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mercredi 2 mars 2022

Joueur oublié des 90's #61 - Jan Caloun

  

 

La plupart des joueurs que je prends pour cette série sont soit des joueurs oubliés (duh) méconnus ou bien sous-estimés. Mais le joueur d'aujourd'hui est plutôt un vrai mystère...

Jan Caloun est né le 20 décembre 1972 à Ústí nad Labem en Tchéquie. Ailier droit de 5' 11" et 176 livres, Caloun était un marqueur né et il domina assez tôt dans le système mineur tchèque comme par exemple sa saison 1988-89 avec le HC Litvinov dans la division des moins de 16 ans où il mena la ligue avec 66 buts et 95 points en seulement 24 matchs. Il continua à se démarquer lors des années suivantes, le tout culminant en 1991-92 alors qu'il mena la première ligue tchèque avec 32 buts en 37 matchs, devançant des joueurs de renom comme Zigmund Palffy et Martin Straka. Il se distingua également au championnat mondial junior où il mena le tournoi au niveau des buts marqués avec 8.

Les Sharks de San Jose en firent ensuite leur choix de 4e ronde au repêchage de 1992 avec la 75e sélection au total. Il demeura en Tchéquie lors des deux saisons suivantes et mena la ligue une fois de plus pour les buts en 1992-93 avec 45 buts en 47 matchs.

Bref, le gars était un scorer.



Il traversa en Amérique du nord pour la saison 1994-95 qu'il passa avec le club-école des Sharks, les Blades de Kansas City dans la IHL. Il s'en sortit bien lors de cette première saison alors qu'il termina premier pointeur des Blades avec 34 buts et 73 points en 76 matchs, et ensuite 13 buts en 21 matchs en séries alors que les Blades s'inclinèrent en finale de la IHL. Il demeura à Kansas City en 1995-96 où après 38 buts en 61 matchs, il fut finalement rappelé par les Sharks pour terminer la saison. 

Il étonna alors dans la plus grande ligue au monde en marquant à son premier tir lors de son premier match. Lors de son deuxième, il obtint deux autres tirs et marqua également sur chacun d'entre eux. À son troisième match, il marqua encore une fois. Cela porta sa séquence à 4 buts marqués lors de ses 4 premiers tirs en carrière, ce qui demeure un record à ce jour. Il obtint en tout un excellent 8 buts et 3 passes pour 11 points en 11 matchs pour terminer cette saison. 

On peut appeler ça un très bon départ et je le rappelle, tout un scorer.

Mais alors que tout semblait bien parti pour Caloun dans la LNH, les Sharks le retournèrent dans leur club-école en 1996-97, cette fois-ci dans la Ligue américaine avec les Thoroughblades du Kentucky. Il ne fut rappelé que pour deux petits matchs en décembre où il ne joua que très peu et ne récolta pas de points. Il continuait pourtant de prouver sa valeur dans les mineures, alors qu'il récolta 43 buts et 43 passes pour 86 points en 66 matchs et fut élu sur la deuxième équipe d'étoiles de la AHL. Cependant, les Sharks ne firent plus jamais appel à ses services et il opta plutôt de mettre le cap sur la Finlande dans la SM-Liiga en 1997-98 avec le club HIFK d'Helsinki. 
 


Il devint un joueur culte avec HIFK, les menant d'abord au championnat de la SM-Liiga en 1998, saison où il termina au deuxième rang des pointeurs de la ligue. Il participa également aux Jeux olympiques de Nagano avec l'équipe de la République Tchèque, qu'il aida à remporter l'or. 

En 1998-99, lui et le défenseur américain Brian Rafalski brulèrent la SM-Liiga alors que Caloun termina au premier rang de la ligue avec 81 points, une des meilleures saisons offensives de l'histoire de la SM-Liiga (saison de 54 matchs), le record étant de 93 points par un certain Kari Jalonen en 1986-87. Quant à lui, Rafalski termina au premier rang des défenseurs avec 53 points, ce qui lui valut le titre du joueur de l'année et un contrat avec les Devils la saison suivante. On connait la suite dans son cas. 

Caloun remporta également l'or avec l'équipe tchèque aux championnats du monde de 1999.


Championnat de la SM-Liiga en 1998 avec Brian Rafalski et Olli Jokinen dans le haut de l'image


 

Donc on avait quand même droit à tout un joueur ici et il est vraiment à se demander ce qui s'est passé avec les Sharks pour ne pas qu'il puisse avoir droit, non seulement à pouvoir débuter la saison 96-97 avec eux mais au moins à se mériter une meilleure chance par la suite... Un marqueur qui marque 4 buts à ses 3 premiers matchs et avec un superbe pourcentage de tir (40%), normalement tu es un peu plus patient. Mais comme je disais, c'est un peu un mystère alors que je n'ai pas vraiment trouvé grand chose comme explication à travers mes recherches. 

Du moins en anglais et en français. Je ne parle malheureusement pas le tchèque.



J'ai cependant trouvé cette entrevue qu'il réalisa en Finlande en 1998 alors qu'il était fraichement débarqué de la LNH. Je me disais peut-être que je pourrais voir s'il parlait un peu de son traitement par les Sharks mais l'entrevue est bel et bien en tchèque avec sous-titres en finnois...

Je me suis alors souvenu que Google Translate existait. 

Mais là vous ne pensez tout de même pas que j'allais retranscrire tout ça manuellement dans Google Translate? Juste pour tenter de trouver une parcelle d'information sur un joueur obscur qui intéresse probablement juste moi et quelques autres geeks?

...

Oui je l'ai fait...

Je suis un craqué mental, je l'ai déjà dit.


Étonnement ça a vraiment bien marché avec Google Translate pour la plupart du texte. Un petit truc que je vous donne si jamais l'occasion se présente à vous de traduire du russe, du finnois ou whatever, c'est de mettre la deuxième langue en anglais. Comme ça, ça peut vous éviter des petits pièges d’ambiguïté avec la langue française difficile à traduire.

Voici mon transcript de la partie de cette entrevue où il parle de son séjour avec les Sharks:

- I still don't know why. In 11 matches, i had 8 goals and 3 assists. The team management promised that I get to play NHL. In the summer at home in the Czech Republic, I was preparing for a NHL career but in the fall in San Jose, almost the management of the whole team and all the coaches changed and I got to start all over again, achievements of the previous period wiped off, in addition to the coach who did not like Europeans like me and Ville Peltonen. The coach didn’t like us and sent us to the farm team.
 

Donc on a ici une bonne explication sur ce qui s'est passé après sa bonne prestation à la fin de la saison 1995-96 et on peut finalement compléter la narrative. Les Sharks de 1995-96 étaient médiocres et connurent surtout une saison décevante après deux saisons où ils avaient accédé aux séries, dont la victoire surprise contre les Red Wings en première ronde des séries de 1994. L'entraîneur Kevin Constantine fut congédié durant la saison, étant remplacé par Jim Wiley pour le restant de l'année. C'est ce Wiley qui donna sa chance à Caloun pour la fin de cette saison à oublier pour les Sharks où il est souvent habituel de tester quelques recrues. Le DG Chuck Grillo fut lui aussi congédié en mars 1996 et remplacé par Dean Lombardi. 
 
La saison suivante, les Sharks nommèrent Al Sims comme nouvel entraîneur, et apparemment qu'il n'aimait pas les européens selon Caloun. Ce ne fut pas mieux pour les Sharks avec Sims, qui fut également congédié après une seule saison où les Sharks terminèrent avant-derniers, ce qui leur permit toutefois de repêcher Patrick Marleau au repêchage de 1997.

Donc, malheureusement, le timing n'était pas bon pour Caloun et probablement qu'il fut victime de la vieille garde en place dans l'équipe et dans la ligue où il s'agissait d'une époque difficile pour les marqueurs et petits joueurs de finesse. 
 
Caloun demeura donc en Finlande lors des années suivantes tandis que ses droits demeurèrent avec les Sharks pendant qu'il brûlait la ligue finlandaise. Il eut finalement une autre chance dans la LNH lorsque les Sharks échangèrent ses droits aux Blue Jackets de Columbus pour leur saison inaugurale en 2000-01. Il fit donc partie de l'alignement partant des Blue Jackets au début de leur histoire mais malheureusement, la magie de ses débuts n'opérait plus. Après 11 matchs où il amassa seulement 3 passes, les Blue Jackets le placèrent au ballotage. N'étant pas réclamé, il fut libéré et retourna en Finlande avec HIFK à la mi-novembre.

 

 

Il joua jusqu'en 2004 dans la SM-Liiga, passant aux Blues d'Espoo en 2001-02 et continuant d’amasser des points et de se distinguer dans cette ligue, terminant une nouvelle fois au premier rang des pointeurs en 2002-03.

Petite parenthèse intéressante ici, le trophée de la SM-Liiga du meneur pour les points (l'équivalent du Art Ross) est le trophée Veli-Pekka Ketola, cet ancien joueur des Jets dans l'AMH avec un des meilleurs noms ever.
 
Caloun retourna ensuite en Tchéquie en 2004-05 avec le HC Chemopetrol, en plus de jouer quelques matchs en Russie. Il joua pour plusieurs clubs en première et deuxième divisions tchèques jusqu'à sa retraite en 2010, un an après un dernier championnat en deuxième division. Il devint ensuite entraineur au niveau junior et plus tard DG du HC Slovan dans son patelin d'Ústí nad Labem. Quel beau nom pour une ville d'ailleurs. Je serais curieux d'y voyager un jour. 

Ses exploits avec le HIFK furent honorés lors d'une cérémonie en 2020.



Voici ses statistiques dans les différentes ligues où il a joué:
LNH: 24 matchs, 8 buts et 6 passes pour 14 points.
SM-Liiga: 298 matchs, 145 buts et 230 passes pour 375 points.
IHL: 137 matchs, 72 buts et 69 passes pour 141 points.
AHL: 66 matchs, 43 buts et 43 passes pour 83 points.
Ligue Tchèque (division 1 et 2): 249 matchs, 123 buts et 95 passes pour 218 points.

Il marqua également plus de 200 buts au niveau international en combinant les nombreux tournois auquel il a participé. Vraiment dommage qu'il soit tombé chez les Sharks.



jeudi 16 juillet 2020

Une petite photo pour le plaisir #96 - Maurice Richard avec les Maple Leafs




Voici la page 15 du journal Globe and Mail en date du jeudi 3 février 1949. On y voit un montage photographique (probablement fait avec des ciseaux et de la colle Lepage) de Maurice Richard dans le chandail des Maple Leafs avec la mention assez baveuse ''Wouldn't he look good in a sweater like this?''

The Globe and Mail - 3 février 1949

Je connaissais cette histoire de tentative des Maple Leafs de s'approprier le contrat de Richard à fort prix et j'avais entendu parler de cette fameuse photo truquée mais je ne l'avais jamais vue auparavant. Je suis donc parti à la recherche de la photo et de l'article en question.

On y parle de l'ambition de Conn Smythe et des ressources inestimables des Maple Leafs pour acquérir les services de Richard, qu'ils considéraient le meilleur joueur au monde. On parle dans l'article d'une somme de 100 000$ (environ 1 125 000$ en 2020) qui aurait été offerte aux Canadiens pour l'acquisition de Richard et ce serait l'entraîneur Hap Day qui aurait été mandaté par Smythe pour faire l'offre en personne à Frank Selke du Canadien la journée de ce match qui avait lieu le lendemain de la parution de cet article.

Dans le film ''Maurice Richard'' on semble évoquer une version différente de l'événement où Conn Smythe en personne se serait déplacé à Montréal et aurait intimidé Richard à partir des estrades avant d'offrir personnellement la somme de 120 000$ à la femme de Richard, Lucille Norchet, pour le convaincre de signer un contrat avec les Maple Leafs. Mais comme j'ai déjà mentionné dans le passé (voir texte du 3 oct. 2016), ce film a été assez romancé et plusieurs aspects de la carrière de Richard, surtout ses adversaires, ont été modifiés alors je doute un peu de la véracité de cette scène:





Quoiqu'il en soit, les Canadiens mirent rapidement fin à toutes ces spéculations, déclarant aux journaux le lendemain que ''tout l'argent de Toronto ne pourrait l'acheter'' et qu'il était ancré solidement dans la population canadienne-française. L'entraîneur Dick Irvin déclara qu'il ne s'agissait que de propagande torontoise pour déconcentrer ses joueurs la veille d'un match. Selke déclara également que la seule fois où ils pourront voir Richard dans un chandail des Leafs sera dans cette coupure de journal du Globe and Mail. 

Voulant  contrecarrer les plans de Smythe et des Leafs, Selke aurait même fait une contre-offre à Hap Day, lui offrant d'acheter les contrats de 4 joueurs des Leafs; Max Bentley, Bill Ezinicki, Harry Watson et Garth Boesch. 

Le lendemain dans le Globe and Mail on retrouvait un article plutôt modeste comparativement à la veille:



On y retrouve également une dose d'arrogance et de condescendance semi-raciste typique de l'époque dans la deuxième colonne:

''Richard, la vedette aux cheveux ''corbeau'' (raven-haired) qui parle très peu l'anglais et ne sait pas le lire, n'a pas fait de commentaires à ses coéquipiers avant le match et n'était pas disponible pour une entrevue. C'était peut-être mieux ainsi. Il a été acariâtre (bougonneux) récemment, ayant perdu plusieurs de ses bagarres sur la glace et s'engueulant avec les arbitres. Il se serait probablement emporté envers le premier journaliste non-montréalais venu qui lui aurait parlé de Toronto...''

Le match du 3 février 1949 se termina par une victoire de 4-1 des Maple Leafs. Richard compta le seul but des siens, son 16e de la saison. Il terminera cette saison avec seulement 20 buts et 38 points en 59 matchs, ce qui était une de ses pires saisons. La ''punch line'' était toutefois brisée alors que Toe Blake avait prit sa retraite en 1948 et que Elmer Lach manqua une vingtaine de match. Il se reprit la saison suivante avec 43 buts et 65 points en 70 matchs.

Aucun transfert d'effectifs n'aboutit ensuite entre les Leafs et les Canadiens jusqu'en septembre 1951 lorsque les Canadiens obtinrent le centre John McCormack en retour d'une somme d'argent que j'ignore...

Mon collègue Kirk McLean s'est demandé si cette histoire n'aurait pas quelque peu servi d'inspiration à Réjean Tremblay pour l'intrigue dans la 3e saison de Lance et Compte où Pierre Lambert passe bien près de rejoindre les Maple Leafs...






Sources:
Bibliothèque et Archives nationales du Québec

mardi 19 mai 2020

La règle Rangers




Depuis ses débuts sur ce blog, mon collègue Martin ITFOR nous a quelquefois parlé de la ''Règle Rangers'' selon laquelle une équipe qui veut copier leur concept de lettrage à la diagonale sur leur chandail se doit de respecter la règle d'employer 7 lettres, pas plus, pas moins. C'est un sujet qui revient souvent dans nos conversations de chandails de hockey et j'ai toujours trouvé la chose intéressante. Je crois être un adepte de cette doctrine de Martin, mais il y a quand même quelques cas où c'est potable avec moins ou plus de 7 lettres.

Donc aujourd'hui je vais essayer d'analyser la chose plus en profondeur et peut-être essayer de trouver des exceptions à la règle...



D'abord un petit historique. Depuis leurs débuts dans la LNH, les Rangers sont l'une des rares équipes de la LNH à ne pas utiliser leur logo principal sur le devant de leur chandail. En fait, en ce moment ils sont les seuls de la ligue à faire ça.

Ils ont essayé des looks différents à quelques reprises dont les années Esposito et leur 3e chandail des années 90, mais ils sont toujours revenus à ce look classique. La disposition du mot Rangers à la diagonale aurait initialement été adoptée pour différencier le club de l'autre franchise new-yorkaise, les Americans, qui eux écrivaient leur nom à l'horizontal sur leur chandail. Le nom ''Rangers'' pour sa part provient d'un jeu de mot basé sur le nom du fondateur de l'équipe, Tex Rickard (voir texte du 27 mai 2014 pour plus d'info).

De plus, le lettrage ''italique'' des Rangers donne également beaucoup de dynamisme au chandail. Ça peut paraître banal, mais lorsqu'on n'utilise que du lettrage comme logo sur un chandail, vous allez voir sur plusieurs exemples que le choix de police et de style compte pour beaucoup, et pas seulement pour le nombre de lettres.


1926

Quoiqu'il en soit, les Rangers frappèrent dans le mille avec ce concept qui fut maintes fois copié depuis mais pas toujours avec le même impact que le Rangers original. Voici plusieurs exemples:


Penguins de Pittsburgh

Les premiers qui doivent vous venir en tête sont sûrement les Penguins de Pittsburgh qui adaptèrent à deux reprises le lettrage à la diagonale soit lors de leur première saison en 1967-68 et ensuite sur leur chandail à l'étranger entre 1992 et 1997. Le mot Pittsburgh contient 10 lettres et on se retrouve donc avec un certain embouteillage... Ils auraient pu s'en sortir mieux avec le mots ''Penguins'' qui contient 8 lettres...

Cependant, cet ''excès'' de lettres n'est pas le pire exemple du lot, je l'apprécie d'ailleurs beaucoup malgré tout.



Clippers de Baltimore - AHL

Vous voyez ici un exemple d'un lettrage à 8 lettres où vous pouvez voir qu'il y en a une de trop avec le ''C'' qui plie à l'extrême gauche. À moins de réduire correctement l'espace entre les lettres, c'est assez difficile de s'en sortir avec quelque chose qui fonctionne autant que les Rangers.


Bears de Hershey - AHL

Mais une autre règle que l'on devrait annexer à la règle Rangers serait de ne pas utiliser un trop gros lettrage. Dans le cas ici des Bears de Hershey on retrouve bien 7 lettres mais elles sont trop grosses et en plus, ils ont ajouté le numéro à l'avant en plus d'un logo d'ours, ce qui fait qu'on étouffe un peu.



Ils ont toutefois apporté des correctifs lorsqu'ils ont ramené ce chandail il y a quelques années. Mais l'espèce de croix bleu gâche tout...



Lynx de St-Jean - LHJMQ

Ici, nous retrouvons les défunts Lynx de St-Jean qui empruntèrent le look des Rangers au complet durant leurs premières années. Comme vous pouvez voir, avec un mot de 4 lettres ça fait pas mal plus vide... Il aurait peut-être été préférable de grossir légèrement les lettres.


RPI University - NCAA

Une autre sous-règle à annexer ici: si tu dois grossir ton lettrage, ne pas prendre un des pires lettrages jamais vu pour ton chandail... Sérieusement, c'est à vomir.  On peut le voir ici sur les visages de Darren Puppa et Adam Oates (2e et 3e sur cette photo) qu'ils ont hâte de se rendre dans la LNH pour ne plus porter cette horreur...


University of Minnesota-Duluth - NCAA

Et sérieusement, 3 lettres c'est vraiment pas assez pour utiliser le style diagonal. Même ici avec un lettrage plus sobre et classique, ça ne marche pas.

BTW c'est Chico Resch sur la photo.


Islanders de Charlottetown - LHJMQ

Retournons dans le junior avec les très beiges Islanders de Charlottetown qui utilisaient également le lettrage diagonal à leurs premières années mais c'était totalement raté. Non seulement ''Islanders'' comporte trop de lettres, mais celles-ci sont difficiles à lire et de plus, si l'on doit copier le style Rangers, il me semble qu'il ne faut surtout pas le faire pour une équipe qui s'appelle ''Islanders"...


Knights de London - OHL

Encore dans le junior, les Knights de London adoptèrent le style Rangers sur un 3e chandail durant les années de John Tavares (photo). 

Je ne le trouve pas super beau, mais difficile de contredire la règle Rangers ici.  C'est très lisible, on n'étouffe pas le lettrage et en plus, un chandail vert c'est très winner.


Americans de Allen - ECHL

Le plus gros problème avec un mot trop long est qu'il faut se résoudre à employer un lettrage condensé pour faire bien rentrer toutes ces lettres à la diagonale. Et plus il y a de lettres, plus on en perd lors de la prise d'une photo où les plis sont quasiment inévitables.


Aces de l'Alaska - ECHL

Si on ne peut employer 7 lettres, je crois que l'on peut s'en sortir avec quelque chose de potable si on a seulement 6 lettres.  Malheureusement, je n'ai pas trouvé beaucoup de cas gagnants. Ici avec les Aces de l'Alaska (et notre ami Scott Gomez), je n'aime pas, quoique la couleur bleu ciel du chandail n'aide pas vraiment. Peut-être que si c'était sur un chandail brun à la Russel Crowe...


Komets de Fort Wayne - IHL

Un autre exemple à 6 lettres où c'est également raté. Les lettres sont légèrement trop grosses et ça ne fonctionne pas dans ce style de chandail avec des bandes aux épaules. On sent qu'on étouffe un peu ici... 



S'ils étaient demeurés en place au delà de la saison 1977-78, les défunts Barons de Cleveland auraient changé de chandail pour ce nouveau modèle à la Rangers. Je n'aurais pas aimé qu'ils changent leur chandail régulier, que j'adore personnellement, mais ça aurait quand même bien fonctionné avec 6 lettres et un bon lettrage.

Wings de Memphis - CPHL

Ici, on a un total ''Jersey fail''. Tu choisis un seul concept à voler, mais pas deux... By the way, la ''chose'' à l'intérieur du logo des Wings est une fleur de coton. Dommage, car ''Memphis'' contenait 7 lettres...



Également à inclure comme sous-règle à la règle Rangers; seulement 1 mot. Ici on retrouve le chandail que les Rangers utilisèrent à l'étranger entre 1978 et 1987 alors que le chandail à domicile demeura le ''Rangers'' traditionnel. Ici, on retrouve bien 7 lettres mais l'espace entre les deux mots vient faire déborder le ''N'' presque sur l'épaule, ce qui donne des plis bizarres lorsqu'on le porte.


Mariners de San Diego - WHA

Ici, on a trop de lettres et 2 mots, donc on ne peut pas s'en sortir gagnant...



Blades de Baltimore - WHA
Vous pouvez également voir que ce qui fonctionne autant avec le lettrage employé par les Rangers est cet effet de contour 3D sur le lettrage. Ça change tout et ça fonctionne presque parfaitement pour les Blades. Cette équipe éphémère de l'AMH copia le lettrage Rangers et c'était presque beau avec ce choix de couleurs mais... 9 lettres.


Aeros de Houston - WHA

Toujours dans l'AMH, les Aeros de Houston s'en sortaient pas mal avec 5 lettres, mais je n'aime pas vraiment ce genre de police semi-western rappelant les premières équipes de baseball...


Blazers de Vancouver - WHA

Ici on retrouve un cas où on a voulu en faire trop. Les Blazers portaient originalement leur logo à l'horizontal et ça faisait la job, malgré que c'était moyen. Mais ils ont tenté ici de l'adapter à la diagonale en gardant l'effet du ''L'' en forme de bâton et une rondelle superflue qui vient ajouter encore plus de confusion. Pourtant, Blazers = 7 lettres...


Voici en terminant d'autres équipes qui ont aussi porté le diagonal avec plus ou moins de succès:


Bears de Bloomington


Match des étoiles 1980


Hurricanes de la Caroline

Canada (AMH) vs URSS

Lightning de Tampa Bay

Reds de Providence (AHL)

Avalanche de Colorado



Bref, peu d'équipes ne l'ont porté comme l'équipe originale...



lundi 24 septembre 2018

Les adresses des arénas de la NHL









Je ne veux pas trop m'étendre sur le pourquoi cette chose m'a intéressée, mais je me suis surpris cette semaine à regarder quelles sont les adresses des arénas de la NHL afin de recenser les adresses avec des noms faisant références à ce qui se déroule entre les murs. La plupart des arénas ont des adresses disons ordinaires, mais certaines sont assez intéressantes...

Voici les meilleures:
Gila River Arena (Arizona) - 9400 W Maryland Ave, Glendale
L'aréna n'est pas sur une rue qui porte un nom relatif à l'équipe, mais le boulevard au nord de cet aréna se nomme W. Coyotes Blvd

TD Garden (Boston) - 100 Legends Way
Le TD Garden semble être plus neutre et souligne que les deux tenanciers principaux, les Bruins et les Celtics, ont des histoires remplies de légendes...

KeyBank Center (Buffalo) - 1 Seymour H. Knox Plaza
Seymour Knox était le fondateur des Sabres.

Scotiabank Saddledome (Calgary) - 555 Saddledome Rise SE
J'ai inclus dans notre liste le bon vieux Saddledome de Calgary parce que son adresse est une petite rue qui porte son nom. Notez qu'à l'ouest du Saddledome, la rue se nomme Olympic Way.

Nationwide Arena (Columbus) - 200 West Nationwide Blvd
Bon, si j'inclus le Saddledome parce que son adresse est le petite chemin pour s'y rendre qui porte son nom, je dois inclure le Nationwide Arena parce qu'il est sur un boulevard qui porte son nom...

American Airlines Center (Dallas) - 2500 Victory Avenue
L'aréna des Stars et des Mavericks de la NBA porte un nom neutre qui fait référence à la victoire. Par contre, les Mavericks ont remporté le championnat de 2011 à Miami et les Stars ne jouaient pas dans cette enceinte en 1999...

Joe Louis Arena (Detroit) - 19 Steve Yzerman Dr.
L'aréna des Red Wings a été nommé en l'honneur du plus grand joueur des Red Wings ayant évolué dans la période où les Red Wings ont évolué dans cet aréna. Ce type de nomination de rue est assez commune dans le monde du baseball, le AT&T Park de San Francisco étant au 24 Willie Mays Plaza et celui des Padres, le Petco Park, est au 19 Tony Gwynn Drive.

Le Joe Louis a toutefois été remplacé l'an dernier par le Little Caesars Arena et sera démoli.

BB&T Center (Floride) - 1 Panthers Parkway, Sunrise
Comme les Panthers sont les seuls tenanciers de cet endroit au milieu de nulle part dans le sud de la Floride, le chemin pour s'y rendre porte le nom de cette équipe...

Centre Bell (Montréal) - 1909, Avenue des Canadiens-de-Montréal
Depuis le premier décembre 2010, la portion de le rue de la Gauchetière entre Peel et de la Montagne se nomme avenue des Canadiens-de-Montréal. Le Centre Bell, pour sa part, porte le numéro représentant l'année de fondation de l'équipe... Mais ça, je crois que vous le savez...




Centre Canadian Tire (Ottawa) - 1000 Palladium Drive, Kanata
J'ai mis l'arena des Senators non parce qu'elle remplit les critères (quoique Palladium a été son premier nom), mais simplement pour dire que la rue adjacente au Centre Canadian Tire se nomme Cyclone Taylor Blvd, et tout près, on trouve Frank Finnigan Way, en honneur du dernier membre vivant de la dernière équipe championne des Senators de 1927.  Donc je l'ai inclus pour cette raison... 

Enterprise Center (auparavant Scottrade Center, St-Louis) - 1401 Clark Avenue
L'aréna des Blues est situé sur Clark Avenue, mais on a symboliquement nommé la portion devant le Scottrade Center Brett Hull Way


Rogers Arena (Vancouver) - 800 Griffiths Way
Frank Griffiths a été propriétaire des Canucks de 1974 à 1988 et son fils Arthur l'a été de 1988 à 1997.


samedi 3 mars 2018

L'ADN d'un but #2 : Charles Hudon



Nous revoici donc avec une nouvelle entrée dans la série "L'ADN d'un but''. Si vous avez manqué ma première expérience avec ce concept, cliquez ici pour la définition complète et l'origine du concept. Mais en bref, depuis que la ligue a ajouté les sommaires de tous les matchs de son histoire sur son site web, un usager de Twitter s'en est servi pour inventer le concept du ''GoalDNA'' qui consiste à choisir un joueur et découvrir contre quel gardien il a marqué son premier but dans la LNH. On fait la même chose avec le gardien en question et on va voir contre quel joueur il s'est fait marqué pour la première fois. On répète ensuite le processus jusqu'à ce que la chaîne s'arrête. 

Donc pour mon deuxième "Goal DNA" j'ai décidé de prendre un des seuls moments que j'ai trouvé excitant durant cette autre saison schizophrène du Canadien, soit le premier but en carrière de Charles Hudon le 30 octobre dernier contre les Sénateurs d'Ottawa. Ce but m'a particulièrement fait chaud au cœur car Hudon est originaire d'Alma, ma ville natale, et il s’agissait par le fait même du premier but par un almatois depuis la retraite de Mario Tremblay en 1986. On peut donc dire que ça n'arrive pas souvent et que ça méritait d'être célébré sous forme d'une ADN...

Allons-y donc. Je vous avertis, c'est assez long...



Comme je disais, Hudon ne l'avait pas volé lors de cette victoire de 8-3 en octobre 2017. C'était à une époque lointaine où on avait toujours en tête la notion d'espoir et de plaisir en regardant jouer le Canadien. Hudon s'était même permis d'en marquer un deuxième pour l'occasion en plus d'amasser une passe. Comme premier gardien dans cette ADN, on retrouve un vétéran en la personne de Craig Anderson qui s'est d’ailleurs fait sortir du match après le 6e but du Canadien.



Maintenant âgé de 36 ans, Anderson joue à Ottawa depuis la fin de la saison 2010-11. Avant ça vous vous rappelez peut-être de lui en tant que membre de l'Avalanche où il jouait jusqu'à son échange à Ottawa. Si je ferme les yeux et que je me concentre assez fort, je me rappelle aussi de lui avec les Panthers. Mais j'avoue n'avoir aucun souvenir de lui en tant que Blackhawks où il a pourtant débuté sa carrière et joué durant l'espace de trois saisons. Il faut dire que c'était durant l'époque oubliable pré-Jonathan Toews et Patrick Kane à Chicago. C'était plutôt l'époque des Blackhakws de fond de classement avec Alexei Zhamnov et Kyle Calder et Martin Lapointe en chandail noir.

Tyler Arnason...

Bref, tout ça pour dire que c'est à Chicago que Anderson a commencé et où il a alloué son premier but le 1er décembre 2002. On fait donc un bond de 15 ans en arrière.



Le premier à déjouer Anderson? Nul autre qu'un joueur fraîchement intronisé au temple de la renommée, l’ex-capitaine des Mighty Ducks, Paul Kariya. Il en était alors à sa dernière saison à Anaheim en 2002-03 et il les aida à se rendre en finale de la Coupe mais comme on le sait, il frappa un mur…

Avant ces moments déplaisants, Kariya fut le premier choix de l'histoire de l'équipe en 1993 mais on dut attendre jusqu'à la saison écourtée de 1995 pour assister à ses débuts. C'était dans le temps qu'on retrouvait toujours des Whalers, des Nordiques et des Jets. C'est justement contre les Jets de Winnipeg (version 1.0) que Kariya a marqué son premier but lors d'une victoire de 4-3 le 21 janvier 1995.

Quand on se souvient du Kariya des beaux jours (et non pas celui de l'après Scott Stevens) on l'imagine en compagnie de Teemu Selanne avec qui il formait un des duos les plus électrisants de l'époque. Cependant lors de ce match de janvier 1995, les deux n'étaient pas encore coéquipiers et Selanne a d'ailleurs marqué son premier de la saison quelques minutes seulement avant celui de Kariya...



La première victime de Kariya était l'ancien gardien déchu des Red Wings, Tim Cheveldae, qui s'est d'ailleurs fait sortir de ce match et remplacé par un jeune Nikolai Khabibulin. Cheveldae était auparavant le gardien numéro un des Red Wings avant de se faire remplacer par Chris Osgood (voir article du 16 septembre 2017). Il jouait à Detroit depuis 1989 lorsqu'il fut rappelé en cours de saison pour disputer ses deux premiers matchs en carrière.

Son premier match eut lieu le 2 février 1989 contre les futurs champions quelques mois plus tard, les Flames de Calgary et leur excellent marqueur suédois Hakan Loob, qui fait partie de notre Top 100 des joueurs aux noms les plus drôles de l'histoire de la LNH.



Loob fut donc le premier à déjouer Cheveldae et il ajouta aussi 2 passes durant ce match. Après la conquête de 1989, il décida de retourner en Suède après six saisons passées en Amérique du nord. La saison d'avant, il avait terminé avec 106 points dont 50 buts, devenant d'ailleurs le premier (et à ce jour le seul) suédois à marquer 50 buts en une saison dans la LNH.

On revient 6 ans en arrière soit durant la saison 1983-84 pour retracer le premier but de Loob qui eut lieu lors de son premier match à vie le 5 octobre 1983 contre les Canucks de Vancouver et leur gardien emblématique des années 80, Richard Brodeur.

Brodeur était originalement un choix de repêchage des Islanders de New York en 1972 lors de leur entrée dans la ligue nationale mais il opta plutôt de jouer dans l'association mondiale avec les Nordiques de Québec. C'est un des seuls membres des Nordiques de l'AMH à avoir joué durant toutes les saisons de l'équipe. Il était aussi leur gardien numéro un lors de la conquête de la coupe AVCO en 1977.

Malheureusement je n'ai pas accès aux sommaires de l'histoire de l'AMH donc pour le premier but accordé de la carrière professionnelle de Brodeur on doit se rabattre sur son premier dans la LNH, chose qui arriva durant la saison 1979-80 après la fusion de l'AMH et de la LNH. Les Nordiques ont d'ailleurs fait un drôle de move lors de la protection de leurs joueurs après la fusion. Ils protégèrent d'abord Brodeur mais l'échangèrent quelques semaines plus tard aux Islanders, l'équipe qui détenait ses droits à l'origine, contre un autre gardien du nom de Goran Hogasta (voir texte du 23 septembre 2009).




Les Islanders étaient déjà "loadés" en matière de gardien de buts avec Billy Smith et Chico Resch donc Brodeur vit peu d'action en 1979-80 et joua la majorité de la saison dans la ligue centrale. Les Islanders le rappelèrent le temps de seulement 2 matchs. Après la saison et leur première conquête de la coupe Stanley (sans Brodeur), ils l'échangèrent aux Canucks où il pu finalement jouer davantage.

Donc c'est techniquement en tant qu'Islander que Brodeur joua son premier match dans la LNH et qu'il alloua son premier but. C'était le 27 février 1980 contre... les Nordiques! J'imagine que l’entraîneur Al Arbour voulait faire plaisir à son gardien en l'envoyant jouer contre son ancienne équipe. Il remporta d'ailleurs le match 5-3 mais ce fut son seul match complet en tant qu'Islander.

Il eut du succès immédiatement avec les Canucks mais il retrouva les Islanders sur son chemin une fois de plus lors de la finale de 1982.



Le premier à avoir déjoué Brodeur dans la LNH était donc un ancien coéquipier, Réal Cloutier des Nordiques (voir texte du 13 oct. 2014). Comme Brodeur, Cloutier était un choix d'une équipe de la LNH (les Blackhawks) qui a plutôt choisi de jouer dans l'AMH. Il devint un des meilleurs éléments offensifs des Nordiques où il continua de jouer après la fusion avec la LNH jusqu'à ce qu'il soit échangé aux Sabres en 1983.

Comme Brodeur, on ne peut pas compter son parcours dans l'AMH dans cette chaîne et son premier but en carrière eut donc lieu lors de cette même saison 1979-80. Dans son cas ce fut une entrée fracassante alors qu'il compléta un tour du chapeau lors de son premier match, également le premier des Nordiques dans la LNH, le 10 octobre 1979. Malheureusement il fut le seul compteur de son équipe alors que le fameux Goran Hogasta alloua 5 buts contre les Flames D'Atlanta et les Nordiques perdirent ce premier match.



Contrairement aux deux autres avant lui dans la chaîne, Daniel Bouchard n'a jamais été tenté par l'AMH alors qu'il jouait avec Atlanta depuis leur arrivée en 1972. Il s'imposa rapidement comme leur gardien numéro un et un de leurs meilleurs joueurs durant le reste de la décennie. Il porta à peine le nouvel uniforme des Flames lors de leur première saison en Alberta en 1980-81 et fut échangé aux Nordiques après 14 matchs.

Bouchard nous fait donc faire un bond de sept ans en arrière jusqu'à la première saison d'existence des Flames à Atlanta en 1972-73. Sa saison recrue fut surprenamment sa seule saison perdante à Atlanta avec une fiche de 9-15-10. Son premier match en carrière était lors du deuxième match de l'histoire de la concession, une défaite de 5-3 conte les Sabres de Buffalo le 8 octobre 1972. Et le premier but marqué contre Bouchard fut marqué par un certain Jim Lorentz qui en ajouta un deuxième quelques minutes plus tard lors de la même période.



Pas le nom le plus connu ici dans cette chaîne mais Jim Lorentz était un bon routier dans les années 70. Il avait débuté dans la LNH en 1968-69 avec les Bruins de Boston où il fut un joueur de soutien pendant deux saisons incluant leur parcours vers la coupe Stanley en 1970. Il bondit d'équipe en équipe par la suite avant d’atterrir à Buffalo où il connut ses meilleures saisons.

Mais revenons à Boston le 2 mars 1969 lorsque Lorentz fut amené en renfort pour la fin de la saison. Il avait auparavant brûlé la ligue centrale et malgré son rappel à Boston, il gagna le trophée du joueur le plus utile de la CHL. Il avait également été élu recrue par excellence l'année d'avant. C'est le gardien Joe Daley des Penguins de Pittsburgh qui alloua le premier but de Lorentz lors d'une victoire de 4-0 des puissants Bruins.



Le suivant dans la chaîne est donc Joe Daley, un des nombreux gardiens qui croupissaient dans les mineures dans le temps des "Original 6" et qui a su profiter de la grande expansion de 1967 pour s’établir dans la LNH. Mais après avoir fait trois équipes en quatre saisons, il décida de se joindre aux Jets de Winnipeg dans l’AMH où il fut le gardien numéro un pendant plusieurs saisons et où il joua jusqu'à la fin de l'AMH en 1979.

Comme Lorentz avant lui dans la chaîne, il en était aussi à sa première saison en 1968-69. Dans son cas c'était toutefois au début de la saison soit le 13 novembre 1968 qu'il fit ses débuts contre les Black Hawks. Dans le sommaire de ce match, on retrouve plusieurs joueurs célèbres des Black Hawks mais le suivant dans l'ADN est plutôt un de ceux qui jouaient dans l’ombre des Hull et des Mikita à Chicago.



Nous sautons donc le reste des années 60 et une bonne partie des années 50 avec notre prochain joueur. Kenny Wharram était avec l’équipe depuis 1951 mais il passa la majorité des années 50 dans les mineures avant de s’établir pour de bon avec l’équipe en 1958-59. À partir de là, il fut un des piliers de l’équipe, surtout lorsqu’il fut jumelé à Stan Mikita. C’était un joueur qui semblait plutôt s’améliorer en vieillissant mais cette saison 1968-69 fut sa dernière en carrière après avoir été victime d’un virus cardio-vasculaire.

Wharram mit du temps à s’établir à Chicago et son premier but en carrière semblait à un moment être le seul qu’il marquerait dans la LNH. C'était lors de la saison 1953-54 où il joua une trentaine de matchs sans vraiment se démarquer (ni marquer). Mais lors de l’avant dernier match de la saison il s’éclata avec 1 but et 4 passes dans une dégelée de 7-0 contre les Bruins. Les Blackhawks de l’époque étaient pourtant assez mauvais. Ils terminèrent d'ailleurs cette saison 53-54 au dernier rang avec une fiche de 12-51-7. Ils n'ont fait les séries qu'une seule fois entre 1946 et 1958 et je vous rappelle qu’il y avait seulement 6 équipes dans ce temps-là…

À mon avis, les Bruins tentaient de se reposer avant le début des séries en ce soir du 19 mars 1954 et Wharram en profita pour déjouer “Sugar” Jim Henry et obtenir son premier en carrière et 5 de ses 8 points de la saison. Il dut attendre quatre ans dans les mineures avant de marquer son deuxième.



Nous faisons un autre saut important, soit 13 ans en arrière avec Sugar Jim Henry. Ce dernier est davantage immortalisé dans l’histoire de la LNH grâce à cette célèbre photo vue plus haut datant de 1952 où il s’incline devant Maurice Richard après que celui-ci l’ait déjoué en prolongation. Henry est aussi reconnu comme ayant fait partie du premier véritable duo de gardiens avec Chuck Rayner alors qu’il évoluait avec les Rangers dans les années 40. Auparavant, les équipes n'utilisaient rarement plus qu’un gardien dans leur alignement mais l’entraîneur Frank Boucher des Rangers fut le premier à vraiment opter pour un tandem de gardiens sur une base régulière.

Henry débuta avec les Rangers comme gardien numéro un en 1941 et son premier match fut une victoire de 4-3 contre les Maple Leafs le 1er novembre 1941. Le premier à l’avoir déjoué est un autre membre du temple de la renommée, le premier dans cette chaîne depuis Kariya.



Né en Russie, Sweeney Schriner émigra en Alberta à l’age de seulement un mois. Il est plus connu en tant que Maple Leafs où il remporta deux coupes Stanley mais il fit ses débuts dans la LNH en 1934 avec les défunts Americans de New York où il fut nommé recrue de l’année. Plus tard, les pauvres Americans qui en arrachaient à l’époque, échangèrent Schriner aux Maple Leafs contre un package de 5 joueurs. C’était d’ailleurs la première fois que l’on voyait un échange d’une telle magnitude. Auparavant la plupart des échanges étaient des un contre un ou au maximum deux contre un mais un cinq contre un c’était du jamais vu.

Pour le premier but de Schriner, on remonte alors au 22 novembre 1934 lors d’une rencontre très patriotique entre les Americans et les Canadiens. C’est avec 1 but et 2 passes que Schriner récolta ses premiers points en carrière aux dépens de Wilf Cude, le gardien au plastron géant.

Avant de s’établir à Montréal au sein d’une équipe très faible, Cude était le remplaçant de service à travers la NHL. Il était souvent appelé à dépanner plusieurs clubs en situation d’urgence et fut prêté, loué ou vendu à plusieurs occasions. À une époque où la ligue comptait 9 équipes, Cude joua pour 5 d’entre elles. Il n'a connu la stabilité seulement qu’en 1934 lorsqu’il s'installa pour de bon à Montréal (voir texte du 27 mai 2011).

Sa première saison fut toutefois une saison complète au sein des minables Quakers de Philadelphie. On est alors en plein climat de récession et de dépression ici lors du premier match de Cude le 16 décembre 1930. Si vous ne connaissez pas les Quakers et bien il s’agit d’une des plus éphémères franchises de l’histoire de la LNH (voir texte du 28 janvier 2009). Ils étaient originalement connus sous le nom des Pirates de Pittsburgh où il jouaient depuis 5 ans avant d’être forcé de déménager à cause de la dépression. Les Quakers furent encore pires que les Pirates. Ils durent même attendre trois matchs avant de marquer leur premier but. Ils terminèrent leur seule saison avec une fiche de 4 victoires, 36 défaites et 4 matchs nuls. Un des pires pourcentages de l’histoire de la ligue.

Cude pour sa part, termina la saison avec seulement 2 victoires. Son premier match fut le 16 décembre 1930 mais ici on retrouve une ambiguïté dans la chaîne parce c’est répertorié qu’il n’était pas le gardien partant chez les Quakers ce soir-là. Il s'agissait plutôt d'un certain Joe Miller. Quand on consulte attentivement le sommaire, il est indiqué que Cude a joué 55 minutes durant ce match et que Miller a joué seulement 5 minutes. Les statistiques de ces anciens matchs demeurent quand même assez incomplètes (on est même assez choyé d’avoir le sommaire des buts) et je crois que les minutes ont été arrondies ici.



Le premier but du match eut lieu à 4:12 en première période par un dénommé Charley McVeigh des Americans. Est-ce que Miller s’est fait sortir du match après ce premier but? S’il était définitivement le gardien partant, ça voudrait dire que c’est non McVeigh qui marqua le 1er but contre Cude comme je le croyais mais çe serait plutôt Normie Himes qui marqua le deuxième but du match en deuxième période.

Je voulais accorder le bénéfice du doute à la ligue et y aller avec Himes mais mon collègue keithacton est une machine de guerre et il a trouvé cet article du journal "La Patrie" décrivant cette partie entre les Quakers et les Americans...

Ce fascinant document d'archive nous démontre, avec le langage coloré des descriptions de matchs de l'époque, que Cude a plutôt été envoyé dans le match en deuxième période, quelques minutes après le deuxième but des Americans et non pas après 5 minutes en première.

Merci keithacton.

J'en reviens donc alors à Charley McVeigh, mon joueur original dans ma chaîne qui en plus de marquer le premier but du match, en marqua un deuxième durant la troisième période qui est définitivement le premier but accordé par Cude.



Charley "Rabbit" McVeigh, était originalement un produit de la ligue de l'Ouest (WCHL) où il fut une vedette pendant quatre saisons, premièrement avec les Capitals de Regina et ensuite les Rosebuds de Portland. La WCHL ferma les livres en mai 1926 et l'équipe des Rosebuds fut achetée au complet par les nouveaux Blackhawks de Chicago dans la LNH.

Il marqua son premier but en carrière lors du premier match de l'histoire des Blackhawks le 17 novembre 1926, une victoire de 4-1 contre les St-Pats de Toronto.

Il joua plus tard pour les Americans jusqu'à sa retraite en 1936. Il devint ensuite juge de ligne.



(Malheureusement ça ne se fait plus de nos jours de porter un uniforme avec une lettre à l'envers)

Le gardien John Ross Roach, surnommé le "Petit Napoléon" en raison de sa petite taille (5' 5") et de son tempérament bouillant, fut la première victime de McVeigh dans la LNH. Il débuta sa carrière avec les St-Pats de Toronto en 1921-22 et il les mena à la conquête de la Coupe Stanley lors de cette saison recrue. Les saisons suivantes furent bonnes mais moins glorieuses et il passa aux Rangers en 1928. Il joua plus tard avec les Red Wings où il fut nommé sur la première équipe d'étoiles en 1933.

Son premier match eut lieu le soir de Noël 1921 et le premier à le déjouer est un dénommé Mickey Roach des Tigers d'Hamilton. J'ai vérifié et il ne semble pas y avoir de lien de parenté entre les deux Roaches.


Mickey Roach est un des premiers joueurs issus des États-Unis à s'établir dans la LNH, bien qu'il soit né en Nouvelle-Écosse, sa famille déménagea à Boston quand il était enfant. Il joua dans différentes ligues professionnelles du nord-est des États-Unis mais il revint finalement au Canada en 1918 et s'aligna avec les Tigers d'Hamilton, alors un club sénior. Il joignit les rangs des St-Pats de Toronto pour la saison 1919-20 et sans être une grande vedette, il fut tout de même un marqueur constant durant sa carrière. Il joua plus tard avec les Tigers (dans la LNH) et les Americans de New York. (Beaucoup d'ex-Americans dans cette chaîne)

Le premier but en carrière pour Roach eut lieu le 27 décembre 1919 contre un autre club éphémère, les Bulldogs de Québec.


Les Bulldogs, anciens champions de la Coupe Stanley en 1912 et 1913, connurent des jours moins heureux après ces deux conquêtes. Un des clubs fondateurs de la LNH en 1917, ils ne purent toutefois mettre un club sur la glace, faute de moyens financiers, jusqu'à cette saison 1919-20, une saison de misère qu'ils terminèrent au dernier rang avec 4 victoires et 20 défaites. Après cette seule saison, le club déménagea à Hamilton et devint les Tigers.

Probablement le joueur le plus obscur dans cette chaîne (j'hésitais même sur l'authenticité de sa photo), le gardien Frank Brophy était un athlète de haut niveau dans les rangs amateurs de Montréal. Il se dénicha un poste avec les Bulldogs pour leur première saison dans la LNH mais ce fut sa première et dernière saison dans la LNH. Il détient toujours quelques records de médiocrité dont le record pour le plus de buts alloués dans un match avec 16 (!) lors d'un match contre les Canadiens. C'est aussi contre Newsy Lalonde et le Canadien qu'il alloua son premier but, lors du premier match de la saison, le soir de Noël 1919 (on jouait souvent à Noël à l'époque). Il s'agissait alors d'une autre dégelée (12-5) subie par Brophy et les Bulldogs, la première de plusieurs...

Il ne fit pas le transfert à Hamilton la saison suivante et mourut en 1930 à l'âge de seulement 29 ans. On raconte qu'il ne se serait jamais remis d'une blessure à la poitrine subie suite à un lancer de Didier Pitre du Canadien et qu'il avait la santé fragile et des problèmes au coeur depuis ce temps.




Comme lors de l'ADN du premier but de Sidney Crosby, on aboutit ici également à la première soirée d'activité dans la LNH soit le soir du 19 décembre 1917. On retrouve bon nombre de légendes immortelles lors de ce premier match et ça nous fait changement des derniers joueurs obscurs des Bulldogs, Tigers, Americans et Quakers vus précédemment. D'ailleurs je ne me suis pas encore remis de l'histoire de Brophy.

Mais bref je ne vous présenterai pas Lalonde, si ce n'est qu'il s'agissait d'une des premières vedettes offensives de l'histoire du club. Il était d'ailleurs présent lors du premier match du club dans l’ancêtre de la LNH, la NHA, en 1909. Il marqua son premier dans la LNH contre le gardien Clint Benedict quelques minutes après que ce dernier ait accordé le premier but du match et son premier but accordé en LNH.


Benedict, un autre membre du temple dans cette chaîne, est un grand innovateur oublié de l'histoire de la LNH. Bien avant Jacques Plante, c’est lui qui porta un masque en premier dans l’histoire de la LNH soit pour quelques matchs vers la fin de sa carrière en 1930. C’est aussi lui le premier gardien qui se laissait tomber sur la glace pour faire des arrêts, une chose qui était interdite à l’époque mais qui fut rapidement changée grâce à Benedict qui est donc le dernier gardien de cette chaîne.

J’aimerais ici faire une parenthèse car oui il s’agissait du premier soir d’activité dans la LNH mais on retrouvait également un autre match à l'affiche ce soir là entre les deux autres équipes de la ligue, les Arenas de Toronto et les Wanderers de Montréal. Il est donc difficile de savoir qui marqua le véritable premier but de l’histoire de la LNH car aucun document d'archive ne démontre l'heure exacte du commencement de ces matchs. C'est d'ailleurs un point qui fut longtemps débattu par les historiens mais tout semble porter vers le match des Wanderers comme étant le match qui eut lieu le plus tôt et où aurait eu lieu de premier but de la LNH par un certain Dave Ritchie. Mais ce sujet peut attendre à plus tard. Dans le cas qui nous occupe ici, c’est Joe Malone des Canadiens qui marqua en premier contre Benedict et qui conclut cette chaîne.

Malone, un autre membre du temple, était alors un prêt fait par les Bulldogs qui n’avaient pas assez d’argent pour participer aux débuts de la LNH à ce moment-là. Il était probablement le meilleur marqueur de son époque et termina cette première saison comme champion marqueur de la ligue avec 44 buts en seulement 20 matchs. Si on transposait ce ratio de buts par match sur une saison de 82 matchs, il en aurait marqué 180, soit presque le double du vrai record de buts en une saison de 92 de Wayne Gretzky.





C’est donc ainsi que se conclue cette ADN du premier but de Charles Hudon. Son premier but marqué contre les Sénateurs en octobre dernier a donc des racines presque centenaires jusqu’au 1er but de l’histoire de l’équipe (dans la LNH bien sûr) et il fut aussi marqué contre les Sénateurs (1re version). On pourrait bien sûr remonter plus loin avec l’ancêtre de la LNH, la NHA où jouaient d’ailleurs Benedict et Malone entre autres. Mais malheureusement je n’ai pas (encore) accès aux sommaires de ces matchs alors on devra se contenter de ça pour l’instant.

Si vous avez des suggestions pour de nouveaux joueurs à faire dans le futur, n'hésitez pas à nous faire part de vos commentaires.


Sources:
Quebecbulldogs.com
CBC
Hockey DB
Eliteprospects
Greatest hockey legends
hockeygods