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mardi 14 octobre 2025

Le plus de ligues pro en même temps

 

(sources logos et images: sportslogos.net, funwhileitlasted.net)


Depuis la venue du sport et du hockey professionnel, il y eut une multitude de développements et déploiements d'équipes à travers les ligues et les âges. Le hockey nord-américain s’est construit à travers un enchevêtrement de ligues, dont certaines n’ont duré que quelques saisons. En plus de la LNH, les circuits mineurs, de développement (club-écoles), semi-pro et autres niveaux indéfinissables ont parsemé le paysage du hockey nord-américain depuis plus d'un siècle. 

En ce moment présent, nous avons ce que je considère 6 ligues pro/mineures/semi-pro en Amérique du nord, et cela n'a pas changé depuis 2014.

  • LNH -  Ligue Nationale de Hockey
  • AHL - Ligue américaine de Hockey
  • ECHL - anciennement «East Coast Hockey League» mais désormais «acronyme orphelin»
  • SPHL - anciennement «Southern Professionnal Hockey League», également une orpheline de nom.
  • LNAH - Ligue Nord-Américaine de Hockey - Autrefois la Ligue de hockey Semi-Pro du Québec (LHSPQ). Reconnue comme professionnelle depuis 2004.
  • FPHL - Federal Prospects Hockey League - En quelque sorte le penchant de la LNAH aux États-Unis depuis 2010.

Mais auparavant, les quelques développements majeurs du siècle précédent furent, entre autres: 

  • La American Hockey Association (AHA 1926-1942) - ligue professionnelle mineure qui fut la première à implanter des équipes dans le sud des États-Unis (Oklahoma et Missouri). A quelque peu flirté avec une rivalité directe avec la LNH avec maintes manigances, traités rompus et installation de franchise dans des marchés convoités ou occupés (Détroit, Chicago, St.Louis).
  • La Canadian Professional Hockey League (CPHL, 1926-1930) : ligue mineure en Ontario et la frontière du Michigan. Aussi connue sous le nom de ligue Can-Am. Elle a aussi tenté des incursions dans des marchés de la LNH.
  • La International Hockey League (IHL, 1929-1936 - première version): née d’un exode d'équipes de la CPHL, la première IHL était un pallier important juste en dessous de la LNH. Les ligues Can-Am et IHL ont ensuite fusionné en 1940 pour créer l’International-American Hockey League, qui est devenue ensuite l’AHL que l'on connait.
  • La Eastern Professional Hockey League (EPHL, 1959-1963) : l’une des premières ligues de «club-écoles officiels» parrainés directement par la LNH.
  • CHL (Central Hockey League, 1963-1984) – Continuation de la EPHL. Ligue mineure centrale affiliée à la LNH, longtemps considérée comme un excellent circuit de développement, par moment même le circuit principal pour plusieurs équipes comme les Blackhawks (Blackhawks de Dallas) et le Canadien (Apollos de Houston). 
  • La EHL (Eastern Hockey League, 1933-1973) – Principale ligue mineure de la côte Est pendant 40 ans. Réputée pour son jeu rude et populaire. Elle a inspiré en partie le film Slapshot. Plusieurs incursions dans le sud des États-Unis.
Les Rebels de Roanoke - Eastern Hockey League

  • La IHL (International Hockey League, 1945-2001) – Grande ligue mineure du Midwest, longtemps rivale de l’AHL. Très solide jusqu’aux années 1990, mais disparue du radar en 2001 après une expansion trop ambitieuse. Grande gagnante par la suite? La ECHL... 
  • La WHL (Western Hockey League, 1952-1974) – Ligue professionnelle de l’Ouest nord-américain, À un moment presque du calibre de la LNH et rumeurs de fusion. Elle disparaît graduellement après la grande expansion de la LNH en 1967, plusieurs de ses marchés obtenant ensuite des clubs majeurs, dans la grande ligue ou l'AMH, ou démotions dans d'autres circuits.
  • La création de l'inévitable World Hockey Association (WHA 1972-1979) comme alternative à la LNH a forcé plusieurs changements: augmentation des salaires, concurrence pour les joueurs, pression sur le modèle économique de la LNH. Si certains clubs dominants comme les Whalers, Nordiques et Jets ont fait de l'AMH une digne ligue rivale, il y a avait maints clubs qui auraient été classés dans les bas fonds de l'AHL, IHL ou autres...
  • La NAHL (North American Hockey League, 1973-1977) – Successeure de l’EHL, active dans le Nord-Est et le Midwest. Ligue colorée et violente, qui, comme sa prédécesseure, a inspiré l’univers de Slap Shot, le film étant tournée pendant les deux dernières années de son existence.
  • La ECHL (depuis 1988) – Ligue professionnelle continentale de troisième niveau ou simplement identifiée comme «AA», elle s'est graduellement développé aujourd’hui au rang de second circuit de développement en Amérique du Nord. Fermement campé dans les rangs, LNH-AHL-ECHL forment le trio/trinité du hockey professionnel nord-américain.

IHL - 1945-2001 - Ligue hôtesse des très éphémères Rafales de Québec

 

Ce ne sont ici que les véritables ligues mineures (et majeures pour l'AMH) d'importance de leur époques. Il y a eu une autre multitude de ligues et d'équipes «on the side» qui ont tenté de s'inclure dans le portrait, qui ont parfois réussi momentanément leur pari, pour ensuite être soit dissout(e)s ou absorbé(e)s. C'est parfois du mineur tertiaire, voir quadrilatère (probablement pas le bon terme, non je sais, quaternaire) et autre ligues semi-pros selon vos définitions.

En voici encore quelques-unes, mais un peu moins détaillé parce que je veux pas plus vous perdre... C'est surtout une manière pour moi de vérifier que mes liens sont linkés ou me crinquer plus tard à faire d'autres textes:

  • ACHL (Atlantic Coast Hockey League, 1981-1987) – Petite ligue mineure du Sud-Est américain, instable mais précurseure des futurs circuits comme l’ECHL.
  • WCHL (West Cost Hockey League, 1996-2003) – Ligue professionnelle de la côte ouest s'étendant de l'Alaska à l'Arizona, fusionnée ensuite avec la ECHL en 2003
  • CoHL (Colonial Hockey League, 1991-1997) – Ligue régionale du Midwest et de l’Ontario, rebaptisée United Hockey League (UHL) et sous le nom vacant International Hockey League (IHL) par la suite. Fusionne avec la CHL en 2010. 
  • CHL (Central Hockey League 1992-2014) – Ligue refondée et indépendante, implantée surtout dans le sud et le Midwest; elle fusionne avec l’ECHL en 2014.

WCHL - 1996-2003
 

Bref c'est tout un tas de ligues et par le fait même d'équipes qui ont gravité autour de la LNH depuis très longtemps. Je continuerais à en décortiquer des dizaines. Mais je dois plutôt passer à mon point principal, soit à quel moment y-a-t'il eu le plus de ligues et/ou d'équipes en même temps? À moment donné ça prend un titre à tout ça.

Faque j'avais pas trop le choix. Il fallait que quelqu'un découvre ça. C'était pas facile et il semble que personne d'aussi craqué ait osé checker à moment donné. Alors je me suis starté un Excel, je me suis replongé dans d'anciennes formules de codage, et j'ai fais ça:


Zoomez pour voir un extrait de mon Excel compliqué...
  

Comme je disais au début, nous avons présentement 6 ligues sur l'échiquier nord-américain, ce qui donne un total actuel de 125 équipes pour la saison 2025-26 en cours. Il y a bien sûr une synergie évidente avec le trio LNH-AHL-ECHL qui ont chacune (ou tente d'avoir) le même nombre d'équipes (32 LNH, 32 AHL et 30 ECHL), ce qui fait inévitablement gonfler le total. 

Il ne s'agit toutefois pas du record dans les deux cas.

Il y eut à deux reprises un record de 9 ligues au même moment. Il s'agit des saisons 1995-96 et 2008-09. Il y avait alors congestion au niveau du nombre de ligues, dont, vous vous en doutez, plusieurs qui n'ont pas duré très longtemps et/ou ont été absorbées durant ces fastes et (un peu trop) prospères années 90 et 2000, frôlant parfois, même souvent les frontières du réalisme économique. La saison 95-96 était d'ailleurs la première fois que l'on dépassa le cap des 100 équipes professionnelles et semi-pro en même temps.  

Vous aimez les histoires à la Slap Shot des années 70 qu'on vous ramène tout le temps (surtout moi), et bien c'était juste transposé et exponentiel dans les années 90. Le gars écoutait pas du Kiss dans l'autobus, il écoutait Metallica. Le paysage de plusieurs de ces villes en déclin urbain changeait à peine. C’était l'ère des ligues audacieuses, parfois improvisées, où chaque région semblait vouloir son propre circuit — souvent sans le bassin économique ou démographique pour le soutenir. 

Certaines ligues, comme la WCHL ou la CoHL (future UHL), tentaient de se tailler une niche en misant sur les petits marchés oubliés par les grandes organisations. Même que la mission officielle même de la CoHL était de rapatrier d'anciens marchés low-level qui s'étaient fait larguer par un proprio en quête de plus verts pâturage. De nouvelles équipes de la IHL à Atlanta, Denver ou Kansas City, avait laissé en plan derrière elle des équipes de longues date et mythiques comme les K-Wings du Michigan et les magnifiques Komets de Fort Wayne

Pourquoi pas une petite pause vidéo? Voici du hockey de la UHL en 1999. On y voit au passage le Jonquiérois Robin Bouchard, champion pointeur de l'histoire de cette ligue, remporter la «Colonial Cup».


 

 

Voici donc décortiquée cette saison 1995-96 - Première saison à 100+ équipes et record de 9 ligues

  • SHL (1995-96)
    LNH: 26 clubs, dont les récents des expansions  (SJ,TB,FLA,OTT)
  • AHL: 18 clubs (en grande rivalité avec la IHL)
  • IHL: 19 clubs (temporairement plus que la AHL)
  • ECHL: 21 clubs (le petit circuit qui veut)
  • CHL: 6 clubs (bientôt 12)
  • WCHL: 7 clubs (bientôt en compétition avec la WPHL (que vous verrez plus loin)
  • CoHL: 9 clubs 
  • SHL (Southern Hockey League): Une ligue on ne peut plus profonde établie au centre-sud des US qui n'a duré que cette seule saison 95-96. J'y ai retrouvé l'ancien des Nordiques Max Middendorf (bien sûr). J'y ai aussi retrouvé chez les champions, les Channel Cats de Hunstville, nul autre que l'ancien des Sharks Craig Coxe.
  • *La NAL (North American League): 5 clubs?  
    Une ligue à prendre entre parenthèses car à ce jour, il n'est pas encore 100% concluant que des matchs de cette ligue ont bel et bien eu lieu. Ou à quelle point elle aurait été «professionnelles». Le consensus le plus clair est qu'il s'agissait d'un scam de blanchiment d'argent et qu'il y aurait eu seulement deux clubs qui ont réussi à démarrer la saison (l'une contre l'autre) le temps de deux matchs avant de clore boutique. Les deux équipes furent celles de Eugene (Oregon) et Mexico City. Apparemment que Link Gaetz aurait joué pour l'équipe des Toreros de Mexico City. C'est assurément à suivre dans un autre texte. 


Une coupure prouvant possiblement l'existence de la NAL


Malgré l'échec, il s'agissait tout de même des premiers matchs professionnels dans l'histoire du Méxique.

Craig Coxe et Link Gaetz... D'après moi, Craig avait invité son ancien coéquipier Link à venir le rejoindre dans sa nouvelle SHL mais Link s'est égaré en chemin et s'est ramassé au Mexique dans la NAL parce que... Link Gaetz.  
 
Mais au final, cette ligue a été enregistrée et cataloguée professionnelle. Quelques joueurs ont probablement reçu une avance ou plus vraisemblablement un chèque qui a rebondi. 
 
Si tout ça est bien vrai et véridique, ç'est probablement le record de la ligue au plus court calendrier de l'histoire. Ou La plus courte durée de vie en ayant tout autant disputé des matchs. 
  • Total 1995-96: 117 équipes dans 9 ligues* (astérisque important)


Komets de Fort Wayne, de retour dans la International Hockey League (elle aussi de retour), champions trois ans d'affilée (2008 à 2010).

2008-09 - 9 ligues: Record de 95-96 réédité

  • LNH: 30 clubs depuis les expansions 98 à 2000 (NSH,ATL,CLB,MIN)
  • AHL: 29 clubs (désormais deuxième échelon incontestable depuis la fin de la IHL en 2001)
  • ECHL: 23 clubs (le petit circuit qui suit encore)
  • CHL (Central Hockey League): avec un presque sommet de 16 clubs. La deuxième CHL aura duré un impressionnant 22 ans, soit de 92 à 2014, avant d'être absorbée par la ECHL. C'est même PLUS longtemps que son ancêtre (1963 à 1984). Une saison de plus.
  • SPHL: 6 clubs. D'anciens clubs de différentes ligues du sud-est s'étant essayé dans les ligues précédentes... Parviendra à devenir 4e échelon discutable...
  • LNAH: 9 clubs (La LNAH, qui dans mon livre à moi, a et avait le même calibre, sinon meilleur à la SPHL et assurément mieux que les circuits suivants. Davantage d'ex-joueurs LNH par une marge considérable. En 2008-09, on y trouvait, entre autres: Jesse Bélanger, Steve Larouche, Christian Laflamme, Sylvain Blouin, Jean-Yves Leroux, (L'autre) Alain Côté, Mathieu Descoteaux.
  • IHL: 7 clubs Une autre incarnation de la ligue internationale. Il s'agissait en fait de la UHL vue précédemment qui changea de nom en 2007 et fut ensuite absorbée par la CHL en 2010.
  • AAHL: 5 clubs. On continue dans le profond ici avec la All-American Hockey League, circuit obscur mais qui était vraisemblablement affilié avec la ECHL et autres niveaux inférieurs. La AAHL commença lors de cette saison 2008-09 mais de dura que jusqu'en 2010-11. 

    (Connais fuckall de la AAHL. Note à moi-même, prendre la AAHL en note.)

  • EPHL (Eastern Professionnal Hockey League): 4 clubs. Autre ligue très inférieure qui n'aura duré qu'une saison. La EPHL a quand même eu un calendrier de 50 matchs avec seulement 4 clubs de New York (Brooklyn), West Orange (New Jersey), Danbury (Connecticut) et les Hudson Valley Bears de Poughkeepsie (New York). 

Euhhh... nul autre que Ron Duguay a joué 1 match pour les Jersey Rockhoppers et 1 match pour les Aces de Brooklyn. Âgé de 51 ans et plus de six ans après avoir disputé son dernier match professionnel, Duguay a joué deux parties dans la EPHL afin de récolter des fonds pour une organisation à but non lucratif associée au Madison Square Garden. Duguay aurait même signé une décharge et a joué son match avec les Brooklyn Aces sans casque, laissant ses cheveux flotter librement comme lorsqu’il jouait dans la LNH. À 37 secondes de la fin du temps réglementaire, il a effectué la passe menant au but égalisateur, mais les Aces ont perdu 4-3 en prolongation.
  • Total: 128 équipes dans 9 ligues. 
  
C'était donc les deux saisons qui se partagent le record du concours du plus de ligues en même temps.

Mais malgré tout, les 128 équipes de 2008-09 ne sont étonnement pas non plus le record pour le plus d'équipes au total en même temps. Le vrai record remonte à plus de 20 ans. 

J'y reviendrai... En attendant, voici un pas si vintage Ron Duguay:

lundi 28 décembre 2020

Des programmes violents


 

Comme je suis toujours en train d’amasser des images de programmes, guides médias ou autres publications d'équipes de hockey de toutes sortes, il faut que j'en dompe ici de temps à autres sinon je verrai jamais le bout. Voici donc un petit échantillon de programmes exhibant la violence ou l'intimidation.

Beaucoup de ces programmes proviennent des excellents blogs Hockey Programs ou Fun while it Lasted. D'autres, j'ai trouvé sur eBay ou Google. Histoire de pas faire de scandales (on sait jamais) ceux d'eBay ont un lien pour pouvoir l'acheter si ça vous intéresse.

Checkers d'Indianapolis (IHL) - 1984-85
J'adore cette illustration. Surtout le style du casque du joueur en vert et le goaler au milieu.


Bears de Hershey (AHL) - 1981-82 (eBay)
Beau trou de ''pas de dents'' sur ce joueur des Bears


Robins de Richmond (AHL) - 1973-74
Ce style d'illustration est vraiment années 70. J'avais des livres d'enfants qui ressemblaient vraiment à ça.


Oilers de Tulsa (CHL) - 1982-83
Délicieuse référence à un des éléments forts de la culture populaire de l'époque, Pac-Man...


Bulldogs de Flint (CoHL) - 1992-93


Flint Generals (CoHL) - 1995-96


Blades de Toledo (IHL) - 1969-70
Un de mes préférés et probablement le plus violent de la gang. Si vous regardez attentivement, les petites illustrations dans le bas sont vraiment gore. Le joueur au milieu se fait empaler par un autre joueur et son bâton. Et ce n'est pas exactement clair ce qui arrive au premier à gauche...


Bruins de Boston vs. Blackhawks de Chicago (NHL) - Séries 2013
Plus récent celui-là mais un style rétro évident. Pas le plus violent non plus mais davantage intimidant...


Nordiques de Québec (AMH) - 1976-77 (eBay)
Celui-ci n'est pas violent mais je l'ai inclus pour le caméo de Dave Hanson, le seul vrai Hanson des frères Hanson. Il n'a pourtant joué qu'un seul match régulier avec les Whalers... Alors c'est une de ses rares photos avec l'équipe


Checkers d'Indianapolis (IHL) - 1986-87

 

Voilà. Si vous avez aimé, voici d'anciens liens sur d'autres billets sur d'autres programmes dans le genre:

Des programmes des Oilers
Collection de programmes #1 
Collection de programmes #2
Des vieux programmes des Blackhawks

lundi 23 novembre 2020

Joueur oublié des 90's #43 - Vladimir Tsyplakov

 


Né le 18 avril 1969, l'attaquant Vladimir Viktorovich Tsyplakov est originaire de la petite ville de Inta dans le nord de la Russie. Il a cependant la nationalité biélorusse et évolua pendant 5 saisons avec le Dinamo de Minsk à partir de sa majorité en 1987-88 jusqu'à la saison 1991-92. Il fit au passage partie de l'équipe junior soviétique des moins de 20 ans (U20) qui remporta la médaille d'or en 1988-89. Il était un attaquant de soutien au sein de cette puissante équipe qui comprenait entre autres Pavel Bure, Alexander Mogilny, Sergei Fedorov, Dmitri Kristich et Sergei Zubov.

Tous ces joueurs furent repêchés et devinrent des vedettes dans la LNH (un peu moins dans le cas de Kristich). Pour sa part, Tsyplakov avait des statistiques moins intéressantes (seulement 1 but lors de ce tournoi) en plus d'évoluer normalement avec une équipe moins scrutée par les recruteurs à Minsk... Il amassa toutefois 63 buts et 47 passes pour 110 points en 202 matchs lors de ces 5 premières années dans la première ligue d'importance en Russie.

 
 
 
Il décida donc qu'il avait aussi des chances de percer dans la LNH comme ses illustres coéquipiers du U20 de 1989, et bien d'autres à cette même époque alors que les Russes avaient désormais la cote après la chute du rideau de fer. Malgré qu'il n'ait jamais été repêché et sans contrat en poche, il décida d'immigrer aux États-Unis en 1992, après avoir été nommé joueur de l'année en Biélorussie, un titre qu'il remportera maintes autre fois durant la décennie.

Il débuta ainsi modestement en Amérique du Nord au sein d'une ligue assez profonde, soit avec les Falcons de Detroit de la défunte Colonial Hockey League (CoHL). Cette ligue en était alors à sa deuxième saison d'existence et avait comme mission de revenir dans les petits marchés délaissés par la International Hockey League après ses années d'expansion et de grandeur (voir texte du 28 janvier 2016). 

Parenthèse explicative ici, la CoHL se renommera sous le nom de la United Hockey League (UHL) en 1997 et ensuite sous le nom vacant de l'ancienne IHL en 2007, six ans après la dissolution de la vieille IHL. La IHL ''2'' ne durera que trois ans avant d'être absorbée par la Central Hockey League, elle aussi une ligue qui avait récupéré le nom d'une ancienne ligue... Cette CHL fut également absorbée par une ligue plus grosse et plus stable, cette fois la ECHL en 2014. Le monde des ligues mineures est fascinant...

Souvenir de la CoHL...

Mais bref Tsyplakov fit ses débuts en Amérique du nord en 1992-93 dans cette fameuse CoHL et s'en sortit bien dans ce calibre inférieur avec une récolte de 33 buts et 76 points en seulement 44 matchs avec les Falcons. Il obtint aussi un essai de quelques matchs avec le Ice d'Indianapolis dans la IHL où il obtint 13 points en 11 matchs. 

Il gradua ensuite dans la IHL avec les légendaires Komets de Fort Wayne, seule équipe toujours active avec les Wings de Kalamazoo à avoir évolué dans cette ancienne CoHL/UHL... Ils avaient en fait quitté la IHL en 1999 pour joindre la UHL, même chose pour Kalamazoo. Fascinant que je vous dit.


Après deux saisons à Fort Wayne où il obtint respectivement 63 et 78 points, c'est finalement en 1995 que Tsylakov fut repêché par un club de la LNH lorsque les Kings en firent leur choix de 3e ronde (59e au total). 

Il devint alors un des rares joueurs d'un club de la IHL à être repêché dans la LNH. Normalement c'était le chemin inverse alors que la IHL avait tendance à rapatrier d'anciens joueurs plus assez bons pour évoluer dans la LNH. Mais pendant quelques années au milieu des années 90, la IHL était une voie quand même possible vers la LNH pour ces joueurs russes plus âgés et donc impossibles à faire évoluer dans le junior ou dans la NCAA. Tsyplakov fait donc partie d'un club assez sélect incluant Dmitri Kvartalnov, Robert Dome, Radek Bonk, Ruslan Salei, Sergei Yerkovich et bien sûr Patrik Stefan, le dernier de cette ligue à avoir été repêché dans la LNH et ce comme premier choix de la LNH au total en 1999... Quand même un bon taux de réussite alors que du lot, seulement Yerkovich ne se rendit pas dans la LNH. 

Tsyplakov est également par le fait même un des seuls joueurs issus de la CoHL à avoir joué plus tard dans la LNH. Les autres furent Denny Lambert (qui y joua 5 matchs) et le gardien Rich Parent.

Il débuta donc dans l'organisation des Kings en 1995-96 et joua sporadiquement au sein de cette équipe en pleine déroute depuis la finale de 1993 et qui verra la merveille Wayne Gretzky quitter l'équipe durant cette saison. Tsyplakov ne joua que 23 matchs mais fit bien avec 5 buts et 5 passes en plus de passer quelques matchs dans la IHL avec le club de Las Vegas affilié aux Kings. Il était à ce moment le troisième joueur né en Biélorussie à se rendre à la LNH après Alexander Andrijevski (1 match en 1992-93) et Oleg Mikulchik (37 matchs avec Anaheim et Winnipeg).


Il devint un joueur régulier des Kings en 1996-97 où il connut une saison de 16 buts et 39 points en plus d'évoluer régulièrement sur le désavantage numérique. Les Kings commencèrent ensuite à remonter la pente en 97-98. Luc Robitaille était de retour après un exil à Pittsburgh et New York et de nouveaux leaders émergèrent comme Mattias Norstrom et Ian Laperrière. Ils eurent également droit à une superbe saison du défenseur Rob Blake qui remporta le trophée Norris. 

 Tsyplakov fit partie de ce renouveau à Los Angeles et continua d'évoluer en 1997-98 où il connut sa meilleure saison avec 18 buts et 52 points. Il termina 3e meilleur pointeur de l'équipe derrière Jozef Stumpel et Glen Murray. Les Kings retournèrent en séries pour la première fois depuis 1993 mais s'inclinèrent en 1re ronde contre les Blues. Il réalisa également un rêve cette année-là en représentant la Biélorussie aux Olympiques de Nagano.

Tsyplakov était davantage un fabricant de jeu et un excellent manieur de rondelle comme vous pouvez le voir sur ce but de Donald Audette (qu'on oublie légèrement qu'il a joué avec les Kings):

Et j'adore celui-ci où il complète une autre beau jeu de son ancien coéquipier de 1989, Dmitri Khristich. 

J'aime particulièrement le commentaire de l'annonceur: ''Dmitri Khristich with a diving pass to Vladimir Tsyplakov who beats Nikolai Khabibulin... there are 48 letters combined involved in this one play...''

Il ne put toutefois répliquer de telles statistiques la saison suivante alors que sa production passa de 52 à 23 points et les Kings ratèrent de nouveau les séries. Il débuta la saison 1999-2000 avec les Kings mais fut échangé aux Sabres de Buffalo contre un choix de 8e ronde au mois de janvier. Il fit bien avec sa nouvelle équipe avec 19 points en 34 matchs. Toutefois une sérieuse blessure au genou survint en 2000-01 et lui fit rater plus de la moitié de la saison. Il termina avec 14 points en 36 matchs, mais les blessures répétées lors des saisons précédentes l'incitèrent à mettre une croix sur son parcours dans la LNH.

Il décida ensuite de retourner à la maison en vue des prochains jeux Olympiques. Il évolua donc avec l'équipe nationale de Biélorussie en 2001-02. Comme la plupart des pays ne pouvaient que compter sur leurs meilleurs joueurs seulement lorsque la LNH se mit en pause pour le tournoi, la Biélorussie eut l'avantage de pouvoir s'entraîner des mois à l'avance et la petite équipe surprit tout le monde durant ces olympiques en éliminant la Suède et en terminant en quatrième place.


Il continua ensuite sa carrière en Russie au sein du Ak-Bars Kazan où il joua durant 3 ans et ensuite avec le CSKA de Moscou où il termina sa carrière en 2005. Il occupa ensuite divers postes d'entraineur ou d'assistant au sein de l'équipe de la Biélorussie nationale et junior et ensuite dans la KHL avec le Dynamo de Minsk et autres clubs. 

Il décéda le 14 décembre 2019 à l'âge de 50 ans. La cause de la mort n'a toujours pas été révélée.

Son numéro fut retiré quelques semaines plus tard par le Dinamo Minsk.





En 331 matchs dans la LNH, Tsyplakov récolta 69 buts et 101 passes pour 170 points. Sur la scène internationale, sa fiche combinée de tous les tournois junior, olympiques et autres est de 61 buts, 58 passes pour 119 points en 121 matchs. 

Lui et Ruslan Salei font figures de pionnier en Biélorussie comme étant les premiers à avoir une carrière significative dans la LNH, influençant entre autres des joueurs comme Mikhail Grabovski et les frères Kostitsyn.

Salei est également mort avant son temps, soit durant l'écrasement d'avion impliquant l'équipe entière du Yaroslavl Lokomotiv en septembre 2011

Sources:
LA Kings Insider
Greatest Hockey Legends
Tsyplakov Dead, IIHF
The Morning Call, 22 janvier 2000


samedi 29 octobre 2016

Les recordmen des autres ligues (2e partie)






Voici la suite du billet de la semaine passée sur ces joueurs qui ont écrit le livre des records de leur ligue mineure respective. Dans la première partie, je parlais des ligues nord-américaines encore actives et maintenant passons aux principales ligues défuntes, toujours en Amérique du nord.


International Hockey League (1945-2001)

Len Thornson (1956-1969)
819 PJ - 426 B - 826 P - 1252 PTS

La IHL fut fondée en 1945 avec l'humble mission de redonner la chance à des joueurs de jouer au hockey au retour de la 2e guerre mondiale. Elle connut plus tard une expansion majeure et tenta même de rivaliser avec la LNH dans les années 90 avant de mordre la poussière en 2001. Lisez mon texte du 28 janvier dernier pour en savoir plus.

Originaire de Winnipeg, Thornson fut la propriété des Canadiens de Montréal à une époque où le Canadien dominait et où les postes disponibles dans l’équipe et dans la ligue furent très rares. Il s’aligna donc d’abord avec les clubs-écoles du CH à Buffalo et à Shawinigan en plus de jouer avec les Royals de New Westminster dans la WHL. En 1956, il joignit finalement la IHL avec les Hornets d’Huntington. La saison suivante, il joignit les rangs des légendaires Komets de Fort Wayne où il joua sans interruption jusqu’à sa retraite en 1969. Durant son séjour de 12 saisons à Fort Wayne, il remporta le championnat des marqueurs à 3 reprises et le trophée du MVP à 7 reprises en plus d’aider l’équipe à remporter la Turner Cup à 2 reprises (1963 et 1965).

Il aurait probablement été encore meilleur si ce n’était d’une blessure qui le rendit aveugle d’un oeil. La présente incarnation des Komets évolue dans la ECHL et a toujours le #11 de Thornson retiré dans son aréna. Thornson habite toujours à Fort Wayne et est un spectateur régulier des Komets.



Central Hockey League (1963-1984)

Richie Hansen (1976-1984)
523 PJ - 183 B - 363 P - 546 PTS

La CHL débuta en 1963 sous le nom de la Central Professionnal Hockey League et était gouvernée par la LNH comme ligue de développement exclusif pour la grande ligue, ce qui fait qu'on retrouve peu de joueurs qui ont joué énormément de matchs dans la CHL. Seulement trois joueurs ont dépassé le cap des 500 matchs dont le joueur qui suit.

Hansen, un des rares joueurs de hockey originaire du Bronx à New York, attira l’attention en 1971-72 lorsqu’il amassa 71 points en seulement 30 matchs avec les Metros de Brooklyn dans la ligue junior de NY. Il fut par la suite recruté par les Wolves de Sudbury dans la OHL où il joua durant trois ans suite à quoi il fut repêché par les Islanders au 119e rang du repêchage de 1975. Il ne joua que 18 matchs avec les Islanders sur un espace de 4 saisons et passa la plupart de son temps avec leur club-école, les Texans de Fort Worth dans la CHL. Il fit plus tard partie d’un échange avec les Blues de St.Louis mais resta dans la CHL avec leur club-école, les Golden Eagles de Salt Lake City.

C’est à Salt Lake City qu’il connut ses meilleures saisons dont une de 29 buts, 81 passes et 110 points en 78 matchs en 1981-82. Il rejoua deux matchs dans la LNH avec les Blues durant cette même saison mais ce furent ses deux derniers en carrière. Il retourna dans la CHL jusqu’à la fin de la ligue en 1984 suite à quoi il prit sa retraite. Il gagna en tout 3 fois le championnat de la CHL.

Son fils Rich Jr joua également dans la deuxième version de la CHL de 2005 à 2010.



Central Hockey League II 1992-2014

Joe Burton (1992-2003)
708 PJ - 565 B - 420 P - 985 PTS


La CHL fut ressuscitée en 1992 par Ray Miron, un ancien directeur général des Rockies du Colorado et président temporaire de la CHL en 1976. La nouvelle version de la ligue pris de l’expansion au cours des 20 années suivantes, absorbant entre autres la Western Professionnal Hockey League (WPHL) et une nouvelle version de la IHL au passage. Elle fut toutefois absorbée à son tour par la ECHL en 2014.

Un des clubs fondateurs de la CHL, les Blazers d’Oklahoma City, avaient dans leurs rangs un attaquant du nom de Joe Burton. Ce joueur originaire du Michigan deviendra une légende à Oklahoma City où il joua jusqu’en 2003 et devint un des meilleurs marqueurs de l’histoire des ligues mineures. Il compta en tout 565 buts avec les Blazers pour 985 points, ce qui le place à seulement 3 points d’avance sur le 2e sur la liste, un certain Travis Clayton. Il joua également pour les Coyotes d’Oklahoma City dans la ligue de roller-hockey durant les été de 1995 et 1996. En 11 saisons avec les Blazers, il remporta deux fois le championnat soit en 1996 et 2001.

Il prit sa retraite en 2003 mais revint en action en 2004-05 dans la United Hockey League (UHL) avec les Mechanics de Motor City au Michigan. Alors que la LNH était en lock-out, le club embaucha plusieurs vétérans des Red Wings comme Chris Chelios, Kris Draper et Derian Hatcher en plus de Bryan Smolinski et Sean Avery. L’équipe était alors la seule équipe professionnelle active dans la région de Detroit. Malgré ces signatures, le club rata les séries mais Burton n’avait pas perdu sa touche de marqueur et termina premier marqueur de l’équipe avec 36 buts suite à quoi il prit sa retraite définitive.

Bien qu’il ne termina jamais en tête des pointeurs lors d’une saison, le trophée du meilleur pointeur de la CHL fut renommé en son honneur en 2004. Ses 601 buts en carrière dans les ligues mineures le placent toutefois au 9e rang de l’histoire, toutes ligues mineures confondues.



Eastern Hockey League (1933-1973)

Dick Roberge (1955-1972)
1097 PJ - 720 B - 938 P - 1658 PTS

Si Burton figure au 9e rang des marqueurs de buts de l'histoire des ligues mineures, voici le détenteur du 1er rang. Figure légendaire des Jets de Johnstown, Roberge débuta avec l’équipe en 1954 alors qu’ils évoluaient dans la IHL avant de transférer dans la EHL l’année suivante. Avec les Jets, Roberge connut 10 saisons de plus de 100 points et ses 720 buts lui confèrent le 1er rang des marqueurs de l’histoire des ligues mineures.

À l’exception de la saison 1956-57 qu’il passa avec les Royals de New Westminster dans la WHL, Roberge joua toute sa carrière avec les Jets. Il joua aussi un match dans la AHL avec les Hornets de Pittsburgh en 1962.

Suite à sa retraite comme joueur en 1972, Roberge prit les rênes de l’équipe lors de la saison 1974-75. Les Jets étaient alors membre de la NAHL et remportèrent le championnat en 1975 avec dans leurs rangs les fameux frères Hanson Carlson. Ce fut toutefois la seule saison des Jets avec Roberge comme entraineur. 



North American Hockey League (1973-1977)

Rod Bloomfield (1973-1977)
288 PJ - 187 B - 310 P - 497 PTS

Parlant de la NAHL, le détenteur du records pour les points de cette ligue éphémère née des cendres de la EHL est un ancien coéquipier de Bobby Orr. Rod Bloomfield déménagea à Perry Sound en Ontario à l’âge de 5 ans et évolua avec Orr et son frère Ronnie au niveau Bantam. Il joua ensuite quelques années dans diverses équipes senior. En 1973, il participa au camp d’entraînement des Toros de Toronto de l’AMH mais fut persuadé par son vieil ami Ronnie Orr de joindre les rangs de la nouvelle NAHL avec les Dusters de Binghamton. Orr était alors le directeur général de l’équipe. Il joua durant les quatre années d’existence de la NAHL avec les Dusters et détient les records pour les matchs joués, les buts, passes et les points. Il obtint d’ailleurs une récolte impressionnante de 49 buts et 173 points en 1976-77 lors de la dernière année de la ligue. C’est durant cette saison que fut filmé le film Slap Shot et Bloomfield eut un rôle de figurant dans certaines scènes et était aussi la doublure de Paul Newman.

Les Dusters firent ensuite leur entrée dans la AHL avec Bloomfield dans leurs rangs. La nouvelle équipe était en fait déménagée de Providence mais garda quelques joueurs des Dusters dont leur meilleur joueur Bloomfield. Ce dernier reçut toutefois une rondelle au visage durant cette première saison dans la AHL et décida se se retirer de la compétition. Il accumula quand même 46 points en 49 matchs dans la AHL.


Colonial Hockey League / United Hockey League / International Hockey League (1991-2010)

Robin Bouchard (1995-2010)
914 PJ - 623 B - 581 P - 1204 PTS

L’origine de la Colonial Hockey League (CoHL) remonte au début des années 90 alors qu’elle débuta ses activités avec des équipes dans des petits marchés délaissés par la IHL qui procédait alors à une expansion majeure en compétition avec la LNH (voir texte du 28 janvier 2016). La ligue se renomma sous le nom de la United Hockey League en 1997 et ensuite repris le nom vacant de la IHL en 2007. La ligue cessa ses activités en 2010 et 5 de ses équipes joignirent les rangs de la CHL qui a son tour fut absorbée par la ECHL en 2014.

Originaire de Jonquière au Saguenay, Robin Bouchard joua son hockey junior avec les Bisons de Granby, les Cataractes de Shawinigan et le Titan de Laval. N’étant pas repêché, il joignit d’abord l’Express de Roanoke dans la ECHL et fut rapidement échangé au Chill de Colombus. La saison suivante, il joignit les rangs des General de Flint dans la CoHL et plus tard du Fury de Muskegon en 1997. Il joua ensuite la majorité de sa carrière avec le Fury, équipe qui changea de nom pour les Lumberjacks en 2008. Il joua aussi quelques matchs dans la CHL, dans la ligue Italienne avec le HC Bolzano et aussi 4 matchs dans la AHL avec Grand Rapids. Il joua donc dans les trois incarnations de cette ligue en plus des autres ligues mineures d’importance comme la AHL, CHL et ECHL. Tout un voyageur.

Au travers de tout ce parcours dans la ECHL, CoHL, IHL, UHL, CHL et AHL, Bouchard accumula buts par dessus buts, lui donnant un total impressionnant total de 687 buts, ce qui représente un record en ce qui concerne l’histoire moderne des ligues mineures. Je ne sais pas à quelle période correspond le début de cette ère “moderne” alors que le véritable détenteur du record serait Dick Roberge que l’on a vu plus haut. Quoiqu’il en soit, le record de Bouchard fut célébré en grande pompe par les partisans de Muskegon et aussi par sa ville natale de Jonquière où une bannière célébrant son record est hissé dans le haut du Foyer des Loisirs d’Arvida.


Bouchard prit sa retraite en même temps que l’aborbtion de la IHL par la CHL en 2010. Même s’il était déjà convenu que les Lumberjacks cessaient leurs activités, ils retirèrent le numéro 32 de Bouchard à la fin de la saison. Il habite toujours à Muskegon et travaille pour Chevrolet.


Western Hockey League (1952-1974)

Guyle Fielder (1953-1973)
1368 PJ - 391 B - 1380 P - 1771 PTS

Née de la fusion entre la Pacific Coast Hockey League (PCHL) et la Western Canada Senior Hockey League (WCSHL), la WHL fut à une certaine époque une ligue rivale à la LNH lorsqu’elle tenta d’implanter du hockey professionnel en Californie avec des équipes dans des marchés majeurs comme Los Angeles et San Francisco, ce qui força éventuellement la LNH à prendre de l’expension en 1967. La ligue continua ses activités jusqu’en 1974 lorsqu’elle déclara forfait suite à la présence de l’AMH et de la LNH sur son territoire. Quelques-unes de ses équipes furent absorbées dans la CHL et une autre, les Roadrunners de Phoenix, dans l’AMH.

La figure emblématique de la WHL fut le légendaire Guyle Fielder qui y joua durant 22 saisons principalement avec les Totems de Seattle. Victime du peu de place dans la LNH, Fielder fait toutefois partie d’un groupe très sélect avec plus de 2000 points ammasés en carrière (incluant les points en séries) dans le hockey professionnel. Seulement Wayne Gretzky, Gordie Howe et Mark Messier peuvent en dire autant. Il termina 9 fois en tête des compteurs de la WHL et remporta 4 fois la coupe Lester Patrick avec les Totems.

Il joua également quelques matchs dans la AHL avec les Flyers de St.Louis et les Aces de Québec. Son expérience dans la LNH se résuma à seulement 15 matchs avec les Red Wings, les Black Hawks et les Bruins.

Vous pouvez en lire plus à son sujet dans ce texte de Martin ITFOR datant de 2011.


Il me reste encore quelques ligues encore plus obscures à décortiquer, je vous reviens avec ça bientôt.


Sources:
Copper & Blue
Slap Shot NAHL
Bad Wax
The Hockey Mom
Bobby Orr Hall of Fame

jeudi 13 août 2015

Historique des club-écoles du CH - 3ème partie






Voici la conclusion de la série sur les club-écoles du Canadien de Montréal durant les dernières décennies. Nous couvrirons maintenant un période couvrant de 1974 à nos jours. Pour chaque équipe rencontrée en chemin on retrouve une photo, un petit historique et une liste partielle des joueurs les plus connus à avoir joué pour l'équipe durant la période où elle était associée au Canadien. Certains des joueurs les plus connus ont déjà eu un article à leur sujet sur ce blogue et ont un lien cliquable pour le lire. Pour les premières équipes dans cette partie vous remarquerez que la dilution du talent dans les années 70 est assez évidente et vers la fin du décompte, vous verrez que les clubs-écoles principaux (dans la ligue américaine) sont de plus en plus stables et ont des durées de vies plus longues que ceux qu'on a vue précédemment... à l'exception de la ECHL avec qui les affiliations sont toujours aussi éphémères.

Si vous avez manqué les autres chapitres, cliquez ici pour la première partie et ici pour la deuxième.



Eagles de Syracuse 1974-75 (AHL)


Une des franchises de hockey à l'existence la plus courte, les Eagles de Syracuse ne jouèrent que durant cette seule saison 74-75, leur première et dernière. Elle disparut discrètement de la scène un peu trop peuplée du hockey professionnel des années 70, sans déménagement ou suspension des activités. Juste partis. Les Canadiens avaient donc, avec les Voyageurs de la Nouvelle-Écosse, 2 équipes affiliées dans la ligue américaine durant la saison 74-75. Ils étaient également affiliés aux Blues.

Joueurs les plus connus: Wayne Bianchin (Pittsburgh), Bill Goldthorpe (l'inspiration d'Ogie Oglethorpe dans Slapshot), Jacques Caron


Wings de Kalamazoo 1976-1977 (IHL)

Les Wings de Kalamazoo (au Michigan) furent membre de la IHL de 1974 à 2000, période durant laquelle ils gagnèrent deux coupes Turner de suite (1979 et 1980). Ils étaient originalement le club-école des Red Wings de 1974 à 1987 (d'où le nom probablement) mais en 1976-77 les Canadiens firent de la partie également avec un 3ème club-école (en plus des Voyageurs de la Nouvelle-Écosse et les Jaros de la Beauce qu'on a vu dans la 2ème partie).

Joueurs les plus connus: … Behn Wilson ?


Generals de Flint/Saginaw 1980-1987 (IHL)

Les Generals de Flint (au Michigan) existèrent originalement dans la IHL de 1969 à 1985. Ils déménagèrent ensuite à Saginaw (toujours au Michigan) et changèrent leur nom pour les Hawks en 1987 avant de terminer leurs activités en 1989. Une nouvelle incarnation des Generals de Flint joua dans la United Hockey League (UHL) de 1993 à 2010. Les premiers Generals furent le club-école des Canadiens dans la IHL de 1980 à 1987 et remportèrent le championnat en 1984. Ils étaient aussi affiliés avec les Blackhawks de 1985 à 1987.

Joueurs les plus connus: Steve Penney, Réal Cloutier (ancien des Nordiques), Darren Pang.


Canadiens de Sherbrooke 1984-1990 (AHL)
Les Canadiens (de Montréal) déménagèrent leur club-école de la Nouvelle-Écosse à Sherbrooke en 1984 et décidèrent de lui donner le même nom et le même uniforme que le grand club. Les jeunes prospects des Canadiens de déçurent pas, remportant la coupe Calder en 1985 avec plusieurs futurs vedettes du grand club qui aidèrent celui-ci à remporter la coupe Stanley dès l'année suivante. Il y avait auparavant à Sherbrooke les Jets, un club affilié aux Jets de Winnipeg de 1982 à 1984. Les Canadiens de Sherbrooke furent affiliés aux deux équipes de 1984 à 1987.

Joueurs les plus connus: Patrick Roy, Andrew Cassels, Eric Desjardins, J.J Daigneault, Mike Keane, Stephan Lebeau, Claude Lemieux, Jyrki Lumme, Lyle Odelein, Stéphane Richer, Mathieu Schneider, Brian Skrudland et autres…


Canadiens de Fredericton 1990-1999 (AHL)

Le club-école principal déménagea à Fredericton au Nouveau-Brunswick pour la décennie des années 90 et garda le nom des Canadiens. Aucun championnat durant cette période mais l'équipe se rendit toutefois à la finale en 1995.

Joueurs les plus connus: Francis Bouillon, Patrice Brisebois, Benoit Brunet, Valeri Bure, Craig Conroy, Gilbert Dionne, Paul DiPietro, John LeClair, Gary Leeman (en fin de carrière), Oleg Petrov, Stéphane Robidas, Craig Rivet, Brian Savage, Pierre Sevigny, Turner Stevenson, Jose Theodore, Darcy Tucker, Tomas Vokoun.


Komets de Fort Wayne 1990-1991 (IHL)
De 1987 à 1992, il y avait seulement les Canadiens de Sherbrooke/Fredericton comme seule équipe affiliée aux Canadiens. La seule exception fut en 90-91 où l'équipe fut partiellement affiliée aux Komets de Fort Wayne en Indiana. L'histoire complète des Komets est très compliquée et je vous référerais plutôt à leur page wikipedia pour en savoir plus. Quoiqu'il en soit, les Komets de 1991 se rendirent en finale de la IHL où ils perdirent aux mains des Rivermen de Peoria.

Joueurs les plus connus: Bruce Boudreau, Stéphane Beauregard et la légende des Mighty Ducks et du jeu NHL 94: ROBIN BAWA!


Bulldogs de Flint 1992-93 (CoHL)

Un deuxième club-école s'ajouta au système de l'équipe en 1992 et non pas dans la IHL ou la ECHL mais dans la Colonial Hockey League (CoHL), une ligue on ne peut plus obscure avec des équipes principalement situées en bordure du Michigan et de l'Ontario. La ligue changea de nom pour la UHL en 1997 et reprit le nom vacant de la IHL en 2007.

Joueur le plus connu : Marty Howe. Oui apparemment que le fils de Gordie, ancienne légende de l'AMH n'avait plus joué au hockey depuis 1985 mais revint jouer 3 matchs avec les Bulldogs en 1992-93…


Wheeling Nailers/Thunderbirds 1992-97, 2010-2015 (ECHL)

La franchise maintenant connue sous le nom des Nailers de Wheeling est la plus vieille franchise de hockey mineur toujours active (en dehors de la ligue américaine). C'est-à-dire la seule franchise toujours existante sans avoir suspendu ses activités. Elle existe depuis… 1981.

L'équipe débuta dans la Atlantic Coast Hockey League (ACHL) sous le nom des Thunderbirds de Winston-Salem. Elle se renomma les Thunderbirds de la Caroline l'année suivante et fut une des franchises inaugurales de la East Coast Hockey League (ECHL) en 1988. L'équipe déménagea à Wheeling (Virginie de l'ouest) en 1992 et changea ensuite de nom pour les Nailers en 1996. Elle est toujours présente à Wheeling et est aussi le 2ème club-école des Penguins (d'où leurs couleurs). Elle fut le club-école secondaire des Canadiens à deux reprises.

Joueurs les plus connus: tous durant la première association de 92 à 97 et aucun vraiment durant la deuxième: Tomas Vokoun, Ron Wilson, Yves Sarault, Daniel Berthiaume, Patrick Labrecque, Francis Bouillon.


Depuis 1992, plusieurs équipes de la ECHL se passent le flambeau comme équipe secondaire affiliée au CH. Les Nailers sont ceux qui eurent cette fonction le plus longtemps (avec 13 ans d'écart) mais 6 autres équipes aux noms plus exotiques les uns que les autres se sont succédées entretemps:

- Brass de New Orleans (1997-99)
- Tigers Sharks de Tallahassee (2000-01)
- Sea Wolves du Mississippi (2001-02)
- Cottonmouths de Colombus (2002-03)
- Ice Dogs de Long Beach (2004-06)
- Cyclones de Cincinnati (2006-10)

Joueurs les plus connus de ces 6 équipes: Michael Ryder (Tallahassee et Mississippi), Mark Streit (Tallahassee, avant d'être repêché par le CH), François Beauchemin (Mississippi), Olivier Michaud (Colombus et Long Beach), Jaroslav Halak (Long Beach), David Desharnais (Cincinnati), Frederic St-Denis (Cincinnati)


Citadelles de Québec 1999-2002 (AHL)

Le club-école principal des Canadiens retourna à Québec pour la première fois depuis les As en 1967. Espérant combler le vide laissé par le départ des Nordiques et des Rafales (LOL), un groupe d'hommes d'affaires devint actionnaire en 1999 d'une nouvelle équipe de la ligue américaine et les Canadiens de Fredericton, qui avaient essuyé d'importantes pertes financières, déménagèrent à Québec en avril 1999 et devinrent les Citadelles de Québec. Le club ne fut toutefois pas un grand succès à Québec et l'équipe fusionna avec les Bulldogs d'Hamilton en 2002. Aucune équipe professionnelle n'a joué à Québec depuis…

Joueurs les plus connus: François Beauchemin, Michael Ryder (photo), Jesse Belanger, Francis Bouillon, Eric Fichaud, Mathieu Garon, Ron Hainsey, Oleg Petrov, Stéphane Robidas, Sergei Zholtok, Mike Ribeiro, Pierre Sevigny, Jason Ward, José Theodore, Andrei Markov, Marcel Hossa, Gino Odjick, Patrick Poulin, Juha Lind (LOL).


Bulldogs d'Hamilton 2002-2015 (AHL)

Cette franchise débuta ses activités en 1984 lorsque le club-école du Canadien de l'époque (Les Voyageurs) déménagèrent de la Nouvelle-Écosse. Le club-école des Oilers d'Edmonton élut donc domicile à Halifax et la nouvelle équipe des Oilers de la Nouvelle-Écosse fut crée. L'équipe déménagea au Cap Breton en 1988 et y restèrent jusqu'en 1996, année où elle devint les Bulldogs d'Hamilton. En 2001, les Oilers voulaient déménager leur club-école à Toronto mais un mouvement de sauvetage des Bulldogs fut créé et il fut décidé de fusionner les Bulldogs avec les Citadelles, tout en gardant l'équipe à Hamilton et en employant les meilleurs joueurs des deux équipes. En 2003, les Oilers se retirèrent finalement de l'aventure et déménagèrent leurs joueurs des Bulldogs à Toronto pour former la nouvelle équipe des Roadrunners de Toronto. Maintenant sous tutelle complète des Canadiens, les Bulldogs se rendirent même en finale de la coupe Calder en 2007 avec un jeune gardien prometteur qui les aida à remporter les grands honneurs. L'équipe ne fut pas aussi bonne par la suite, terminant d'ailleurs hors des séries lors des 4 dernières saisons. Peut-être que ça ira mieux à St. John…

Joueurs les plus connus: Michael Ryder, Mariusz Czerkawski (ouch…), François Beauchemin, Mike Komisarek, Tomas Plekanec, Chris Higgins, Andrei et Sergei Kostitsyn, Jaroslav Halak, Maxim Lapierre, Mikhail Grabovski, David Desharnais, Max Pacioretty, Brendan Gallagher, Carey Price, P.K Subban et autres...