'une fiche de 9 buts et 5 passes. Sa saison 93-94 fut également partagée entre Providence et Boston, mais il ne joua que 4 matchs avec le grand club, ses derniers dans la LNH où il n'obtint qu'une passe et 9 minutes au cachot. 

Cependant, son entraîneur dans les mineures était l'ancien joueur Mike O'Connell. Les deux ne s'appréciaient pas et durant une pratique, Banks lança une rondelle sur O'Connell. Après la saison, O'Connell devint adjoint au directeur général des Bruins. Vous pouvez imaginer la suite pour Banks...


Libéré par les Bruins et de son propre aveu sur la liste noire de la LNH, il commença alors véritablement son parcours nomade dans les mineures. Il joua pour 4 clubs en 1994-95; le Thunder de Las Vegas (6) dans la IHL, les Pirates de Portland (7) et les Red Wings d'Adirondack (8) dans la AHL et finalement les Falcons de Détroit (9) dans l'obscure Colonial Hockey League (CoHL).

Il continua avec ces mêmes Falcons en 95-96 mais passa ensuite au Blizzard d'Utica (10), toujours dans la CoHL, en plus de 5 autres matchs de retour avec le Thunder de Las Vegas.

Sa saison 1996-97 fut ensuite passée exclusivement avec les Vipers de Détroit (11) dans la IHL, saison qui se solda par une conquête de la coupe Turner pour Banks et les Vipers. Banks se plaisait beaucoup avec les Vipers, lui qui habitait tour près à Windsor. Cependant, il fut échangé aux Rafales de Québec (12) durant l'été 1997. Banks ne voulait rien savoir de jouer à Québec et il refusa de s'y rapporter. Le DG des Rafales attendait des nouvelles et des explications de la part de Banks lors des jours suivants, sans succès, jusqu'à ce qu'il apprenne par RDS que Banks était au camp d'entraînement des Sénateurs d'Ottawa malgré son contrat dans la IHL.



Il accepta éventuellement de venir à Québec mais ce ne fut que très bref. Après seulement 4 matchs sans grande implication de sa part, il fut échangé aux Dragons de San Antonio (13). Après un autre 7 matchs là-bas où il n'était toujours pas intéressé à jouer, il fut réacquis par les Vipers. Il connaitra une de ses meilleures saisons offensives avec 16 buts et 14 passes pour 30 points en 59 matchs en 97-98, en plus de retourner en finale de la coupe Turner, cette fois-ci dans une cause perdante. Il joua ensuite une autre saison complète avec les Vipers en 98-99.

Il tenta ensuite l'aventure en Europe avec les Knights de London (14) de la ligue Britannique. Mais après seulement 23 matchs (et 101 minutes de punition), il revint en Amérique du nord avec les Border Cats de Port Huron (15) de la United Hockey League (anciennement la CoHL).

Lors de la saison 2000-01, il joua pour 3 clubs, les Border Cats encore une fois, le Speed de Knoxville (16) et finalement les Mustangs de Phoenix (17) dans la West Coast Hockey League (WCHL), suite à quoi il sembla prendre sa retraite.

Il revint toutefois en action en 2003-04 dans la très éphémère WHA2 avec les Barracudas de Jacksonville (18) où il ne joua que 7 matchs. S'en suivit ensuite un dernier 2 matchs dans la UHL en 2004-05 avec les Outlaws de Kansas City (19).

En plus de ces 19 équipes professionnelles en 15 saisons, Banks joua également pour deux clubs au Roller Hockey, les Bullfrogs d'Anaheim et le Jawz de Long Island durant les étés 1995 et 1996.

En 20 matchs dans la LNH, la fiche de Darren Banks fut de 2 buts et 2 passes pour 4 points en plus de 73 minutes au cachot. Si on additionne ses totaux dans les rangs professionnels, il accumula au total 2836 minutes de pénalité en seulement 653 matchs entre 1989 et 2005.

Depuis sa retraite, il s'impliqua dans diverses communautés urbaines de la région de Détroit mais est depuis quelques années employé au casino The D de Las Vegas comme hôte au casino.

 

Saison Équipe Ligue     MJ B P Pts PUN





1989-90     Fort Wayne Komets     IHL     1 0 1 1 0






    Salt Lake Golden Eagles     IHL     4 0 0 0 11






    Knoxville Cherokees     ECHL     52 25 22 47 258





1990-91     Salt Lake Golden Eagles     IHL     56 9 7 16 286





1991-92     Salt Lake Golden Eagles     IHL     55 5 5 10 303





1992-93     Providence Bruins     AHL     43 9 5 14 199






    Boston Bruins         NHL     16 2 1 3 64





1993-94     Providence Bruins     AHL     41 6 3 9 189






    Boston Bruins     NHL     4 0 1 1 9





1994-95     Detroit Falcons     CoHL     22 9 10 19 51






    Adirondack Red Wings     AHL     20 3 2 5 65






    Portland Pirates     AHL     12 1 2 3 38






    Las Vegas Thunder     IHL     2 0 0 0 19





1995-96     Detroit Falcons     CoHL     38 11 17 28 290






    Utica Blizzard     CoHL     6 1 2 3 22






    Las Vegas Thunder     IHL     5 0 2 2 10





1996-97     Detroit Vipers     IHL     64 10 13 23 306





1997-98     Québec Rafales     IHL     4 0 1 1 9






    San Antonio Dragons     IHL     7 0 0 0 6






    Detroit Vipers     IHL     59 16 14 30 175





1998-99     Detroit Vipers     IHL     58 6 12 18 296





1999-00     London Knights     BISL     23 8 2 10 101






    Port Huron Border Cats     UHL     17 3 5 8 12





2000-01     Phoenix Mustangs     WCHL     8 0 1 1 36






    Knoxville Speed     UHL     20 4 7 11 50






    Port Huron Border Cats     UHL     4 0 0 0 4





2003-04     Jacksonville Barracudas     WHA2     7 1 2 3 25





2004-05     Kansas City Outlaws     UHL     2 0 0 0 2






Sources:
From the NHL to professional roller hockey, Darren Banks collected friends and memories, The Athletic, 20 février 2019
Darren Banks trahi par le Réseau des Sports, Le Soleil, 16 septembre 1997
Darren Banks en cavale!, Le Soleil, 20 septembre 1997
Bye Bye Banks!, Le Soleil, 17 octobre 1997

mercredi 29 mai 2024

Les grands voyageurs #13 - Paul Vincent




 

Ce texte a d'abord été publié comme texte inédit dans notre livre «Le meilleur de La vie est une puck» en 2022. Ce livre est désormais épuisé mais demeure toujours disponible en format digital (eBook).



S’il y a une série que j’adore particulièrement écrire sur le blogue, c’est bien celle des « grands voyageurs ». J’adore parler de ces « journeymen », comme le légendaire ­Mike Sillinger, titulaire du record de la ­LNH pour avoir joué avec 12 équipes. Ces joueurs sont toujours les sujets d’intéressantes histoires folkloriques, que ce soit par leur mode de vie nomade, les nombreuses équipes et ligues où ils ont joué ou bien ces histoires de marathons de matchs successifs. ­Mais parfois, on tombe sur des histoires plus troublantes qui viennent nous chercher. Le genre d’histoire à faire pleurer, comme moi durant mes recherches initiales pour ce texte.

Paul ­Vincent est né le 5 janvier 1975 à ­Utica dans l’état de ­New ­York. Costaud joueur de centre de 6’5’’ et 200 lb avec un certain flair offensif, il fut choisi par les ­Maple ­Leafs de ­Toronto en sixième ronde du repêchage de 1993 après une saison passée à l’école préparatoire ­Cushing ­Academy au ­Massachusetts. Il évolua quelques saisons dans le système des ­Maple ­Leafs, mais comme bon nombre d’espoirs, il ne se rendit jamais dans la ­LNH. Il débuta plutôt un long parcours avec un nombre impressionnant d’équipes dans pratiquement toutes les ligues professionnelles possibles ­d’Amérique du ­Nord et d’Europe.

Lorsqu’on découvre les histoires de ces joueurs nomades, on est d’abord amusé puis étourdi par tant de mouvement. On pense premièrement que ce ne doit pas être facile de vivre une existence aussi instable à trimbaler ses valises d’une ville à l’autre. Difficile de fonder une famille et d’en rester proche par exemple. On se dit toutefois que l’amour du jeu l’emporte sur tout et qu’il y a toujours pire dans la vie. Mais dans le cas de ­Paul ­Vincent, il y a effectivement eu pire et le mode de vie précaire de joueur de hockey n’était vraiment pas si terrible, considérant la manière dont sa vie a commencé.




Comme je vous le disais, ­Vincent est né le 5 janvier 1975 à ­Utica. Cependant, il ne s’agit pas de son vrai nom. Son prénom serait plutôt ­Tyrone et on ignore son vrai nom de famille. Sa mère était d’origine raciale mixte et son père était blanc. Alors qu’il n’était âgé que de six mois, sa mère l’abandonna dans la rue. Selon lui, c’était parce que sa peau n’était pas assez foncée, une source de honte pour sa mère. Son frère ainé ­Curtis­, âgé de seulement quatre ans, s’enfuit alors de la maison pour le secourir. 

Les deux jeunes frères, dont un encore trop jeune pour marcher, vécurent dans la rue, squattant des immeubles abandonnés et mangeant dans les poubelles. Le jeune ­Tyrone aurait même été suffisamment affamé pour avoir à se rabattre sur des écailles de peinture. Des docteurs émirent plus tard l’hypothèse que cette peinture devait contenir du plomb, ce qui lui aurait causé des déficiences de développement et d’apprentissage. Ils ont vécu environ six mois dans ces conditions terribles avant d’être enfin recueillis par les services sociaux. Ils passèrent ensuite trois ans dans un orphelinat de ­Boston pour être finalement tous les deux adoptés par ­Paul ­Vincent ­Sr. et sa femme ­Sylvia.

Vous comprenez alors que l’inaccessible ­LNH et les nombreux voyages en autobus ne sont vraiment pas des tragédies pour lui. Dans une rare entrevue accordée au ­Augusta ­Chronicle en 2001, ­Vincent déclara que d’être abandonné par sa mère fut probablement la meilleure chose qui lui soit arrivé. S’il était resté dans cette famille, il croit qu’il aurait abouti dans un gang de rue ou qu’il aurait été davantage maltraité par sa mère. 

Mais au lieu de ça, il a rejoint une famille aimante et fut rebaptisé du nom du père, soit ­Paul ­Vincent ­Jr. Le paternel était le fondateur d’une des meilleures écoles de patinage aux ­États-Unis et fut longtemps entraîneur dans la ­NCAA pour ­Boston ­College et la ­Rensselaer ­Polytechnic Institute. Il quitta momentanément ses fonctions dans les années 90 alors que sa femme était malade (elle mourut en 1997) mais revint par la suite comme entraîneur en perfectionnement du patinage à l’emploi du ­Lightning, des ­Bruins, ­des ­Blackhawks et plus récemment des ­Panthers.

Paul Vincent Sr. comme assistant entraineur à Chicago


C’est dans ce meilleur environnement que le jeune ­Paul ­Vincent ­Jr. apprit rapidement à patiner et il se révéla qu’il était un naturel. Il connut toutefois des difficultés d’apprentissage et il misa tout sur le hockey en abandonnant son collège privé après sa sélection au repêchage pour joindre les ­Thunderbirds de ­Seattle de la ­WHL en vue de la saison ­1993-94.

Il fit ses débuts professionnels l’année suivante lors de deux matchs avec les ­Maple ­Leafs de ­Saint-Jean de ­Terre-Neuve mais revint rapidement avec les ­Thunderbirds qui l’échangèrent peu après aux ­Broncos de Swift Current. Il termina au quatrième rang de la ­WHL avec 59 buts cette ­saison-là. Il joua ensuite pour les ­IceCaps de ­Raleigh dans la ­ECHL en ­1995-96 en plus d’une dizaine de matchs à ­Saint-Jean de ­Terre-Neuve. Malgré une récolte de points raisonnable, il joua ses derniers matchs dans l’organisation des ­Leafs en ­1996-97 sans jamais vraiment s’attirer la faveur du grand club, passant la majorité de la saison avec les ­Rivermen de ­Peoria.

C’est ainsi que son parcours nomade débuta, parcours parmi les plus impressionnants que j’aie vu jusqu’à maintenant. Et j’en ai vu une bonne batch. Après avoir constaté cette enfance tragique, je crois approprié de lui rendre justice et décortiquer son admirable parcours dans plusieurs villes secondaires d’Amérique du ­Nord. C’est en prime un voyage rétro dans plusieurs ligues défuntes et obscures avec tout plein d’équipes aux noms les plus débiles les uns que les autres, chose que j’adore particulièrement. ­Concentrez-vous ici parce qu’il y aura beaucoup de villes, de statistiques et d’abréviations de ligues...

Il rejoignit d’abord la ­United ­Hockey ­League (UHL) en ­1997-98, saison qu’il partagea entre trois villes (­Winston-Salem, ­Flint et ­Saginaw). Le scénario se répéta avec trois autres clubs en ­1998-99, d’abord les ­K-Wings du ­Michigan (IHL) suivi d’un saut dans une autre ligue, la ­Western ­Professionnal ­Hockey ­League (WPHL) avec les ­Ice ­Pirates de ­Lake ­Charles et les ­Jackalopes d’Odessa.

Autre saison, trois autres clubs pour ­Vincent en 1999‑2000 avec cinq matchs dans la ­AHL à ­Hershey et cinq autres dans la IHL à ­Kansas ­City. Il passa toutefois la majorité de la saison avec son club de l’année précédente à ­Odessa où il obtint 42 buts en 42 matchs, sa meilleure production à vie.

Il revint dans la ­ECHL en ­2000-01 avec les ­Lynx d’Augusta et les ­RiverBlades d’Arkansas pour ensuite faire un arrêt dans la ­Central ­Hockey ­League (CHL) avec les ­Outlaws de ­San ­Angelo pour la saison ­2001-02. Retour à son pattern de trois équipes en ­2002-03, cette fois dans trois ligues différentes ; les ­Barracudas de ­Jacksonville dans la ­Atlantic ­Coast ­Hockey ­League (ACHL), les ­River ­Otters du ­Missouri (UHL) et aussi sa première incursion en ­Europe avec les ­Boretti ­Tigers d’Amsterdam où il remporta le championnat de la ligue des ­Pays-Bas.

Ensuite, ça ne fait que devenir plus étourdissant. En ­2003-04, il joua pour cinq clubs dans trois ligues. D’abord un retour dans la ­ECHL pour la millième fois avec ­Augusta et les ­Everblades de la ­Floride. Il fit ensuite partie de ces quelques chanceux à avoir joué dans la très éphémère ­WHA2, une ligue ­semi-pro qui devait servir de base comme ligue de développement pour une nouvelle version de l'AMH  mais qui fut très rapidement dissoute. Vincent joua pour deux clubs de cette ­« ­semi-ligue », les ­Loggerheads de ­Lakeland et les ­Slammers de l’Alabama. 

On eut également la chance de l’avoir parmi nous au ­Québec avec sa cinquième formation de l’année, le ­Mission de ­St-Jean de la ­Ligue de ­Hockey ­Senior ­Majeur du ­Québec (LHSMQ), ancêtre de la ­LNAH. Il demeura au ­Québec en ­2004-05 avec le ­RadioX de ­Québec et les ­Dragons de ­Verdun en plus de retourner pour un match dans la ­UHL avec les ­IceHogs de ­Rockford. Il passa ensuite dans une nouvelle ligue, la ­Southern ­Professionnal ­Hockey ­League (SPHL), avec une des équipes au nom les plus délicieusement épicés de l’histoire, les ­FireAntz de ­Fayetteville. Non, ce n’est pas une faute de frappe, c’est bien ­FireAntz avec un « Z ».

En ­2005-06, il revint dans la ­CHL pour une dizaine de matchs avec les ­Ice ­Bats d’Austin et les ­Steelhounds de ­Youngstown. Il s’agissait toutefois de son chant du cygne dans les circuits mineurs ­nord-américains car il quitta le ­Sud profond pour le club de ­Trondheim en ­Norvège. Il joua ensuite de 2006 à 2012 pour quatre clubs en six saisons, principalement dans la ligue des ­Pays-Bas. Ces équipes n’ont certes pas des noms aussi exotiques que les clubs sudistes de la ­SPHL et autres ­WHA2 mais je crois qu’il s’agit d’un différent type d’exotisme avec différents enchaînements de voyelles et de consonnes.



­Il joua dans l’ordre pour les ­Amstel ­Tijgers, ­HYS ­The ­Hague, ­Eindhoven ­Kemphanen ainsi que les superbement nommés ­« ­A6.NL ­Heerenveen ­Flyers »­... On dirait davantage une section de formulaire qu’un nom d’équipe de hockey. Il joua aussi quelques matchs en ­Norvège à travers tout ça. Il prit sa retraite après la saison ­2011-12, mais demeura aux ­Pays-Bas comme ­assistant-entraîneur en deuxième division hollandaise en plus d’entraîner l’équipe des ­M18 et ­M20. Il s’établit par la suite en ­Belgique comme ­entraîneur-chef du ­HYC ­Herentals, également dans cette ligue des ­Pays-Bas, où il reprit même du service comme ­joueur-entraîneur durant quatre matchs en ­2014-15. Il fut ensuite entraîneur des ­Bulldogs de ­Liège dans la ligue du ­Bénélux, formée de l’union des ligues hollandaise et belge, où il rechaussa encore les patins pour quelques matchs.

Au final, ­Paul ­Vincent aura donc joué professionnellement pour 26 équipes en ­Amérique du nord dans 10 ligues différentes et pour huit autres équipes en ­Europe. En regardant de plus près, je crois qu’il est un des seuls à avoir joué dans toutes les principales ligues mineures de son époque (AHL, ­IHL, ­ECHL, ­UHL, ­WPHL, ­CHL, ­ACHL, ­WHA2, ­SPHL et ­LNAH). Il y a ­peut-être une ou deux autres ligues que j’oublie, mais rendu là, c’est très profond...

Il demeure très en contact avec son frère ­Curtis, toujours établi au ­Massachusetts. Pour sa part, ­Paul ­Vincent ­Sr. a pu amener la ­Coupe ­Stanley dans la famille en 2010 alors qu’il était à l’emploi des ­Blackhawks. Il s’implique toujours à ­Dartmouth ­College dans la ­NCAA, mais seulement à titre bénévole. Vincent ­Sr. fut au coeur de la saga ­Kyle ­Beach avec les ­Blackhawks en 2010. Après avoir été agressé sexuellement par un des entraîneurs adjoint des ­Blackhawks, la première personne à qui s’est confié ­Beach fut ­Paul ­Vincent, qui fut également la première personne que ­Beach remercia lorsqu’il sortit de l’ombre en 2021.

Et comme tout bon journeyman légendaire qui se respecte et qui n’arrête jamais, j’apprends, plusieurs mois après l’écriture initiale de ce texte, que ­Paul ­Vincent ­Jr était de retour en action en ­2021-22 comme joueur en quatrième division hollandaise avec le club ­Alcmaria ­Flames ­Alkmaar. Désormais âgé de 47 ans, il a obtenu 15 buts en 5 matchs... Depuis, il chausse également les patins au moins une fois par saison, j'imagine pour dépanner son équipe, cette fois-ci les Lions de Dordrecht, toujours en 4e division néerlandaise...