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mercredi 31 décembre 2025

Lionel Bouvrette

 

Originaire de Hawkesbury, Lionel Bouvrette alla poursuivre ses études à Montréal, dans le but d’éventuellement devenir ingénieur. Son chemin a toutefois bifurqué vers le hockey. Sur la liste de négociation des Canadiens, il se retrouva avec les As de Québec de la ligue senior en 1941, tout en travaillant pour le gouvernement du Québec. 

En 1942-43, après une autre saison avec les As, Bouvrette se retrouva au cœur d’une situation particulière. 


 

Après avoir terminé premiers l’année précédente, les Rangers perdirent plusieurs joueurs au recrutement, incluant leur gardien, ″Sugar″ Jim Henry, qui s’était joint à l’armée. Pris au dépourvu, ils se rabattirent sur Steve Buzinski, avec des résultats catastrophiques. On utilisa donc le vétéran Bill Beveridge et le réserviste Jimmy Franks. 

Pour le dernier match de l’année, les Rangers étaient largués depuis longtemps et étaient assurés de terminer derniers. Ils affrontaient les Canadiens au Forum, alors que ceux-ci étaient à un point des Black Hawks et de la dernière place donnant accès aux séries. 

De leur côté, ces mêmes Hawks devaient jouer leur dernier match contre les Red Wings, qui n’avaient rien à gagner, puisqu’ils étaient assurés de terminer en première place. Petit détail, les Wings appartenaient à James E. Norris, qui détenait aussi le Chicago Stadium. Est-ce que Détroit pourrait lever le pied pour permettre aux Hawks de jouer plus de matchs au Chicago Stadium, qui appartenait aussi à leur propriétaire? 

Pour en rajouter une couche, Jimmy Franks était blessé et les Blueshirts demandèrent donc aux Canadiens de leur prêter un gardien, Lionel Bouvrette. Pour ses débuts dans la grande ligue, Bouvrette pouvait donc, en s’illustrant, éliminer l’équipe qui détenait ses droits.  

En cette période où il était fréquent qu'un même gardien joue tous les matchs, Bouvrette devenait le quatrième à garder la cage des Rangers, ce qui était extrêmement rare.  (Certaines sources évoquent même un record pour l'époque.)  Chose certaine, la situation devant le filet avait fortement contribué à leur déchéance. 

Finalement, l’honneur a été sauf. Bouvrette, bombardé par l’adversaire, a connu un fort match, mais Elmer Lach a eu un match de 3 points, alors que Joe Benoit, Buddy O'Connor, Toe Blake et Gordie Drillon en ont obtenu 2 chacun. Montréal l’a emporté 6-3 et ainsi, Bouvrette n'a pas contrecarré les plans de l'équipe à laquelle il appartenait. 

Il restait donc à régler le match entre les Wings de James Norris et les Black Hawks qui jouaient au Chicago Stadium de James Norris. Après le match, les spectateurs demeurèrent au Forum pour suivre les résultats de l’autre partie. (À cette époque, obtenir les résultats des autres confrontations n'était pas aussi facile qu'aujourd'hui.)  C’est finalement Détroit qui l’a emporté 6-5 et Montréal a accédé au ″détail″ comme on disait à l’époque. 

Ce fut toutefois le seul match de Bouvrette dans la LNH. S’il a apparu sur la liste de négociation des Canadiens pendant plusieurs années, il n’a jamais pu s’entendre avec eux. À un moment, le directeur-gérant Tommy Gorman lui a offert 1800$ pour 3 ans, mais Bouvrette en demandait 3000$. Gorman lui demanda alors s’il voulait acheter le Forum. 

Il eut aussi des offres de Toronto, Détroit et des Rangers, mais il préféra demeurer à Québec, alors que de 1942 à 1948, il travaillait aussi comme gérant du personnel à la Morton Engineering. Ceci ne l’empêcha pas en 1943-44 d’aider les As à remporter la Coupe Allan, en plus de se mériter le Trophée Byng de Vimy, remis au meilleur joueur de la ligue, en plus de toucher un salaire de 1300$. 

Bouvrette s’aligna avec les As jusqu’en 1947, après quoi il joua différents rôles dans la communauté, comme par exemple entraîneur de hockey junior, organisateur d’un tournoi de curling et président du club Kiwanis local. 

Il a ensuite déménagé à Dorval à la fin des années 1960. 

Il est décédé en 2000 à l’âge de 85 ans. 

Sources : 

″Le Canadien clôture sa saison contre les Rangers ce soir″, 18 mars 1943, La Presse, page 22, 

″La saison régulière des Canadiens prendra fin ce soir avec une joute très importante″, 18 mars 1943, Montréal-Matin, page 14, 

″Le Canadien termine en 4e place et prendra part au détail″, 19 mars 1943, La Presse, page 20,

″Canadien bat les Rangers 6 à 3 et demeure en lice dans la N.H.L.″, PC, 19 mars 1943, Le Soleil, page 13, 

″Lionel Bouvrette et le Baronet″ de Jacques Arteau, 7 mars 1958, Le Soleil, page 17, 

″Lionel Bouvrette aurait joué dans la LNH avec le Canadien″, 4 janvier 1969, Le Soleil, page 25.

 

mardi 28 mars 2023

Stock volé à vendre #15 : La Filière Québécoise des Flyers

Peu de temps après le début de l'aventure "La Vie Est Une Puck", Martin est devenu chroniqueur pour le défunt site 25stanley.com, avec sa "Chronique Vintage". Bien qu'on croyait ces textes perdus à jamais, la magie d'Internet (et beaucoup de patience …) nous a permis d'en retrouver la majorité. Au cours des prochaines semaines / mois, nous en ressortirons quelques-uns des boules à mites, pour votre plus grand plaisir. 

Originalement publié le 25 décembre 2011

Bien avant le Lightning de Tampa Bay ou les Penguins de Pittsburgh, d’autres équipes se sont muni d’un noyau de joueurs québécois comme partie importante de leur alignement et de leur succès. La plus célèbre d’entre-elles fut certainement les Sabres de Buffalo des années 70. Elle a peut-être été la plus exemplaire avec sa légendaire French Connection, menée par l’un des joueurs québécois les plus élégants de tous les temps, Gilbert Perreault. Mais le mérite d’avoir misé sur un style de hockey « canadien-français » afin de bâtir son équipe revient aux adversaires du Canadien de ce soir, les Flyers de Philadelphie… Elle prend ses racines dans l'une des équipes de hockey québécoise les plus célèbres de tous les temps, les As de Québec.

Les As de Québec furent fondés dans les années 20 à titre d’équipe senior, ce qui veut dire que les joueurs qui évoluaient avec l’équipe devaient travailler pour vivre mais évoluaient dans une ligue très bien organisée. La plupart du temps, au Québec, les équipes étaient la propriété d’usines à papier ou d’autres industries et les joueurs travaillaient plus ou moins à temps partiel afin de subvenir à leur besoins. D’ailleurs, les As furent fondés par la Anglo-Canadian Pulp and Paper et le nom ACES était un acronyme pour Anglo-Canadian Employees. On a francisé le nom par la suite mais les deux noms se disent. À l’époque, l’argent parlait anglais, que voulez-vous…

Les As de Québec, champions de la Coupe Allan de 1945

Même à l’époque où Jean Béliveau évoluait avec les As de Québec, c’était de cette manière que fonctionnait les équipes de hockey senior au Québec, d’ailleurs fort populaires. Ce n’est qu’une clause dans le contrat d’un seul joueur qui fit basculer toute la patente et pour ce joueur et pour l’équipe…

Lorsque que le Canadien fit signer un contrat professionnel à Jean Béliveau, ce dernier signa un contrat spécial qui faisait en sorte que le Canadien n’avait les droits de Béliveau que si ce dernier devait se rapporter à une équipe professionnelle. Ce qui voulait dire que tant que Béliveau évoluait avec une équipe senior, il pouvait jouer avec n’importe quelle équipe et le Canadien n’avait rien à dire… À ce que je sache, le seul autre qui avait un contrat de la sorte à l’époque, c’était Jacques Plante. Comme Béliveau se plaisait à Québec, qu’on avait même construit un aréna afin que plus de gens aillent le voir et qu’il gagnait même plus cher que la presque entièreté de la LNH, Béliveau préféra, à l’aube de sa carrière, demeurer à Québec et évoluer avec les As. L’histoire ne dit pas si le Canadien aurait pu remporter quelques autres coupes Stanley avec Béliveau dans leur alignement…

Néanmoins, on ne déconne pas avec le Canadien de Montréal, ceux qui amènent de la boisson au Centre Bell et se font prendre le savent… À cette époque, en 1953, le DG du Canadien, Frank J Selke (comme le trophée), tanné d’attendre après Béliveau, prit une mesure drastique. Selke acheta la Ligue de hockey senior du Québec au complet et la déclara ligue professionnelle. Les As de Québec étant dorénavant membres d’une ligue professionnelle dont tous les clubs étaient affiliés au Canadien, Jean Béliveau devait se joindre au Grand Club…

Le fait que dorénavant les As étaient une équipe professionnelle eut un bon effet pour le rayonnement de cette populaire équipe. En 1959, les As quittèrent la Ligue de hockey du Québec pour se joindre à la vénérable AHL. Je crois qu’il est toujours nécessaire de mentionner qu’à l’époque des six équipes, le calibre de jeu de cette ligue était très élevé car elle était souvent formée de joueurs ayant été boudés par le grand circuit, n’étant plus désirés ou attendant leur chance dans une ligue qui ne comprenait qu’environ 100 joueurs…

Et les Flyers dans tout ça???

Entre 1962 et 1967, les As de Québec furent le club école du Canadien de l’AHL. D’ailleurs, Gump Worsley passa quelques saisons avec l’équipe afin de retrouver sa forme après quelques blessures et Boum-Boum Geoffrion fut l’entraîneur des As après avoir mis un terme à sa carrière, suivant son échange aux Rangers en 1964, avant de retourner au jeu avec ces derniers en 1966.

C’est en 1967, alors que le Canadien retira ses pions de Québec afin de retourner son club-école à Cleveland, que les As devinrent le club-école d’une équipe d’expansion : les Flyers de Philadelphie. Avec son club-école au Québec, les Flyers voulaient se construire avec un noyau de canadiens-français afin de construire l’équipe avec le modèle du Canadien. Bien que le Canadien pouvait toujours sélectionner deux canadiens-français prioritairement, les jeunes Flyers, grâce à leur club-école québécois, purent se monter un fin cercle de joueurs québécois comme André Lacroix (qui sera plus tard le plus grand marqueur de tous les temps de la WHA), de Simon Nolet (photo) qui fit partie de l’équipe des Flyers qui remporta la coupe Stanley en 1974 et de futurs Nordiques comme Jean-Guy Gendron et mon moustachu préféré, Serge Bernier.

À cette époque, les Flyers misaient tellement sur la filière québécoise qu’ils possédaient même une équipe junior également nommée également les As de Québec qui évoluaient dans la ligue junior du Québec. En 1969, les Flyers vendirent l’équipe à des intérêts locaux de Québec et l’équipe devint les Remparts de Québec.

Malheureusement pour le hockey québécois, après quelques saisons à tenter de se développer avec un style « canadien-français » sans trop de succès, la direction des Flyers décida de tenter autre chose. Souvent intimidés par d’autres équipes en raison de la grosseur de leur joueurs, les Flyers décidèrent de ne plus se laisser faire. Avec l’arrivée d’un jeune joueur complet nommé Bobby Clarke, les Flyers surent autour de qui se construire et dans quelle voie, celle de la robustesse…

Dans cet ordre d’idée, la direction décida de déménager son club-école. C’est ainsi que la vénérable équipe des As de Québec, fondée en 1928, déménagea en 1971 à Richmond en Virginie afin de devenir les Robins de Richmond. L’équipe évolua durant 5 saisons dans l’AHL et disparut définitivement en 1976 en plein milieu de la crise qui menaça la plupart des ligues professionnelles mineures en raison de la surabondance d’équipes due à la guerre entre la NHL et la WHA.

Mais à cette époque, la ville de Québec s’était retrouvée une équipe professionnelle pour la faire vibrer…

mercredi 6 juillet 2022

Jean-Guy Gendron






Jean-Guy Gendron est né le 30 août 1934 à Montréal. C'est comme gardien de but que Gendron débuta sur les surfaces glacées des rangs mineurs de l'est de Montréal. Il devint ensuite attaquant et, suite à un match de cinq buts de sa part, il fut remarqué par un dépisteur des Reds de Trois-Rivières de la ligue junior A du Québec. Joueur robuste, c'est à sa troisième saison avec les Reds que son talent offensif explose, récoltant 87 points en 54 matchs, cumulant également 179 minutes de pénalités. Cette performance lui vaut une invitation de 5 matchs pour la saison 1954-55 avec les Reds de Providence dans l'AHL. Gendron réussit alors à convaincre les dirigeants de le garder toute la saison. 

Avec les Reds de Trois-Rivières

Après avoir inscrit 39 points, dont 24 buts, en 47 matchs, il est remarqué par Sam Pollock, alors dépisteur et directeur du personnel hockey du Canadiens. Malheureusement, une blessure au poignet subit par Gendron fit achoppé une transaction qui aurait amené le montréalais au sein de son équipe d'enfance. Malgré tout, Gendron avait attiré l'attention d'autres équipes de la LNH. Les Rangers de New York firent son acquisition des Reds à la fin de la saison et Gendron se dirigea dans la "grosse pomme" pour la saison 1955-56. Les débuts dans la LNH à 21 ans fut un peu ardus pour Gendron, qui récolta 12 et 15 points à ces deux premières saisons, au sein d'une équipe de milieu de peloton. À sa troisième saison, il obtint 27 points (le même nombre qu'à ses deux premières saisons combinées), mais ça ne l'empêcha pas d'être sélectionné par les Bruins de Boston au repêchage intra-ligue en juin 1958. Il poursuivra son développement et sa progression, avec des saisons de 24 et 35 points, ce qui convainquit les dirigeants du Canadiens de faire son acquisition. Le 27 novembre 1960, ils envoyèrent André Pronovost aux Bruins en retour du Montréalais. 

Sous les ordres de Toe Blake, Gendron ne put faire mieux que 9 buts et 21 points en 43 matchs. De plus, après avoir remporté 5 coupes Stanley consécutives, le CH se fit éliminer en première ronde face aux éventuels champions, les Black Hawks. Lors du repêchage intra-ligue, les Canadiens ne le protègent pas et il est réclamé par les Rangers de New York. Il atteint encore la mi-vingtaine de points, avant de se faire réclamé une nouvelle fois au repêchage intra-ligue, encore une fois par les Bruins de Boston. Il disputa deux autres saisons à Boston, interrompues par un passage de 6 matchs avec les Reds de Providence dans l'AHL.

Les fabricants devaient manquer de place pour ajouter le Jean ...

Sans contrat à la fin de l'été 1964 (et n'étant pas sélectionné à un repêchage intra-ligue...), il s'aligne avec les As de Québec, toujours dans l'AHL. Il y retrouva une touche de marqueur, atteignant même 87 points en 1967-68, à égalité avec son coéquipier André Lacroix. C'est d'ailleurs au courant de cette saison que les nouveaux Flyers de Philadelphie firent des As leur club-école. Étant donc maintenant la propriété des Flyers, Gendron fit un retour dans la LNH lors d'un match cette saison. En 1968-69, maintenant âgé de 34 ans, lui et Lacroix faisaient désormais partie des Flyers pour toute la saison. Gendron fut même nommé assistant-capitaine. Il termina deuxième meilleur pointeur de son équipe, derrière Lacroix, avec 20 buts et 55 points. À la fin de la saison, il fut une fois de plus sélectionné lors du repêchage intra-ligue, par les Canadiens de Montréal. Voulant vraiment garder ses services, les Flyers en firent de nouveau son acquisition dès le lendemain, contre une somme d'argent. Il jouera trois autres saisons avec les Flyers, où ses performances allaient en diminuant. Il fut toutefois un mentor pour les futurs vedettes des "Broad Street Bullies", qui allaient soulever la coupe Stanley en 1974 et 1975.

Avec les As de Québec, Jean-Guy Gendron est à droite
En février 1972, alors que Gendron est toujours à Philadelphie, il est repêché par les nouveaux Sharks de Los Angeles, lors du premier repêchage de l'Association Mondiale de Hockey. Toutefois, il s'enlignait plutôt vers la retraite, pour s'occuper de sa carrière de golfeur et du "pro-shop" qu'il tenait. Cependant, le directeur-gérant des nouveaux Nordiques de Québec, Marius Fortier, le convainc de signer avec le nouveau club, après que Los Angeles aient enlevé son nom de le liste de négociations. Il y jouera ses deux dernières saisons en carrière. En tant qu'assistant-capitaine, son leadership ne put aider l'équipe à atteindre les séries éliminatoires. 

Suite à la démission de Jacques Plante, Gendron se fit ensuite convaincre d'être entraîneur-chef de ses anciens coéquipiers.  À sa première saison, l'équipe récolta 92 points et fut la deuxième meilleure de la ligue derrière les Aeros de Houston. Lors des séries éliminatoires, l'équipe se rendit en finale, où elle s'inclina contre ces mêmes Aeros, en 4 parties consécutives. À sa deuxième saison derrière le banc, les Nordiques obtinrent un meilleur résultat en saison avec 104 points et la troisième position au classement général. Malheureusement, ils furent éliminés au premier tour éliminatoire contre les Cowboys de Calgary.

Gendron décida alors de prendre sa retraite et de se consacrer à sa deuxième passion où il domine, le golf. Il y consacrait déjà ses étés depuis sa carrière de joueur. Il œuvra au niveau professionnel pendant un total de 37 ans, soient 16 de plus que sa carrière de joueur de hockey. Ayant appris les rudiments au club municipal de Montréal, il a longtemps été associé au club Bic de Rimouski et au club du Lac Saint-Joseph.

Il fit un retour derrière le banc d'une équipe de hockey en 1980, lorsqu'il fut nommé assistant-entraîneur du Rouge et Or de l'Université Laval. Il n'y sera qu'une saison.

Atteint de graves problèmes de vision ces dernières années, il a demandé l'aide médicale à mourir. Il est décédé le 30 juin dernier.

https://www.lesoleil.com/2022/04/09/jean-guy-gendron-ces-images-qui-defilent-23da734f60616526e811fdc379a149c2 ; https://www.nhl.com/fr/news/deces-de-jean-guy-gendron/c-334802194 / hockeydb.com



dimanche 21 octobre 2018

Floyd Curry



Originaire de Chapleau, dans le nord de l’Ontario, Floyd Curry s’est retrouvé au sein d’une puissante équipe junior en 1941, les Generals d’Oshawa. En trois ans dans leur alignement, Curry participa à trois finales de la Coupe Memorial. Il dut toutefois attendre à sa troisième occasion, en 1944 contre les Smoke Eaters de Trail, avant de se retrouver du côté des gagnants.

Il fut alors remarqué par les Canadiens, mais l’année suivante, il joua plutôt pour une équipe de la Marine.

Il gradua ensuite avec le Royal de Montréal de la Ligue senior. Encore une fois, à sa deuxième et dernière année avec cette équipe, en 1947, Curry se mérita le titre, lorsque le Royal mit la main sur la Coupe Allan aux dépens des Stampeders de Calgary.

Curry put alors faire ses débuts dans la Ligue nationale, mais sans s’y établir complètement, puisque de 1947 à 1950, il vit de l’action autant avec les Canadiens qu’avec les Bisons de Buffalo de la Ligue américaine.

C’est finalement en 1950-51 qu’il fit sa place pour de bon à Montréal, un an avant que l’ailier droit au style défensif n’atteigne son sommet offensif de 20 buts en une saison. Il faut dire que ses statistiques ont bénéficié de sa superbe performance du 29 octobre 1951, alors qu’en deuxième période, il a réalisé son seul tour du chapeau en carrière. (Il a marqué un total de 105 buts en carrière.) Cette victoire de 6-1 contre les Rangers a la particularité d’avoir été obtenu en présence de la future Reine Elizabeth au Forum. Est-ce que la jeune princesse, que 500 000 personnes sont venues voir parader dans la ville plus tôt dans la journée, a servi d’inspiration à Curry? Par la suite, il n’a jamais compté plus de 16 buts en une saison, et sa production déclina.

La contribution du « Honest Blocker » a toutefois été reconnue par l’équipe vers la fin de sa carrière, le 14 mars 1957, lorsque s’est tenue à ce moment la « Soirée Floyd Curry ». Entre la première et la deuxième période d’un match contre les Leafs, on lui a remis une montre en or, des boutons de manchettes, une chaîne stéréo, un réfrigérateur, un séchoir électrique, des vélos pour ses enfants, une Oldsmobile de l’année (qui a dû être poussée par des joueurs des Leafs parce qu’elle glissait sur la glace…) et une provision d’un an de pizzas et de sardines!


En tout, Curry a passé huit saisons complètes avec les Canadiens et à chaque occasion, l’équipe a atteint la finale. Parmi celles-ci, Curry a pu mettre la main sur la Coupe Stanley en 1953, 1956, 1957 et 1958. Encore une fois, Curry a quitté son équipe en remportant un championnat. Il a donc été là pour les trois premières des cinq Coupes consécutives, mais il rata les deux dernières, puisqu’en refusant d’être échangé, il fut plutôt relégué au Royal. Il profita toutefois de cette situation pour amorcer sa deuxième carrière, puisqu’il fut nommé joueur-entraîneur. L’année suivante, il accrocha ses patins mais derrière le banc, il mena son équipe au championnat de la EPHL (Eastern Professional Hockey League), qui se mérita le Trophée Tom Foley.

Curry fut également derrière le banc du Royal pour sa dernière année d’existence, avant de se retrouver à Québec comme entraîneur des As. À ce moment, le club de la vieille capitale dans la Ligue américaine était affilié aux Canadiens.

Il fut à Québec pendant trois ans, mais il demeura à l’emploi des Canadiens dans une multitude de postes pendant 40 ans. Il fut assigné aux ventes, secrétaire de voyages, entraîneur du club école à Cleveland, puis à Montréal, avant de devenir assistant du directeur-gérant Sam Pollock, puis directeur du recrutement. Dans ces fonctions, il reçut donc une bague de la Coupe Stanley en 1969, 1973, 1976, 1977, 1978 et 1979. En ajoutant les quatre titres qu’il a obtenus comme joueur, Curry a donc fait partie de dix équipes championnes de la Coupe Stanley, une de la Coupe Memorial, une de la Coupe Allan et une de la EPHL. Pas si mal pour quelqu’un qui a été dans l’ombre plus souvent qu’autrement!

Après s’être occupé de son ancien entraîneur Toe Blake alors qu’il souffrait d’Alzheimer, Floyd Curry fut plus tard affligé de la même maladie. Il est décédé en 2006 à l’âge de 81 ans.


Sources :
McNeil, David, In the Pressure of the Moment, Remembering Gerry McNeil, Midtown Press, 2016, p. 135, 227,

“City Gives Elizabeth and Philip Greatest Welcome in Canada As 500,000 Line 12-Mile Route” de Brian Moore, 30 octobre 1951, Montreal Gazette, page 1, “Royal Couple Watches Canadiens Hand New York Rangers 6 to 1 Defeat”. 30 octobre 1951, Montreal Gazette, page 23, “Canadiens Regain Second Place Beating Leafs 8-4” de Pat Curran, 15 mars 1957, Montreal Gazette, page 27, “Canadien seul en 2e place” de Phil Séguin, 15 mars 1957, La Patrie, page 24, “Montreal Grey-Flannel Hockey Cartel” de Trent Frayne, 3 décembre 1960, MacLean’s (archive.macleans.ca), wikipedia.org.

lundi 12 mars 2018

Dollard St-Laurent



Dollard St-Laurent est né à Verdun et a grandi près du fleuve, où il allait parfois patiner. Comme bien d’autres à l’époque, il fut signé par les Canadiens, alors qu’il reçut 100$. Il fut ensuite assigné aux Canadiens Junior, puis au Royal de Montréal de la Ligue senior. St-Laurent était toutefois différent de ses coéquipiers à un niveau. Il poursuivait ses études en dentisterie, à l’Université McGill. Il dut par contre se rendre à l’évidence qu’il était difficile de conjuguer études et les voyages et les entraînements d’un joueur de la Ligue senior du Québec. Il choisit donc le hockey.

Il eut son premier essai de trois matchs avec le grand club en 1950-51, avant d’en jouer 40 l’année suivante et d’y terminer la saison.

C’est finalement en 1952-53 que le défenseur défensif se fit une place sur une base régulière avec le Tricolore. Bien que dans l’ombre du capitaine Émile Bouchard, de Doug Harvey et de Tom Johnson, et avec un physique pourtant pas si imposant, St-Laurent s’avéra d’une grande utilité. Il eut néanmoins plus que sa part de blessure au fil de sa carrière.

Au terme de cette même saison, les Canadiens affrontèrent les Black Hawks, qui s’étaient qualifiés de justesse pour les séries et ce, pour une première fois en sept ans. Les faibles Hawks donnèrent tout de même du fil à retordre au Bleu Blanc Rouge, mais celui-ci eut finalement le dessus lors du septième et décisif match. De l’autre côté, les Bruins causèrent une surprise en éliminant les grands favoris, les Red Wings. Mais devant Montréal, Boston ne réussit pas un deuxième miracle de suite et les Canadiens l’emportèrent facilement. St-Laurent gagna ainsi sa première Coupe Stanley.

Après deux défaites en finale contre Détroit, Montréal entreprit alors son historique séquence de cinq Coupes consécutives. St-Laurent participa alors aux trois premières. Toutefois, au grand étonnement de plusieurs, il fut échangé aux pauvres Hawks en juin 1958, contre un montant d’argent et des considérations futures (qui deviendront un prêt d’un joueur, Norm Johnson, qui ne joua finalement aucun match avec les Canadiens). Ce faisant, il alla rejoindre Ted Lindsay qui comme lui, avait travaillé à l’élaboration d’une première version de l’Association des joueurs. (Jim Thomson avait également pris le chemin de Chicago l’année précédente.)

L’arrivée de St-Laurent coïncida avec un retour des Black Hawks en séries après les avoir ratées 11 fois en 12 ans. Il faut dire que les acquisitions de Stan Mikita, Bobby Hull, Glenn Hall et Pierre Pilote leur ont finalement permis de sortir la tête hors de l’eau. Pour ce qui est de St-Laurent, une fois de plus, il se retrouvait dans l’ombre d’un grand défenseur, Pilote bien sûr. Par contre, ce groupe permit en 1960-61 aux Hawks de mettre fin à une disette de Coupe Stanley de 22 ans. D’ailleurs, St-Laurent est parmi les rares à avoir participé à une partie des cinq Coupes consécutives et à l’avoir remporté ailleurs par après. (L’autre est Bert Olmstead, qui a remporté la Coupe avec les Leafs l’année suivante.)

Comme à l’époque, le match des étoiles opposait les champions de la Coupe Stanley aux étoiles des autres équipes, en remportant une cinquième Coupe, St-Laurent eut l’occasion de participer à cet événement pour une cinquième fois.

St-Laurent joua une dernière saison à Chicago en 1961-62, avant d’être envoyé aux As de Québec de la Ligue américaine. Au cours de sa seule saison dans la Vieille capitale, il se brisa une jambe, ce qui mit fin à sa carrière.

Ayant le sens des affaires, il réussit sa deuxième carrière en devenant propriétaire d’un cabinet de courtiers d’assurance. Il s’impliqua également dans la lutte des anciens joueurs pour bonifier leur maigre pension.

Un aréna porte son nom à Ville LaSalle.

Celui qu’on surnommait ″Dolly″ est décédé en 2015 à l’âge de 85 ans.


Sources : “Habs Sell St.Laurent; Players Side-Tracked” de W,R. Weatley, Canadian Press, 4 juin 1958, Ottawa Citizen, page 11, “Smooth blueliner Dollard St.Laurent won five Stanley Cups” de Tom Hawthorn, 12 avril 2015, The Globe and Mail (theglobeandmail.com), wikipedia.org.

lundi 6 mars 2017

Phil Watson



Phil Watson est originaire de Montréal et il a joué avec le Royal Junior en 1934-35. Il ne signa toutefois pas avec les Canadiens ou les Maroons. Il opta finalement pour l’offre des Rangers, qui lui offrirent 4 500$ par an. Après seulement 22 matchs avec leur club affilié, les Ramblers de Philadelphie, Watson fit ses débuts avec les Blueshirts en janvier 1936.

Watson était un centre qui n’avait pas froid aux yeux, capable de créer de l’agitation sur la glace. Au besoin, il pouvait se battre, mais ses talents de pugiliste étaient plutôt limités. Il pouvait tout de même aussi contribuer offensivement. Dès sa première saison complète avec l’équipe, il termina au deuxième rang des pointeurs des Rangers, dans une saison où ils atteignirent la finale.

En 1939-40, Lester Patrick laissa sa place derrière le banc à son ex-vedette Frank Boucher. Il eut ainsi la main heureuse, puisqu’après une bonne saison, New York remporta sa troisième Coupe Stanley en 14 ans. Il faudra toutefois attendre 54 ans avant de revoir les Rangers remporter les grands honneurs.

Deux ans plus tard, Watson connut sa meilleure saison en carrière avec 52 points, le quatrième plus haut total de la ligue. L’équipe de Frank Boucher connut une excellente saison, terminant en tête du classement, mais elle fut sortie au premier tour par les éventuels champions, les Maple Leafs.

Les Rangers furent ensuite affectés par la perte de plusieurs joueurs, partis à la guerre, ce qui amorça une longue période noire pour l’équipe. Celle-ci se prolongea toutefois beaucoup plus longtemps que la guerre. Watson connut toutefois une pause de cette période de descente lorsqu’il fut prêté aux Canadiens pour la saison 1943-44. En retour, Montréal prêta trois joueurs aux Rangers. Lors de cette unique saison dans sa ville natale, Watson atteignit son sommet en termes de minutes de pénalité, avec 61, le sixième total de la ligue. Il en profita également pour remporter une deuxième Coupe Stanley.

Si son prêt fit passer Watson de la dernière à la première place, son retour avec les Rangers signifia également son retour au fond du classement. En 1945-46, les Blueshirts terminèrent derniers pour une quatrième fois de suite. En 1946-47, il y eut une amélioration, puisqu’ils terminèrent… avant-derniers.

Après une dernière saison avec les Rangers en 1947-48, Watson devint entraîneur des Rovers de New York, leur filiale qui œuvrait dans la Ligue senior du Québec. L’année suivante, ils ont ensuite été transférés dans la Ligue Eastern, mais Watson retourna dans la Ligue senior en 1951-52, avec les Citadelles de Québec.

En 1955-56, Watson revint avec les Rangers, derrière le banc cette fois. Il parvint tout de même à les qualifier pour les séries pour une première en six ans. Ils durent toutefois faire face aux Canadiens, en route vers la première des cinq Coupes Stanley consécutives. Les Rangers s’inclinèrent également au premier tour les deux années suivantes. En 1958-59, ils ratèrent les séries puis en 1959-60, Watson fut congédié après 15 matchs et remplacé par son ex-coéquipier Alf Pike.

Il faut dire qu’en tant qu’entraîneur, Watson était coloré et pouvait être divertissant. Par contre, comme ils subissaient ses sautes d’humeur, les joueurs avaient une perspective différente.

À la fin de son séjour avec les Rangers, Eddie Shack et Bill Gadsby furent échangés aux Red Wings contre Red Kelly et Billy McNeill. Shack était tellement heureux de quitter New York et Watson qu’il a pris soin d’aller lui dire sa façon de penser avant de déguerpir. Malheureusement pour Shack, Kelly a menacé de prendre sa retraite s’il était échangé aux Rangers et la transaction a été annulée. L’année suivante, Watson était derrière le banc des Reds de Providence de la Ligue américaine et Shack avait été échangé aux Leafs.

En 1961-62, Watson revint dans la Ligue nationale, derrière le banc de l’autre équipe faible de cette période, les Bruins. Les résultats furent affreux. Avec une fiche de 15-47-8, Boston termina évidemment en dernière place, 22 points derrière les avant-derniers.

Watson débuta ensuite la saison 1962-63, mais après 14 matchs, on ramena Milt Schmidt comme entraîneur.

Watson continua alors son chemin, avec les Bisons de Buffalo, puis les As de Québec, alors affiliés aux Canadiens. Son retour à Québec ne dura toutefois qu’une saison, en 1966-67.

Après un passage par Syracuse, Watson s’est joint aux Blazers de Philadelphie, l’équipe de l’AMH qui avait fait les coûteuses embauches de Bernard Parent et Derek Sanderson, à titre de directeur du personnel hockey. Par contre, après un catastrophique début de saison de 2-11, l’équipe effectua des changements. Le joueur-entraîneur John McKenzie abandonna son rôle d’entraîneur et le directeur-gérant Dave Creighton fut congédié. Dans les deux cas, c’est Watson qui prit leur place.

Les méthodes de Watson n’avaient pas changé. Il criait et maugréait toujours autant, mais en 1972-73, il avait une autre génération devant lui. Malgré tout, Philadelphie a terminé avec une fiche de 38-40-0 et s’est qualifié pour les séries.

Les Blazers se sont toutefois avéré un désastre financier et à la fin de la saison, ils durent déménager à Vancouver. Watson a déménagé avec eux, mais après 12 matchs, il fut congédié et remplacé par Andy Bathgate. C’est ainsi que s’est terminée sa carrière d’entraîneur.

Il est décédé en 1991, à l’âge de 76 ans.


Sources:

Sanderson, Derek et Shea, Kevin, Crossing The Line, The Outrageous Story of a Hockey Original, HarperCollins Publishers, Toronto, 2012, p.207-208,

“Phil Watson Turns Pro With Rangers”, 28 octobre 1935, Montreal Gazette, p.16, “Alf Pike Replaces Watson as NY Pilot”, Montreal Gazette, 13 novembre 1959, p.24, “Color Assured With Watson Here” de Louis J. Fusk, et “Watson Happy With New Post”, 3 juin 1966, Quebec Chronicle-Telegraph, p.8, hhof.com.

lundi 22 août 2016

Dunc Wilson



En s’alignant avec les Flyers de Niagara Falls, un club affilié aux Bruins, Dunc Wilson devint ainsi la propriété de Boston. Par contre, il ne porta jamais l’uniforme jaune et noir. En 1968, il fut réclamé par les Flyers, qui l’assignèrent à leur club-école de la Ligue américaine, les As de Québec.

Cette même année, alors que Wilson était leur gardien numéro un, les As se rendirent jusqu’en finale, malgré une fiche sous ,500. Ils se sont toutefois inclinés devant les Bears de Hershey, menés par Jeannot Gilbert. (voir texte du 25 septembre 2009)

Il ne joua finalement qu’un seul match à Philadelphie, avant d’être réclamé par les Canucks au repêchage d’expansion. Il partagea d’abord la tâche avec le vétéran Charlie Hodge, mais après la saison 1970-71, ce dernier prit sa retraite suite à une dispute salariale. Wilson devint donc le gardien principal d’une équipe toujours mauvaise.

Par contre, Wilson attira l’attention pour les mauvaises raisons. Fêtard, rebelle et individualiste, Wilson voyait le hockey de manière désinvolte et la défaite le laissait indifférent. Il ne s’en faisait avec rien et n’en faisait qu’à sa tête. D’ailleurs, pour lui, les joueurs de hockey n’étaient que des gens ordinaires et ne méritaient pas d’être déifiés.

Il fut donc échangé et laissé sans protection à quelques reprises. Il passa par Toronto, les Rangers et Pittsburgh.

Il fut étiqueté comme faiseur de trouble. Ses cheveux et sa barbe dérangeaient. Il a été suspendu par les Canucks pour un couvre-feu manqué et par les Leafs pour avoir porté un t-shirt et des jeans, alors qu’il devait porter un complet. Alors qu’il jouait avec les Rangers, Wilson s’était fait hué. Sa réponse avait été que les partisans pouvaient bien chahuter s’ils le voulaient, puisque leur argent lui avait payé une belle maison, un membership à un beau club de golf et une belle auto.

À son arrivée à Pittsburgh, en octobre 1976, une occasion se présenta à lui lorsque Denis Herron (voir texte du 19 avril 2009) se fractura le bras lors du match d’ouverture. Wilson prit donc sa place et fut désigné comme joueur de l’année chez les Penguins. Toutefois, il eut une saison 1977-78 bien ordinaire et Herron reprit sa place de numéro un.

À la fin de la saison, les Penguins l’échangèrent pour une somme d’argent aux Canucks, où il retournait pour une deuxième fois. Ses performances furent plutôt quelconques dans ce qui s’avéra sa dernière saison.

Ayant joué pour plusieurs mauvaises équipes, Wilson ne montra jamais de fiche positive. En carrière, sa fiche est de 80-150-33.

Comme l'avait fait Mike Robitaille, Wilson poursuivit alors les Canucks, pour 400 000$, alléguant que ceux-ci n’avaient pas diagnostiqué correctement ce qui s’avéra être un cancer de la peau sur son bras. La chirurgie qui suivit l’empêcha, selon ses dires, de poursuivre sa carrière. Après de longues démarches, il fut débouté en cour. Le juge statua que sa carrière était terminée de toute façon. Un des médecins de l’équipe fut toutefois reconnu coupable de négligence.

Sources : “Pens’ Wilson Outlives Bad Reputation“ de Bill Heufelder, 13 janvier 1977, The Pittsburgh Press, p.C1, “New Challenge For Old Rebel Dunc Wilson” de Pat Livingston, 2 février 1977, p.B7, “Dunc Wilson perd sa longue bataille contre les Canucks”, PC, 19 novembre 1983, La Presse, p.D8, hhof.com, wikipedia.org.

lundi 7 septembre 2015

Les équipes de compagnie









Je profite de la fête du travail pour aborder le sujet des équipes de compagnie, et pour déborder un peu du hockey.

Pendant la première partie du siècle dernier, les ouvriers changeaient moins souvent d’employeurs. C’était évidemment particulièrement le cas dans les villes mono industrielles. Même si quelqu’un avait voulu changer d’entreprise, le choix était assez limité…

On côtoyait donc les mêmes collègues pendant de nombreuses années et un sentiment d’appartenance plus grand se développait.

Plusieurs avaient des clubs sociaux qui organisaient de nombreuses activités. Parmi elles, il pouvait y avoir des équipes de hockey. D’ailleurs, la première incarnation des As de Québec, en 1928, en était une. Son nom original était A.C.E.s, pour Anglo-Canadian Employees. L’Anglo-Canadian Pulp and Paper était une papetière qui a plus tard été connu sous le nom de Reed, Daishowa (à un moment actionnaire des Nordiques), Stadacona (propriété d’Enron), Brant-Allen et White Birch, avant de fermer en 2012.

La photo qui suit en est une de l’équipe de la multinationale américaine Singer, de St-Jean-sur-Richelieu. Elle évoque les champions de la ligue de la ville de 1925-26, associés à l’usine de machines à coudre.
Source : Musée virtuel du Canada (MVC), protégé par le droit d’auteur.
 
Cette photo a donc été prise environ à la période où mon grand-père y a été embauché, à l’âge de 15 ans.

Déclaré trop frêle pour l’armée pendant la Deuxième Guerre mondiale, il demeura à l’usine, mobilisée pour l’effort de guerre. Des femmes y firent alors leur entrée pour remplacer les hommes partis au front. Parmi elles, il y avait celle qui deviendra son épouse. Oui, mes grands-parents se sont rencontrés en fabriquant des bombes… Comme c’est romantique!

Il y sera jusqu’en 1976, où on le poussera à la retraite peu de temps avant ses 50 ans de service, seuil qui lui aurait valu une montre en argent.

La production sera ensuite graduellement transférée vers des pays du tiers-monde, jusqu’à la fermeture définitive de ce qu’il restait de l’usine en 1986.

Il s’avéra plus tard que l’entreprise avait allégrement pigé dans le maigre fonds de pension des employés, en plus de prendre de nombreux congés de cotisations. S’en suivit une interminable bataille juridique, la faillite de Singer, avant le dernier règlement en 2006, avec Rentes sur l’état du gouvernement fédéral. À ce moment, des 600 retraités éligibles, il n’en restait qu’environ 70 toujours vivants et mon grand-père n’en faisait pas partie.

Bonne fête à tous les travailleurs, passés, présents et futurs, incluant mon grand-père, celui qui m'a fait découvrir le hockey.

Sources : « Papier White Birch annonce la fermeture de l’usine Stadacona » de Pierre Couture, 12 janvier 2012, Le Soleil, (lapresse.com), « Les retraités de Singer pourront souffler un peu » de Laurier Cloutier, 9 mars 2006, La Presse Affaires p.1, museevirtuel.ca, ville.quebec.qc.ca/culture_patrimoine/archives/, wikipedia.org.

samedi 7 décembre 2013

Les Devils de Jersey et le fameux Cherry Hill Arena...

J'ai posté sur Twitter cette semaine durant un des matchs du Canadien contre les Devils ce chandail des Jersey Devils, équipe des années 60 de la EHL, cette fameuse ligue professionnelle mineure qui exista entre les années 30 et 70 qui fut notamment la principale influence du film Slapshot. 


Ce que j'aime de ce chandail, c'est que l'on retrouve les couleurs actuelles des Devils du New Jersey actuels... J'ose penser qu'ils ont repris les couleurs de cette ancienne équipe quand ils ont traficoté le vert pour le noir dans les années 90... Mais ce n'est qu'une de mes suppositions...


Au cas où vous ne le saviez pas, le Jersey Devil est une légende populaire qui subsiste au New Jersey depuis le début de la colonie. Il s'agirait d'une sorte de monstre aux allures d'un dragon avec une tête de chèvre et des ailes de chauve-souris que l'on pourrait apercevoir dans la forêt dense de Pine Barrens dans sud de cet État. On rapporte que même les autochtones de la régions avaient dans leurs mythes des épisodes de rencontres avec cette créature qui remontraient à des temps immémoriaux. Avec le temps, la légende du Devil de Jersey est entré dans la culture au point tel qu'on nomma, en 1964 une équipe de hockey avec ce nom...


C'est donc en 1964 que les Ramblers de Philadelphie s'établirent à Cherry Hill et devinrent les Devils de Jersey. L'équipe évoluait au Cherry Hill Arena, un aréna qui sera plus tard également l'hôte des Knights du New Jersey de la WHA, équipe qui ne joua que 54 matchs lors de la saison 1973-74 après que les Golden Blades de New York furent presque chassés du Madison Square Garden. 

Un légendaire article du Sports Illustrated de 1979 qui dressa le portrait des mauvais coups de cette ligue qui venait de disparaître nous apprit que les équipes visitant le Cherry Hill Arena avaient droit à des conditions exécrables lorsqu'ils s'y présentaient. Premièrement, il n'y avait pas de douches dans le vestiaire de l'équipe visiteur, qui la plupart du temps s'habillaient dans un Holiday Inn à deux miles de l'endroit au lieu d'y tâter ledit vestiaire. Cet aréna avait également la particularité d'avoir une patinoire en pente, ce qui fait en sorte que ces fameux visiteurs qui avaient à s'habiller dans un hôtel devaient, lors de la première et troisième période, monter une pente... 

Vous serez contents d'apprendre que cet aréna qui fut probablement un des pires a avoir accueilli du hockey de haut niveau et du basketball de la NBA (les Warriors de Philadelphie y évoluèrent dans les années 60) fut démoli dans les années 80 et reconverti en centre d'achat...

(André Lacroix, le plus grand marqueur de l'histoire de la WHA, dans l'uniforme des Knights...)

Et en revenant aux Jersey Devils... J'ai trouvé très peu d'histoires sur les Jersey Devils, mais une chose que j'aime bien de l'histoire de cette équipe c'est qu'elle est intimement liée à celle des Flyers de Philadelphie. En fait, lorsque les plans d'obtenir une expansion dans la NHL se dessinèrent, Ed Snider (oui, lui) investit afin d'introduire le hockey dans diverses régions de Philadelphie et la fondation des Devils fut dans le but d'introduire le hockey dans la vallée du Delaware. Préparant ainsi la venue du hockey de la NHL à Philadelphie, Snider construisit un aréna moderne qui allait devenir le Spectrum. Ce n'est que deux ans plus tard que Snider obtint une franchise de la NHL, soit le 8 février 1966.


Et après avoir utilisé plusieurs chandails comme celui montré ci-haut eu un qui ressemblait drôlement au chandail utilisé par les Red Wings dans les années 30, les Devils montrèrent officiellement leur affiliation aux Flyers en adoptant les couleurs et un logo un peu boboche qui se rapprochait de celui des Flyers. Sur la photo suivante avec le logo "flyerisé", on peut apercevoir nul autre que John Brophy, le fameux joueur qui a inspiré le personnage de Reggie Dunlop dans Slapshot.


C'est suite à cette même saison 1972-73 que les Devils de Jersey cessèrent leurs activités en même temps que la EHL qui devint la NAHL...

Seulement qu'une poignée de joueurs des Devils de Jersey évoluèrent dans la NHL, la plupart avec les Flyers, bien certainement... L'ancien Bruins Vic Stasiuk, qui fut également entraîneur des Devils de la NHL, fut peut être le joueur le plus connu de l'histoire des Devils... Un autre joueur assez connu fut Rosaire Paiement qui récolta 125 points avec les Devils lors de la saison 1967-68...


Rosaire Paiement évolua également avec une autre équipe qui était dans le système des Flyers, les As de Québec, équipe qui, en 1968, adopta également un logo flyerisé qu'ils conservèrent jusqu'au déménagement de l'équipe en 1972 à Richmond en Virginie pour devenir les Robins... Logo guère plus  intéressant que celui des Devils... 




Ah, et oui, le Cherry Hill Arena n'avait pas de vitres en plexiglass, mais de la bonne vieille clôture à poule...

lundi 28 octobre 2013

Gaye Stewart








Si certains joueurs peuvent avoir de longues et belles carrières sans jamais gagner la Coupe Stanley (comme Marcel Dionne et Jean Ratelle par exemple) ou devoir attendre à la toute fin pour la gagner (comme Lanny McDonald et Raymond Bourque), Gaye Stewart lui, n’a pas mis de temps à y parvenir. Son rappel par les Leafs pour un match de la finale de 1942 (son premier et le seul qu’il joua cette année-là) fit de lui un champion.

L’année suivante, ses 24 buts et ses 47 points lui valurent le Trophée Calder, en tant que recrue de l’année. Il fut préféré à Maurice Richard, qui manqua plusieurs parties en raison de blessures. Il devint alors le premier joueur à mériter cet honneur après avoir gagné la Coupe Stanley. Danny Grant, Tony Esposito et Ken Dryden rééditeront plus tard cet exploit. (Dryden ira même jusqu’à gagner le Conn Smythe. Voir texte du 1er août 2011)

L’élan que semblait prendre la carrière de Stewart fut par contre rapidement stoppé, puisqu’il passa les deux années suivantes dans la marine. Il réussit toutefois à reprendre là où il avait laissé à la fin de la guerre, alors qu’il marqua 37 buts en 1945-46, le plus haut total de la ligue. Il est d’ailleurs le dernier Leaf à réussir ce fait d’arme. Il a de plus été nommé sur la première équipe d’étoiles.

En 1946-47, sa production baissa à 19 buts, mais il se mérita une deuxième Coupe Stanley, toujours avec les Maple Leafs.

Au cours de la saison suivante, il fit partie d’un échange majeur qui l’envoya à Chicago et où Max Bentley prit le chemin inverse. Les Black Hawks constituaient alors l’équipe faible de cette période, mais il connut tout de même trois saisons de 20 buts dans la ville des vents.

Son rendement alla ensuite en déclinant. Passant par Détroit et New York, il termina son passage dans la LNH en jouant quelques matchs à Montréal. Stewart a donc joué pour cinq des six équipes originales. Il n’y a que l’uniforme des Bruins qu’il n’a jamais enfilé.

Il termina ensuite sa carrière en jouant avec les As de Québec de la Ligue Senior et dans la Ligue Américaine.

Il fut par la suite arbitre dans la Ligue Nationale pour quelques saisons.

Gaye Stewart est décédé en 2010, à l’âge de 87 ans.

Sources : “Former Leaf Gaye Stewart star Dies” de Lance Hornsby, 19 novembre 2010, Toronto Sun (torontosun.com), legendsofhockey.net, wikipedia.org.

lundi 30 septembre 2013

Réal Chèvrefils









Originaire de Timmins, dans le nord de l’Ontario, Réal Chèvrefils semblait avoir tout pour lui.  Il possédait un talent offensif indéniable, qu’il mit en valeur avec les Flyers de Barrie.  En 1951, au cours d’un tournoi qui impliquait également les Citadelles de Québec de Jean Béliveau, il accumula 19 points en 11 matchs et mena les Flyers à la Coupe Memorial.

La suite des choses s’annonçait bien pour les Bruins, qui détenaient ses droits, et de grands espoirs furent mis en lui.

Il fit ensuite un bref séjour dans la Ligue Américaine, avant de rejoindre Boston.  Sympathique, affable et apprécié de ses coéquipiers, il se mit à les suivre dans les bars pour fraterniser.  C’est alors qu’il mit les pieds sur une pente savonneuse.
L’alcool devint rapidement un problème.  Même dans la chambre des joueurs, celui qu’on surnommait « Chevy » pouvait avoir la gueule de bois.  Le directeur-gérant Lynn Patrick tenta bien de le mettre à l’abri des tentations en l’hébergeant chez lui, mais Chevy trouvait les moyens de lui faire faux bond.

En 1955, il fit partie de l’échange impliquant dix joueurs qui envoya Terry Sawchuk et Vic Stasiuk à Boston.  Son nouvel entraîneur à Détroit, Jack Adams, tenta bien de le faire adhérer aux Alcooliques Anonymes, mais sans succès.  Il le fit également suivre par des détectives, histoire de lui éviter des problèmes.  La légende veut toutefois qu’il parvenait à les convaincre de le suivre et de boire avec lui.  Exaspéré, Adams le retourna à Boston avant la fin de sa première saison dans la ville de l’automobile.
L’année suivante, pour la seule fois de sa carrière, il parvint à jouer tous les matchs et son grand talent put enfin s’exprimer.  Il connut sa meilleure saison offensive à vie, 31-17-48 en 70 matchs, en plus d’être nommé sur la deuxième équipe d’étoiles.  Mais ça ne dura pas.  En 1957-58 et en 1958-59, il se mit à faire des séjours dans la Ligue Américaine.  Par la suite, on ne le revit plus dans la LNH.  Il joua avec les As de Québec de la Ligue Senior du Québec, dans l’est de l’Ontario et dans la WHL.
On s’en doute, sa situation conjugale allait avec le reste.  Lors de son passage avec les Blades de Los Angeles de la WHL, l’équipe crut que la présence de son épouse lui apporterait une certaine surveillance et une stabilité et la fit venir avec lui.  Au contraire, son épouse s’était également mise à boire et d’horribles disputes en résultèrent.  Chèvrefils pouvait parfois se présenter à l’aréna avec des blessures qui n’avaient rien à voir avec le hockey.  En 1962, elle le quitta et retourna à Timmins avec ses six enfants.  Ces derniers ne revirent presque jamais leur père par la suite.

Chèvrefils se trouva ensuite une place dans le hockey senior avec les Bulldogs de Windsor, avec qui il remporta la Coupe Allan en 1963.  En 1964, sa carrière était terminée.
Il resta par la suite à Windsor, où il vécut dans l’indigence.  Régulier de la Mission du centre-ville, sa carrière de 397 matchs dans la LNH lui donnait droit à une pension de 130$ par mois, que Jimmy Skinner des Red Wings réussit à faire augmenter à 200$ avec le programme d’urgence.  Toujours aussi sympathique, lors de ses séjours répétés à l’hôpital, il lui arrivait parfois de dire au personnel qu’il n’avait pas toujours été dans cet état et qu’il avait déjà été un marqueur de 30 buts pour les Bruins.

Il est décédé en 1981, à l’âge de 48 ans.   

Sources :  Boyd, William T., All Roads Lead to Hockey: Reports from Northern Canada to the Mexican Border, Key Porter Books, Toronto, 2004, p.29-41,

legendsofhockey.net, wikipedia.org.