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dimanche 27 juillet 2025

Jimmy Hoffa veut se mêler de hockey


 

Jimmy Hoffa est né en Indiana en 1913. Son père, qui était mineur dans une mine de charbon, est décédé d’une maladie pulmonaire, alors que le jeune Jimmy n’avait que 7 ans, laissant sa mère seule pour s’occuper de ses quatre enfants. Ils déménagèrent ensuite à Détroit. À l’âge de 14 ans, il alla travailler pour aider sa famille. 

Dès le début, Hoffa eut des revendications dans le cadre de son emploi dans un entrepôt d’épicerie. Ses activités syndicalistes lui causèrent du tort, ce qui résulta en son départ de l’endroit. Il devint alors organisateur pour les Teamsters pour la section des conducteurs de camion. 

Charismatique, mais sans émotion et prêt à tout pour faire avancer ses causes, Hoffa monta les échelons des Teamsters tout en créant des liens avec le crime organisé et en utilisant la corruption. En 1957, il devint président des Teamsters.

Lorsqu’en 1961, John F. Kennedy devint président des États-Unis, il nomma son frère Robert comme procureur général, qui s’attaqua au crime organisé. Ce dernier eut Hoffa et ses activités douteuses dans sa ligne de mire. En décembre 1962, il fut accusé. 

En mai 1963, il fut accusé à nouveau, cette fois pour avoir tenté de corrompre les membres du jury. Condamné à 8 ans de prison, il enfila les appels, puis d’autres procès, en avant de finalement prendre le chemin de la prison en mars 1967, pour des peines combinées de 13 ans, suite à des condamnations pour corruption et fraude. 

À noter qu’entretemps, John Kennedy fut assassiné en novembre 1963. Il y eut une multitude de théories qui circula à ce sujet et l’une d’elle impliquait Jimmy Hoffa. 

Hoffa ne purgea toutefois pas l’entièreté de sa peine, puisqu’il fut gracié par le président Nixon en décembre 1971, avant que les Teamsters n’appuient ce dernier lors de l’élection de 1972. 

Il tenta ensuite un retour chez les Teamsters, même si une clause de sa libération lui interdisait. De plus, en son absence, un autre clan, aussi relié au crime organisé, avait pris sa place. Il y avait donc de la résistance à plusieurs niveaux. 

En juillet 1975, Hoffa disparut. Aucune enquête ne parvint à élucider le mystère, mais même aujourd’hui, une quantité de théories tout aussi scabreuses les unes que les autres, demeure. L’une prétend même qu’il aurait été enterré sous le troisième but du Milwaukee County Stadium, l’ancien stade des Brewers, maintenant démoli. Son fils prétend à ce jour que son successeur, Frank Fitzsimmons (aujourd’hui décédé) et la mafia de Détroit sont responsables de sa disparition. Hoffa fut déclaré juridiquement mort en juillet 1982. 

En 1992, un film lui fut consacré, avec Jack Nicholson dans le rôle-titre. 

Avec une histoire semblable, la présence de Jimmy Hoffa était aux antipodes des relations de travail paternalistes de la Ligue nationale de hockey. Pourtant, il s’y est intéressé. 

En février 1966, il affirma son intention de former un immense syndicat pour regrouper les joueurs de baseball, de football, de basketball et de hockey. À titre de rappel, à ce moment, Hoffa était au milieu de ses nombreux procès et appels dignes d’un malotru. 

Le tout aurait commencé alors que des joueurs des Lions de Détroit, insatisfaits de leur salaire, invitèrent un de ses assistants, Charlie O’Brien, à l’une de leurs rencontres. L’équipe appartenait alors à William Clay Ford, de la famille du manufacturier automobile du même nom. Ayant expérimenté des relations de travail difficiles avec des syndicats, sa réaction fut vive. 

Joe Foss, le commissaire de l’American Football League (pas encore amalgamée avec la NFL) tourna le projet en dérision. Jouant avec la perception que les joueurs étaient des privilégiés, il affirma qu’Hoffa pourrait tout aussi bien syndiquer les présidents d’entreprise. 

O’Brien affirma que les salaires n’étaient pas aussi importants que les gens pensaient. De plus, les fonds de pension et la sécurité d’emploi d’athlètes pouvant subir d’importantes blessures demandaient des rectificatifs. Il faut aussi garder en tête que les revenus de télévision étaient à ce moment en forte croissance, ce qui entraînait de nouveaux enjeux.

Joe Cronin, le président de la Ligue américaine de baseball, affirma de son côté que cette syndicalisation n’était vraiment pas nécessaire, puisque les relations de travail étaient très bonnes et que le fonds de pension était à ses yeux enviable. 

Milt Pappas, un lanceur qui avait servi pendant trois ans comme représentant des joueurs pour les Orioles de Baltimore, était originaire de Détroit. Il avait aussi la particularité d’être allé à l’école secondaire et d’avoir été ami avec Jimmy Jr. S’étant déjà rendu chez lui, il n’eut que de bons mots pour Jimmy Sr. Pourtant, il affirma que les joueurs du baseball majeur auraient été fous de se syndiquer, mentionnant que les relations de travail étaient bonnes, qu’elles n’avaient pas besoin d’être formalisées par une syndicalisation et que les joueurs étaient ceux qui connaissaient le mieux leur situation. De plus, une potentielle grève lui paraissait inimaginable. 

Quant au hockey, le président des Rangers, Bill Jennings affirma que pour qu’il y ait syndicalisation, il fallait qu’il y ait des mécontents. À sa connaissance, il n’y en avait aucun. Il faut aussi se rappeler que lors de la précédente tentative de former une association des joueurs, la réaction des propriétaires, déjà catégorique, ne fut qu’exacerbée lorsqu’on invoqua la possibilité d’un réel syndicat. Et pourtant, à ce moment, il n’était pas question de l’implication de quelqu’un avec une réputation sulfureuse comme Jimmy Hoffa.

C’est finalement au début de 1967 que l’association des joueurs de la LNH (et non un syndicat) fut formée. Hoffa fut finalement emprisonné quelques semaines plus tard. Comme président, on choisit quelqu’un de moins controversé, l’agent de joueur Alan Eagleson. Par contre, quelques décennies plus tard, ce même Eagleson eut un point en commun avec Hoffa, soit celui d’avoir fait de la prison pour fraude… 

Et même sans statut de syndicat en place, la NFL et le baseball majeur vécurent plusieurs grèves lors des années suivantes. 

Sources : 

Brunt, Stephen, Searching for Bobby Orr, Vintage Canada, Toronto, 2007, page 191, 

″Between Whistles″ de Jack Dulmage, February 5, 1966, Windsor Star, page 22, 

″Leaders deride Teamsters’ plan; Hoffa union may organize sports stars″, AP, February 5, 1966, Windsor Star, page 22, 

″Hoffa veut syndiquer le sport professionnel″, UPI-PA, February 5, 1966, La Presse, page 16, 

″Pappas : We’d have to be crazy″ de Milton Richman, UPI, February 8, 1966, Windsor Star, page 18, 

″Jimmy Hoffa, l’omnipuissant patron du syndicat des Teamsters américains″ de Karine Prémont, 7 juin 2019, Aujourd’hui l’histoire, Ohdio (ici.radio-canada.ca), 

″Jimmy Hoffa may be buried at site of demolished MLB stadium : cold case group″ de Andrew Mark Miller, November 1st, 2023, Fox News (foxnews.com), 

″Jimmy Hoffa’s disappearance remains most famous, unsolved mysteries – but there is anew theory″ de Rich Calder, July 26, 2025, New York Post (nypost.com), 

″Jimmy Hoffa’s son : Who killed my dad, why, and what it did to my family″ d’Eric Shawn, July 26, 2025, Fox News (foxnews.com), 

wikipedia.org.

 

vendredi 27 septembre 2024

Pete Stemkowski



C’est suite à une suggestion de notre fidèle lecteur Jellos que j’ai mis le nom de Pete Stemkowski sur ma liste de sujets potentiels. Quelques mois plus tard, nous y voici.

Stemkowski date de l’époque d’avant le repêchage. Les équipes repéraient des jeunes espoirs, pour ensuite les envoyer dans un de leurs clubs affiliés. Originaire de Winnipeg, il fut remarqué par les Maple Leafs, qui l’envoyèrent ensuite avec les Marlboros de Toronto. C’est d’ailleurs dans leur uniforme qu’il remporta la Coupe Memorial en 1964, dans une équipe qui comprenait entre autres Brit Selby, Ron Ellis, Mike Walton et Gary "Suitcase" Smith.

Stemkowski prit ensuite un certain temps à se tailler une place avec les Leafs puisque l’équipe comptait sur plusieurs vétérans. Il fit alors des allers-retours entre Toronto et Rochester, dans la Ligue américaine. C’est toutefois avec ce même groupe de vieux routiers, comme Johnny Bower, Marcel Pronovost, Red Kelly et Tim Horton, qu’il remporta la Coupe Stanley en 1967.

OPC #25 - Chandail javellisé
Il amorça la saison suivante avec Toronto, mais au mois de mars, il fut impliqué dans une transaction majeure, alors qu’il prit le chemin de Détroit avec Frank Mahovlich et Garry Unger. Ce sont Paul Henderson, Floyd Smith et Norm Ullman qui prirent le chemin inverse.

Joueur de centre qui jouait dans les deux sens de la patinoire, Stemkowski eut de bonnes saisons à Détroit, marquant 21 buts en 1968-69 et 25 buts en 1969-70. Les Wings entraient toutefois dans une longue période de déclin et d’instabilité. Pour la saison 1970-71, Détroit pensa avoir trouver une solution en embauchant Ned Harkness comme entraîneur. À une époque où le parcours universitaire était rare, autant pour les joueurs que pour les entraîneurs, Harkness venait de l’Université Cornell.

En plus d'une approche destinée à une jeune équipe, Harkness arriva avec ses idées innovatrices, peut-être même trop. En effet, tenter de faire jouer Gordie Howe à la défense n’était probablement pas la meilleure idée. Les résultats ne furent pas au rendez-vous et Harkness se mit ainsi à dos certains vétérans.
OPC #182 - Tête transplantée

Stemkowski, un éternel blagueur, se mit alors à se payer la tête de son entraîneur. La goutte qui fit déborder le vase fut lorsqu’il se mit une casquette de Cornell sur la tête et se mit à faire des chants de ralliement typiques du milieu scolaire. ″Donnez-moi un C! Donnez-moi un O! Donnez-moi un R!...″ Harkness en fut insulté. Selon ce qui a été rapporté, il aurait alors demandé au directeur-gérant Sid Abel ″Get rid of that dumb Polack.″ (traduction libre : Débarrasse-toi de ce crétin de pollock.) Le 31 octobre 1970, Stemkowski fut alors expédié aux Rangers, en retour de Larry Brown.

Comme il a été échangé au cours de la saison 1970-71, il lui est arrivé quelque chose de plutôt rare à cette époque. Pour une raison obscure, O-Pee-Chee lui a produit deux cartes (régulières) différentes avec deux photos différentes. Et dans les deux cas, il s’agissait de photos cocasses : une avec une photo fantôme (dans l’uniforme des Red Wings mais où on a enlevé le logo), et l’autre avec l’uniforme des Rangers où on a collé une ″tête ballon″ de Stemkowski.

Celui qu’on surnommait ″Stemmer″ s’intégra bien avec les Blueshirts. Après avoir connu une période misérable, New York reprenait vie avec des joueurs comme Jean Ratelle, Rod Gilbert, Vic Hadfield et Brad Park. À sa première saison dans la grosse pomme, les Rangers remportèrent une première série en 21 ans, lorsqu’ils ont battu les Leafs. Au deuxième tour, Stemkowski fit tout ce qu’il put lorsqu’il marqua un but en première prolongation et un autre en troisième. Malgré ces deux victoires qu’il leur offrit, ce suffit insuffisant pour les Blueshirts, qui s’inclinèrent en sept matchs. Ce sont finalement les Black Hawks qui sont allés se faire battre par Montréal en finale.

Ce ne fut que partie remise, car en 1971-72, les Rangers atteignirent la finale pour la première fois depuis 1950. Ils se sont toutefois inclinés contre les Bruins. Sur une base individuelle, Stemkowski marqua 22 buts, un total qui sera suivi par un de 25 et un autre de 24 buts lors des saisons qui suivirent.

Après avoir joué dans des marchés de hockey plus traditionnels, Stemkowski signa comme agent libre avec les Kings à l’été 1977. Il joua un an en Californie, où il constata que plusieurs personnes ne connaissaient même pas l’équipe. Il y fit par contre connaissance du marché immobilier, où il fit quelques investissements.

Son héritage polonais lui servit lorsqu’il fut choisi pour faire une publicité de Miller Lite, où il faisait des blagues en polonais. Par contre, il y eut des plaintes et celle-ci fut retirée des ondes.

Si Stemkowski était connu pour son côté farceur, il montra en 1982 un autre côté de sa personnalité. Alors qu’il travaillait à la radio au Connecticut, il eut des problèmes avec un associé d’affaires qui lui devait 70 000$. Son beau-frère lui présenta alors quelqu’un à qui Stemkowski offrit 20 000$ pour lui briser au moins une cheville et un poignet. Le problème, c’est que cette personne était en fait un policier anonyme.

Si son beau-frère et ses ″copains″ furent arrêtés pour trafic d’armes, de drogue et pour avoir opéré un réseau de paris, Stemkowski fut accusé de sollicitation criminelle. Il reconnut les faits, exprima des regrets et plaida coupable. S’il était ainsi passible d’une peine pouvant aller jusqu’à quatre ans de prison, il écopa finalement de trois ans de probation, en plus de devoir subir des traitements psychiatriques. Le juge, qui se souvenait de l’avoir vu jouer avec les Rangers, se montra relativement clément envers lui, bien que déçu de le voir dans ces circonstances.

À ce moment, Stemkowski cherchait à revenir dans le monde du hockey et ses mésaventures ont probablement nui à ses projets. Toutefois, le temps passa et il finit par se trouver du boulot, alors qu’il travailla pendant neuf ans aux reportages des matchs des Sharks. Il travailla aussi à temps partiel pendant un moment à la couverture des Rangers.

Sources :

″Rebuilding on the more″ de Jack Dulmage, November 4, 1970, The Windsor Star, page 28,

″Golly Ned, Red Wings Balk At Rah-Rah Coach″ de Bill Heufelder, November 21, 1970, The Pittsburgh Press, page 7,

″Reformation under Barkley″ de Jack Dulmage, January 11, 1971, The Windsor Star, page 18,

″Orr ′special′″ de Ted Blackman, April 12, 1971, Montreal Gazette, page 22,

″Stemkowski voulait son argent″, UPI, 25 mars 1982, La Presse, page S4,

″Stemkowski plaide coupable″, UPI, 12 mai 1982, La Presse, page S12,

″Stemkowski écope″, PC, 23 juin 1982, La Presse, page S16,

″Stemkowski Is Sentenced to Probation″ de Gerald Eskenazi, June 23, 1982, New York Times (nytimes.com), page A22,

wikipedia.org.

vendredi 15 novembre 2013

La fois où Yvon Corriveau...



Je ne connaissais pas cette histoire à propos d'Yvon Corriveau... En fait, je ne me rappelle plus trop d'Yvon Corriveau en dehors du fait qu'il était un joueur moustachu des Whalers qui se la l'est coupée presqu'en même temps que les Whalers sont devenus bleu et est presque disparu du radar du monde du hockey à la même époque...

En fait, une des choses qui est assez intéressante à propos de Corriveau, c'est qu'il joué pour trois équipes en tout, les Capitals, les Whalers et les Sharks, et que ces équipes sont allé le chercher une seconde fois après l'avoir acquis...

Je m'explique...

Yvon Corriveau fut sélectionné en 1985 en première ronde, 19e rang au total, par les Capitals de Washington. La saison suivante, après la saison des Marlies, alors une équipe junior, Corriveau se joint au Caps pour le reste de la saisons. C'est après quelques saisons à se promener entre Baltimore, Washington et l'infirmerie, les Caps lancèrent la serviette et l'échangèrent contre le vétéran gardien Mike Liut. Alors qu'à l'origine on croyait pouvoir faire de Corriveau un marqueur régulier, les Whalers lancèrent à leur tour la serviette deux saisons plus tard et le retournèrent à Washington afin de compléter la portion "considérations futures" de l'échange qui envoya Mark Hunter à Washington en retour de Nick Kypreos.


(Il n'a pas l'air content de jouer avec les Sharks, j'imagine que ce sont les conditions de marde qui ont fait qu'il a dû jouer avec eux qui le remplissent de joie...)

Quelques mois plus tard, les Caps mirent Corriveau au ballottage et fut réclamé par les Sharks. Quelques jours plus tard, les Sharks conclurent un échange avec les Whalers afin d'envoyer Corriveau à Hartford en retour de Michel Picard. Toutefois, règlement étrange, la NHL exigea à Corriveau de jouer 20 matchs avec les Sharks avant de passer aux Whalers. Comble du bout de la marde, après cette vingtaine de matchs, Corriveau retourna à Hartford avec qui il joua une poignée de matchs avant d'être envoyé à Springfield... Il ne retourna jamais dans la NHL après avoir été renvoyé comme une balle de ping-pong par ces trois équipes... Par la suite, Corriveau joua quleques saisons dans la IHL avec le Moose du Minnsota et les Vipers de Detroit avant de prendre la direction de l'Allemagne où il joua jusqu'en 2004...

(Un peu plus gras là-dessus...)

C'est d'ailleurs avant cette dernière saison en Allemagne que la vie de Corriveau prit une curve un peu dramatique... Alors qu'il se trouvait en Suède à l'aube de la saison 2003 pour le camp d'entraînement de l'équipe, lui et un collègue nommé Brad Bergen furent arrêtés et accusés pour le viol d'une femme de 20 ans. Les faits reprochés aux deux joueurs tenaient sur le fait que ladite dame aurait visité les deux hommes dans leur chambre d'hôtel. Corriveau passa 18 jours en prison avant d'être relâché, fautes de preuves que lui et son coéquipier aient violé la femme qui aurait elle-même fait tomber les accusations après quelques jours. Apparemment que la plupart des amis de Corriveau ont été surpris d'apprendre la chose, surtout sa femme qui fit rapidement le chemin entre le Canada et la Suède pour montrer son appuis à son mari...

Plus tard cette saison, les Polar Bears (Eisbären) de Berlin d'inclinèrent en finale de la Deutsche Eishockey-Liga...

vendredi 4 mars 2011

Brian Sakic


Voici une des rares cartes de Brian Sakic, le frère de Joe...







Vous serez un peu supris que le frère de ce grand joueur que fut Joe Sakic, surtout en voyant sa production dans le, n'a jamais joué dans la NHL...

Mais bien avant que Sakic fut repêché par les Capitals de Washington, le cadet des Sakic évoluait avec son grand frère avec les Broncos de Swift Current et le méchant entraîneur Graham James dès de la dernière saison de Joe dans le junior, en 1987-88. En octobre 1989, alors qu'il évoluait toujours avec les Broncos, alors champions de la Coupe Memorial, Brian Sakic et un coéquipier nommé Wade Smith furent accusé d'agression sexuelle sur une jeune fille de 17 ans de Swift Current.

Après que les accusations furent déposées, les deux joueurs furent échangés. Sakic prit le chemin de Tri-City...

Des divergences lors du dépôt de la plainte entre les deux joueurs et la jeune fille firent en sorte que bien qu'elle eu des séquelles physiques suite au geste des deux joueurs, elle fut accusée de méfait public. Lors du procès, beaucoup de temps fut passé à discuter entre les deux versions de l'histoire à savoir si la jeune fille fut consentante...

Le procès des deux joueurs eut lieu en janvier 1990. Je vous épargne les détails de l'histoire car elle est un peu dégradante... La jeune fille fut déclarée non-coupable à ses accusation et le juge adressa un vibrant message aux jeunes joueurs de hockey concernant leur comportement lors de cette soirée d'octobre 1989...

La cause d'agression sexuelle sur Sakic et Smith tomba quelque temps plus tard, au grand déplaisir des gens férus de justice... L'histoire tombe dans l'oubli lorsque celles de l'entraîneur des Broncos Graham James tomba au grand jour quelques années plus tard.

En juin 1990, Sakic fut sélectionné par les Capitals de Washington en cinquième ronde. Il ne jouera jamais dans la NHL. Il passa la majeure partie des années 90 à jouer avec les Generals de Flint dans la Colonial Hockey League/United Hockey League. Il prit sa retraite en 1999...

Le numéro 8 de Brian Sakic fut retiré par les Americans de Tri-City...

mardi 27 janvier 2009

Antonio "Tony" Demers

Ça fait un petit bout que j'essaie de me rappeler du nom de ce joueur et j'ai fait des pieds et des mains pour m'en rappeler et bang! Antonio "Tony" Demers! Vous en voulez une histoire "Badass", et bien en voici une...

Antonio Demers est né en 1917 à Chambly. Il débuta sa carrière professionnelle à l'aile droite pour les Eagles de New Haven à la saison 1937-38 avant de signer en octobre 1937 avec le Canadiens avec qui il ne jouera que 6 matchs cette saison-là. Il passa la saison suivante avec les Rapides de Lachine dans la Quebec Provincial Hockey League. Il alternera ensuite la saison 1939-40 entre le Canadiens avec qui il ne jouera que 14 matchs et les Braves de Valleyfield de la QPHL. 

C'est la saison suivante que Demers connut la meilleure saison de sa carrière en 1940-41 avec une production de 13 buts et 10 passes en 46 matchs. Ce fut une des rares saisons que Demers passa avec une seule équipe, il n'allait d'ailleurs manquer que 2 matchs cette saison. Il ne jouera que 7 matchs avec le Canadiens en 1941-42, je crois que c'est en raison de blessures. L'année suivante, il revint à l'automne avec le Canadien où il allait faire équipe avec deux légendes du CH, Elmer Lach et le jeune Maurice Richard. Malheureusement pour les trois, leur malchance au cours de cette saison et de la saison précédente qui leur firent manquer beaucoup de matchs attira le surnom d'Ambulance line. Lach ne joua qu'un seul match à la saison 1941-41 et rappelons que le Rocket ne joua que 16 matchs à sa première saison. Demers n'en joua que 9 et empocha 7 points aux cotés du Rocket et de Lach.

Je crois que le Rocket avait beaucoup d'estime pour ce coéquipier. Le 7 septembre 1997, lors de sa chronique dans La Presse, Maurice Richard écrivit ceci à l'occasion du décès de Demers : " J'aimerais offrir mes sympathies à la famille de Tony Demers, décédé il y a quelques jours. J'ai eu l'occasion de jouer quelques matchs avec lui au début des années 1940. À mon avis, il possédait l'un des plus durs lancers du poignet que j'aie connu. C'était avant le lancer frappé." Quelques années auparavant, toujours à l'occasion de sa chronique dans La Presse, cette fois le 6 octobre 1991, Richard fit part de la surprise de voir Demers lors de la cérémonie d'ouverture de la saison 1991-92, la 75e de la NHL. Et il y avait de vraies surprises pour moi comme Tony Demers avec lequel j'avais joué pendant une dizaine de parties à ma première saison dans la ligue Nationale. Je n'avais pas revu Tony depuis une quinzaine d'années. Il me semble que Richard avait un certain respect pour Demers, ce qui veut dire qu'il a fait abstraction des événements qui suivirent le passage de Demers avec le CH.

Parce que c'est après que la vie de Demers prit une méchante drop. À la saison 1943-44, Demers fut échangé aux Rangers contre le futur coach de cette même équipe, Phil Watson. Il ne jouera qu'une seule partie sur Broadway, jouant la majeure partie de la saison avec les légendaires Reds de Providence de l'AHL. La même saison, le Canadiens remporta sa première Coupe Stanley en 13 saisons, Demers aura passé 5 saisons avec l'équipe avant de quitter à l'aube de la victoire. La saison suivante, Demers retourna dans la QPHL avec le Rapides de Lachine.

C'est d'ailleurs en 1945 que Demers connut ses premiers ennuis avec la justice. Il fut accusé de vol et assaut envers un hôtelier de la région de Chambly nommé Paul Massé. Le vol était d'environ 300$. Il s'en sorti quand même assez bien pour cet acte en ne recevant qu'une amende à payer. Cet événement peut nous faire penser que si au dire de beaucoup de joueurs des années 40 et 50 ce n'était pas très payant de jouer dans la NHL, j'imagine que jouer dans une ligue professionnelle mineure du Québec ne devait pas être tellement plus payant.

Il évolua par la suite quelques saisons avec diverses équipes de Sherbrooke avant d'aboutir avec le Saint-François de la même ville dans la Quebec Senior Hockey League en 1948-49 où il termina la saison avec un total impressionnant de 53 buts et 58 passes. À noter que le Saint-François est le nom de l'équipe de Sherbrooke qui évolue présentement avec la Ligue Nord-Américaine de hockey. À la fin de la saison 1948-49, Demers se fit prendre à gager une bonne somme d'argent. Il réussit à convaincre la ligue qu'il croyait qu'il avait gagé sur un match hors concours mais en vain. Il reçut une suspension de dix matchs pour la saison suivante. Il n'aura par contre pas l'occasion de subir cette suspension...

Le 16 septembre 1949, Tony Demers fut placé en garde à vue en tant que témoin de la mort d'une femme nommée Anita Robert, dame avec qui il avait eu une relation. À ce que j'ai lu, Demers et mme Robert connurent une bonne soirée arrosée jusqu'à ce que survint une chicane entre les deux qui en vint aux coups. La police fut avertie par les responsables de l'hôpital qu'une patiente semblait avoir reçu des coups. Demers affirma qu'elle avait reçu ces coups en sautant de sa voiture alors qu'elle était en marche. Anita Robert mourut le lendemain. Suite à l’enquête du coroner, Demers fut cité à procès quelques jours plus tard. Il reçut un verdict de culpabilité d'homicide involontaire par jury le 12 novembre 1949. Le jury donna à Demers une peine moins sévère que prévue que ce qu'il aurait dû prendre pour homicide, il reçut une sentence de 15 ans de prison...

Les Saints-François de Sherbrooke gagnèrent le championnat de leur ligue à la saison suivante, en 1949-50, sans Tony Demers... Tout comme les Canadiens 6 ans plus tôt...

Antonio "Tony" Demers mourût en 1997...