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vendredi 14 octobre 2022

Les premiers marqueurs de 100 points

  

 

L'an dernier, on a été choyé au niveau des statistiques dans la LNH alors qu'il y a eu un certain boost offensif avec 8 joueurs ayant dépassé le plateau des 100 points en plus de 4 marqueurs de 50 buts et plus. La dernière fois où il y en a eu autant était en 1995-96 avec 12 joueurs dont Mario Lemieux au premier rang avec 161 points, et aussi la dernière saison de 100 points de Wayne Gretzky avec 102 points lors de sa dernière saison à Los Angeles avant d'être échangé en fin d'année à St.Louis.

Les marqueurs de 100 points étaient évidemment plus communs durant les années 70, 80 et 90. Mais qu'en était-il des décennies avant? Et bien il fallut attendre jusqu'à la saison 1968-69 pour voir un premier joueur récolter 100 points en une seule saison lorsque Phil Esposito des Bruins fut le premier à accomplir ce fait le 2 mars 1969 lors d'un match contre les Penguins. L'expansion de 1967 et le fait que la saison était alors montée à 76 matchs fit en sorte de faciliter la tâche à toute une pléiade de stars dans les années 70 et les autres subséquentes. Esposito termina sa saison avec un record de 126 points, tandis que deux vedettes de longues dates, Bobby Hull (107) et Gordie Howe (103), franchirent eux aussi ce plateau pour la première fois.


C'était la première et la seule saison de 100 points de Howe dans la LNH, malgré qu'il en obtint 2 autres dans l'AMH. Il a toutefois passé bien près de le faire bien avant tout le monde en 1952-53, alors qu'il avait terminé la saison à 95 points. En fait, bien des joueurs étaient passés proche dans le passé, dont Hull et son coéquipier Stan Mikita qui avaient autrefois connu des saisons de 97 points. Dickie Moore en a eu 96 en 1958-59 et Bernard Geoffrion en a aussi eu 95 en 1960-61. Mais après les années 60, la porte était désormais grande ouverte et on observa plus de 50 saisons de plus de 100 points uniquement durant les années 70 avec des joueurs devenus quelque peu obscurs depuis tels que Blaine Stoughton, Mike Rogers et Bob MacMillan.

En fait la vérité est que la LNH était plutôt en retard à ce niveau comparativement aux autres ligues professionnelles de l'époque. Je sais qu'on parle ici des mineures mais je vous présente aujourd'hui les véritables premiers marqueurs de 100 points avant la LNH. 

En fait, c'est juste un prétexte pour parler d'autres ligues car j'aime assez creuser dans les profondeurs de hockeydb et eliteprospects... 

On va y aller en ordre décroissant de tous ceux qui l'on fait en premier dans leur ligue respective avant Esposito et compagnie.


Central Hockey League (CHL)
Alain Caron et Jeannot Gilbert - 1963-64


On commence en force avec 2 québécois, tous les deux originaires du Saguenay-Lac-St-Jean en plus. 

Originellement une ligue de développement gérée par la LNH du nom de la Central Professionnal Hockey League (avant de se renommer sous le nom Central Hockey League en 1968), la CHL débuta ses activités en 1963-64. 

Un grand voyageur et une légende des ligues mineures, Alain Caron s'amena dans la CPHL avec les Braves de St.Louis, club affilié aux Black Hawks de Chicago, où il avait justement Phil Esposito comme coéquipier. Il explosa avec 77 buts et 48 passes pour 125 points. Il jouera ensuite pour plusieurs équipes, dont brièvement le Canadien (2 matchs) et les Seals d'Oakland, en plus de faire son tour dans plusieurs autres ligues comme la AHL, WHL et l'AMH dont 3 saisons avec les Nordiques. Il termina sa carrière en 1975-76 avec les fameux Jaros de la Beauce, avec qui il obtint 78 buts en une saison...

Pour sa part, Jeannot Gilbert était un adversaire de Caron avec les Bruins de Minneapolis et obtint de belles statistiques arrondies de 50 buts, 50 passes pour 100 points durant cette même saison 1963-64. Il joua plus tard pour les Bruins, longtemps pour les Bears de Hershey et finalement aussi les Nordiques, où il était coéquipier de Caron de 1973 à 1975.


Eastern Professional Hockey League (EPHL)
Orval Tessier (1959-60)


Avant la CPHL discuté plus haut, il y avait la EPHL qui fut la première ligue de développement opérée par la LNH. Cependant, on jugea que ses clubs évoluaient dans de trop petits marchés pour du hockey professionnel et la ligue fut dissoute en 1963, laissant la place à la CPHL l'année suivante.

Lors de sa première saison d'opération en 1959-60, on retrouva 5 marqueurs de plus de 100 points. Je vais me concentrer seulement sur Tessier ici mais je vous les liste ici quand même par souci de finition; Silvio Betto (101), Bob Courcy (102), Billy Carte (102), Tom McCarthy (108) et finalement le meneur, Orval Tessier avec 126 points. 

Largement reconnu pour son travail d'entraîneur, avec les Remparts de Québec et les Royals de Cornwall, en plus de quelques saisons comme entraîneur-chef des Blackhawks, Orval Tessier jouait alors pour les Frontenacs de Kingston. Cela lui valu d'être rappelé par les Bruins l'année suivante. Il joua un 32 matchs à Boston (fiche de 3-4-7) avant de revenir à Kingston l'année suivante et récolter un autre bon 114 points. Il termina sa carrière dans la EHL en connaissant une autre saison de 100 points (60-58-118) avec les fameux Comets de Clinton.

 

International Hockey League (IHL)
Leo Richard (1949-50)


 
Je croyais avoir un autre québécois à la liste mais finalement non, Leo Richard est plutôt originaire de Campbell's Bay en Ontario.

Ayant longtemps roulé sa bosse dans la AHL, EHL et USHL, Richard joignit les rangs des Mercurys de Toledo de la toute jeune IHL en 1947, alors que la ligue n'en était qu'à sa troisième saison d'existence et était alors davantage une ligue semi-pro que totalement professionnelle. En 1949-50, Richard termina premier pointeur de la ligue et le premier marqueur de 100 points de cette ligue avec une fiche de 47 buts et 61 passes pour 108 points.

Il joua ensuite pour différents clubs de la région de Toledo jusqu'à sa retraite en 1958.


United States Hockey League (USHL)
George "Bus" Agar (1947-48)


La USHL débuta ses activités en 1945 et avait pour but de faire revivre l'ancienne American Hockey Association (1926-1942) qui avait dû fermer ses portes durant la 2e guerre mondiale. Cette ligue dura jusqu'en 1951.

Le premier «100'er» (j'ai pas vraiment de meilleur terme) de la USHL fut George «Bus» Agar en 1947-48 qui termina avec 43 buts, 69 passes pour 112 points, le premier et le seul cette saison-là à franchir ce plateau. 

Je n'ai pas réussi à découvrir grand chose sur ce joueur. J'aurais aimé vous en dire plus sur son surnom «Bus» mais je m'avoue vaincu. Originaire de Saskatoon, il roula longtemps sa bosse dans tous les niveaux possibles de son époque. Il devint plus tard entraineur des Blades de Saskatoon dans les années 60.


American Hockey League (AHL)
Carl Liscombe et Cliff Simpson (1947-48)


On passe maintenant à la Ligue américaine où deux joueurs franchirent le plateau des 100 points pour la première fois de cette ligue en 1947-48. 

Le premier, Carl Liscombe avec 50 buts et 68 passes pour 118 poins, en 68 matchs avec les Reds de Providence. Liscombe était auparavant un joueur clé avec les Red Wings, jouant avec eux de 1937 à 1946. Il a même obtenu une saison de 73 points avec eux en 1943-44, ce qui le plaçait au 4e rang des compteurs de la ligue. Il gagna également la coupe avec Detroit en 1943 et la Coupe Calder en 1949 avec Providence.

Le deuxième était Cliff Simpson des Capitals d'Indianapolis avec qui il amassa 48 buts et 62 passes pour 110 points. Simpson était aussi un ancien des Red Wings, mais seulement durant l'espace de 8 matchs. Il termina sa carrière en 1952 avec les Flyers de St.Louis de cette même AHL.


Western Hockey League (WHL/PCHL)
Andy Clovechok (1945-46)


La Western Hockey League, à ne pas confondre avec l'actuelle ligue junior du même nom, fut créée en 1952 après que la Pacific Coast Hockey League ait simplement changé de nom. Les origines de la PCHL remontent à plus loin alors qu'elle avait existé sous 2 autres incarnations avant son retour sur la scène en 1944.

Andy Clovechok fut un membres inauguraux des premiers Canucks de Vancouver, équipe qui débuta dans la PCHL en 1945 et qui y évolua jusqu'en 1970 lors de l'arrivée de la LNH dans cette ville. Lors de cette première saison des Canucks, Clovechok, un fils d'immigrants originaires de Slovaquie, obtint 56 buts et 47 passes pour 103 points en 53 matchs. Il joua pour les Canucks jusqu'en 1947, suite à quoi il prit le chemin d'Edmonton pour jouer au niveau senoir et ensuite à Kamloops où il s'établit jusqu'à sa mort. Il fut membre de la direction des Blazers au niveau junior pendant de nombreuses années.


Eastern Hockey League (EHL)
Ab Collings (1939-40)


Et finalement, le premier marqueur de 100 points, du moins à ma connaissance, fut un certain Ab Collings dans la Eastern Hockey League. 

La longue histoire de la EHL débuta en 1933 alors qu'elle portait le nom de Eastern Amateur Hockey League. Elle changera pour Eastern Hockey League en 1954 après un arrêt d'une saison. C'est cette ligue qui est à l'origine des Jets de Johnstown et de plusieurs des histoires relatées dans Slap Shot. La ligue ferma ses portes en 1973 et se divisa en deux autres ligues, la North American Hockey League et la Southern Hockey League.

C'est donc (jusqu'à preuve du contraire) Ab Collings qui dépassa en premier le plateau des 100 points lorsqu'il obtint 42 buts et 59 passes pour 101 points lors de la saison 1939-40 avec les Rovers de New York. Collings gradua ensuite dans la AHL où il joua quelques saisons avant de finir sa carrière dans la PCHL en 1949.


Donc rendu à ce stade, je n'ai pas trouvé de traces d'un autre joueur ayant récolté 100 points avant Collings. Il faut dire que la plupart des ligues ne jouaient auparavant qu'entre 30 et 50 matchs par saison. La EHL venait d'ailleurs de passer de 52 à 61 matchs lors de cette saison 1939-40. Au même moment, la LNH ne jouait toujours que 48 matchs, la AHL 54 et l'AHA (American Hockey Association) oscillait aussi entre 48 et 52 matchs.

Donc sur ce, je dis bravo à Ab Collings ou du moins ses descendants...


dimanche 21 octobre 2018

Floyd Curry



Originaire de Chapleau, dans le nord de l’Ontario, Floyd Curry s’est retrouvé au sein d’une puissante équipe junior en 1941, les Generals d’Oshawa. En trois ans dans leur alignement, Curry participa à trois finales de la Coupe Memorial. Il dut toutefois attendre à sa troisième occasion, en 1944 contre les Smoke Eaters de Trail, avant de se retrouver du côté des gagnants.

Il fut alors remarqué par les Canadiens, mais l’année suivante, il joua plutôt pour une équipe de la Marine.

Il gradua ensuite avec le Royal de Montréal de la Ligue senior. Encore une fois, à sa deuxième et dernière année avec cette équipe, en 1947, Curry se mérita le titre, lorsque le Royal mit la main sur la Coupe Allan aux dépens des Stampeders de Calgary.

Curry put alors faire ses débuts dans la Ligue nationale, mais sans s’y établir complètement, puisque de 1947 à 1950, il vit de l’action autant avec les Canadiens qu’avec les Bisons de Buffalo de la Ligue américaine.

C’est finalement en 1950-51 qu’il fit sa place pour de bon à Montréal, un an avant que l’ailier droit au style défensif n’atteigne son sommet offensif de 20 buts en une saison. Il faut dire que ses statistiques ont bénéficié de sa superbe performance du 29 octobre 1951, alors qu’en deuxième période, il a réalisé son seul tour du chapeau en carrière. (Il a marqué un total de 105 buts en carrière.) Cette victoire de 6-1 contre les Rangers a la particularité d’avoir été obtenu en présence de la future Reine Elizabeth au Forum. Est-ce que la jeune princesse, que 500 000 personnes sont venues voir parader dans la ville plus tôt dans la journée, a servi d’inspiration à Curry? Par la suite, il n’a jamais compté plus de 16 buts en une saison, et sa production déclina.

La contribution du « Honest Blocker » a toutefois été reconnue par l’équipe vers la fin de sa carrière, le 14 mars 1957, lorsque s’est tenue à ce moment la « Soirée Floyd Curry ». Entre la première et la deuxième période d’un match contre les Leafs, on lui a remis une montre en or, des boutons de manchettes, une chaîne stéréo, un réfrigérateur, un séchoir électrique, des vélos pour ses enfants, une Oldsmobile de l’année (qui a dû être poussée par des joueurs des Leafs parce qu’elle glissait sur la glace…) et une provision d’un an de pizzas et de sardines!


En tout, Curry a passé huit saisons complètes avec les Canadiens et à chaque occasion, l’équipe a atteint la finale. Parmi celles-ci, Curry a pu mettre la main sur la Coupe Stanley en 1953, 1956, 1957 et 1958. Encore une fois, Curry a quitté son équipe en remportant un championnat. Il a donc été là pour les trois premières des cinq Coupes consécutives, mais il rata les deux dernières, puisqu’en refusant d’être échangé, il fut plutôt relégué au Royal. Il profita toutefois de cette situation pour amorcer sa deuxième carrière, puisqu’il fut nommé joueur-entraîneur. L’année suivante, il accrocha ses patins mais derrière le banc, il mena son équipe au championnat de la EPHL (Eastern Professional Hockey League), qui se mérita le Trophée Tom Foley.

Curry fut également derrière le banc du Royal pour sa dernière année d’existence, avant de se retrouver à Québec comme entraîneur des As. À ce moment, le club de la vieille capitale dans la Ligue américaine était affilié aux Canadiens.

Il fut à Québec pendant trois ans, mais il demeura à l’emploi des Canadiens dans une multitude de postes pendant 40 ans. Il fut assigné aux ventes, secrétaire de voyages, entraîneur du club école à Cleveland, puis à Montréal, avant de devenir assistant du directeur-gérant Sam Pollock, puis directeur du recrutement. Dans ces fonctions, il reçut donc une bague de la Coupe Stanley en 1969, 1973, 1976, 1977, 1978 et 1979. En ajoutant les quatre titres qu’il a obtenus comme joueur, Curry a donc fait partie de dix équipes championnes de la Coupe Stanley, une de la Coupe Memorial, une de la Coupe Allan et une de la EPHL. Pas si mal pour quelqu’un qui a été dans l’ombre plus souvent qu’autrement!

Après s’être occupé de son ancien entraîneur Toe Blake alors qu’il souffrait d’Alzheimer, Floyd Curry fut plus tard affligé de la même maladie. Il est décédé en 2006 à l’âge de 81 ans.


Sources :
McNeil, David, In the Pressure of the Moment, Remembering Gerry McNeil, Midtown Press, 2016, p. 135, 227,

“City Gives Elizabeth and Philip Greatest Welcome in Canada As 500,000 Line 12-Mile Route” de Brian Moore, 30 octobre 1951, Montreal Gazette, page 1, “Royal Couple Watches Canadiens Hand New York Rangers 6 to 1 Defeat”. 30 octobre 1951, Montreal Gazette, page 23, “Canadiens Regain Second Place Beating Leafs 8-4” de Pat Curran, 15 mars 1957, Montreal Gazette, page 27, “Canadien seul en 2e place” de Phil Séguin, 15 mars 1957, La Patrie, page 24, “Montreal Grey-Flannel Hockey Cartel” de Trent Frayne, 3 décembre 1960, MacLean’s (archive.macleans.ca), wikipedia.org.

mercredi 18 mai 2016

Le hockey à St. Louis






J'aime bien retracer l'historique des équipes de hockey de certaines villes et pas seulement leurs équipes de la LNH. L'autre jour j'ai parlé des équipes de Dallas avant l'arrivée des Stars (voir texte du 30 avril 2016) et maintenant passons à une autre ville dont l'équipe est présentement toujours en séries, St. Louis au Missouri.


St.Louis Flyers (AHA-AHL)
1928-1942, 1944-1953


La première équipe de hockey professionnel de la ville de St. Louis débuta ses activités en 1928 dans la American Hockey Association (AHA). Les Flyers furent une des meilleures équipes de l'histoire de cette ligue, remportant le championnat de la AHA à 6 reprises entre 1933 et 1941. Les Flyers portaient à l'époque un chandail similaire au design des Americans de New York. La AHA suspendit ses opérations en 1942 et revint après la 2e guerre mondiale sous le nom de la USHL en 1945. Les Flyers retournèrent également à l'action mais un an plus tôt et cette fois-ci dans la Ligue Américaine (AHL) devenant la première (et jusqu'à ce jour la seule) équipe de St. Louis à évoluer dans la AHL. Durant leur existence, les Flyers furent également un des clubs affiliés aux Black Hawks de Chicago et aussi des Red Wings de Détroit.


Les Flyers avaient selon moi un des
meilleurs logos de hockey de l'histoire


La version AHL des Flyers ne connut pas autant de succès que celle de la AHA, ratant les séries 7 fois en 9 ans mais l'équipe avait toujours un bon soutien de la part des citoyens de St. Louis et attirait de bonnes foules. L'équipe cessa toutefois ses activités après la saison 1952-53. Un des meilleurs joueurs de l'histoire des Flyers est un joueur dont le nom est un des plus particuliers de l'histoire du hockey. Cliff "Fido" Purpur fut une des grandes vedettes du hockey à St.Louis, jouant pour les Flyers dans la AHA/AHL et également avec les Eagles en 1934-35. Il récolta en tout 300 points en 323 matchs avec les Flyers.


St. Louis Eagles (NHL)
1934-35


La première équipe de la LNH à St. Louis ne furent pas les Blues mais bien les Eagles qui n'évoluèrent qu'une seule saison soit en 1934-35. L'origine du club remonte à 1883 alors qu'il s'agissait en fait des Senators d'Ottawa aussi connus sous le nom du Ottawa Hockey Club et des Silver Seven d'Ottawa. Les premiers Senators étaient un des meilleurs clubs des premiers temps du hockey amateur et professionnel, remportant 11 fois la coupe Stanley. Mais ce club de petit marché avait peine à compétitionner financièrement à partir des années 20 et prit même une année de pause en 1931-32. Après leur retour la saison suivante et suite à de nouvelles difficultés financières, l'équipe dut vendre ses meilleurs joueurs pour survivre et les dirigeants des Senators durent se résigner sur leur avenir à Ottawa et optèrent de déménager dans un plus gros marché en 1934. La nouvelle équipe se renomma sous le nom des Eagles, en partie inspirée du logo de la brasserie locale Anheuser-Bush, cette brasserie à l'origine de la bière Budweiser.

Les débuts des Eagles furent controversés à St.Louis alors que les Flyers protestèrent leur arrivée auprès de la ligue. Ils prétendaient avoir un accord avec la LNH qui interdisait la venue d'une équipe de la LNH à l'ouest du Mississippi et ils menacèrent de poursuivre la grande ligue. Le président de la AHA intervint auprès des Flyers et les Eagles durent se résigner à occuper un autre aréna et laisser le plus grand St.Louis Arena aux Eagles.

Les Eagles ne firent pas long feu dans la LNH et les Flyers retrouvèrent leur aréna la saison suivante et on dut attendre plus de 30 ans avant de revoir la LNH à St.Louis. Pour plus d'information sur les Eagles, Martin a déjà écrit un article à leur sujet sur 25Stanley que vous pouvez lire ici.


St. Louis Braves (EPHL-CHL)
1962-1967


L'origine des Braves remonte à 1959 alors que le club était connu sous le nom des Thunderbirds de Sault. Ste-Marie et évoluait dans la Eastern Professionnal Hockey League (EPHL), une ligue sponsorisée par la LNH dont la mission était de développer des joueurs exclusivement pour la grande ligue. Il s'agissait de la même ligue où évoluaient les Royaux de Montréal, le club-affilié au CH à l'époque. Pour leur part, les Thunderbirds étaient affiliés aux Black Hawks de Chicago mais déménagèrent à Syracuse (NY) en 1962. L'équipe changea de nom pour les Braves mais ne resta pas longtemps à Syracuse, déménageant plutôt à St.Louis lors de la mi-saison en 1962-63. La EPHL cessa ses opérations à la fin de cette saison mais lors de la saison suivante, la LNH créa la Central Hockey League (CHL) qui avait la même mission que la EPHL. Les Braves (et les autres clubs de la EPHL) furent donc transférés dans la nouvelle ligue en 1963 et évoluèrent à St.Louis jusqu'en 1967 lors de l'arrivée des Blues. L'équipe fut transférée à Dallas (voir texte du 30 avril 2016) par la suite.

Durant leur courte existence, les Braves développèrent tout de même quelques joueurs de renom pour les Black Hawks dont Wayne Maki, Pat Stapleton, Dennis Hull et Dave Dryden (le frère de l'autre). Cependant, le joueur le plus célèbre à avoir joué pour les Braves fut le légendaire Phil Esposito qui débuta sa carrière avec les Thunderbirds en 1962 et joua ensuite à Syracuse et St.Louis avant de faire ses débuts avec les Black Hawks en 1964. C'est bien sûr suite à son échange aux Bruins de Boston (un des pires échanges de l'histoire) qu'il laissa sa marque dans l'histoire du hockey.


Blues de St.Louis (NHL)
1967 -


Les Braves laissèrent donc le champ libre pour le retour de la LNH à St. Louis en 1967 et les Blues y évoluent toujours jusqu'à maintenant malgré quelques périodes instables. Je n'élaborerai pas davantage sur les Blues, je préfère parler des équipes plus obscures de cette ville. Pour en savoir davantage sur l'histoire des Blues, voici quelques liens vers d'anciens articles:

La naissance des Blues
L’absence des Blues au repêchage de 1983
Les Capitaines: St.Louis
Le premier chandail des Blues de St.Louis


St. Louis Vipers (RHI)
1992-1999


Suite à la venue des Blues en 1967, aucune équipe professionnelle ne joua à St.Louis si ce n'est que quelques équipe semi-pro obscures dans les années 70. En 1992 on vit toutefois apparaître une nouvelle ligue, la Roller Hockey International qui essaya de capitaliser sur la popularité des patins à roues alignées. Les Vipers furent une des équipes fondatrices de la ligue en 1992 et restèrent en place jusqu'à la fin des opérations de la RHI en 1999, terminant même au sommet en tant que les derniers champions de la Murphy Cup (en l'honneur du fondateur de la RHI et ancien dirigeant de la WHA Dennis Murphy). Le gamin de 11 ans que j'étais en 1993 aimait bien le Roller Hockey et je n'ai presque aucune honte à l'avouer. Je devrais y consacrer un article futur.

Quelques joueurs des Vipers avaient auparavant joué dans la LNH dont les plus connus furent Greg Paslawski, Doug Evans et Perry Turnbull. Malade.


St. Louis Sting (NAHL)
1996-2001


Histoire de ne rien laisser traîner et de ratisser davantage les fonds de tiroirs, voici une autre équipe de St. Louis, le Sting, qui évolua dans la North American Hockey League de 1996 à 2001. Au départ je croyais qu'il s'agissait de la LNAH dont l'acronyme est le même en anglais. Je trouvais bizarre qu'une équipe de la LNAH ait évolué au Missouri mais il en était bien sûr autrement. Cette NAHL est en fait une ligue Junior A des États-Unis qui est d'ailleurs la plus vieille ligue junior américaine toujours active, étant en place depuis 1975. Le Sting pour sa part n'y évolua que 5 saisons avant de déménager à Springfield (toujous au Missouri) en 2001. Trois joueurs du Sting ont réussi à se rendre dans la LNH; Cam Janssen, David Moss ainsi que Yan Stastny. Ce dernier y commença sa carrière junior en 1999, probablement suite au séjour de son célèbre père Peter dans la même ville où il termina sa carrière en 1995. Yan joua plus tard d'ailleurs aussi pour les Blues de 2007 à 2010. Rick Zombo, également un ancien joueur des Blues, occupa le poste d’entraîneur avec le Sting durant trois saisons.


St. Louis Bandits (NAHL)
2006-2012


La NAHL revint à St. Louis en 2006 sous la forme des Bandits de St.Louis. Le premier entraineur de l'équipe fut d'ailleurs Jon Cooper, l'actuel entraineur du Lightning. L'ancien défenseur des Blues et des Nordiques, Jeff Brown, fut également leur entraineur lors des dernières années des Bandits qui cessèrent leurs activités en 2012 après avoir remporté le championnat de la NAHL. Patrick Maroon (Oilers), Keith Kinkaid (Devils) et Chris Wideman (Senators) sont quelques-uns des joueurs des Bandits à s'être taillé une place dans la LNH.

En terminant, une autre équipe junior américaine, les Heartland Eagles, évolua également à St. Louis, cette fois dans la USHL le temps d'une seule saison en 2003-04.



Sources:
St.Louis Game Time
25Stanley
Wikipedia
Hockeydb

samedi 8 août 2015

Historique des club-écoles du CH - 2ème partie




Voici la deuxième partie de la série sur les club-écoles du Canadien de Montréal durant les dernières décennies. Nous couvrirons maintenant un période couvrant 20 ans, soit de 1956 à 1976. Pour chaque équipe rencontrée en chemin on retrouve une photo, un petit historique et une liste partielle des joueurs les plus connus à avoir joué pour l'équipe durant la période où elle était associée au Canadien. Certains des joueurs les plus connus ont déjà eu un article à leur sujet sur ce blogue et ont un lien cliquable pour le lire.

Americans de Rochester - 1956-1960 (AHL)

Après deux saisons sans équipe affiliée dans la AHL, les Canadiens s'associèrent à la nouvelle équipe des Americans de Rochester pour la saison 1956-57 de nouveau en partenariat avec les Maple Leafs. Les Americans sont depuis une des meilleures équipes de la ligue américaine et la 4ème plus vieille équipe de la ligue. Ils ne remportèrent toutefois pas de championnat durant leur association avec Montréal. Les Maple Leafs rachetèrent les parts des Canadiens dans l'équipe en 1960.

Joueurs les plus connus: Charlie Hodge, Ralph Backstrom, Gerry McNeil, Ken Mosdell, Jean-Claude Tremblay, Bobby Rousseau, Gilles Tremblay ainsi que plusieurs autres avec les Maple Leafs.

Spokes/Comets de Spokane - 1958-1961 (WHL)

Pour la première fois de son histoire, le Canadien eut un club-école dans le nord-ouest nord-américain. Les Spokes/Comets de Spokane (dans l'état de Washington) furent une équipe éphémère de la WHL qui exista de 1958 à 1963. Avant les Comets, les clubs-écoles les plus éloignés de Montréal furent les Warriors de Winnipeg et les Texans de Dallas. Ils débutèrent leur existence sous le nom des Spokes avant de changer pour les Comets après une saison. Peu d'informations à leur sujet et aucun championnat durant leur courte histoire. Ils déménagèrent à Denver en 1963.

Joueurs les plus connus: Cesare Maniago, Gilles Boisvert, Don Cherry
 

Canadiens de Hull-Ottawa - 1959-1963 (EPHL)

En 1959, une nouvelle ligue fut crée sous le nom de la Eastern Professional Hockey League (EPHL). La EPHL était la première ligue exclusivement dédiée au développement des joueurs de la LNH et était sous le contrôle total de la grande ligue. Les Royaux de Montréal en firent également partie après leur départ de la ligue du Quebec. L'expérience de cette nouvelle ligue ne fut pas un succès sur le plan financier et la ligue termina ses opérations rapidement en 1962 mais les Canadiens de Hull-Ottawa furent un succès au niveau purement hockey, en remportant deux championnats et en accomplissant leur mission principale de développer plusieurs bons joueurs pour les Canadiens.

Joueurs les plus connus: Bobby Rousseau, Gilles Tremblay, Jean-Claude Tremblay, Jacques Laperrière, Barclay Plager et Red Berenson (légendes des Blues), André Boudrias (légende des Canucks), Cesare Maniago, Terry Harper, Claude Larose.

Barons de Cleveland - 1960-61, 1963-64, 1967-1969 (AHL)

La première incarnation des Barons de Cleveland fut pendant longtemps la franchise la plus victorieuse de la ligue Américaine durant leur existence de 1937 à 1973, remportant 9 fois la coupe Calder. Ce record fut toutefois éclipsé en 2009 lorsque les Bears de Hershey remportèrent leur 10ème titre. L'origine de l'équipe remonte à 1929 alors qu'elle se nommait les Indians et évoluait dans la IHL. Elle changea de nom pour les Falcons en 1934 et finalement les Barons en 1937. Ils furent l'équipe affiliée des Canadiens à trois reprises durant les années 60, remportant d'ailleurs leur dernière coupe Calder en 1964 sous la tutelle des Canadiens. En 1972, le propriétaire des Barons devint également propriétaire des Crusaders de Cleveland dans la nouvelle ligue de l'AMH et décida après une saison que les deux équipes ne pouvaient pas coexister. Les Barons déménagèrent à Jacksonville après la saison 72-73. Trois ans plus tard, les Golden Seals de Californie de la LNH déménagèrent à Cleveland, ce qui causa le départ des Crusaders et le retour éphémère des Barons (version LNH) de 1976 à 1978. Une autre équipe sous ce nom exista dans la AHL de 2001 à 2006.

Joueurs les plus connus: Jim Roberts, John Ferguson, Bill Masterton, Bill Hicke, Pierre Bouchard.

Les As de Québec - 1962-1967 (AHL)

Les As de Québec étaient originalement une équipe amateur qui gagna notamment la coupe Allan en 1944. L'équipe est surtout reconnue pour le passage du grand Jean Beliveau avec l'équipe de 1951 à 1953 alors que l'équipe jouait dans la Ligue Senior du Quebec. Elle joignit les rangs de la ligue américaine en 1959 et fut le club-école du Canadien de 1962 à 1967 et ensuite des Flyers de 1967 à 1971, période durant laquelle les As développèrent plusieurs joueurs québécois durant les premières saisons des Flyers. Les Flyers décidèrent toutefois de déménager le club-école à Richmond en Virginie pour la saison 1971-72. Ancien texte de Martin sur 25Stanley.

Joueurs les plus connus: Dollard St. Laurent (en fin de carrière), Doug Harvey, Gump Worsley, Yvan Cournoyer (7 matchs), Jacques Lemaire (1 match), et plusieurs autres pour les Flyers par la suite.

Knights de Omaha - 1963-65 (CHL)

Originalement membres de la IHL de 1959 à 1963, les Knights de Omaha firent le saut dans la nouvelle ligue de la Central Hockey League (CHL) en 1963. La CHL avait originalement la même mission de développement exclusif que la défunte EPHL qu'on a vu plus haut à l'époque des Canadiens de Hull-Ottawa. Ils remportèrent la coupe Adams en 1964 sous la tutelle des Canadiens. Leur aréna, le Ak-Sar-Ben Coliseum dut être rénové en 1965 et le CH déménagea le club à Houston au Texas. Une autre équipe du même nom débuta la saison suivante à Omaha après les rénovations. Ils cessèrent toutefois leurs activités en 1975 après avoir remporté 3 autres coupes Adams en 1970, 71 et 73.

Joueurs les plus connus: Claude Larose, Cesare Maniago, Jim Roberts, André Boudrias, Barclay Plager.


Apollos de Houston - 1965-1969 (CHL)

Pour la première fois depuis les Texans de Dallas, un club-école du Canadien fut nommé au Texas, cette fois-ci à Houston. Après que les Knights durent quitter Omaha, les Canadiens envoyèrent donc leurs prospects à la nouvelle équipe des Apollos de Houston. L'expérience au Texas fut encore une fois un échec pour Montréal. Les coûts de transport, le manque de temps pour l'entrainement et de pauvres résultats au guichet forcèrent les Canadiens à déménager leur club-école après la saison 68-69. Les Apollos disparurent donc de la CHL en 1969 mais une autre version de l'équipe fut crée en 1979 suite à la disparition des Aeros de Houston dans l'AMH. Les nouveaux Apollos revinrent donc dans la CHL mais ce fut de courte durée. Ils cessèrent définitivement leurs opérations durant la saison 80-81.

Joueurs les plus connus: André Boudrias, le futur arbitre Bill McCreary, Jacques Lemaire, Serge Savard (photo), Rogatien Vachon, Carol Vadnais, Tony Esposito, Guy Lapointe (photo).


Mohawks de Muskegon - 1967-1973 (IHL)


Les Mohawks de Muskegon débutèrent leurs activités dans la IHL en 1960 sous le nom des Zephyrs de Muskegon (au Michigan). Ils se renommèrent les Mohawks en 1965, deux ans avant leur association avec les Canadiens en 1967. C'était la première association de Montréal avec une équipe de cette ligue depuis sa création en 1945. L'équipe était compétitive durant cette période, remportant le championnat en 1968 et terminant souvent en première place de la ligue. L'association avec Montréal dura jusqu'en 1973. L'équipe changea une autre fois de nom en 1984 pour devenir les Lumberjacks, nom qu'ils portèrent jusqu'en 1992. L'équipe fut déménagée à Cleveland mais garda le nom des Lumberjacks.

Joueurs les plus connus: André Pronovost (en fin de carrière), Chico Resch.


Voyageurs de Montréal/Nouvelle-Écosse - 1969-1984 (AHL)

La plus longue association entre le CH et un club école, les Voyageurs déménagèrent de ville et de ligue en 1969 lorsque l'expérience des Apollos de Houston fut soldée par un échec. La nouvelle équipe des Voyageurs évolua désormais à Montréal dans la ligue américaine durant deux saisons (1969 à 1971) et déménagea par la suite à Halifax, son domicile jusqu'en 1984. Ils furent la première équipe de la ligue américaine située dans les provinces atlantiques. L'équipe fut un succès sur la glace, gagnant trois coupes Calder (1972, 1976 et 1977) et ne ratèrent jamais les séries durant leur existence. À noter aussi que les Voyageurs furent aussi partagés par les Flames d'Atlanta en 1975-76 et les Nordiques en 1980-81.

Joueurs les plus connus: Réjean Houle, Guy Lapointe, Pete Mahovlich, Guy Carbonneau, Yvon Lambert, Mike McPhee, Larry Robinson, Keith Acton, Mario Tremblay, Pierre Mondou, Rod Langway, Brian Skrudland.


Salt Lake Golden Eagles - 1969-70 (WHL)

En plus des Voyageurs et des Mohawks, les Canadiens avaient une troisième équipe affiliée durant la saison 1969-70, les Golden Eagles de Salt Lake dans la WHL. Les Golden Eagles évoluèrent dans trois ligues durant leur existence. Ils débutèrent dans la WHL de 1969 à 1974, dans la CHL de 1974 à 1984 et finalement dans la IHL de 1984 à 1994. Ils devinrent par la suite les Vipers de Détroit jusqu'à la fin de la IHL en 2001. Peu de choses à dire sur la courte époque où ils étaient affiliés au Canadien. Ils était également affiliés aux Bruins durant la même saison.

Joueurs les plus connus: Elmer Vasko (Chicago), Ernie Hicke (joueur vagabond)


Jaros de la Beauce - 1975-1976 (NAHL)

En terminant, je n'élaborerai pas trop sur les fameux Jaros de la Beauce car Martin en a déjà parlé dans unarticle plus complet et leur page Wikipedia est aussi très complète. En résumé, les Jaros jouait dans la North American Hockey League (NAHL), la ligue qui inspira en partie le film Slapshot. Les Jaros étaient supposément un des clubs affiliés aux Oilers et au Canadiens durant leur saison et demie d'existence. Ils terminèrent leurs opérations durant la saison 76-77.

Joueurs les plus connus: ouf… euh… Alain Caron, Bruce Bullock… et Wally Weir ?



Conclusion bientôt dans la 3ème partie.