Drop Down MenusCSS Drop Down MenuPure CSS Dropdown Menu
Affichage des articles dont le libellé est montréal. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est montréal. Afficher tous les articles

lundi 27 janvier 2025

Les équipes de quart de siècle du Canadiens - Édition médiocre









Dernièrement, la LNH a dévoilé les équipes du dernier quart de siècle pour (presque) toutes les équipes de la Ligue. Mais ici à "La Vie est une Puck", nous célébrons la médiocrité. C'est pourquoi nous avons mis l'épaule à la roue pour vous dévoiler les "Équipes Poches du dernier quart de siècle" des Canadiens de Montréal.

Malgré trois présences dans le carré d'as et une finale de la coupe Stanley, le CH n'a pas toujours présenté des équipes dignes de la meilleure ligue au monde. Certaines recrues ont fait chou blanc dans leur possibilité de montrer leur savoir-faire alors qu'à d'autres occasions, ce sont des vétérans de passage qui se sont solidement planté.

Nous avons, comme la LNH, créé deux équipes : l'avant-dernière position et la dernière position. Ne vous attendez pas à des choix "classiques" comme les David Schlemko, Dwight King, Steve Ott ou autre Kassian de ce monde. Nous avons fait nos recherches et vous présentons des joueurs qui n'ont fait que passer et qui vous feront penser des choses comme "C'est qui cet huluberlu ?", "J'avais oublié qu'il avait passé à Montréal", "Il a si peu joué ?" et "Je le préfère comme analyste à TVA Sports".


Une belle équipe que nous avons là. À l'aile gauche, nous avons Drayson Bowman qui, sur sa photo officielle, semblait lui même se demander ce qu'il crissait là. Après un passage de 5 saisons dans l'organisation des Hurricanes de la Caroline, à se balader entre les Ligues Américaine et Nationale, Bowman signa en 2014 un contrat à 2 volets avec les Habs. Quoique efficace avec les Bulldogs d'Hamilton, il se fit plus que discret lors d'un rappel de trois matchs avec le Canadiens, n'écrivant son nom sur la feuille de pointage qu'à la section "Alignement". Il repartit avec son baluchon à la fin de la saison et accrocha ses patins trois ans plus tard.

Au centre, Martin St-Pierre promenait déjà son équipement un peu partout dans le monde (Canada, États-Unis, Autriche, Russie & Finlande) depuis 9 ans lorsqu'il reçut un appel de Marc Bergevin à la fin de l'été 2013 qui devait ressembler à "Hey, t'as joué 38 games dans le show puis tu te trimballes partout, ça te dirait de poser tes fesses à Hamilton le temps d'une saison ?". C'est ainsi que St-Pierre disputa 71 matchs avec les Bulldogs et fut rappelé pour un match à Montréal. Aucun but, aucune passe, pas de temps au cachot et un différentiel de 0 plus tard, St-Pierre reprit sa poche de hockey et alla visiter l'ancien continent pour un autre 7 ans avant de tout mettre au rancart.

Comme ailier droit, on retrouve un ancien choix de 6e ronde en 2012 des Capitals, le "grand" Riley Barber. Après quatre saisons à Hershey dans la AHL (et 3 matchs anonyme à Washington), le barbier signa un contrat le 1er juillet 2019 avec le Canadien. Suite à 39 matchs avec le Rocket de Laval, il fut assigné avec le grand club le temps de 9 matchs, où son seul fait marquant fut de se faire attribuer 2 minutes de pénalité. Échangé en février aux Penguins dans un échange mineur, il fut (comme tout le monde d'ailleurs) à l'arrêt quelques semaines plus tard dû à la pandémie. Il joua 4 matchs deux ans plus tard avec Détroit avant de s'exiler dans la KHL.

À la défense, nous retrouvons Bryan Allen, un vétéran de 15 saisons acquis en novembre 2014 des Ducks en retour de la fierté de Lac-la-Biche, Rene Bourque. Allen ne joua que 5 matchs avec les Canadiens, obtint le seul point de ce groupe (une passe), se fit prendre en défaut par les officiels à une occasion et récolta un différentiel de -2. Ensuite il tomba malade, et fut envoyé dans les mineures après s'être fait volé son poste par Nathan Beaulieu pendant sa convalescence. Il annonça sa retraite après la saison. À ses côtés prend place le jeune Brendon Nash qui, tout juste sorti de l'université Cornell, disputait sa première saison professionnelle en 2010-11. Ses bonnes performances à Hamilton lui valurent un rappel, où il ne put faire mieux qu'un différentiel de -1 en deux parties. Il disparut rapidement des plans de l'état-major du CH et ne retoucha jamais plus à la LNH jusqu'à sa retraite en 2020.

Défendant la cage, un espoir qui n'a jamais réussi à percé au niveau des attentes, le fitch Éric Fichaud. Après avoir été de passage dans quelques organisations, le CH l'avait recruté par le ballotage en février 2000, l'envoyant avec les Citadelles de Québec de la AHL. Il fut appelé en renfort à Montréal à quelques occasions, mais surtout par mesure préventive. En novembre 2000, il vint en relève à José Théodore, accordant le but vainqueur aux Capitals. Il fut envoyé dans la mêlée dès le lendemain, se faisant sortir avec un peu plus d'une période ayant accordé trois buts. Il fut ainsi crédité de la défaite aux mains des Maple Leafs. Avec 4 buts accordés en 62 minutes de jeu, il retourna dans les mineures et ensuite dans la Ligue Nord-Américaine avant d'être repêché par TVA Sports.


Pour cette équipe de dernière position, nous retrouvons le pire des 25 dernières saisons dans la métropole. À l'aile gauche, notre choix est Nigel Dawes. N'ayant pu convaincre les Thrashers d'Atlanta de le garder dans le grand club, il fut acquis par le Canadien en février 2011. Il s'aligna que pour 4 petits matchs avec Montréal qui en vint à la même conclusion qu'Atlanta : Dawes était invisible et n'était plus de calibre pour la Ligue. Il fut envoyé à Hamilton où il performa bien et alla se faire oublier des partisans nord-américain dans la KHL, où il performa très bien pendant 12 saisons.

Au centre, la mise en jeu perdue est confiée à Brock Trotter. Signé par Montréal à sa sortie de l'Université de Denver, Trotter connu une belle progression dans la AHL, qui lui valut un rappel lors de la saison 2009-2010. Par contre, les deux matchs disputés avec le CH furent loin d'être convainquant. Fiche de -1 et aucun point. Il fut rapidement retourné dans les mineures, endroit qu'il ne quitta que pour aller joué en Asie et en Europe pendant sept ans. Il ne fit guère mieux lors de deux autres tentatives en Amérique du Nord par la suite, alors qu'il ne put inscrire qu'une passe en 4 matchs dans la AHL et une autre passe en 8 matchs dans la ECHL …

Arrivé à Montréal en même temps que Rene Bourque, le jeune ailier droit Patrick Holland avait connu du succès dans les rangs junior. Une fois arrivé chez les professionnels par contre, la marche fut très haute à gravir et il se fit relativement discret à Hamilton. Sans trop savoir comment, il a toutefois obtenu un rappel en 2013-14 qui durera le temps de cinq matchs, où il se fit tellement discret que les amateurs ne durent même pas le remarquer. Aucun point et un différentiel de 0, c'est à se demander s'il n'a pas joué exclusivement sur le banc. Au début de la saison suivante, il fut envoyé à Winnipeg en compagnie de Peter Budaj en retour d'Eric Tangradi, qui aurait très bien put se retrouver dans cette liste également. Les performances de Holland déclinèrent rapidement et il accrocha ses patins deux ans plus tard.

La paire de défense est loin de ressembler à ce que le Big Three des années 70 pouvaient proposer aux amateurs. Arrivé en même temps que Nigel Dawes (quel échange de m&rde), Brent Sopel fut une énorme déception en saison régulière, alors qu'en douze matchs à Montréal, il ne put faire mieux qu'une fiche de -1. Il fit toutefois partie de l'alignement lors des séries éliminatoires et obtint le seul but de ces deux formations alors que Boston élimina le Canadien en 7 matchs. Il quitta à la fin de la saison pour la KHL avant de faire un dernier tour de piste en Amérique lors de la saison 2014-15. Son binôme sur cette paire défensive est nul autre que le présent joueur du Kraken des Firebirds de Coachella Valley Gustav Olofsson. Acquis en octobre 2018 du Wild du Minnesota, Olofsson fut assigné à la ligue qui lui correspond, soit la Ligue Américaine. Le Canadien eut toutefois besoin de ses services la saison suivante et en trois parties, il se fit envoyé au cachot à une occasion et obtint le pire différentiel du groupe avec une fiche de -4. Le CH le laissa aller à la fin de la saison suivante et le Kraken l'amena dans leur organisation.

Pour garder les buts, notre non confiance est entre les gants de Michael McNiven. Pauvre Michael. Après un passage rempli de succès dans la OHL (41 victoires à sa dernière saison !) avec l'Attack d'Owen Sound, le Canadien lui offrit un contrat des ligues mineures en septembre 2015. Ayant abattu beaucoup de travail honnête à différents paliers dans les clubs école, réchauffant le banc lors de 3-4 rappels dans la LNH, il a vu les nouvelles recrues passer devant lui. C'est alors qu'il lança un message via les journaux : "Donnez moi ma chance" ! Il l'obtint le 24 janvier 2022, venant en relève à Cayden Primeau pour la troisième période d'un match au Minnesota. En 7 lancers, il accorda 3 buts dans une défaite de 8-2. McNiven retourna dans l'AHL et fut échangé quelques semaines plus tard et ne revint jamais dans la LNH.

vendredi 27 décembre 2024

Intermède musical : Les Canadiens de Montréal sur Bandcamp

À travers les années, votre blogue préféré (La Vie Est Une Puck) a produit de nombreux textes sur la présence du hockey dans la musique. À titre d'exemples, mentionnons Martin ITFOR qui a signalé l'existence d'une vieille chanson rock des Biberons Bâtis où les Nordiques jouent contre les Devils du New Jersey.

De son côté, keithacton a survolé la création de chansons par des joueurs de hockey tels que Guy Lafleur (disco), Bob Bissonnette (rock), Étienne Drapeau (pop) et Jonathan "fils de Patrick" Roy (pop), une ancienne chanson-thème et une adaptation d'une chanson de folklore.

Pour sa part, RaySheppard a fait un roadtrip de chansons pour plusieurs équipes de la ligue canadienne junior, avec des tounes variées pour chaque ville concernée.

En bref, c'est fascinant de constater la grande variété musicale qui touche le hockey. Mais pour ce billet, je vais me concentrer sur Bandcamp, une plateforme de musique en ligne qui s'adresse principalement aux artistes indépendants. J'ai pris soin de sélectionner les chansons "intéressantes" qui concernent les Canadiens de Montréal en français et en anglais. Sortez votre briquet pour illuminer ce concert nocturne rempli de mélodies obscures!

Choix de 5e ronde des Canadiens de Montréal en 2012, Charles Hudon est natif d'Alma au Lac-St-Jean (ma splendide ville d'adoption depuis 2020). Il a joué une saison complète avec les Habs en 2017-2018, mais grinde depuis dans les ligues mineures. Il semble très connu dans la région. C'est peut-être pourquoi Joël Martel, un surproducteur de musique d'Alma, a décidé de lui rendre un hommage très coloré et humoristique dans ce hit paru en pleine pandémie (juillet 2020). Il fait d'ailleurs partie d'un album conceptuel intitulé "Hockey Ordinateur".


Ce classique almatois a été produit grâce à un mandat donné à Joël Martel par le balado Le Sportnographe de Radio-Canada. On peut écouter cette chouette hudonerie en lisant les paroles qui ne laisseront personne indifférent! En tout cas, moi j'adore! Et c'est rare qu'on dédie une chanson à un joueur de hockey qui n'est pas une grande vedette!


On continue dans le même style avec la chanson "Let's Go Habs Go Canadiens" du groupe humoristique Les Appendices. Parue dans l'album des chansons de la 8e saison du groupe (2016), elle parodie les tounes qui namedrop les Canadiens de Montréal pour faire une passe de cash facile. Un gigantesque hit qui a sûrement joué dans les toilettes du Centre Bell à plein volume!


Mon collègue Pete Peeters de LVEUP m'a signalé la toune comique Fais le Benoît Brunet de l'artiste de hip hop québécois Jeune Chilly Chill. Sortie en 2011 sur un album compilation au nom très... évocateur - 130 lbs de Realness vol​.​1 Haters Edition, le Jeune Chilly Chill (qui ne doit plus être très jeune aujourd'hui) s'époumone à faire des jeux de mots hilarants sur une danse ridicule en "l'honneur" de l'ancien joueur des Habs devenu commentateur sportif à la télé. C'est très amusant d'entendre la musique à l'orgue du Nanana, nanana, hey hey hey, goodbye qui joue en boucle! "Benoît Brunet c'est toi le meilleuuuuuuur!" Comment ne pas adorer cette toune lol!?!

Jeune Chilly Chill a rapidement compris qu'il avait fait un tour de chaque mot avec cette chanson, ce qui l'a poussé à nous montrer comment danser le Benoît Brunet! Gavez-vous de Robaxacet avant afin que votre dos soit en mesure d'endurer autant de swag!


On y va ensuite avec une chanson rock indie intitulée Carey Price's big save du groupe montréalais Jaune Attend (bravo pour le jeu de mots!). Parue en 2011 alors que Carey Price brillait de ses mille feux (38 victoires en 2010-2011), cette chanson marmonne un hommage au cerbère avec un refrain très recherché (Carey Priiiiice!). À écouter à répétition après une grave commotion cérébrale!


On trouve vraiment de tout sur Bandcamp, même de vieux concerts qui ont joué en direct à la radio. C'est le cas du groupe canadien de rock indie Rheostatics qui a participé au Brave New Waves Sessions produites par CBC en 1988. Ils en ont profité pour chanter un hommage très entraînant à Guy Lafleur en mixant voix, guitares et table tournante! J'adore les "Gimme the puck says Guy!" que le chanteur hurle constamment! On entend même le nom de Sergio Momesso dans la toune! 



En 2014, le groupe francophone Guim Moro et les PKP s'est produit en concert lors de l'événement In My Garden à Montréal. Ils ont joué la chanson engagée "Le Canadien" qui contraste les nombreux problèmes de la société avec le choix de se concentrer sur les performances du Tricolore. C'est un beau mélange indie folk avec de l'accordéon, de la guitare et des airs connus du hockey (olé olé olé). Ça me rappelle mon ancienne vie à Montréal et ses spectacles de musique indépendante dans les petites salles du boulevard St-Laurent!


On est chanceux, car le concert en question a été filmé et est disponible sur YouTube!



On change complètement de registre musical avec la chanson Go Habs Go du groupe folk albertain Postgrads. Sortie en 2023, cette toune très reposante souligne la douce nostalgie ressentie quand on est partisans des Canadiens de Montréal de père en fils : "They win or they lose / Hope brought us this far / And that’s good enough for me…". Le chanteur n'a pas la meilleure des voix, mais il namedrop Carey Price et les patins Bauer!



On bifurque ensuite vers le New Jersey pour tomber sur une mystérieuse chanson folk intitulée "Howie Morenz". Produite en 2013 par le groupe indie folk Specters of the Erie Cut, cette toune est remplie d'écho et de paroles marmonnées (un must pour tout groupe de musique folk on dirait!). J'ai cherché en vain les paroles de cette énigmatique pièce sur le web. J'inclus quand même cette chanson mélodieuse, car elle porte sur l'une des premières légendes du Canadien avec son image postale sur la couverture du mini-album concerné. Si quelqu'un comprend le charabia typiquement newjerseyais, merci de nous transmettre les paroles!


On met (enfin) du beat avec la toune "Go Habs Go" du groupe pop électro québécois Qualité Motel (un side-project musical du groupe Valaire). Il s'agit d'une toune d'encouragement réalisée en collaboration avec l'Antichambre de RDS en 2019. Elle est entraînante avec ses paroles saccadées en franglais, et me fait hurler de rire avec la fin de son refrain qui va comme suit: "Blessure au bas du corps / La coupe au tricolore". Admettons qu'ils auraient pu faire rimer le mot tricolore avec quelque chose de plus positif! Ça aurait été un peu mieux avec "Check nous mener au score" ou plus drôle avec "Youpi boit rien qu'du fort".


On revient avec du bon rock québécois avec 7e joueur, un classique des Dales Hawerchuk qui ont renommé la chanson qui les a fait connaître et modifié les paroles pour célébrer les Canadiens de Montréal (merci encore à mon collègue Pete Peeters de LVEUP qui m'a signalé cet oubli!). La toune namedrop des joueurs de l'équipe de l'époque (2011) comme Josh Gorges et fait un excellent travail pour booster les partisans des Habs. Pour la rendre intemporelle, le groupe pourrait changer les noms de joueurs qui sont trop liés à 2011.


On termine avec un gros rock sale québécois avec "J'me prenais pour Patrick Roy" de Bob Miron. Sortie en décembre 2020, sa chanson raconte avec intensité la nostalgie de jouer au hockey dans la rue avec ses amis pendant qu'il gardait les buts comme Saint Patrick. J'aime bien les riffs de guitare et la voix tenace de Bob Miron. Il touche une corde sensible avec ce que j'aime du hockey: un sport dont la magie opère dès l'enfance et qu'on cherche à retrouver une fois adulte. Une passion qui coule au fond de nos veines! Bien hurlé mon Bob et merci pour ta chanson qui rocke! :)

On peut voir Bob Miron shredder sa guitare électrique dans le clip officiel de sa chanson sur YouTube! On dirait bien qu'il est un one-man band en plus! Go Bob Go! :)


J'ai sûrement manqué d'autres chansons sur Bandcamp qui touchent aux Canadiens de Montréal de près ou de très loin. Quand je dis très loin, je pense à la chanson "Jacques Plante" du groupe de hip hop québécois Alaclair Ensemble qui namedrop de façon minimale le célèbre cerbère dans une longue tirade disjonctée où on semble écouter un dictionnaire franglais débouler un escalier pour impressionner la gravité. Mais qu'importe, tous les goûts sont dans la nature et Bandcamp demeure une mine d'or audio à explorer! Je vous reviens d'ailleurs dès que possible avec d'autres chansons issues de Bandcamp portant sur le hockey dans un prochain billet. Et n'hésitez pas à produire vos propres chansons pour qu'on en discute sur La Vie Est Une Puck!

samedi 30 décembre 2023

Quiz hardcore Canadiens de Montréal

 



 

 


Voici pour terminer l'année un quiz hardcore sur le Canadiens de Montréal que même Pierre Bruneau, celui qui écrit les livres sur l'intégralité de l'histoire du club, ne pourrait avoir la note de passage.



 

vendredi 11 août 2023

La fusion Maroons/Canadiens

Match bénéfice Howie Morenz - 1937

 


Fondés en 1924 pour palier à l'absence d'une équipe anglophone à Montréal dans la LNH, les Maroons de Montréal connurent une très bonne première décennie d'existence, remportant même la coupe Stanley à seulement leur deuxième saison. Portés par d'excellents joueurs comme Nels Stewart, Hooley Smith, Babe Siebert, Lionel Conacher et le gardien Clint Benedict, les Maroons semblaient bien en selle et remplissaient le nouveau Forum de Montréal, qui fut d'ailleurs construit initialement pour eux.

Cependant, les réalités du marché économique et démographique firent en sorte que Montréal ne pouvait plus héberger deux franchises à partir de la moitié des années 30, principalement à cause des effets de la crise économique suivant le krach boursier de 1929 (oui ça s'écrit bien Krach). Les deux franchises connurent des baisses d'assistance durant les pénibles années 30, mais les Canadiens arrivaient à mieux s'en sortir avec un plus large bassin de partisans francophones. Les Maroons, par contre, terminèrent derniers dans la ligue à ce niveau pour leurs trois dernières saisons d'existence, soit de 1935-36 à 1937-38, et ce malgré une deuxième conquête de le coupe en 1935. 

Ces problèmes financiers firent en sorte que, comme plusieurs équipes en difficulté à cette époque, (Senators d'Ottawa, Quakers de Philadelphie, Eagles de St.Louis) les Maroons durent vendre beaucoup de leurs vedettes ou autres joueurs de soutien pour survivre. Cependant, les Maroons demeurèrent compétitifs malgré tout.

Hooley Smith
130 buts et 151 passes en 388 matchs avec les Maroons


Voici quelques-unes de ces ventes:
- Babe Siebert fut vendu aux Rangers en juillet 1932
- Nels Stewart fut vendu aux Bruins en octobre 1932
- Le gardien Dave Kerr fut vendu aux Rangers en décembre 1934
- Paul Haynes fut vendu aux Bruins en décembre 1934
- Sammy McManus fut vendu aux Rangers en octobre 1935 (10 000$)
- Hooley Smith fut vendu aux Bruins en octobre 1936

De leut côté, les Canadiens avaient eux aussi connu leur part d'ennuis financiers, et passèrent près de déménager à Cleveland. Pour sauver l'équipe, la société propriétaire des Maroons, la Canadian Arena Company, avança une somme de 165 000$ à un groupe d'hommes d'affaires composé de Ernest Savard, Louis Gélinas et le colonel Maurice Forget. Ces derniers achetèrent donc les Canadiens des anciens propriétaires, Léo Dandurand et Jos Cattarinich, en septembre 1935. La Canadian Arena Company avait donc indirectement le contrôle sur les Canadiens en plus des Maroons.

Mais devant se rendre à l'évidence quelques années plus tard, la CAC décida de miser seulement sur le tricolore et de mettre la franchise des Maroons en suspens après la saison 1937-38, soit la pire saison de l'histoire de l'équipe qui termina au dernier rang avec une fiche de 12-30-6. On tenta de vendre la franchise à des intérêts de St-Louis, et une transaction d'une somme de 150 000$ fut même annoncée dans les journaux. Cependant la ligue refusa, estimant que les problèmes économiques ayant mené à la dissolution rapide des Eagles de St.Louis en 1935, notamment les frais élevés de transport, étaient toujours présents. 

On considéra aussi de garder les Maroons à Montréal à temps partiel, occupant plus de la moitié du  calendrier à Ottawa, privé de ses Senators depuis 1934, ainsi qu'un nombre limité de matchs à Montréal. On estimait que avec cette option, l'effet de rareté des matchs des Maroons influencerait leurs fans à y retourner en grand nombre. On abandonna toutefois l'idée rapidement. 

Dans les années suivantes, on entendit parler de possibles transferts à Cleveland ou Philadelphie mais rien de tout ça n'aboutit et la franchise fut officiellement dissoute en 1947.

La Patrie, 14 août 1938

Montréal-Matin, 18 aôut 1947

 
Maroons de Montréal - 1937-38 - Dernière édition


Donc à l'aube de la saison 1938-39, il fallait procéder à la dispersion des effectifs des Maroons. Normalement, lorsque une franchise cesse ses activités, les joueurs sont réclamés par les autres équipes lors d'un repêchage spécial ou vendus au plus offrant. Cependant une telle chose ne se produisit pas exactement de cette manière avec les Maroons. Comme leurs proprios étaient les mêmes que les Canadiens, la majorité des effectifs des Maroons furent absorbés par le CH. Bien que ce n'est pas considéré ou remémoré comme une véritable fusion comme celle des Barons de Cleveland avec les North Stars du Minnesota en 1978, on peut dire qu'il s'agit essentiellement du même procédé. 

Et même avant cette «fusion», plusieurs considéraient les Maroons comme l'enfant pauvre. Malgré que les deux équipes avaient des DG différents, les proprios et les recruteurs mettaient davantage d'importance à l'alignement du CH. Le meilleur exemple se produisit en février 1936 lorsque le CH obtint des Maroons un jeune Toe Blake ainsi que deux autres joueurs (Bill Miller et Ken Grivel) en retour seulement du gardien Lorne Chabot. Ce dernier venait d'être acheté des Blackhawks et n'avait pas d'utilité dans le système du CH. Blake devint une vedette avec le CH tandis que Chabot était en fin de carrière et ne joua que 16 matchs avec les Maroons.

Canadiens de Montréal - 1938-39

Donc lors de la fin des Maroons, le CH obtint des renforts provenant de l'autre vestiaire du Forum. Cependant, il ne s'agissait que de maigres renforts. Le CH, qui faisait déjà à peine mieux que les Maroons dans le classement avant la fusion, termina cette première saison post-fusion à l'avant-dernier rang de la ligue en 1938-39 avec une fiche de 15-24-9, une fiche moins bonne que l'année précédente (18-17-13).

Les quelques joueurs suivants firent partie du transfert Maroons/CH. Vous allez voir que peu d'entre eux auront marqué l'histoire du tricolore.

- Herb Cain (AG)
Meilleur élément obtenu pour cette saison 1938-39, cet attaquant membre des Maroons depuis 1933 obtint 13 buts et 14 passes dans un rôle secondaire. Il ne joua qu'une saison avec le CH avant de faire une grève salariale et d'être subséquemment échangé aux Bruins. Il devint une vedette offensive à Boston, principalement en 1943-44 lorsqu'il termina au premier rang des pointeurs de la ligue avec une fiche record de 82 points qui durera jusqu'aux 86 points de Gordie Howe en 1951. Cette production record est toutefois grandement considérée comme étant une anomalie, alors qu'il n'a jamais approché de telles statistiques à autre moment de sa carrière et qu'il aurait été grandement aidé par les alignements défensifs décimés à travers la ligue dû à la deuxième guerre mondiale. Cain demeure à ce jour le seul champion pointeur à ne pas avoir été introduit au temple de la renommée.

- Stewart Evans (D)
Anciennement des Red Wings, Evans faisait aussi partie des Maroons vainqueurs de la coupe en 1935. Il obtint 2 buts et 7 passes en 43 matchs dans ce qui fut sa dernière saison en carrière.

Herb Cain

Jimmy Ward

- Jimmy Ward (AD)
Ward faisait partie des Maroons depuis la saison 1927-28 et joua près de 500 matchs avec eux, marquant une dizaine de buts par saison. Ce fut également sa dernière saison dans la LNH en 1938-39 qu'il termina avec 4 buts et 3 passes, suite à quoi il fut renvoyé dans les mineures.

- Des Smith (D)
Défenseur marginal qui en était à sa deuxième année dans la LNH. Il fut rétrogradé dans les mineures après 16 matchs et fut plus tard envoyé aux Bruins. Fun fact, Smith est immortalisé à jamais à LVEUP sur la couverture de notre livre paru l'an dernier. Il est le membre des Maroons au #17 qui donne un coup de corde à linge au joueur des Americans. By the way, le livre est toujours en vente en version digitale si ça vous intéresse.

- Marvin «Cyclone» Wentworth (D)
Wentworth était un très bon défenseur, étant même temporairement capitaine des Blackhawks avec qui il joua de 1927 à 1932 avant de passer aux Maroons. Il termina même au premier rang des pointeurs des Maroons lors de la conquête de 1935. Il était cependant lui aussi en fin de carrière lors de son transfert au CH et ne joua que deux autres saisons, ne marquant qu'un seul but avec le tricolore.

- Bob Gracie (C)
Un autre joueur en fin de carrière et ex-champion de 1935. Il fut rétrogradé dans les mineures après seulement 7 matchs et éventuellement échangé aux Blackhawks.

- Claude Bourque (G)
Le CH obtint lors de ce transfert les droits sur le gardien Claude Bourque qui devint l'adjoint de Wilf Cude durant cette saison 1938-39. Il devint numéro un par défaut la saison suivante, mais ne put faire mieux qu'une fiche de 9-24-3 en 36 matchs avant d'être échangé aux Red Wings.

Marvin «Cyclone» Wentworth
 

Et voici pour compléter les autres mouvements de personnel suivant la fusion:.

- L'attaquant Gus Marker fut vendu aux Maple Leafs pour 4000$

- Les Blackhawks de Chicago déboursèrent 30 000$ pour l'acquisition de trois joueurs des Maroons; Russ Blinco, Baldy Northcott et Earl Robinson.

- Dave Trottier fut libéré et signé par les Red Wings.

- Les 5 joueurs suivant furent retournés dans les mineures sans jamais revenir dans la LNH; Paul Runge, Allan Shields, Jerry Shannon, Maurice Croghan et le gardien Bill Beveridge

Aucun de ces joueurs vendus n'ont vraiment fait long feu par la suite dans la LNH.

Mais il y a cependant deux excellents éléments qui furent obtenus des Maroons par le CH.

- Buddy O'Connor (C)
Le joyau de cette fusion, le futur membre du temple Buddy O'Connor faisait en fait un retour dans le système du CH alors que ces derniers avaient échangé ses droits aux Maroons en 1936. Ces droits revinrent donc aux Canadiens mais O'Connor n'avait encore jamais joué avec les Maroons ou ailleurs dans la LNH, étant plutôt une vedette avec les Royaux de la ligue senior. Après avoir participé à la renaissance de l'équipe montréalaise, dont deux coupes Stanley, il fut finalement échangé aux Rangers en 1947.

- Tommy Gorman (DG)
Gorman peut être considéré comme un des meilleurs entraîneurs et DG des premières décennies de la LNH, et même de toute l'histoire. Avec un oeil particulier pour trouver du talent, il commença sa carrière comme DG et propriétaire partiel des Sénateurs qu'il mena à trois conquêtes de la coupe (1920, 1921 et 1923). Il devint ensuite entraîneur et DG des Americans de New York en 1928 avant de passer  aux mêmes postes chez les Blackhawks en 1933. Il mena les Hawks à leur première coupe en 1934, malgré qu'ils étaient au dernier rang de la ligue pour les buts marqués. Après une dispute avec le proprio, il quitta Chicago pour venir occuper les mêmes positions chez les Maroons. Il mena les Maroons à la conquête de 1935, devenant le premier et le seul entraîneur à ce jour à remporter la coupe deux saisons d'affilée avec deux équipes différentes.

Tommy Gorman (en mortaise) et son club champion de 1935

Après la fusion de 1938, Gorman occupa de nouvelles fonctions avec son nouveau club à titre de directeur des affaires du Forum et du Canadien. Mais après des expériences ratées au poste de DG avec Cecil Hart (1936-39) et très brièvement Jules Dugal (1939-40), les Canadiens promurent Gorman comme DG à partir de la saison 1940-41, peu après que la Canadian Arena Company ait officiellement acheté le club. 

C'est Gorman qui embaucha notamment Maurice Richard et qui mena la renaissance du club, le tout culminant par la reconquête de la coupe en 1944, ainsi qu'une autre en 1946, suite à quoi il passa les rênes à Frank Selke. Gorman demeure le seul DG de l'histoire du Big 4 (NHL, MLB, NFL, NBA) à avoir géré 4 clubs vers un championnat.

C'était donc la fusion non-officielle Maroons/Canadiens. C'est pas mal moins connu que la fusion Barons/North Stars et vous vous doutez bien que ce genre de sujet me passionne. Comme équipe défunte, je trouve que les Maroons sont souvent oubliés, malgré qu'il s'agit d'une des meilleures équipes défuntes avec deux championnats. J'ai même déjà suggéré que le CH leur rende un jour honneur si jamais ils manquent d'inspiration pour un chandail Reverse Retro. Comme on a pu voir, les Maroons font partie de l'histoire du club, même si c'était de manière peu orthodoxe durant une période creuse pour le hockey montréalais. Alors pourquoi pas? Tant qu'à honorer les Expos...



Sources:
Habs' greatest GMs inducted into Builder's Row, NHL.com, 1er novembre 2007
Les Maroons à St.Louis pour une somme de 150,000$, La Patrie, 14 août 1938
Que fera-t-on des Maroons?, La Patrie, 14 août 1938
Northcott, Blinco et Robinson joueront à Chicago, L'Illustration Nouvelle, 16 septembre 1938

mardi 22 novembre 2022

La grande excursion du lancement LVEUP 2022


Benoit Harbec (keithacton), Martin Sasseville (Martin ITFOR), Mathieu Gravel (RaySheppard) et Etienne Hallé (Kirk McLean) réunis les quatre en personne pour la première fois!





Ouffffff.... Quelle épopée. J'ai rarement vécu une fin de semaine aussi paquetée et intense. Et j'ai déjà eu des passes VIP gratuites pour Osheaga et Heavy MTL...

C'était le vendredi 11 novembre dernier qu'avait finalement lieu le lancement de notre livre «Le meilleur de La vie est une puck» lors d'une soirée 5 à 7 qui s'est étirée jusqu'à environ 21h pour la plupart, mais beaucoup plus dans mon cas alors que le lancement n'était qu'une partie de tout ce que j'avais à l'horaire durant cette fin de semaine. Comme j'ai fait beaucoup de route et vécu toutes sortes d'aventures durant ces quelques jours, j'écrivais un peu ce texte dans ma tête en conduisant et en parlant tout seul dans mon char. J'ai donc pensé ressasser tout ça quelques jours plus tard sous la forme d'une excursion LVEUP, ce qui vient d'ailleurs parfaitement compléter le concept de nos excursions 2021-22 de l'an dernier... Mais tout ça était bien plus qu'une simple excursion pour un match, alors ce sera un texte assez différent avec tout plein d'anecdotes et de trucs personnels.

Voici la grande excursion LVEUP 2022, un histoire divisée en 3-4 temps...

Mon périple commençait le vendredi au matin. Comme c'est moi qui était le principal chef d'orchestre de ce projet de livre, j'avais passé la semaine précédente à préparer cette soirée de lancement et les livraisons subséquentes pour ceux qui avaient précommandé. J'avais paqueté mon char la veille et après avoir amené mon garçon à l'école, j'ai immédiatement pris la route pour me taper ces cinq-six heures interminables entre Alma et Montréal.

Je suis arrivé dans la métropole vers 14h, ce qui me laissait amplement le temps d'aller me virer à la Grande Bibliothèque Nationale afin d'y livrer nos deux exemplaires pour remplir les conditions du dépôt légal. On retrouve donc dans la plus grande bibliothèque du Québec une copie de notre livre offerte au grand public et une autre dans les archives nationales. Un bon début on peut dire!

J'avais ensuite à me rendre à mon Airbnb faire mon check-in avant de retourner au «Café-Boutique les Malins», là où avait lieu notre grand lancement. Opéré par la maison d'édition jeunesse "Les Malins", le café est encore tout jeune alors qu'il n'a ouvert que l'an passé. J'ai été grandement surpris de l'endroit une fois arrivé alors que j'ignorais qu'ils ont un sous-sol exclusif pour enfants avec jeux, coussins, glissade et plein de choses, ce qui laisse le champ libre aux parents de rester au rez-de-chaussée pour prendre une bière ou un café. Comme notre clientèle tourne pas mal aux alentours des 35-50, c'était très approprié comme endroit et toutes ces petites familles ont pu bien profiter de leur soirée. J'avais d'ailleurs apporté un écran et ma console rétro pour y mettre des jeux de hockey comme Blades of Steel et Ice Hockey. J'étais d'ailleurs très content de voir plusieurs jeunes s'y essayer contre leurs parents.

Le lancement s'est super bien déroulé, malgré qu'il y avait de grosses averses ce soir-là, ce qui a sans doute refroidi plusieurs visiteurs potentiels. La route était même bloquée à certains endroits et Kirk McLean a eu de la difficulté à retourner à Victoriaville en fin de soirée. Mais on a quand même eu un bon groupe de lecteurs et d'amis qui s'y sont déplacés, surtout des amis de longue date de Martin qui ne s'étaient pas vus depuis longtemps. keithacton avait toute sa famille qui l'accompagnait et Kirk McLean avait aussi quelques membres de sa famille qui s'étaient déplacés. Moi pour ma part, je n'ai presque plus d'amis ou de famille à Montréal et les environs, la plupart étant retournés en région comme moi ou ailleurs dans le monde. J'ai quand même revu ma vieille chum amie Sophie et mon pote Juair que je remercie d'ailleurs de s'être déplacés.
 
On est assez cons parce qu'on a presque pas pris de photos à part celle du haut avec les quatre auteurs. En voici une des seules qu'on a pris, soit de Kirk McLean et sa cousine Anne-Marie qui posent devant ma fameuse œuvre «Passe-temps perdus 1990» que j'avais décidé d'amener quand j'ai vu qu'il restait un peu de place par dessus toutes ces boites dans mon auto.


 
On avait un tab d'ouvert au bar et même si j'en ai pas abusé, je me suis ramassé pas mal pompette vers la fin. J'ai alors tout laissé sur place dans le backstore, et j'allais repasser le lendemain matin chercher tout ça. Le lancement derrière moi, j'étais donc prêt à passer en mode plus relax et à profiter un peu de ma fin de semaine. C'est alors que mon côté loup-garou montréalais est ressorti…

Pour vous mettre en contexte et diverger un peu, je fais partie de cette rare race de «double expatriés». 
 
Je m'explique. Je suis originaire du Lac-St-Jean mais j'ai habité à Montréal de 2004 à 2014 soit un bon dix ans. Lorsque tu viens de la région et que tu t'installes à Montréal, tu es surnommé comme étant un «expatrié du Lac», ce qui a toujours eu une drôle de connotation selon moi. Ça sonne un peu comme «réfugié» ou «exilé» ou autre terme un peu plus dramatique. On pourrait croire que cela réfère à quelqu'un qui n'est pas à sa place ou qui a été déplacé contre son gré.

Lorsque tu reviens en région eh bien on a pas vraiment de terme pour ça. Tu as simplement fait un «retour en région» ou «retour au bercail» ou «retour aux sources», ce que j'ai fait en retournant au Lac-St-Jean avec ma future épouse. Mais moi je me considère davantage comme un «expatrié de Montréal» alors que je vie une dualité depuis des années où je suis tiraillé par mes deux vies, soit celle de maintenant plus pépère en région et celles avec mes fantômes du passé à Montréal. Je connais plein de gens de région qui détestent Montréal et vice-versa, des gens qui sortent tout plein de préjugés inutiles qui ne mènent à rien. Moi je suis fier et heureux d'habiter au Lac-St-Jean et j'ai quand même adoré à mort mes années à Montréal. Et quand je me retrouve dans une de ces deux places, je m'ennuie de l'autre et vice-versa. Cependant, j'ai bien laissé tout ça derrière moi et je ne suis retourné que très peu de fois à Montréal depuis 2014. Quand je revenais, c'était lors de visites éclairs pour le travail ou bien pour porter quelqu'un à l'aéroport ou quelque chose du genre. Même qu'une fois c'était pour des funérailles d'un ami décédé du cancer. Donc rien de bien palpitant...

Mais, lors de cette fin de semaine du lancement, je me retrouvais donc un peu pompette et sans responsabilités, en plein vendredi soir pluvieux sur l'avenue Mont-Royal et je me suis rendu compte que c'était la première fois que j'étais «lâché lousse» à Montréal depuis cette époque lointaine. Je me suis aussi rendu compte que j'avais vraiment faim, n'ayant pas vraiment mangé autre chose que des petits snacks lors du lancement parce que j'étais trop occupé à courir de gauche à droite. J'ai donc pu renouer avec ce plaisir montréalais qu'on appelle «tomber random sur un restaurant de Shawarma et trippe-bouffer ta face à 23h du soir avec une orgie de saveurs dans yeule».

J'en bave encore…

Je ne savais pas que je m'ennuyais autant de ça. Mais je pourrais qualifier ça comme étant un clash culturel, surtout depuis la pandémie et tous ces problèmes de main d’œuvre. Au Lac, c'est devenu impossible de trippe-bouffer le soir… Il n'y a pratiquement plus aucun resto ouvert la nuit alors qu'ils ferment tous les uns après les autres ou opèrent durant des heures réduites. Beaucoup de références sûres de longue date ont même fermé leurs portes dans les dernières années et même McDo ferme désormais à 22h max si c'est pas avant. Et quand tu trouves quelque chose d'ouvert et bien ce n'est pas vraiment de la grande gastronomie diversifiée en dehors d'une poutine ou d'un burger.

Bref c'est un des côtés qui me manque de Montréal et c'était donc le Shawarma le plus satisfaisant de l'histoire.

Ce petit détour culinaire était un exemple de ce que cette fin de semaine libre à Montréal allait me proposer, soit un retour nostalgique dans le temps de mes années de foire à Montréal. Encore une fois je ne reviendrais pas forcément à cette époque mais une fin de semaine c'est pas mal juste assez long pour tout rassembler ensemble ce qui te manque de Montréal.

Je suis ensuite parti me coucher car il mouillait et je devais me lever assez tôt pour commencer les livraisons. Comme vous le savez peut-être, on a décidé de faire une grosse partie des livraisons des précommandes en personne. Les tarifs de Poste Canada étant exorbitants, on a décidé de procéder de la sorte histoire de respecter notre budget. Plusieurs étaient surpris de ce choix mais c'était vraiment plus logique, surtout pour moi qui devait de toute façon passer par Sainte-Anne-des-Plaines voir de la famille le dimanche. J'ai en plus une auto hybride-branchable donc les coûts en essence sont pas mal moindres.

Mon planning était le suivant; Île de Montréal le samedi et ensuite Rive-Nord, Trois-Rivières, Québec et le Saguenay le dimanche. C'était, on pourrait dire, «ambitieux», pour ne pas dire «totalement débile».

Je suis d'abord parti déjeuner le samedi matin au même endroit que la veille, Les Malins, histoire d'essayer enfin la place et de ramasser mon stock. J'allais ensuite rejoindre mon vieux pote Fred qui était bien partant pour un projet du genre, histoire de passer la journée à jaser, boire du café et fumer des clopes en bonne compagnie. Il m'a grandement aidé en tant que co-pilote et on s'est même payé la traite en se permettant un break au Toys "R" Us des Galeries d'Anjou. On a terminé toutes ces livraisons vers 17h, il ne me restait alors que quelques adresses dans l'ouest de l'Île le lendemain matin.

J'avais donc encore ma soirée de libre et je me suis alors tapé un trip nostalgie. Déjà que mon Airbnb était situé dans le même pâté de maison du Mile-End où j'habitais auparavant, je me suis dirigé à pied vers l'aréna McConnell pour aller revoir mes anciens Redbirds de McGill adorés. Si vous nous suivez depuis longtemps, vous savez que les Redbirds *anciennement Redmen* sont une de nos équipes fétiches sur ce blog. C'est même lors d'un match en 2011 que j'ai rencontré Martin et plus tard Benoit, mes collègues du blog, et que je fus invité plus tard à me joindre au groupe. Cependant, ça faisait probablement depuis 2013 ou 2014 que je n'y étais pas allé, les rares fois que j'ai pu revenir à Montréal ne coïncidaient pas vraiment dans mon horaire pour un petit match universitaire. Mais en ce samedi de novembre, un match McGill contre les Paladins de RMC (le Royal Military College de Kingston) était à l'affiche et je n'avais d'autres choix que de finalement retourner à McGill.

Le bon vieux Aréna McConnell

Je prévoyais tout d'abord y aller tout seul mais ce cher keithacton a finalement accepté de venir avec ses deux fils. Il est toutefois arrivé à la deuxième période, ce qui n'était pas trop grave car j'ai pu ainsi prendre tout le temps de me remettre dans l'ambiance. C'était vraiment particulier de remettre les pieds dans cet aréna car c'est durant mes premiers matchs ici que j'ai réellement assimilé un des «principes» de LVEUP, celui d'apprécier le hockey peu importe le niveau. Je m'intéressais pas mal juste à la LNH et l'histoire de la LNH à l'époque et ma découverte de ce niveau cruellement oublié qu'est le réseau universitaire canadien a été une révélation. De plus que ces premiers matchs étaient durant la fameuse saison 2011-12 où les Redmen étaient dominants et en route vers leur premier championnat canadien, en plus de la Queen's cup.

Lors de la première période de ce retour McGillien, j'ai de nouveau été frappé par cette enivrante ambiance. Je crois que c'est parce qu'il s'agit d'un petit aréna intimiste mais le niveau de jeu est tellement rapide et excitant, c'est vraiment dommage que ce n'est pas autant connu, quoique depuis 2011 je crois que plusieurs avancées populaires ont été faites, il y a même une équipe en train de se développer près de chez moi à l'UQAC. Il y avait aussi une très bonne foule à ce match, du moins plus que la moyenne qu'on avait l'habitude de voir autrefois.

J'ai vu plusieurs matchs de toutes sortes de niveaux durant la dernière saison mais il y a pas grand chose qui accote l'Universitaire pour moi. Même notre match de la ECHL n'était pas aussi bon. Le match était à 1-1 après une période et ne s'est terminé finalement que 2-1 en faveur de McGill mais c'était vraiment un bon match. Seule affaire poche, cette étrange décision des organisateurs de délaisser le papier. Plus de billets et plus de programmes… Je suis un gars très écolo mais ça je trouve ça inutile. En plus, pas moyen de payer avec Interac. Tu devais te rendre sur leur site avec ton cell et acheter le billet en ligne avec ta carte de crédit. Tu reçois ensuite un billet PDF par e-mail que les filles scannent à l'entrée. Cependant je voyais dans la file plusieurs personnes plus âgées avec leurs billets électroniques… imprimés. Heille, vive le paper-free...


Quelque part dans l'obscurité en haut de la colline de l'avenue du Parc se trouve l'Aréna McConnell

Les bannières de la glorieuse saison 2011-12, meilleure équipe que j'ai suivie en personne durant ma vie.

Un match rouge contre rouge, Redbirds contre Paladins.

Toutefois je peux comprendre pour les billets, c'est beaucoup de logistique. Mais come on. Ayez au moins une machine Interac! C'est quoi ce bordel? Ah oui c'est McGill: «What the fuck are you thinking?» En plus, le restaurant acceptait Interac… Bref c'était chiant. Je m'ennuyais surtout de ces précieux programmes avec les alignements et les stats. Quelques feuilles 8 1/2 x 11, est-ce que ça pèse vraiment dans la balance? La fille à l'entrée me dit «It's all online now.» Et moi de lui répondre «Well, online sucks».

Depuis mes visites régulières il y a de ça bientôt une dizaine d'années, ils ont refait un peu la déco dans le lobby de l'aréna et j'aimais bien ces quelques photos en dessous du comptoir du restaurant célébrant la longue histoire de McGill, la plus vieille équipe de hockey au monde je vous le rappelle. Il y avait aussi une belle photo grand format de l'équipe championne de 2012.






Après ce bon match nostalgique, j'ai décidé de continuer dans la même veine et de retourner à un autre de mes spots du passé, le bar L'Escogriffe. Bien que je ne connais plus aucun membre du staff ni même aucun des réguliers présents, je m'y suis amusé comme dans le temps, avec en prime un bon show du groupe les Saints Martyres qui lançaient leur album. Tout un show intense qui faisait du bien, en plus c'était totalement improvisé car je pensais même pas me rendre au bar et plutôt rester sage… mission ratée.
 
Durant le show, je me suis mis chummy avec un gars qui venait d'Allemagne. Je discute avec de la vie à Montréal, de musique, je lui parle du livre, etc. Plus tard, il mentionne qu'il vient d'une ville que je ne connais probablement pas; Cologne. Je lui dis «Ben, je connais les Sharks de Cologne de la ligue DEL.» Il part à rire et me dis «Wow, ok oui tu es vraiment un nerd de hockey.»

Après cette autre soirée arrosée à me coucher trop tard (quoique moins tard que dans le passé), je me devais de me lever assez tôt pour continuer mes livraisons. J'avais alors cette face ci-jointe:


«ouf....»


Après cette pause ravitaillement en liquide, il me restait une demi-douzaine de spots à faire dans Westmount, Côte-des-Neiges, Verdun et Lachine avant de monter au Nord par St-Jérôme, Ste-Anne-des-Plaines, Terrebonne, etc... C'est alors que le doute commença à s'installer dans mon esprit… et la fatigue. Mon plan d'être de retour à Alma en fin de soirée allait-il tenir la route? Après une pause dîner chez ma tante à Sainte-Anne-des-Plaines et quelques autres livraisons, il était déjà 16h30, il faisait déjà noir et je n'étais rendu qu'à Joliette…

Après mes livraisons à Trois-Rivières où il commençait à neiger, je devais me rendre à l'évidence qu'il fallait mettre une croix là-dessus. J'ai callé ma boss pour lui dire que je rentrerais pas lundi et j'ai appelé mon chummy André-Pier pour qu'il m'héberge à Québec pour la nuit. André-Pier est également celui qui a révisé en partie le livre. J'avais donc plus de lousse pour terminer ces foutues livraisons en toute sécurité le lundi matin. En plus, cela m'a donné un peu de temps pour dénicher un point de vente du livre à la Librairie Pantoute dans le Vieux-Québec, ce que je n'aurais pas eu le temps de faire durant la fin de semaine.

Après ma dizaine de livraisons à Québec, il ne me restait plus que le Saguenay avant de rentrer à Alma. J'aurais bien pu remettre ça à plus tard durant la semaine ou même l'autre fin de semaine mais je préférais crever l’abcès tout de suite. Tant qu'à être fatigué… J'ai donc terminé cette énorme et intense batch de livraisons en passant par La Baie, Chicoutimi et Jonquière pour finalement arriver chez moi vers 18h.

J'étais tellement crevé à ce moment que ça dépassait l'entendement. Faire autant de route en si peu de jours, je me parlais tout seul dans mon auto et je me surprenais à devenir beaucoup trop émotif en écoutant ma playlist et en chantant des tounes de The Cure à tue-tête… Il était grand temps que je rentre chez moi. Une fois finalement arrivé, ça m'a pris environ trois jours pour me sortir de ce décalage et cette accumulation de fatigue.

Et après cette difficile semaine de travail écourtée, c'était le temps du deuxième lancement, celui d'Alma le vendredi 18 novembre dernier. Cette fois-ci j'avais bien moins de route à faire et comme la soirée correspondait à mon 40e anniversaire, ma charmante épouse s'est pas mal occupée de tout puisque nous avons combiné les deux événements ensemble. Nous avons fait ça à un endroit nommé IQ L'atelier, une chouette salle d'exposition bien située au centre-ville. C'était vraiment l'endroit parfait pour faire le lancement tel que j'avais imaginé. Celui de Montréal était super mais il faut avouer que la configuration n'était pas optimale pour tout ce que j'avais en tête. À celui d'Alma, j'avais un plus grand endroit mieux adapté pour y installer ma console rétro et j'avais surtout à ma disposition un grand écran avec projecteur.
 
Dans mes temps perdus lors des semaines précédentes, j'avais monté un long vidéo avec des clips de hockey vintage volés sur YouTube et ça a vraiment fait fureur. Je n'avais cependant pas pu le projeter à Montréal, n'ayant pas vraiment de place ou d'écran à ma portée. Même mes oncles plus vieux se demandaient où j'avais pu trouver autant de vieux trucs. Un d'eux a vraiment fait le saut en revoyant un vidéo des Golden Seals. Ça ressemblait à un flashback du Vietnam…















Comme vous pouvez voir, j'ai plus de photos de celui à Alma, courtoisie de mon ami Gabriel Dumouchel a.k.a. BobKudelski que je remercie d'ailleurs pour son assistance durant toute la soirée et les mois passés. Il m'a notamment aidé à monter à la main les petits paquets de cartes LVEUP et aussi les enveloppes d'expédition. On a bien rigolé durant ces séances et on a même des projets «en développement» pour le futur de LVEUP. C'est à suivre cependant et j'en dirai pas plus…

Bref ces deux lancements et ces livraisons ont été deux semaines assez intenses. Le fait d'avoir eu 40 ans au travers de tout ça explique probablement pourquoi je suis autant fatigué. Même que ça a été difficile de puiser l'énergie pour écrire et finir ce texte… Je crois aussi que ça provient de la culmination de ce long projet et que l'adrénaline redescend ou quelque chose du genre.

C'était rock'n'roll.

Merci à tous ceux qui se sont déplacés aux lancements, les autres qui ont précommandé et qui ont reçu ou recevront bientôt leurs copies (ça s'en vient). J'ai aussi bien aimé jaser un peu avec les quelques personnes qui étaient présentes lors des livraisons.

Pour la suite, nous allons faire un décompte des copies restantes, livrer à quelques bibliothèques et de possibles points de vente supplémentaires, et ensuite contacter ceux qui ont fait des demandes pour de nouvelles commandes postales. Il nous reste à déterminer le prix final pour ça mais encore là patience, ça s'en vient.

Encore merci à tout le monde pour votre appui et on espère que le livre vous plait.