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mercredi 27 mars 2024

Les Six Guns d’Albuquerque



 
 

 

 
Ce texte a d'abord été publié comme texte inédit dans notre livre «Le meilleur de La vie est une puck» en 2022. Ce livre est désormais épuisé mais demeure toujours disponible en format digital (eBook).


 
Parmi les États constituant les ­États-Unis, un des derniers qui nous vient en tête pour le développement du hockey est probablement le ­Nouveau-Mexique (après ­peut-être ­Hawaii). Le hockey professionnel s’est tout de même développé assez tôt au 20e siècle dans les états plus au sud, avec par exemple des apparitions en ­Oklahoma dans les années 20, en ­Floride dans les années 30 et même au ­Texas dans les années 40. 
 
Mais concernant le ­Nouveau-Mexique, où on ne retrouve aujourd'hui que 2 millions d’habitants, ce n’est qu’en 1973 qu’on y verra apparaître une première équipe professionnelle lorsque furent créés les ­Six ­Guns d’Albuquerque. Il s’agit d’une équipe qui n’aura laissé que très peu d’héritage si ce n’est que ce magnifique logo stéréotypiquement adapté au public du sud ainsi qu’une autre histoire typique du hockey professionnel boboche et dysfonctionnel des années 70.

L’histoire commence en 1972 dans la métropole de l’état lorsque deux médecins du nom de ­Edward ­Johnson et ­Richard ­Ransom décident de former un consortium pour l’achat d’un système frigorifique au ­Tingley ­Coliseum d’Albuquerque. Un an plus tard, ce groupe a des idées de grandeur et veut y implanter immédiatement le hockey professionnel. Ils obtiennent alors un club d’expansion dans la ­Central ­Hockey League pour la saison ­1973-74, en plus de sécuriser une affiliation comme ­club-école d’une autre équipe d’expansion, les ­Scouts de Kansas City dans la ­LNH. 
 
Les nouveaux ­Six ­Guns d’Albuquerque voient donc le jour avec ce splendide logo et un chandail aux couleurs des futurs ­Scouts. Mais un problème majeur subsiste avec cette association car les ­Scouts ne doivent faire leurs débuts qu’en ­1974-75, soit une saison après, et n’ont donc pas encore de joueurs à fournir aux ­Six ­Guns. Ces derniers doivent donc recruter sur le tas et procéder à des emprunts de joueurs dans les profondeurs du système d’autres équipes de la ­LNH, principalement les ­Rangers et les ­Canucks. 
 
L’association avec ­Kansas ­City est d’ailleurs assez floue à l’exception de ses couleurs similaires. La majorité des médias et des locaux croient que les ­Scouts sont les propriétaires et qu’ils défraient les coûts d’opération des ­Six ­Guns, mais ce sont en fait les deux médecins qui assument véritablement l’ensemble des frais de la franchise.

Les ­Six ­Guns débutent leurs activités le 12 octobre 1973 contre les ­Knights d’Omaha et perdent ce premier match ­1-0 devant plus de 9000 spectateurs, meilleure foule de la ligue cette ­saison là. Ce score sera assez prémonitoire et démonstratif du peu de talent offensif chez les ­Six Guns qui connaissent une première saison de misère avec une moyenne de seulement 2,6 buts marqués par match. Après ce premier match, les assistances diminuent drastiquement durant le reste de la saison pour tomber sous la barre des 3000 spectateurs par match. Ils terminent la saison avec une fiche globale de ­16-40-16, bon pour le dernier rang de cette ligue comprenant seulement six équipes.

 

 
Le meilleur joueur des ­Six ­Guns est le centre ­Ken ­Ireland, un choix des ­Rangers en 1972 qui n’obtint qu’un modique 19 buts et 33 passes en 65 matchs. Au cours de cette saison, ­l’administration connait plusieurs mésententes avec les ­Scouts sur les termes financiers de leur partenariat. Vers la fin de la campagne, cette association est définitivement rompue et le groupe tente en panique de former une affiliation avec une autre équipe. On tente une association comme ­club-école avec les ­Golden ­Seals ou les ­Roadrunners de ­Phoenix de l’AMH mais en vain. En plus des frais initiaux pour meubler le ­Tingley Coliseum d’une glace, le groupe encaisse des pertes de plus de 600 000 $ durant cette seule saison et doit déclarer faillite durant l’été 1974. L’équipe est donc dissoute et les joueurs se retrouvent dispersés à travers la ligue ou retournés aux équipes de la ­LNH possédant leurs droits.

Des joueurs qui ont porté le très éphémère chandail des ­Six ­Guns, un seul jouera ensuite dans la ­LNH, soit l’ailier ­Steve ­Langdon durant un séjour de sept matchs avec les ­Bruins. ­Quelques-uns aboutiront dans l’AMH dont le gardien ­Wayne ­Wood et une ­demi-douzaine de joueurs avaient joué quelques matchs dans la ­LNH dans les années 60 et au début des années 70 sans jamais y retourner. On retrouvait également deux québécois originaires de ­Shawinigan au prénom de ­René, soit le défenseur ­René Levasseur et l’attaquant ­René ­Villemure. Les deux étaient d’ailleurs des choix au repêchage de 1972 des deux équipes de la ­LNH de ­la région de ­New ­York alors que ­Levasseur appartenait aux ­Islanders et Villemure aux ­Rangers. Villemure jouera plus tard pour les fameux ­Jaros de la Beauce ainsi que les Nordiques du ­Maine dans la ­NAHL. Quant à ­Levasseur, il se retire du hockey après cette saison ­1973-74 à ­Albuquerque.





Lorsqu’ils font finalement leurs débuts dans la grande ligue en ­1974-75, les ­Scouts ont comme équipes affiliées des clubs plus établis, soient les ­Clippers de ­Baltimore dans la ­AHL et les ­Flags de ­Port ­Huron dans la ­IHL. Mais les ­Scouts ne font à peine mieux que les ­Six ­Guns alors qu’ils plient aussi bagage rapidement après seulement deux saisons, devenant les ­Rockies du ­Colorado en 1976 et plus tard les Devils du New Jersey.

Une équipe senior du nom des ­Chaparrals d’Albuquerque récupérera peu après l’équipement laissé derrière par les ­Six ­Guns. Ils joueront de 1975 à 1977 dans une ligue plus qu’obscure, la Southwest Hockey ­League, mais fermeront boutique en même temps que cette dernière. Albuquerque et le Nouveau-Mexique doivent ensuite attendre jusqu’en 1996 pour y revoir du hockey professionnel avec l’arrivée des ­Scorpions du ­Nouveau-Mexique dans la défunte ­Western ­Professional ­Hockey ­League (WPHL), une ligue basée principalement au ­Texas et en ­Louisiane qui fusionna avec une nouvelle version de la ­Central ­Hockey ­League en 2001. Les ­Scorpions continuent l’aventure au ­Tingley Coliseum jusqu’en 2006 lorsqu’ils déménagent dans la ville voisine de ­Rio ­Rancho. Ils cessent ensuite leurs opérations en 2009. On ne retrouve maintenant que du ­Junior A à ­Albuquerque et dans tout l’État du ­Nouveau ­Mexique.

C’est quand même mieux que ­Hawaii…
 
 


vendredi 5 mai 2023

Joueur oublié des 90's #77 - Alexei Yegorov



 


Né le 21 mai 1975 à Leningrad (aujourd'hui St-Petersbourg), le jeune Alexei Yurievich Yegorov était bien petit et chétif à la naissance, passant bien près de ne pas survivre. Il parvint toutefois à s'en tirer et devint un hockeyeur d'exception dès son plus jeune âge, jouant la majorité du temps au sein d'équipes aux joueurs plus vieux qu'il parvenait à mettre dans sa poche. 

Le jeune Yegorov était un enfant turbulent à l'école mais avait un bon cœur et était très populaire. Il parvient entre autres à faire adopter par sa mère un ami dont les parents sont décédés et il organise aussi des funérailles pour un chien desquels il réussit à faire assister toute son école au grand dam des professeurs impuissants. Pendant qu'il se développe dans les différents niveaux du club local, le SKA St-Petersbourg, Yegorov devient père à seulement 17 ans. Sa copine et lui entretiennent une relation difficile et mouvementée, les forçant à habiter séparément, ce qui mènera à ce que son fils Nikita soit majoritairement élevé par la mère d'Alexei.

Graduant au sein du SKA senior en 1992-93, où il évolue comme ailier droit, Yegorov a aussi des problèmes d'autorité avec son entraîneur, l'ancien joueur légendaire Boris Mikhailov, un entraîneur formé à la vieille école. Durant la saison 1994-95, les deux en viennent à un argument irréconciliable suite à quoi Mikhailov le libère de l'équipe. Ayant précédemment été repêché en 3e ronde du repêchage de 1994 par les Sharks, Yegorov quitte la Russie pour tenter sa chance en Amérique du Nord, terminant la saison avec le Fire de Fort Worth dans la Central Hockey League ou il récolte 14 points en 18 matchs. 

 

 


Il fait ses débuts dans l'organisation des Sharks en 1995-96 avec leur club-école de la IHL, les Blades de Kansas City. Il s'en sort admirablement bien avec une fiche de 31 buts et 25 passes en 65 matchs, ce qui lui vaut un rappel à San Jose en fin de saison. Durant ce court séjour de 9 matchs dans la grande ligue, il obtient 5 points dont 3 buts. Ces trois filets sont tous obtenus lors d'un match contre les Flames. Il est toutefois retourné à Kansas City après ce court essai.

L'année suivante, il migre dans la AHL avec les Thoroughblades du Kentucky ou il obtient 26 buts et 36 passes en 76 matchs. Il n'est rappelé que pour deux petits matchs avec les Sharks, récoltant une seule passe. Ce seront malheureusement ses derniers matchs dans la LNH. Il passe ensuite la saison 1997-98 exclusivement dans la AHL, obtenant 32 buts et 52 passes pour 84 points et participant au match des étoiles. Difficile de confirmer mais selon ce que j'ai lu, ce 84 points serait le record pour un joueur russe en une saison dans la AHL.

Cependant, les Sharks ne feront plus jamais appel à ses services. La haute direction des Sharks avait complètement changé de main et ils désiraient faire table rase sur la précédente recette d'employer une grosse majorité de joueurs européens, les entraîneurs précédents étant de toute manière très racistes envers eux. C'est un peu ce qui est arrivé à un autre joueur de cette série évoluant avec les Sharks, Jan Caloun (voir texte du 2 mars 2022).

Yegorov et sa famille décident alors de retourner en Russie. Il évolua pour 3 clubs en 1998-99, terminant la saison à St-Petersbourg de retour avec le SKA. Malheureusement pour lui, cette décision de revenir en terrain familier sera le point tournant et tragique de cette histoire.

 

Habitant le même quartier de sa jeunesse, Yegorov renoua avec d'anciens amis qui étaient désormais des gens peu fréquentables. Bien qu'il ait joué peu longtemps en Amérique, son contrat avec les Sharks lui rapporta tout de même plus de 300 000$. Ses amis commencèrent alors à abuser du généreux Yegorov qui leur payaient des vêtements et qui les sortaient dans des discothèques et des casinos. Mais la pire chose qui lui arriva fut son introduction à l'héroïne, qu'il commença à consommer sans retenue durant cette saison 98-99. Il se rendit compte assez rapidement qu'il avait un problème et tenta de se réhabiliter. Malheureusement, lors de ses séjours à l'hôpital pour sevrer, il se révéla qu'il était très facile de se procurer de l'héroïne à même l’hôpital qui était assez facile d'accès pour que ses amis aillent lui en porter directement.

Voulant tenter d'échapper à tout ça, Yegorov décida de tenter un retour en Amérique du Nord. Au même moment, coïncidence ou pas, les nouveaux Thrashers d'Atlanta avaient acquis les droits sur Yegorov lors du repêchage d'expansion. Il ne fut pas signé par les Thrashers mais joua quand même dans les mineures en 1999-2000 au sein des Ice Dogs de Long Beach dans la IHL et des Hawks d'Adirondack dans la UHL.

Il quitta ensuite pour l'Allemagne où il joua une saison en 2000-01, tout en continuant d'éviter de retomber dans la drogue et de subir des traitements. Mais encore une fois, il rechuta lors d'un retour à St.Petersbourg, renouant de nouveau avec sa vieille gang et écoulant ce qui lui restait monétairement. Toute tentative de réhabilitation sembla alors inutile et il ne joua plus jamais au hockey.

Au début de l'année 2002, alors qu'il commença à manquer d'argent, il se mit à consommer à crédit. Pour continuer à avoir du crédit, il laissa son passeport en garantie à son dealer. Sans argent lorsqu'il fut temps de payer, il se rendit chez le dealer pour tenter de récupérer son passeport de force. Il fut toutefois accueilli par trois autres hommes forts qui le tabassèrent sans merci et le firent débouler les escaliers entre le 7e et le 3e étage. Selon la version officielle diffusée dans les journaux, Yegorov se serait ensuite jeté lui-même par la fenêtre du 3e étage, certains disent pour échapper à ses assaillants, d'autres racontent que c'était pour simplement en finir lui-même. Il mourut donc sur le coup de l'impact à l'âge de 26 ans, le 2 mars 2002. Ses attaquants jetèrent ensuite son passeport sur son corps inerte avant l'arrivée des policiers. 

Lors de ses funérailles, peu de ses anciens amis ou anciens coéquipiers furent présents à la demande de la famille, offusquée que plusieurs d'entre eux lui aient tourné le dos quand il avait besoin d'aide.

Son fils Nikita Yegorov, aujourd'hui âgé de 30 ans, joua également au hockey à divers niveaux en Russie durant les années 2010. Il a toujours eu des doutes sur la mort de son père, refusant la théorie officielle du suicide. Il raconte être retourné sur les lieux plus tard pour faire sa propre enquête et un ancien résident lui aurait dit qu'il aurait plutôt tenté de s'échapper en s'accrochant par la fenêtre et qu'il aurait plutôt glissé ou bien que ses assaillants l'aient fait tomber.

1975-2002


La fiche dans la LNH de Alexei Yegorov fut de 3 buts et 3 passes en 11 matchs.

Il obtint également 247 points en 298 matchs combinés dans les rangs mineurs nord-américains ainsi que 110 points en 259 matchs en Russie et en Europe.


Sources:
White trash burned Alexei Yegorov, Sovsport.ru, 23 octobre 2002
He was admired in Russia and America, and he traded his career for drugs. The tragedy of Egorov's hockey talent, Sport24.ru, 29 avril 2022
The terrible story hockey player Yegorov, Sportexpress.ru, 15 avril 2020
Sharks lose game, but may have found a star in Yegorov, SF Gate.com, 21 février 1996

mercredi 16 mars 2022

Les équipes de la ECHL - 12e partie

 

 
 

Voici de nouveau la suite (ET LA FIN!) de la grande INTÉGRALE de toutes les équipes de l'histoire de la ECHL depuis ses débuts en 1988. Et quand je parle d'INTÉGRALE c'est vraiment L'INTÉGRALE alors que j'inclus chaque incarnation de chaque franchise soit chaque changement de nom, déménagement, fusion, suspension, expansion etc... Ce qui fait en sorte que j'ai presque une centaine de ces équipes à décortiquer et à trouver quelque chose d'intéressant à vous raconter... une tâche parfois assez ardue d'ailleurs.

Cliquez ici pour les chapitres précédents:
1re partie
2e partie
3e partie
4e partie
5e partie
6e partie
7e partie
8e partie
9e partie
10e partie
11e partie

 

On est (finalement) rendu au dernier droit et comme le restant des équipes sont assez récentes, ça va aller assez vite. Dans cette partie, on va se concentrer sur la dernière grande expansion de la ECHL, celle de 2014 lorsque les 7 clubs survivants de la Central Hockey League furent absorbés par la ECHL, qui passa ainsi rapidement de 22 à 28 équipes, soit le nombre auquel elle était habituée dans la décennie précédente.

La ECHL, libérée de ses origines géographiques de la «cote est» depuis sa fusion avec la West Coast Hockey League en 2003, devint alors davantage continentale, s'étendant maintenant encore plus dans le centre des États-Unis. Cet aspect «continental» disparût toutefois par la suite avec la fin des Aces de l'Alaska en 2017 et la migration de ses équipes californiennes dans la AHL en 2015 (voir historique). 

Allons-y donc sans plus tarder en continuant avec la 86e équipe.


86. Americans de Allen (2014 - )


Évoluant en banlieue de Dallas, les Americans de Allen débutèrent leurs activités dans la CHL en 2009. L'équipe fut initialement fondée par un groupe comprenant plusieurs anciens joueurs de la LNH comme Steve Duchesne et plusieurs ex-Stars de Dallas comme Mike Modano, Craig Ludwig et Ed Belfour. Les Americans remportèrent deux fois le championnat de la CHL dans les années suivantes avant de joindre la ECHL en 2014-15. Ils avaient précédemment été vendus à un autre groupe également propriétaires de deux autres clubs de la CHL, le Thunder de Wichita et les Oilers de Tulsa, qui joignirent également la ECHL et qu'on verra bientôt.

Le saut dans la ECHL fut un succès pour les Americans qui remportèrent non seulement la Coupe Kelly à leur première saison, mais également la saison suivante en 2015-16. L'équipe fut d'abord affiliée aux Sharks puis au Wild et est maintenant affiliée au nouveau Kraken de Seattle.


87. Beast de Brampton (2014-2020)


Également un des clubs rescapés de la CHL, le Beast de Brampton (Ontario) n'y avait joué qu'une seule saison, étant fondé en 2013-14 pour la dernière saison de cette ligue. L'équipe devint ensuite la deuxième franchise canadienne de l'histoire de la ECHL après les anciens Salmon Kings de Victoria (voir 1ère partie) de 2004 à 2011. 

Le Beast fut logiquement affilié aux Canadiens de Montréal à partir de la saison 2015-16, mais cette association se termina en 2019, suite à quoi ils devinrent affiliés aux Sénateurs. Peu de joueurs du Beast ont gradué avec le CH, les seuls joueurs notables étant les gardiens Zachary Fucale et Michael McNiven. Mais le club fut quand même celui qui permit au légendaire David Ling de prolonger sa glorieuse carrière dans les mineures...

Le Beast n'a toutefois jamais été une entreprise rentable, peinant à attirer assez de fans, un problème remontant d'ailleurs avant l'arrivée du Beast avec l'ancienne franchise du Battalion de Brampton dans la OHL, équipe qui déménagea à North Bay en 2013. Un plan de survie fut mis en place en 2016 avec la ville de Brampton et le Beast devint plus tard partenaire avec l'équipe féminine du Six de Toronto de la NWHL afin de former un plan d'affaires intéressant comprenant par exemple des camps d’entraînement communs et des forfaits de matchs mettant en vedette les deux équipes les mêmes jours.

Cependant, le Beast fut victime de la pandémie, se retirant de la compétition comme les autres équipes de la ECHL avant la fin de la saison 2019-20 et choisissant de ne pas participer à la suivante. L'incertitude avant la présente saison en cours fut de trop pour le Beast qui choisit plutôt de cesser définitivement ses opérations.


88. Indy Fuel (2014 -)


Débutant comme équipe d'expansion en 2014-15 en même temps que les équipes rescapées de la CHL, le Fuel décida de raccourcir le nom de sa ville (Indianapolis) sous le nom plus familier de «Indy». Le Fuel a toutefois continué dans la tradition du hockey dans cette ville, où plusieurs clubs ont aussi emprunté au sport automobile pour leur identité, par exemple les anciens Racers d'Indianapolis dans l'AMH et ensuite les Checkers (et leurs uniformes à motifs de drapeau à damier) dans la CHL et la IHL.

L'équipe du Fuel est affiliée aux Blackhawks et n'est pas très bonne, n'ayant fait les séries qu'une seule fois jusqu'à maintenant.


89. Mavericks du Missouri (2014-2017)


Ici ça se complique légèrement à cause de la géographie et la division bizarre de certains états chez nos voisins du sud. Mais comme je disais dans l'intro, j'inclus chaque nom ou déménagement de chaque franchise et donc je dois d'abord séparer cette franchise et commencer par la portion «Missouri». 

L'équipe débuta en 2009 dans la CHL et évoluait dans la ville d'Independence au Missouri, en banlieue de Kansas City. Mais au cas où vous l'ignoriez, Kansas City n'est techniquement pas dans l'état du Kansas, mais en plein sur la frontière qui divise le Missouri et le Kansas. Et la majorité de cette ville se retrouve du côté «Missourien». Tu peux donc te promener dans la ville principale de Kansas City, Missouri, traverser une simple rue et te retrouver à Kansas City, Kansas qui est en fait une banlieue avec le même nom que l'autre Kansas City dans l'autre état... mais qui n'a aucune séparation géographique entre les deux. Pourquoi faire simple hein? J'imagine que le compte de taxes doit être assez mélangeant pour quelqu'un qui habite sur la ligne... Est-ce que le camion de poubelles s'arrête à la ligne et c'est un autre camion d'une autre municipalité qui termine la rue? Je l'ai même testé dans Google Street View. Cliquez ici, switchez en Street View et traversez la rue «State Line Road», vous allez voir l'état changer dans le coin supérieur gauche... C'est fascinant.
 
Bref, c'est pas vraiment important pour les Mavericks mais j'ai toujours été intrigué par cette maudite ville fuckée et j'oublie souvent qu'elle est au Missouri, donc j'imagine que plusieurs d'entre vous rushez autant que moi et je voulais donc clarifier la chose...

Les Mavericks jouent donc à Independence, une autre banlieue plus à l'est et définitivement pas au Kansas...  Ils évoluèrent dans la CHL jusqu'à la fusion de 2014. En 2017, l'équipe décida toutefois de changer de nom...


90. Mavericks de Kansas City (2017-)


L'équipe changea donc de nom pour les Mavericks de Kansas City en 2017-18. Je croyais d'abord que l'équipe avait quitté Independence pour un autre aréna à K.C., peut-être même pour bien faire dans la partie «Kansas» de Kansas City. Mais non. Pourtant est-ce que Kansas City n'a pas un aréna de grandeur LNH de disponible? Le T-Mobile Center? On entendait souvent des rumeurs de déménagements, des Penguins ou des Predators par exemple, ou pour une nouvelle équipe d'expansion. Il serait logique d'y faire jouer au moins une équipe de la ECHL, quitte à réduire la capacité dans les gradins... Bref non, ils sont toujours à Independence et n'ont de Kansas City que le nom. Il s'agissait toutefois de la première équipe à évoluer sous le nom de Kansas City depuis la fin des anciens Blades dans la IHL en 2001.

Bref après tous ces détours logistiques et géographiques, je n'ai pas grand chose de plus à dire sur les Mavericks. Ils n'ont jamais gagné le championnat ni fait les séries très souvent. L'équipe est présentement affiliée aux Flames après quelques saisons avec les Islanders. Et nul autre que Corey Schueneman y a joué 4 matchs en 2019-20...


91. Mallards de Quad City (2014-2018)


Voici les malheureusement défunts Mallards de Quad City, les anciens champions de notre grand décompte des meilleurs et pires chandails de la ECHL que nous avions effectué en 2015. Faudrait peut-être le refaire pour se mettre à jour d'ailleurs...

Histoire de continuer dans les histoires de villes géographiquement fuckées, les Mallards évoluaient techniquement dans la ville de Moline en Illinois dans une région métropolitaine du nom des «Quad Cities» située à la frontière de l'état de l'Illinois et de l'Iowa. Cette région est le point de rencontre de 4 villes; Davenport et Bettendorf en Iowa ainsi que Rock Island et East Moline en Illinois. Mais aucune ville ou entité politique ne porte le nom de «Quad City».

Sur une carte, ça ressemble à ça:
 


Bon assez de géographie et passons aux Mallards. Ces derniers n'ont existé que 4 saisons dans la ECHL mais leur histoire remontait à 1995 avec la création d'une équipe sous ce nom dans la défunte UHL. L'équipe était un succès dans cette ligue, remportant 3 championnats et attirant les meilleures foules de la ligue avec parfois des moyennes de 8000 par match. Cela incita un groupe à établir une équipe de la AHL à Quad City, les Flames, qui n'évoluèrent que 2 saisons (2007 à 2009) avant de plier bagage. Les Mallards furent donc ensuite ressuscités dans la deuxième IHL (pas l'ancienne ligue mais une nouvelle du même nom) en 2009-10 mais cette ligue éphémère en était à ses derniers milles et fut absorbée par la CHL, qui elle subit le même sort en 2014 tel que discuté 1000 fois auparavant dans ce texte.... Toujours exténuant de parler de ça d'ailleurs....

Les Mallards suivirent le troupeau dans la ECHL en 2014 mais les propriétaires ne firent pas long feu par la suite, accumulant plusieurs déficits avant de cesser leurs activités après la saison 2017-18.

Un nouveau groupe obtint ensuite une nouvelle équipe à Quad City, cette fois dans la SPHL avec le Storm de Quad City.


92. Rush de Rapid City (2014 - )

Définitivement, cette fusion avec la CHL nous a permit de découvrir (ou clarifier) de nouvelles villes. Dans le cas du Rush, ils évoluent à Rapid City, deuxième ville en importance dans l'état du Dakota du Sud avec 80 000 habitants. Il s'agit d'ailleurs de la première incursion de la ECHL dans cet état et une première incursion du hockey professionnel tout court alors que les seules autres équipes de hockey de l'histoire du Dakota du Sud étaient des équipes des rangs junior et universitaires.

Le Rush débuta donc dans la CHL en 2008 et remporta le championnat en 2010. Comme vous pouvez voir par leurs couleurs, l'équipe est affiliée aux Coyotes. L'équipe est assez médiocre, n'ayant fait les séries qu'une seule fois dans la ECHL, et ce à leur première saison en 2014-15 et jamais depuis. Ils n'attirent que le minimum acceptable de fans pour survivre avec une moyenne dans les 3000 par match.

Dans le fond, l'affiliation avec les Coyotes est un match parfait...


93. Oilers de Tulsa (2014 - )

Mine de rien, en «reboitant» l'histoire des différentes équipes s'étant appelées les Oilers de Tulsa dans différentes ligues, on a droit ici à une équipe presque centenaire malgré quelques périodes d'inactivité. Mais en faisant abstraction de ces pauses forcées, il s'agit quand même de la plus vieille équipe du sud des États-Unis.

Les premiers Oilers de Tulsa firent leur apparition en 1928 dans l'American Hockey Association (AHA) et y évoluèrent jusqu'en 1942, la ligue et l'équipe arrêtant leurs activités durant la 2e guerre mondiale avant de revenir en 1945 avec la résurrection de la ligue sous le nom de la United States Hockey League (USHL). Cette ligue aussi disparut en 1951 et il fallut attendre ensuite jusqu'en 1964 pour revoir de nouveaux Oilers, cette fois dans la première version de la Central Hockey League (CHL). Ils y évoluèrent 20 ans, remportant 3 fois le championnat, avant d'être une fois de plus contraints d'arrêter leurs activités, cette fois-ci en 1984 lorsque leurs propriétaires firent faillite. Le reste des équipes contribua à les garder en place pour terminer la saison comme équipe itinérante et ils parvinrent malgré tout à remporter le championnat pour cette dernière saison d'existence de la ligue également. La CHL fut ressuscitée ensuite en 1992, comme les Oilers, et c'est cette incarnation qui se retrouve toujours de nos jours dans la ECHL.

Ils n'ont cependant gagné qu'un seul championnat sous cette incarnation, soit en 1993 dans la CHL et jamais depuis. L'équipe est présentement affiliée aux Ducks.

 

94. Thunder de Wichita (2014 - )

Également un des clubs fondateurs de la deuxième CHL en 1992 avec les Oilers, le Thunder de Wichita (Kansas) est la dernière de ces 7 équipes survivantes de la CHL à joindre la ECHL en 2014. Et comme avec les Oilers, le hockey professionnel à Wichita remonte également aux années 30 dans la vieille AHA mais pas grand chose entre cette tentative et l'arrivée du Thunder en 1992.

Ils ont remporté 2 championnats dans la CHL mais aucun depuis. L'équipe est présentement affiliée aux Oilers d'Edmonton. L'ancien du Canadien Ryan White y a aussi récemment joué en 2020-21.


95. Railers de Worcester (2017 - )

Les Railers de Worcester (également appelés le Worcester Railers HC) débutèrent en 2017-18 comme équipe d'expansion ayant pour but de combler le vide laissé par le départ des Sharks de Worcester, le club-école de longue date des Sharks qui déménagea à San Jose sous le nom du Barracuda.

Basés à Worcester au Massachusetts, les Railers sont maintenant affiliés aux Islanders.


96. Growlers de Terre-Neuve (2018 - )

Les Growlers sont encore tout jeunes mais leur histoire est déjà assez remplie, eux qui remportèrent non-seulement le championnat à leur première saison en 2018-19 mais en plus de ça, il s'agissait de la «fausse» Coupe Kelly en remplacement de celle volée par les champions précédents, les Eagles du Colorado (voir histoire complète ici).

Il y eut également plusieurs controverses en coulisses, même avant que la franchise n'existe. Lorsque les Canadiens déménagèrent leur club-école des IceCaps à Laval en 2016, deux groupes tentèrent de s'emparer du marché de St.John's et de Terre-Neuve, un groupe désirant y amener la LHJMQ et un autre désirant y amener la ECHL. C'est finalement ce dernier groupe qui l'emporta .

Après une première saison où ils devinrent le premier club canadien à remporter la Coupe Kelly, ils ne purent ensuite défendre leur titre à cause de la pandémie qui força l'annulation de la saison 2019-20. Ils firent ensuite partie de la moitié de la ligue qui opta de ne pas jouer en 2020-21. Lorsqu'ils revinrent au jeu cette année, ils eurent un litige avec la ville de St.John's à propos de leur bail et ensuite la ville vota en octobre pour expulser l'équipe dû à une poursuite envers les Growlers pour harcèlement envers des employés de l'aréna. L'équipe dut donc jouer temporairement une douzaine de matchs à Toronto (leur club affilié) et dans un aréna dans la petite ville de Conception Bay, à quelques minutes de St.John's. Le litige avec la ville se termina toutefois par une entente à la mi-novembre.

L'équipe est toujours affiliée aux Maple Leafs, eux qui ont eu une longue association avec St.John's dans le passé dans la Ligue américaine.


97. Heartlanders de l'Iowa (2021 -)

Première équipe de la ECHL dans l'Iowa, les Heartlanders sont tout frais, tout chauds sortis du four. Et dans cette nouvelle tendance d'établir les clubs-écoles dans des lieux géographiquement rapprochés, ils font partie du réseau du Wild du Minnesota et du Wild de l'Iowa dans l'AHL. Ces derniers évoluent dans la capitale de l'état à Des Moines tandis que les Heartlanders évoluent à Coralville, en banlieue de Iowa City.

Histoire d'avoir quelque chose à dire de plus sur cette équipe, ils comptent dans leurs rangs un défenseur du nom de Riese Zmolek, fils de Doug Zmolek dont mon collègue keithacton a déjà parlé auparavant. Doug Zmolek est également le dernier dans notre liste de bios dans l'ordre alphabétique... Très important de vous souligner ça.


98. Lions de Trois-Rivières (2021 -)

On en est donc finalement à la dernière équipe de cet énorme décompte avec la première équipe québécoise de l'histoire de la ECHL, les Lions de Trois-Rivières. Et après avoir écrit sur autant d'équipes depuis le début de ce projet, je peux vous dire que j'ai hâte en maudit d'aller les voir jouer, n'ayant pas encore eu la chance. D'ailleurs on s'est organisé une de nos fameuses «Excursion LVEUP» avec mes collègues pour le match du samedi 2 avril prochain contre les Royals de Reading. Si jamais vous êtes dans le coin et que vous allez au même match, faites-nous signe, on essaiera de s'en caler une dans le stationnement avant le match...

Les Lions ont jusqu'à date connu une saison en dents de scie, perdant plusieurs matchs consécutifs au début de la saison avant de rebondir et de devenir presque imbattables à un certain moment, remportant même 7 victoires de suite en décembre dernier. Ils sont présentement dans une phase difficile, ayant perdu 8 de leurs 10 derniers matchs et reculant à l'avant-dernier rang de leur division. Ils sont toujours en position de faire les séries mais ils ont eu particulièrement de problèmes avec toute la logistique covidienne, non-seulement la leur mais également celle du Rocket et du CH... L'effet domino a fait qu'ils ont eu recours à 71 joueurs jusqu'à maintenant cette saison, dont plusieurs ont même du être empruntés à la LNAH...


Donc ce serait logique de terminer ainsi avec les Lions.

Mais OH SURPRISE!


99. Ghost Pirates de Savannah (2022 -)

Voici la prochaine équipe qui joindra les rangs de la ECHL la prochaine saison; les Ghost Pirates de Savannah! Cette ville est située dans l'état de la Géorgie, mais directement sur la côte atlantique et très près de la frontière avec la Caroline du Sud. Aucune affiliation n'est encore annoncée pour le moment.

Étrangement je trouve que cette nouvelle équipe vient vraiment bien compléter symboliquement cette série. Une équipe de la côte est, dans le sud des États-Unis, avec un logo et un nom débile. Mais j'ai quand même vu pire comme par exemple les Mystics de Mobile...

 

C'est donc ça qui termine officiellement cette série. J'ai ratissé large et c'est quand même un peu dommage de ne pas s'être rendu à 100 équipes. Même si dans les faits, ce n'est pas techniquement 99 équipes avec quelques équipes qui ont changé leur nom sans déménager. 

C'était toute une épopée qui nous a permis en plus de nous faire grandement voyager. Je vous recommande, si vous avez le courage, de vous retaper la série depuis le début, cela vous fera voir des coins très exotiques comme Kalamazoo, Greensboro, Pensacola et sans oublier bien sûr Huntsville, Alabama.

La ECHL est partie de bien loin depuis ses débuts modestes de 5 équipes en 1988 jusqu'à devenir le 3e échelon du hockey professionnel en Amérique du nord. Ne s'étendant à la base que dans une demi-douzaine d'états de la côte est, en date d'aujourd'hui il n'y a que 14 états qui n'ont pas encore eu d'équipe. C'est maintenant une ligue continentale avec en plus 2 équipes canadiennes.

Bref j'ai bien hâte d'aller en voir finalement un match en avril.

On s'en reparle bientôt.