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mardi 22 novembre 2022

La grande excursion du lancement LVEUP 2022


Benoit Harbec (keithacton), Martin Sasseville (Martin ITFOR), Mathieu Gravel (RaySheppard) et Etienne Hallé (Kirk McLean) réunis les quatre en personne pour la première fois!





Ouffffff.... Quelle épopée. J'ai rarement vécu une fin de semaine aussi paquetée et intense. Et j'ai déjà eu des passes VIP gratuites pour Osheaga et Heavy MTL...

C'était le vendredi 11 novembre dernier qu'avait finalement lieu le lancement de notre livre «Le meilleur de La vie est une puck» lors d'une soirée 5 à 7 qui s'est étirée jusqu'à environ 21h pour la plupart, mais beaucoup plus dans mon cas alors que le lancement n'était qu'une partie de tout ce que j'avais à l'horaire durant cette fin de semaine. Comme j'ai fait beaucoup de route et vécu toutes sortes d'aventures durant ces quelques jours, j'écrivais un peu ce texte dans ma tête en conduisant et en parlant tout seul dans mon char. J'ai donc pensé ressasser tout ça quelques jours plus tard sous la forme d'une excursion LVEUP, ce qui vient d'ailleurs parfaitement compléter le concept de nos excursions 2021-22 de l'an dernier... Mais tout ça était bien plus qu'une simple excursion pour un match, alors ce sera un texte assez différent avec tout plein d'anecdotes et de trucs personnels.

Voici la grande excursion LVEUP 2022, un histoire divisée en 3-4 temps...

Mon périple commençait le vendredi au matin. Comme c'est moi qui était le principal chef d'orchestre de ce projet de livre, j'avais passé la semaine précédente à préparer cette soirée de lancement et les livraisons subséquentes pour ceux qui avaient précommandé. J'avais paqueté mon char la veille et après avoir amené mon garçon à l'école, j'ai immédiatement pris la route pour me taper ces cinq-six heures interminables entre Alma et Montréal.

Je suis arrivé dans la métropole vers 14h, ce qui me laissait amplement le temps d'aller me virer à la Grande Bibliothèque Nationale afin d'y livrer nos deux exemplaires pour remplir les conditions du dépôt légal. On retrouve donc dans la plus grande bibliothèque du Québec une copie de notre livre offerte au grand public et une autre dans les archives nationales. Un bon début on peut dire!

J'avais ensuite à me rendre à mon Airbnb faire mon check-in avant de retourner au «Café-Boutique les Malins», là où avait lieu notre grand lancement. Opéré par la maison d'édition jeunesse "Les Malins", le café est encore tout jeune alors qu'il n'a ouvert que l'an passé. J'ai été grandement surpris de l'endroit une fois arrivé alors que j'ignorais qu'ils ont un sous-sol exclusif pour enfants avec jeux, coussins, glissade et plein de choses, ce qui laisse le champ libre aux parents de rester au rez-de-chaussée pour prendre une bière ou un café. Comme notre clientèle tourne pas mal aux alentours des 35-50, c'était très approprié comme endroit et toutes ces petites familles ont pu bien profiter de leur soirée. J'avais d'ailleurs apporté un écran et ma console rétro pour y mettre des jeux de hockey comme Blades of Steel et Ice Hockey. J'étais d'ailleurs très content de voir plusieurs jeunes s'y essayer contre leurs parents.

Le lancement s'est super bien déroulé, malgré qu'il y avait de grosses averses ce soir-là, ce qui a sans doute refroidi plusieurs visiteurs potentiels. La route était même bloquée à certains endroits et Kirk McLean a eu de la difficulté à retourner à Victoriaville en fin de soirée. Mais on a quand même eu un bon groupe de lecteurs et d'amis qui s'y sont déplacés, surtout des amis de longue date de Martin qui ne s'étaient pas vus depuis longtemps. keithacton avait toute sa famille qui l'accompagnait et Kirk McLean avait aussi quelques membres de sa famille qui s'étaient déplacés. Moi pour ma part, je n'ai presque plus d'amis ou de famille à Montréal et les environs, la plupart étant retournés en région comme moi ou ailleurs dans le monde. J'ai quand même revu ma vieille chum amie Sophie et mon pote Juair que je remercie d'ailleurs de s'être déplacés.
 
On est assez cons parce qu'on a presque pas pris de photos à part celle du haut avec les quatre auteurs. En voici une des seules qu'on a pris, soit de Kirk McLean et sa cousine Anne-Marie qui posent devant ma fameuse œuvre «Passe-temps perdus 1990» que j'avais décidé d'amener quand j'ai vu qu'il restait un peu de place par dessus toutes ces boites dans mon auto.


 
On avait un tab d'ouvert au bar et même si j'en ai pas abusé, je me suis ramassé pas mal pompette vers la fin. J'ai alors tout laissé sur place dans le backstore, et j'allais repasser le lendemain matin chercher tout ça. Le lancement derrière moi, j'étais donc prêt à passer en mode plus relax et à profiter un peu de ma fin de semaine. C'est alors que mon côté loup-garou montréalais est ressorti…

Pour vous mettre en contexte et diverger un peu, je fais partie de cette rare race de «double expatriés». 
 
Je m'explique. Je suis originaire du Lac-St-Jean mais j'ai habité à Montréal de 2004 à 2014 soit un bon dix ans. Lorsque tu viens de la région et que tu t'installes à Montréal, tu es surnommé comme étant un «expatrié du Lac», ce qui a toujours eu une drôle de connotation selon moi. Ça sonne un peu comme «réfugié» ou «exilé» ou autre terme un peu plus dramatique. On pourrait croire que cela réfère à quelqu'un qui n'est pas à sa place ou qui a été déplacé contre son gré.

Lorsque tu reviens en région eh bien on a pas vraiment de terme pour ça. Tu as simplement fait un «retour en région» ou «retour au bercail» ou «retour aux sources», ce que j'ai fait en retournant au Lac-St-Jean avec ma future épouse. Mais moi je me considère davantage comme un «expatrié de Montréal» alors que je vie une dualité depuis des années où je suis tiraillé par mes deux vies, soit celle de maintenant plus pépère en région et celles avec mes fantômes du passé à Montréal. Je connais plein de gens de région qui détestent Montréal et vice-versa, des gens qui sortent tout plein de préjugés inutiles qui ne mènent à rien. Moi je suis fier et heureux d'habiter au Lac-St-Jean et j'ai quand même adoré à mort mes années à Montréal. Et quand je me retrouve dans une de ces deux places, je m'ennuie de l'autre et vice-versa. Cependant, j'ai bien laissé tout ça derrière moi et je ne suis retourné que très peu de fois à Montréal depuis 2014. Quand je revenais, c'était lors de visites éclairs pour le travail ou bien pour porter quelqu'un à l'aéroport ou quelque chose du genre. Même qu'une fois c'était pour des funérailles d'un ami décédé du cancer. Donc rien de bien palpitant...

Mais, lors de cette fin de semaine du lancement, je me retrouvais donc un peu pompette et sans responsabilités, en plein vendredi soir pluvieux sur l'avenue Mont-Royal et je me suis rendu compte que c'était la première fois que j'étais «lâché lousse» à Montréal depuis cette époque lointaine. Je me suis aussi rendu compte que j'avais vraiment faim, n'ayant pas vraiment mangé autre chose que des petits snacks lors du lancement parce que j'étais trop occupé à courir de gauche à droite. J'ai donc pu renouer avec ce plaisir montréalais qu'on appelle «tomber random sur un restaurant de Shawarma et trippe-bouffer ta face à 23h du soir avec une orgie de saveurs dans yeule».

J'en bave encore…

Je ne savais pas que je m'ennuyais autant de ça. Mais je pourrais qualifier ça comme étant un clash culturel, surtout depuis la pandémie et tous ces problèmes de main d’œuvre. Au Lac, c'est devenu impossible de trippe-bouffer le soir… Il n'y a pratiquement plus aucun resto ouvert la nuit alors qu'ils ferment tous les uns après les autres ou opèrent durant des heures réduites. Beaucoup de références sûres de longue date ont même fermé leurs portes dans les dernières années et même McDo ferme désormais à 22h max si c'est pas avant. Et quand tu trouves quelque chose d'ouvert et bien ce n'est pas vraiment de la grande gastronomie diversifiée en dehors d'une poutine ou d'un burger.

Bref c'est un des côtés qui me manque de Montréal et c'était donc le Shawarma le plus satisfaisant de l'histoire.

Ce petit détour culinaire était un exemple de ce que cette fin de semaine libre à Montréal allait me proposer, soit un retour nostalgique dans le temps de mes années de foire à Montréal. Encore une fois je ne reviendrais pas forcément à cette époque mais une fin de semaine c'est pas mal juste assez long pour tout rassembler ensemble ce qui te manque de Montréal.

Je suis ensuite parti me coucher car il mouillait et je devais me lever assez tôt pour commencer les livraisons. Comme vous le savez peut-être, on a décidé de faire une grosse partie des livraisons des précommandes en personne. Les tarifs de Poste Canada étant exorbitants, on a décidé de procéder de la sorte histoire de respecter notre budget. Plusieurs étaient surpris de ce choix mais c'était vraiment plus logique, surtout pour moi qui devait de toute façon passer par Sainte-Anne-des-Plaines voir de la famille le dimanche. J'ai en plus une auto hybride-branchable donc les coûts en essence sont pas mal moindres.

Mon planning était le suivant; Île de Montréal le samedi et ensuite Rive-Nord, Trois-Rivières, Québec et le Saguenay le dimanche. C'était, on pourrait dire, «ambitieux», pour ne pas dire «totalement débile».

Je suis d'abord parti déjeuner le samedi matin au même endroit que la veille, Les Malins, histoire d'essayer enfin la place et de ramasser mon stock. J'allais ensuite rejoindre mon vieux pote Fred qui était bien partant pour un projet du genre, histoire de passer la journée à jaser, boire du café et fumer des clopes en bonne compagnie. Il m'a grandement aidé en tant que co-pilote et on s'est même payé la traite en se permettant un break au Toys "R" Us des Galeries d'Anjou. On a terminé toutes ces livraisons vers 17h, il ne me restait alors que quelques adresses dans l'ouest de l'Île le lendemain matin.

J'avais donc encore ma soirée de libre et je me suis alors tapé un trip nostalgie. Déjà que mon Airbnb était situé dans le même pâté de maison du Mile-End où j'habitais auparavant, je me suis dirigé à pied vers l'aréna McConnell pour aller revoir mes anciens Redbirds de McGill adorés. Si vous nous suivez depuis longtemps, vous savez que les Redbirds *anciennement Redmen* sont une de nos équipes fétiches sur ce blog. C'est même lors d'un match en 2011 que j'ai rencontré Martin et plus tard Benoit, mes collègues du blog, et que je fus invité plus tard à me joindre au groupe. Cependant, ça faisait probablement depuis 2013 ou 2014 que je n'y étais pas allé, les rares fois que j'ai pu revenir à Montréal ne coïncidaient pas vraiment dans mon horaire pour un petit match universitaire. Mais en ce samedi de novembre, un match McGill contre les Paladins de RMC (le Royal Military College de Kingston) était à l'affiche et je n'avais d'autres choix que de finalement retourner à McGill.

Le bon vieux Aréna McConnell

Je prévoyais tout d'abord y aller tout seul mais ce cher keithacton a finalement accepté de venir avec ses deux fils. Il est toutefois arrivé à la deuxième période, ce qui n'était pas trop grave car j'ai pu ainsi prendre tout le temps de me remettre dans l'ambiance. C'était vraiment particulier de remettre les pieds dans cet aréna car c'est durant mes premiers matchs ici que j'ai réellement assimilé un des «principes» de LVEUP, celui d'apprécier le hockey peu importe le niveau. Je m'intéressais pas mal juste à la LNH et l'histoire de la LNH à l'époque et ma découverte de ce niveau cruellement oublié qu'est le réseau universitaire canadien a été une révélation. De plus que ces premiers matchs étaient durant la fameuse saison 2011-12 où les Redmen étaient dominants et en route vers leur premier championnat canadien, en plus de la Queen's cup.

Lors de la première période de ce retour McGillien, j'ai de nouveau été frappé par cette enivrante ambiance. Je crois que c'est parce qu'il s'agit d'un petit aréna intimiste mais le niveau de jeu est tellement rapide et excitant, c'est vraiment dommage que ce n'est pas autant connu, quoique depuis 2011 je crois que plusieurs avancées populaires ont été faites, il y a même une équipe en train de se développer près de chez moi à l'UQAC. Il y avait aussi une très bonne foule à ce match, du moins plus que la moyenne qu'on avait l'habitude de voir autrefois.

J'ai vu plusieurs matchs de toutes sortes de niveaux durant la dernière saison mais il y a pas grand chose qui accote l'Universitaire pour moi. Même notre match de la ECHL n'était pas aussi bon. Le match était à 1-1 après une période et ne s'est terminé finalement que 2-1 en faveur de McGill mais c'était vraiment un bon match. Seule affaire poche, cette étrange décision des organisateurs de délaisser le papier. Plus de billets et plus de programmes… Je suis un gars très écolo mais ça je trouve ça inutile. En plus, pas moyen de payer avec Interac. Tu devais te rendre sur leur site avec ton cell et acheter le billet en ligne avec ta carte de crédit. Tu reçois ensuite un billet PDF par e-mail que les filles scannent à l'entrée. Cependant je voyais dans la file plusieurs personnes plus âgées avec leurs billets électroniques… imprimés. Heille, vive le paper-free...


Quelque part dans l'obscurité en haut de la colline de l'avenue du Parc se trouve l'Aréna McConnell

Les bannières de la glorieuse saison 2011-12, meilleure équipe que j'ai suivie en personne durant ma vie.

Un match rouge contre rouge, Redbirds contre Paladins.

Toutefois je peux comprendre pour les billets, c'est beaucoup de logistique. Mais come on. Ayez au moins une machine Interac! C'est quoi ce bordel? Ah oui c'est McGill: «What the fuck are you thinking?» En plus, le restaurant acceptait Interac… Bref c'était chiant. Je m'ennuyais surtout de ces précieux programmes avec les alignements et les stats. Quelques feuilles 8 1/2 x 11, est-ce que ça pèse vraiment dans la balance? La fille à l'entrée me dit «It's all online now.» Et moi de lui répondre «Well, online sucks».

Depuis mes visites régulières il y a de ça bientôt une dizaine d'années, ils ont refait un peu la déco dans le lobby de l'aréna et j'aimais bien ces quelques photos en dessous du comptoir du restaurant célébrant la longue histoire de McGill, la plus vieille équipe de hockey au monde je vous le rappelle. Il y avait aussi une belle photo grand format de l'équipe championne de 2012.






Après ce bon match nostalgique, j'ai décidé de continuer dans la même veine et de retourner à un autre de mes spots du passé, le bar L'Escogriffe. Bien que je ne connais plus aucun membre du staff ni même aucun des réguliers présents, je m'y suis amusé comme dans le temps, avec en prime un bon show du groupe les Saints Martyres qui lançaient leur album. Tout un show intense qui faisait du bien, en plus c'était totalement improvisé car je pensais même pas me rendre au bar et plutôt rester sage… mission ratée.
 
Durant le show, je me suis mis chummy avec un gars qui venait d'Allemagne. Je discute avec de la vie à Montréal, de musique, je lui parle du livre, etc. Plus tard, il mentionne qu'il vient d'une ville que je ne connais probablement pas; Cologne. Je lui dis «Ben, je connais les Sharks de Cologne de la ligue DEL.» Il part à rire et me dis «Wow, ok oui tu es vraiment un nerd de hockey.»

Après cette autre soirée arrosée à me coucher trop tard (quoique moins tard que dans le passé), je me devais de me lever assez tôt pour continuer mes livraisons. J'avais alors cette face ci-jointe:


«ouf....»


Après cette pause ravitaillement en liquide, il me restait une demi-douzaine de spots à faire dans Westmount, Côte-des-Neiges, Verdun et Lachine avant de monter au Nord par St-Jérôme, Ste-Anne-des-Plaines, Terrebonne, etc... C'est alors que le doute commença à s'installer dans mon esprit… et la fatigue. Mon plan d'être de retour à Alma en fin de soirée allait-il tenir la route? Après une pause dîner chez ma tante à Sainte-Anne-des-Plaines et quelques autres livraisons, il était déjà 16h30, il faisait déjà noir et je n'étais rendu qu'à Joliette…

Après mes livraisons à Trois-Rivières où il commençait à neiger, je devais me rendre à l'évidence qu'il fallait mettre une croix là-dessus. J'ai callé ma boss pour lui dire que je rentrerais pas lundi et j'ai appelé mon chummy André-Pier pour qu'il m'héberge à Québec pour la nuit. André-Pier est également celui qui a révisé en partie le livre. J'avais donc plus de lousse pour terminer ces foutues livraisons en toute sécurité le lundi matin. En plus, cela m'a donné un peu de temps pour dénicher un point de vente du livre à la Librairie Pantoute dans le Vieux-Québec, ce que je n'aurais pas eu le temps de faire durant la fin de semaine.

Après ma dizaine de livraisons à Québec, il ne me restait plus que le Saguenay avant de rentrer à Alma. J'aurais bien pu remettre ça à plus tard durant la semaine ou même l'autre fin de semaine mais je préférais crever l’abcès tout de suite. Tant qu'à être fatigué… J'ai donc terminé cette énorme et intense batch de livraisons en passant par La Baie, Chicoutimi et Jonquière pour finalement arriver chez moi vers 18h.

J'étais tellement crevé à ce moment que ça dépassait l'entendement. Faire autant de route en si peu de jours, je me parlais tout seul dans mon auto et je me surprenais à devenir beaucoup trop émotif en écoutant ma playlist et en chantant des tounes de The Cure à tue-tête… Il était grand temps que je rentre chez moi. Une fois finalement arrivé, ça m'a pris environ trois jours pour me sortir de ce décalage et cette accumulation de fatigue.

Et après cette difficile semaine de travail écourtée, c'était le temps du deuxième lancement, celui d'Alma le vendredi 18 novembre dernier. Cette fois-ci j'avais bien moins de route à faire et comme la soirée correspondait à mon 40e anniversaire, ma charmante épouse s'est pas mal occupée de tout puisque nous avons combiné les deux événements ensemble. Nous avons fait ça à un endroit nommé IQ L'atelier, une chouette salle d'exposition bien située au centre-ville. C'était vraiment l'endroit parfait pour faire le lancement tel que j'avais imaginé. Celui de Montréal était super mais il faut avouer que la configuration n'était pas optimale pour tout ce que j'avais en tête. À celui d'Alma, j'avais un plus grand endroit mieux adapté pour y installer ma console rétro et j'avais surtout à ma disposition un grand écran avec projecteur.
 
Dans mes temps perdus lors des semaines précédentes, j'avais monté un long vidéo avec des clips de hockey vintage volés sur YouTube et ça a vraiment fait fureur. Je n'avais cependant pas pu le projeter à Montréal, n'ayant pas vraiment de place ou d'écran à ma portée. Même mes oncles plus vieux se demandaient où j'avais pu trouver autant de vieux trucs. Un d'eux a vraiment fait le saut en revoyant un vidéo des Golden Seals. Ça ressemblait à un flashback du Vietnam…















Comme vous pouvez voir, j'ai plus de photos de celui à Alma, courtoisie de mon ami Gabriel Dumouchel a.k.a. BobKudelski que je remercie d'ailleurs pour son assistance durant toute la soirée et les mois passés. Il m'a notamment aidé à monter à la main les petits paquets de cartes LVEUP et aussi les enveloppes d'expédition. On a bien rigolé durant ces séances et on a même des projets «en développement» pour le futur de LVEUP. C'est à suivre cependant et j'en dirai pas plus…

Bref ces deux lancements et ces livraisons ont été deux semaines assez intenses. Le fait d'avoir eu 40 ans au travers de tout ça explique probablement pourquoi je suis autant fatigué. Même que ça a été difficile de puiser l'énergie pour écrire et finir ce texte… Je crois aussi que ça provient de la culmination de ce long projet et que l'adrénaline redescend ou quelque chose du genre.

C'était rock'n'roll.

Merci à tous ceux qui se sont déplacés aux lancements, les autres qui ont précommandé et qui ont reçu ou recevront bientôt leurs copies (ça s'en vient). J'ai aussi bien aimé jaser un peu avec les quelques personnes qui étaient présentes lors des livraisons.

Pour la suite, nous allons faire un décompte des copies restantes, livrer à quelques bibliothèques et de possibles points de vente supplémentaires, et ensuite contacter ceux qui ont fait des demandes pour de nouvelles commandes postales. Il nous reste à déterminer le prix final pour ça mais encore là patience, ça s'en vient.

Encore merci à tout le monde pour votre appui et on espère que le livre vous plait.


samedi 27 novembre 2021

Les excursions LVEUP 2021-22 - #4 - Les Redbirds de l'Université McGill USports


Pour cette autre excursion aux différents niveaux de hockey, comme la dernière fois, j’ai décidé de retourner à un endroit où je n’étais pas allé depuis un moment.

Il y a quelques années de cela, le hockey universitaire à McGill servait de point de rencontre pour les contributeurs de LVEUP. C’est Martin qui avait pris habitude d’y aller. Puis moi et Ray Sheppard y sommes allés à quelques reprises. Ensuite Ray a déménagé, puis l’habitude s’est perdue.

Aréna McConnell

Comme c’était mon habitude à l’époque, j’ai profité du passage de l’équipe de mon alma mater, les Gee Gee’s de l’Université d’Ottawa pour retourner à l’Aréna McConnell. En ayant un parti pris, ça ajoute un petit quelque chose supplémentaire d’intéressant. Le dit aréna se trouve tout juste au nord du domicile des Alouettes, le Stade Percival-Molson.



Lorsqu’on lit le texte que Martin avait écrit à ce sujet il y a plus de dix ans, on y retrouve plusieurs éléments qui s’appliquent toujours. L’Aréna McConnell, construit en 1956 et d’une capacité de 1600, sert toujours de domicile à l’équipe de plus de 140 ans et est pratiquement identique. Il y fait toujours aussi froid (garder son manteau est de rigueur) et pas de travaux notables n’y ont été exécutés depuis.

Ne vous y méprenez pas.  C'est à ce moment 1-0.  Le tableau a peut-être connu de meilleurs jours.

Malgré un changement de nom (les Redmen sont devenus les Redbirds), McGill arbore toujours le rouge et blanc style "Red Wings" avec le logo de l’université comme logo. Ottawa avait plutôt un ordinaire uniforme de style basketball (on y retrouve le numéro devant) avec le gris et grenat de circonstance. (Gee Gee ou GG veut effectivement dire "gris et grenat". Comme les britanniques utilisent le terme gee gee pour désigner un cheval de course, le logo, absent ici, est une tête de cheval.)

Le rouge et blanc "Red Wings" 
Il en coûte 15$ pour aller voir un match et 7$ pour une grosse canette de Molson. Covid oblige, il n’y a plus de guichet. Il faut donc absolument acheter son billet en ligne. (Message à ceux de ma génération qui, comme moi, n’ont pas forcément leur téléphone dans leur poche.) Le restaurant est maintenant aussi fermé, mais des étudiants passent dans les estrades pour y vendre breuvages et nourriture.

Comme c’était le cas auparavant, la foule, annoncée à 312, est principalement composée d’étudiants et d’anciens.

Le jeu y est rapide, avec beaucoup de patin et de sorties de zone et peu de mises en échec. Les joueurs sont principalement des anciens des ligues juniors du Québec et de l’Ontario qui poursuivent leurs études, bien qu’il y ait deux américains avec McGill. D’ailleurs, mon collègue Kirk McLean se réjouira peut-être de savoir que deux anciens de ses chers Tigres de Victoriaville, Anthony Poulin et Jérôme Gravel, s’alignent maintenant avec les Gee Gee’s. Le calibre est donc intéressant.

Le style "basketball" des Gee Gee's

Une chose qui a toutefois changé est le fait que McGill n’est plus aussi dominant. Sa fiche de 1-5 lui assure pour le moment la dernière place de sa division de cinq équipes, où l’on retrouve également les Stingers de Concordia, les Patriotes de l’UQTR et les deux équipes d’Ottawa (les Gee Gee’s et les Ravens de l’Université Carleton). Les Gee Gee’s sont deuxièmes avec une fiche de 3-2-1.

Aucune équipe n’a été déclassée, mais Ottawa a marqué à chacune des périodes. Daniel Hardie a obtenu un but et une passe et le gardien Anand Oberoi a effectué quelques beaux arrêts, dans une victoire de 4-1. Chez les perdants, Jordan-Ty Fournier a évité le blanchissage aux Redbirds.

Il s’agit donc d’un bon rapport qualité / prix si vous aimez le hockey rapide et sans cérémonie. Si vous avez étudié à l’une des universités en présence, c’est encore mieux.

Est-ce que Galchenyuk joue maintenant avec McGill?


Les excursions LVEUP 2021-22 (avec la liste potentielle):
** RaySheppard **
LHJMQ - Saguenéens de Chicoutimi
Ligue de hockey senior du lac au Fleuve
LNAH - Marquis de Jonquière
ECHL - Lions de Trois-Rivières
AHL - Rocket de Laval
Universitaire - McGill, Concordia ou Trois-Rivières
LHJQAAA
M18 AAA - Élites de Jonquière
JMS - Ligue de hockey Midget/Junior AA Saguenay Lac-St-Jean
Juvénile D1 - Lynx Pavillon Wilbrod-Dufour
LNH

** KirkMcLean **
Collégial 2e division
Ligue Régionale de hockey (Senior A) - Cougars de Warwick
LNAH - Assurancia de Thetford Mines
ECHL - Lions de Trois-Rivières
LHJQAAA - Titan de Princeville
LHSAAAQ - Métal Pless de Plessisville
LNH ?

**KeithActon**
LHJAAAQ - Collège Français de Longueuil
Universitaire U Sports - Redbirds de McGill







lundi 12 octobre 2015

Frank Shaughnessy



Pour souligner le premier match à domicile des Redmen de McGill, qui aura lieu vendredi l'aréna McConnell, voici un billet au sujet du polyvalent Frank Shaughnessy, qui a été leur entraîneur, autant au hockey qu'au football.

Frank ″Shag″ Shaughnessy a pris tous les moyens pour pouvoir vivre du sport. Pour y parvenir, il a occupé une multitude de postes dans plusieurs sports, souvent simultanément, et il n'a pas eu peur d'innover.

À partir de 1901, ce natif de l’Illinois joua au football et au baseball à l’Université Notre Dame.

En 1905, il accéda aux Ligues majeures de baseball en jouant un match avec les Senators de Washington. Il eut ensuite une deuxième chance en 1908 avec les Athletics de Philadelphie, alors qu’il en joua huit autres.

L’année suivante, il entreprit une longue carrière de gérant dans les ligues mineures, où en plus de 25 ans, il remporta plus de 1000 matchs. (Il a également été brièvement instructeur chez les Tigers de Détroit.)

Du côté du football, il œuvra comme entraîneur au sein de prestigieuses universités comme Yale, Cornell et Clemson. C’est lui qui introduisit le jeu d’option.

En 1912, il vint prêt de s’entendre avec les Rough Riders d’Ottawa, ville d’où était originaire son épouse. Par contre, l’Université McGill renchérit et il devint le premier entraîneur professionnel au football universitaire canadien. À l’époque, ce mouvement fut accueilli froidement, au sein d’un sport qui était toujours amateur, non seulement au niveau universitaire, mais également au niveau des clubs.

Shaughnessy passa 17 saisons à la tête des Redmen, période pendant laquelle il introduisit plusieurs tactiques utilisées aux États-Unis, quitte à en irriter quelques-uns. Il mit entre autre en place la défensive avec une ligne secondaire (plutôt que sur une seule ligne). Il introduisit également la passe avant lors d’un match amical contre Syracuse, en 1921. Il prit ensuite 10 ans de démarches pour convaincre les hautes instances d’adopter cette règle qui était déjà en place aux États-Unis depuis 1906.

Son équipe remporta la Coupe Yates (alors symbole due la suprématie du football universitaire canadien) en 1912 et 1913. Shaughnessy refusa par contre que McGill joue pour la Coupe Grey (les équipes universitaires y étaient à ce moment éligibles). Il craignait que cette compétition nuise aux examens de ses étudiants, sans compter qu’ils auraient dû affronter des joueurs plus vieux et expérimentés. Cette prise de position lui fit d’ailleurs gagner des points parmi ses collègues qui n’aimaient pas l’idée que l’université embauche un entraîneur professionnel. Il remporta une troisième Coupe Yates en 1919.

En 1915, alors que la ligue universitaire avait suspendu ses activités en raison de la guerre, Shaughnessy se retrouva entraîneur des Rough Riders d’Ottawa de l’IRFU (Interprovincial Rugby Football Union, future division est de la Ligue canadienne de football), équipe qu’il devait initialement diriger. L’IRFU suspendit ensuite à son tour ses activités. Lorsque tous reprirent leurs activités, Shaughnessy retourna à McGill.

Il fut également gérant des Senators d’Ottawa de la NHA (National Hockey Association, l’ancêtre de la Ligue nationale de hockey) de 1914 à 1916.

Il continua par la suite à être impliqué au niveau du hockey, à McGill cette fois, en dirigeant les Redmen version hockey de 1919 à 1927. Il a également été entraîneur de l’équipe féminine pendant un moment. Il alla ensuite diriger l’équipe de football de Loyola College, aussi à Montréal.

Par la suite, l’omniprésent Shaughnessy trouva un moyen de revenir à Montréal, par l’entremise du baseball cette fois. Il fut entraîneur des Royaux de la Ligue international de 1934 à 1936.

En 1936, il devint président de cette même ligue, poste qu’il conserva jusqu’en 1960. Toujours innovateur, il introduisit au cours de son règne un format de séries éliminatoires surnommé "Shaughnessy Playoffs". Il s’agit en fait de ce qu’on retrouvait déjà dans la Ligue nationale de hockey (tournoi de fin de saison 1er vs 4e et 2e vs 3e, avec une finale entre les deux gagnants). Sa contribution au baseball mineur a été soulignée en 1953, alors qu’il a été désigné "King of Baseball", un titre remis par la baseball mineur.

Depuis son décès en 1969, les équipes de football de l’Université McGill et Loyola College (aujourd’hui l’Université Concordia) se disputent annuellement la Coupe Shaughnessy.

Frank Shaughnessy est membre du Temple de la renommée du football canadien depuis 1963 et est devenu membre de celui du baseball canadien à titre posthume en 1983.

Son fils Frank Jr. a suivi ses traces en remportant entre autres une médaille de bronze avec l’équipe américaine de hockey, aux Jeux de Garmish-Partenkirshen, en 1936. Il a également participé à l’organisation des Jeux de Montréal en 1976.


Sources : Currie, Gordon, 100 Years of Canadian Football, Pagurian Press, 1968, p.50 à 64,″Shaughnessy clan full of rich history″ de Tim Burke, 15 juin 1982, p.B5, wikipedia.org.

Initialement publié sur bottedenvoi.blogspot.ca

mardi 3 mars 2015

La patinoire Victoria




Aujourd'hui marque le 140ème anniversaire du premier match de hockey intérieur organisé. C'est en effet le 3 mars 1875 que de jeunes étudiants universitaires ambitieux jetèrent les bases sur ce qu'allait devenir le sport que l'on connaît de nos jours. Ce premier match fut joué sur la glace de la mythique patinoire Victoria au centre-ville de Montréal, un lieu désormais oublié et reconverti en stationnement intérieur dans les années 20. J'ai déjà publié un article à ce sujet sur mon autre blog en 2012 mais comme plusieurs ne l'ont pas lu, je l'ai ré-édité ici pour l'occasion de ce 140ème anniversaire. À l'époque, je travaillais juste en face de ce stationnement glauque et chaque fois que je passais devant, je me considérais chanceux de savoir qu'il s'agissait en fait d'un lieu sacré, mais j'étais probablement un des seuls à le savoir. Désireux d’en savoir plus sur cette patinoire mythique, je me dirigeai donc vers Wikipedia et les internets mais je n’arrivai pas à découvrir les détails sur les derniers jours de la patinoire et je voulais savoir pourquoi elle était ainsi tombée dans l’oubli collectif.

Regardez la photo qui suit. On dirait plus un immeuble désaffecté de Détroit que le lieu de naissance du hockey...

Emplacement de l'ancienne patinoire Victoria, maintenant un stationnement intérieur
Entre les rues Stanley et Drummond, centre-ville de Montréal


La Victoria Skating Rink est le lieu d’origine du hockey organisé moderne et était un lieu de loisir et de tourisme important de la haute société Montréalaise (lire anglaise) durant la deuxième moitié du 19ème siècle. 

À l'époque, on assistait à un important développement au niveau des activités et des sports hivernaux. La raquette et le toboggan commençaient à se faire connaître en tant que loisirs à travers le pays mais c’est surtout au niveau organisationnel que Montréal innova dans le développement des sports nordiques.

Les premiers clubs organisés de curling et de patinage artistique furent fondés à Montréal et on y organisa le premier carnaval d’hiver en Amérique du Nord. Le hockey existait déjà à l’époque, même que l’on peut remonter au 16ème siècle et même plus loin pour retracer l’origine du sport, mais le hockey organisé comme on le connaît aujourd’hui a ses racines à Montréal et c’est ici que la patinoire Victoria occupe un rôle majeur dans l’évolution de ce sport. Elle fut construite en 1862, entre les rues Stanley et Drummond, au nord de René-Lévesque (anciennement Boulevard Dorchester) au centre de la communauté industrielle et universitaire anglaise de l’époque.

Une des premières et plus grandes patinoires intérieures en Amérique du Nord, elle était aussi considérée comme l’une des plus belles patinoires couvertes au monde. Elle fut la première de plusieurs patinoires au Canada nommées en l’honneur de la reine Victoria.


"Fancy ball at the Victoria Rink" - 1865


L’intérieur de la batisse avait l’air très impressionnant à l’époque, avec son haut plafond supporté par de nombreuses arches et poutres qui s’étendaient sur l’ensemble de la structure. Comme nous sommes en 1862, il faut garder en tête que l’intérieur des lieux n’était pas chauffé, la glace étant naturelle et glacée seulement par la froideur de l’hiver.

De grandes fenêtres ainsi que plus de 500 lampes à gaz permettaient d’éclairer les lieux. Ce fut d’ailleurs plus tard le premier bâtiment au Canada à avoir l’électricité. Le batiment servit d’abord aux clubs de patins montréalais, ainsi qu’aux festivals et carnavals hivernaux. En été, on y tenait des expositions d’horticulture et des concerts. La patinoire devint un attrait touristique majeur pour Montréal.


James Creighton
C’est en 1875 que le hockey organisé y apparut pour la première fois. Auparavant, le hockey ne se jouait que par plaisir, sur les lacs et les étangs, sans règles spécifiques ni d’équipes établies ou même de gardien de but. C'était avant tout un jeu chaotique où le but était de s'emparer de la rondelle, sans égard au positionnement ou à une stratégie quelconque. Tout cela changea lorsque James Creighton, qu'on surnomma plus tard «le père du hockey» s’installa à Montréal en 1872 à l’age de 22 ans.

Il joignit le club de football amateur de l'université McGill et également au Victoria Skating Club où il devint un patineur artistique de renom et par la suite juge des compétitions. Il faut ici faire une parenthèse pour mentionner que la ville d’origine de Creighton, Halifax, doit être à mon avis considérée comme le lieu d’origine officiel du hockey, ayant vu les premiers développement du sport sur la glace. C’est aussi à Halifax que furent conçus les premiers batons officiels de hockey, sculptés par des indiens Micmacs, ainsi que les patins «Starr», les premiers patins conçus spécialement pour le hockey.

Lorsque Creighton jouait avec le club de football de McGill, il fut influencé par les règles et les stratégies du rugby et ce qui allait devenir le football américain. Il avait toutefois en tête d'adapter ce style de jeu sur la glace avec le sport qu'il adorait pratiquer en Nouvelle-Écosse mais qui demeurait pratiquement inconnu à Montréal. Creighton demanda donc à des amis de lui envoyer des batons et des patins Starr à Montréal pour qu’il puisse initier ses amis montréalais à ce sport. Ayant accès à la glace de la patinoire Victoria, il y organisa la première partie intérieure officielle de hockey sur glace, le 3 mars 1875, entre deux équipes composées de membres des clubs de patinage et de football ainsi que d'étudiants de l’université McGill. L'équipe de Creighton remporta la partie 2-1 et une page d'histoire fut écrite.


Article dans "The Gazette" le 4 mars 1875


Par première partie officielle, on implique les termes suivants; 2 équipes de 9 joueurs ayant des uniformes et des positions différentes, deux gardiens de buts, un arbitre, une rondelle, un éventail de règles prédéterminées et une durée officielle de 60 minutes avec un score final enregistré à la fin. Mais au delà de ces règles officielles, le sport se métamorphosa surtout grâce aux contraintes physiques de la patinoire.

La dimension de la glace, plus petite et plus rectangulaire qu’un lac ou un étang, força le jeu à se limiter à neuf joueurs de chaque côté (ensuite 7 et maintenant 6). Avant la construction de cette glace, les patinoires intérieures et extérieures étaient plutôt de forme circulaire et non pas de forme rectangulaire aux coins arrondis comme maintenant. D’ailleurs, comme la patinoire se trouvait entre les rues Drummond et Stanley, les dimensions de la patinoire se limitaient  à l’espace maximum disponible entre ces deux rues, et les patinoires construites par la suite pour le hockey utilisèrent ces mêmes dimensions. Donc le sport du hockey fut grandement influencé par la configuration des rues de Montréal. Si il y avait eu plus d'espace entre les rues on aurait peut-être des patinoires de dimensions européennes en ce moment...


Vue arérienne du site 
Vous pouvez voir que la forme du site coincide
avec la forme des patinoires modernes


Aujourd’hui même, l’ensemble des patinoires en Amérique du Nord ont sensiblement cette même grandeur standard. La forme rectangulaire de la glace influença aussi grandement le développement du jeu dans le positionnement des joueurs ainsi que dans la vitesse et l’exécution du jeu. À noter aussi qu’à l’époque il n’y avait pas encore de bandes pour protéger les spectateurs ni de filets pour les buts, mais selon les règlements la rondelle ne devait pas quitter la patinoire. D’ailleurs la rondelle fut inventée pour remplacer l’usage de balles qui elles pouvaient quitter la surface et blesser des spectateurs.



De cette première partie officielle en 1875 jusqu’en 1881, il n’y avait toujours pas de ligue, malgré le fait que le sport commençait à se diffuser tranquillement à travers le pays. À la patinoire Victoria, on y jouait seulement des parties hors-concours, principalement entre les membres du club Victoria et des équipes universitaires comme McGill. Ensuite on assista à l’organisation de tournois entre ces mêmes équipes lors des festivals hivernaux. Ces tournois eurent beaucoup de succès et moussèrent l’intérêt à développer une ligue de championnat, ce qui arriva en 1886 lorsque la Amateur Hockey Association of Canada (AHAC) fut créée, encore une fois à la patinoire Victoria. La ligue comprenait surtout des équipes de Montréal mais aussi de Québec et d’Ottawa.

C’est lors d’une partie à la patinoire Victoria en février 1889 que Lord Stanley of Preston, le gouverneur général du Canada, vit sa première partie de hockey entre les Victorias de Montréal et le Montreal Hockey Club. Lui et sa famille furent grandement imprésionné par ce sport et l’ambiance des lieux. Plus tard, les deux fils de Stanley lui suggérèrent de faire don d’un trophée officiel à être disputé entre les équipes championnes des ligues de hockey canadiennes. C’est donc en 1893 qu’il fit sa donation et que les premières séries de la coupe Stanley arrivèrent.

La première équipe championne, le Montreal Hockey Club, remporta le premier match historique de finale de la coupe Stanley contre le Ottawa Hockey Club par un score de 3-1, toujours à la patinoire Victoria. Quand je vous dis que de voir qu’au même endroit, environ 120 ans plus tard, on ne retrouve qu’un parking à étage éclairé au néon ça me fait mal au cœur.


Match de hockey à la patinoire Victoria - 1893  
(possiblement durant les premières séries de la Coupe Stanley)

Montreal Hockey Club
Premier club champion de la Coupe Stanley en 1893

Après ce premier championnat de la coupe Stanley, le hockey et la patinoire Victoria continuèrent d’évoluer. On contruisit un balcon pour avoir plus de spectateurs, ainsi que des loges vitrées, précurseurs des loges corporatives d’aujourd’hui. En 1896, la patinoire fut connectée au télégraphe pour pouvoir transmettre simultanément les résultats de la finale entre Montréal et Winnipeg, devenant ainsi la première diffusion d’un match en temps réel.

Mais les bons moments à la patinoire s’estompèrent au tournant du siècle. D’autres patinoires plus modernes furent construites, notamment le Westmount Arena qui fut construit uniquement pour le hockey. La Victoria pour sa part, tombait en morceaux mais au lieu de rénover la patinoire, le Victoria Skating Club vendirent la batisse à J. William Shaw, un marchand de pianos qui planifiait d’en faire un aréna de concerts d’opéra mais ne put jamais réaliser ce souhait dû au coût élevé et le peu de profits prévus. Il continua donc de louer la patinoire pour le patin et le hockey tout en reconvertissant le batiment en stationnement de voitures durant l'été.

Mais à cette époque, les meilleures équipes de la ville ne louaient plus la Victoria mais plutôt l’aréna de Westmount, plus adapté pour le hockey et plus moderne. Des ligues plus petites jouaient à la Victoria commes des ligues de garage, des ligues scolaires et autres ligues amateures. Lors des années 20, le batiment était devenu désuet et dangereux, ce qui força le proprio à vendre le terrain à la Stanley Realty Corporation pour construire un stationnement à étage. La dernière partie enregistrée à la patinoire Victoria fut un match de semi-finale de la Canadian National Railway Hockey League entre l’équipe du Car Department et celle du General Office le 3 mars 1925, soit 50 ans jour pour jour après le premier match de James Creighton et les étudiants de McGill. Il ne disputèrent même pas la finale à la Victoria mais plutôt au nouveau Forum, qui venait d’ouvrir cette année-là.




Aujourd’hui, il m’est impossible de savoir si une partie de l’édifice original existe toujours en dessous de cet ignoble stationnement. Probablement pas. Aucune info n’est disponible sur internet, ni sur le site du stationnement. J’ai envoyé un e-mail au bureau du Patrimoine de la ville de Montréal qui eux me renvoient aux archives de la ville mais comme je ne suis plus à Montréal je ne peux pas continuer mes recherches.

Moi tout ce que je demande c’est qu’ils installent une plaque à l’extérieur, ou bien qu'ils renomment l'endroit "Stationnement Victoria" ou bien "Stationnement Creighton" ou quelque chose du genre. Ça serait au moins ça. Mais je ne suis pas seul à y penser. Plusieurs ont milité à travers les années pour racheter et restaurer le site. Ça serait génial de ramener la structure archée de l'ancienne patinoire. On pourrait y jouer des matchs de hockey à l'ancienne et y faire un musée sur l'histoire du hockey. Cela rajouterait un cachet historique et original au tourisme à Montréal. Mais tout ça coûterait un bras et enlèverait des places de stationnement au Centre Bell qui est ironiquement situé à deux blocs au sud, donc on oublie ça pour l'instant.


Hoboken - New Jersey


Au baseball, ils ont plus de respect pour ce genre de choses. À Hoboken au New Jersey, on retrouve une plaque commémorant l'emplacement du premier match de baseball organisé. Je crois qu'on devrait faire la même chose à Montréal pour le hockey.

Donc si jamais vous allez voir un match ou un spectacle au Centre Bell, faites un petit détour de 5 minutes, montez la rue Drummond entre le boulevard René-Levesque et la rue Ste-Catherine et allez voir ce lieu où tant de moments historiques se produisirent il y a de ça plus d'un siècle. Notez également que l'ancien hôtel Windsor où fut fondée les LNH est également tout près.

Pour plus d'infos, vous pouvez regarder cet épisode de la série "Hockey: A People's History" qui met en scène ce premier match et les débuts du sport.

vendredi 18 octobre 2013

Des nouveaux chez les Redmen



Les premiers matchs à domicile des Redmen de McGill ont lieu en fin de semaine. Ce soir (18 oct.) contre Ottawa et samedi (19 oct.) contre Trois-Rivières. On aime bien les Redmen sur ce blog et de mon côté j'aime bien essayer de faire découvrir la ligue Universitaire au plus grand nombre de personnes possible. J'initie d'ailleurs quelques français au hockey ce soir en les emmenant à l'arena McConnell. J'espère ne pas perdre patience avec eux à leur expliquer c'est quoi un hors-jeu.

Quelques nouveaux joueurs sont arrivés chez les Redmen cette saison dont plusieurs que j'ai très hâte de voir en action. En voici quelques-uns :

Samuel Carrier - Défenseur

J'ai hâte de voir à l'oeuvre cet ancien choix de 6ème ronde des Capitals de Washington en 2010. N'ayant pas obtenu de contrat avec Washington, il avait demandé d'être échangé par le Drakkar de Baie-Comeau afin de se rapprocher de Montréal et de continuer ses études. Il a joué sa dernière saison dans la LHJMQ l'an passé avec l'Armada de Blainville-Boisbriand. Défenseur à caractère offensif, il a récolté plus de 40 points lors des 4 dernières saisons. Ça tombe bien car les Redmen ont besoin d'une nouvelle garnotte à la ligne bleue.

Jan Kaminsky - Ailier Droit/Défenseur

Celui-ci m'a porté confusion. Martin m'avait dit que son père avait joué pour les Nordiques mais ce n'est pas le cas. Son père est en effet Yan Kaminsky, ancien joueur d'origine Russe des Jets et des Islanders qui a joué 26 matchs dans la LNH. Celui auquel Martin pensait était Kevin Kaminski, qui lui écrit son nom avec un "i" et qui a joué 6 matchs avec les Nordiques au début des années 90 mais qui a surtout joué pour les Citadels d'Halifax, leur club-école à l'époque. Il jouera plus tard une centaine de matchs pour les Capitals. Quoi qu'il en soit, Jan Kaminsky, le nouveau venu des redmen, est l'ancien capitaine des Dukes de Wellington dans la ligue Junior A de l'Ontario (OJHL). Il a accepté d'être converti en défenseur avec les Redmen.

Carl Gelinas - Ailier gauche

Cet ancien joueur du Drakkar et des Mooseheads est une addition plus que bienvenue au sein de l'attaque des Redmen. Il a marqué 3 buts et 9 points en 6 matchs d'exhibition. En plus il a connu des bonnes séries avec le Drakkar l'an passé avec 21 points en 19 matchs.

Neal Prokop - Centre

En voici un autre que je suis très impatient de voir. Apparemment qu'on a droit à tout un boeuf de l'ouest dans son cas. Originaire de Winnipeg, ce joueur de centre de 6' 3" a commencé son hockey junior avec les Warriors de Moose Jaw avant de Passer une demi-saison avec les Pats de Regina en 2009. Il a ensuite passé 2 ans avec les Americans de Tri-City, toujours dans la WHL. C'est sa première année à McGill mais sa 3ème dans la CIS alors qu'il a passé les 2 dernières saison avec l'Université du Manitoba. Il n'a jamais connu de grandes saisons au niveau offensif mais il est apparemment tout un leader.

Je l'aime déja, juste pour son nom trop killer: PROKOP!

Jacob Chouinard - Gardien de but

Cet ancien des Foreurs, de l'Océanic et du Phoenix a apparemment refusé une invitation au camp du Canadien en septembre dernier, préferant mettre l'emphase sur ses études. Il a joué 3 matchs avec les Bulldogs d'Hamilton la saison dernière, n'en gagnant aucun. Il sera intéressant de voir si il jouera beaucoup de matchs. Le poste de numéro un est présentement occupé par le gardien Andrew Fleming et il y a aussi un autre gardien intéressant sur la liste...

Karel St. Laurent - Gardien de But

Celui-ci a un parcours intéressant. N'ayant pas été repêché après 3 saisons avec les Sea Dogs de St.John, il a été invité au camp des Canucks en 2011 après avoir passé une bonne saison avec les Eagles de Surrey dans la ligue Junior A de la Colombie-Britanique (BCHL). Il a fait bonne impression au camp des Canucks et s'est retrouvé dans la ECHL par la suite avec les Royals de Reading et a aussi joué 4 matchs avec les Bruins de Providence dans la ligue Américaine. L'an passé il a fait volte-face et a joint le Marquis de Jonquière de la LNAH pour la saison 2012-2013 remportant une fiche de 11-3-1. Il faudra toutefois attendre jusqu'en janvier pour pouvoir le voir jouer avec les Redmen car les règles de la CIS indiquent qu'un joueur doit passer un an sans jouer dans une ligue professionnelle avant de pouvoir jouer dans la ligue universitaire Canadienne. Il a joué son dernier match avec les Marquis le 5 janvier dernier. Il peut toutefois s'entrainer avec l'équipe.