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vendredi 22 août 2025

Joueur oublié des 90's #102 - Bill Houlder


 

  


Bill Houlder est né le 11 mars 1967 à Thunder Bay. Défenseur costaud de 6'2" et 216 livres, il fit ses classes avec les Centennials de North Bay qu'il joignit pour la saison 1984-85. Il se fit suffisamment remarquer pour être repêché en 4e ronde (82e au total) par les Capitals de Washington. Il joua deux autres saisons à North Bay, se démarquant notamment en 1986-87 où il termina parmi les meilleurs défenseurs offensifs de la OHL avec 68 points et une place sur la première équipe d'étoiles.

Il débuta ensuite son parcours professionnel dans l'organisation des Capitals en 1987-88, saison qu'il partagea entre le grand club et le club école à Fort Wayne dans la IHL. Il continua de progresser lors des deux saisons suivantes mais son maximum de matchs en une saison avec les Caps fut lors de la saison 89-90 où il joua 41 matchs. 

N'ayant vraisemblablement plus de place pour lui, les Capitals l'échangèrent aux Sabres de Buffalo durant le camp d'entraînement en septembre 1990. En retour, les Capitals reçurent le défenseur Shawn Anderson, 5e choix au total en 1986 qui n'avait rien fait d'extraordinaire jusque-là. Les Capitals perdirent ensuite Anderson au ballotage le lendemain...

Houlder prit donc le chemin de Buffalo mais il y joua encore moins qu'à Washington, soit seulement 7, 10 et 15 matchs lors des trois saisons subséquentes. Il était toutefois trop fort pour les mineures, étant élu meilleur défenseur de la IHL en 1992-93 et obtenant une place sur la première équipe d'étoiles la même année, ainsi qu'en 1990-91 dans la AHL.

Il eut finalement une véritable chance avec les expansions lorsqu'il fut sélectionné par les Mighty Ducks au repêchage d'expansion de 1993. Au sein de la nouvelle équipe en 1993-94, il joua 80 matchs et récolta 39 points dont 14 buts, soit le meilleur rendement offensif pour un défenseur des Ducks lors de cette saison inaugurale. Ses allers-retours dans les mineures étaient alors chose du passé.

Il ne resta toutefois que cette seule saison à Anaheim, étant échangé durant l'été 94 aux Blues de St-Louis en retour d'un autre défenseur, Jason Marshall. 

Après une seule saison également à St-Louis, il devint agent libre et signa avec le Lightning de Tampa Bay, amassant 28 et 25 points lors des deux saisons suivantes.

De nouveau agent libre en 1997, il signa avec les Sharks avec qui il connut deux autres bonnes saisons de 32 points chacune. À l'été 99, les Sharks l'échangèrent au Lightning dans un échange impliquant 5 joueurs dont Niklas Sundstrom qui prit le chemin de San Jose.  

De retour à Tampa Bay et désormais un vétéran de 10 saisons professionnelles, il fut élu comme nouveau capitaine, le précédent occupant Rob Zamuner ayant été échangé plus tôt durant la saison morte.  La suite des choses fut toutefois un fiasco. 

Le Lightning était alors dans une autre de leurs saisons de misère et d'instabilité à l'époque, ayant eu 4 entraîneurs-chef depuis la saison 1997-98 et presque autant de propriétaires. L'équipe eut également la distinction peu honorable d'employer 6 gardiens par saison de 1998-99 à 2000-01.

Donc au travers de cette instabilité au début de la saison 99-00, le Lightning connut un lent début de saison et décidèrent de placer leur nouveau capitaine au ballotage après seulement 14 matchs. Il s'agit d'un des plus courts mandats pour un capitaine officiel dans l'histoire de la LNH, à l'exception des capitaines par intérim ou les rotations de capitaine.



 

Houlder fut alors récupéré au ballotage par les Predators de Nashville, une autre équipe d'expansion récente. L'équipe en était en fait à sa deuxième année. Après les Mighty Ducks, le Lightning et les Sharks, il s'agissait de sa 4e équipe en carrière qui n'avait pas encore une décennie d'existence. Il est ce qu'on surnomme ici un abonné des équipes d'expansion.

Houlder fut très apprécié au sein des Predators, demeurant un vétéran fiable durant 4 saisons. À l'exception d'un seul match, il joua l'entièreté du calendrier de l'équipe de la saison 2000-01 jusqu'à sa retraite après la saison 2002-03. 

Donc malgré quelques saisons précaires en début de carrière, Houlder joua un impressionnant total de 846 matchs dans la LNH, amassant 59 buts et 191 passes pour 250 points.

Après sa retraite, il revint dans la région de North Bay et est présentement assistant-entraîneur du Battalion de North Bay depuis la saison 2017-18.

 


mercredi 14 mai 2025

Roger Jenkins


 

 

Le défenseur Roger «Broadway» Jenkins est né 18 novembre 1911 à Appleton au Wisconsin. Sa famille déménagea toutefois à Port Arthur en Ontario lorsqu'il n'avait que trois ans. 

Après avoir joué son junior à Thunder Bay et une saison senior à Edmonton, il devint la propriété des Black Hawks pour la saison 1930-31. Cependant, les Black Hawks le prêtèrent aux Maple Leafs avant que la saison commence et c'est donc avec Toronto qu'il fit ses débuts professionnels. Après 21 matchs avec les Leafs, il fut retourné à Chicago pour finir cette première saison où il n'obtint qu'une seule passe. 

La saison suivante, il fut recalé avec les obscurs Tigers du Bronx de la Canadian-American Hockey League, l'ancêtre de la AHL moderne. Les Tigers n'existeront que durant cette seule saison 1931-32. La saison suivante, Jenkins fut rapatrié à Chicago où il joua enfin une saison complète et récolta de bonnes statistiques avec 3 buts et 10 passes en 46 matchs, soit le meilleur rendement chez les défenseurs de l'équipe. Il évoluait aussi parfois comme attaquant.

En 1933-34, il joua encore toute la saison à Chicago, mais n'obtint que 4 points. Il fut toutefois en poste durant l'entièreté des séries éliminatoires et aida le club à remporter sa première Coupe Stanley. Avant que les séries commencent, Jenkins avait parié avec le gardien des Hawks Charlie Gardiner que s'ils gagnaient la coupe, il paraderait Gardiner en brouette dans les rues de Chicago lors de la parade. 

Jenkins tint parole.

Jenkins transportant Charlie Gardiner lors de la parade de 1934
 

Gardiner devint le seul gardien capitaine à remporter la Coupe Stanley dans l'histoire de cette dernière. Cependant, il souffrait d'une infection aux amygdales depuis deux saisons, et jouait constamment malgré la douleur, la fatigue et même des convulsions. Il dut même quitter le match décisif en finale contre les Red Wings, après la 3e période toujours avec une égalité de 0-0. Le match se termina en 2e période de surtemps sur un but de Mush March (tout un nom). Gardiner remporta également le Vézina cette saison-là. Malheureusement, son infection prit de l’ampleur et il mourut d'une hémorragie cérébrale deux mois après avoir été transporté en brouette par Jenkins.

Lors de l'entre-saison 1934, Jenkins fut impliqué dans une méga transaction alors que la légende du Canadien Howie Morenz prit (dans la controverse) le chemin de Chicago. En retour de Morenz, du gardien Lorne Chabot et du défenseur Marty Burke, le Canadien obtint l'excellent Lionel «Big Train» Conacher, l'attaquant Leroy Goldsworthy ainsi que Jenkins. Conacher fut toutefois échangé aussitôt aux Maroons où il avait déjà joué dans le passé.


Jenkins continua donc sa carrière avec le CH et obtint 4 buts et 6 passes en 1934-35. Il fut toutefois échangé à prix fort après cette seule saison, cette fois-ci aux Bruins. En retour de seulement Jenkins, le CH obtint le controversé et excentrique Jean Pusie et aussi le défenseur Walt Buswell qui jouera 5 solides saisons avec le faible club montréalais.

Donc Jenkins joua en 1935-36 pour un cinquième club différent en six saisons (en incluant les Tigers du Bronx). Il récolta 8 points en 42 matchs. 

Mais, encore une fois, il fut impliqué dans une autre transaction d'importance avant la saison suivante. Cette fois-ci, il retourna avec le Canadien en compagnie du légendaire Babe Siebert. En retour, les Bruins rapatrièrent Leroy Goldsworthy, en plus de mettre la main sur Sammy McManus ainsi qu'un montant de 10 000$.

Cependant, les Canadiens n'avaient que très peu de plan pour ce deuxième séjour de Jenkins. Ils le firent jouer 10 matchs sans histoire avant de le laisser languir dans les gradins. Il fut finalement libéré à la mi-décembre 1936. Le soir même, les Maroons lui firent signer un contrat d'urgence pour colmater leur défense. Mais ce ne fut que son seul et unique match avec les Maroons et il fut également laissé de côté pour les prochains matchs. Il fut finalement prêté aux Americans de New York, son 3e club de la saison. Il est d'ailleurs un des premiers joueurs de l'histoire de la ligue à avoir joué pour trois équipes durant le même calendrier.

Libéré par les Americans après la saison, il débuta ensuite celle de 1937-38 sans contrat. Il fut toutefois signé quelques semaines plus tard par son premier club, les Black Hawks. L'air de Chicago sembla parfaitement lui convenir puisqu'il retrouva finalement son aplomb, obtenant 9 points en 37 matchs, et aidant de nouveau l'équipe à remporter la Coupe Stanley. Cette fois-ci il fut un contributeur majeur en séries, obtenant 6 points en 10 matchs. 

Les Hawks de 1938 sont souvent considérés comme un des pires clubs à avoir remporté la Coupe. Le club avait raté les séries l'année précédente et s'étaient faufilé en séries avec une fiche de 14 victoires, 25 défaites et 9 nulles, ce qui était quand même bon pour la dernière position donnant accès aux séries dans leur division. Sur leur chemin, ils éliminèrent d'abord les Canadiens, et ensuite les Americans en deuxième ronde, soit deux clubs ayant abandonné dans le cas de Jenkins la saison précédente. Ils éliminèrent ensuite les Leafs en 4 matchs (d'une série 3 de 5). Les Leafs étaient également une ancienne équipe de Jenkins, mais comme vous pouvez voir, il a pas mal joué partout...

Leur pourcentage de victoire de .291 en saison demeure à ce jour un record pour un club champion de la coupe. Ils sont également le club champion ayant le moins de membres du temple de la renommée, seulement un en fait, le défenseur Earl Siebert.

Et encore une fois, j'imagine par tradition, Jenkins avait fait le pari avec le gardien des Black Hawks, cette fois-ci Mike Karakas, qu'il le transporterait en brouette. Je n'ai pas trouvé de photo cette fois-ci, seulement cette coupure de journal.


Les Black Hawks de 1938 étaient également l'équipe avec les plus de joueurs nés aux États-Unis ayant leur nom gravé sur la coupe avec 8 joueurs, incluant Jenkins.

Suite à cette deuxième coupe pour Jenkins (et les Hawks), il débuta la saison suivante à Chicago mais fut libéré après 14 matchs. Il fit alors un énième retour avec une ancienne équipe, en retournant avec les Americans de New York. C'est avec eux qu'il termina son parcours dans la LNH. Et son dernier match en saison régulière ne fut même pas complété en tant que patineur. Lors du dernier match de la saison des Americans contre les Rangers, le gardien Earl Robertson se blessa durant la deuxième période. N'ayant aucun substitut, ce fut Jenkins qui fut délégué pour remplacer Robertson. Alors qu'ils tiraient déjà de l'arrière 4-2, Jenkins alloua 7 buts et les Americans perdirent ce match 11-5, soit leur pire défaite de la saison. Ils atteignirent toutefois les séries mais s'inclinèrent en 2 matchs contre les Maple Leafs.

La saison suivante, Jenkins fut vendu aux Indians de Springfield de Eddie Shore dans la AHL. Après une saison à Springfield, il joua trois ans avec les Bears de Hershey et fut élu au passage sur l'équipe d'étoiles en 1942-43. Il mit ensuite le cap vers l'ouest pour terminer sa carrière dans les niveaux mineurs de l'ouest nord-américain. Il joua d'abord la saison 1943-44 avec les Iron Workers de Seattle de l'obscure Northwest International Hockey League, ligue purement amateure qui jouait seulement les dimanches... La NIHL se renomma sous le nom de la Pacific Coast Hockey League la saison suivante. Jenkins suivit, cette fois-ci avec les Stars de Seattle. Il joua ensuite pour les Ironmen de Seattle et termina finalement sa longue carrière en 1948 après deux saisons avec les Rockets de Tacoma.

En 327 matchs dans la LNH, sa fiche fut de 15 buts et 39 passes pour 54 points. Il aura joué pour 6 clubs de la LNH, à une époque où l'on comptait entre 7 et 10 équipes par saison. Les seuls clubs où il n'aura pas joué durant son passage furent les Rangers, les Red Wings, les Quakers de Philadelphie (1930-31) et les Senators d'Ottawa/Eagles de St.Louis, 

Donc malgré une carrière assez anonyme, il aura tout de même laissé sa trace particulière, obtenant au passage deux coupes Stanley et ayant été impliqué dans plusieurs transactions majeures de l'époque. On peut dire qu'il a roulé sa brouette...


dimanche 27 avril 2025

Joueur oublié des 90's #101 - Chris Joseph


 

 

Chris Joseph est né le 10 septembre 1969 à Burnaby en Colombie-Britanique. Costaud, rapide et agile, le défenseur des Thunderbirds de Seattle attira grandement l'attention des recruteurs de la LNH, tellement que les Penguins de Pittsburgh en firent leur choix de première ronde avec la 5e sélection au total en 1987.

Cependant, il ne fut initialement membre des Penguins que pour un très court moment. Il parvint à faire l'équipe dès l'automne 1987 mais au même moment, les Oilers étaient en dispute contractuelle avec leur star en défense Paul Coffey. Ce dernier fit donc la grève en début de saison avant d'être échangé aux Penguins le 24 novembre 1987 lors d'une méga-transaction. En retour de Coffey, Dave Hunter et Wayne Van Dorp, les Oilers obtinrent Dave Hannan, Moe Mantha, Craig Simpson ainsi que le jeune prospect Chris Joseph, qui, on l'espérait, parviendrait peut-être à remplacer Coffey, des attentes on ne peut moins réalistes. Au moins, les Oilers avaient pu soutirer Craig Simpson dans l’équation, un joueur qui rendra de grands services à l'organisation.

Donc Joseph n'avait joué que 17 matchs avec les Penguins avant l'échange, amassant 4 passes. Après 7 autres matchs à Edmonton, il fut décidé de le retourner dans la WHL avec les Thunderbirds. En 1988-89, il partagea la saison entre Edmonton et leur club-école au Cap Breton, jouant 44 matchs dans la LNH. La saison suivante, ce fut le même scénario, mais cette fois-ci seulement 4 matchs avec le grand club et le restant de la saison au Cap Breton, ce qui le disqualifia d'avoir son nom gravé sur la coupe de 1990.


Sa meilleure saison à Edmonton fut celle de 1990-91 où il obtint 22 points en 49 matchs. Cependant, le même manège recommença l'année suivante qu'il passa en majorité dans les mineures. Ensuite, lors de la saison 92-93, il ne joua que 33 matchs, passant le restant de la saison sur la liste des blessés.

Après seulement 10 matchs lors de la saison 93-94, il était désormais rendu 9e défenseur dans l'organigramme des Oilers et il demanda alors d'être échangé. Non seulement il n'avait pas répondu aux attentes justifiant son rang élevé au repêchage, mais on lui reprochait également son manque d'implication physique. Glen Sather exauça son souhait, l'envoyant au Lightning en retour de Bob Beers. 

C'est à Tampa Bay qu'on vit finalement éclore un peu le talent offensif de Joseph alors qu'il termina la saison avec 11 buts et 20 passes en 76 matchs. Ce n'était cependant pas assez pour convaincre le Lightning de le garder alors qu'il fut laissé sans protection au repêchage intraligue en janvier 1995 à la reprise des activités suite à la grève.

C'est alors que les Penguins le réclamèrent. Il joua deux saisons complètes à Pittsburgh avant d'être de nouveau laissé sans protection au repêchage intraligue en 1996. Il devint ainsi la propriété des Canucks de Vancouver où il joua l'entièreté de la saison 96-97.


 


Il signa ensuite comme agent libre avec les Flyers, mais il joua que très peu avec eux, étant blessé, laissé de côté ou relégué dans les mineures. En deux saisons passées dans l'organisation, il ne joua que 17 matchs à Philadelphie. 

Le va-et-vient reprit donc par la suite. Il signa tout d'abord un contrat avec les Sénateurs, mais il fut de nouveau laissé sans protection au repêchage intraligue. C'est alors que les Canucks le réclamèrent de nouveau. Après 38 matchs lors de ce deuxième séjour à Vancouver, il fut placé au ballotage, encore, et ce sont les Coyotes de Phoenix qui le réclamèrent cette fois-ci.

Le même manège continua de plus belle lors de la saison 2000-01 alors que les Coyotes le placèrent eux aussi au ballotage. Il fut réclamé par les Thrashers avec qui il joua ses 19 derniers matchs dans la LNH. 

Il termina ensuite sa carrière en Europe, joua un an en Finlande, 3 ans en Allemagne et une dernière saison en Italie en 2005-06 où il remporta le championnat.

Après sa retraite, il retourna s'établir à Edmonton où il est devenu pompier et a sa propre école de hockey pour les jeunes.

En 510 matchs dans la LNH, sa fiche fut de 39 buts et 112 passes pour 151 points.

Alors qu'il était âgé de 20 ans, son fils Jaxon Joseph fit malheureusement partie des victimes de l'accident d'autobus des Broncos de Humboldt en avril 2018 où 16 personnes perdirent la vie.



vendredi 4 avril 2025

Les grands voyageurs #16 - Dave McLlwain

 


 

Le trophée O'Brien

Lors de la saison 1977-78, le défenseur Dennis O'Brien marqua l'histoire en devenant le premier joueur à disputer au moins un match pour 4 équipes différentes durant la même saison. Cela lui aura valu, 40 ans plus tard, de voir un trophée à son nom à La Vie Est Une Puck pour le joueur qui a joué pour le plus d'équipes durant la saison.

Mais lors du brainstorm pour la création de ce trophée, on pensait d'abord nommer ce trophée en l'honneur de celui qui répéta l'exploit en 1991-92, nul autre que Dave McLlwain. On s'est finalement rabattu sur O'Brien, le OG, mais aujourd'hui on tient quand même à faire une place à McLlwain en lui accordant finalement une bio. 

David Allan McLlwain et né le 9 juin 1967 à Seaforth en Ontario, même ville d'origine que plusieurs joueurs de renom comme Cooney Weiland et Ryan O'Reilly. 

Joueur de centre de 6'-0" et 185 livres, McLlwain débuta son stage junior en 1984-85 avec les Rangers de Kitchener mais fut échangé aux Centennials de North Bay la saison suivante, saison qui résulta sur sa sélection tardive en 9e ronde (174e au total) par les Penguins de Pittsburgh au repêchage de 1986.

Il termina ensuite la saison 1986-87 avec 119 points, au deuxième rang de la OHL. Il participa également aux championnat junior de 1987, ce fameux tournoi qui vit la Russie et le Canada être disqualifiés suite à une bagarre générale.  


Il débuta ensuite son parcours professionnel en 1987-88, parvenant à se tailler un poste avec les Penguins, à l'exception de 9 matchs dans la IHL avec les Lumberjacks de Muskegon. Il récolta 19 points dont 11 buts en 66 matchs pour cette saison recrue.

Il sembla régresser la saison suivante et ne joua que 24 matchs à Pittsburgh (3 points) et il passa la majorité de la saison à Muskegon, les aidant à remporter la coupe Turner. 

Ce fut sa dernière saison à Pittsburgh car durant l'été 89, il fit partie d'une transaction de 6 joueurs entre les Penguins et les Jets de Winnipeg. En compagnie de Randy Cunneyworth et le gardien Rick Tabbaracci, McLlwain prit le chemin du Manitoba. En retour, les Penguins mirent la main sur Jim Kyte, Randy Gilhen et Andrew McBain.

McLlwain répondit parfaitement à cet échange, récoltant des sommets en carrière de 25 buts et 51 points en 1989-90. Cela sembla toutefois être bien éphémère alors qu'il régressa à seulement 25 points en 1990-91.

Vint ensuite sa fameuse saison à 4 équipes en 1991-92.

Après seulement 3 matchs en début de saison avec les Jets, il passa aux Sabres de Buffalo dans un échange impliquant 5 joueurs et un choix au repêchage qui devint Yuri Khmylev chez les Sabres. Mais seulement 2 semaines plus tard, il fit partie d'un autre échange encore plus gros, celui de Pierre Turgeon/Pat LaFontaine entre les Sabres et Islanders de New York. McLlwain, Turgeon, Benoit Hogue et Uwe Krupp devinrent alors des Islanders, tandis que Lafontaine, Randy Hillier et Randy Wood devinrent des Sabres.

Il joua donc pour les Islanders pour les 54 matchs suivants, amassant 23 points. Mais lors de la date limite des transaction au printemps 1992, il passa aux Maple Leafs de Toronto en compagnie de Ken Baumgartner. En retour, les Islanders mirent la main sur Claude Loiselle et Daniel Marois.

Donc si vous étiez parmi ces nombreux collectionneurs de cartes autour de 1992, vous deviez avoir pas mal de versions de Dave McLlwain:




Après autant de mouvement, il put au moins réaliser un rêve d'enfance de pouvoir jouer à Toronto devant les siens. Il fut «récompensé» en 1992-93 en jouant la saison entière avec les Leafs, amassant 18 points en 66 matchs.

Mais ce fut encore une fois très bref dans la ville reine alors qu'il signa avec les Sénateurs d'Ottawa durant l'été 1993, et connaitra sa deuxième meilleure récolte en carrière en 93-94 avec 43 points. Après une demie-saison moyenne en 1995, les Sénateurs s'en débarrassèrent, tout d'abord en le prêtant dans la IHL aux Lumberjacks de Cleveland. 

Parenthèse ici pour parler des Sens, qui faisaient alors véritablement honneur à leur jeune réputation de club broche à foin, puisqu'au même moment, le club versait plus de 2,5 millions en salaire à des joueurs qui n'étaient même plus dans la LNH... 

Je recopie ici un texte du Soleil du 8 décembre 1995:

«Les infortunés Sénateurs d’Ottawa ont retourné hier aux mineures les vétérans Dave Archibald et Scott Levins. Puisqu’Archibald recevra quand même son salaire de 400 000 $ à l’île-du-Prince-Édouard, les Sénateurs devront désormais verser quelque 2.5 millions à des joueurs qui ne sont pas dans la LNH. L’équipe verse environ 19 millions en salaires. Pat Elynuik (850 000$), Brad Shaw (550 000$), Chris Dahlquist (550 000$), Dave McLlwain (450 000$), Darrin Madeley (300 000$) et Sylvain Turgeon (150 000$) appartiennent tous aux Sénateurs même si aucun d’eux ne joue à Ottawa. Ils écoulent tous leurs contrats garantis dans la LIH. Les Sénateurs doivent également honorer les contrats de l’ancien entraineur Rick Bowness et de son adjoint Alain Vigneault, ainsi que celui de l’ex-directeur général Mel Bridgman.


 

Mais McLlwain était loin d'être fini car il amassa 75 points dont 30 buts en 60 matchs dans la IHL. Il évoluait avec le même club qu'il avait auparavant porté les couleurs, les Lumberjacks, qui étaient toutefois déménagés à Cleveland. Les Lumberjacks demeuraient toujours le club-école des Penguins et c'est en quelque sorte ce qui dicta la suite des choses. Les Sénateurs trouvèrent finalement preneur pour les services de McLlwain en mars 1996 lorsqu'il retourna aux Penguins en retour d'un choix de 8e ronde.

Après avoir fait ce court retour avec les Penguins, il retourna avec les Lumberjacks en 1996-97. Il parvint toutefois à revenir dans la LNH pour 4 matchs en fin de saison avec un autre ancien club, les Islanders. Ce furent ses derniers matchs dans la LNH.

Il mit ensuite le cap sur la ligue allemande en 1997-98 avec le Landshut EV. S'en suivit par après 2 saisons avec le HC Berne dans la ligue Suisse.

En 2000-01, il retourna dans la ligue allemande avec les Sharks de Cologne. Il y connaitra alors ses années les plus stables, jouant avec le club jusqu'à sa retraite en 2009.

Il termina deux fois en tête des pointeurs de la DEL, soit en 2005-06 et 2006-07. Il fut élu capitaine des Sharks pour ses trois dernières saisons et demeure à ce jour le 2e meilleur pointeur de l'histoire de l'équipe.

L'équipe lui a rendu honneur lors de sa retraite et à ce qu'on peut entendre ici, il avait même appris un peu d'Allemand...


En 501 matchs dans la LNH, il amassa 100 buts et 107 passes pour 207 points.

Il fallut ensuite attendre jusqu'en 2014-15 pour revoir un joueur faire 4 équipes en une saison lorsque Mark Arcobello réédita l'exploit, suivi quelques années plus tard de Jussi Jokinen en 2017-18.

lundi 10 mars 2025

Howie Young



 



Né le 2 août 1937 à Toronto, le jeune Howard Young rêvait de devenir cowboy comme son idole John Wayne, jusqu'à ce qu'il assiste à son premier match de hockey au vieux Maple Leaf Gardens. 

Cependant, les parents de Young étaient tous les deux alcooliques, donc c'est avec sa grand-mère qu'il fut principalement élevé. Cette dernière mourut lorsqu'il avait 16 ans, et il dut alors se débrouiller seul, au même moment qu'il commençait lui aussi à développer de sévères problèmes d'alcool. 

Young était toutefois un défenseur très prometteur au sein des Canucks de Kitchener. Costaud, manieur de rondelle hors-pair et rapide patineur, il aurait apparemment attiré l'attention des Canadiens qui l'invitèrent à leur camp d'entraînement, mais il aurait supposément bousillé l'occasion en étant trop souvent lendemain de veille durant cet essai.

Young avec les Saguenéens
de Chicoutimi en 1958
Il devint ensuite propriété des Maple Leafs et continua son apprentissage junior à Hamilton. Les Leafs l'envoyèrent éventuellement débuter son parcours professionnel en 1958-59 avec les Saguenéens de Chicoutimi, alors dans la ligue du Québec. 

Il devint alors à la fois une vedette ainsi qu'un paria dans cette ligue, étant à la fois célébré pour sa rapidité et sa vision, mais aussi détesté pour ses excès de rudesse. Il était notamment réputé pour ses mises en échec percutantes, mais souvent jugées trop brutales aux yeux des arbitres et de cette ligue. Il avait aussi ce qu'on appelle une «short fuse», étant prompt à complètement perdre la boule sans préavis et se ruer sauvagement sur les joueurs adverses ou engueuler les arbitres. 

Il termina la saison avec 20 points, mais il accumula aussi 180 minutes de pénalité, un sommet dans la ligue, ainsi que quelques suspensions et amendes. 

Les Leafs l'envoyèrent ensuite dans la Ligue américaine avec les Americans de Rochester pour la saison 1959-60. Il continua ses frasques dans la AHL durant toute la saison, terminant troisième pour les minutes de pénalité. Cependant, malgré son potentiel certain, son indiscipline lui coûta sa place avec les Leafs, qui le libérèrent. 

Il se retrouva alors du boulot avec les Bears de Hershey en 1960-61, mais ces derniers trouvaient également qu'il était trop indiscipliné et l'échangèrent aux Red Wings contre Marc Réaume. 

C'est avec les Wings qu'il parvint à finalement atteindre la LNH à l'âge de 23 ans. Malgré qu'il ne joua que 29 des 70 matchs de l'équipe, il termina en tête de l'équipe avec 108 minutes au cachot. Il aida les Wings à se rendre jusqu'en finale dans une cause perdante contre Chicago, amassant 2 buts et 2 aides en 11 matchs durant les séries.

Sa saison 1961-62 fut toutefois à oublier à Détroit, où après 30 matchs avec seulement 2 passes au compteur et beaucoup trop d'indiscipline de sa part, autant sur la glace qu'en dehors, les Wings l'envoyèrent terminer la saison avec les Flyers d'Edmonton dans la Western Hockey League. Il aida toutefois les Flyers à remporter la coupe Patrick au printemps 1962.

Il passa ensuite la saison 1962-63 entièrement à Détroit, et termina en tête des joueurs pénalisés avec un 273 minutes de punition, battant le record de 202 minutes détenu par Lou Fontinato depuis 1956. Ce nouveau record de Young dura ensuite jusqu'en 1970. 

À ce moment à travers la LNH, autant les joueurs, dirigeants et fans étaient polarisés sur ce mystère qu'était Howie Young, à savoir s'il était un joueur qui méritait de jouer ou non dans la ligue. Maurice Richard, alors à la retraite, qualifia Young de complètement fou. Frank Selke Jr. abonda dans le même sens en déclarant dans le journal que Young avait besoin d'un psychiâtre. Mais d'un autre côté, Jack Adams déclara qu'il avait aussi le potentiel de devenir le prochain Eddie Shore.

Et même si son style de jeu attirait les foudres, il demeurait extrêmement populaire auprès des fans, car en plus de faire lever les gens de leurs sièges avec son jeu violent, il avait aussi un look de beau gosse et beaucoup de charisme. Il fut d'ailleurs en vedette sur la couverture de Sports Illustrated en janvier 1963. Il avoua plusieurs années plus tard qu'il était lendemain de veille lors de la prise de cette photo.

 


Éditorial de Frank Selke dans le journal La Patrie

Donc malgré son talent indéniable, il ne parvenait pas à calmer ses démons, étant en plus de nombreuses fois arrêté par la police suite à d'autres bagarres, dans les bars cette fois-ci. Il lui arrivait aussi de rater des matchs, des pratiques ou même l'avion de l'équipe. Après avoir causé de nombreux maux de têtes en peu de temps aux Red Wings, ces derniers perdirent finalement patience avec lui, l'échangeant aux Blackhawks durant l'été 1963 en retour du gardien Roger Crozier et du défenseur Ron Ingram. 

Les Blackhawks regretteront amèrement cet échange, car malgré que Young aida à remplir leur aréna, Crozier gagna le trophée Calder en 1964-65. Pendant ce temps, Howie Young et ses problèmes ne firent que passer à Chicago, mais ce fut très chaotique. Un exemple d'un match typique du «mauvais» Young se produisit lors d'un match contre Montréal en début de saison. Il aurait alors pourchassé Ralph Backstrom pendant plusieurs secondes avant de l'envoyer brutalement sur la bande. Après avoir reçu un deux minutes de pénalité, il jeta ses gants sur la glace en protestation, suite à quoi l'arbitre lui donna un 10 minutes supplémentaire. Young aurait ensuite menacé l'arbitre, qui l'a ensuite expulsé du match et donné une amende. 

Pendant un autre match à Toronto, il aurait craché vers Stafford Smythe, le DG les Leafs, alors que ce dernier était derrière le banc des pénalités avec son épouse et ses enfants. Clarence Campbell songea alors à bannir Young à vie de la LNH, mais cela ne résulta finalement qu'à une suspension de 5 matchs. Campbell déclara toutefois à Young qu'il était “the greatest detriment to hockey that ever laced on a pair of skates".

Donc après seulement 39 matchs, 99 minutes de pénalité et seulement 7 passes, les Blackhawks s'en débarrassèrent en vendant Young aux Blades de Los Angeles dans la WHL, tout en gardant ses droits dans la LNH.

Young déménagea donc en Californie et joua trois saisons avec les Blades. Il continua d'amasser les mauvaises pénalités, menant la ligue avec 227 minutes en 1964-65, mais obtint de meilleures statistiques, démontrant finalement son côté offensif. 

Son look hollywoodien correspondait parfaitement à l'endroit et il rencontra un jour Frank Sinatra qui l'engagea pour jouer dans son film «None but the Brave», un film sur la 2e guerre mondiale où il eut une seule ligne de dialogue. Il revint de ce tournage avec une coupe «Mohawk» peu orthodoxe pour l'époque, ce qui lui causa davantage de controverse.

 

Frank Sinatra en compagnie d'Howie Young sur le plateau du film «None but the brave»

La coupe «Mohawk» de Young durant son temps avec les Blades de Los Angeles

Les démons de Young le suivirent évidemment en Californie mais un beau jour en 1965 où il se réveilla de nouveau en prison, un codétenu l'invita à se joindre aux alcooliques anonymes. C'est alors que Young arrêta de boire et qu'il remit sa carrière sur la bonne voie.

Lors de la saison 1966-67, un Howie Young désormais plus assagi et sobre depuis 2 ans réussit à s'attirer les grâces des dirigeants et à revenir sur le radar le la LNH. Alors qu'il menait les Blades avec 22 points en 29 matchs, l'ancien DG de Young à Détroit, Sid Abel, se retrouvait avec un club en difficulté et des trous en défense. Il tenta alors une fois de plus le pari Howie Young en ramenant l'enfant trouble au bercail. Pour se faire, il transigea de nouveau avec les Hawks qui détenaient toujours ses droits.

Plusieurs doutèrent de la décision de Abel et s'attendaient à un nouveau fiasco, mais c'était véritablement un nouveau Howie Young qui revint à Détroit durant la saison 1966-67. Il appliqua de son propre aveu les mêmes principes qu'il apprit avec les AA, soit d'éviter le trouble, et ne prit plus autant de pénalités inutiles. Il connut même sa meilleure saison jusque là dans la LNH avec 17 points en 44 matchs et aida les Wings à sortir de leur torpeur, malgré qu'ils ratèrent les séries. Il n'avait toutefois pas perdu toute son agressivité et sa robustesse, terminant avec 100 minutes de pénalité.

Il joua ensuite une autre saison à Détroit, ponctuée d'un court séjour de 4 matchs dans les mineures. Mais durant l'été 1968, il fit partie d'une grosse transaction entre les Wings et les Seals d'Oakland envoyant le malheureux défenseur Bobby Baun à Détroit. Apparemment que Baun, autrefois vedette des Maple Leafs, détestait jouer en Californie, meublant son appartement de tableaux aux paysages nordiques afin de se sentir plus chez lui...

Avec les Seals... mais pas vraiment.

Young non plus ne voulait rien savoir de la Californie, même s'il y avait auparavant joué trois ans avec les Blades dans la WHL, car il refusa de se rapporter à l'équipe à l'aube de la saison 1968-69. Il fut donc suspendu et éventuellement placé au repêchage intra-ligue. C'est alors qu'une autre ancienne équipe le ramena au bercail, cette fois-ci les Blackhawks. 

Désormais âgé de 31 ans, Young commença à ressentir le poids des années et n'était plus aussi efficace, jouant désormais dans un rôle plus effacé avec les Hawks qui le libérèrent après la saison. 

Il passa ensuite la saison 1969-70 avec une autre ancienne équipe, cette fois-ci dans la ligue américaine, les Americans de Rochester. 

En 1969-70 il retourna dans la WHL,avec les Canucks de Vancouver. Le timing sembla bon de joindre cette équipe car il put retourner dans la LNH l'année suivante, demeurant avec les Canucks lors de leur année d'expansion en 1970-71. Mais après seulement 11 matchs, il fut récalé dans la WHL avec les Roadrunners de Phoenix. Ce furent ses derniers matchs dans la LNH. 

Après sa fin de saison 70-71 à Phoenix, il opta de prendre sa retraite. Il revint toutefois au jeu la saison suivante, toujours avec les Roadrunners, mais cette fois-ci non pas comme défenseur mais comme attaquant.

Désormais à 35 ans et dans un nouveau rôle d'attaquant et de vétéran, il s'en sortit bien avec une saison de 58 points en 1972-73, aidant les Roadrunners à remporter les grands honneurs. Il sembla également canaliser le Howie Young d'antan en terminant au premier rang de la WHL pour les minutes de punition.

Il fit encore mieux en 1973-74 avec 37 buts et 69 points, aidant les Roadrunners à remporter le championnat pour une deuxième saison consécutive dans ce qui était la dernière saison d'existence de la WHL. Il s'agissait des premiers championnats de Young depuis son premier passage dans cette même WHL en 1962 avec les Flyers d'Edmonton. 

Avec les Jets de Winnipeg dans l'AMH

Il revint dans les «majeures» en 1974-75 lorsque les Roadrunners firent le saut dans l'AMH. Après 30 matchs, il fut toutefois échangé aux Jets de Winnipeg où il retrouva son ancien coéquipier des Hawks Bobby Hull. 

Après une autre retraite de seulement une saison, il revint de nouveau au jeu en 1976-77, de nouveau avec les Roadrunners pour 26 matchs, en plus de 4 matchs dans la CHL avec les Blazers d'Oklahoma City.

Alors au crépuscule de sa carrière, Young demeura en Arizona la saison suivante, suivant toujours la franchise des Roadrunners, qui migrèrent alors dans l'obscure Pacific Hockey League. S'en suivit ensuite une dernière saison de 14 matchs avec les Blades de Los Angeles, nommés en honneur des anciens Blades de la WHL où il avait joué presque 15 ans auparavant. 

Mais comme lors de nombreuses autres fois dans ce texte, ce n'était pas encore la véritable fin pour Howie Young. En 1985, alors âgé de 48 ans, il lit dans le Hockey News que les Spirits de Flint de la IHL recherchaient des joueurs et offraient des essais ouverts. Le DG des Spirits croyait qu'il n'avait que 38 ans et lui accorda un poste avant d'apprendre son véritable âge. Il joua 4 matchs avec Flint et ensuite un autre 7 matchs avec les Slapshots de New York dans la ACHL.

Il occupa ensuite plusieurs boulots divers suite à sa véritable retraite, et tenta durant les années 90 de reprendre son side job comme acteur. Il obtint quelques petits rôles dans des films et séries western comme «Young Guns II» avec Emilio Estevez et le téléfilm «Last Stand at Saber River» avec Tom Selleck.

Et en plus de finalement pouvoir imiter son ancienne idôle John Wayne à l'écran dans des westerns, il put également réaliser son rêve de devenir cowboy, lorsqu'il acheta un ranch au Nouveau-Mexique.


Il mourut en 1999 à 62 ans d'un cancer du pancreas.

En 336 matchs dans la LNH sa fiche fut de 12 buts et 62 passes pour 74 points.
En 394 matchs dans la WHL sa fiche fut de 93 buts et 173 passes pour 266 points.
En 98 matchs dans l'AMH sa fiche fut de 17 buts et 25 passes pour 42 points.

En 157 matchs dans la AHL sa fiche fut de 25 buts et 32 passes pour 57 points.

 

Sources:
50 Years Ago in Hockey: Howie Young’s Biggest Battle, The Hockey Writers
Remembering Red Wing Bad Boy Howie Young, Vintagedetroit.com
Howie Young pourrait être suspendu à vie, L'événement, 11 janvier 1964
Du mystère autour de ce Howie Young, L'événement, 30 mars 1961
Un circuit de femmelettes?, Le Lingot, 20 novembre 1958
Young a besoin d'un psychiatre, La Patrie, 24 octobre 1963
Howie Young est injustement traité, Le Petit Journal, 19 janvier 1964
La réhabilitation de Young n'a pas été chose facile, La Presse, 7 février 1967

vendredi 20 septembre 2024

Les grands voyageurs #15 - Greg Koehler




Comme toujours lors des chapitres de la série «Les Grands Voyageurs», chaque club professionnel où le joueur a joué un match est compté entre parenthèses.

 


 

Greg Koehler est né le 27 février 1975 à Scarborough. Lorsqu'il était âgé de 13 ans et capitaine de son club pee-wee, Ken Dryden en fit le sujet principal d'un épisode de sa série documentaire «Home Game», qui fut diffusée en 1989. On y voit un jeune Koehler et son équipe en préparation pour le tournoi Pee-Wee de Québec et les défis que tout cela représente pour lui et sa famille. La série fut ensuite adapté en un livre du même nom.

Après cette saison, Koehler (qui jouait au centre) semblait avoir plafonné et était désormais dépassé par les autres au niveau talent, taille et poids. Le capitaine fut donc retranché de son club. Il abandonna alors temporairement le hockey mais fut plus tard convaincu de revenir avec un club de Niagara Falls, avec qui il retrouva sa touche et connut une poussée de croissance. Il évolua ensuite pour divers clubs junior A avant d'être recruté par l'Université Lowell-UMass, avec qui il remporta le titre de recrue de la saison 1996-97 dans sa division (Hockey East).

Son bon rendement avec Lowell-UMass incita les Hurricanes de la Caroline à lui offrir un contrat. Il débuta donc son parcours professionnel en 1998-99 avec les clubs-école des Hurricanes, dans la AHL avec le Beast de New Haven (1) et dans la ECHL avec les Everblades de la Floride (2). 

Les Hurricanes changèrent de club-école principal en 1999-2000 et Koehler changea donc de ligue et d'équipe avec les Cyclones de Cincinnati (3) dans la défunte IHL. Après une première saison timide là-bas (12 buts 13 passes) passée exclusivement sur le troisième trio, il se disputa avec son coach sur son temps de jeu et déclara qu'il était capable de marquer 30 buts dans cette ligue. Le coach écouta et c'est ce qu'il fit la saison suivante (2000-01) alors qu'il connut sa meilleure saison professionnelle à vie avec 35 buts et 36 passes pour 71 points. 

Mais durant cette même saison 2000-01, il allait marquer l'histoire du hockey à tout jamais...

Vers la fin décembre 2000, Rod Brind'Amour se blessa. N'ayant que très peu de relève au centre, les Hurricanes (4) rappelèrent Koehler qui put faire ses débuts dans la LNH le 29 décembre 2000 lors d'un match contre les Blue Jackets. Vers la fin de la première période, son trio fut appelé à prendre le relais et Koehler put enfin mettre les patins sur la glace et devenir un joueur de la LNH. Cependant, au même moment, le capitaine Ron Francis se fit accrocher par Steve Heinze des Blue Jackets. Francis s'écroula contre la bande et le sifflet retentit, signifiant le début d'une pénalité et la fin du shift de Koehler, qui n'aura duré que 4 secondes.

Le reste du match fut ponctué de multiples autres pénalités (56 minutes au total durant la partie). Tirant déjà de l'arrière 1-0 après cette première période, l'entraîneur Paul Maurice préféra ne plus utiliser le 4e trio de Koehler. N'évoluant aucunement sur les unités spéciales des Hurricanes, Koehler ne fit donc plus aucune présence, ni durant ce match ni aucun autre dans la LNH. Il participa aux échauffements de deux autres parties, mais ne fut plus jamais rappelé par les Hurricanes, et il termina la saison à Cincinnati. 

Sa carrière dans la LNH se résuma donc à ce simple 4 secondes contre les Blue Jackets, ce qui demeure un record jusqu'à ce jour. 

Quand on utilise l'expression «juste le temps d'une tasse de café» ou «a cup of coffee in the big leagues», et bien dans le cas de Koehler on peut plutôt parler d'une petite gorgée de café...

Ce «record» est cependant à prendre avec des pincettes. La ligue ne tient ces statistiques de temps passé sur la glace que depuis 1997 et même au départ il y avait des erreurs fréquentes, car Koehler est plutôt listé à 46 secondes sur le site de la LNH, ce qui serait tout de même près du record, soit au troisième rang. Il n'y a en fait que 4 joueurs (incluant Koehler), depuis qu'on compile ces statistiques, qui ont joué moins d'une minute dans la LNH.

Les voici pour vous:
Jeff Libby (Islanders 97-98): 43 secondes
Tim Ramholt (Flames 07-08): 45 secondes
*Greg Koehler (Hurricanes 01-02): 46 secondes
(mais 4)
* Cameron Butler (Blue Jackets 23-24): 54 secondes
(toujours actif donc possible d'améliorer)

Il est donc toujours techniquement possible qu'en 1931, un joueur nommé Joe Schlomo des Falcons de Détroit ait sauté sur la glace pendant une seconde avant de se fouler la cheville et disparaître à jamais dans le néant. Mais ça, on le saura jamais...

Mais Koehler lui-même a officialisé au site The Athletic qu'il n'a effectivement joué qu'un seul shift de 4 secondes. Lui et les journalistes de l'époque s'entendent pour confirmer ce fait et que probablement que les marqueurs de temps ont simplement confondu Koehler avec un autre joueur, ce qui arrivait apparemment assez souvent à l'époque. De nos jours, avec les joueurs ayant pratiquement des puces implantées dans le bras et des codes QR tatoués sur les fesses, on imagine qu'on est davantage précis...

Koehler mentionne également n'en vouloir à personne, qu'il a simplement été malchanceux et qu'il a adoré sa carrière malgré tout, et que ce seul shift dans la LNH a été magique. Il a réussi à se rendre à la LNH, ce qui représentait en quelque sorte un «F... You» à ces anciens coachs Pee-wee pour l'avoir retranché. Il a aussi pu grandement profiter de ce contrat offert par les Hurricanes, utilisant entre autres une partie de son bonus de signature de 650,000$ pour payer la maison de ses parents.

Koehler reprit donc son chemin dans les mineures. Il passa une autre saison dans l'organisation des Hurricanes, cette fois-ci avec les Lock Monsters de Lowell (5), où il fit en quelque sorte un retour au bercail de ses années universitaires. Ses droits furent cependant échangés aux Flyers en février 2002 (contre Jesse Boulerice si vous vous rappelez de lui). Il termina donc la saison 2001-02 avec les Phantoms de Philadelphie (6) dans la AHL. 

Il se retrouva en 2002-03 dans l'organisation des Predators de Nashville et fut même rappelé en renfort par ces derniers. Il participa à un échauffement d'avant-match, mais fut finalement rayé de la formation et retourné dans les mineures avec les Admirals de Milwaukee (7). Il fut ensuite échangé aux Kings de Los Angeles, et termina la saison avec les Monarchs de Manchester (8).

Dans tout ça, le comble de l'histoire est le fait que Koehler a eu quand même droit à quelques cartes de hockey, non pas pour son seul «match» dans la LNH avec les Hurricanes, mais plutôt lors de ce passage encore plus court à Nashville comme réserviste...

«Top Shelf» dans le sens qu'il était «sur la tablette»?

«Nashville» mais avec son chandail des Hurricanes.

Une carte avec un morceau de son chandail lors de l'échauffement...
Même pas eu le temps de mettre du tape sur son bâton.

Le gars a plus de cartes que de matchs joués...
 

Désormais sans contrat avec une organisation de la LNH, il débuta véritablement un parcours encore plus nomade. Il joua pour 4 clubs en 2003-04, et ce dans un ordre que j'ignore. Il joua 37 matchs pour les Jackals d'Elmira (9) dans la UHL (United Hockey League), 2 matchs dans la AHL avec le Crunch de Syracuse (10), 12 matchs avec le Rampage de San Antonio (11) et finalement un retour avec les Monarchs de Manchester pour la fin de la saison et les séries 2004.

Il retourna avec les Jackals d'Elmira en 2004-05 mais termina la saison avec le Frostbite d'Adirondack (12), toujours dans la UHL. 

En 2005-06, ce fut un début de saison avec le Frostbite mais aussi un aller-retour de 8 matchs en Italie avec le Milan HC (13).

En 2006-07, ce fut une autre saison dans la UHL partagée entre deux nouveaux clubs, soit les Hounds de Chicago (14) et le PrairieThunder (wtf) de Bloomington (15). Note à moi-même, me renseigner sur ces derniers...

Toutefois, le poids des années et de la route avait laissé ses traces et il décida de prendre sa retraite après cette saison 2006-07.

Il habite désormais la région de Toronto et travaille comme mécanicien, passant une bonne partie de ses loisirs dans un chalet qu'il a acheté avec son contrat des Hurricanes. Il a deux enfants dont une fille qui a été choisie une fois pour chanter l'hymne national avant un match entre les Maple Leafs et... les Hurricanes.

C'était donc l'histoire de Greg Koehler, pas le plus grand des voyageurs comme David Ling ou Trevor Jobe (sérieux allez lire ces texte) mais il aura quand même joué pour 15 clubs professionnels en seulement 10 saisons. Et c'est toujours sans compter les organisations de la LNH pour qui il n'a pas joué de match régulier, dans ce cas-ci il faudrait en inclure 3 autres (Predators, Flyers et Kings)...

Sources:
The shortest career in NHL history? 1 shift. 4 seconds. 0 regrets, The Athletic, 8 novembre 2023

mercredi 7 août 2024

Les grands voyageurs #14 - Darren Banks




 

Re-bienvenue à la série des Grands voyageurs où l'on décortique le parcours étourdissant de ces «journeymen» légendaires. Le nombre d'équipes est compté entre parenthèses² au fur et à mesure.

 

Darren Banks est né le 18 mars 1966 à Toronto. Non-repêché, il prit le chemin des rangs universitaires canadiens en 1986 avec l'Université Brock de St.Catharines, où il joua durant trois ans et obtint un diplôme en sociologie. 

Il débuta ensuite comme professionnel en 1989-90 dans la ECHL avec les Cherokees de Knoxville (1). Grand ailier gauche costaud à 6'2" et 228 livres, c'est rapidement qu'il comprit qu'il devrait se concentrer sur son rôle de pugiliste pour perdurer dans le hockey. Il amassa 258 minutes de pénalité en 52 matchs, en plus d'amasser 47 points dont 25 buts à cette première saison pro. 

Cette bonne prestation capta l'attention des Flames de Calgary, qui l'embauchèrent et l'assignèrent à leur club-école de la IHL, les Golden Eagles de Salt Lake City (2) pour terminer cette saison 89-90. Il joua également un match en prêt avec les Komets de Fort Wayne (3). 

Il passa les deux saisons suivantes avec les Golden Eagles, passant dans l'ordre 286 et 303 minutes au cachot. Il fut libéré par les Flames sans jamais jouer avec le grand club mais il se trouva un autre poste dans l'organisation des Bruins de Boston (4) pour la saison 1992-93. Il impressionna assez au camp d'entrainement pour commencer la saison avec les Bruins en octobre 92. Lors de son premier match, le 8 octobre 1992 contre les Whalers, il accumula 17 minutes de pénalité.

Voici un extrait de ce premier match:



Il fut finalement retourné dans les mineures après 16 matchs durant lesquels il aura obtenu 2 buts, 1 passe, et 64 minutes de pénalité. Ces 3 points furent obtenus lors du même match, une victoire de 8-2 contre les faibles Sharks.

Il termina donc la saison 92-93 avec les Bruins de Providence (5) dans la AHL où il accumula 199 minutes de pénalité en 43 matchs en plus d'une fiche de 9 buts et 5 passes. Sa saison 93-94 fut également partagée entre Providence et Boston, mais il ne joua que 4 matchs avec le grand club, ses derniers dans la LNH où il n'obtint qu'une passe et 9 minutes au cachot. 

Cependant, son entraîneur dans les mineures était l'ancien joueur Mike O'Connell. Les deux ne s'appréciaient pas et durant une pratique, Banks lança une rondelle sur O'Connell. Après la saison, O'Connell devint adjoint au directeur général des Bruins. Vous pouvez imaginer la suite pour Banks...


Libéré par les Bruins et de son propre aveu sur la liste noire de la LNH, il commença alors véritablement son parcours nomade dans les mineures. Il joua pour 4 clubs en 1994-95; le Thunder de Las Vegas (6) dans la IHL, les Pirates de Portland (7) et les Red Wings d'Adirondack (8) dans la AHL et finalement les Falcons de Détroit (9) dans l'obscure Colonial Hockey League (CoHL).

Il continua avec ces mêmes Falcons en 95-96 mais passa ensuite au Blizzard d'Utica (10), toujours dans la CoHL, en plus de 5 autres matchs de retour avec le Thunder de Las Vegas.

Sa saison 1996-97 fut ensuite passée exclusivement avec les Vipers de Détroit (11) dans la IHL, saison qui se solda par une conquête de la coupe Turner pour Banks et les Vipers. Banks se plaisait beaucoup avec les Vipers, lui qui habitait tour près à Windsor. Cependant, il fut échangé aux Rafales de Québec (12) durant l'été 1997. Banks ne voulait rien savoir de jouer à Québec et il refusa de s'y rapporter. Le DG des Rafales attendait des nouvelles et des explications de la part de Banks lors des jours suivants, sans succès, jusqu'à ce qu'il apprenne par RDS que Banks était au camp d'entraînement des Sénateurs d'Ottawa malgré son contrat dans la IHL.



Il accepta éventuellement de venir à Québec mais ce ne fut que très bref. Après seulement 4 matchs sans grande implication de sa part, il fut échangé aux Dragons de San Antonio (13). Après un autre 7 matchs là-bas où il n'était toujours pas intéressé à jouer, il fut réacquis par les Vipers. Il connaitra une de ses meilleures saisons offensives avec 16 buts et 14 passes pour 30 points en 59 matchs en 97-98, en plus de retourner en finale de la coupe Turner, cette fois-ci dans une cause perdante. Il joua ensuite une autre saison complète avec les Vipers en 98-99.

Il tenta ensuite l'aventure en Europe avec les Knights de London (14) de la ligue Britannique. Mais après seulement 23 matchs (et 101 minutes de punition), il revint en Amérique du nord avec les Border Cats de Port Huron (15) de la United Hockey League (anciennement la CoHL).

Lors de la saison 2000-01, il joua pour 3 clubs, les Border Cats encore une fois, le Speed de Knoxville (16) et finalement les Mustangs de Phoenix (17) dans la West Coast Hockey League (WCHL), suite à quoi il sembla prendre sa retraite.

Il revint toutefois en action en 2003-04 dans la très éphémère WHA2 avec les Barracudas de Jacksonville (18) où il ne joua que 7 matchs. S'en suivit ensuite un dernier 2 matchs dans la UHL en 2004-05 avec les Outlaws de Kansas City (19).

En plus de ces 19 équipes professionnelles en 15 saisons, Banks joua également pour deux clubs au Roller Hockey, les Bullfrogs d'Anaheim et le Jawz de Long Island durant les étés 1995 et 1996.

En 20 matchs dans la LNH, la fiche de Darren Banks fut de 2 buts et 2 passes pour 4 points en plus de 73 minutes au cachot. Si on additionne ses totaux dans les rangs professionnels, il accumula au total 2836 minutes de pénalité en seulement 653 matchs entre 1989 et 2005.

Depuis sa retraite, il s'impliqua dans diverses communautés urbaines de la région de Détroit mais est depuis quelques années employé au casino The D de Las Vegas comme hôte au casino.

 

Saison Équipe Ligue     MJ B P Pts PUN





1989-90     Fort Wayne Komets     IHL     1 0 1 1 0






    Salt Lake Golden Eagles     IHL     4 0 0 0 11






    Knoxville Cherokees     ECHL     52 25 22 47 258





1990-91     Salt Lake Golden Eagles     IHL     56 9 7 16 286





1991-92     Salt Lake Golden Eagles     IHL     55 5 5 10 303





1992-93     Providence Bruins     AHL     43 9 5 14 199






    Boston Bruins         NHL     16 2 1 3 64





1993-94     Providence Bruins     AHL     41 6 3 9 189






    Boston Bruins     NHL     4 0 1 1 9





1994-95     Detroit Falcons     CoHL     22 9 10 19 51






    Adirondack Red Wings     AHL     20 3 2 5 65






    Portland Pirates     AHL     12 1 2 3 38






    Las Vegas Thunder     IHL     2 0 0 0 19





1995-96     Detroit Falcons     CoHL     38 11 17 28 290






    Utica Blizzard     CoHL     6 1 2 3 22






    Las Vegas Thunder     IHL     5 0 2 2 10





1996-97     Detroit Vipers     IHL     64 10 13 23 306





1997-98     Québec Rafales     IHL     4 0 1 1 9






    San Antonio Dragons     IHL     7 0 0 0 6






    Detroit Vipers     IHL     59 16 14 30 175





1998-99     Detroit Vipers     IHL     58 6 12 18 296





1999-00     London Knights     BISL     23 8 2 10 101






    Port Huron Border Cats     UHL     17 3 5 8 12





2000-01     Phoenix Mustangs     WCHL     8 0 1 1 36






    Knoxville Speed     UHL     20 4 7 11 50






    Port Huron Border Cats     UHL     4 0 0 0 4





2003-04     Jacksonville Barracudas     WHA2     7 1 2 3 25





2004-05     Kansas City Outlaws     UHL     2 0 0 0 2






Sources:
From the NHL to professional roller hockey, Darren Banks collected friends and memories, The Athletic, 20 février 2019
Darren Banks trahi par le Réseau des Sports, Le Soleil, 16 septembre 1997
Darren Banks en cavale!, Le Soleil, 20 septembre 1997
Bye Bye Banks!, Le Soleil, 17 octobre 1997