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jeudi 2 novembre 2023

Les grands voyageurs #11: Alexandre Giroux

 



Si vous avez déjà lu des chapitres de cette série, le joueur que j'ai considéré aujourd'hui n'est pas de cette catégorie de joueurs excessivement nomades qu'on a pu voir comme Trevor Jobe et ses 38 équipes(!), ce qui à ce jour est toujours mon record. 

Il a quand même trimbalé son baluchon à travers (seulement) 19 organisations, incluant celles au junior, mais j'avais surtout envie d'en parler pour plusieurs autres raisons, pas seulement le nombre d'équipes. Allons-y donc en commençant par une (trop longue) anecdote personnelle.

Il y a quelques semaines, j'ai ressorti mon X-Box 360 afin de rejouer à NHL12. Pourquoi prendre une vieille version au lieu du maudit NHL23 que j'ai acheté l'an passé? Ou bien me décider à sortir un autre 80$ pour acheter le 24? Et bien plusieurs raisons. Je sais que c'est pas juste moi, mais je déteste les nouvelles versions de NHL. Malgré plusieurs tentatives d'adaptation, je suis jamais capable de «setuper» ce maudit jeu à des settings de jeu acceptables. 

Malgré toutes mes expérimentations, mes matchs sont soit trop faciles (genre que je gagne 9-1 tout le temps) ou bien trop difficiles et/ou sans offensive (défaites de 2-0 ou victoires 1-0). Souvent quoique je fasse, je défonce le gardien adverse de 40 tirs sans pouvoir marquer tandis que l'adversaire gagne en effectuant seulement 12 tirs. Ensuite je change mes settings et je gagne 10-3.

Bref, y'a jamais moyen de trouver un bon setting d'une game à l'autre et tout ça me fait chier. En plus, ils ont ajouté au fil des années tellement de nouveaux modes de jeu qui ne m'intéressent pas (CHEL w-t-f) et qui ne font que sur-peupler le menu. Je suis donc habitué à mon bon vieux NHL12 et surtout à un système de settings juste assez amusant et ardu pour mes goûts.

J'ai entendu dire que le système de jeu a été complètement refait cette année pour le 24 mais je sais pas si je vais me laisser tenter. De plus, il y a un autre facteur qui me force à revenir dans le passé: J'ai 40 ans.

J'ai 40 ans et un des plaisirs de ces jeux est de se re-créer soi-même en joueur et gagner des trophées. En 2011-12 j'avais 28-29 ans et donc je fitais encore dans le spectrum d'âge des joueurs de la LNH. Maintenant j'ai 40 ans et c'est juste weird. Ça fait pas de sens de me faire un joueur de cet âge qui marque 50 buts. Je pourrais le mettre moins fort, le mettre sur la 3e-4e ligne et en marquer 10-15? Mais il est où le fun là-dedans? 

Vous pourriez argumenter en disant que tant qu'à fantasmer en s'imaginant comme joueur de la LNH, je pourrais me recréer plus jeune, genre 18 ans? Mais je trouves ça encore plus weird... Non, dans ma tête, mon moi-même virtuel est arrivé en scène au début des années 2000 et vers 2011 il était un joueur vedette établi. Pas une recrue et pas non plus un crouton de 40 ans. Bref c'est aussi pour ça que je joue encore à NHL12...

Caméo de Karl Alzner en background. Allo Karl!

Mais Alexandre Giroux il fite où et comment dans cette histoire pas rapport? Et bien dans le club-école de mon club des Oilers de NHL12, on y retrouve un joueur côté 76 overall du nom d'Alexandre Giroux. Il est aussi étiqueté «SNP» pour Sniper, donc c'est clair que j'allais me laisser tenter et l'insérer quelque part dans mon alignement. 

Donc malgré son 76 plus bas que le reste de mon alignement dans les 80+, Giroux a maintenant 15 points en 12 matchs dont 8 buts... Mais qui était-il donc ce Giroux? Je me souvenais vaguement de lui à l'époque où le jeu est sorti et les années depuis n'ont fait qu'aggraver mon souvenir. Je trouvais donc intéressant d'aller l'analyser aujourd'hui, si ce n'est que pour honorer son rendement dans mon alignement...

Réjean Giroux
Alexandre Giroux est né le 16 juin 1981 à Québec. Son père, Réjean Giroux, a joué comme attaquant pour les Remparts de 1969 à 1972, étant souvent jumelé avec Guy Lafleur. Il remporta la coupe Memorial de 1971 avec ce dernier avant de connaitre une saison de 109 points en 71-72 en compagnie de Jacques Richard, suite à quoi il fut repêché par les Blackhawks de Chicago. 
 
Il décida toutefois de rester au bercail en signant avec les nouveaux Nordiques de Québec pour la saison inaugurale de l'AMH en 1972-73. Il serait d'ailleurs le seul joueur à avoir joué le premier match des Remparts en 1969 ainsi que le premier des Nordiques.

Rétrogradé dans la NAHL avec le club-école des Nordiques en 1973-74, Réjean termina au sommet des pointeurs de la ligue avec 122 points. Cela lui valut une nouvelle offre des Blackhawks qu'il accepta cette fois-ci. Il évoluera deux ans dans la CHL avec les Blackhawks de Dallas avant qu'une blessure sérieuse au genou ne mette fin à sa carrière en 1976.

Pour sa part, le fils Alexandre débuta dans la LHJMQ en 1998-99 avec les Olympiques de Hull et fut un choix de 7e ronde (213e au total) des Sénateurs au repêchage de 1999. Il connut ensuite en 99-00 une saison de 52 buts et 99 points en compagnie de Michael Ryder, en plus de s'incliner en finale contre l'Océanic de Rimouski. Il termina son stage junior en 2001-01 avec les Huskies de Rouyn-Noranda.

Il débuta ensuite son long parcours dans la ligue américaine, d'abord en 2001-02 avec le club-école des Sénators de l'époque, les Griffins de Grand Rapids, et les deux saisons suivantes avec les Senators de Binghamton. Il fut toutefois inclus dans un échange en mars 2004 avec les Rangers qui l'obtinrent en compagnie de Karel Rachunek, en retour du défenseur Greg De Vries.

Il continua son chemin dans l'AHL, cette fois-ci avec le Wolf Pack de Hartford, où il connut deux saisons de 32 et 36 buts respectivement. Il put enfin gouter à un premier match dans la LNH à la fin de la saison 2005-06, sans récolter de points. Ce fut son seul match avec les Rangers.


Il signa ensuite comme agent libre avec les Capitals en 2006-07. Il obtiendra cette saison-là une fiche de 42 buts et 28 passes avec les Bears de Hershey, ce qui lui valut un rappel avec les Caps en fin de saison. Il obtint ainsi ses premiers points dans la LNH avec 2 buts et 2 passes en 9 matchs.

Il signa ensuite avec les Thrashers d'Atlanta. Mais après une seule demie-saison avec leur club-école à Chicago, les Capitals refirent son acquisition et il retourna à Hershey.

Vint alors la mémorable saison 2008-09. En compagnie de Keith Aucoin et Chris Bourque (fils de Raymond), les puissants Bears étaient l'endroit parfait pour Giroux qui connut une des meilleures saisons de l'histoire de la AHL en récoltant 60 buts et 37 passes pour 97 points, ce qui le plaçait au sommet de la ligue pour les buts et les points. 

Il s'agissait seulement de la 5e fois de l'histoire de la AHL qu'un joueur atteignait le plateau des 60 buts et aucun ne l'a atteint depuis. Durant la saison, il connut une séquence record en marquant dans un 15e match consécutif, éclipsant alors la marque détenue par le légendaire Brett Hull depuis 1987.

En plus de ses 60 buts, il mena également les Bears en Séries avec 15 buts en 22 matchs alors que les Bears remportèrent la coupe Calder de 2009. Ces 75 buts combinés en 2008-09 en font ainsi le recordman à ce niveau, le précédent détenteur étant Stéphan Lebeau avec 71 en 1988-89. Cette saison-là, Lebeau avait récolté un record toujours valide de 70 buts en saison, mais seulement 1 en séries.

De plus, Giroux accomplit cet exploit en seulement 69 matchs, étant rappelé par les Capitals l'espace de 12 matchs. Malheureusement pour lui, son principal défaut était son coup de patin. Étant légèrement plus lent dans la LNH, il lui manquait cette fameuse fraction de seconde de démarcation et il ne parvint jamais à transposer ses talents offensifs dans la grande ligue. Durant ce séjour de 12 matchs avec les Caps, son plus long à vie dans la LNH, il n'obtint qu'un seul but et une passe.


La saison suivante, 2009-10, fut pratiquement identique. Il obtint 50 buts, mais cette fois-ci davantage de passes avec 53 pour un sommet en carrière de 103 points, au deuxième rang de la AHL derrière son coéquipier Aucoin. Il joua cette fois 9 matchs avec les Caps, obtenant 1 but et 2 passes. 

Les Bears retournèrent ensuite en finale et remportèrent une deuxième coupe Calder consécutive, premier club à accomplir ce fait d'arme depuis les Indians de Springfield en 89-90 et 90-91 (avec un alignement totalement différent d'une saison à l'autre). Un repeat étant très rare et très dur à accomplir dans ce circuit, les Bears sont les derniers à ce jour à l'avoir fait. Lors de ces deux années de gloire, c'est Giroux qui termina premier en séries pour les buts et les points chez les Bears. Ces deux années exceptionnelles à Hershey lui valurent également le trophée Les Cunningham pour le joueur le plus utile en 2008-09.

Malgré une nouvelle offre des Capitals pour demeurer à Hershey, il opta de tenter sa chance dans une autre organisation, en signant avec les Oilers d'Edmonton en 2010-11. Il joua alors principalement avec le club-école, les Barons de Oklahoma City, où il connut une saison de 32 buts et 46 passes pour 78 points, bon pour le deuxième rang de la AHL. Il s'agissait de sa 7e saison consécutive de plus de 30 buts, ce qui égalisait un record. 

Toutefois, le même scénario se produisit dans la LNH où il fut retranché après le camp d'entrainement. C'était le début de cette ère de jeunes loups offensifs à Edmonton et il fut donc déclassé au profit de plus jeunes comme Jordan Eberle, Taylor Hall, Magnus Paajarvi et Linus Omark. Il ne put obtenir que 2 points en 8 matchs à Edmonton durant la saison.


Ce fut ensuite un dernier tour pour Giroux dans la AHL en 2011-12, cette fois dans l'organisation des Blue Jackets. Il obtint alors 54 points avec les Falcons de Springfield et seulement 1 but en 9 matchs à Columbus. Il passa bien près de s'approprier le record de 8 saisons consécutives dans la AHL avec 30 buts, alors qu'il termina avec 28.

Il quitta ensuite pour la KHL avec le Dynamo de Riga en 2012-13. Après une saison en demie-teinte, il fut prêté au Klothen HC de la ligue Suisse. Il sembla s'y plaire puisqu'il passa ensuite les trois saisons suivantes au sein de ce circuit avec Ambri-Piotta. Il remporta également la coupe Spengler avec l'équipe canadienne en 2016.

Il passa ensuite une autre saison de retour dans la KHL avec le Zagreb Medvescak et ensuite en 2017-18 avec les Brûleurs de Loups de Grenoble où il termina premier pointeur de la ligue Magnus. Voulant ensuite prendre sa retraite, il fut toutefois convaincu par un ami de se joindre à l'Assurancia de Thetford Mines dans la LNAH. Il y joua deux saisons, terminant premier du circuit pour les buts marqués en 2018-19. Il revint ensuite pour un dernier 5 matchs en 2021-22.

Sa fiche à vie dans la LNH fut de 6 buts et 6 passes en 48 matchs.
Sa fiche à vie dans la AHL fut de 368 buts et 336 passes pour 704 points en 771 matchs. Ces 368 buts le placent au 7e rang de l'histoire des marqueurs dans ce circuit. Signe que la AHL s'est quelque peu détériorée côté offensive, il est le dernier à avoir franchi le cap des 50 buts, des 60 buts et des 100 points.

Il aura joué pour 19 équipes au total:
- 2 au junior: Hull, Rimouski
- 7 dans la AHL: Grand Rapids, Binghamton, Hartford, Hershey, Chicago, Oklahoma City, Springfield
- 4 dans la LNH: New York, Washington, Edmonton, Columbus
- 5 en Europe: Riga, Kloten, Ambri-Piotta, Zagreb, Grenoble
- 1 dans la LNAH: Thetford Mines.


Sources:
De Guy à Ovi, de père en fils chez les Giroux, Le Soleil, 9 novembre 2018
Réjean Giroux: la carrière dont il ne rêvait même pas chez les Nordiques, Journal de Québec, 25 septembre 2022
Barons' Alexandre Giroux will not give up on NHL dream, The Oklahoman, 30 jan. 2011
Hershey hero Giroux re-signs with Capitals, AHL.com, 5 août 2009

jeudi 28 octobre 2021

Les équipes de la ECHL - 4e partie

  

 

Continuons d'emblée avec la suite de la grande INTÉGRALE de toutes les équipes de l'histoire de la ECHL depuis ses débuts en 1988. Et quand je parle d'INTÉGRALE c'est vraiment L'INTÉGRALE alors que j'inclus chaque incarnation de chaque franchise, soit chaque changement de nom, déménagement, fusion, suspension, expansion etc... Ce qui fait en sorte que j'ai presque une centaine de ces équipes à décortiquer et à trouver quelque chose d'intéressant à vous raconter... une tâche parfois assez ardue d'ailleurs.

Allons-y donc... Aujourd'hui nous allons continuer avec les équipes 27 à 36... ça va être long en sale cette série...


Cliquez ici pour les chapitres précédents:
1re partie
2e partie
3e partie

27. Cyclones de Cincinnati (1990-1992)

On retourne dans les premières années de la ligue et encore une fois ça va devenir compliqué avec cette franchise qui connaîtra plusieurs incarnations et pas seulement dans la ECHL...

Les Cyclones de Cincinnati furent une des premières équipes de la ECHL situé dans un marché considéré «majeur» et cette tentative fonctionna puisqu'ils étaient la meilleure équipe de la ligue au niveau des assistances. La performance des Cyclones fut si encourageante que ses dirigeants obtinrent une franchise d'expansion dans la IHL pour la saison 1992-93 qu'ils gardèrent sous ce même nom des Cyclones. C'en fut donc terminé pour cette première incarnation des Cyclones dans la ECHL. L'équipe déménagea alors à Birmingham en Alabama. 

Les nouveaux Cyclones opérèrent dans la IHL jusqu'à la dissolution de cette dernière en 2001. Une nouvelle incarnation de l'équipe réapparut alors dans la ECHL mais ça on le verra plus tard.

28. Bulls de Birmingham (1992-2001)

Les Cyclones furent donc achetés en 1992 et déménagés à Birmingham en Alabama, ramenant une fois de plus le nom des Bulls de Birmingham après ceux de l'AMH (1976-79), de la CHL (79-81) et ensuite une courte tentative dans l'ancêtre de la ECHL, la ACHL en 1983-84. Au cœur de ces nouveaux Bulls, on retrouvait un homme d'affaires du nom de Art Clarkson, une figure emblématique du sport professionnel à Birmingham. Il était aussi propriétaire d'un club de baseball AA, les Barons de Birmingham, qui accueillirent brièvement Michael Jordan en 1994 lors de son essai au baseball.

Les Bulls jouèrent donc un respectable 9 saisons en Alabama, étant généralement un club de milieu de peloton. Clarkson vendit l'équipe en 1998 au moment où les assistances commençaient à décliner. Après quelques autres saisons, les nouveaux propriétaires décidèrent de vendre la franchise à George Shinn, également proprio des Hornets de Charlotte dans la NBA.

C'en était donc fini de cette version des Bulls mais plusieurs années plus tard, soit en 2017, Clarkson ramena une fois de plus les Bulls mais cette fois-ci dans la SPHL. Il mourra 2 ans plus tard.

29. Boardwalk Bullies d'Atlantic City (2001-2005)
 

Ça c'est du nom d'équipe. Donc le proprio des Hornets, d'ailleurs on voit la ressemblance des couleurs, déménagea l'équipe dans le Las Vegas du nord-est, Atlantic City...

Pour l'occasion, il emprunta aux Flyers leur célèbre surnom «Broadstreet Bullies» et l'adapta à la sauce Atlantic City, reconnue mondialement pour sa célèbre promenade côtière. D'ailleurs dans un autre ordre d'idée, si vous ne l'avez jamais écoutée, je vous recommande la série «Boardwalk Empire» où l'histoire se déroule dans cette ville durant la période de la prohibition. C'est violent à souhait. 

Mais bref, les Boardwalk Bullies n'ont jamais été un succès au guichet malgré de performances admirables sur la glace dont la conquête de la Coupe Kelly en 2003. Mais malgré ces succès, les assistances ne dépassèrent jamais plus de 3700 en moyenne et descendirent jusqu'à 2400 en 2004-05, suite à quoi la franchise fut vendue à un groupe d'hommes d'affaires de Stockton en Californie.

30. Thunder de Stockton (2005-2015)

Les Boardwalk Bullies déménagèrent donc en Californie pour la saison 2005-06, soit quelques années après la fusion de la ECHL avec sa rivale dans l'ouest, la West Coast Hockey League (WCHL). Voir mon historique de la ECHL pour en savoir plus. En plus des nouvelles équipes déjà implantées dans l'ouest provenant de la WCHL, de nouveaux marchés s'ouvrirent ainsi pour des clubs de l'est en difficulté comme les Boardwalk Bullies qui déménagèrent donc à Stockton, ville d'environ 300 000 habitants entre San Francisco et Sacramento. 

Le nouveau Thunder de Stockton fut initialement un succès à son nouveau domicile, menant la ligue pour les assistances de 2006 à 2009. C'est toutefois en déclin constant depuis. Le club fut affilié aux Islanders, Oilers et Sharks jusqu'en 2015 lorsque la franchise fut achetée par les Flames de Calgary lors de ce remaniement de 2015 entre la AHL et la ECHL où plusieurs clubs changèrent de ligues et de nom afin de créer une division pacifique dans la AHL. Le Thunder déménagea donc à Glenn Falls dans l'état de New York pour la saison 2015-16 tandis que le club-école des Flames dans la AHL, les Flames d'Adirondack, déménagèrent à Stockton (sous le nom du Heat) et Stockton qui passa donc de la ECHL à la AHL et vice-versa pour Adirondack. 

Mais auparavant, le Thunder s'inclina en finale de la coupe Kelly de 2013 contre les Royals de Reading. Parmi les joueurs développés à Stockton durant cette période ECHL, on retrouve principalement de futurs joueurs des Oilers comme Devan Dubnyk, Mark Arcobello et notre éternel ex-CH Brandon Davidson.

31. Thunder de l'Adirondack (2015 - )

Donc après les Cyclones, les Bulls, les Boardwalk Bullies et le Thunder de Stockton, la franchise retourna dans l'est américain, plus précisément à Glenn Falls, New York dans cette région montagneuse du nom de l'Adirondack. L'équipe garda étrangement le nom du Thunder de l'Adirondack alors qu'au même moment, on retrouvait aussi le Thunder de Wichita, équipe qui est arrivée sur la scène de la ECHL en 2014 (et que l'on verra plus loin). On assista donc (et ça continue depuis) à un de ces bizarres cas «Roughriders vs Rough Riders» où on a l'occasion dans la ECHL de voir un match Thunder vs. Thunder... J'imagine que les fans locaux ne doivent pas vraiment scander «Let's go Thunder!» lors de ces matchs et doivent donc trouver d'autres slogans... Heureusement pour eux, les deux équipes sont dans des conférences séparées, donc ils ne se rencontrent pas souvent.

Le Thunder n'était pas la première équipe à jouer sous le dénominatif géographique de l'Adirondack. Il y eut pendant longtemps dans la AHL les Red Wings (1979-1999), ensuite les IceHawks et le Frostbite dans la défunte UHL. La AHL revint en 2009 avec les Phantoms et ensuite les Flames jusqu'à ce remaniement de marchés discuté plus haut. Les Flames terminèrent toutefois rapidement leur association avec le Thunder qui est désormais affilié aux Devils, ce qui fait aussi plus de sens géographiquement avec leur autre club affilié dans la AHL à Albany.

32. Icehawks de Louisville (1990-1994)

Pas beaucoup d'informations ou de souvenirs de cette équipe éphémère des débuts de la ligue, les Icehawks de Louisville. Ils avaient de beaux chandails basés sur celui des Canucks de l'époque et leur mascotte s'appelait «Tommy Hawk», un des meilleurs noms de mascotte que j'aie jamais vu. La mascotte actuelle des Blackhawks s'appelle aussi «Tommy Hawk» et je me demande si c'est la même que les Icehawks qui aurait gradué dans la grande ligue...

Mais peu de choses à dire sur les Icehawks en tant que tel. Ils se sont rendus en finale en 1992 dans une cause perdante contre les Admirals de Hampton Roads (voir 3e partie). Leurs assistance furent quand même respectables, sans jamais être extraordinaires. La franchise mis en suspens après la saison 1993-94.

Pas grand monde dans leur alumni non plus, le nom le plus notable étant le meneur pour les points dans l'histoire dans la LHJMQ, Patrice Lefebvre, qui y joua une vingtaine de matchs en 1990-91, soit durant sa première saison professionnelle après la LHJMQ.

33. Lizard Kings de Jacksonville (1995-2000)

Après un an d'inactivité, la franchise des Icehawks passa du Kentucky à la Floride et se renomma sous le nom des Lizard Kings de Jacksonville, probablement la seule équipe sportive nommée en honneur de Jim Morrison. Cela pourrait avoir l'air de sortir de nulle part mais techniquement, Morrison est bien né en Floride, plus précisément à Melbourne, une ville plus près d'Orlando que de Jacksonville mais bon... 

Les Lizard Kings s'inclinèrent en finale à leur première saison d'existence en 1995-96 mais ne parvinrent jamais à attirer assez de fans pour survivre et de plus, leur aréna tombait en morceaux. En attendant un nouvel aréna qui n'arriva finalement qu'en 2003, la franchise cessa ses activités pour de bon après la saison 1999-2000. Une autre équipe, les Barracudas de Jacksonville, élut ensuite domicile en 2002-03 dans cette ville, d'abord dans une nouvelle version de la Atlantic Coast Hockey League (l'ancêtre de la ECHL), ensuite dans l'obscure et nébuleuse WHA2 en 2003-04 et finalement dans la SPHL de 2004 à 2008. Ce n'est qu'en 2017 que la ECHL revint à Jacksonville, mais ça on le verra plus tard.

C'en était donc terminé des Lizard Kings en 2000 mais au moins cette équipe avait un marketing du tonnerre...



34. Renegades de Richmond (1990-2003)


Wow. Mais quel chandail...

Les Renegades de Richmond apparurent sur la scène de la ECHL en 1990-91 et étaient à l'époque la 3e équipe établie en Virginie, un des états centraux de la ECHL dans sa première décennie avec la Caroline du Nord, la Pennsylvanie, le Tennessee et l'Ohio. Les Renegades furent respectables sans plus durant leurs 13 années d'existence mais tout cliqua pour eux en 1994-95 alors qu'ils terminèrent premiers de leur division et remportèrent le championnat de la Coupe Riley. 

Ils furent alors aidés en fin de saison lorsque l'équipe fut contactée par l'ex-défenseur étoile Rod Langway qui désirait s'initier au métier d’entraîneur avec eux. Il fut alors amené comme entraîneur-adjoint durant la saison mais décida éventuellement de revenir au jeu après plus d'une saison d'inactivité. Il n'avait joué que 20 petits matchs avec les Capitals lors de sa dernière saison frustrante en 1992-93 mais il avait encore du gaz dans le réservoir à 37 ans. Il joua donc 6 matchs en fin de saison avec les Renegades et participa ensuite à ce parcours vers la coupe Riley où il joua 9 matchs, récoltant 1 but et 1 passe en plus d'apporter sans doute une énorme dose de leadership. La saison suivante, il revint une fois de plus au jeu mais cette fois dans la IHL avec les Spiders de San Francisco. Il revint plus tard comme adjoint à Richmond de 1998 à 2000.

Les Renegades attirèrent une bonne base de partisans mais commencèrent à piquer du nez après l'an 2000. La franchise fut finalement dissoute après la saison 2002-03.

35. Chill de Columbus (1991-1999)


Parallèlement aux succès de la ECHL en Caroline du Nord (Raleigh et Greensboro) qui menèrent à l'arrivée des Hurricanes dans la LNH, une histoire similaire se produisait en Ohio avec le Chill de Columbus. D'ailleurs si comme moi vous vous êtes déjà demandé pourquoi la LNH a choisi Columbus et non Cleveland lors de son retour en Ohio, et bien la réponse provient en partie de la ECHL.

À l'origine du Chill se trouvait un entrepreneur nommé Horn Chen qui obtint une franchise d'expansion dans la ECHL pour la saison 1991-92. Chen avait d'abord l'intention d'installer sa franchise à Cleveland mais son associé David Paitson le convainquit de choisir le marché de Columbus à la place. Menés par l'ancien joueur de la LNH Terry Ruskowski et une base de supporters dévoués, le Chill de Columbus devint la plus populaire des équipes de la ECHL mais cela était surtout dû aux campagnes de marketing du Chill qui firent une sensation de cette équipe et qui firent de l'équipe une sensation en Ohio et même au niveau national alors que leur modèle d'affaire capta l'attention de plusieurs médias.

Ça vaut la peine d'en regarder quelques unes.




Moe Mantha...

Donc le Chill était un succès médiatique, malgré une fiche quand même ordinaire sur la glace, et ils remplissaient leur petit aréna de 5000 places à pleine capacité dont une séquence 83 matchs consécutifs à partir de janvier 1992, ce qui était un record des ligues mineures, apparemment trois fois plus que le record précédent. Leur aréna, le Ohio Expo Center, fut bâti en 1918 et était alors le plus vieil aréna en Amérique du nord à héberger une équipe professionnelle. 

Tous ces succès et cette attention médiatique incitèrent la ville et quelques dirigeants du Chill à aller rencontrer Gary Bettman et la LNH pour une possible équipe d'expansion à Columbus, ce que vous savez arriva par la suite. Le Chill continua ses opérations jusqu'à la fin de la saison 1998-99 et laissa ensuite la place aux Blue Jackets et un nouvel aréna de 21 000 places. Horn Chen fut également actionnaire minoritaire des Blue Jackets à leurs débuts. En fait, ce Chen semblait être un collectionneur de franchises. En plus du Chill, il était propriétaire du Ice d'Indianapolis dans la IHL et fut également le fondateur de la CHL (Central Hockey League) en 1992-93. Il était alors propriétaire de la majorité des équipes de cette ligue et en garda toujours quelques-unes jusqu'à la fusion de la CHL et la ECHL en 2013.


36. Royals de Reading (2001 - )

Voici pour terminer cette partie, les Royals de Reading. Mise en suspens après la saison 1998-99, la franchise du Chill fut ensuite vendue à un consortium comprenant en partie les Kings de Los Angeles (d'où proviennent le nom et les couleurs des Royals) qui établirent leur nouveau club-école secondaire dans cette ville de Reading en Pennsylvanie. 

Les Royals furent affiliés aux Kings jusqu'en 2008, développant au passage des joueurs comme Dave Steckel, Rich Peverley et surtout Jonathan Quick qui y joua 38 matchs comme numéro un en 2007-08 avant de graduer à temps plein et devenir rapidement numéro un avec les Kings. Quick est d'ailleurs un des meilleurs joueurs à avoir gradué de la ECHL dans toute son histoire.

Les Kings se départirent éventuellement de la franchise en 2011 et changèrent d'affiliations à quelques reprises au cours des années suivantes, malgré qu'ils continuent toujours de porter les couleurs des Kings. Ils sont présentement affiliés avec les Flyers. Les Royals remportèrent une fois la coupe Kelly et ce en 2013 contre le Thunder de Stockton vu plus haut. Depuis ce temps, ils ont développé plusieurs autres joueurs de la LNH comme James Reimer et Philipp Grubauer et demeurent assez constants au niveau des assistances et de leurs performances.


On se continue ça dans la 5e partie.


Sources:
Minor league hockey makes an unusual name for itself, Associated Press, 13 octobre 1996
25 years ago, the Richmond Renegades won their only championship, Richmond Times-Dispatch