Drop Down MenusCSS Drop Down MenuPure CSS Dropdown Menu
Affichage des articles dont le libellé est dynastie. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est dynastie. Afficher tous les articles

vendredi 12 juillet 2024

Retrouver ses chums




J'adore parler des Oilers d'antan, surtout ce qui s'est passé en coulisses après les nombreuses coupes et la dynastie des années 80. Avec un groupe aussi explosif de joueurs vedettes, il est très intéressant d'analyser leurs allées et venues durant la deuxième moitié de leur carrière qui s'adonnait justement à se passer durant les fastes années 90, où les salaires allaient en montant et où les grosses transactions devenaient monnaie courante.

Mais ce que j'ai pensé analyser aujourd'hui sont plutôt les nombreuses expériences de réunions de ces ex-Oilers durant les années 90 où l'on tenta maintes fois de recréer la recette Oilers ou peut-être simplement de plaire ou satisfaire les Wayne Gretzky et Mark Messier qui désiraient probablement revoir leurs vieux potes.

En commençant tout d'abord chez les Kings, quelques années après «l'échange», Gretzky a pu être réuni à plusieurs reprises avec ses anciens chums des Oilers. Tout d'abord à l'automne 1991 lorsqu'il fut finalement, et certains diront inévitablement, réuni avec son numéro 2 de prédilection, Jari Kurri. Ce dernier venait de passer la saison 1990-91 en Italie suite à une dispute contractuelle à Edmonton. Tout le monde s'attendait à ce que son retour dans le LNH se fasse avec les Kings et c'est ce qui se produisit lors d'un échange à trois équipes impliquant les Flyers, les Kings et les Oilers. 

Et ensuite, pourquoi ne pas ajouter un autre ex-Oiler à la défense pour les Kings? Au même moment de l'arrivée de Kurri, on vit le défenseur Charlie Huddy rejoindre les Kings en 91-92, suite à un échange avec les North Stars, eux qui avaient obtenu Huddy des Oilers lors du repêchage d'expansion compliqué de 1991. Il fut inclus dans une transaction envoyant le surestimé Todd Elik au Minnesota.

Plus tard lors de cette même saison 1991-92, on amena également Paul Coffey avec les Kings lors d'un autre échange à trois équipes impliquant de nouveau les Flyers, ce même échange qui envoya Mark Recchi à Philadelphie et Rick Tocchet à Pittsburgh.

Gretzky entouré de Luc Robitaille, Jari Kurri et Paul Coffey au match des étoiles de 1993.

Gretzky entouré de Marty McSorley et Charlie Huddy

Grant Fuhr

Le séjour de Coffey à L.A. fut toutefois assez court, alors qu'il fut échangé aux Red Wings durant la saison 1992-93. 

Gretzky et Kurri furent toutefois réunis quelques temps après avec leur ancien portier de longue date, le gardien Grant Fuhr, durant la saison 1994-95 après une transaction avec les Sabres. Le séjour de Fuhr à L.A. fut toutefois une expérience ratée alors qu'il ne put faire mieux qu'une pénible fiche de 1-7-3 en 14 matchs au sein d'une équipe des Kings en déroute. Il quitta pour St.Louis après la saison.

Mais pendant tout ce temps il y avait également d'autres ex-Oilers qui se cherchaient un nouveau nid quelque part. Et nulle part ailleurs que chez les Rangers de New York l'on vit apparaître le plus grand contingent de ces ex-dynastiens.

Le premier fut le jeune Adam Graves qui se vit offrir plus d'argent à New York qu'à Edmonton comme agent libre en 1991-92. La perte de ce joueur fut la goutte qui fit déborder le vase pour le capitaine Mark Messier. Estimant que les Oilers ne désiraient plus mettre les efforts financiers nécessaires pour continuer à compétitionner, il exigea un échange. Après quelques semaines de grève, il prit finalement lui aussi le chemin de Broadway en retour de Bernie Nicholls, Steven Rice et Louis DeBrusk.

En plus de Messier, les Rangers obtinrent également des «considérations futures» des Oilers. Ces considérations futures se transformèrent finalement en un autre échange qui envoya le défenseur Jeff Beukeboom aux Rangers en retour de David Shaw. Membre de trois coupes des Oilers, Beukeboom jouera avec les Rangers jusqu'en 1999.

Donc Messier, Graves et Beukeboom débutèrent l'aventure ensemble à New York et transformèrent la franchise. Mais après une saison 1991-92 qui se solda par un trophée du Président pour les Rangers, la saison 92-93 fut un flop et ils ratèrent les séries. Cela mena le DG Neil Smith à retourner au boulot et continuer le pillage en règle de ce qui restait de Oilers d'antan. 

Glenn Anderson
Il avait auparavant débuté ce travail durant la saison 92-93, obtenant d'abord le défenseur Kevin Lowe en décembre 1992. Lowe avait été nommé capitaine suite au départ de Messier mais se retrouva lui aussi en dispute contractuelle, ce qui le mena à trois mois de grève de sa part au début de la saison. Il fut finalement échangé aux Rangers en retour de Roman Oksiuta et un choix de 3e ronde. Lowe était le dernier Oiler encore avec l'équipe depuis les débuts de l'équipe dans la LNH en 1979, et il était également le dernier du club des 7 joueurs à avoir été membre des 5 coupes des Oilers, les autres étant Messier, Kurri, Fuhr, Huddy, Glenn Anderson et Randy Gregg.

Ensuite, vers la fin de cette saison 1992-93, un autre Oiler prit le chemin de NY en la personne de Esa Tikkanen, en retour du futur capitaine des Oilers Doug Weight. Tikkanen avait précédemment lui aussi été en dispute avec Glen Sather en regard à son contrat, étant retourné à reculons à Edmonton.

Ces ajouts, ainsi que d'autres transactions avec d'autres équipes (Steve Larmer entre autres), menèrent les Rangers à un autre trophée du président. Et comme renforts finaux provenant de ces anciens Oilers, Smith se permit d’acquérir à la date limite des transactions un autre capitaine des Oilers, le récalcitrant du casque Craig MacTavish, attribué du «C» depuis le départ de Lowe. Le même jour, il acquit la dernière pièce du puzzle, l'attaquant Glenn Anderson, qui était membre des Maple Leafs depuis la saison 1991-92. En retour, les Leafs mirent la main sur le prolifique Mike Gartner dans ce que j'appelle affectueusement le meilleur échange «moustache contre moustache» de l'histoire.

Parmi les Rangers de 1994, on retrouvait les ex-Oilers Adam Graves,
Mark Messier et Kevin Lowe


Donc c'est avec 7 ex-huileux (Messier, Graves, Anderson, MacTavish, Beukeboom, Lowe, Tikkanen) que les Rangers de 1994 mirent la main sur cette coupe qu'ils recherchaient depuis 1940. Cette coupe est souvent considérée comme étant la 6e coupe non-officielle de la dynastie des Oilers.

Mais revenons à Gretzky et les Kings. Suite à la défaite en finale de 1993, l'équipe débuta immédiatement une pente descendante. En fait on peut dire que la franchise déboula la pente. Le propriétaire des Kings Bruce McNall fut reconnu coupable de fraude en décembre 93 et fut forcé de vendre l'équipe à de nouveaux propriétaires qui eurent de la difficulté à renflouer l'équipe. Les excès financiers de McNall avaient grandement nui aux finances des Kings qui eurent même de la difficulté à payer leurs joueurs. Donc de nombreuses vedettes des Kings durent être échangés, comme Luc Robitaille et Alexei Zhitnik. 

Frustré de la situation, Gretzky demanda à être échangé, ce qui se produisit en février 1996 lorsqu'il prit le chemin de St.Louis. Les Kings reçurent bien peu en retour de Gretzky, le meilleur élément fut l'attaquant Craig Johnson dont j'ai parlé l'autre jour...

Peu après le départ de Gretzky, c'est Jari Kurri qui quitta le bateau, étant échangé aux Rangers, retrouvant de nouveau une floppée d'ex-Oilers, mais quand même moins qu'en 1994 alors que Anderson, MacTavish et Tikkanen avaient tous quitté depuis ce temps. Mais parmi les autres joueurs qui suivirent Kurri à New York, il y avait l'ex-King et ex-Oiler Marty McSorley à prendre en considération.

Jari Kurri

On put toutefois voir durant quelques semaines une réunion Messier-Kurri à New York, ce qui, combiné avec la présence de Pat Verbeek et Luc Robitaille, en faisait une édition assez particulière et éphémère des Rangers...

En fait, beaucoup de ces ex-Oilers, et maintenant ex-Rangers, étaient désormais à St.Louis. Après la conquête des Rangers de 1994, Mike Keenan quitta NY pour St.Louis à gros prix, où il devint coach et DG. Il se dit alors que si la recette d'ex-Oilers était bonne, il serait encore plus gagnant de mixer deux recettes, soit des ex-Oilers et ex-Rangers... et Brett Hull.

C'est donc durant cette étrange saison 95-96 que les Blues obtinrent dans l'ordre les joueurs suivants:
- Grant Fuhr, comme agent libre après sa désastreuse saison 94-95 avec les Kings
- Brian Noonan, comme agent libre après deux ans avec les Rangers
- Stéphane Matteau, héros de 1994 obtenu des Rangers en décembre 1995 contre Ian Laperrière
- Wayne Gretzky, des Kings en février 1996
- Craig MacTavish, des Flyers en mars 1996 en retour de Dale Hawerchuk
- Charlie Huddy, des Sabres en mars 1996 en retour de Denis Hamel
- Glenn Anderson, obtenu au ballotage des Oilers (où il avait fait un court retour) en mars 1996

Keenan avait aussi précédemment fait l’acquisition de Doug Lidster, Greg Gilbert et Esa Tikkanen des Rangers durant la saison 1994-95 mais cela ne fut que temporaire alors que les trois quittèrent les Blues avant l'arrivée de Gretzky.



L'expérience ex-Oilers et/ou Rangers à St.Louis ne fonctionna pas comme prévu, notamment par une chimie Hull/Gretzky qui n'était pas aussi explosive que l'on imaginait. Et après l'élimination des Blues par les Red Wings au printemps 1996, et plusieurs critiques de Keenan envers Gretzky, beaucoup de ces joueurs ne furent pas de retour en 1996-97, principalement Gretzky, qui quitta pour... évidemment les Rangers.

Maintenant en 1996-97, on vit enfin la réunion Gretzky-Messier à New York. Cependant, on manqua l'occasion de voir le «big three» réuni car Kurri signa comme agent libre avec les Mighty Ducks, retrouvant pour sa part lui aussi un ami de son propre côté, le spectaculaire Teemu Selanne. Les Rangers de 1996-97 ne ressemblaient plus beaucoup à ceux de 1994, ni aux anciens Oilers qui commençaient à prendre leurs retraites respectives. Kevin Lowe était retourné terminer sa carrière avec les Oilers. Beukeboom et Graves étaient toujours là mais Gretzky n'avait même pas joué avec Graves à Edmonton et très peu avec Beukeboom. Mais il put tout de même revoir un autre vieux chum lorsque Tikkanen fut réacquis par les Rangers en fin de saison, contribuant d'ailleurs à 9 buts en 15 matchs en séries.

 

Toutefois, cette ultime réunion ne fut que temporaire et le portrait était bien différent en 1997-98 avec notamment une autre réunion, celle de Mike Keenan et Mark Messier à Vancouver (avec des résultats désastreux). Avec les Rangers en 97-98, il n'y avait plus que Beukeboom comme ancien allié des Oilers pour Gretzky, alors que Tikkanen était lui aussi parti, pour Washington dans son cas.

Gretzky et les Rangers ratèrent les séries lors des deux années suivantes. Il fut toutefois réuni de nouveau avec Tikkanen en 98-99 lors d'un troisième tour de piste à NY pour ce dernier qui quitta également la LNH après cette saison.

Par la suite, il ne restait plus que l'éternel Messier comme joueur actif au tournant du millénaire et l'ère de ces réunions d'ex-Oilers/Rangers/Blues était désormais chose du passée. La seule réunion qu'on put voir était celle de Messier lui-même qui retourna à New York en 2000-01 après le fiasco Vancouver. Il retrouva alors quelques vieux copains de 1994 comme Graves, Brian Leetch et Alex Kovalev (lui aussi en retour d'exil).

Kovalev fut d'ailleurs le dernier joueur encore actif de la coupe de 1994 lorsqu'il prit sa retraite.



C'était donc les nombreuses réunions des Ex-Oilers et Rangers. Mais il y eut de nombreuses autres réunions de chums à travers les âges mais j'ai gardé ça pour une deuxième partie. À la revoyure donc.

jeudi 30 août 2018

Démantèlement d'équipe championne : Islanders de New York






Comme j'aime bien commencer de nouvelles séries d'articles pendant que d'autres sont toujours en cours, je vous offre aujourd'hui une série sur la durée de vie d'une équipe championne de la Coupe Stanley. Rien de dure éternellement et il est normal de voir une équipe perdre les membres de son équipe championne au fil des années. Souvent on assiste à une équipe qui perd lentement et graduellement son noyau de champions alors que parfois il s'agit de situations plus bordéliques de départs houleux et de déchéance rapide vers les bas fonds du classement. J'ai déjà analysé le démantèlement de la dynastie des Oilers par le passé alors qu'il s'agissait d'un cas assez extrême d'exode de masse. Alors aujourd'hui j'ai pensé continuer dans la même veine en analysant le démantèlement d'une autre dynastie des années 80, les Islanders de New York.

Aussi bizarre que cela puisse paraître aux yeux d'un nouveau fan qui ne connaîtrait pas autre chose que le hockey actuel, les Islanders furent autrefois un modèle d'excellence et de stabilité, autant au niveau financier qu'au niveau sportif. Alors que le hockey professionnel battait de la patte vers la fin des années 70, les Islanders étaient en train de préparer le terrain pour une des plus impressionnantes périodes de dominance de l'histoire du sport professionnel. À l'époque, les Islanders étaient même l'équipe avec la plus haute masse salariale.



Au cœur de cette belle aisance financière se trouvait le nouveau propriétaire des Islanders, John Pickett, qui peu après avoir fait l'achat de la franchise en 1978, signa un lucratif contrat de télévision avec le réseau câblé SportsChannel (maintenant MSG Plus). Ce contrat est d'ailleurs toujours en vigueur et l'entente signée avec les Islanders à l'époque est considérée comme une entente historique et avant-gardiste en ce qui concerne les contrats de retransmission d'événements sportifs. Avec un tel coup de pouce financier, Pickett et les Islanders étaient capables de garder leur excellents choix au repêchage en leur offrant de bons contrats.

Vous connaissez la suite. Les Islanders explosèrent en 1980 en remportant 4 coupes Stanley consécutives et presque une 5e en 1984 lorsqu'ils s'inclinèrent contre les nouveaux ''dynastiens'' des Oilers. Ils établirent ainsi un record en remportant 19 séries consécutives de 1980 jusqu'à cette défaite en finale de 1984. Signe de leur incroyable équipe, chacune des quatre conquêtes avait un lauréat du trophée Conn Smythe différent; Butch Goring (1980), Bryan Trottier (1981), Mike Bossy (1982) et Billy Smith (1983).

Voici ce que je considère être le noyau de l'équipe sur l'étendue de ces quatre conquêtes. Entre parenthèses vous retrouvez les années que chaque joueur passa avec l'équipe. Les noms en bleu représentent les 16 joueurs qui ont participé aux 4 coupes.

Noyau:
Bryan Trottier (1975-90)
Mike Bossy (1977-87)
Clark Gillies (1974-86)
John Tonelli (1978-85)
Denis Potvin (1973-88)
Bob Nystrom (1973-86)
Butch Goring (1980-85)
Bob Bourne (1974-86)
Billy Smith (1972-89)
Entraîneur: Al Arbour (1973-94)

Autres joueurs importants et joueurs de soutien durant la même période:
Anders Kallur (1979-85)
Duane Sutter (1980-87)
Brent Sutter (1981-91)
Roland Melanson (1980-85)
Stefan Persson (1977-86)
Ken Morrow (1980-89)
Wayne Merrick (1978-84)
Tomas Jonsson (1981-89)
Gord Lane (1979-85)
Dave Langevin (1979-85)


Que s'est-il passé avec les Islanders après cette période glorieuse et comment l'équipe a-t-elle été démantelée? Et surtout, à quel moment peut-on identifier qu'il s'agissait de la fin de cette grandiose période?

Tout se fit graduellement à partir de la saison suivant leur dernière présence en finale. Les premiers membres du noyau à quitter Long Island furent Butch Goring (réclamé par Boston au ballottage en janvier 1985) suivi du très sous-estimé John Tonelli un an plus tard. Ce dernier fut échangé aux Flames en retour de Steve Konroyd et Robert Kromm, deux joueurs marginaux.

Ensuite ce fut au tour de Clark Gillies, le partenaire de longue date du trio de Bossy et Trottier, qui quitta pour Buffalo aussi par voie du ballottage au début de la saison 1986-87. Même chose pour un autre Islander de longue date, Bob Bourne, qui fut réclamé par les Kings. Après ces transactions, les nombreuses retraites (souvent prématurées) vinrent terminer le travail. Bob Nystrom se retira en 1986 après une sérieuse blessure à un œil. Le plus douloureux départ chez les Islanders fut toutefois celui de Mike Bossy qui, contrairement aux autres avant lui, était encore capable d'être un joueur dominant. Incapable de continuer après des maux de dos persistants, il prit sa retraite officielle en 1988 après s'être accordé une saison de repos sans succès. Il refusa même un échange à Montréal offert par le DG des Islanders Bill Torrey pour lui permettre de jouer plus près de sa famille en cas d'un retour au jeu.

Le capitaine Denis Potvin se retira à son tour en 1988, en même temps que Bossy, malgré qu'il aurait pu continuer de jouer quelques années alors qu'il n'avait que 35 ans. Il estimait toutefois qu'il n'avait plus rien à prouver et qu'il préférait se retirer plus tôt que trop tard. Le légendaire gardien Billy Smith, dernier membre original des Islanders, se retira également après la saison 88-89 alors que les Islanders dégarnis de leurs joueurs vedettes finirent ex-æquo avec les Nordiques au dernier rang du classement général, ratant les séries pour la première fois depuis 1974.

J'estime donc que le moment décisif de la fin de la dynastie arriva au début de cette fatidique saison 1988-89 lors de la retraite officielle de Bossy. Les Islanders n'étaient alors plus la même équipe sans lui et sans Potvin et c'est presque normal qu'ils finirent au dernier rang avec si peu de relève. Ils pouvaient se remettre du départ des Nystrom, Gillies, Goring et Tonelli mais sans ces deux piliers et avec un Billy Smith et un Bryan Trottier vieillissants, ce n'était plus les Islanders d'antan.

Les quatre conquêtes consécutives ont tout de même fait des ravages sur le corps de ces joueurs et l'équipe demeura malgré tout compétitive durant la majorité de la deuxième moitié de la décennie (sans toutefois s'approcher de la finale) et ils semblaient même à un moment être capable de continuer sur leur lancée avec l'arrivée d'excellents prospects comme Pat Lafontaine et Patrick Flatley (voir texte du 30 octobre 2017). Cependant il s'agissait de deux cas d'exception alors que le repêchage commença à faire défaut chez les Islanders durant et après la dynastie. Le problème des Islanders fut qu'il ne surent pas bien repêcher assez de bons joueurs pour remplacer leurs joueurs vedettes qu'ils perdirent sans obtenir grand chose en retour.


Voici les joueurs repêchés en première ronde par les Islanders après 1983 (l'année de Lafontaine): Brad Dalgarno, Derek King, Tom Fitzgerald, Dean Chynoweth, Kevin Cheveldayoff, Dave Chyzowski ainsi que le tragique cas de Duncan Macpherson (voir texte du 10 janvier 2017). Voici les meilleurs coups de l'équipe durant le reste de la décennie: David Volek, Jeff Hackett, Rich Pilon, Marty McInnis, Vladimir Malakhov, Travis Green...

On est loin des Trottier et Bossy et même Tonelli ici...

À l'époque, les joueurs autonomes n'étaient pas monnaie courante comme aujourd'hui alors si tu ne repêchais pas bien ou que tu ne parvenais pas à gagner quelques échanges et bien il était normal de basculer dans la médiocrité. Il est très noble pour des joueurs légendaires comme Bossy, Potvin et Smith d'avoir pu se retirer en tant que membre de l'équipe mais du point de vue de la direction, il aurait peut-être été bénéfique d'en sacrifier un ou deux par voie d'échange pour tenter de reconstruire.

Un cas flagrant où les Islanders manquèrent le bateau fut lors du départ de Bryan Trottier. Il était sur la pente descendante après quelques années moins productives et ils rachetèrent bêtement son contrat après la saison 1989-90 où il ne récolta que 24 points en 60 matchs. Il signa ensuite à Pittsburgh et les aida à remporter deux coupes Stanley dans un rôle secondaire de vétéran aguerri. Les Islanders auraient dû tenter de l'échanger disons en 1987 quand il avait encore une bonne valeur et recevoir quelques éléments intéressants en retour.
 


Toutefois, malgré que le temps faisait des ravages chez les membres de la dynastie, un autre problème chez les Islanders se produisit en coulisse alors que Pickett commença à se désintéresser des performances de son équipe et à garder les fonds obtenus par son contrat de télévision pour lui-même au lieu de l'injecter dans les coffres de l'équipe comme il faisait autrefois. Cela obligea Torrey à serrer le porte-monnaie, à moins investir en recrutement (de là les mauvais choix de repêchage et les joueurs perdus au ballotage) et à se départir des derniers membres de ses équipes championnes.

En 1991-92, les Islanders perdirent leur capitaine Brent Sutter et leur seul joueur vedette restant, Pat Lafontaine, pour cause de disputes contractuelles. Lafontaine n'était pas parmi les membres champions des quatre coupes alors qu'il débuta sa carrière en 1983-84 et rata le bateau de peu. Mais il exigea le retrait de Pickett comme propriétaire pour rester avec les Islanders. Il fut plutôt échangé aux Sabres de Buffalo contre Pierre Turgeon tandis que Sutter, le dernier membre de la dynastie encore avec l'équipe, fut échangé aux Blackhawks.

Pickett habitait désormais en Floride et tentait par tous les moyens de vendre son équipe. Plusieurs ventes possibles furent avortées et ce même depuis 1981 alors qu'il avait tenté de vendre la moité de ses parts à Charles Dolan, le propriétaire de SportsChannel. Une autre transaction du genre avorta en 1992 avec Dolan. Il réussit ensuite à se trouver quatre investisseurs minoritaires qui prirent en charge les opérations de l'équipe qu'ils menèrent dans les bas-fonds de la LNH et qui prirent des décisions douteuses comme le fameux changement de logo et de chandail en 1995-96. Finalement Pickett racheta leurs parts mais avait la ferme intention de se départir de la franchise pour de bon. L'équipe fut finalement vendue à un homme d'affaires du nom de John Spano, sans savoir qu'il s'agissait d'un fraudeur. La ligue annula la transaction et Pickett dut attendre une autre année avant de trouver preneur.

On dirait que les Islanders ne se sont jamais remis des années 80 et du départ des joueurs de cette fameuse dynastie. Ils sont constamment tournés au ridicule, soit par leurs changements de chandails, leurs propriétaires mafieux et excentriques, leur DGs incompétents (Mike Milbury ET Garth Snow), leurs mauvais échanges, leurs problèmes d'aréna, la saga John Tavares...etc.

On s'ennuie de Al Arbour et de la bande à Bossy à Long Island...

On souhaite bonne chance à Barry Trotz et Lou Lamoriello et surtout aux fans des Islanders...





jeudi 2 août 2018

Une petite photo pour le plaisir #78 - Glenn Anderson sans moustache











Voici une photo qui paraît bien banale à première vue. Il s'agit de la légende des Oilers Glenn Anderson arborant son célèbre #9 avec l'équipe albertaine, pour qui il joua de 1980 jusqu'à son échange à Toronto après la saison 1990-91. Cependant, si vous connaissez bien l'histoire des Oilers et/ou d'Anderson, cette photo vous pose peut-être certains questionnements.

Premièrement, où est sa fameuse moustache? Et pourquoi Anderson a l'air aussi vieux? L'image classique d'Anderson que vous avez en tête lorsque vous entendez son nom ressemble probablement à quelque chose comme ça:



Si vous comparez les deux photos, vous pouvez voir des différences subtiles tant au niveau de l'apparence d'Anderson qu'au niveau du chandail et de l'équipement, qui semblent plus modernes sur la première photo.

Ou bien peut-être que vous vous souvenez de lui dans d'autres uniformes? Après son séjour à Toronto, il fut acquis par les Rangers en retour de Mike Gartner et alla rejoindre une bande d'ex-Oilers (Messier, Tikkanen, Lowe, MacTavish, etc.) pour remporter la coupe avec New York en 1994 sous les ordres de Mike Keenan.

Suite à ça il signa avec les Blues de St. Louis pour le reste de la saison écourtée de 1994-95. C'est à cette époque qu'on commença à le voir sans sa moustache légendaire:




Après cette demi-saison à St.Louis, Anderson opta de ne pas renouveler son contrat avec l'équipe et retourna jouer en Allemagne avec le Panther (sans S) d'Augsburger où il avait joué durant le lock-out l'année précédente. Il joua aussi quelques matchs avec l'équipe nationale canadienne. Cependant il eut l'opportunité de revenir dans la LNH lorsque son ex-coéquipier Esa Tikkanen lui fit part que les Canucks étaient intéressés à le réunir avec lui à Vancouver. Anderson aimait bien l'idée de terminer sa carrière dans sa ville natale et il signa l'offre de Pat Quinn, le DG des Canucks, en janvier 1996. 

Cependant, une nouvelle règle de la LNH à l'époque (qui je crois est toujours en vigueur) indiquait que si un joueur avait débuté la saison en europe et qu'il était signé par la suite par un club de la LNH, il devait d'abord passer par le ballottage. Le DG des Oilers, Glen Sather, sauta sur l'occasion pour ramener son ancien joueur vedette à Edmonton. La direction des Canucks et Anderson plaidèrent auprès de Sather pour annuler le transfert et le laisser finir sa carrière avec les Canucks comme il le désirait. Cependant, Sather ne plia pas et Anderson se reporta à reculons à Edmonton. On raconte que la décision de Sather était en fait une petite revanche envers Quinn et les Canucks pour leur avoir ''volé'' le défenseur Randy Gregg (voir texte du 21 juillet 2011) au ballottage en 1991, une histoire aussi compliquée d'ailleurs que je n'élaborerai pas davantage aujourd'hui.

Ironiquement, Sather était un de ceux qui étaient à l'origine de cette règle concernant les joueurs ayant débuté la saison en Europe. Il avait fait le coup à quelques reprises, entre autres en 1987 en rapatriant le défenseur finlandais Reijo Ruotsalainen en fin de saison comme renfort pour les séries.



C'est donc ainsi qu'un Anderson sans moustache et un peu mélancolique revint à Edmonton dans un uniforme légèrement différent qui ajoute un peu à l'anachronisme apparent de cette photo. L'équipe était en train de se moderniser et avait apportée de subtiles modifications à leur chandail classique. Les couleurs devinrent quelques tintes plus foncées lors de cette saison 1995-96. L'année suivante, les Oilers continuèrent dans la même veine avec un nouveau chandail aux couleurs encore plus foncées

Cependant, Anderson ne porta jamais ce nouvel uniforme alors que son deuxième séjour à Edmonton fut de courte durée. Après 5 ans d'exil, il retrouva une équipe totalement différente de la dynastie des années 80. Après le démantèlement de cette dernière (voir texte du 16 avril 2017), il ne restait que l'attaquant Kelly Buchberger comme survivant de la dernière coupe des Oilers de 1990 lors du retour d'Anderson en janvier 1996. Il obtint un raisonnable 10 points en 17 matchs avec les Oilers. Mais toujours en processus de reconstruction, en dehors des séries et avec un budget limité, les Oilers se départirent d'Anderson au mois de mars, le replaçant au ballottage. Cette fois-ci, ce sont les Blues qui le ramenèrent une deuxième fois dans leur giron. 

Le nouvel entraîneur des Blues, Mike Keenan, retenta le coup de 1994 afin de remporter les grands honneurs.  Déjà pourvu de Grant Fuhr dans les buts, Keenan (également directeur-général des Blues) refit le plein d'ex-Oilers avant la date limite des transactions de 1996. En plus d'Anderson, il obtint les services de Charlie Huddy, Craig MacTavish et bien sûr Wayne Gretzky, qui avait demandé à être échangé aux Kings. Il avait aussi obtenu précédemment quelques-uns de ses ex-champions avec les Rangers, dont Stéphane Matteau et Brian Noonan. 

Cependant, le citron commençait à être pas mal pressé en ce qui concerne la magie de ces ex-Oilers vieillissants. L'équipe était en effet la plus vieille de la ligue en 1995-96 avec plus de 22 joueurs au dessus de 30 ans.  En plus de ces anciens d'Edmonton, on retrouvait des joueurs trentenaires comme Al MacInnis, Dale Hawerchuk et Brett Hull. L'équipe se qualifia de justesse pour les séries mais se rendit toutefois jusqu'à la deuxième ronde, perdant en 6 matchs contre les Red Wings. La chimie espérée entre Gretzky et Hull ne se concrétisa pas et ces deux joueurs étaient à couteaux tirés avec Keenan, comme plusieurs autres joueurs d'ailleurs. Plusieurs d'entre eux (dont Gretzky) ne revinrent pas en 1996-97 et Keenan fut démis de ses fonctions en décembre 1996. 

Pour sa part, Anderson retourna jouer une dernière saison en Suisse avec l'équipe de Chaux-de-fonds où il obtint 29 points en 23 matchs. Il fut élu au Temple de la renommée en 2008 et son numéro 9 fut retiré par les Oilers l'année suivante.  Il demeure une légende à Edmonton.  Il est également dans le club sélect des 7 joueurs qui ont gagné les 5 coupes de la dynastie (Mark Messier, Jari Kurri, Kevin Lowe, Fuhr, Gregg, Huddy et Anderson). Cependant, peu de gens se souviennent de ce deuxième court séjour de 1996. 

Histoire de terminer sur une note plus joyeuse, voici le vidéo de son introduction au temple:




Sources:

samedi 28 juillet 2018

Équipe All-Star des oubliettes #12 - Oilers d'Edmonton








Re-bienvenue à cette interminable série sur ces joueurs vedettes dont le passage avec une équipe a été largement oublié. On a droit aujourd'hui à une des mes équipes favorites, les Oilers, que j'aime célébrer en me remémorant leurs belles années mais aussi leurs années glauques et leurs nombreux problèmes de personnel...

Je vous rappelle rapidement la formule, il s’agit de la meilleure équipe de tous les temps de la franchise mais composée des joueurs vedettes les plus oubliés à avoir porté leur uniforme, que ce soit par la longueur du séjour (généralement en bas de 100 matchs) ou par oubli collectif. Il s’agit de choix très subjectifs, basés selon ma propre mémoire et parfois le terme “vedette” est assez subjectif également.

Allons-y donc.

ATTAQUANTS


Miroslav Satan
126 matchs (1995-97)

Un cas classique de projet avorté hâtivement. Choix de 5e ronde (111e au total) de l'équipe lors du repêchage de 1993, la future vedette des Sabres Miroslav Satan débuta avec l'équipe durant une des pires périodes de l'histoire de la franchise, une période que j'appelle les années ''lendemain de veille post-dynastie'' (voir texte du 16 avril 2017). Il eut des débuts prometteurs avec l'équipe lors de sa première saison professionnelle en 1994-95 dans la Ligue américaine avec les Oilers du Cap-Breton où il obtint 24 buts et 40 points en seulement 25 matchs. On espérait alors beaucoup de lui au sein de l'équipe en reconstruction.

Il débuta à Edmonton la saison suivante et il obtint somme toute une première saison correcte avec 18 buts et 35 points en 62 matchs. Glen Sather espérait qu'il se développe davantage la saison suivante mais son jeune joueur sembla plutôt régresser. Il obtint 17 buts et seulement 28 points à sa deuxième saison. Au même moment, plusieurs autres jeunes ailiers prirent leur place avec l'équipe (Ryan Smyth, Dean McAmmond, Kirk Maltby, Mariusz Czerkawski) et la situation contractuelle de Satan poussa Sather à prendre une décision. Voyant que son contrat allait prendre fin et contraint par le peu de budget disponible à Edmonton, Sather avait peur que Satan ne retourne jouer en Slovaquie et ainsi de le perdre pour rien. Il décida donc de l'échanger aux Sabres en retour de deux joueur marginaux; Craig Millar et Barrie Moore. 

Ces deux joueurs ne jouèrent qu'une quarantaine de matchs dans la LNH par la suite, tandis que Satan connut six saisons de 20 buts et plus (dont une de 40) avec les Sabres et joua plus de 1000 matchs dans la LNH jusqu'à sa retraite en 2010 alors qu'il jouait avec les Bruins.


Vincent Damphousse
80 matchs (1991-92)

On se souvient davantage de Vincent Damphousse avec les Oilers car il s'agissait d'un des meilleurs échanges de la carrière de Serge Savard avec le Canadien lorsqu'il envoya le très surestimé Shayne Corson (voir texte du 9 sept. 2015) en plus de Brent Gilchrist et Vladimir Vujtek aux Oilers en retour de Damphousse et d'un choix de 4e ronde en 1993 (Adam Wiesel, aucun match dans la LNH). 

Auparavant, Damphousse était un des meilleurs joueurs des Maple Leafs avec qui il joua de 1986 jusqu'en 1991 lorsqu'il fit partie de l'énorme échange avec les Oilers qui amena Glenn Anderson et le gardien Grant Fuhr dans la ville reine. Durant ce court séjour à Edmonton, Damphousse termina au premier rang des pointeurs de l'équipe (89 points) en plus de les aider à se rendre en finale de conférence, où ils perdirent en quatre parties contre Chicago. Ce furent les derniers bons moments de la franchise jusqu'à leur retour en séries en 1997.

Le séjour de Damphousse à Edmonton fut donc de très courte durée et est généralement oublié par les fans. Même si l'équipe était toujours compétitive à l'époque, les fans étaient blasés d'avoir vu autant de vedettes partir soudainement et ils ne s'étaient pas beaucoup attaché à ces nouveaux joueurs comme Damphousse. Cependant ils n'ont pas apprécié l'échange de Damphousse aux Canadiens, d'autant plus que Corson est généralement considéré comme l'un des pires capitaines de l'histoire de l'équipe (il occupa ce poste pendant à peine une saison). Au moins, le passage de Damphousse à Edmonton lui permit d'établir un record particulier alors qu'il termina premier marqueur de  trois équipes différentes lors de trois années consécutives. De plus, il améliora ses statistiques à chaque fois. Il obtint 73 points avec Toronto en 1990-91, 89 points à Edmonton en 1991-92 et ensuite 97 points à Montréal en 1992-93.


Adam Oates
60 matchs (2003-04)

Un des meilleurs passeurs de l'histoire, Adam Oates en était à ses derniers milles en 2002-03 lorsqu'il signa pour un an avec les Mighty Ducks d'Anaheim. Il les aida pourtant à se rendre en finale de la Coupe Stanley contre les Devils avec une récolte de 13 points en 21 matchs. Mais il était alors âgé de 41 ans et les Ducks déclinèrent la dernière année d'option du contrat de Oates.  Il redevint donc agent libre.  Il croyait alors sa carrière terminée et ne s’entraîna presque pas durant l'entre-saison. Après quelques semaines du début de la saison 2003-04, le directeur général Kevin Lowe passa toutefois un appel à Oates pour signer à Edmonton. Il était en manque d'un joueur de centre suite à la grève de Mike Comrie (voir texte du 15 février 2016), alors en pleine dispute contractuelle (il fut éventuellement échangé en décembre).

Oates mit du temps à se mettre en marche, ayant peu patiné auparavant et ayant raté le camp d’entraînement. Il n'obtint que 2 buts et 18 points en 60 matchs avec l'équipe. Toutefois les Oilers voyaient davantage en lui un mentor et un professeur envers les jeunes joueurs. Il aida entre autres quelques jeunes centres des Oilers comme Raffi Torres et Shawn Horcoff à s'améliorer au cercle des mises en jeu. Il se retira au dernier match de la saison alors que les Oilers ratèrent les séries de peu au dernier match seulement.

Il joua en tout pour 7 équipes de la LNH et fut intronisé au temple de la renommée en 2012.


Mentions honorables:
Geoff Courtnall (12 matchs 1987-88), Sergei Samsonov (19 matchs 2006), Petr Nedved (35 matchs 2003-04, 2006-07), Geoff Sanderson (41 matchs 2007-08), Erik Cole (63 matchs 2008-09), Mike Peca (71 matchs 2005-06), Garry Unger (75 matchs 1980-83), Petr Sykora (82 matchs 2006-07), Bernie Nicholls (95 matchs 1991-93), Mariusz Czerkawski (113 matchs 1995-97), Scott Mellanby (149 matchs 1991-93).

DÉFENSEURS

 
Reijo Ruotsalainen
16 matchs + 21 en séries (1987)
10 matchs + 22 en séries (1990)

Je n'avais que très peu d'options en défense et je ne voulais pas inclure un choix évident comme Chris Pronger car je crois que son séjour quoique court avec les Oilers, est demeuré très vif dans les souvenirs des fans, surtout ceux d'Edmonton. Je préfère plutôt parler d'un joueur cruellement oublié des années 80, le finlandais Reijo (prononcé Rexo) Ruotsalainen

Un des meilleurs patineurs de son époque, Ruotsalainen avait un style qui se comparait au grand Paul Coffey des Oilers. Choix de 6e ronde (115e au total) des Rangers en 1981, il débuta immédiatement avec l'équipe et devint leur meilleur défenseur, terminant d'ailleurs au premier rang des marqueurs de l'équipe en 1985. Cependant, il eut de la difficulté la saison suivante alors que les Rangers étaient en pleine tourmente avec leur nouvel entraineur Ted Sator. Ne voyant pas d'avenir à New York, il opta alors d'aller jouer à Berne en Suisse pour la saison 1986-87 et les Rangers refilèrent éventuellement ses droits aux Oilers dans un échange impliquant 7 joueurs. 

Alors que plusieurs défenseurs des Oilers furent blessés durant la saison (dont Paul Coffey), Glen Sather, toujours fan des joueurs finlandais, parvint à convaincre Ruotsalainen de revenir dans la LNH une fois la saison terminée en Suisse. Il fit donc partie de la troisième conquête de la Coupe Stanley des Oilers. Il obtint 13 points en 16 matchs en saison et 7 autres points durant les séries. 

Suite à ce beau retour en Amérique du nord, il avait toutefois l’œil sur les prochains Jeux Olympiques à Calgary. Il opta donc de jouer en Suède durant la saison afin de pouvoir être éligible à se joindre à l'équipe finlandaise, qui obtint éventuellement la médaille d'argent en 1988. Pendant ce temps, les Oilers décidèrent de le placer au ballottage et il fut alors réclamé par les Devils. Ruotsalainen joua une autre saison à Berne mais revint dans la LNH une fois de plus en 1989-90 avec les Devils. Espérant améliorer une fois de plus son club en vue des séries, Sather ramena Ruotsalainen à Edmonton en mars 1990 où il contribua davantage qu'en 1987. Il obtint 13 points en 22 matchs des séries et remporta une deuxième coupe Stanley, la dernière de la dynastie des Oilers. Il retourna ensuite jouer à Berne la saison suivante et prit sa retraite en 1998.

Durant son court passage (en deux parties) à Edmonton, il obtint également le surnom de ''Rental Rexi'' et il demeure toujours dans la mémoire de certains fans invétérés des Oilers. Son nom est parfois mentionné à la blague comme suggestion lorsque les Oilers ont besoin de renfort en défense (ce qui arrive souvent).


Reed Larson
10 matchs (1988)

Qui? Je vous ai dit que je n'avais pas beaucoup d'option en défense alors j'ai opté de rester dans l'obscur pour ce dernier poste de patineur et comme ça fait longtemps que j'ai envie de parler de Reed Larson et bien c'était l'occasion rêvée. Disons que c'est plus intéressant que de parler de Jaroslav Spacek...

Un des meilleurs défenseurs américains de tous les temps, Larson demeure cependant méconnu car il joua la plus grande partie de sa carrière au sein des ''Dead Wings'' de Detroit qui firent de lui leur choix de 2e ronde (22e au total) en 1976. En 10 ans à Detroit, il joua 708 matchs et obtint 188 buts et 570 points, ce qui pour un défenseur, même dans les années 80, est pas mal impressionnant. Il connut 5 saisons consécutives de 20 buts et plus et au passage il participa trois fois au match des étoiles. Il fut éventuellement échangé aux Bruins de Boston en 1986 et il y joua deux saisons suite à quoi son contrat ne fut pas renouvelé. 

Sans contrat pour la saison 1988-89, il subit un accident de voiture durant la saison morte, ce qui endommagea les nerfs dans son bras droit. Il obtint éventuellement un contrat avec les Oilers en septembre 1988 et obtint tout de même 9 points en seulement 10 matchs à Edmonton. Cependant, l'équipe décida de le laisser aller alors que son arme de prédilection, son lancer frappé de la ligne bleue, lui faisait défaut depuis son accident. De plus, il n'était pas le plus fiable défensivement. Il signa alors avec les Islanders.  Il joua une trentaine de matchs avec eux mais ils s'en départirent rapidement à leur tour, l'envoyant aux North Stars en mars 1989. 

Il tenta un autre retour la saison suivante avec les Sabres mais cette expérience ne dura qu'un match suite à quoi il s'exila en europe jusqu'à sa retraite en 1994. 


Mentions honorables:
Jiri Slegr (69 matchs 1994-96), Chris Pronger (80 matchs 2005-06), Fredrik Olausson (108 matchs 1993-96), Sheldon Souray (144 matchs 2007-10), Jaroslav Spacek (31 matchs 2006).


GARDIEN


Jacques Plante
31 matchs (1974-75)


Après avoir conclu sa carrière dans la LNH avec les Bruins de Boston après la saison 1972-73, le légendaire Jacques Plante devint le nouvel entraineur et directeur général des Nordiques de Québec dans l'AMH pour la saison 1973-74. Mais après cette seule saison où l'équipe rata les séries et où il fut réprimandé maintes fois par la direction, le malheureux ex-gardien démissionna de ses deux fonctions. Quelques jours plus tard, il annonça à la presse incrédule qu'il revenait au jeu comme gardien la saison suivante avec les Oilers d'Edmonton.

Les Oilers détenaient les droits sur Plante depuis sa retraite dans la LNH et l'annulation de son contrat comme entraîneur des Nordiques lui permit de signer officiellement avec eux. Il avait en fait planifié ce retour (dans le dos des dirigeants des Nordiques) depuis quelques mois déjà alors qu'il avait fait part de ses intentions au proprio des Oilers quelques semaines avant la fin de la saison. Il devint ainsi à 46 ans le plus vieux gardien de l'histoire du hockey professionnel et son contrat de 150 000$ fut le plus élevé de sa carrière. Il avait toujours la passion et excellait toujours à sa position, gagnant 8 de ses 9 premières parties avec les Oilers.

Cependant, s'estimant trop vieux pour les longs voyages, il obtint du proprio des Oilers le droit de jouer seulement les matchs à domicile, du moins pour la saison régulière. Pendant que ses coéquipiers étaient sur la route, il s’entraînait à Edmonton avec l'équipe junior des Oil Kings. Durant un de ces entraînements en décembre 1974, il fut atteint à la tête lors d'une collision avec un jeune joueur et il perdit connaissance. Il eut une blessure à l'oreille, ce qui affecta son équilibre par la suite. Il ne se rétablira jamais complètement de cette blessure et il ne put continuer sur sa belle lancée du début de la saison. Il joua 21 autres matchs, obtenant une fiche de 7-13-1. Il laissa d'ailleurs quelquefois sa place en plein match à cause de ses étourdissements. Il fut également blessé à la main à la fin de la saison.

Il décida toutefois de jouer une dernière saison en 1975-76, estimant que lorsqu'il est en santé, il est toujours performant. Il tomba toutefois dans les mauvaises grâces de son entraineur et de son proprio qui ne voyait plus en Plante le bon coup de publicité de l'année précédente. En plus d'avoir de plus en plus de difficulté à suivre le rythme lors du camp d’entraînement, il fut victime d'une tragédie lorsqu'il apprit que son fils Richard venait de mettre fin à ses jours à l'âge de 19 ans. Il quitta donc l'équipe pour retrouver sa famille mais revint toutefois finir le camp des Oilers la semaine suivante malgré qu'il était toujours secoué par ce deuil. Cependant, la direction des Oilers n'était pas très compatissante et Plante était de moins en moins désiré au sein de l'équipe qui avait engagé le cerbère Dave Dryden avant la saison.

Le dernier match professionnel de Plante eut lieu le 9 octobre 1975, un match hors-concours contre les Cowboys de Calgary la veille du début de la saison de l'AMH. Il y eut seulement 2000 spectateurs pour voir ce grand pionnier jouer son dernier match. Les Oilers pensèrent même à annuler ce match dû au peu d’intérêt au guichet et au fait que ce match n'avait pas grande importance. Les Cowboys refusèrent cependant. Plante joua deux périodes et alloua 3 buts sur 17 tirs. Il fut informé le lendemain qu'il n'y avait officiellement plus de place pour lui et il prit sa (troisième) retraite sans tambour ni trompette et partit vivre en Suisse avec son épouse. Il revint par la suite comme entraineur des gardiens pour plusieurs équipes dont les Flyers et le Canadien. Il mourut du cancer à Genève en 1986.


Mentions honorables:
Ilya Bryzgalov (20 matchs 2013-14), Bob Essensa (74 matchs 1996-99), Nikolai Khabibulin (117 matchs 2009-13),

dimanche 16 avril 2017

Le démantèlement de la dynastie des Oilers





Voici un texte que je prépare dans ma tête depuis un bon moment et le timing semble approprié car après 11 ans d’absence, les Oilers d'Edmonton sont finalement de retour en séries … Si ces 11 dernières années ont été très dures pour les partisans des Oilers, ce n'est toutefois pas la première fois qu'ils voient leur équipe revenir de loin. Après Montréal, Edmonton est l'équipe dont je suis le plus les activités. J'ai toujours été fasciné par le mouvement de personnel à Edmonton, un petit marché peu convoité où il a toujours été difficile d'attirer des joueurs et de les garder.

J'ai donc décidé de consacrer un article à une époque de l'histoire de cette franchise qui me fascine particulièrement, soit les années déprimantes de lendemain de veille post-dynastie. Des années ponctuées de plusieurs départs douloureux pour les fans des Oilers qui furent bafoués par plusieurs échanges douteux de la part de Glen Sather qui lui fut frappé en pleine face par la nouvelle réalité économique du hockey dans le petit marché qu'est Edmonton.




Difficile de commencer cette histoire à un autre moment que celui de l'échange de Wayne Gretzky durant l'été 1988. Peu importe les motifs de son départ et les manigances en coulisse, l'échange de la merveille a changé le visage de la LNH tant au plan sportif qu'au plan des affaires. Après "l'échange", Gretzky renégocia son contrat à Los Angeles et obtint plus de 3 millions par année de la part des Kings, une sommet astronomique à l'époque et il était bien sûr le mieux payé de la ligue. Cette signature de contrat eut un effet domino à travers la ligue. Mario Lemieux demanda de renégocier son contrat avec les Penguins et obtint 2.25 millions par année. Plus tard, l'agent de Brett Hull, estimait que la production offensive de son client s'approchait de celle de Gretzky et qu'il méritait un salaire à la Gretzky. Il obtint 7 millions pour 4 ans.

En 1989, soit un an après l'échange, l'association des joueurs obtint de la ligue que les contrats soit rendus publics, ce qui accéléra davantage l'escalade des salaires dans les années à venir et nulle part ailleurs qu'à Edmonton l'on ressentit les effets de cette révolution. L'équipe était toujours très compétitive malgré le départ de Gretzky mais après l'ultime conquête des Oilers au printemps 1990, les choses commencèrent à dérailler rapidement. Le capitaine Mark Messier, qui était sous contrat jusqu'en 1993, tentait lui aussi de renégocier son contrat pour s'approcher de 2 millions annuellement. Jari Kurri reçut une nouvelle offre insatisfaisante de la part de l'équipe et opta de ne pas se présenter au camp d'entrainement et décida de jouer en Italie pour la saison 1990-91. Glenn Anderson refusa également de se rapporter au camp mais revint finalement sur sa décision au début de la saison alors que son contrat était encore valide pour 2 ans. Malgré tout, les Oilers de 1990-91 se rendirent quand même en finale de conférence, éliminant au passage les Kings de Gretzky.


1990 - Messier, Lowe et Kurri

C'est durant l'été 1991 que débuta l'exode de masse d'Edmonton. Le premier à partir fut Kurri qui fut échangé tout d'abord à Philadelphie et ensuite dans un autre échange à Los Angeles où il retrouva Gretzky. Par la suite, lors de la Coupe Canada présentée à la fin du mois d'août, on retrouvait dans les journaux d'Edmonton davantage de rumeurs d'échange que les résultats des matchs du tournoi. On parlait de plus en plus du démantèlement inévitable du noyau restant de la dynastie.

L'élément déclencheur de cette exode arriva lorsque l'attaquant Adam Graves reçut une offre de contrat des Rangers que Sather refusa d'égaler. Messier fut furieux lorsqu'il apprit cette nouvelle et demanda publiquement d'être échangé en déclarant qu'il ne se présenterait pas au camp, estimant que les Oilers n'étaient pas prêts à payer le prix pour demeurer compétitifs. À la défense de Sather, Graves n'avait jamais marqué plus de 9 buts en une saison à ce moment de sa carrière et Sather affirma plus tard qu'il aurait agi différemment s'il avait su que Graves allait devenir un marqueur de 50 buts à New York.

Après la Coupe Canada, le camp d'entrainement des Oilers débuta avec plusieurs absents dans la chambre. Outre Messier, Esa Tikkanen resta en Finlande suite à une impasse dans sa renégociation de contrat. Idem pour Anderson et Craig Simpson qui ne se présentèrent pas au camp en espérant une augmentation de salaire. Peu après le début du camp, les Oilers se départirent d'Anderson et du gardien Grant Fuhr dans un échange avec les Maple Leafs. Fuhr était également sur du temps emprunté à Edmonton alors qu'il fut suspendu 60 matchs la saison précédente pour possession de cocaïne. Le défenseur Steve Smith, aussi insatisfait de son contrat, fut échangé à Chicago en retour de Dave Manson. Glen Sather déclara que beaucoup de ces joueurs se voyaient soudainement comme des joueurs à 1 million de dollars par année, ce qu'ils n'étaient pas selon lui.

Après un match au début de la saison, les enchères pour Mark Messier arrivèrent à une conclusion alors qu'il fut échangé aux Rangers. Il obtint un nouveau contrat de 2.6 millions annuellement chez les Rangers.





Durant la dynastie des Oilers, 7 joueurs ont participé aux 5 conquêtes de l'équipe; Messier, Kurri, Anderson, Fuhr, Kevin Lowe, Randy Gregg et Charlie Huddy. Gregg et Huddy furent respectivement libéré et laissé sans protection au repêchage d'expansion de 1991, ce qui fait qu'au début de la saison 1991-92, il ne restait que Lowe en place parmi le club des 7. Il fut nommé comme capitaine successeur à Messier. Simpson et Tikkanen revinrent finalement avec l'équipe alors que le propriétaire Peter Pocklington commença à desserrer un peu son portefeuille, mais ce ne fut que temporaire. Le gardien Bill Ranford joua la saison entière en renégociation de contrat et obtint finalement le contrat désiré après la saison.

Au travers de tous ces départs, les Oilers demeurèrent quand même compétitifs et avaient toujours un noyau de vétérans potables et un certain leadership en Tikkanen, Lowe, Simpson, Ranford et compagnie. Ils se rendirent de nouveau en finale de conférence lors des séries de 1992, éliminant de nouveau les Kings de Gretzky sur leur route. Les Kings avaient à ce moment plusieurs ex-Oilers en plus de Gretzky (Kurri, Huddy, Paul Coffey et Marty McSorley).





Malgré cette recette toujours gagnante chez les Oilers, ils commençaient toutefois à perdre du galon alors qu'ils ne firent que passer en finale de conférence où ils furent balayés en 4 matchs par les Blackhawks. L'atmosphère était également devenue toxique à Edmonton. Les partisans se sentaient toujours trahis par l'échange de Gretzky et le départs des autres vedettes lors des années suivantes ne firent qu'empirer les choses. Les assistances diminuèrent donc drastiquement, même lors des matchs en séries, et les nouveaux joueurs obtenus par l'équipe lors de leur liquidation de la dynastie ne firent que passer pour la plupart car Sather prit plusieurs décisions subséquentes que je trouve totalement absurdes.

Je peux tout d'abord comprendre le contexte qui l'a poussé à se départir de plusieurs vedettes comme Messier, Kurri, Anderson, Fuhr et cie. Et dans la plupart des cas, il a quand même réussi à obtenir quelques joueurs potables en retour. Mais ce qui me bafoue totalement, ce sont les échanges subséquents. Je m'explique:

J'ai pensé analyser ces échanges sous deux niveaux. Le 1er niveau est l'échange principal, soit le premier échange des joueurs vedettes tandis que le 2e niveau implique les échanges subséquents. Vous connaissez l'expression 4 trente-sous pour 1 piastre? Et bien ici on dirait que les Oilers ont appliqué cette règle (1er niveau) mais après avoir reçu leurs 4 trente-sous, ils les ont ré-échangé pour 75 cents (2e niveau). Et le taux de change était mauvais à ce moment-là. Je me concentre ici sur les échanges suivant la saison 1990-91, moment où l'hécatombe débuta.

Esa Tikkanen et Jari Kurri

Échange #1 (30 mai 1991)
EDMONTON PHILADELPHIE
Scott Mellanby Jari Kurri (échangé ensuite à L.A)
Craig Fisher Dave Brown
Craig Berube Corey Foster

1er niveau:
Échange quand même correct. Le départ de Kurri semblait inévitable et il ne dépassera le plateau des 30 buts qu'une seule autre fois après son départ. Il n'était plus qu'un spécialiste défensif lors de sa retraite en 1998. Les autres joueurs obtenus par les Flyers n'étaient que des figurants. Même chose pour Fisher et Berube qui ne firent que passer.

2e niveau:
La pièce maîtresse obtenue en retour de Kurri fut Scott Mellanby qui devint éventuellement un marqueur de 30 buts en Floride et qui jouera jusqu'en 2007. Sather l'a tout bêtement perdu au repêchage d'expansion de 1993, lui préférant des joueurs comme Vladimir Vujtek (on le verra plus loin lui). Comme consolation en retour du départ de la légende Finlandaise, c'est très mince...


Glenn Anderson et Grant Fuhr

Échange #2 (19 septembre 1991)
EDMONTON TORONTO
Vincent Damphousse Glenn Anderson
Peter Ing Grant Fuhr
Luke Richardson Craig Berube
Scott Thornton
Considérations futures
Cash

1er niveau:
Un blockbuster ici alors que 2 grosses pièces de la dynastie s'en allèrent à Toronto. Craig Berube aura donc fait partie de 2 gros échanges durant l'année 1991 sans jamais enfiler l'uniforme des Oilers. Je considère toutefois que les Oilers eurent le dessus dans cet échange alors que Vincent Damphousse était à ce moment-là supérieur à Anderson tandis que Fuhr n'était plus désiré. Ils eurent également quelques joueurs d'utilité qui joueront quelques saisons à Edmonton en Thornton et Richardson.

2e niveau:
Damphousse fut le meilleur joueur des Oilers en 1991-92 et Sather déclara même qu'il était le meilleur attaquant québécois après Mario Lemieux, ce qui ne l'empêcha pas de le ré-échanger un an plus tard à Montreal contre Shayne Corson, Brent Gilchrist et Vladimir Vujtek. J'ai déjà analysé cet échange totalement perdant des Oilers dans le passé (voir texte du 9 septembre 2015). Un autre retour sur l'investissement perdant ici.


1994 - Rangers de New York


Échange #3 (4 octobre 1991)
EDMONTON NEW YORK RANGERS
Bernie Nicholls Mark Messier
Louie DeBrusk Considérations futures (Jeff Beukeboom)
Steven Rice
Considérations futures (David Shaw)

1er niveau:
Ici il est clair que les Oilers seraient perdants de n'importe quel échange impliquant Messier, mais comme les autres échanges, ce départ était devenu inévitable. Ils perdirent éventuellement un autre gros morceau en Jeff Beukeboom. Ils reçurent en retour un dur à cuire (DeBrusk) qui joua avec l'équipe jusqu'en 1997 ainsi que d'autres prospects qui n'aboutirent pas à grand chose. La pièce maitresse de cet échange pour les Oilers fut Bernie Nicholls qui ne joua que 49 matchs cette saison-là mais qui récolta tout de même 1 point par match et qui avait encore quelques bonnes saisons dans le corps. Il fut également le 2e meilleur pointeur des Oilers en séries.

2e niveau:
Comme Damphousse avant lui, Nicholls fut ré-échangé rapidement et les Oilers perdirent au change. En janvier 1993, ils envoyèrent Nicholls au New Jersey en retour des attaquants Zdeno Ciger et Kevin Todd. Ciger connut deux saisons potables à Edmonton avant de retourner jouer en République Tchèque en 1996. Todd semblait être un jeune prometteur quelques saisons auparavant avec les Devils mais les Oilers ne furent qu'une de ses nombreuses destinations lors de son parcours de nomade des années subséquentes. Nicholls pour sa part joua jusqu'en 1998-99 tandis que Messier remporta la coupe en 1994 avec les Rangers et joua jusqu'en 2004...



Glen Sather continua ensuite de liquider le restant de ses ex-champions dans des échanges plus ou moins rentables... Encore ici il ne s'agit que des échanges majeurs impliquant des joueurs de l'équipe de 1990, d'autres joueurs mineurs s'en allèrent au travers de ça.

ÉCHANGE #4 (11 décembre 1992)
EDMONTON NEW YORK RANGERS
Roman Oksiuta Kevin Lowe
Choix de 3e en 1993 (Alexander Kerch)


ÉCHANGE #5 (24 février 1993)
EDMONTON CHICAGO
Igor Kravchuk Joe Murphy
Dean McAmmond


ÉCHANGE #6 (17 mars 1993)
EDMONTON NEW YORK RANGERS
Doug Weight Esa Tikkanen


ÉCHANGE #6 (16 juin 1993)
EDMONTON TAMPA BAY
Choix de 3e en 1994 (Brad Symes) Petr Klima


ÉCHANGE #7 (20 juin 1993)
EDMONTON QUÉBEC
Scott Pearson Martin Gélinas

Choix de 6e en 1993 (Nicholas Checco)


ÉCHANGE #8 (1er septembre 1993)
EDMONTON BUFFALO
Jozef Cierny Craig Simpson
Choix de 4e en 1994 (Jussi Tarvainen)


ÉCHANGE #9 (21 mars 1994)
EDMONTON NEW YORK RANGERS
Todd Marchant Craig MacTavish


Tous ces échanges et ce démantèlement firent en sorte qu'au début de la saison écourtée de 1995, il ne restait que 2 joueurs de l'édition championne de 1990, Kelly Buchberger et le gardien Bill Ranford. Ironiquement, les meilleurs échanges de Sather (Weight et Marchant) impliquèrent également les Rangers, qui tentèrent de répliquer la formule des Oilers en s'accaparant de leurs anciens joueurs. En plus de Messier, les Rangers de 1994 comptaient dans leurs rangs 6 autres anciens Oilers (Anderson, MacTavish, Lowe, Beukeboom, Tikkanen et Graves). Plusieurs considèrent que la coupe de 1994 des Rangers est en quelque sorte la 6e des Oilers... Si on considère que les Kings de 1993, finalistes de la Coupe Stanley, avaient également plusieurs ex-Oilers dans leurs rangs, il est à se demander combien de championnats supplémentaires les Oilers auraient pu remporter. Wayne Gretzky a lui-même estimé qu'il aurait pu remporter 3 ou 4 coupes supplémentaires s'il était resté à Edmonton avec le même noyau...

Pour leur part, Buchberger resta avec l'équipe jusqu'en 1999 lorsqu'il fut réclamé au repêchage d'expansion par les Thrashers d'Atlanta tandis que Ranford fut échangé aux Bruins en janvier 1996. Il revint à Edmonton durant la saison 1999-2000 comme agent libre, ce qui fit de lui à ce moment-là le dernier membre survivant de la dynastie encore avec l'équipe.

Nouvelle ère à Edmonton
Weight, Smyth, Joseph, Marchant, Grier et cie.


Au moins Glen Sather commençait à recevoir de meilleurs joueurs en retour et à recommencer à bien repêcher, chose qui faisait défaut durant les années de dynastie. Des joueurs comme Doug Weight et Todd Marchant par exemple ainsi que des choix judicieux comme Jason Arnott et Ryan Smyth. Il réussit également à obtenir les droits sur Curtis Joseph et Mike Grier lorsque les Blues de St.Louis signèrent Shayne Corson comme agent libre avec compensation en 1995. Il réussit même à refiler Dave Manson (obtenu contre Steve Smith) aux Jets de Winnipeg contre l'excellent défenseur Boris Mironov ainsi qu'un choix de 1re ronde (Jason Bonsignore). Ces échanges permirent tranquillement aux Oilers de redevenir respectables en 1997 lorsqu'ils revinrent en séries après 5 ans d'absence. 5 ans d'absence c'est pas mal moins que les 11 dernières années misérables des Oilers mais dans le contexte de post-dynastie, je me demande si ces 5 années ne semblèrent pas plus longues en réalité pour les fans... Quoique la plus récente disette découla de la présence surprise en finale de 2006 et d'un autre exode de joueurs par la suite (Chris Pronger). Pas facile d'être partisan des Oilers...

Sather resta à Edmonton jusqu'en 2000. Il quitta ensuite pour devenir DG des Rangers de New York, chose que j'ai toujours trouvée ironique. Il pouvait désormais garocher des millions à qui il lui plaisait. Des joueurs comme Bobby Holik, Scott Gomez et Chris Drury lui disent encore merci d'ailleurs...


Sources:
Wikipedia
Hockeydb
Cooper and blue