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dimanche 27 avril 2025

Joueur oublié des 90's #101 - Chris Joseph


 

 

Chris Joseph est né le 10 septembre 1969 à Burnaby en Colombie-Britanique. Costaud, rapide et agile, le défenseur des Thunderbirds de Seattle attira grandement l'attention des recruteurs de la LNH, tellement que les Penguins de Pittsburgh en firent leur choix de première ronde avec la 5e sélection au total en 1987.

Cependant, il ne fut initialement membre des Penguins que pour un très court moment. Il parvint à faire l'équipe dès l'automne 1987 mais au même moment, les Oilers étaient en dispute contractuelle avec leur star en défense Paul Coffey. Ce dernier fit donc la grève en début de saison avant d'être échangé aux Penguins le 24 novembre 1987 lors d'une méga-transaction. En retour de Coffey, Dave Hunter et Wayne Van Dorp, les Oilers obtinrent Dave Hannan, Moe Mantha, Craig Simpson ainsi que le jeune prospect Chris Joseph, qui, on l'espérait, parviendrait peut-être à remplacer Coffey, des attentes on ne peut moins réalistes. Au moins, les Oilers avaient pu soutirer Craig Simpson dans l’équation, un joueur qui rendra de grands services à l'organisation.

Donc Joseph n'avait joué que 17 matchs avec les Penguins avant l'échange, amassant 4 passes. Après 7 autres matchs à Edmonton, il fut décidé de le retourner dans la WHL avec les Thunderbirds. En 1988-89, il partagea la saison entre Edmonton et leur club-école au Cap Breton, jouant 44 matchs dans la LNH. La saison suivante, ce fut le même scénario, mais cette fois-ci seulement 4 matchs avec le grand club et le restant de la saison au Cap Breton, ce qui le disqualifia d'avoir son nom gravé sur la coupe de 1990.


Sa meilleure saison à Edmonton fut celle de 1990-91 où il obtint 22 points en 49 matchs. Cependant, le même manège recommença l'année suivante qu'il passa en majorité dans les mineures. Ensuite, lors de la saison 92-93, il ne joua que 33 matchs, passant le restant de la saison sur la liste des blessés.

Après seulement 10 matchs lors de la saison 93-94, il était désormais rendu 9e défenseur dans l'organigramme des Oilers et il demanda alors d'être échangé. Non seulement il n'avait pas répondu aux attentes justifiant son rang élevé au repêchage, mais on lui reprochait également son manque d'implication physique. Glen Sather exauça son souhait, l'envoyant au Lightning en retour de Bob Beers. 

C'est à Tampa Bay qu'on vit finalement éclore un peu le talent offensif de Joseph alors qu'il termina la saison avec 11 buts et 20 passes en 76 matchs. Ce n'était cependant pas assez pour convaincre le Lightning de le garder alors qu'il fut laissé sans protection au repêchage intraligue en janvier 1995 à la reprise des activités suite à la grève.

C'est alors que les Penguins le réclamèrent. Il joua deux saisons complètes à Pittsburgh avant d'être de nouveau laissé sans protection au repêchage intraligue en 1996. Il devint ainsi la propriété des Canucks de Vancouver où il joua l'entièreté de la saison 96-97.


 


Il signa ensuite comme agent libre avec les Flyers, mais il joua que très peu avec eux, étant blessé, laissé de côté ou relégué dans les mineures. En deux saisons passées dans l'organisation, il ne joua que 17 matchs à Philadelphie. 

Le va-et-vient reprit donc par la suite. Il signa tout d'abord un contrat avec les Sénateurs, mais il fut de nouveau laissé sans protection au repêchage intraligue. C'est alors que les Canucks le réclamèrent de nouveau. Après 38 matchs lors de ce deuxième séjour à Vancouver, il fut placé au ballotage, encore, et ce sont les Coyotes de Phoenix qui le réclamèrent cette fois-ci.

Le même manège continua de plus belle lors de la saison 2000-01 alors que les Coyotes le placèrent eux aussi au ballotage. Il fut réclamé par les Thrashers avec qui il joua ses 19 derniers matchs dans la LNH. 

Il termina ensuite sa carrière en Europe, joua un an en Finlande, 3 ans en Allemagne et une dernière saison en Italie en 2005-06 où il remporta le championnat.

Après sa retraite, il retourna s'établir à Edmonton où il est devenu pompier et a sa propre école de hockey pour les jeunes.

En 510 matchs dans la LNH, sa fiche fut de 39 buts et 112 passes pour 151 points.

Alors qu'il était âgé de 20 ans, son fils Jaxon Joseph fit malheureusement partie des victimes de l'accident d'autobus des Broncos de Humboldt en avril 2018 où 16 personnes perdirent la vie.



vendredi 12 juillet 2024

Retrouver ses chums




J'adore parler des Oilers d'antan, surtout ce qui s'est passé en coulisses après les nombreuses coupes et la dynastie des années 80. Avec un groupe aussi explosif de joueurs vedettes, il est très intéressant d'analyser leurs allées et venues durant la deuxième moitié de leur carrière qui s'adonnait justement à se passer durant les fastes années 90, où les salaires allaient en montant et où les grosses transactions devenaient monnaie courante.

Mais ce que j'ai pensé analyser aujourd'hui sont plutôt les nombreuses expériences de réunions de ces ex-Oilers durant les années 90 où l'on tenta maintes fois de recréer la recette Oilers ou peut-être simplement de plaire ou satisfaire les Wayne Gretzky et Mark Messier qui désiraient probablement revoir leurs vieux potes.

En commençant tout d'abord chez les Kings, quelques années après «l'échange», Gretzky a pu être réuni à plusieurs reprises avec ses anciens chums des Oilers. Tout d'abord à l'automne 1991 lorsqu'il fut finalement, et certains diront inévitablement, réuni avec son numéro 2 de prédilection, Jari Kurri. Ce dernier venait de passer la saison 1990-91 en Italie suite à une dispute contractuelle à Edmonton. Tout le monde s'attendait à ce que son retour dans le LNH se fasse avec les Kings et c'est ce qui se produisit lors d'un échange à trois équipes impliquant les Flyers, les Kings et les Oilers. 

Et ensuite, pourquoi ne pas ajouter un autre ex-Oiler à la défense pour les Kings? Au même moment de l'arrivée de Kurri, on vit le défenseur Charlie Huddy rejoindre les Kings en 91-92, suite à un échange avec les North Stars, eux qui avaient obtenu Huddy des Oilers lors du repêchage d'expansion compliqué de 1991. Il fut inclus dans une transaction envoyant le surestimé Todd Elik au Minnesota.

Plus tard lors de cette même saison 1991-92, on amena également Paul Coffey avec les Kings lors d'un autre échange à trois équipes impliquant de nouveau les Flyers, ce même échange qui envoya Mark Recchi à Philadelphie et Rick Tocchet à Pittsburgh.

Gretzky entouré de Luc Robitaille, Jari Kurri et Paul Coffey au match des étoiles de 1993.

Gretzky entouré de Marty McSorley et Charlie Huddy

Grant Fuhr

Le séjour de Coffey à L.A. fut toutefois assez court, alors qu'il fut échangé aux Red Wings durant la saison 1992-93. 

Gretzky et Kurri furent toutefois réunis quelques temps après avec leur ancien portier de longue date, le gardien Grant Fuhr, durant la saison 1994-95 après une transaction avec les Sabres. Le séjour de Fuhr à L.A. fut toutefois une expérience ratée alors qu'il ne put faire mieux qu'une pénible fiche de 1-7-3 en 14 matchs au sein d'une équipe des Kings en déroute. Il quitta pour St.Louis après la saison.

Mais pendant tout ce temps il y avait également d'autres ex-Oilers qui se cherchaient un nouveau nid quelque part. Et nulle part ailleurs que chez les Rangers de New York l'on vit apparaître le plus grand contingent de ces ex-dynastiens.

Le premier fut le jeune Adam Graves qui se vit offrir plus d'argent à New York qu'à Edmonton comme agent libre en 1991-92. La perte de ce joueur fut la goutte qui fit déborder le vase pour le capitaine Mark Messier. Estimant que les Oilers ne désiraient plus mettre les efforts financiers nécessaires pour continuer à compétitionner, il exigea un échange. Après quelques semaines de grève, il prit finalement lui aussi le chemin de Broadway en retour de Bernie Nicholls, Steven Rice et Louis DeBrusk.

En plus de Messier, les Rangers obtinrent également des «considérations futures» des Oilers. Ces considérations futures se transformèrent finalement en un autre échange qui envoya le défenseur Jeff Beukeboom aux Rangers en retour de David Shaw. Membre de trois coupes des Oilers, Beukeboom jouera avec les Rangers jusqu'en 1999.

Donc Messier, Graves et Beukeboom débutèrent l'aventure ensemble à New York et transformèrent la franchise. Mais après une saison 1991-92 qui se solda par un trophée du Président pour les Rangers, la saison 92-93 fut un flop et ils ratèrent les séries. Cela mena le DG Neil Smith à retourner au boulot et continuer le pillage en règle de ce qui restait de Oilers d'antan. 

Glenn Anderson
Il avait auparavant débuté ce travail durant la saison 92-93, obtenant d'abord le défenseur Kevin Lowe en décembre 1992. Lowe avait été nommé capitaine suite au départ de Messier mais se retrouva lui aussi en dispute contractuelle, ce qui le mena à trois mois de grève de sa part au début de la saison. Il fut finalement échangé aux Rangers en retour de Roman Oksiuta et un choix de 3e ronde. Lowe était le dernier Oiler encore avec l'équipe depuis les débuts de l'équipe dans la LNH en 1979, et il était également le dernier du club des 7 joueurs à avoir été membre des 5 coupes des Oilers, les autres étant Messier, Kurri, Fuhr, Huddy, Glenn Anderson et Randy Gregg.

Ensuite, vers la fin de cette saison 1992-93, un autre Oiler prit le chemin de NY en la personne de Esa Tikkanen, en retour du futur capitaine des Oilers Doug Weight. Tikkanen avait précédemment lui aussi été en dispute avec Glen Sather en regard à son contrat, étant retourné à reculons à Edmonton.

Ces ajouts, ainsi que d'autres transactions avec d'autres équipes (Steve Larmer entre autres), menèrent les Rangers à un autre trophée du président. Et comme renforts finaux provenant de ces anciens Oilers, Smith se permit d’acquérir à la date limite des transactions un autre capitaine des Oilers, le récalcitrant du casque Craig MacTavish, attribué du «C» depuis le départ de Lowe. Le même jour, il acquit la dernière pièce du puzzle, l'attaquant Glenn Anderson, qui était membre des Maple Leafs depuis la saison 1991-92. En retour, les Leafs mirent la main sur le prolifique Mike Gartner dans ce que j'appelle affectueusement le meilleur échange «moustache contre moustache» de l'histoire.

Parmi les Rangers de 1994, on retrouvait les ex-Oilers Adam Graves,
Mark Messier et Kevin Lowe


Donc c'est avec 7 ex-huileux (Messier, Graves, Anderson, MacTavish, Beukeboom, Lowe, Tikkanen) que les Rangers de 1994 mirent la main sur cette coupe qu'ils recherchaient depuis 1940. Cette coupe est souvent considérée comme étant la 6e coupe non-officielle de la dynastie des Oilers.

Mais revenons à Gretzky et les Kings. Suite à la défaite en finale de 1993, l'équipe débuta immédiatement une pente descendante. En fait on peut dire que la franchise déboula la pente. Le propriétaire des Kings Bruce McNall fut reconnu coupable de fraude en décembre 93 et fut forcé de vendre l'équipe à de nouveaux propriétaires qui eurent de la difficulté à renflouer l'équipe. Les excès financiers de McNall avaient grandement nui aux finances des Kings qui eurent même de la difficulté à payer leurs joueurs. Donc de nombreuses vedettes des Kings durent être échangés, comme Luc Robitaille et Alexei Zhitnik. 

Frustré de la situation, Gretzky demanda à être échangé, ce qui se produisit en février 1996 lorsqu'il prit le chemin de St.Louis. Les Kings reçurent bien peu en retour de Gretzky, le meilleur élément fut l'attaquant Craig Johnson dont j'ai parlé l'autre jour...

Peu après le départ de Gretzky, c'est Jari Kurri qui quitta le bateau, étant échangé aux Rangers, retrouvant de nouveau une floppée d'ex-Oilers, mais quand même moins qu'en 1994 alors que Anderson, MacTavish et Tikkanen avaient tous quitté depuis ce temps. Mais parmi les autres joueurs qui suivirent Kurri à New York, il y avait l'ex-King et ex-Oiler Marty McSorley à prendre en considération.

Jari Kurri

On put toutefois voir durant quelques semaines une réunion Messier-Kurri à New York, ce qui, combiné avec la présence de Pat Verbeek et Luc Robitaille, en faisait une édition assez particulière et éphémère des Rangers...

En fait, beaucoup de ces ex-Oilers, et maintenant ex-Rangers, étaient désormais à St.Louis. Après la conquête des Rangers de 1994, Mike Keenan quitta NY pour St.Louis à gros prix, où il devint coach et DG. Il se dit alors que si la recette d'ex-Oilers était bonne, il serait encore plus gagnant de mixer deux recettes, soit des ex-Oilers et ex-Rangers... et Brett Hull.

C'est donc durant cette étrange saison 95-96 que les Blues obtinrent dans l'ordre les joueurs suivants:
- Grant Fuhr, comme agent libre après sa désastreuse saison 94-95 avec les Kings
- Brian Noonan, comme agent libre après deux ans avec les Rangers
- Stéphane Matteau, héros de 1994 obtenu des Rangers en décembre 1995 contre Ian Laperrière
- Wayne Gretzky, des Kings en février 1996
- Craig MacTavish, des Flyers en mars 1996 en retour de Dale Hawerchuk
- Charlie Huddy, des Sabres en mars 1996 en retour de Denis Hamel
- Glenn Anderson, obtenu au ballotage des Oilers (où il avait fait un court retour) en mars 1996

Keenan avait aussi précédemment fait l’acquisition de Doug Lidster, Greg Gilbert et Esa Tikkanen des Rangers durant la saison 1994-95 mais cela ne fut que temporaire alors que les trois quittèrent les Blues avant l'arrivée de Gretzky.



L'expérience ex-Oilers et/ou Rangers à St.Louis ne fonctionna pas comme prévu, notamment par une chimie Hull/Gretzky qui n'était pas aussi explosive que l'on imaginait. Et après l'élimination des Blues par les Red Wings au printemps 1996, et plusieurs critiques de Keenan envers Gretzky, beaucoup de ces joueurs ne furent pas de retour en 1996-97, principalement Gretzky, qui quitta pour... évidemment les Rangers.

Maintenant en 1996-97, on vit enfin la réunion Gretzky-Messier à New York. Cependant, on manqua l'occasion de voir le «big three» réuni car Kurri signa comme agent libre avec les Mighty Ducks, retrouvant pour sa part lui aussi un ami de son propre côté, le spectaculaire Teemu Selanne. Les Rangers de 1996-97 ne ressemblaient plus beaucoup à ceux de 1994, ni aux anciens Oilers qui commençaient à prendre leurs retraites respectives. Kevin Lowe était retourné terminer sa carrière avec les Oilers. Beukeboom et Graves étaient toujours là mais Gretzky n'avait même pas joué avec Graves à Edmonton et très peu avec Beukeboom. Mais il put tout de même revoir un autre vieux chum lorsque Tikkanen fut réacquis par les Rangers en fin de saison, contribuant d'ailleurs à 9 buts en 15 matchs en séries.

 

Toutefois, cette ultime réunion ne fut que temporaire et le portrait était bien différent en 1997-98 avec notamment une autre réunion, celle de Mike Keenan et Mark Messier à Vancouver (avec des résultats désastreux). Avec les Rangers en 97-98, il n'y avait plus que Beukeboom comme ancien allié des Oilers pour Gretzky, alors que Tikkanen était lui aussi parti, pour Washington dans son cas.

Gretzky et les Rangers ratèrent les séries lors des deux années suivantes. Il fut toutefois réuni de nouveau avec Tikkanen en 98-99 lors d'un troisième tour de piste à NY pour ce dernier qui quitta également la LNH après cette saison.

Par la suite, il ne restait plus que l'éternel Messier comme joueur actif au tournant du millénaire et l'ère de ces réunions d'ex-Oilers/Rangers/Blues était désormais chose du passée. La seule réunion qu'on put voir était celle de Messier lui-même qui retourna à New York en 2000-01 après le fiasco Vancouver. Il retrouva alors quelques vieux copains de 1994 comme Graves, Brian Leetch et Alex Kovalev (lui aussi en retour d'exil).

Kovalev fut d'ailleurs le dernier joueur encore actif de la coupe de 1994 lorsqu'il prit sa retraite.



C'était donc les nombreuses réunions des Ex-Oilers et Rangers. Mais il y eut de nombreuses autres réunions de chums à travers les âges mais j'ai gardé ça pour une deuxième partie. À la revoyure donc.

samedi 8 juin 2024

En finale avec plein d'équipes


 


Avec sa présence en finale qui commence ce soir avec les Oilers, Corey Perry devient le premier joueur de l'histoire à jouer en finale avec une cinquième équipe en carrière. Il avait auparavant participé au grand tournoi avec le Lightning (2022 dans une cause perdante), le Canadien (2021 dans une cause perdante), les Stars (2020 dans une cause perdante) et bien bien auparavant avec les Ducks (2007 dans une cause gagnante). 

On souhaite donc bonne chance (encore) à notre Corey Perry national et aux Oilers. Mais moi ce qui m'intéresse aujourd'hui est de parler de celui ou ceux que Perry a dépassé avec ses 5 équipes. En fait, ce record particulier, qui sera probablement très difficile à battre, appartenait jusqu'à aujourd'hui à 5 joueurs qui se partageaient le record de 4 équipes pour qui ils ont chacun joué au moins un match en finale de la coupe.

Voici ces 5 joueurs.

Al Arbour

Avant de devenir un coach légendaire avec les Islanders de New York, Al Arbour fut un défenseur (à lunettes) efficace durant plus de 600 matchs dans la LNH.

Il a joué avec 4 équipes dans la LNH et se rendit en finale avec chacune d'entre elles soit avec les Red Wings (1954 et 1956), les Blackhawks (1961), les Maple Leafs (1962 et 1964) et finalement avec les Blues (1968, 1969 et 1970). 

Il n'était toutefois pas toujours un joueur régulier avec ces équipes, ce qui fait qu'il n'a pas participé au parcours en finale des Red Wings en 1955, ni celui des Maple Leafs en 1963, 1964 et 1967. Il évoluait alors soit dans les mineures ou était simplement un joueur réserviste. Il est toutefois bien propriétaire de 4 bagues de la coupe Stanley comme joueur soit en 1954, 1961, 1962 et 1964.

Cependant, je doute grandement de la véracité de sa présence et de sa bague de 1954 puisqu'il n'y a aucun match de répertorié à son nom en séries (ni même comme réserviste) et il n'avait joué que 36 matchs en saison régulière sur une saison de 70 matchs, ce qui ne le qualifiait pas pour avoir son nom gravé sur la coupe, ce qui après vérification est bien le cas car son nom n'y apparait pas. Mais il a peut-être pu recevoir une bague malgré tout. 

Il était toutefois là durant la finale de 1956 perdue contre le Canadien, donc il mérite bel et bien sa place dans ce club des ex-recordmen du 4 finales avec 4 équipes différentes.



Ab McDonald


Une carrière extrêmement similaire à Arbour comme joueur pour Ab McDonald.

Cet attaquant originaire de Winnipeg fut d'abord un produit du Canadien avec qui il participa aux trois dernières conquêtes de la run extraordinaire de 5 coupes consécutives (1956 à 1960) soit celles de 1958, 1959 et 1960. Ses deux premiers matchs dans la LNH furent en fait disputés lors de la finale de 1958 contre Boston. Il débuta ensuite à temps plein avec le CH en 1958-59 et joua 11 matchs en séries mais ne fut qu'un réserviste lors des séries de 1960 pour la dernière des 5 coupes. 

Il fut ensuite échangé à Chicago, juste à temps pour contribuer (en compagnie d'Arbour) à la conquête de 1961. Il retourna également en finale avec eux en 1962 dans une cause perdante contre Toronto (et Al Arbour).

Il joua ensuite à Boston en 1964-65 avant de passer aux Red Wings pour la saison 1965-66 où il put retourner en finale encore une fois, perdant contre le Canadien.

Il joignit ensuite les Penguins lors du repêchage d'expansion de 1967, mais fut échangé aux Blues la saison suivante. C'est là qu'il retrouva de nouveau Al Arbour et qu'il devint le deuxième (après Arbour l'année précédente) à participer à une finale avec un quatrième club différent en 1968-69. Il fut également en poste lors de la finale de 1970.

Il fit alors un retour à Détroit en 1971-72 mais quitta ensuite pour l'AMH où il devint le premier capitaine du club de sa ville natale, les Jets de Winnipeg, où il joua deux dernières saisons comme joueur. Il avait également été le premier capitaine de l'histoire des Penguins en 1967-68. 

Donc au final, ce fut 8 présences en finale (58, 59, 60, 61, 62, 66, 69, 70) pour McDonald et quatre coupes (58, 59, 60 et 61).

Il fut plus tard élu au temple de la renommée du hockey du Manitoba et mourut en 2018 à l'âge de 82 ans.

Paul Coffey

Les lecteurs de longue date de ce blog connaissent ma fascination pour Paul Coffey (surtout le Paul Coffey Hartfordien). 

Et bien que de plaisirs aujourd'hui alors qu'on va replonger dans le sujet... D'ailleurs, Coffey fait un retour en finale cette année comme entraîneur des défenseurs chez les Oilers! On est bien content pour lui.

Mais bien avant de devenir assistant à Edmonton, Coffey était un des meilleurs défenseurs au monde mais aussi un des plus grands voyageurs de l'époque, étant une monnaie d'échange très en vue au sein de divers clubs durant les années 90.

Après 7 ans passés à Edmonton, où il remporta 3 coupes Stanley en 4 présences en finales (83, 84, 85 et 87), Coffey fut échangé aux Penguins suite à une dispute contractuelle au début de la saison 1987-88. Après quelques saisons à continuer de loader les Penguins en talent, Coffey put retourner en finale en 1991 et ainsi remporter une 4e coupe Stanley. Il ne fut cependant pas en poste lors du repeat de 1992, ayant précédemment été échangé de nouveau, cette fois-ci aux Kings de Los Angeles où il retrouva son ami Wayne Gretzky durant la saison 1991-92.

Son séjour à L.A. fut toutefois de courte durée alors qu'il passa aux Red Wings en janvier 1993. Il ne fut donc pas membre des Kings lors de la finale de 1993, ce qui est dommage pour cette liste. Il put toutefois participer à la finale de 1995 avec les Wings, mais dans une cause perdante contre les Devils.

Il fit ensuite partie de l'échange malfamé faisant passer Brendan Shanahan des Whalers aux Red Wings, ce qui fit en sorte que le malheureux Coffey se retrouva à contre-gré à Hartford durant la saison 1996-97. Heureusement pour lui ce fut également de courte durée puisque son purgatoire prit fin rapidement lorsqu'il fut envoyé aux Flyers en décembre 1996, ce qui lui permit de participer une autre fois à la finale, celle de 1997 entre les Flyers et son ancienne équipe, les Red Wings, encore malheureusement pour lui dans une cause perdante.

Il joua ensuite pour les Blackhawks, Hurricanes et Bruins jusqu'à sa retraite en 2001, sans jamais retourner une finale... jusqu'à cette année comme assistant avec les Oilers. 

Go Paul Go!


Martin Gélinas


Un autre ex-Oiler dans ce décompte, cette fois-ci en la personne de Martin Gélinas.

Après avoir remporté la coupe de 1990 à sa saison recrue à Edmonton, Gélinas fut brièvement membre des Nordiques en 1993-94. Cela fut toutefois bref puisque les Bleus le placèrent au ballotage en janvier 1994 et c'est ainsi qu'il aboutit avec les Canucks de Vancouver, juste à temps pour retourner en finale contre les Rangers dans une cause perdante.

Il joua ensuite 3 saisons et demie à Vancouver, étant subséquemment échangé aux Hurricanes durant la saison 1997-98. Il demeura en Caroline jusqu'à la fin de la saison 2001-02, soit après la finale de 2002 perdue contre les Red Wings.

Il signa ensuite à Calgary où il joua deux saisons, dont celle de 2003-04 où il retourna de nouveau en finale contre le Lightning. Ce parcours lui valut d'ailleurs le surnom «The Emilinator» puisqu'il marqua trois buts décisifs durant les séries, chacun d'entre eux éliminant chacune des adversaires des trois premières rondes. On se rappelle également de son fameux but refusé lors du match 6 contre le Lightning qui aurait pu devenir le but gagnant menant les Flames à la coupe...

Il joua ensuite avec les Panthers et les Predators jusqu'à sa retraite en 2008.


Darryl Sydor

Et finalement le dernier des 5 à avoir joué pour quatre équipes différentes en finale fut le défenseur Darryl Sydor.

Originellement un produit des Kings de Los Angeles, Sydor débuta sa carrière en 1991-92 avec les Kings, les accompagnant en finale en 1993 contre le Canadien. Il fut ensuite acquis par les Stars de Dallas en février 1996 et y joua jusqu'en 2003, participant au passage à la finale de 1999 (cause gagnante) et celle de 2000 (cause perdante).

Il fut ensuite échangé aux Blue Jackets à l'été 2003 mais ce séjour à Columbus fut très bref alors qu'il fut acquis par le Lightning en janvier 2004, soit comme une bonne police d'assurance en défense pour la conquête de 2004 du Lightning. 

Il fit ensuite un premier retour à Dallas en 2006-07 avant de signer avec les Penguins pour la saison 2007-08. Il participa donc à la finale avec une 4e équipe en 2008, dans une cause perdante contre les Red Wings. Il ne put toutefois venger cet échec en 2009 avec les Penguins, alors qu'il fut retourné une fois de plus aux Stars, en retour de Philippe Boucher qui lui put enfin remporter une première coupe Stanley.

Sydor prit ensuite sa retraite après la saison 2009-10 qu'il joua avec les Blues.

 

C'était donc le parcours de ces grands voyageurs, et aussi grands «winners». Car pour moi, même perdre en finale est un grand gage de joueur gagnant dans mon livre à moi,  et c'est pourquoi le parcours de Corey Perry et ses prédécesseurs est aussi palpitant.


Pour terminer, voici un petit résumé/classements de ces nombreuses finales et coupes entre ces joueurs discutés.

1. Al Arbour : 8 finales - 3 coupes (+1 débatable en 1954)
2. Ab McDonald : 8 finales - 4 coupes
3. Paul Coffey : 7 finales - 4 coupes
4. Martin Gélinas : 4 finales - 1 coupe
5. Darryl Sydor : 5 finales - 2 coupes

et

Corey Perry: 5 finales (5 équipes) - ? coupe(s) ?



jeudi 29 avril 2021

Le Paul Coffey hartfordien


 

Ah le Paul Coffey. Une espèce tellement fascinante à analyser. Malgré qu’il n’est plus actif, sa carrière légendaire mais particulière en a fait un spécimen de choix pour de nombreux articles sur ce blog. J’ai notamment analysé ses nombreuses équipes et illustres coéquipiers et il figure abondamment dans plusieurs de mes équipes all-star des oubliettes
 
Il existe cependant plusieurs sous-espèces du Paul Coffey. Les plus répandues sont bien sûr le Paul Coffey Edmontonien, le Paul Coffey Pittsburghien et le Paul Coffey Red Wingien ou Paulus Coffius Detroitus pour les plus scientifiques d’entre vous. Et les plus connaisseurs connaissent le Paul Coffey Philadelphien ou même le Paul Coffey Carolinien ainsi que les plus rares Paul Coffey Chicagolais et Bostonien lors de la période plus nomade de ce joueur.
 
Cependant, aucune de ces sous-espèces n’est aussi particulière à observer et autant prisée pour le blogueur geek niaiseux que le très rare et malheureusement disparu Paul Coffey Hartfordien… 
 


 
Historiquement, le Paul Coffey Hartfordien fut un élevage controversé qui annonçait sans le savoir le début de la fin pour le Paul Coffey, dont les meilleures années étaient définitivement derrière lui malgré qu’il était alors le défenseur actif avec le plus de points dans l’histoire de la LNH. Il migra de Detroit vers Hartford au début de la saison 1996-97 dans des circonstances difficiles, mais ce passage en tant que Whaler ne sera que très éphémère. Capricieux, boudeur et peu motivé, il fut rapidement relocalisé dans un autre environnement avant même la mi-saison. 
 
Le Brendan Shanahan
Il faut dire que l’environnement hartfordien était à l’époque assez hostile pour les joueurs vedettes. L’équipe en difficulté et sur le respirateur artificiel peinait à attirer, garder et/ou payer des joueurs de haut niveau, plus frileux dans un tel climat instable et désirant aller gagner de l’argent ou la Coupe ailleurs. Un problème qui datait probablement depuis les débuts de la franchise dans la LNH. 
 
Le Paul Coffey n’était d’ailleurs qu’un autre membre de l’évolution du Whaler insatisfait, et particulièrement cette chaîne qui débuta avec le jeune et immature Chris Pronger qui fut troqué vers St.Louis en retour de Brendan Shanahan. Ce dernier, malgré qu’il fut décoré comme capitaine et auteur d’une saison de 44 buts à sa première année avec les Whalers, fit savoir à ses patrons qu’il ne voulait aucunement rester à Hartford au-delà de la saison 95-96. Shanahan fut donc échangé à Détroit en retour principalement de Keith Primeau (gréviste à Detroit), un choix de première ronde en 1997 et comme bonus, le Paul Coffey
 
L’inclusion de Coffey dans l’échange était surtout motivée par des motifs salariaux, les Red Wings voulant réduire leur masse salariale qui allait s’alourdir davantage avec l’arrivée de Shanahan. L’entraîneur et DG des Red Wings, le légendaire Scotty Bowman, ne portait pas non plus Coffey dans son cœur, ayant des problèmes avec son jeu défensif, ce qui datait même de leurs brefs moments ensemble en 1991-92 à Pittsburgh , saison où Coffey fut d’ailleurs échangé aux Kings de Los Angeles. 
 
Donc l’arrivée du Paul Coffey à Hartford ne se fit pas sans heurts. La transaction eut même beaucoup de difficulté à se réaliser, puisque Coffey lui-même s’y opposa et la retarda de plusieurs jours, même plusieurs semaines, ce qui fait que Shanahan (dénudé de son ''C'' de capitaine) endossa l’uniforme des Whalers pendant deux autres matchs au début de 96-97, tandis que Coffey fut suspendu par les Red Wings. On parle même d’une rumeur comme quoi les Rangers de New York ont tenté de s’inviter au party dans une tentative d’échange à trois équipes pour faire débloquer cette transaction. Coffey aurait alors plutôt prit le chemin de New York en compagnie de Robert Kron tandis qu’Alex Kovalev aurait pris le chemin de Hartford tout comme Primeau. Bizarre d'imaginer Kovy en Whaler d'ailleurs... Shanahan aurait comme prévu prit le chemin de Detroit en plus d’un défenseur des Rangers inconnu. Mais au final, l'échange à seulement deux équipes aboutit finalement à une entente, également retardée par les négociations d'un nouveau contrat en Caroline pour Primeau. Au moment de la concrétisation de l’échange, le DG des Whalers Jim Rutherford déclara que si ces négociations avaient duré une journée de plus, il aurait annulé l’échange.
 
Au final, le Paul Coffey a finalement accepté de changer de nid et de se joindre aux Whalers, mais a rapidement fait savoir qu’il désirait être échangé de nouveau le plus rapidement possible. L’équipe le convainquit d’essayer d'y jouer quand même pour voir s’il allait aimer et vouloir peut-être rester, ce qu’il fit.

 

 
C’est donc durant ces quelques semaines de l’automne 1996 qu’on put brièvement admirer le Paul Coffey hartfordien. Malgré la splendeur du plumage bleu et vert des Whalers, on ne peut faire abstraction de l’étrange impression que cette apparition nous procure. Je crois que c’est causé à la fois par le léger sentiment d’anachronisme de le voir dans cette version du chandail plus moderne des Whalers et aussi par la mélancolie plus qu’apparente dans le visage du Coffey. Comme les Whalers en étaient à leur dernière année d’existence, ce sentiment de mélancolie est doublement actif pour l’observateur en revoyant ce superbe chandail malheureusement en voie d'extinction à l'époque. On se doit d'ailleurs de quand même apprécier l'effort des Hurricanes d'avoir ramené le Whaler dans le monde moderne même si ce ne sera jamais pareil...
 
Comme le nombre de matchs où il joua avec les Whalers est très moindre, le nombre d’images du Paul Coffey hartfordien est par conséquent assez limité. Difficile donc de le voir en meilleure posture ou avec une quelconque émotion apparente autre que le vague à l’âme, le marasme et le cafard… en plus de l'absence apparente du moindre semblant d'effort physique, probablement causé par le désir d'éviter une blessure et de garder sa valeur d'échange et quitter les contrées du Connecticut au plus vite...

 

 
 

 

Tout cela contraste évidemment de ses belles années à Edmonton, Pittsburgh ou Detroit...
 
 

Quoique... 
 
Il est vrai que le visage particulier du Paul Coffey a toujours ce petit air «stone» naturel alors difficile de vraiment juger...

Malgré tout, les Whalers de 1996-97 étaient une bonne petite équipe. Ils étaient même premiers de leur division au moment du départ de Coffey. Ils s’écroulèrent toutefois et perdirent du gallon en deuxième moitié de saison, mais ne ratèrent les séries que par très peu, terminant à 75 points, 2 points derrière Ottawa et Montréal pour les deux derniers rangs dans leur section. Avec un Paul Coffey motivé, qui sait s’ils ne les auraient pas atteintes ces séries.
 
Le Paul Coffey hartfordien était quand même un spécimen bavard. Il donna bien sûr aux journalistes les raisons de son mécontentement. Il évoqua qu’il avait bien joué le jeu de tenter le coup à Hartford mais qu’au final la situation ne lui convenait pas. En raison principalement de son âge (35 ans) il désirait se retrouver avec une équipe établie et avoir une autre chance de remporter la Coupe Stanley. Il lorgnait alors des équipes comme les Rangers (pour retrouver ses amis Messier et Gretzky) ou les Maple Leafs. Il annonça que non les Whalers n’étaient pas mauvais, mais qu’il n’obtiendrait pas beaucoup de points dans le style d’attaque conservateur de l’équipe, énonçant qu’il pourrait «continuer de jouer 10 ans de plus à se débarrasser de la rondelle de la sorte». Sa présence fut au départ bien accueillie dans l'enclos des Whalers en place, mais il devint éventuellement une distraction et une nuisance pour ses nouveaux coéquipiers qui s’accommodaient davantage de leur place à Hartford.

 
Oh! Un très rare début de risette ici pour le Paul Coffey hartfordien

 
Le seul match du Paul Coffey hartfordien contre Montréal, le 20 novembre 1996

 
 
C’est donc finalement le 15 décembre 1996 que le Paul Coffey changea de cap pour Philadelphie en compagnie d’un choix de 3e ronde, en retour de l’ancien du CH Kevin Haller, un choix de 1re ronde en 1997 (qui devint Scott Hannan) et un autre choix de 7e. Encore une fois, c’est Coffey qui se mêla des négociations alors qu’il aurait fait des pressions envers le capitaine Kevin Dineen pour que ce dernier aille directement parler au DG pour accélérer l’échange.
 
Au final, il n’aura joué que 20 matchs sur une possibilité de 29 avec les Whalers, ratant 9 matchs par son refus initial de se rapporter à l’équipe et différentes blessures ainsi que la grippe… Il n’obtint que 3 buts et 5 passes pour 8 points durant ce court séjour, très loin de sa cadence de l’année précédente à Detroit (74 points en 76 matchs). Son meilleur match fut contre le Canadien le 20 novembre 1996 où il obtint 1 but et 1 passe (match de la photo) et la première étoile de la rencontre. Avec les Flyers, il retrouva effectivement une équipe de premier plan et les aida même à se rendre en finale où ils perdirent contre… Brendan Shanahan, Scotty Bowman et les Red Wings.
 

Le Paul Coffey Philadelphien retrouva la joie de vivre dans son nouvel environnement

 
Pour sa part, Keith Primeau, le morceau principal obtenu par les Whalers en retour de Shanahan (car Coffey n’était je le rappelle qu’un bonus) énonça qu’il était aux anges à Hartford, lui qui était en froid avec ses patrons à Detroit. Il faisait d’ailleurs la grève au début de la saison en désirant un meilleur contrat et de plus grandes responsabilités offensives, tout ce qu’il obtint à Hartford et ensuite en Caroline.
 
Mais histoire de bien compléter mon rapport d'observation sur le Paul Coffey hartfordien, une seule chose échappait jusqu’ici à ma carrière d’observateur d’oiseaux de joueur, soit de voir le Paul Coffey hartfordien en vidéo. Jusque là, je n’avais vu que quelques clichés, cartes de hockey ou coupures de journaux mais jamais d’extraits vidéo. Les archives des Whalers ne sont pas légion et comme par malheur du destin, beaucoup des extraits de matchs de la saison 1996-97 des Whalers qu’on peut retrouver sur Youtube sont justement ceux que le Paul Coffey rata par blessure ou autre refus de jouer (ou après l’échange). 
 
Mais avec beaucoup de patience et d’attention, j’ai réussi à le repérer en mouvement dans cette archive VHS uploadée par une âme charitable sur Youtube. Et comble du bonheur, c’est contre les Red Wings! Les Whalers perdirent ce match 4-1 et Coffey termina la soirée sans points et une fiche de -1…
 
Pour terminer, je vous l’inclus ici et je vous laisse le plaisir de le trouver vous-même et de peut-être vous initier vous aussi à l’observation du Paul Coffey. Il y a en bonus un superbe but de la part d’un splendid spécimen de Geoff Sanderson. Si vous n'avez pas cette patience, vous pouvez aussi directement skipper à 4:11 et ensuite à 8:55 où vous pouvez l’apercevoir (très brièvement) au travers de ces extraits.




Wow. Avec cet item de ma bucketlist complété, je me dois de trouver de nouveaux défis... Peut-être devrais-je me mettre sur la piste du Paul Coffey Chicagolais, là où il n'a joué que 10 matchs, encore moins qu'à Hartford...

À suivre...



samedi 28 juillet 2018

Équipe All-Star des oubliettes #12 - Oilers d'Edmonton








Re-bienvenue à cette interminable série sur ces joueurs vedettes dont le passage avec une équipe a été largement oublié. On a droit aujourd'hui à une des mes équipes favorites, les Oilers, que j'aime célébrer en me remémorant leurs belles années mais aussi leurs années glauques et leurs nombreux problèmes de personnel...

Je vous rappelle rapidement la formule, il s’agit de la meilleure équipe de tous les temps de la franchise mais composée des joueurs vedettes les plus oubliés à avoir porté leur uniforme, que ce soit par la longueur du séjour (généralement en bas de 100 matchs) ou par oubli collectif. Il s’agit de choix très subjectifs, basés selon ma propre mémoire et parfois le terme “vedette” est assez subjectif également.

Allons-y donc.

ATTAQUANTS


Miroslav Satan
126 matchs (1995-97)

Un cas classique de projet avorté hâtivement. Choix de 5e ronde (111e au total) de l'équipe lors du repêchage de 1993, la future vedette des Sabres Miroslav Satan débuta avec l'équipe durant une des pires périodes de l'histoire de la franchise, une période que j'appelle les années ''lendemain de veille post-dynastie'' (voir texte du 16 avril 2017). Il eut des débuts prometteurs avec l'équipe lors de sa première saison professionnelle en 1994-95 dans la Ligue américaine avec les Oilers du Cap-Breton où il obtint 24 buts et 40 points en seulement 25 matchs. On espérait alors beaucoup de lui au sein de l'équipe en reconstruction.

Il débuta à Edmonton la saison suivante et il obtint somme toute une première saison correcte avec 18 buts et 35 points en 62 matchs. Glen Sather espérait qu'il se développe davantage la saison suivante mais son jeune joueur sembla plutôt régresser. Il obtint 17 buts et seulement 28 points à sa deuxième saison. Au même moment, plusieurs autres jeunes ailiers prirent leur place avec l'équipe (Ryan Smyth, Dean McAmmond, Kirk Maltby, Mariusz Czerkawski) et la situation contractuelle de Satan poussa Sather à prendre une décision. Voyant que son contrat allait prendre fin et contraint par le peu de budget disponible à Edmonton, Sather avait peur que Satan ne retourne jouer en Slovaquie et ainsi de le perdre pour rien. Il décida donc de l'échanger aux Sabres en retour de deux joueur marginaux; Craig Millar et Barrie Moore. 

Ces deux joueurs ne jouèrent qu'une quarantaine de matchs dans la LNH par la suite, tandis que Satan connut six saisons de 20 buts et plus (dont une de 40) avec les Sabres et joua plus de 1000 matchs dans la LNH jusqu'à sa retraite en 2010 alors qu'il jouait avec les Bruins.


Vincent Damphousse
80 matchs (1991-92)

On se souvient davantage de Vincent Damphousse avec les Oilers car il s'agissait d'un des meilleurs échanges de la carrière de Serge Savard avec le Canadien lorsqu'il envoya le très surestimé Shayne Corson (voir texte du 9 sept. 2015) en plus de Brent Gilchrist et Vladimir Vujtek aux Oilers en retour de Damphousse et d'un choix de 4e ronde en 1993 (Adam Wiesel, aucun match dans la LNH). 

Auparavant, Damphousse était un des meilleurs joueurs des Maple Leafs avec qui il joua de 1986 jusqu'en 1991 lorsqu'il fit partie de l'énorme échange avec les Oilers qui amena Glenn Anderson et le gardien Grant Fuhr dans la ville reine. Durant ce court séjour à Edmonton, Damphousse termina au premier rang des pointeurs de l'équipe (89 points) en plus de les aider à se rendre en finale de conférence, où ils perdirent en quatre parties contre Chicago. Ce furent les derniers bons moments de la franchise jusqu'à leur retour en séries en 1997.

Le séjour de Damphousse à Edmonton fut donc de très courte durée et est généralement oublié par les fans. Même si l'équipe était toujours compétitive à l'époque, les fans étaient blasés d'avoir vu autant de vedettes partir soudainement et ils ne s'étaient pas beaucoup attaché à ces nouveaux joueurs comme Damphousse. Cependant ils n'ont pas apprécié l'échange de Damphousse aux Canadiens, d'autant plus que Corson est généralement considéré comme l'un des pires capitaines de l'histoire de l'équipe (il occupa ce poste pendant à peine une saison). Au moins, le passage de Damphousse à Edmonton lui permit d'établir un record particulier alors qu'il termina premier marqueur de  trois équipes différentes lors de trois années consécutives. De plus, il améliora ses statistiques à chaque fois. Il obtint 73 points avec Toronto en 1990-91, 89 points à Edmonton en 1991-92 et ensuite 97 points à Montréal en 1992-93.


Adam Oates
60 matchs (2003-04)

Un des meilleurs passeurs de l'histoire, Adam Oates en était à ses derniers milles en 2002-03 lorsqu'il signa pour un an avec les Mighty Ducks d'Anaheim. Il les aida pourtant à se rendre en finale de la Coupe Stanley contre les Devils avec une récolte de 13 points en 21 matchs. Mais il était alors âgé de 41 ans et les Ducks déclinèrent la dernière année d'option du contrat de Oates.  Il redevint donc agent libre.  Il croyait alors sa carrière terminée et ne s’entraîna presque pas durant l'entre-saison. Après quelques semaines du début de la saison 2003-04, le directeur général Kevin Lowe passa toutefois un appel à Oates pour signer à Edmonton. Il était en manque d'un joueur de centre suite à la grève de Mike Comrie (voir texte du 15 février 2016), alors en pleine dispute contractuelle (il fut éventuellement échangé en décembre).

Oates mit du temps à se mettre en marche, ayant peu patiné auparavant et ayant raté le camp d’entraînement. Il n'obtint que 2 buts et 18 points en 60 matchs avec l'équipe. Toutefois les Oilers voyaient davantage en lui un mentor et un professeur envers les jeunes joueurs. Il aida entre autres quelques jeunes centres des Oilers comme Raffi Torres et Shawn Horcoff à s'améliorer au cercle des mises en jeu. Il se retira au dernier match de la saison alors que les Oilers ratèrent les séries de peu au dernier match seulement.

Il joua en tout pour 7 équipes de la LNH et fut intronisé au temple de la renommée en 2012.


Mentions honorables:
Geoff Courtnall (12 matchs 1987-88), Sergei Samsonov (19 matchs 2006), Petr Nedved (35 matchs 2003-04, 2006-07), Geoff Sanderson (41 matchs 2007-08), Erik Cole (63 matchs 2008-09), Mike Peca (71 matchs 2005-06), Garry Unger (75 matchs 1980-83), Petr Sykora (82 matchs 2006-07), Bernie Nicholls (95 matchs 1991-93), Mariusz Czerkawski (113 matchs 1995-97), Scott Mellanby (149 matchs 1991-93).

DÉFENSEURS

 
Reijo Ruotsalainen
16 matchs + 21 en séries (1987)
10 matchs + 22 en séries (1990)

Je n'avais que très peu d'options en défense et je ne voulais pas inclure un choix évident comme Chris Pronger car je crois que son séjour quoique court avec les Oilers, est demeuré très vif dans les souvenirs des fans, surtout ceux d'Edmonton. Je préfère plutôt parler d'un joueur cruellement oublié des années 80, le finlandais Reijo (prononcé Rexo) Ruotsalainen

Un des meilleurs patineurs de son époque, Ruotsalainen avait un style qui se comparait au grand Paul Coffey des Oilers. Choix de 6e ronde (115e au total) des Rangers en 1981, il débuta immédiatement avec l'équipe et devint leur meilleur défenseur, terminant d'ailleurs au premier rang des marqueurs de l'équipe en 1985. Cependant, il eut de la difficulté la saison suivante alors que les Rangers étaient en pleine tourmente avec leur nouvel entraineur Ted Sator. Ne voyant pas d'avenir à New York, il opta alors d'aller jouer à Berne en Suisse pour la saison 1986-87 et les Rangers refilèrent éventuellement ses droits aux Oilers dans un échange impliquant 7 joueurs. 

Alors que plusieurs défenseurs des Oilers furent blessés durant la saison (dont Paul Coffey), Glen Sather, toujours fan des joueurs finlandais, parvint à convaincre Ruotsalainen de revenir dans la LNH une fois la saison terminée en Suisse. Il fit donc partie de la troisième conquête de la Coupe Stanley des Oilers. Il obtint 13 points en 16 matchs en saison et 7 autres points durant les séries. 

Suite à ce beau retour en Amérique du nord, il avait toutefois l’œil sur les prochains Jeux Olympiques à Calgary. Il opta donc de jouer en Suède durant la saison afin de pouvoir être éligible à se joindre à l'équipe finlandaise, qui obtint éventuellement la médaille d'argent en 1988. Pendant ce temps, les Oilers décidèrent de le placer au ballottage et il fut alors réclamé par les Devils. Ruotsalainen joua une autre saison à Berne mais revint dans la LNH une fois de plus en 1989-90 avec les Devils. Espérant améliorer une fois de plus son club en vue des séries, Sather ramena Ruotsalainen à Edmonton en mars 1990 où il contribua davantage qu'en 1987. Il obtint 13 points en 22 matchs des séries et remporta une deuxième coupe Stanley, la dernière de la dynastie des Oilers. Il retourna ensuite jouer à Berne la saison suivante et prit sa retraite en 1998.

Durant son court passage (en deux parties) à Edmonton, il obtint également le surnom de ''Rental Rexi'' et il demeure toujours dans la mémoire de certains fans invétérés des Oilers. Son nom est parfois mentionné à la blague comme suggestion lorsque les Oilers ont besoin de renfort en défense (ce qui arrive souvent).


Reed Larson
10 matchs (1988)

Qui? Je vous ai dit que je n'avais pas beaucoup d'option en défense alors j'ai opté de rester dans l'obscur pour ce dernier poste de patineur et comme ça fait longtemps que j'ai envie de parler de Reed Larson et bien c'était l'occasion rêvée. Disons que c'est plus intéressant que de parler de Jaroslav Spacek...

Un des meilleurs défenseurs américains de tous les temps, Larson demeure cependant méconnu car il joua la plus grande partie de sa carrière au sein des ''Dead Wings'' de Detroit qui firent de lui leur choix de 2e ronde (22e au total) en 1976. En 10 ans à Detroit, il joua 708 matchs et obtint 188 buts et 570 points, ce qui pour un défenseur, même dans les années 80, est pas mal impressionnant. Il connut 5 saisons consécutives de 20 buts et plus et au passage il participa trois fois au match des étoiles. Il fut éventuellement échangé aux Bruins de Boston en 1986 et il y joua deux saisons suite à quoi son contrat ne fut pas renouvelé. 

Sans contrat pour la saison 1988-89, il subit un accident de voiture durant la saison morte, ce qui endommagea les nerfs dans son bras droit. Il obtint éventuellement un contrat avec les Oilers en septembre 1988 et obtint tout de même 9 points en seulement 10 matchs à Edmonton. Cependant, l'équipe décida de le laisser aller alors que son arme de prédilection, son lancer frappé de la ligne bleue, lui faisait défaut depuis son accident. De plus, il n'était pas le plus fiable défensivement. Il signa alors avec les Islanders.  Il joua une trentaine de matchs avec eux mais ils s'en départirent rapidement à leur tour, l'envoyant aux North Stars en mars 1989. 

Il tenta un autre retour la saison suivante avec les Sabres mais cette expérience ne dura qu'un match suite à quoi il s'exila en europe jusqu'à sa retraite en 1994. 


Mentions honorables:
Jiri Slegr (69 matchs 1994-96), Chris Pronger (80 matchs 2005-06), Fredrik Olausson (108 matchs 1993-96), Sheldon Souray (144 matchs 2007-10), Jaroslav Spacek (31 matchs 2006).


GARDIEN


Jacques Plante
31 matchs (1974-75)


Après avoir conclu sa carrière dans la LNH avec les Bruins de Boston après la saison 1972-73, le légendaire Jacques Plante devint le nouvel entraineur et directeur général des Nordiques de Québec dans l'AMH pour la saison 1973-74. Mais après cette seule saison où l'équipe rata les séries et où il fut réprimandé maintes fois par la direction, le malheureux ex-gardien démissionna de ses deux fonctions. Quelques jours plus tard, il annonça à la presse incrédule qu'il revenait au jeu comme gardien la saison suivante avec les Oilers d'Edmonton.

Les Oilers détenaient les droits sur Plante depuis sa retraite dans la LNH et l'annulation de son contrat comme entraîneur des Nordiques lui permit de signer officiellement avec eux. Il avait en fait planifié ce retour (dans le dos des dirigeants des Nordiques) depuis quelques mois déjà alors qu'il avait fait part de ses intentions au proprio des Oilers quelques semaines avant la fin de la saison. Il devint ainsi à 46 ans le plus vieux gardien de l'histoire du hockey professionnel et son contrat de 150 000$ fut le plus élevé de sa carrière. Il avait toujours la passion et excellait toujours à sa position, gagnant 8 de ses 9 premières parties avec les Oilers.

Cependant, s'estimant trop vieux pour les longs voyages, il obtint du proprio des Oilers le droit de jouer seulement les matchs à domicile, du moins pour la saison régulière. Pendant que ses coéquipiers étaient sur la route, il s’entraînait à Edmonton avec l'équipe junior des Oil Kings. Durant un de ces entraînements en décembre 1974, il fut atteint à la tête lors d'une collision avec un jeune joueur et il perdit connaissance. Il eut une blessure à l'oreille, ce qui affecta son équilibre par la suite. Il ne se rétablira jamais complètement de cette blessure et il ne put continuer sur sa belle lancée du début de la saison. Il joua 21 autres matchs, obtenant une fiche de 7-13-1. Il laissa d'ailleurs quelquefois sa place en plein match à cause de ses étourdissements. Il fut également blessé à la main à la fin de la saison.

Il décida toutefois de jouer une dernière saison en 1975-76, estimant que lorsqu'il est en santé, il est toujours performant. Il tomba toutefois dans les mauvaises grâces de son entraineur et de son proprio qui ne voyait plus en Plante le bon coup de publicité de l'année précédente. En plus d'avoir de plus en plus de difficulté à suivre le rythme lors du camp d’entraînement, il fut victime d'une tragédie lorsqu'il apprit que son fils Richard venait de mettre fin à ses jours à l'âge de 19 ans. Il quitta donc l'équipe pour retrouver sa famille mais revint toutefois finir le camp des Oilers la semaine suivante malgré qu'il était toujours secoué par ce deuil. Cependant, la direction des Oilers n'était pas très compatissante et Plante était de moins en moins désiré au sein de l'équipe qui avait engagé le cerbère Dave Dryden avant la saison.

Le dernier match professionnel de Plante eut lieu le 9 octobre 1975, un match hors-concours contre les Cowboys de Calgary la veille du début de la saison de l'AMH. Il y eut seulement 2000 spectateurs pour voir ce grand pionnier jouer son dernier match. Les Oilers pensèrent même à annuler ce match dû au peu d’intérêt au guichet et au fait que ce match n'avait pas grande importance. Les Cowboys refusèrent cependant. Plante joua deux périodes et alloua 3 buts sur 17 tirs. Il fut informé le lendemain qu'il n'y avait officiellement plus de place pour lui et il prit sa (troisième) retraite sans tambour ni trompette et partit vivre en Suisse avec son épouse. Il revint par la suite comme entraineur des gardiens pour plusieurs équipes dont les Flyers et le Canadien. Il mourut du cancer à Genève en 1986.


Mentions honorables:
Ilya Bryzgalov (20 matchs 2013-14), Bob Essensa (74 matchs 1996-99), Nikolai Khabibulin (117 matchs 2009-13),