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lundi 29 décembre 2025

Une petite photo pour le plaisir #105 - La foule du Forum en 1938

 


Voici une photo faisant partie du Fonds Conrad Poirier, un photographe très actif au cours de la première partie du 20e siècle et qui a produit de nombreux clichés de qualité. Ceux qui se sont procuré notre livre peuvent voir une de ses photos sur la couverture. 


 

On y voit une partie de la foule lors du match des Canadiens du 24 février 1938 contre les Bruins. De toute évidence, elle est très homogène. Non seulement elle est très masculine, mais l’habillement est aussi uniforme. 

D’abord, le paletot foncé est de mise. (La photo est en noir et blanc, mais on peut supposer que plusieurs sont dans la même palette de couleur.) Le tout est accompagné d’une chemise pâle, d’une cravate et de l’incontournable chapeau. 

Pour ceux que ça intéresse, le match s’est terminé par un match nul de 1-1. Leroy Goldsworthy a marqué en première période, Johnny Gagnon a égalisé le pointage pour les Canadiens en troisième période en déjouant Tiny Thompson

C’est Wilf Cude qui défendait le filet montréalais.

Sources: 

"Canadiens and Boston play to 1-1 Deadlock" de Marc T. McNeil, February 25, 1938, Montreal Gazette, page 12, 

BANQ.  

 

mercredi 24 décembre 2025

Guy Lafleur, poète

 


En ce temps des fêtes, voici quelque chose de différent. 

En faisant des recherches, je suis tombé par hasard sur ceci dans l’édition du 17 novembre 1972 de La Presse. 

Guy Lafleur, celui qu’on présentait comme le successeur de Jean Béliveau s’est présenté à Montréal avec énormément d’attentes à son endroit. À ses trois premières saisons, il a présenté une fiche qui aurait été considérée enviable pour la grande majorité des joueurs (64, 55 et 56 points), mais pas pour lui. D’abord, le courant ne passait pas vraiment entre lui et l’entraîneur Scotty Bowman. De plus, Marcel Dionne, choisi tout juste après lui par Détroit, avait de meilleurs statistiques. 

Au moment de l’écriture de l’article, Lafleur débute sa deuxième saison et est donc encore dans sa période difficile. Il n’est pas encore la grande vedette qu’il deviendra, statut auquel il aspire selon ce qui est écrit dans l’article. 

Il indique qu’il est heureux, mais que le hockey, ″y a pas juste ça dans la vie.″ (Un autre marqueur de 50 buts, Stéphane Richer, reprendra une phrase semblable quelques décennies plus tard, et la réaction ne fut pas positive.) 

Il s’ouvre sans pudeur (et je dirais avec un certain courage) au sujet d’un poème écrit l’année précédente. L’auteur indique qu’une maison d’édition lui aurait fait une vague proposition pour publier ses poèmes, mais que ce ne serait pas un service à lui rendre, ce qui ne l’empêcha pourtant pas de publier celui-ci, que je me suis permis de citer… 

Personnellement, pour un jeune de 20 ans (au moment de l’écriture) qui a quitté son domicile très jeune pour se concentrer sur le hockey (j’ignore quel niveau de scolarité il a complété, mais à l’époque dans le junior, ce n’était pas une priorité), je trouve que ce n’est pas si mal. Peut-être que je suis influencé par l’admiration et l’affection que je porte au Démon blond… À vous de juger. 

Mon amie, 

Embrasser sans serrer

C’est comme manger

Une galette non sucrée

Si un jour, tu ouvres ma tombe

Tu liras, écrit en lettres d’or

Je t’aime encore

Si tu étais un petit crochet

Et moi une petite chaudière

Laisserais-tu ma petite chaudière

S’accrocher à ton petit crochet?

La rose séparée du rosier

Se flétrit

Mais séparé de toi

Je pleure et je m’ennuie

Si parfois dans la vie

Tu te sens seule

Pense qu’il y a quelqu’un

Qui t’aime et qui pense à toi

L’amour a ses raisons

Que la raison ne connaît pas

Un peu de joie apportée

Aux autres cause satisfaction

Que bien des présents reçus

Pardonne à la main indiscrète

Qui durant ton absence

Est venue feuilleter ce cahier

Ce n’est pas pour y écrire

Un poème, coquette

Mais simplement pour y laisser

La marque d’un souvenir…

S’il me faut ces lignes

Pour te prouver mon amitié

Voici que je les signe

Avec sincérité 

Guy Lafleur, nov. 71 

Sources : ″On a tout demandé à Lafleur, même d’être poète″ de Pierre Brosseau, 17 novembre 1972, La Presse, page D2.

lundi 22 décembre 2025

Steve Vickers

 

Le repêchage de 1971 fut marqué par la présence de pas un, mais deux joueurs générationnels, Guy Lafleur et Marcel Dionne. Toutefois, d’autres joueurs de valeur furent aussi choisis. Après une bonne saison avec les Marlboros de Toronto, Steve Vickers fut repêché au 10e rang par les Rangers. Son coéquipier, le terrorisant Steve Durbano, fut aussi retenu par New York quatre rangs plus tard, mais après un an avec Omaha, dans la Ligue centrale, leurs chemins se séparèrent lorsque Durbano fut échangé aux Blues. 

De son côté, Vickers fit sa place dans la grosse pomme en faisant une entrée fracassante. Tout au long de sa carrière, il eut des séquences notables, et son début dans la LNH ne fit pas exception. 

Dès son premier match, à son premier tir, celui qu’on appela ″Sarge″ en raison du manteau de style militaire qu’il portait déjoua Denis DeJordy, des Wings. Ce fut toutefois dans une cause perdante puisque Détroit l’emporta 5-3. 

 Un peu plus d’un mois plus tard, combiné avec Bill Fairbairn et Walt Tkaczuk au sein de la Bulldog line, il marqua 3 buts contre Gary Edwards, dans une victoire de 5-1 contre les Kings au Madison Square Garden

Le match suivant, il déjoua Michel Belhumeur 3 autres fois, dans une victoire de 7-3 contre les Flyers. Il est ainsi devenu la première recrue à inscrire deux tours du chapeau lors de deux matchs consécutifs. Il était également le deuxième à réaliser cet exploit après Joe Malone en 1916-17, dans l’uniforme des Bulldogs de Québec

En séries, il ajouta un autre tour du chapeau dans le match qui élimina les rivaux des Rangers, Boston. 

Malgré qu’une blessure lui fit rater 16 matchs, il termina sa saison recrue avec une fiche de 30 buts et 23 passes. Sa récolte de buts représentait un record d’équipe pour une recrue (depuis battu). Il remporta aussi le trophée Calder, remis à la recrue de l’année. Au scrutin, il devança relativement facilement Bill Barber (futur membre du Temple de la renommée) et Billy Harris, son ancien coéquipier au niveau junior. Il était le premier Ranger à le remporter depuis Camille Henry en 1953-54. 

La saison suivante, il ne souffrit pas de la guigne de la deuxième année, augmentant son total à 34 buts, bien qu’il eut une séquence de 15 matchs sans but. 

En 1974-75, étant bien appuyé par ses nouveaux compagnons de trio Jean Ratelle et Rodrigue Gilbert, Vickers conclut sa saison 1974-75 avec sa meilleure fiche en carrière, soit 41-48-89. D’ailleurs, le 30 mars 1975, Vickers marqua pas moins de 4 buts, tous sur des passes de Ratelle et Gilbert. Trois d’entre eux furent marqués en troisième période. Il y ajouta une passe (sur un but de Ratelle, accompagné d’une passe de Gilbert). C’est Peter McDuffe des Scouts de Kansas City qui fut sa victime, dans une victoire de 8-2. 

Il fut alors choisi au sein de la deuxième équipe d’étoiles de la ligue. (Richard Martin des Sabres et repêché cinq rangs avant lui en 1971, fut l’ailier gauche de la première équipe.) 

Ce qui semblait être une saison exceptionnelle s’est toutefois terminée en queue de poisson en séries. Alors que leurs nouveaux rivaux, les jeunes Islanders, accédaient aux éliminatoires pour la première fois, ils poussèrent leurs vénérables voisins à un match ultime qui se rendit en prolongation. À ce moment, Vickers perdit la rondelle à Jude Drouin, qui la refila à Jean-Paul Parisé et qui déjoua Ed Giacomin. Les Isles envoyèrent alors les Blueshirts en vacances. 

En novembre 1975, son trio fut démembré lorsque Jean Ratelle fut échangé aux Bruins dans une transaction majeure qui amena Phil Esposito à New York. Si ce dernier joua certains matchs avec Vickers, l’entraîneur John Ferguson jongla souvent avec ses trios. Ceci n’empêcha toutefois pas Vickers d’avoir un match de 7 points (un record d’équipe) dans une victoire de 11-4 contre les faibles Capitals, alors que lors de ce match du mois de février, il jouait avec Gilbert et Wayne Dillon.

Par la suite, les statistiques de Vickers demeurèrent respectables, mais en baisse. Il parvint tout de même à avoir un autre match de 4 buts en octobre 1977, dans une victoire de 6-2 contre les Blues. 

En 1978-79, c’est l’ex-entraîneur des Flyers, Fred Shero, qui prit le banc des Rangers. Pour Vickers toutefois, les résultats ne furent pas au rendez-vous. Dans une saison marquée par les blessures, il obtint ce qui était à ce moment son plus faible total de buts, avec 13. Par contre, en séries, Shero eut la satisfaction d’éliminer son ancienne équipe, Philadelphie. Au tour suivant, Vickers et ses coéquipiers purent prendre leur revanche de 1973. Cette fois-ci, c’était leurs voisins de Long Island, les Islanders, qui étaient les favoris, forts de leur première place au classement général. Ce sont toutefois les vieillissants Rangers qui l’ont emporté. Ils se sont alors dirigés vers la finale, où ils ont été éliminés par les Canadiens. 

Vickers eut un sursaut en 1979-80, avec une production de 29 buts lorsqu’il fut combiné avec Ulf Nilsson et Anders Hedberg, suivie d’une saison de 19 buts en 1980-81. 

En 1981-82, c’est Herb Brooks, celui qui avait mené les États-Unis à l’or olympique à Lake Placid, qui devint entraîneur des Rangers. Vickers, en perte de vitesse, ne cadrait pas vraiment dans le style préconisé par Brooks. Doublé avec une blessure, il fut envoyé à Springfield, dans la Ligue américaine, pour 20 matchs. 

À la fin de la saison, il demanda à Brooks s’il avait un avenir avec l’équipe. Brooks lui répondit que non. Établi à New York avec sa famille, il préféra prendre sa retraite et alla travailler dans le domaine de l’assurance. Il déménagea plus tard en Floride. 

Sa fiche en carrière est de 246-340-586 en 698 matchs. 

Sources : 

″Clarke propulse les Flyers au premier rang dans l’ouest″, PC, 13 novembre 1972, La Presse, p.C1,

″Vickers unleashed tough Bulldog line″, CP, November 16, 1972, Calgary Herald, p.83, 

″Vickers awarded Calder Trophy, Barber runnerup″, May 30, 1973, Montreal Gazette, p.36, 

″Vickers leads Red Wings″ de Martin Lader, UPI, February 7, 1974, Times-Union Warsaw, p.12, 

″Tight NHL Races to go down to the wire″, CP, March 31, 1975, Calgary Herald, p.17, 

″Second chance for Steve Vickers″, UPI, May 2, 1979, Beaver County Times, p.C2, 

″Big night gives Vickers’ confidence a lift″, CP, November 8, 1979, Regina Leader-Post, p.23,

hockeydraftcentral.com.

 

mercredi 17 décembre 2025

Les arénas des Flames - Stampede Corral

 

D’abord, je devrais spécifier ″Les arénas des Flames DE CALGARY″. Les Flames ont débuté en 1972 à Atlanta, où ils ont joué à l’Omni Coliseum, mais comme je ne suis pas allé à Atlanta, on débutera donc avec le Corral. Ils ont ensuite déménagé au Saddledome, couvert dans le billet précédent. 

Comme le Saddledome, comme le futur Scotia Place, le Stampede Corral était situé sur le site du Stampede. Construit en 1950, il remplaçait le Victoria Arena, aussi situé dans le même secteur. Ce dernier avait un profil semblable au Edmonton Gardens, soit une construction avant la première grande guerre, qui a servi pour des expositions agricoles. Elle a aussi abrité l’équipe locale de la WCHL, les Tigers. Ainsi, depuis plus de 100 ans, lorsqu’il y a du hockey professionnel à Calgary, c’est dans le même secteur. 

 

Pour en revenir au Corral, il a été construit au coût de 1,25 million $ (16 millions en dollars d’aujourd’hui). Sa capacité a varié de 6475 à 8700 sièges. 

Il a été l’hôte de hockey junior et senior. Les Cowboys de l’AMH y ont aussi élu domicile de 1975 à 1977. Les Boomers de la NASL y ont joué au soccer intérieur en 1980-81. Stu Hart, promoteur de lutte (et père de Bret et Owen) y a tenu d’innombrables galas. Les représentants canadiens y ont aussi joué de nombreux matchs de la Coupe Davis.

En 1972, les championnats du monde de patinage artistique se sont déroulés au Corral. 

En 1980, les Flames débarquèrent en ville. Le Corral était l’endroit incontournable pour les installer, mais il était clair qu’il ne répondait pas aux critères de la Ligue nationale. La résidence des Flames y a duré trois ans, jusqu’à ce que le Saddledome soit prêt. 

En huit ans à Atlanta, les Flames ont atteint les séries à six reprises. Toutefois, ils n’y ont jamais remporté une série. En fait, ils n’ont remporté que deux matchs, tout en perdant quinze. 

Une fois à Calgary, il s’agissait pratiquement de la même équipe, mais il y eut un revirement de situation. Les succès en séries ont été immédiats. Au printemps 1981, les Flames balayèrent Chicago, pour ensuite éliminer les finalistes de l’année précédente, les Flyers, en sept matchs. La ville, déjà enthousiaste d’avoir une équipe de la LNH, devint folle et l’atmosphère dans le petit Corral devint électrique. Le beau parcours des Flames prit ensuite fin contre les North Stars, qui atteignirent ainsi la finale. 

En 1988, lors des Olympiques, le Corral a joué un rôle de soutien au Saddledome lors des compétitions de hockey et de patinage artistique. 

Il y eut par la suite des spectacles, de la lutte et un peu de hockey. 

On annonça en 2016 que le centre de congrès BMO Centre serait agrandi au coût de 500 millions $. Pour y faire de l’espace, il fallait démolir le Corral, ce qui fut terminé en 2021. 

L'agrandissement du BMO Centre, où se trouvait le Corral
 

Comme le hockey dans la ville de Calgary a toujours été dans le même secteur, il n’y a peut-être pas de nécessité de mettre des plaques ou des affiches pour souligner le site du Corral et je n’en ai d’ailleurs pas vu. 

Sources : banqueducanada.ca, wikipedia.org.