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mercredi 27 mars 2024

Les Six Guns d’Albuquerque



 
 

 

 
Ce texte a d'abord été publié comme texte inédit dans notre livre «Le meilleur de La vie est une puck» en 2022. Ce livre est désormais épuisé mais demeure toujours disponible en format digital (eBook).


 
Parmi les États constituant les ­États-Unis, un des derniers qui nous vient en tête pour le développement du hockey est probablement le ­Nouveau-Mexique (après ­peut-être ­Hawaii). Le hockey professionnel s’est tout de même développé assez tôt au 20e siècle dans les états plus au sud, avec par exemple des apparitions en ­Oklahoma dans les années 20, en ­Floride dans les années 30 et même au ­Texas dans les années 40. 
 
Mais concernant le ­Nouveau-Mexique, où on ne retrouve aujourd'hui que 2 millions d’habitants, ce n’est qu’en 1973 qu’on y verra apparaître une première équipe professionnelle lorsque furent créés les ­Six ­Guns d’Albuquerque. Il s’agit d’une équipe qui n’aura laissé que très peu d’héritage si ce n’est que ce magnifique logo stéréotypiquement adapté au public du sud ainsi qu’une autre histoire typique du hockey professionnel boboche et dysfonctionnel des années 70.

L’histoire commence en 1972 dans la métropole de l’état lorsque deux médecins du nom de ­Edward ­Johnson et ­Richard ­Ransom décident de former un consortium pour l’achat d’un système frigorifique au ­Tingley ­Coliseum d’Albuquerque. Un an plus tard, ce groupe a des idées de grandeur et veut y implanter immédiatement le hockey professionnel. Ils obtiennent alors un club d’expansion dans la ­Central ­Hockey League pour la saison ­1973-74, en plus de sécuriser une affiliation comme ­club-école d’une autre équipe d’expansion, les ­Scouts de Kansas City dans la ­LNH. 
 
Les nouveaux ­Six ­Guns d’Albuquerque voient donc le jour avec ce splendide logo et un chandail aux couleurs des futurs ­Scouts. Mais un problème majeur subsiste avec cette association car les ­Scouts ne doivent faire leurs débuts qu’en ­1974-75, soit une saison après, et n’ont donc pas encore de joueurs à fournir aux ­Six ­Guns. Ces derniers doivent donc recruter sur le tas et procéder à des emprunts de joueurs dans les profondeurs du système d’autres équipes de la ­LNH, principalement les ­Rangers et les ­Canucks. 
 
L’association avec ­Kansas ­City est d’ailleurs assez floue à l’exception de ses couleurs similaires. La majorité des médias et des locaux croient que les ­Scouts sont les propriétaires et qu’ils défraient les coûts d’opération des ­Six ­Guns, mais ce sont en fait les deux médecins qui assument véritablement l’ensemble des frais de la franchise.

Les ­Six ­Guns débutent leurs activités le 12 octobre 1973 contre les ­Knights d’Omaha et perdent ce premier match ­1-0 devant plus de 9000 spectateurs, meilleure foule de la ligue cette ­saison là. Ce score sera assez prémonitoire et démonstratif du peu de talent offensif chez les ­Six Guns qui connaissent une première saison de misère avec une moyenne de seulement 2,6 buts marqués par match. Après ce premier match, les assistances diminuent drastiquement durant le reste de la saison pour tomber sous la barre des 3000 spectateurs par match. Ils terminent la saison avec une fiche globale de ­16-40-16, bon pour le dernier rang de cette ligue comprenant seulement six équipes.

 

 
Le meilleur joueur des ­Six ­Guns est le centre ­Ken ­Ireland, un choix des ­Rangers en 1972 qui n’obtint qu’un modique 19 buts et 33 passes en 65 matchs. Au cours de cette saison, ­l’administration connait plusieurs mésententes avec les ­Scouts sur les termes financiers de leur partenariat. Vers la fin de la campagne, cette association est définitivement rompue et le groupe tente en panique de former une affiliation avec une autre équipe. On tente une association comme ­club-école avec les ­Golden ­Seals ou les ­Roadrunners de ­Phoenix de l’AMH mais en vain. En plus des frais initiaux pour meubler le ­Tingley Coliseum d’une glace, le groupe encaisse des pertes de plus de 600 000 $ durant cette seule saison et doit déclarer faillite durant l’été 1974. L’équipe est donc dissoute et les joueurs se retrouvent dispersés à travers la ligue ou retournés aux équipes de la ­LNH possédant leurs droits.

Des joueurs qui ont porté le très éphémère chandail des ­Six ­Guns, un seul jouera ensuite dans la ­LNH, soit l’ailier ­Steve ­Langdon durant un séjour de sept matchs avec les ­Bruins. ­Quelques-uns aboutiront dans l’AMH dont le gardien ­Wayne ­Wood et une ­demi-douzaine de joueurs avaient joué quelques matchs dans la ­LNH dans les années 60 et au début des années 70 sans jamais y retourner. On retrouvait également deux québécois originaires de ­Shawinigan au prénom de ­René, soit le défenseur ­René Levasseur et l’attaquant ­René ­Villemure. Les deux étaient d’ailleurs des choix au repêchage de 1972 des deux équipes de la ­LNH de ­la région de ­New ­York alors que ­Levasseur appartenait aux ­Islanders et Villemure aux ­Rangers. Villemure jouera plus tard pour les fameux ­Jaros de la Beauce ainsi que les Nordiques du ­Maine dans la ­NAHL. Quant à ­Levasseur, il se retire du hockey après cette saison ­1973-74 à ­Albuquerque.





Lorsqu’ils font finalement leurs débuts dans la grande ligue en ­1974-75, les ­Scouts ont comme équipes affiliées des clubs plus établis, soient les ­Clippers de ­Baltimore dans la ­AHL et les ­Flags de ­Port ­Huron dans la ­IHL. Mais les ­Scouts ne font à peine mieux que les ­Six ­Guns alors qu’ils plient aussi bagage rapidement après seulement deux saisons, devenant les ­Rockies du ­Colorado en 1976 et plus tard les Devils du New Jersey.

Une équipe senior du nom des ­Chaparrals d’Albuquerque récupérera peu après l’équipement laissé derrière par les ­Six ­Guns. Ils joueront de 1975 à 1977 dans une ligue plus qu’obscure, la Southwest Hockey ­League, mais fermeront boutique en même temps que cette dernière. Albuquerque et le Nouveau-Mexique doivent ensuite attendre jusqu’en 1996 pour y revoir du hockey professionnel avec l’arrivée des ­Scorpions du ­Nouveau-Mexique dans la défunte ­Western ­Professional ­Hockey ­League (WPHL), une ligue basée principalement au ­Texas et en ­Louisiane qui fusionna avec une nouvelle version de la ­Central ­Hockey ­League en 2001. Les ­Scorpions continuent l’aventure au ­Tingley Coliseum jusqu’en 2006 lorsqu’ils déménagent dans la ville voisine de ­Rio ­Rancho. Ils cessent ensuite leurs opérations en 2009. On ne retrouve maintenant que du ­Junior A à ­Albuquerque et dans tout l’État du ­Nouveau ­Mexique.

C’est quand même mieux que ­Hawaii…
 
 


mercredi 3 juin 2020

Les Comets de Clinton





Entre Syracuse et Albany, à environ 20 minutes de la ville d'Utica dans l’état de New York, on retrouve Clinton, un petit village d'environ 2000 habitants. C'est dans ce lieu qu'eut lieu dans les années 60 une des meilleures saisons de l'histoire du hockey professionnel.



Fondé en 1928, le Clinton Hockey Club était d'abord composé que de joueurs d'écoles secondaires et jouait sporadiquement une dizaine de matchs par année, tout d'abord sur une patinoire extérieure faute d'aréna ou dans les villes et villages voisins. L'intérêt envers le club grandit graduellement mais ils durent attendre les années 40 avant de voir la construction d'un aréna local. 

Ils n'étaient d'abord affiliés à aucune ligue ce qui changea en 1931 lorsque le club joignit les rangs de la Amateur Athletic Union où ils jouèrent jusqu'en 1948. Le club, désormais nommé les Comets, joignit ensuite les rangs de la Amateur Hockey Association et évolua en même temps dans la New York/Ontario League à partir de 1951. Ils gagnèrent le championnat de la AHA de 1951 à 1953.

1955-56


En 1954, le club devint professionnel suite à son adhésion à la légendaire Eastern Hockey League (EHL), cette fameuse ligue qui servira partiellement d'inspiration plus tard pour plusieurs équipes et personnages du film Slap Shot.

D'ailleurs, Joe ''Indian'' Nolan (#16 sur la photo), un des premiers joueurs des Comets dans la EHL jouera dans Slap Shot le rôle de Clarence ''Screaming Buffalo'' Swampton, cet indien fou que les joueurs des Chiefs croyaient banni à vie.




Dans la vraie vie, Nolan ne fut jamais banni à vie mais fut le premier joueur de la ligue à franchir la barre des 300 minutes de pénalités en une saison. Il jouera plus tard pour les Jets de Johnstown (la vraie équipe dont les Chiefs furent basés) mais retournera plus tard résider à Clinton et il devint même juge de ligne.

Comme le hockey fonctionnait à Clinton, la ligue accommoda l'équipe pour qu'elle joue la plupart de ses matchs locaux le samedi alors que leur aréna d'une capacité de 4000 spectateurs était plus facile à remplir les fins de semaine. Même si la EHL était basse dans l'échelon du hockey professionnel de l'époque, le petit marché de Clinton faisait quand même tout un contraste avec d'autres marchés de la même ligue comme Philadelphie, Washington, Charlotte, Baltimore et Nashville...

1961-62


Le club fut rapidement compétitif dans sa nouvelle ligue, perdant en finale en 1956 et remportant le championnat en 1959. Durant la saison 1959-60, Clinton vit les débuts professionnels du futur membre du temple de la renommée, Ed Giacomin qui y joua une vingtaine de matchs avant de graduer dans la AHL. On y vit également plusieurs futurs et ex-joueurs de la LNH comme Pete Babando, Benny Woit ainsi que quelques joueurs du Saguenay-Lac-St-Jean comme Jeannot Gilbert et Jean Lamirande.

Le club gagna de nouveau le championnat en 1964 (la coupe Walker). En 1965-66, l'équipe donna les rênes à un joueur-entraîneur légendaire du nom de Pat Kelly qui deviendra plus tard entraîneur des Rockies du Colorado et également le fondateur de la ECHL dont le trophée du championnat porte d'ailleurs son nom, la Kelly Cup. Sous les ordres de Kelly, les Comets remportèrent le championnat durant trois années d'affilée, soit de 1968 à 1970.


Pat Kelly


1967-68
Une des meilleures équipes de l'histoire des ligues mineures professionnelles

Cependant, aucune des ses saisons à la barre des Comets n'égala celle de 1967-68 alors que les Comets, lors d'un calendrier de 72 matchs, dominèrent la EHL avec une fiche de 57 victoires, 5 défaites et 10 matchs nuls pour ensuite remporter le premier des trois championnats de suite de l'équipe. Cette fiche de 57-5-10 serait apparemment un record d'excellence dans le hockey professionnel pour un calendrier d'au moins 70 matchs. Le pourcentage de victoire des Comets de 1967-68 est effectivement de 0.861%. À titre de comparaison, les Canadiens de 1976-77 ont le meilleur pourcentage de l'histoire de la LNH post-expansion à 0.825%.

Borden Smith
Chez les marqueurs des Comets durant cette saison 1967-68, on retrouvait 6 joueurs ayant récolté plus de 100 points. Le meilleur marqueur fut Borden Smith, originaire de Rouyn-Noranda, avec 69 buts. Kelly, en tant que joueur-entraîneur, récolta 68 points mais il était défenseur...

Le coeur et âme de cette équipe était toutefois le centre et capitaine Jack Kane qui joua de 1960 à 1972 avec les Comets et qui obtint presque 1000 points (972) en plus de 800 matchs avec eux.

À la direction, les Comets avaient comme directeur général Wren Blair qui fut en poste de 1958 à 1967. Ce n'était toutefois pas son seul emploi puisqu'il fonda également les Generals d'Oshawa en 1960 et c'est lui qui amena Bobby Orr à signer avec les Bruins de Boston en l'amenant à Oshawa, club sponsorisée par les Bruins. De 1963 à 1965, il fut également, en plus des Comets, DG des Bruins de Minneapolis dans la CHL. En 1967, Blair devint DG des nouveaux North Stars du Minnesota. Il était donc déjà parti de Clinton lors de ce ''three-peat'' de 68 à 70 mais l'équipe fut entièrement bâtie par lui.

Au début des années 70, la situation dans la EHL devint de plus en plus compliquée suite à plusieurs restructurations et changements à la direction. Il y avait également des bisbilles au sein des différents propriétaires et dirigeants d'équipe. En 1972, les clubs de la EHL s'étendaient le long de la côte est, soit de New York et du Massachusetts jusqu'en Floride. Les propriétaires des clubs plus au sud étaient en froid avec ceux des clubs plus au nord (comme Clinton) alors qu'il y avait plusieurs difficultés à s'entendre sur les frais de voyage. Avec le nouveau climat incertain du hockey avec l'explosion du nombre d'équipe suite à l'expansion de 1967 et l'arrivée de l'AMH en 1972, les dirigeants de la EHL décidèrent de fermer boutique après la saison 1972-73.

Les Comets de Clinton jouèrent donc leur dernière saison dans la EHL en contraste avec la plupart de leurs années où ils dominaient dans cette ligue alors qu'ils terminèrent au dernier rang avec seulement 18 victoires.

Après cette dernière saison 1972-73, la ligue fut dissoute et 4 clubs plus au sud de la ligue formèrent la Southern Hockey League (SHL) tandis que 5 autres clubs plus au nord joignirent les rangs de la nouvelle North American Hockey League (NAHL) dont les Jets de Johnstown qui éventuellement auront dans leurs rangs un jeune joueur du nom de Ned Dowd dont la sœur écrira plus tard le fameux film Slap Shot selon les souvenirs et récits de son frère. La NAHL allait également servir de ligue affiliée à la nouvelle AMH.

1972-73
Dernière édition des Comets de Clinton


Pour leur part, les Comets firent également le saut dans la NAHL mais pas à Clinton. L'équipe fut achetée par un groupe d'hommes d'affaires d'Utica où ils décidèrent de déménager l'équipe. Utica était une plus grande ville (60 000 habitants) avec plusieurs collèges et universités. Plusieurs spectateurs venaient d'ailleurs d'Utica lors de ces matchs de fin de semaine alors qu'il n'y a qu'une vingtaine de kilomètres entre les deux villes. L'équipe se renomma toutefois les Comets de Mohawk Valley. Mohakw Valley étant une région centrale de l'état située entre les montagnes Adirondack et les montagne Catskills.

En plus de ce changement de ville, les Comets perdirent également leur joueur-entraîneur de longue date, Pat Kelly, qui prit le chemin du sud et devint entraîneur des Checkers de Charlotte dans la SHL. Il mènera ces derniers au championnat de cette ligue en 1976.



Peu de joueurs de renom jouèrent pour les Comets durant cette période NAHL malgré que plusieurs eurent ou auront une petite ''tasse de café'' dans la LNH. Les plus célèbres Comets de l'ére NAHL furent le gardien Michel Dion, l'ex-défenseur des Bruins et des Penguins Bob Woytowich et comme on était dans la NAHL durant les années 70, on se doit de retrouver un des frères Carlson à un moment donné. Ici c'est Jeff Carlson qui y joua 17 matchs en 1976-77.

Le climat du hockey professionnel durant cette période devint ce que l'on sait avec la dilution de talent suite à cette explosion d'équipes professionnelles. Les plus bas niveaux du hockey comme la NAHL étaient un terreau peu fertile en talent mais davantage en bagarres et en instabilité au niveau organisationnel. Le film Slap Shot est pratiquement un documentaire à ce niveau... Les Comets réussirent à survivre durant l'entièreté de l'existence de la NAHL mais cette dernière ne dura que 4 saisons. À l'automne 1977, les Comets ainsi que la NAHL cessèrent leurs activités. 

Malgré que le hockey professionnel ne revint jamais dans la petite municipalité de Clinton, le hockey continua à connaitre des hauts et des bas à Utica (ou à Mohawk Valley). Un autre club du nom des Mohawks d'Utica évolua dans deux autres ligues éphémères, la Northeastern Hockey League (1978-79) et ensuite dans une nouvelle Eastern Hockey League pour une saison (1979-80). Cette deuxième EHL fut ensuite réorganisée en une nouvelle ligue, la Atlantic Coast Hockey League (ACHL) qui sera en opération de 1981 jusqu'en 1987 et dont plusieurs clubs joindront ensuite les rangs de la ECHL.

Martin Brodeur
avec les Devils d'Utica
Dans la ACHL, on vit apparaître les Stars de Mohawk Valley qui reprendront le nom des Comets en 1985. Après la fin de la ACHL, le club-école des Devils s'établit à Utica. Les Devils d'Utica joueront dans la ''mohawk valley'' jusqu'en 1993 et on revit finalement dans la région de futurs joueurs de la LNH comme Martin Brodeur, Valeri Zelepukin et Paul Ysebaert entre autres.

Les années 90 furent toutefois difficiles à Utica alors qu'on y vit plusieurs clubs éphémères après le départ des Devils en 1993. Les Bulldogs (1993-94) et ensuite les Blizzards (1994-97) évoluèrent dans la profonde Colonial Hockey League et on vit apparaître par la suite les Prowlers (1997-2001) dans la United Hockey League. Ensuite on ne vit presque pas de hockey dans la région si ce n'est qu'au niveau collégial avec Utica College.

En 2013, on vit finalement l'apparition d'un nouveau club affilié à la LNH, les Comets d'Utica, qui demeurent associés aux Canucks depuis ce jour. En 2016, le club honora les anciens Comets de Clinton et l'édition 1967-68 de cette dernière lors d'une cérémonie d'avant-match et avec un nouveau chandail vintage pour les Comets. Sous les ordres de Travis Green, les Comets s'inclinèrent en finale en 2015 mais Green gradua éventuellement avec les Canucks en 2017.

Comets d'Utica

Soirée et bannière en honneur des Comets de 1967-68




Chandail vintage des Comets


Bref, le hockey professionnel continue d'évoluer à Utica mais pour Clinton c'est quelque chose du passé. Clinton fut toutefois élue comme ville hôtesse du concours Kraft Hockeyville en 2018 et accueillit donc un match pré-saison entre les Sabres et les Blue Jackets en septembre 2018.


Sources:
Record-setting Clinton Comets honored, Utica Observer Dispatch, 4 juin 2012

Pat Kelly reflects on his time with the Clinton Comet, ECHL.com
Buffalo Hockey beat 
Thank you Albert Perryman
Utica Comets
Fun While it lasted


mercredi 27 septembre 2017

Le prix des billets du Rocket








Malgré des prix parmi les plus élevés de la LNH, la zone famille de plus en plus petite et la zone Molson Ex (64$ en régulier, encore plus en fin de semaine ou pour les matchs premium) qui se vend maintenant au même prix que les bleus, les billets des Canadiens continuent de s’envoler assez vite.
 
Pour ceux qui veulent assister à un match à prix plus raisonnable, dépendamment d’où vous habitez, il y a bien sûr le hockey junior, le hockey universitaire, le hockey senior ou le hockey féminin.  Par contre, à partir de cette année, il y a une nouvelle alternative, la Ligue américaine, avec l’arrivée du Rocket de Laval.
 
Mais qu’en est-il de la structure de prix?  Où les Canadiens positionnent-ils leur club école?  Où se situe le Rocket par rapport aux autres équipes de la Ligue américaine?
 
J’ai donc fait ma petite enquête.  Toutefois, la tâche n’est pas aussi simple que cela pourrait paraître, puisque chaque équipe a sa façon de faire.
 
D’abord, je me suis limité aux équipes de la Conférence est, puisque celles-ci risquent d’avoir une structure de coût semblable (au niveau des voyages entre autres).
 
Et bien qu’il existe une variété de forfaits, de prix de groupe, de promotions et de frais de billetterie, je me suis aussi limité au prix des billets individuels, pour rendre les choses simples.  Combien doit débourser le partisan moyen pour assister à un match de temps à autre?
 
Au fil de mon étude, j’ai aussi décidé de faire un autre ajustement.  J’ai réalisé que plusieurs équipes avaient de très petites sections avec des billets plus chers (habituellement la rangée sur le bord de la bande).  Je suppose que cette catégorie s’adresse à ceux qui veulent le meilleur billet, peu importe le prix.  On retrouve ceci entre autres à Bridgeport, Charlotte, Hartford, Lehigh Valley, Springfield et Laval.  J’ai donc décidé de retirer ces sections, puisqu’elles ne sont pas vraiment représentatives et qu’elles ne sont pas disponibles en grande quantité.  (C’est particulièrement vrai à Charlotte, où ces billets se détaillent à 86$ chacun, alors que les suivants se vendent 35,50$.  Les inclure aurait fait paraître les billets des Checkers, le club école des Hurricanes, beaucoup plus chers qu’ils ne le sont réalité.)
 
Remarquez que j’aurais aussi pu faire la même chose à l’autre bout du spectre avec les toutes petites sections à rabais que possèdent les Phantoms de Lehigh Valley (Flyers) et les Thunderbirds de Springfield (Panthers).  J’ai toutefois décidé de les inclure, tout comme j’ai inclus les nombreux matchs à 10$ de rabais des Bruins de Providence (qui est en fait le principe des matchs premium, mais inversé).
 
Conclusion?  À l’image des billets des Canadiens, ceux du Rocket sont plutôt chers. 
 
 
Pour les billets les plus dispendieux (47$), ils sont même plus coûteux que ceux des Marlies de Toronto (Maple Leafs, 41$).  En fait, il n’y a que ceux des Sound Tigers de Bridgeport (Islanders, 50,50$) qui sont plus chers.  Est-ce parce qu’ils sont dans la région de New York (au sens élargi) qu’ils sont si chers?  Peut-être.  Du moins, ce n’est pas parce que l’aréna est trop petit, puisque le Webster Bank Arena de Bridgeport peut tout de même contenir 8525 spectateurs.
 
Et qu’en est-il des billets les moins chers?  À 25$, ceux du Rocket sont les moins abordables du groupe.  De plus, l’écart entre les plus dispendieux et les plus abordables est parmi les plus grands (derrière Toronto, Bridgeport et Lehigh Valley).
 
Par contre, les billets du Rocket sont en dollars canadiens.  Est-ce que les résultats seraient différents si on tenait compte du taux de change pour les équipes canadiennes?  J’ai donc ajusté dans mon tableau les prix du Rocket, des Marlies et des Senators de Belleville avec un taux de 0,80$.
 
 
Les billets les plus dispendieux (37,60$) demeurent les deuxièmes plus chers, derrière Bridgeport, mais ils se font maintenant chauffer par Lehigh Valley (36$), qui dépassent maintenant les Marlies (32,80$).
 
Pour les billets les plus abordables (20$ une fois convertis en dollars américains), ils se font maintenant coiffer par Bridgeport (21$) et sont rejoints par ceux du Wolf Pack de Hartford (Rangers) et des Bears de Hershey (Capitals).
 
Dans un autre registre, vous pourriez voir (quantités limitées de toute évidence, mais toujours disponibles au moment d'écrire ces lignes):
 
-les Canadiens jouer en Caroline le 27 décembre à partir de 23,31$ US (plus les frais, évidemment);
-P.K. Subban et les Predators affronter les Sénateurs à Ottawa le 8 février à partir de 30,61$ Can;  
-les Canadiens affronter les Islanders à Brooklyn le 2 mars à partir de 29$ US;
-les Canadiens jouer au New Jersey le 6 mars à partir de 37,79$ US.
 
Sans oublier ces offres des Coyotes :

 
Le moins qu’on puisse dire, c’est que le prix des billets varie beaucoup d’un endroit à l’autre…

jeudi 13 août 2015

Historique des club-écoles du CH - 3ème partie






Voici la conclusion de la série sur les club-écoles du Canadien de Montréal durant les dernières décennies. Nous couvrirons maintenant un période couvrant de 1974 à nos jours. Pour chaque équipe rencontrée en chemin on retrouve une photo, un petit historique et une liste partielle des joueurs les plus connus à avoir joué pour l'équipe durant la période où elle était associée au Canadien. Certains des joueurs les plus connus ont déjà eu un article à leur sujet sur ce blogue et ont un lien cliquable pour le lire. Pour les premières équipes dans cette partie vous remarquerez que la dilution du talent dans les années 70 est assez évidente et vers la fin du décompte, vous verrez que les clubs-écoles principaux (dans la ligue américaine) sont de plus en plus stables et ont des durées de vies plus longues que ceux qu'on a vue précédemment... à l'exception de la ECHL avec qui les affiliations sont toujours aussi éphémères.

Si vous avez manqué les autres chapitres, cliquez ici pour la première partie et ici pour la deuxième.



Eagles de Syracuse 1974-75 (AHL)


Une des franchises de hockey à l'existence la plus courte, les Eagles de Syracuse ne jouèrent que durant cette seule saison 74-75, leur première et dernière. Elle disparut discrètement de la scène un peu trop peuplée du hockey professionnel des années 70, sans déménagement ou suspension des activités. Juste partis. Les Canadiens avaient donc, avec les Voyageurs de la Nouvelle-Écosse, 2 équipes affiliées dans la ligue américaine durant la saison 74-75. Ils étaient également affiliés aux Blues.

Joueurs les plus connus: Wayne Bianchin (Pittsburgh), Bill Goldthorpe (l'inspiration d'Ogie Oglethorpe dans Slapshot), Jacques Caron


Wings de Kalamazoo 1976-1977 (IHL)

Les Wings de Kalamazoo (au Michigan) furent membre de la IHL de 1974 à 2000, période durant laquelle ils gagnèrent deux coupes Turner de suite (1979 et 1980). Ils étaient originalement le club-école des Red Wings de 1974 à 1987 (d'où le nom probablement) mais en 1976-77 les Canadiens firent de la partie également avec un 3ème club-école (en plus des Voyageurs de la Nouvelle-Écosse et les Jaros de la Beauce qu'on a vu dans la 2ème partie).

Joueurs les plus connus: … Behn Wilson ?


Generals de Flint/Saginaw 1980-1987 (IHL)

Les Generals de Flint (au Michigan) existèrent originalement dans la IHL de 1969 à 1985. Ils déménagèrent ensuite à Saginaw (toujours au Michigan) et changèrent leur nom pour les Hawks en 1987 avant de terminer leurs activités en 1989. Une nouvelle incarnation des Generals de Flint joua dans la United Hockey League (UHL) de 1993 à 2010. Les premiers Generals furent le club-école des Canadiens dans la IHL de 1980 à 1987 et remportèrent le championnat en 1984. Ils étaient aussi affiliés avec les Blackhawks de 1985 à 1987.

Joueurs les plus connus: Steve Penney, Réal Cloutier (ancien des Nordiques), Darren Pang.


Canadiens de Sherbrooke 1984-1990 (AHL)
Les Canadiens (de Montréal) déménagèrent leur club-école de la Nouvelle-Écosse à Sherbrooke en 1984 et décidèrent de lui donner le même nom et le même uniforme que le grand club. Les jeunes prospects des Canadiens de déçurent pas, remportant la coupe Calder en 1985 avec plusieurs futurs vedettes du grand club qui aidèrent celui-ci à remporter la coupe Stanley dès l'année suivante. Il y avait auparavant à Sherbrooke les Jets, un club affilié aux Jets de Winnipeg de 1982 à 1984. Les Canadiens de Sherbrooke furent affiliés aux deux équipes de 1984 à 1987.

Joueurs les plus connus: Patrick Roy, Andrew Cassels, Eric Desjardins, J.J Daigneault, Mike Keane, Stephan Lebeau, Claude Lemieux, Jyrki Lumme, Lyle Odelein, Stéphane Richer, Mathieu Schneider, Brian Skrudland et autres…


Canadiens de Fredericton 1990-1999 (AHL)

Le club-école principal déménagea à Fredericton au Nouveau-Brunswick pour la décennie des années 90 et garda le nom des Canadiens. Aucun championnat durant cette période mais l'équipe se rendit toutefois à la finale en 1995.

Joueurs les plus connus: Francis Bouillon, Patrice Brisebois, Benoit Brunet, Valeri Bure, Craig Conroy, Gilbert Dionne, Paul DiPietro, John LeClair, Gary Leeman (en fin de carrière), Oleg Petrov, Stéphane Robidas, Craig Rivet, Brian Savage, Pierre Sevigny, Turner Stevenson, Jose Theodore, Darcy Tucker, Tomas Vokoun.


Komets de Fort Wayne 1990-1991 (IHL)
De 1987 à 1992, il y avait seulement les Canadiens de Sherbrooke/Fredericton comme seule équipe affiliée aux Canadiens. La seule exception fut en 90-91 où l'équipe fut partiellement affiliée aux Komets de Fort Wayne en Indiana. L'histoire complète des Komets est très compliquée et je vous référerais plutôt à leur page wikipedia pour en savoir plus. Quoiqu'il en soit, les Komets de 1991 se rendirent en finale de la IHL où ils perdirent aux mains des Rivermen de Peoria.

Joueurs les plus connus: Bruce Boudreau, Stéphane Beauregard et la légende des Mighty Ducks et du jeu NHL 94: ROBIN BAWA!


Bulldogs de Flint 1992-93 (CoHL)

Un deuxième club-école s'ajouta au système de l'équipe en 1992 et non pas dans la IHL ou la ECHL mais dans la Colonial Hockey League (CoHL), une ligue on ne peut plus obscure avec des équipes principalement situées en bordure du Michigan et de l'Ontario. La ligue changea de nom pour la UHL en 1997 et reprit le nom vacant de la IHL en 2007.

Joueur le plus connu : Marty Howe. Oui apparemment que le fils de Gordie, ancienne légende de l'AMH n'avait plus joué au hockey depuis 1985 mais revint jouer 3 matchs avec les Bulldogs en 1992-93…


Wheeling Nailers/Thunderbirds 1992-97, 2010-2015 (ECHL)

La franchise maintenant connue sous le nom des Nailers de Wheeling est la plus vieille franchise de hockey mineur toujours active (en dehors de la ligue américaine). C'est-à-dire la seule franchise toujours existante sans avoir suspendu ses activités. Elle existe depuis… 1981.

L'équipe débuta dans la Atlantic Coast Hockey League (ACHL) sous le nom des Thunderbirds de Winston-Salem. Elle se renomma les Thunderbirds de la Caroline l'année suivante et fut une des franchises inaugurales de la East Coast Hockey League (ECHL) en 1988. L'équipe déménagea à Wheeling (Virginie de l'ouest) en 1992 et changea ensuite de nom pour les Nailers en 1996. Elle est toujours présente à Wheeling et est aussi le 2ème club-école des Penguins (d'où leurs couleurs). Elle fut le club-école secondaire des Canadiens à deux reprises.

Joueurs les plus connus: tous durant la première association de 92 à 97 et aucun vraiment durant la deuxième: Tomas Vokoun, Ron Wilson, Yves Sarault, Daniel Berthiaume, Patrick Labrecque, Francis Bouillon.


Depuis 1992, plusieurs équipes de la ECHL se passent le flambeau comme équipe secondaire affiliée au CH. Les Nailers sont ceux qui eurent cette fonction le plus longtemps (avec 13 ans d'écart) mais 6 autres équipes aux noms plus exotiques les uns que les autres se sont succédées entretemps:

- Brass de New Orleans (1997-99)
- Tigers Sharks de Tallahassee (2000-01)
- Sea Wolves du Mississippi (2001-02)
- Cottonmouths de Colombus (2002-03)
- Ice Dogs de Long Beach (2004-06)
- Cyclones de Cincinnati (2006-10)

Joueurs les plus connus de ces 6 équipes: Michael Ryder (Tallahassee et Mississippi), Mark Streit (Tallahassee, avant d'être repêché par le CH), François Beauchemin (Mississippi), Olivier Michaud (Colombus et Long Beach), Jaroslav Halak (Long Beach), David Desharnais (Cincinnati), Frederic St-Denis (Cincinnati)


Citadelles de Québec 1999-2002 (AHL)

Le club-école principal des Canadiens retourna à Québec pour la première fois depuis les As en 1967. Espérant combler le vide laissé par le départ des Nordiques et des Rafales (LOL), un groupe d'hommes d'affaires devint actionnaire en 1999 d'une nouvelle équipe de la ligue américaine et les Canadiens de Fredericton, qui avaient essuyé d'importantes pertes financières, déménagèrent à Québec en avril 1999 et devinrent les Citadelles de Québec. Le club ne fut toutefois pas un grand succès à Québec et l'équipe fusionna avec les Bulldogs d'Hamilton en 2002. Aucune équipe professionnelle n'a joué à Québec depuis…

Joueurs les plus connus: François Beauchemin, Michael Ryder (photo), Jesse Belanger, Francis Bouillon, Eric Fichaud, Mathieu Garon, Ron Hainsey, Oleg Petrov, Stéphane Robidas, Sergei Zholtok, Mike Ribeiro, Pierre Sevigny, Jason Ward, José Theodore, Andrei Markov, Marcel Hossa, Gino Odjick, Patrick Poulin, Juha Lind (LOL).


Bulldogs d'Hamilton 2002-2015 (AHL)

Cette franchise débuta ses activités en 1984 lorsque le club-école du Canadien de l'époque (Les Voyageurs) déménagèrent de la Nouvelle-Écosse. Le club-école des Oilers d'Edmonton élut donc domicile à Halifax et la nouvelle équipe des Oilers de la Nouvelle-Écosse fut crée. L'équipe déménagea au Cap Breton en 1988 et y restèrent jusqu'en 1996, année où elle devint les Bulldogs d'Hamilton. En 2001, les Oilers voulaient déménager leur club-école à Toronto mais un mouvement de sauvetage des Bulldogs fut créé et il fut décidé de fusionner les Bulldogs avec les Citadelles, tout en gardant l'équipe à Hamilton et en employant les meilleurs joueurs des deux équipes. En 2003, les Oilers se retirèrent finalement de l'aventure et déménagèrent leurs joueurs des Bulldogs à Toronto pour former la nouvelle équipe des Roadrunners de Toronto. Maintenant sous tutelle complète des Canadiens, les Bulldogs se rendirent même en finale de la coupe Calder en 2007 avec un jeune gardien prometteur qui les aida à remporter les grands honneurs. L'équipe ne fut pas aussi bonne par la suite, terminant d'ailleurs hors des séries lors des 4 dernières saisons. Peut-être que ça ira mieux à St. John…

Joueurs les plus connus: Michael Ryder, Mariusz Czerkawski (ouch…), François Beauchemin, Mike Komisarek, Tomas Plekanec, Chris Higgins, Andrei et Sergei Kostitsyn, Jaroslav Halak, Maxim Lapierre, Mikhail Grabovski, David Desharnais, Max Pacioretty, Brendan Gallagher, Carey Price, P.K Subban et autres...

samedi 8 août 2015

Historique des club-écoles du CH - 2ème partie




Voici la deuxième partie de la série sur les club-écoles du Canadien de Montréal durant les dernières décennies. Nous couvrirons maintenant un période couvrant 20 ans, soit de 1956 à 1976. Pour chaque équipe rencontrée en chemin on retrouve une photo, un petit historique et une liste partielle des joueurs les plus connus à avoir joué pour l'équipe durant la période où elle était associée au Canadien. Certains des joueurs les plus connus ont déjà eu un article à leur sujet sur ce blogue et ont un lien cliquable pour le lire.

Americans de Rochester - 1956-1960 (AHL)

Après deux saisons sans équipe affiliée dans la AHL, les Canadiens s'associèrent à la nouvelle équipe des Americans de Rochester pour la saison 1956-57 de nouveau en partenariat avec les Maple Leafs. Les Americans sont depuis une des meilleures équipes de la ligue américaine et la 4ème plus vieille équipe de la ligue. Ils ne remportèrent toutefois pas de championnat durant leur association avec Montréal. Les Maple Leafs rachetèrent les parts des Canadiens dans l'équipe en 1960.

Joueurs les plus connus: Charlie Hodge, Ralph Backstrom, Gerry McNeil, Ken Mosdell, Jean-Claude Tremblay, Bobby Rousseau, Gilles Tremblay ainsi que plusieurs autres avec les Maple Leafs.

Spokes/Comets de Spokane - 1958-1961 (WHL)

Pour la première fois de son histoire, le Canadien eut un club-école dans le nord-ouest nord-américain. Les Spokes/Comets de Spokane (dans l'état de Washington) furent une équipe éphémère de la WHL qui exista de 1958 à 1963. Avant les Comets, les clubs-écoles les plus éloignés de Montréal furent les Warriors de Winnipeg et les Texans de Dallas. Ils débutèrent leur existence sous le nom des Spokes avant de changer pour les Comets après une saison. Peu d'informations à leur sujet et aucun championnat durant leur courte histoire. Ils déménagèrent à Denver en 1963.

Joueurs les plus connus: Cesare Maniago, Gilles Boisvert, Don Cherry
 

Canadiens de Hull-Ottawa - 1959-1963 (EPHL)

En 1959, une nouvelle ligue fut crée sous le nom de la Eastern Professional Hockey League (EPHL). La EPHL était la première ligue exclusivement dédiée au développement des joueurs de la LNH et était sous le contrôle total de la grande ligue. Les Royaux de Montréal en firent également partie après leur départ de la ligue du Quebec. L'expérience de cette nouvelle ligue ne fut pas un succès sur le plan financier et la ligue termina ses opérations rapidement en 1962 mais les Canadiens de Hull-Ottawa furent un succès au niveau purement hockey, en remportant deux championnats et en accomplissant leur mission principale de développer plusieurs bons joueurs pour les Canadiens.

Joueurs les plus connus: Bobby Rousseau, Gilles Tremblay, Jean-Claude Tremblay, Jacques Laperrière, Barclay Plager et Red Berenson (légendes des Blues), André Boudrias (légende des Canucks), Cesare Maniago, Terry Harper, Claude Larose.

Barons de Cleveland - 1960-61, 1963-64, 1967-1969 (AHL)

La première incarnation des Barons de Cleveland fut pendant longtemps la franchise la plus victorieuse de la ligue Américaine durant leur existence de 1937 à 1973, remportant 9 fois la coupe Calder. Ce record fut toutefois éclipsé en 2009 lorsque les Bears de Hershey remportèrent leur 10ème titre. L'origine de l'équipe remonte à 1929 alors qu'elle se nommait les Indians et évoluait dans la IHL. Elle changea de nom pour les Falcons en 1934 et finalement les Barons en 1937. Ils furent l'équipe affiliée des Canadiens à trois reprises durant les années 60, remportant d'ailleurs leur dernière coupe Calder en 1964 sous la tutelle des Canadiens. En 1972, le propriétaire des Barons devint également propriétaire des Crusaders de Cleveland dans la nouvelle ligue de l'AMH et décida après une saison que les deux équipes ne pouvaient pas coexister. Les Barons déménagèrent à Jacksonville après la saison 72-73. Trois ans plus tard, les Golden Seals de Californie de la LNH déménagèrent à Cleveland, ce qui causa le départ des Crusaders et le retour éphémère des Barons (version LNH) de 1976 à 1978. Une autre équipe sous ce nom exista dans la AHL de 2001 à 2006.

Joueurs les plus connus: Jim Roberts, John Ferguson, Bill Masterton, Bill Hicke, Pierre Bouchard.

Les As de Québec - 1962-1967 (AHL)

Les As de Québec étaient originalement une équipe amateur qui gagna notamment la coupe Allan en 1944. L'équipe est surtout reconnue pour le passage du grand Jean Beliveau avec l'équipe de 1951 à 1953 alors que l'équipe jouait dans la Ligue Senior du Quebec. Elle joignit les rangs de la ligue américaine en 1959 et fut le club-école du Canadien de 1962 à 1967 et ensuite des Flyers de 1967 à 1971, période durant laquelle les As développèrent plusieurs joueurs québécois durant les premières saisons des Flyers. Les Flyers décidèrent toutefois de déménager le club-école à Richmond en Virginie pour la saison 1971-72. Ancien texte de Martin sur 25Stanley.

Joueurs les plus connus: Dollard St. Laurent (en fin de carrière), Doug Harvey, Gump Worsley, Yvan Cournoyer (7 matchs), Jacques Lemaire (1 match), et plusieurs autres pour les Flyers par la suite.

Knights de Omaha - 1963-65 (CHL)

Originalement membres de la IHL de 1959 à 1963, les Knights de Omaha firent le saut dans la nouvelle ligue de la Central Hockey League (CHL) en 1963. La CHL avait originalement la même mission de développement exclusif que la défunte EPHL qu'on a vu plus haut à l'époque des Canadiens de Hull-Ottawa. Ils remportèrent la coupe Adams en 1964 sous la tutelle des Canadiens. Leur aréna, le Ak-Sar-Ben Coliseum dut être rénové en 1965 et le CH déménagea le club à Houston au Texas. Une autre équipe du même nom débuta la saison suivante à Omaha après les rénovations. Ils cessèrent toutefois leurs activités en 1975 après avoir remporté 3 autres coupes Adams en 1970, 71 et 73.

Joueurs les plus connus: Claude Larose, Cesare Maniago, Jim Roberts, André Boudrias, Barclay Plager.


Apollos de Houston - 1965-1969 (CHL)

Pour la première fois depuis les Texans de Dallas, un club-école du Canadien fut nommé au Texas, cette fois-ci à Houston. Après que les Knights durent quitter Omaha, les Canadiens envoyèrent donc leurs prospects à la nouvelle équipe des Apollos de Houston. L'expérience au Texas fut encore une fois un échec pour Montréal. Les coûts de transport, le manque de temps pour l'entrainement et de pauvres résultats au guichet forcèrent les Canadiens à déménager leur club-école après la saison 68-69. Les Apollos disparurent donc de la CHL en 1969 mais une autre version de l'équipe fut crée en 1979 suite à la disparition des Aeros de Houston dans l'AMH. Les nouveaux Apollos revinrent donc dans la CHL mais ce fut de courte durée. Ils cessèrent définitivement leurs opérations durant la saison 80-81.

Joueurs les plus connus: André Boudrias, le futur arbitre Bill McCreary, Jacques Lemaire, Serge Savard (photo), Rogatien Vachon, Carol Vadnais, Tony Esposito, Guy Lapointe (photo).


Mohawks de Muskegon - 1967-1973 (IHL)


Les Mohawks de Muskegon débutèrent leurs activités dans la IHL en 1960 sous le nom des Zephyrs de Muskegon (au Michigan). Ils se renommèrent les Mohawks en 1965, deux ans avant leur association avec les Canadiens en 1967. C'était la première association de Montréal avec une équipe de cette ligue depuis sa création en 1945. L'équipe était compétitive durant cette période, remportant le championnat en 1968 et terminant souvent en première place de la ligue. L'association avec Montréal dura jusqu'en 1973. L'équipe changea une autre fois de nom en 1984 pour devenir les Lumberjacks, nom qu'ils portèrent jusqu'en 1992. L'équipe fut déménagée à Cleveland mais garda le nom des Lumberjacks.

Joueurs les plus connus: André Pronovost (en fin de carrière), Chico Resch.


Voyageurs de Montréal/Nouvelle-Écosse - 1969-1984 (AHL)

La plus longue association entre le CH et un club école, les Voyageurs déménagèrent de ville et de ligue en 1969 lorsque l'expérience des Apollos de Houston fut soldée par un échec. La nouvelle équipe des Voyageurs évolua désormais à Montréal dans la ligue américaine durant deux saisons (1969 à 1971) et déménagea par la suite à Halifax, son domicile jusqu'en 1984. Ils furent la première équipe de la ligue américaine située dans les provinces atlantiques. L'équipe fut un succès sur la glace, gagnant trois coupes Calder (1972, 1976 et 1977) et ne ratèrent jamais les séries durant leur existence. À noter aussi que les Voyageurs furent aussi partagés par les Flames d'Atlanta en 1975-76 et les Nordiques en 1980-81.

Joueurs les plus connus: Réjean Houle, Guy Lapointe, Pete Mahovlich, Guy Carbonneau, Yvon Lambert, Mike McPhee, Larry Robinson, Keith Acton, Mario Tremblay, Pierre Mondou, Rod Langway, Brian Skrudland.


Salt Lake Golden Eagles - 1969-70 (WHL)

En plus des Voyageurs et des Mohawks, les Canadiens avaient une troisième équipe affiliée durant la saison 1969-70, les Golden Eagles de Salt Lake dans la WHL. Les Golden Eagles évoluèrent dans trois ligues durant leur existence. Ils débutèrent dans la WHL de 1969 à 1974, dans la CHL de 1974 à 1984 et finalement dans la IHL de 1984 à 1994. Ils devinrent par la suite les Vipers de Détroit jusqu'à la fin de la IHL en 2001. Peu de choses à dire sur la courte époque où ils étaient affiliés au Canadien. Ils était également affiliés aux Bruins durant la même saison.

Joueurs les plus connus: Elmer Vasko (Chicago), Ernie Hicke (joueur vagabond)


Jaros de la Beauce - 1975-1976 (NAHL)

En terminant, je n'élaborerai pas trop sur les fameux Jaros de la Beauce car Martin en a déjà parlé dans unarticle plus complet et leur page Wikipedia est aussi très complète. En résumé, les Jaros jouait dans la North American Hockey League (NAHL), la ligue qui inspira en partie le film Slapshot. Les Jaros étaient supposément un des clubs affiliés aux Oilers et au Canadiens durant leur saison et demie d'existence. Ils terminèrent leurs opérations durant la saison 76-77.

Joueurs les plus connus: ouf… euh… Alain Caron, Bruce Bullock… et Wally Weir ?



Conclusion bientôt dans la 3ème partie.