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mardi 29 juillet 2025

Doug Mohns


 

J'avais croisé le nom de Doug Mohns lors de plusieurs recherches mais je ne lui accordais que très peu d'attention. Je croyais à prime abord qu'il était un joueur moyen et vagabond qui avait quand même connu une bonne carrière de façon anonyme. Mais en regardant finalement ses statistiques de plus près, j'ai tout de suite sursauté lorsque je me suis rendu compte qu'il était défenseur et qu'il avait accumulé plus de 700 points et joué durant 22 saisons. Il méritait alors définitivement une bio ici.

Doug Mohns est né le 13 décembre 1933 à Capreol en Ontario. Un patineur né, il fut même approché par les Ice Capades à l'âge de seulement 7 ans. Sa famille refusa toutefois l'offre et il se concentra plutôt sur le hockey. Surnommé «Diesel» pour sa vitesse sur patins rappelant une locomotive, il se distingua tout d'abord au sein des Flyers de Barrie de la ligue junior de l'Ontario avec qui il fut d'abord prêté par son club local de Capreol pour la coupe Memorial de 1951. Après leur victoire, les Flyers recrutèrent Mohns pour la saison 1951-52. Évoluant comme attaquant, il mena les Flyers pour les points à sa première saison et ramena les Flyers à la coupe Memorial en 1953. En compagnie de joueurs de renom comme Orval Tessier et Don Cherry, Mohns récolta 18 points en 10 matchs lors de ce tournoi et ramena la coupe Memorial à Barrie.

Propriété des Bruins, Mohns, alors âgé de seulement 19 ans, fit le saut directement dans la LNH en 1953-54. Il était assez rare de voir un si jeune joueur percer un alignement de la LNH à l'époque «Original 6» surtout sans devoir faire ses preuves dans les mineures. Mais des blessures à la défense chez les Bruins firent en sorte qu'il y avait un poste disponible. Il fut toutefois converti en défenseur, encore une fois un fait assez rare.

 

Mohns connut une très bonne première saison, accumulant 13 buts et 14 passes pour 27 points, soit le meilleur rendement offensif chez les défenseurs des Bruins, alors un club très médiocre en attaque. Leur meilleur attaquant n'ayant obtenu que 47 points.

Il joua 11 saisons complètes à Boston, devenant en 1959-60 le deuxième défenseur de l'histoire de la LNH (après Flash Hollett) à marquer 20 buts en une saison. En plus de sa rapidité et sa versatilité à pouvoir jouer parfois comme attaquant, il était un des premiers disciples du lancer frappé suite à son introduction par Bobby Hull et Boom Boom Geoffrion. Il participa 5 fois au match des étoiles lors de ses années avec les Bruins, 4 fois comme défenseur et 1 fois comme attaquant. Son entraîneur à Boston, le légendaire Milt Schmidt, évoqua que Mohns était un des meilleurs joueurs de la ligue à l'époque.  

Cependant, malgré quelques bonnes années vers la fin des années 50, dont deux participations en finale (1957 et 1958 contre Montréal), les Bruins n'allaient plus nulle part durant les années 60 et ratèrent les séries de 1960 à 1967. À l'été 1964, Mohns fut échangé aux Blackhawks en retour de deux joueurs, Reggie Fleming et Ab McDonald.

Lors de sa première saison à Chicago, il fut reconverti comme ailier gauche et muté sur le trio de Stan Mikita et Kenny Warham. Surnommé la «Scooter line» pour leur vitesse étourdissante, le trio fut un des meilleurs de la ligue pendant six saisons durant lesquelles Mohns connut ses meilleurs moments. Sa meilleure saison eut lieu en 1966-67 où il obtint 60 points, dont 25 buts, en seulement 61 matchs. Il retourna également au match des étoiles en 1965. Son entraîneur Billy Reay déclara qu'avoir Mohns sur la glace était comme d'avoir droit à un 3e défenseur tellement il était capable de se replier efficacement en défense ou d'adapter facilement son rôle selon l'intensité des matchs.


Après six ans à Chicago, l'âge commença à ralentir Doug Mohns. Il eut toutefois la chance de prolonger sa carrière grâce aux expansions. Après une première moitié de saison difficile, il fut échangé aux North Stars du Minnesota en février 1971. Il y joua durant deux autres saisons, retournant une dernière fois au match des étoiles en 1972, avant d'être réclamé par les Flames d'Atlanta au repêchage intraligue de 1973. Des blessures le limitèrent toutefois à seulement 28 matchs avec les Flames. 

L'heure de la retraite semblait avoir sonné pour Mohns à l'été 1974. Il y eut des rumeurs selon qui il deviendrait le premier entraîneur des nouveaux Capitals de Washington. Ces derniers portèrent toutefois leur choix sur Jim Anderson. Malgré tout, le DG des Capitals, son ancien coéquipier et entraîneur Milt Schmidt, voulait quand même avoir Mohns dans son équipe. N'ayant pas obtenu beaucoup de vétérans aguerris durant le repêchage d'expansion, Schmidt et les Caps achetèrent la dernière année du contrat de Mohns et le nommèrent comme premier capitaine de la franchise pour la saison 1974-75.

La première saison des Capitals demeure à ce jour la pire de l'histoire de la ligue avec seulement 8 victoires, 67 défaites, 5 matchs nuls et la majorité des joueurs avec une fiche de -50 (et le record de tous les temps de -82 de Bill Mikkelson). Lors de cette 22e saison en carrière, le vénérable Mohns parvint à jouer 75 matchs et accumula 2 buts et 19 passes à la défense des Capitals. Il termina avec une fiche de -54 et prit ensuite une retraite bien méritée.

Au autre cas de «patch» de capitaine appliquée avec du tape électrique

 

En 1389 matchs dans la LNH, Doug Mohns aura obtenu 248 buts et 462 passes pour 710 points et 1250 minutes de pénalité. Lors de sa retraite, seulement 4 joueurs avaient joué davantage de matchs; Gordie Howe, Alex Delvecchio, Tim Horton et Harry Howell.  

Il n'a malheureusement jamais remporté la coupe Stanley ou remporté d'honneurs individuels, ce qui nuit grandement à sa postérité. Durant ses années où il évoluait principalement comme défenseur (1953 à 1964 avec les Bruins), seulement 3 défenseurs ont obtenu davantage de points, soit Red Kelly (qui évoluait lui aussi parfois comme attaquant), Bill Gatsby et Doug Harvey.

Si le trophée Selke avait existé (il n'existe que depuis 1978), nul doute que Doug Mohns aurait été candidat durant ses années à Chicago. Il a aussi eu la malchance de partir de Boston quelques années avant l'éclosion des Big Bad Bruins et les coupes des années 70, en plus d'arriver à Chicago trop tard, les Blackhawks ayant remporté les grands honneurs en 1961. Il fut toutefois nommé au 57e rang du Top 100 de l'histoire des Bruins lors des célébrations du 100e de l'équipe en 2023-24.

Après sa retraite, il s'impliqua dans plusieurs causes humanitaires et travailla une vingtaine d'années au Massachusetts comme administrateur d'hopital. Il décéda en 2014 à l'âge de 80 ans.


lundi 10 mars 2025

Howie Young



 



Né le 2 août 1937 à Toronto, le jeune Howard Young rêvait de devenir cowboy comme son idole John Wayne, jusqu'à ce qu'il assiste à son premier match de hockey au vieux Maple Leaf Gardens. 

Cependant, les parents de Young étaient tous les deux alcooliques, donc c'est avec sa grand-mère qu'il fut principalement élevé. Cette dernière mourut lorsqu'il avait 16 ans, et il dut alors se débrouiller seul, au même moment qu'il commençait lui aussi à développer de sévères problèmes d'alcool. 

Young était toutefois un défenseur très prometteur au sein des Canucks de Kitchener. Costaud, manieur de rondelle hors-pair et rapide patineur, il aurait apparemment attiré l'attention des Canadiens qui l'invitèrent à leur camp d'entraînement, mais il aurait supposément bousillé l'occasion en étant trop souvent lendemain de veille durant cet essai.

Young avec les Saguenéens
de Chicoutimi en 1958
Il devint ensuite propriété des Maple Leafs et continua son apprentissage junior à Hamilton. Les Leafs l'envoyèrent éventuellement débuter son parcours professionnel en 1958-59 avec les Saguenéens de Chicoutimi, alors dans la ligue du Québec. 

Il devint alors à la fois une vedette ainsi qu'un paria dans cette ligue, étant à la fois célébré pour sa rapidité et sa vision, mais aussi détesté pour ses excès de rudesse. Il était notamment réputé pour ses mises en échec percutantes, mais souvent jugées trop brutales aux yeux des arbitres et de cette ligue. Il avait aussi ce qu'on appelle une «short fuse», étant prompt à complètement perdre la boule sans préavis et se ruer sauvagement sur les joueurs adverses ou engueuler les arbitres. 

Il termina la saison avec 20 points, mais il accumula aussi 180 minutes de pénalité, un sommet dans la ligue, ainsi que quelques suspensions et amendes. 

Les Leafs l'envoyèrent ensuite dans la Ligue américaine avec les Americans de Rochester pour la saison 1959-60. Il continua ses frasques dans la AHL durant toute la saison, terminant troisième pour les minutes de pénalité. Cependant, malgré son potentiel certain, son indiscipline lui coûta sa place avec les Leafs, qui le libérèrent. 

Il se retrouva alors du boulot avec les Bears de Hershey en 1960-61, mais ces derniers trouvaient également qu'il était trop indiscipliné et l'échangèrent aux Red Wings contre Marc Réaume. 

C'est avec les Wings qu'il parvint à finalement atteindre la LNH à l'âge de 23 ans. Malgré qu'il ne joua que 29 des 70 matchs de l'équipe, il termina en tête de l'équipe avec 108 minutes au cachot. Il aida les Wings à se rendre jusqu'en finale dans une cause perdante contre Chicago, amassant 2 buts et 2 aides en 11 matchs durant les séries.

Sa saison 1961-62 fut toutefois à oublier à Détroit, où après 30 matchs avec seulement 2 passes au compteur et beaucoup trop d'indiscipline de sa part, autant sur la glace qu'en dehors, les Wings l'envoyèrent terminer la saison avec les Flyers d'Edmonton dans la Western Hockey League. Il aida toutefois les Flyers à remporter la coupe Patrick au printemps 1962.

Il passa ensuite la saison 1962-63 entièrement à Détroit, et termina en tête des joueurs pénalisés avec un 273 minutes de punition, battant le record de 202 minutes détenu par Lou Fontinato depuis 1956. Ce nouveau record de Young dura ensuite jusqu'en 1970. 

À ce moment à travers la LNH, autant les joueurs, dirigeants et fans étaient polarisés sur ce mystère qu'était Howie Young, à savoir s'il était un joueur qui méritait de jouer ou non dans la ligue. Maurice Richard, alors à la retraite, qualifia Young de complètement fou. Frank Selke Jr. abonda dans le même sens en déclarant dans le journal que Young avait besoin d'un psychiâtre. Mais d'un autre côté, Jack Adams déclara qu'il avait aussi le potentiel de devenir le prochain Eddie Shore.

Et même si son style de jeu attirait les foudres, il demeurait extrêmement populaire auprès des fans, car en plus de faire lever les gens de leurs sièges avec son jeu violent, il avait aussi un look de beau gosse et beaucoup de charisme. Il fut d'ailleurs en vedette sur la couverture de Sports Illustrated en janvier 1963. Il avoua plusieurs années plus tard qu'il était lendemain de veille lors de la prise de cette photo.

 


Éditorial de Frank Selke dans le journal La Patrie

Donc malgré son talent indéniable, il ne parvenait pas à calmer ses démons, étant en plus de nombreuses fois arrêté par la police suite à d'autres bagarres, dans les bars cette fois-ci. Il lui arrivait aussi de rater des matchs, des pratiques ou même l'avion de l'équipe. Après avoir causé de nombreux maux de têtes en peu de temps aux Red Wings, ces derniers perdirent finalement patience avec lui, l'échangeant aux Blackhawks durant l'été 1963 en retour du gardien Roger Crozier et du défenseur Ron Ingram. 

Les Blackhawks regretteront amèrement cet échange, car malgré que Young aida à remplir leur aréna, Crozier gagna le trophée Calder en 1964-65. Pendant ce temps, Howie Young et ses problèmes ne firent que passer à Chicago, mais ce fut très chaotique. Un exemple d'un match typique du «mauvais» Young se produisit lors d'un match contre Montréal en début de saison. Il aurait alors pourchassé Ralph Backstrom pendant plusieurs secondes avant de l'envoyer brutalement sur la bande. Après avoir reçu un deux minutes de pénalité, il jeta ses gants sur la glace en protestation, suite à quoi l'arbitre lui donna un 10 minutes supplémentaire. Young aurait ensuite menacé l'arbitre, qui l'a ensuite expulsé du match et donné une amende. 

Pendant un autre match à Toronto, il aurait craché vers Stafford Smythe, le DG les Leafs, alors que ce dernier était derrière le banc des pénalités avec son épouse et ses enfants. Clarence Campbell songea alors à bannir Young à vie de la LNH, mais cela ne résulta finalement qu'à une suspension de 5 matchs. Campbell déclara toutefois à Young qu'il était “the greatest detriment to hockey that ever laced on a pair of skates".

Donc après seulement 39 matchs, 99 minutes de pénalité et seulement 7 passes, les Blackhawks s'en débarrassèrent en vendant Young aux Blades de Los Angeles dans la WHL, tout en gardant ses droits dans la LNH.

Young déménagea donc en Californie et joua trois saisons avec les Blades. Il continua d'amasser les mauvaises pénalités, menant la ligue avec 227 minutes en 1964-65, mais obtint de meilleures statistiques, démontrant finalement son côté offensif. 

Son look hollywoodien correspondait parfaitement à l'endroit et il rencontra un jour Frank Sinatra qui l'engagea pour jouer dans son film «None but the Brave», un film sur la 2e guerre mondiale où il eut une seule ligne de dialogue. Il revint de ce tournage avec une coupe «Mohawk» peu orthodoxe pour l'époque, ce qui lui causa davantage de controverse.

 

Frank Sinatra en compagnie d'Howie Young sur le plateau du film «None but the brave»

La coupe «Mohawk» de Young durant son temps avec les Blades de Los Angeles

Les démons de Young le suivirent évidemment en Californie mais un beau jour en 1965 où il se réveilla de nouveau en prison, un codétenu l'invita à se joindre aux alcooliques anonymes. C'est alors que Young arrêta de boire et qu'il remit sa carrière sur la bonne voie.

Lors de la saison 1966-67, un Howie Young désormais plus assagi et sobre depuis 2 ans réussit à s'attirer les grâces des dirigeants et à revenir sur le radar le la LNH. Alors qu'il menait les Blades avec 22 points en 29 matchs, l'ancien DG de Young à Détroit, Sid Abel, se retrouvait avec un club en difficulté et des trous en défense. Il tenta alors une fois de plus le pari Howie Young en ramenant l'enfant trouble au bercail. Pour se faire, il transigea de nouveau avec les Hawks qui détenaient toujours ses droits.

Plusieurs doutèrent de la décision de Abel et s'attendaient à un nouveau fiasco, mais c'était véritablement un nouveau Howie Young qui revint à Détroit durant la saison 1966-67. Il appliqua de son propre aveu les mêmes principes qu'il apprit avec les AA, soit d'éviter le trouble, et ne prit plus autant de pénalités inutiles. Il connut même sa meilleure saison jusque là dans la LNH avec 17 points en 44 matchs et aida les Wings à sortir de leur torpeur, malgré qu'ils ratèrent les séries. Il n'avait toutefois pas perdu toute son agressivité et sa robustesse, terminant avec 100 minutes de pénalité.

Il joua ensuite une autre saison à Détroit, ponctuée d'un court séjour de 4 matchs dans les mineures. Mais durant l'été 1968, il fit partie d'une grosse transaction entre les Wings et les Seals d'Oakland envoyant le malheureux défenseur Bobby Baun à Détroit. Apparemment que Baun, autrefois vedette des Maple Leafs, détestait jouer en Californie, meublant son appartement de tableaux aux paysages nordiques afin de se sentir plus chez lui...

Avec les Seals... mais pas vraiment.

Young non plus ne voulait rien savoir de la Californie, même s'il y avait auparavant joué trois ans avec les Blades dans la WHL, car il refusa de se rapporter à l'équipe à l'aube de la saison 1968-69. Il fut donc suspendu et éventuellement placé au repêchage intra-ligue. C'est alors qu'une autre ancienne équipe le ramena au bercail, cette fois-ci les Blackhawks. 

Désormais âgé de 31 ans, Young commença à ressentir le poids des années et n'était plus aussi efficace, jouant désormais dans un rôle plus effacé avec les Hawks qui le libérèrent après la saison. 

Il passa ensuite la saison 1969-70 avec une autre ancienne équipe, cette fois-ci dans la ligue américaine, les Americans de Rochester. 

En 1969-70 il retourna dans la WHL,avec les Canucks de Vancouver. Le timing sembla bon de joindre cette équipe car il put retourner dans la LNH l'année suivante, demeurant avec les Canucks lors de leur année d'expansion en 1970-71. Mais après seulement 11 matchs, il fut récalé dans la WHL avec les Roadrunners de Phoenix. Ce furent ses derniers matchs dans la LNH. 

Après sa fin de saison 70-71 à Phoenix, il opta de prendre sa retraite. Il revint toutefois au jeu la saison suivante, toujours avec les Roadrunners, mais cette fois-ci non pas comme défenseur mais comme attaquant.

Désormais à 35 ans et dans un nouveau rôle d'attaquant et de vétéran, il s'en sortit bien avec une saison de 58 points en 1972-73, aidant les Roadrunners à remporter les grands honneurs. Il sembla également canaliser le Howie Young d'antan en terminant au premier rang de la WHL pour les minutes de punition.

Il fit encore mieux en 1973-74 avec 37 buts et 69 points, aidant les Roadrunners à remporter le championnat pour une deuxième saison consécutive dans ce qui était la dernière saison d'existence de la WHL. Il s'agissait des premiers championnats de Young depuis son premier passage dans cette même WHL en 1962 avec les Flyers d'Edmonton. 

Avec les Jets de Winnipeg dans l'AMH

Il revint dans les «majeures» en 1974-75 lorsque les Roadrunners firent le saut dans l'AMH. Après 30 matchs, il fut toutefois échangé aux Jets de Winnipeg où il retrouva son ancien coéquipier des Hawks Bobby Hull. 

Après une autre retraite de seulement une saison, il revint de nouveau au jeu en 1976-77, de nouveau avec les Roadrunners pour 26 matchs, en plus de 4 matchs dans la CHL avec les Blazers d'Oklahoma City.

Alors au crépuscule de sa carrière, Young demeura en Arizona la saison suivante, suivant toujours la franchise des Roadrunners, qui migrèrent alors dans l'obscure Pacific Hockey League. S'en suivit ensuite une dernière saison de 14 matchs avec les Blades de Los Angeles, nommés en honneur des anciens Blades de la WHL où il avait joué presque 15 ans auparavant. 

Mais comme lors de nombreuses autres fois dans ce texte, ce n'était pas encore la véritable fin pour Howie Young. En 1985, alors âgé de 48 ans, il lit dans le Hockey News que les Spirits de Flint de la IHL recherchaient des joueurs et offraient des essais ouverts. Le DG des Spirits croyait qu'il n'avait que 38 ans et lui accorda un poste avant d'apprendre son véritable âge. Il joua 4 matchs avec Flint et ensuite un autre 7 matchs avec les Slapshots de New York dans la ACHL.

Il occupa ensuite plusieurs boulots divers suite à sa véritable retraite, et tenta durant les années 90 de reprendre son side job comme acteur. Il obtint quelques petits rôles dans des films et séries western comme «Young Guns II» avec Emilio Estevez et le téléfilm «Last Stand at Saber River» avec Tom Selleck.

Et en plus de finalement pouvoir imiter son ancienne idôle John Wayne à l'écran dans des westerns, il put également réaliser son rêve de devenir cowboy, lorsqu'il acheta un ranch au Nouveau-Mexique.


Il mourut en 1999 à 62 ans d'un cancer du pancreas.

En 336 matchs dans la LNH sa fiche fut de 12 buts et 62 passes pour 74 points.
En 394 matchs dans la WHL sa fiche fut de 93 buts et 173 passes pour 266 points.
En 98 matchs dans l'AMH sa fiche fut de 17 buts et 25 passes pour 42 points.

En 157 matchs dans la AHL sa fiche fut de 25 buts et 32 passes pour 57 points.

 

Sources:
50 Years Ago in Hockey: Howie Young’s Biggest Battle, The Hockey Writers
Remembering Red Wing Bad Boy Howie Young, Vintagedetroit.com
Howie Young pourrait être suspendu à vie, L'événement, 11 janvier 1964
Du mystère autour de ce Howie Young, L'événement, 30 mars 1961
Un circuit de femmelettes?, Le Lingot, 20 novembre 1958
Young a besoin d'un psychiatre, La Patrie, 24 octobre 1963
Howie Young est injustement traité, Le Petit Journal, 19 janvier 1964
La réhabilitation de Young n'a pas été chose facile, La Presse, 7 février 1967

jeudi 17 octobre 2024

Lowell MacDonald

 

Né à Thorburn en Nouvelle-Écosse le 30 août 1941, l'attaquant Lowell MacDonald est probablement le meilleur exemple du joueur qui a su grandement profiter de la grande expansion dans la LNH en 1967.

Il se développa d'abord dans la ligue junior de l'Ontario au sein des Red Wings d'Hamilton, avec qui il joua de 1959 à 1962 en compagnie d'autres joueurs d'exception comme Hubert «Pit» Martin et Paul Henderson. MacDonald et Martin dominèrent la OHA (ancien nom de l'OHL) en 1961-62 en terminant au premier et deuxième rang de la ligue pour les buts marqués avec 46 pour MacDonald et 42 pour Martin, et ce durant un calendrier de seulement 50 matchs. Les Red Wings remportèrent la coupe Memorial cette année-là et MacDonald continua de transporter l'équipe avec une récolte de 17 buts en 14 matchs lors de ce tournoi.

Étant propriété des grands Red Wings dans la LNH, MacDonald fit ses débuts professionnels également durant cette même saison 1961-62 avant d'être retourné au junior. Il fit ensuite la navette entre Détroit et leur club-école, les Hornets de Pittsburgh, lors des trois saisons suivantes. Il fut toutefois victime du peu de postes disponibles dans une ligue à seulement 6 clubs et ne parvint pas à craquer le line-up du grand club de manière permanente, malgré des résultats exemplaires dans la ligue américaine. 

Il fit ensuite partie à l'été 1965 d'une méga transaction entre les Red Wings et les Maple Leafs envoyant Andy Bathgate à Détroit. Il prit le chemin de Toronto en compagnie de Larry Jeffrey, Eddie Joyal et Marcel Pronovost. Bathgate, Gary Jarrett et Billy Harris prirent le chemin inverse vers la ville de l'automobile.

Cependant, il y avait encore moins de postes disponibles à Toronto qu'à Détroit. Et pendant que les Leafs remportaient leurs dernières coupes Stanley, MacDonald rongeait toujours son frein dans les mineures, désormais loin de sa famille avec les Oilers de Tulsa dans la ligue centrale. Il considéra alors de prendre sa retraite, lui qui était très éduqué et avait d'autres intérêts en dehors du hockey.

Il eut toutefois un coup de pouce du destin avec l'arrivée de six nouveaux clubs majeurs avec la grande expansion de 1967. Les nouveaux Kings de Los Angeles le sélectionnèrent au repêchage d'expansion et il put ainsi jouer dans la LNH à temps plein. Il fit ainsi partie de la première édition des Kings et connut une première saison complète avec une fiche raisonnable de 21 buts et 24 passes en 1967-68.

 

Il régressa toutefois en 68-69 avec seulement 28 points en 58 matchs, avec en plus un retour de 9 matchs dans les mineures. En 1969-70, il avait besoin de se faire opérer au genou et ne voyant pas nécessairement beaucoup d'avenir dans le hockey, il ne joua qu'une douzaine de matchs durant l'année avec le club-école des Kings et se concentra plutôt sur la complétion de son diplôme universitaire. Il penchait également vers la retraite en raison de sa peur de prendre l'avion, une peur davantage accentuée par les longs voyages effectués par les Kings loin dans l'ouest.

Il fut toutefois acquis par les Penguins de Pittsburgh à l'été 1970 au repêchage intraligue et  c'est  Red Kelly, le coach des Penguins, qui le convainquit de demeurer dans la LNH. Kelly le connaissait depuis ses années à Détroit et également à Los Angeles où il fut le premier entraîneur des Kings. Kelly lui promit entre autres d'avoir à effectuer moins de longs vols d'avion. 

Cependant, sa blessure réapparut et le mit hors du portrait pour la majorité de la saison où il ne put faire plus que 1 passe en 10 matchs. Il ne joua ensuite aucun match en 1971-72, optant possiblement une nouvelle fois pour la retraite.

Cependant, sa femme le persuada de tenter un comeback en 1972-73. Il fut réinvité au camp d'entraînement des Penguins et parvint à refaire l'équipe. C'est alors qu'il explosa. Jumelé sur la première ligne avec Syl Apps Jr. et Jean Pronovost, MacDonald connut une superbe saison de 34 buts et 41 passes pour 75 points. 

MacDonald et son trophée Bill Masterton

Son long cheminement pour se rendre à ce niveau et sa persévérance lui valurent alors le trophée Bill Masterton. Il fut également invité au match des étoiles.

Il reprit de plus belle en 1973-74 avec des sommets en carrière de 43 buts et 39 passes pour 82 points, ce qui le plaçait dans le Top 10 des buts et des points à travers la LNH. L'entraîneur des Penguins Ken Schinkel déclara que MacDonald était son joueur le plus complet. Il retourna également au match des étoiles cette saison-là. Le trio de MacDonald, Pronovost et Apps fut surnommée la «Century Line» car ils marquaient ensemble une centaine de buts annuellement.

La «Century Line» ou «Bicentennial Line»
 

Après deux autres bonnes saisons de 60 et 73 points, les choses recommencèrent à mal aller dans son cas. Il subit une sérieuse blessure au genou qui le mit au rancard pour presque l'entièreté de la saison 76-77 où il ne put jouer que 3 matchs. 

Il tenta un autre retour en 77-78 et malgré de bonnes statistiques de 13 points en 19 matchs, ses blessures persistantes le forcèrent à une retraite définitive. 

Sa fiche en carrière fut de 180 buts et 210 passes pour 390 points en 506 matchs.

Après sa retraite, il s'établit à Milwaukee et devint entraîneur-chef de l'école préparatoire University School of Milwaukee où il entraîna durant 18 saisons. Il fut également introduit au temple de la renommée du sport en Nouvelle-Écosse en 1982.

 


Son fils Lane MacDonald fut plus tard une star du hockey universitaire américain avec Harvard. Il remporta notamment le trophée Hobey Baker en 1989 en plus d'aider Harvard à remporter le championnat de la NCAA.



mercredi 10 juillet 2024

Val Fonteyne


 

 
Ce texte a d'abord été publié comme texte inédit dans notre livre «Le meilleur de La vie est une puck» en 2022. Ce livre est désormais épuisé mais demeure toujours disponible en format digital (eBook).



Né le 2 décembre 1933 à ­Wetaskiwin en ­Alberta, ­Val ­Fonteyne roulait sa bosse comme attaquant défensif dans l’ancienne ­WHL avant d’obtenir un poste avec les ­Red ­Wings en ­1959-60. Il joua ensuite avec les ­Rangers, puis les ­Penguins qui le réclamèrent lors de la grande expansion de 1967. Ce fut plus tard au tour des ­Oilers de le repêcher lors de l’arrivée de l’AMH en 1972. Il y joua deux saisons avant d’accrocher ses patins en 1974.
 
En tout, ­Fonteyne aura connu une longue carrière mais de manière assez anonyme, n’ayant jamais été un grand moteur offensif et n’ayant jamais fait partie d’une puissance. Il se rendit en finale en 1961, 1963 et 1966 avec les ­Wings mais à chaque fois dans une cause perdante. Sa meilleure fiche en saison fut celle de ­1967-68 avec les ­Penguins où il obtint 34 points. Il a aussi gagné la coupe ­Calder en 1967 avec les ­Hornets de ­Pittsburgh, lors d'un court séjour dans la ligue américaine en milieu de carrière.

 
 
 
Donc pourquoi parler d'un joueur au parcours aussi « basic » ? ­Et bien comme on a souvent l’habitude de parler de matamores et de joueurs pas très recommandables, je me disais qu’il serait bien de parler d'un joueur à l’opposée du spectrum. 
 
Un des joueurs les plus gentilhommes de sa génération, Val ­Fonteyne n’aura accumulé que 26 minutes de pénalité en 820 matchs en carrière dans la ­LNH. Jamais il n’aura amassé plus de quatre minutes en une saison et jamais il ne s’est bagarré dans la ­LNH. Il eut cinq saisons sans aucune pénalité dont trois d’affilée entre 1965 et 1968. Il détient par le fait même le record pour le plus de matchs consécutifs sans pénalité avec 188.
 
Il n’a également reçu que quatre minutes de pénalité en 149 matchs dans l’AMH.

Il est considéré le joueur le moins puni de l’histoire de la ­LNH (minimum de 200 matchs) avec une moyenne de seulement 1 seconde de pénalité par match. Étrangement, il n’a jamais remporté le trophée ­Lady ­Byng... 



mardi 7 mars 2023

Ted Ouimet



 

 
Dans l'histoire de la LNH, il y a eu plus de 400 joueurs qu'on appelle des «One-game wonders», ce nom donné à ceux qui ont joué un seul match dans la grande ligue. De ces 400 joueurs, un seul détient toutefois un fait d'arme supplémentaire qu'aucun autre joueur ne pourra accomplir jusqu'à probablement la nuit des temps.

Edward John «Teddy» Ouimet est né le 6 juillet 1947 à Noranda. Appartenant au puissant système de filières du Canadien durant les années 60, il joua d'abord trois saisons avec le Canadien Jr. de Montréal dans la OHA. Il épata particulièrement à sa première saison en 1965-66 lorsqu'il mena cette ligue avec une moyenne de 2.75, et surtout une séquence de trois victoires consécutives par blanchissage, un exploit de taille dans cette ligue hautement offensive. Après une autre saison avec les Canadiens Jr, il passa aux Nationals de London, en retour de pas n'importe qui, nul autre que Réjean Houle.

Ayant des surplus d'effectifs au sein de leur puissant club, les Canadiens vendirent plusieurs de leurs prospects aux Blues de St.Louis en juin 1968, dont le gardien Ouimet, qui pouvait alors débuter sa carrière professionnelle.

Il débuta donc en 1968-69 avec les Blues et leur club-école à Kansas City, également du nom des Blues. J'ai lu que Jacques Plante, alors gardien des Blues, est celui qui aurait inventé et instauré le système de 3 gardiens à chaque match où un des trois assiste à la rencontre depuis les estrades. Ouimet, désormais l'élève de Plante, est alors devenu ce 3e gardien derrière Plante et Glenn Hall. Il ne joua donc que très peu, soit un seul match le 22 mars 1969, une défaite de 2-1 contre Pittsburgh. Il alterna parfois ce titre ingrat de 3e portier avec ses collègues à Kansas City, soit Gary Edwards et Robbie Irons (également un one-game wonder), qui eux aussi ne jouèrent qu'un seul match avec le grand club en 68-69.

La saison suivante, ce même Gary Edwards, qui jouera plus tard avec les Kings, les Barons et les North Stars, supplanta Ouimet dans la hiérarchie des Blues, qui en plus de Hall et Plante, comptaient désormais sur Ernie Wakely dans leurs rangs. Ouimet ne revint donc jamais dans la LNH et partagea désormais son temps entre Kansas City et d'autres clubs où il fut prêté, dont les Gulls de San Diego dans la WHL et les Flags de Port Huron dans la IHL. Il fut libéré par les Blues après la saison 1970-71.

Il débuta alors un parcours nomade et ne joua jamais plus d'une saison consécutive avec le même club. Libéré des Blues, il mit le cap sur la Eastern Hockey League (EHL) où il partagea la saison 1971-72 avec les Rockets de Jacksonville, les Blazers de Syracuse, en plus d'un match de retour à Port Huron dans la IHL.

En 1972-73, il obtint un poste avec les légendaires Barons de Cleveland de la Ligue américaine. Toutefois, cette équipe dut plier bagage à la mi-saison, étant incapable de compétitionner avec la nouvelle franchise des Crusaders de Cleveland de l'AMH, arrivés sur la scène à l'automne précédent. En janvier 1973, les Barons déménagèrent donc à Jacksonville et y terminèrent la saison. Ouimet ne devait toutefois pas être dépaysé à Jacksonville, y ayant déjà joué un an plus tôt.

Il migra vers une autre ligue en 1973-74, soit dans la North American Hockey League (la ligue de Slap Shot) avec les Blazers de Syracuse, son ancien club de 1971-72 qui avait migré dans la NAHL après la fin de la EHL. Comme gardien #1 des Blazers, Ouimet mena l'équipe au championnat de la coupe Lockhart au printemps 1974.

Heureusement pour Ouimet, son bon parcours avec les Blazers attira l'attention des ligues majeures où il put finalement faire un retour. Pas dans la LNH mais bien dans l'AMH cette fois. Oui l'AMH était considérée comme une ligue majeure. Ce furent les Whalers de la Nouvelle-Angleterre qui signèrent donc Ouimet pour la saison 1974-75.

Toutefois, les Whalers étaient bien garnis devant le filet avec Al Smith et le suédois Christer Abrahamsson (frère jumeau de l'attaquant Thommy Abrahamsson). Ouimet joua donc la majorité de la saison avec le club-école des Whalers, les Cape Codders de… Cape Cod (l'équipe s'appelait seulement Cape Codders) dans la NAHL.

Ouimet ne joua donc qu'un seul match dans l'AMH avec les Whalers durant ce qui fut sa dernière saison professionnelle. 
 
Il est donc l'unique joueur dans l'histoire à être un «One-game wonder» à la fois dans la LNH et dans l'AMH. Oui j'ai vérifié. Oui c'est vrai. Oui j'ai cliqué sur environ une «quatre-vingtaine» de joueurs aux dates concordantes pour m'assurer de pas dire n'importe quoi. Non, ne me jugez pas.

Après sa retraite professionnelle, Ouimet retourna vivre à London, là où il avait rencontré sa future femme durant son parcours junior. Il joua une saison supplémentaire au niveau senior avec les Kings de London en 1975-76.

Il eut trois fils, dont un du nom de Mark Ouimet qui sera repêché par les Capitals de Washington en 1990.



Sources:
Ted Ouimet est échangé au London, La Presse, 30 août 1967
Ted Ouimet, un élève à l'école de Plante et Hall, La Patrie, 4 mai 1969

mercredi 3 février 2021

Pete le manchot...

 
 

Il y a de ces histoires que je découvre au hasard qui semblent bien inoffensives au départ. Le genre de petite anecdote cocasse qui te fait dire ''Ah ouais, cool'' et tu passes à autre chose dans ta vie. Mais il arrive quelquefois où l'on s'aventure au fond de l'histoire pour ensuite regretter son geste. C'est comme un bobo qui ne guérit pas parce qu'on arrête pas de le gratter... 
 
L'histoire de ''Penguin Pete'' fait partie de cette catégorie. Après avoir ruminé le tout en position fœtale pendant quelque heures, je pense être prêt à la partager avec vous...

 
 

Penguin Pete était un manchot originaire de l'Équateur. Il était plus précisément un ''manchot de Humboldt'', une espèce de manchot habitant principalement les côtes du Chili et du Pérou. En passant, je m'efforce ici de respecter la linguistique particulière française alors qu'un Pingouin en français et un Penguin en anglais (et dans la plupart des autres langues) ne sont pas exactement le même animal. Je vous réfère à cette archive de 2014 si vous désirez en savoir plus. Mais Penguin Pete était bel et bien un manchot et non pas un ''pingouin''...

Autre petite parenthèse sur les manchots de Humboldt avant de commencer. En 2005, il fut découvert que plusieurs de ces manchots mâles formaient des couples homosexuels dans un zoo allemand. Voulant ''remédier'' à la situation, la direction du zoo fit venir davantage de femelles dans leur environnement, ce qui fit la manchette et qui fut dénoncé par les associations LGBTQ... De toute façon, plusieurs mâles sont restés gays même après l'arrivée des femelles. Ceci ne sera malheureusement pas la dernière démonstration de la bêtise humaine dans cet article...

Retournons à nos moutons, pingouins, manchots. Mais avant, je vais aller me chercher une advil...

Revenons d'abord dans le temps en 1968. Les Penguins de Pittsburgh en sont à leur première saison et ont de la difficulté à attirer des gens aux guichets. Vous voyez alors sûrement où je veux en venir... Le fondateur et propriétaire de l'équipe, Jack McGregor, a alors eu une ampoule qui s'est allumée au dessus de sa tête. Il décida d'adopter comme mascotte non pas un simple gars déguisé en manchot mais bel et bien un manchot vivant. C'est donc devant 9000 spectateurs lors du match du 21 février 1968 contre les Flyers de Philadelphie que l'on assista aux grands débuts de Penguin Pete, ce manchot de Humboldt prêté généreusement par le zoo de Pittsburgh. Pete fut d'ailleurs donné ''cérémonieusement'' durant les cérémonies d'avant-match par McGregor comme cadeau à son fils Doug, qui fêtait ses 9 ans cette même journée. C'est aussi d'ailleurs la femme de McGregor qui avait trouvé le nom Penguins, en référence au domicile de l'équipe surnommé ''L'Igloo''... même si les manchots et pingouins résident dans l'hémisphère sud et n'ont probablement jamais vu un igloo dans toute l'histoire de la vie sur terre...

 
De gauche à droite: Doug McGregor (9 ans), son père Jack McGregor (proprio des Penguins) et Pete Schelpis (employé du zoo et responsable de Penguin Pete)


Le jeune Doug a plutôt l'air effrayé là-dessus...

Pete n'aurait fait ensuite qu'une seule autre apparition durant la saison 1967-68, ne faisant que gambader maladroitement avec un harnais sur la glace durant les intermissions et les avant-matchs. Durant l'entre-saison, McGregor commanda à CCM des patins spéciaux adaptés aux petites pattes palmées de Pete. L'anatomie particulière des manchots fit de cette commande une tâche pratiquement impossible pour CCM mais ils auraient apparemment réussi. Un entraîneur prit ensuite la tâche d'apprendre à patiner à ce pauvre Pete. L'idée était qu'il mène l'équipe hors du vestiaire et les conduise triomphalement sur la patinoire.

Cependant, surprise, les manchots ne savent pas voler et encore moins bien patiner. Ils peuvent à peine marcher si ce n'est que de cette manière adorable et non pas virile du tout... Le DG des Penguins Jack Riley se rappela que Pete préférait se laisser glisser sur son estomac lorsqu'il était sur la glace... tsé comme un manchot normal dans son habitat normal. Les médias eurent alors carte blanche pour de belles manchettes. Le Globe and Mail commenta de la sorte : ''Les Penguins ont deux problèmes majeurs à l'aube de leur deuxième saison. Ils ont un Pingouin qui ne sait pas patiner et une défensive tout aussi inexpérimentée...''


Penguin Pete n'aura fait que seulement 6 apparitions (sans patins) de la sorte, sa dernière lors d'un match contre les Rangers le 16 novembre 1968. Et il n'eut même pas l'effet escompté, alors qu'il y avait seulement 7000 spectateurs pour ce match que les Penguins perdirent 2-1. Comme à l'habitude, Pete fut retourné au zoo après le match. Cependant, le pauvre animal mourut d'une pneumonie 5 jours plus tard, soit le 23 novembre 1968. Il fut énoncé que Pete aurait attrapé cette pneumonie parce que les tenanciers de l’aréna aurait trop chauffé son espace de repos. Le changement soudain de température causé par tous ces trimbalements entre le zoo, son espace de repos et la glace de l'aréna aurait donc été fatal pour cette pauvre créature. Qui aurait pu croire qu'un animal sauvage totalement déplacé de son habitat naturel pourrait attraper une pneumonie? Sûrement pas Jack McGregor qui était incrédule face à ce diagnostic du vétérinaire. Il déclara: ''Les Penguins vivent dans les températures les plus froides de la planète! Comment pourrait-il être mort d'une pneumonie?''. Mais à la défense du jugement de McGregor, il était, en plus d'être proprio des Penguins, sénateur républicain de l'état de Pennsylvanie. Alors on comprend un peu mieux...

La farce ne s'arrête toutefois pas ici. Je finis mon shot de whisky et je vous reviens...

Après sa mort, Pete fut envoyé à un taxidermiste et il fut exposé dans un présentoir à trophée (à défaut d'en avoir des vrais) dans le lobby des bureaux des Penguins. Il disparut toutefois du radar après quelques semaines.. 
 
Il existe plusieurs théories sur ce qui advenu de ce pauvre Pete. Selon quelques sources, des gens étaient inconfortables de sa présence et il fut simplement retiré et emmené au domicile d'un des membres de l'organisation. McGregor déclare toutefois qu'il fut volé par un fan tandis que son fils Doug raconte qu'il a plutôt été jeté aux ordures par le personnel de l'équipe...

 

 
... et un autre shot de whisky pour moi svp...

N'ayant pas appris leur leçon, le zoo de Pittsburgh prêta par la suite un deuxième manchot aux Penguins. Et là vous allez sûrement penser que je vous niaise, mais cette deuxième mascotte vivante fut rebaptisée sous le nom de ''Re-Pete''... REPEAT! TU LA POGNES-TU?

Au moins Re-Pete aura été mieux traité par l'équipe et fut d'office jusqu'à la fin de la saison 1971-72 sans mourir une seule fois... Il ne fut toutefois pas aussi populaire que le Pete original et on raconte qu'il fut retiré suite à plusieurs plaintes de la SPCA. C'était le temps qu'ils rappliquent eux autres d'ailleurs...

Je me demande s'il existait une variante ''Pittsburghienne'' de notre superbe joke nationale durant ces quelques saisons à Pittsburgh... Du genre ''Pete pis Re-Pete sont sur la glace. Pete meurt d'une pneumonie. Qui qui reste?''

Rendu ici dans mon texte, j'ai pris une pose et 2-3 verres d'eau pour dé-saouler. Ensuite en retournant dans mes recherches je suis tombé sur un article qui est venu tout chambouler ce récit. Il s'agit d'un article hommage de 2017 suite à la mort de Pete Schepis, personnage adoré de Pittsburgh et employé de longue date du zoo de l'endroit. Il est celui qui transportait Pete et Re-Pete que l'on voit sur les photos et le vidéo plus haut. Dans l'article on raconte qu'il aurait débuté ses fonctions en 1969 mais que le Penguin était en fait un manchot empereur surnommé plutôt ''Slapshot'' et que ''Penguin Pete'' était plutôt lui, ce Pete Schepis... On raconte même que ''Slapshot et Penguin Pete'' étaient d'office pour chaque match local des Penguins jusqu'en 1975...

Je croyais alors qu'il ne s'agissait que d'une erreur du journal mais on retrouve dans le même article un témoignage de sa fille, Becki Schepis. Cette dernière raconte que elle et sa soeur ''adoraient se rendre à l'aréna mais qu'elles détestaient partager le Station Wagon du paternel en compagnie de ce penguin puant dans le coffre avant et après chaque match''....

CET EMPLOYÉ DU ZOO TRANSPORTAIT UN MANCHOT VIVANT DANS LE COFFRE DE SON STATION WAGON, SIMONAC. Pas étonnant que le premier soit mort d'un choc de température. C'est quoi ce zoo de merde?

Donc après ces aventures zoologiques, les Penguins arrêtèrent d'employer des mascottes, mais l'idée fut ramenée en 1992 après les deux conquêtes de la coupe Stanley par l'équipe. Cette fois-ci on abandonna l'idée d'un manchot vivant pour plutôt prendre le bon vieux classique d'un bonhomme dans un costume. L'équipe voulait alors ramener le nom de Penguin Pete mais entre temps, l'Université Youngstown State en Ohio avait repris le nom pour sa propre mascotte. Un concours fut alors lancé pour trouver un nouveau nom et c'est alors que naquit le très populaire ''Iceburgh'' que tout le monde adore depuis... sauf Jean-Claude Van Damme.




Mais comme les erreurs du passé ont tendance à ressurgir des décennies plus tard, les Penguins ramenèrent une flopée de manchots lors des célébrations de la Stadium Series de 2017. Six manchots sensibles aux changements d'environnement placés au centre d'une mer de plus de 20 000 personnes et des centaines de flashs de caméra? Qu'est-ce qui pourrait bien mal tourner cette fois?



Ah ben oui. Des feux d'artifices détonnés à quelques mètres d'eux. Inutile de dire que PETA fut sur le coup encore une fois et que le zoo de Pittsburgh en prit pour son rhume. Le zoo déclara que l'incident était mineur et que la réaction de choc des manchots était ''similaire'' à celle d'un humain en pareilles circonstances, qu'ils étaient rétablis du choc quelques secondes plus tard et qu'il s'agissait d'ailleurs d'une belle expérience pour eux de pouvoir découvrir de ''nouveaux sons, de nouvelles choses à voir et de nouvelles senteurs''... Wow. 
 
En tout cas, ces gens du PR du zoo savent mieux patiner que les manchots. Moi j'ai une idée. À moins de savoir vraiment ce que vous faites, laissez-donc ces pauvres animaux tranquilles. C'est pas des chiens de concours.
 
 
Sources:
Pittsburgh Hockey
100 Things Penguins Fans Should Know & Do Before They Die, Rich Buker

Penguins’ Name & Mascots Hold Legacy in Pittsburgh, The Hockey Writers, 7 avril 2020
The curious case of the Penguins’ waddling (and missing) mascot, Pittsburgh Post-Gazette, 2 mars 2016
The bizarre and sad story of the Pittsburgh Penguins' first mascot, Ottawa Citizen, 19 mai 2017
PETA Condemns N.H.L.’s Use of Real Penguins in Pittsburgh Pregame Show, NY Times, 3 mars 2017
Brookline man spent life caring for animals, Pittburgh zoo, Triblive.com, 14 juin 2017

mercredi 3 juin 2020

Les Comets de Clinton





Entre Syracuse et Albany, à environ 20 minutes de la ville d'Utica dans l’état de New York, on retrouve Clinton, un petit village d'environ 2000 habitants. C'est dans ce lieu qu'eut lieu dans les années 60 une des meilleures saisons de l'histoire du hockey professionnel.



Fondé en 1928, le Clinton Hockey Club était d'abord composé que de joueurs d'écoles secondaires et jouait sporadiquement une dizaine de matchs par année, tout d'abord sur une patinoire extérieure faute d'aréna ou dans les villes et villages voisins. L'intérêt envers le club grandit graduellement mais ils durent attendre les années 40 avant de voir la construction d'un aréna local. 

Ils n'étaient d'abord affiliés à aucune ligue ce qui changea en 1931 lorsque le club joignit les rangs de la Amateur Athletic Union où ils jouèrent jusqu'en 1948. Le club, désormais nommé les Comets, joignit ensuite les rangs de la Amateur Hockey Association et évolua en même temps dans la New York/Ontario League à partir de 1951. Ils gagnèrent le championnat de la AHA de 1951 à 1953.

1955-56


En 1954, le club devint professionnel suite à son adhésion à la légendaire Eastern Hockey League (EHL), cette fameuse ligue qui servira partiellement d'inspiration plus tard pour plusieurs équipes et personnages du film Slap Shot.

D'ailleurs, Joe ''Indian'' Nolan (#16 sur la photo), un des premiers joueurs des Comets dans la EHL jouera dans Slap Shot le rôle de Clarence ''Screaming Buffalo'' Swampton, cet indien fou que les joueurs des Chiefs croyaient banni à vie.




Dans la vraie vie, Nolan ne fut jamais banni à vie mais fut le premier joueur de la ligue à franchir la barre des 300 minutes de pénalités en une saison. Il jouera plus tard pour les Jets de Johnstown (la vraie équipe dont les Chiefs furent basés) mais retournera plus tard résider à Clinton et il devint même juge de ligne.

Comme le hockey fonctionnait à Clinton, la ligue accommoda l'équipe pour qu'elle joue la plupart de ses matchs locaux le samedi alors que leur aréna d'une capacité de 4000 spectateurs était plus facile à remplir les fins de semaine. Même si la EHL était basse dans l'échelon du hockey professionnel de l'époque, le petit marché de Clinton faisait quand même tout un contraste avec d'autres marchés de la même ligue comme Philadelphie, Washington, Charlotte, Baltimore et Nashville...

1961-62


Le club fut rapidement compétitif dans sa nouvelle ligue, perdant en finale en 1956 et remportant le championnat en 1959. Durant la saison 1959-60, Clinton vit les débuts professionnels du futur membre du temple de la renommée, Ed Giacomin qui y joua une vingtaine de matchs avant de graduer dans la AHL. On y vit également plusieurs futurs et ex-joueurs de la LNH comme Pete Babando, Benny Woit ainsi que quelques joueurs du Saguenay-Lac-St-Jean comme Jeannot Gilbert et Jean Lamirande.

Le club gagna de nouveau le championnat en 1964 (la coupe Walker). En 1965-66, l'équipe donna les rênes à un joueur-entraîneur légendaire du nom de Pat Kelly qui deviendra plus tard entraîneur des Rockies du Colorado et également le fondateur de la ECHL dont le trophée du championnat porte d'ailleurs son nom, la Kelly Cup. Sous les ordres de Kelly, les Comets remportèrent le championnat durant trois années d'affilée, soit de 1968 à 1970.


Pat Kelly


1967-68
Une des meilleures équipes de l'histoire des ligues mineures professionnelles

Cependant, aucune des ses saisons à la barre des Comets n'égala celle de 1967-68 alors que les Comets, lors d'un calendrier de 72 matchs, dominèrent la EHL avec une fiche de 57 victoires, 5 défaites et 10 matchs nuls pour ensuite remporter le premier des trois championnats de suite de l'équipe. Cette fiche de 57-5-10 serait apparemment un record d'excellence dans le hockey professionnel pour un calendrier d'au moins 70 matchs. Le pourcentage de victoire des Comets de 1967-68 est effectivement de 0.861%. À titre de comparaison, les Canadiens de 1976-77 ont le meilleur pourcentage de l'histoire de la LNH post-expansion à 0.825%.

Borden Smith
Chez les marqueurs des Comets durant cette saison 1967-68, on retrouvait 6 joueurs ayant récolté plus de 100 points. Le meilleur marqueur fut Borden Smith, originaire de Rouyn-Noranda, avec 69 buts. Kelly, en tant que joueur-entraîneur, récolta 68 points mais il était défenseur...

Le coeur et âme de cette équipe était toutefois le centre et capitaine Jack Kane qui joua de 1960 à 1972 avec les Comets et qui obtint presque 1000 points (972) en plus de 800 matchs avec eux.

À la direction, les Comets avaient comme directeur général Wren Blair qui fut en poste de 1958 à 1967. Ce n'était toutefois pas son seul emploi puisqu'il fonda également les Generals d'Oshawa en 1960 et c'est lui qui amena Bobby Orr à signer avec les Bruins de Boston en l'amenant à Oshawa, club sponsorisée par les Bruins. De 1963 à 1965, il fut également, en plus des Comets, DG des Bruins de Minneapolis dans la CHL. En 1967, Blair devint DG des nouveaux North Stars du Minnesota. Il était donc déjà parti de Clinton lors de ce ''three-peat'' de 68 à 70 mais l'équipe fut entièrement bâtie par lui.

Au début des années 70, la situation dans la EHL devint de plus en plus compliquée suite à plusieurs restructurations et changements à la direction. Il y avait également des bisbilles au sein des différents propriétaires et dirigeants d'équipe. En 1972, les clubs de la EHL s'étendaient le long de la côte est, soit de New York et du Massachusetts jusqu'en Floride. Les propriétaires des clubs plus au sud étaient en froid avec ceux des clubs plus au nord (comme Clinton) alors qu'il y avait plusieurs difficultés à s'entendre sur les frais de voyage. Avec le nouveau climat incertain du hockey avec l'explosion du nombre d'équipe suite à l'expansion de 1967 et l'arrivée de l'AMH en 1972, les dirigeants de la EHL décidèrent de fermer boutique après la saison 1972-73.

Les Comets de Clinton jouèrent donc leur dernière saison dans la EHL en contraste avec la plupart de leurs années où ils dominaient dans cette ligue alors qu'ils terminèrent au dernier rang avec seulement 18 victoires.

Après cette dernière saison 1972-73, la ligue fut dissoute et 4 clubs plus au sud de la ligue formèrent la Southern Hockey League (SHL) tandis que 5 autres clubs plus au nord joignirent les rangs de la nouvelle North American Hockey League (NAHL) dont les Jets de Johnstown qui éventuellement auront dans leurs rangs un jeune joueur du nom de Ned Dowd dont la sœur écrira plus tard le fameux film Slap Shot selon les souvenirs et récits de son frère. La NAHL allait également servir de ligue affiliée à la nouvelle AMH.

1972-73
Dernière édition des Comets de Clinton


Pour leur part, les Comets firent également le saut dans la NAHL mais pas à Clinton. L'équipe fut achetée par un groupe d'hommes d'affaires d'Utica où ils décidèrent de déménager l'équipe. Utica était une plus grande ville (60 000 habitants) avec plusieurs collèges et universités. Plusieurs spectateurs venaient d'ailleurs d'Utica lors de ces matchs de fin de semaine alors qu'il n'y a qu'une vingtaine de kilomètres entre les deux villes. L'équipe se renomma toutefois les Comets de Mohawk Valley. Mohakw Valley étant une région centrale de l'état située entre les montagnes Adirondack et les montagne Catskills.

En plus de ce changement de ville, les Comets perdirent également leur joueur-entraîneur de longue date, Pat Kelly, qui prit le chemin du sud et devint entraîneur des Checkers de Charlotte dans la SHL. Il mènera ces derniers au championnat de cette ligue en 1976.



Peu de joueurs de renom jouèrent pour les Comets durant cette période NAHL malgré que plusieurs eurent ou auront une petite ''tasse de café'' dans la LNH. Les plus célèbres Comets de l'ére NAHL furent le gardien Michel Dion, l'ex-défenseur des Bruins et des Penguins Bob Woytowich et comme on était dans la NAHL durant les années 70, on se doit de retrouver un des frères Carlson à un moment donné. Ici c'est Jeff Carlson qui y joua 17 matchs en 1976-77.

Le climat du hockey professionnel durant cette période devint ce que l'on sait avec la dilution de talent suite à cette explosion d'équipes professionnelles. Les plus bas niveaux du hockey comme la NAHL étaient un terreau peu fertile en talent mais davantage en bagarres et en instabilité au niveau organisationnel. Le film Slap Shot est pratiquement un documentaire à ce niveau... Les Comets réussirent à survivre durant l'entièreté de l'existence de la NAHL mais cette dernière ne dura que 4 saisons. À l'automne 1977, les Comets ainsi que la NAHL cessèrent leurs activités. 

Malgré que le hockey professionnel ne revint jamais dans la petite municipalité de Clinton, le hockey continua à connaitre des hauts et des bas à Utica (ou à Mohawk Valley). Un autre club du nom des Mohawks d'Utica évolua dans deux autres ligues éphémères, la Northeastern Hockey League (1978-79) et ensuite dans une nouvelle Eastern Hockey League pour une saison (1979-80). Cette deuxième EHL fut ensuite réorganisée en une nouvelle ligue, la Atlantic Coast Hockey League (ACHL) qui sera en opération de 1981 jusqu'en 1987 et dont plusieurs clubs joindront ensuite les rangs de la ECHL.

Martin Brodeur
avec les Devils d'Utica
Dans la ACHL, on vit apparaître les Stars de Mohawk Valley qui reprendront le nom des Comets en 1985. Après la fin de la ACHL, le club-école des Devils s'établit à Utica. Les Devils d'Utica joueront dans la ''mohawk valley'' jusqu'en 1993 et on revit finalement dans la région de futurs joueurs de la LNH comme Martin Brodeur, Valeri Zelepukin et Paul Ysebaert entre autres.

Les années 90 furent toutefois difficiles à Utica alors qu'on y vit plusieurs clubs éphémères après le départ des Devils en 1993. Les Bulldogs (1993-94) et ensuite les Blizzards (1994-97) évoluèrent dans la profonde Colonial Hockey League et on vit apparaître par la suite les Prowlers (1997-2001) dans la United Hockey League. Ensuite on ne vit presque pas de hockey dans la région si ce n'est qu'au niveau collégial avec Utica College.

En 2013, on vit finalement l'apparition d'un nouveau club affilié à la LNH, les Comets d'Utica, qui demeurent associés aux Canucks depuis ce jour. En 2016, le club honora les anciens Comets de Clinton et l'édition 1967-68 de cette dernière lors d'une cérémonie d'avant-match et avec un nouveau chandail vintage pour les Comets. Sous les ordres de Travis Green, les Comets s'inclinèrent en finale en 2015 mais Green gradua éventuellement avec les Canucks en 2017.

Comets d'Utica

Soirée et bannière en honneur des Comets de 1967-68




Chandail vintage des Comets


Bref, le hockey professionnel continue d'évoluer à Utica mais pour Clinton c'est quelque chose du passé. Clinton fut toutefois élue comme ville hôtesse du concours Kraft Hockeyville en 2018 et accueillit donc un match pré-saison entre les Sabres et les Blue Jackets en septembre 2018.


Sources:
Record-setting Clinton Comets honored, Utica Observer Dispatch, 4 juin 2012

Pat Kelly reflects on his time with the Clinton Comet, ECHL.com
Buffalo Hockey beat 
Thank you Albert Perryman
Utica Comets
Fun While it lasted