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mercredi 11 novembre 2020

Joueur oublié des 90's #42 - Grigori Panteleev

 

 

Ouh que j'en ai un bon aujourd'hui... Normalement quand je prends un joueur pour cette série, j'ai un quelconque souvenir de lui, que ce soit par une carte de hockey obscure ou bien que j'aie vu son nom passer dans un alignement ou les statistiques d'une quelconque équipe. 

Mais pour le joueur d'aujourd'hui, comment dirais-je ça poliment et adéquatement? 

Je m'en souviens fuck all.


Grigori Panteleev
est né le 13 novembre 1972 à Gastello dans l'ancien Union soviétique. Gastello semble en fait une ville fantôme, car je ne retrouve aucune mention de cet endroit sur internet, si ce n'est que sur des pages de hockey où il est indiqué que c'est la ville d'origine de Panteleev et rien d'autres nulle part ailleurs. Il est aujourd'hui indiqué que Panteleev est originaire de la Lettonie, pays anciennement de l'URRS jusqu'en 1990. Est-ce que Gastello est un petit village letton qui a disparu ou qui a changé de nom depuis? Ou bien est-ce que c'est une mauvaise traduction?

Même le nom de Panteleev diffère selon les sources. Sur cette carte Upper Deck 92-93, sa carte recrue en passant, c'est écrit ''Panteleyev'' mais cet ''Y'' semble avoir disparu depuis les années 90. Et d'ailleurs depuis qu'il n'est plus dans la LNH on retrouve davantage son nom sous une forme plus ''lettone'' soit sous le nom Grigorijs Panteļejevs... Sa page Wikipedia est d'ailleurs sous cet orthographe. 

Pas facile de faire des recherches sous trois noms différents... Je pourrais toujours chercher avec son nom dans l'alphabet russe, soit Григорій Володимирович Пантелєєв...


''Calder Candidate''
Les nerfs, Parkhurst...




Mais bref, Panteleev ou Panteleyev ou Panteļejevs, ce petit ailier gauche de 5' 9'', débuta son parcours en gravissant les échelons des clubs de Riga vers la fin des années 80 et gradua éventuellement avec le Dinamo de Riga en 1990-91, avant d'évoluer ensuite avec les Stars de Riga en 1991-92. Il parvint alors à attirer l'attention des Bruins de Boston, qui le sélectionnèrent en 6e ronde (136e au total) du repêchage de 1992.

Il fit le saut directement en Amérique et débuta la saison 92-93 avec les Bruins de Providence, où il fit assez bien pour se mériter un rappel avec le grand club au début du mois de décembre. Il étonna quelque peu avec 6 points récoltés lors de ses 7 premiers matchs, dont un de deux buts contre les Devils. Il était l'un des premiers joueurs lettons à se rendre à la LNH après Arthurs Irbe et le légendaire Helmuts Balderis.




Sa production diminua toutefois par la suite et joua donc 39 matchs (fiche de 8-6-14) avec les Bruins avant d'être retourné à Providence, où il joua également 39 matchs durant cette même saison avec une bonne fiche de 17-30-47. Les Bruins semblèrent toutefois lui préférer un autre russe diminutif et aussi membre de cette série, Dmitri Kvartalnov. Il fut rappelé la saison suivante pour seulement 10 matchs, où il ne récolta aucun point et joua donc encore la majorité de la saison à Providence (50 points en 55 matchs). Il ne joua ensuite qu'un dernier match à Boston durant la saison écourtée de 1995, avant d'être libéré. Il signa ensuite comme agent libre avec les Islanders pour la saison 1995-96, mais il n'y joua que 4 matchs, ses derniers dans la LNH, sans récolter de point. 

Il débuta donc avec les Islanders un long parcours nomade, où il ne joua que très rarement avec le même club plus d'une saison jusqu'à sa retraite en 2008.

Voici son parcours étourdissant à partir de 1995:

1994-95: Bruins de Boston (NHL), Bruins de Providence (AHL)
1995-96: Islanders NY (NHL), Thunder Las Vegas (IHL), Grizzlies Utah (IHL)
1996-97: Dragons San Antonio (IHL)
1997-98: Dragons San Antonio, Solar Bears Orlando (IHL)
1998-99: Solar Bears Orlando (IHL)
1999-00: Hannover Scorpions (Allemagne)
2000-01: Yaroslavl Lokomotiv (Russie-1)
2001-02: Sodertalje SK (Suède), Olten EHC (Suisse-B), HK Riga 2000 (EEHL)
2002-03: Pelicans Lahti (Finlande)
2003-04: HK Riga 2000 (EEHL)
2004-05: IFK Arboga (Suède-2)
2005-06: HK Dmitrov (Russie-2), HC Bolzano (Italie), EV Zug (Suisse-A), HC Martigny (Suisse-B)
2006-07: HC Martigny (Suisse-B), Pontebba (Italie)
2007-08: EK Zell Am See (Autriche-2), EV Landsberg 2000 (Allemagne-2)

Il participa également à de nombreux tournois internationaux pour la Lettonie, dont les Olympiques de 2002 et 2006. En incluant ses équipes avant son repêchage il aura joué en tout pour 24 clubs (!) en 20 ans de carrière et ce, dans 16 ligues différentes en comptant les différentes divisions des ligues européennes.


 
Il n'a jamais remporté de championnat nulle part où il a pu jouer. Il est à ce jour entraîneur du HK Rostov, un club de deuxième division en dessous de la KHL. Il est en poste depuis 2013.

En 54 matchs dans la LNH, sa fiche fut de 8 buts et 6 passes pour 14 points, tous amassés pendant sa saison 1992-93.

C'est finalement Teemu Selanne qui remporta le trophée Calder en 1992-93 avec une fiche légèrement supérieure à Panteleev soit 76 buts et 56 passes pour 132 points.

mardi 18 février 2014

L'échange au destin le plus tragique de l'histoire?











En voyant que les lettons passaient en quart de finale cet après-midi, j'ai eu une petite pensée pour Kārlis Skrastiņš, cet ancien défenseur de la NHL malheureusement décédé en 2012 dans le tragique écrasement de l'avion dans lequel prenait bord l'équipe du Lokomotiv Yaroslavl... Probablement que même à 39 ans, il aurait relevé le défi, lui qui était d'ailleurs le capitaine de l'équipe lettone lors des Jeux de Vancouver... Gageons par contre que la mémoire de cet ancien ironman des défenseurs de la NHL (qui joua 495 matchs de suite, un record battu depuis par Jay Bouwmeester) est une inspiration pour son équipe à se rendre le plus loin possible...

Un fait par contre m'a sauté aux yeux en lisant un peu sur la carrière de Kārlis Skrastiņš... Le 28 février 2008, il fut échangé de l'Avalanche du Colorado aux Panthers de la Floride en retour de redoutable défenseur Ruslan Salei...

Ce qui me rend triste dans ce fait c'est de savoir que ces deux joueurs qui furent échangés un pour l'autre en ce jour de février 2008 connurent le même destin tragique, Salei étant un autre des joueurs du Lokomotiv Yaroslavl qui périt dans l'écrasement...



Difficile de trouver un échange dans l'histoire de la NHL (ou du hockey en général) où les deux joueurs  impliqués connurent le même destin tragique...

Si vous en connaissez un, faites-le moi savoir...

Bref, j'ai eu une petite pensée pour ces deux joueurs aujourd'hui...




lundi 1 mars 2010

And the winner is : Kārlis Skrastiņš


Et oui, vous, lecteur de ce blogue avez nommé le capitaine de la Lettonie Kārlis Skrastiņš comme étant votre joueur qui joua avec la Lettonie évoluant dans la NHL préféré. Le vote n'était pas très compliqué mais le résultat est unanime, l'homme de fer des défenseurs est votre préféré!

Voici les résultats

"Quel est votre joueur originaire de Lettonie évoluant dans la NHL qui représente son pays aux olympiques de Vancouver de 2010 préféré?"

Kārlis Skrastiņš
35 (63%)
Oskars Bārtulis
20 (36%)

Nombre de votes : 55

mercredi 17 février 2010

Sergei Zholtok (Sergejs Žoltoks) était aussi un letton...

Et mon ami Seb lui a dédié un très bon post de blogue ce matin...

Les Lettons de la NHL à Vancouver...


L'équipe olympique Russe a battu l'équipe nationale de Lettonie par la marque de 8 à 2 hier probablement alors que vous dormiez. Savez-vous que le hockey est un sport très populaire en Lettonie? Presque autant qu'ici. On retrouve beaucoup d'excellents joueurs tout au long de l'histoire de ce pays. Par exemple, j'ai parlé récemment d'Helmuts Balderis, l'un des plus fin joueur de l'histoire du hockey soviétique, natif de Lettonie. Et si vous voulez des noms de joueurs qui ont brillé dans la NHL qui pourraient vous être familiers et qui sont d'origines lettones, sachez qu'Artūrs Irbe et Sandis Ozoliņš sont des joueurs origines de ce petit pays balte. Si le hockey est le sport qui branche le plus les lettons, peu de joueurs ne parviennent à la NHL, surtout depuis l'apparition de la KHL. La plupart des joueurs qui forment par exemple l'équipe lettone évoluent notamment non seulement dans la KHL, mais avec l'équipe lettone de ce circuit, le fameux Dinamo de Riga. En fait, des 23 joueurs qui condtituent l'équipe olympique lettone pour les jeux de Vancouver, 14 évoluent pour le Dinamo de Riga. Et de ce nombre de représentants de ce pays de la Baltique, vous serez surpris de savoir que seulement deux joueurs évoluent dans la NHL. En fait, il y a 3 joueurs lettons dans la NHL. L'ancien joueur du Canadien qui évolue présentement avec les Kings de Los Angeles Raitis Ivanāns (si vous ne vous en rappelez pas ce n'est pas grave, il n'a joué que 4 matchs dans l'uniforme du Canadien) est le joueur letton de la NHL qui ne fait pas parti de sa délégation nationale. Il y a également deux joueurs, Mārtiņš Karsums et Kaspars Daugaviņš, évoluent dans l'AHL. Daugaviņš a d’ailleurs joué un match avec les Senators cette saison, mais je ne l'ai volontairement pas compté comme un joueur évoluant dans la NHL.

Et donc, voici la question sondage pour la fin de février : "Quel est votre joueur originaire de Lettonie évoluant dans la NHL qui représente son pays aux olympiques de Vancouver de 2010 préféré?"

Voici les choix :

Kārlis Skrastiņš : Ce vétéran défenseur évoluant présentement avec les Stars de Dallas sera le capitaine de l'équipe lettone. Skrastiņš est reconnu comme étant l'homme de fer des défenseurs de la NHL. Il possède le record de la NHL pour le plus de match consécutifs de joués pour un défenseur avec 495 allant de février 2000 à octobre 2007. Il débuta sa carrière avec les Predators de Nashville lors de la saison inaugurale de l'équipe et passa 5 saisons au Tennessee avant d'être échangé en 2003 aux Avalanches du Colorade avec qui il joua pendant 4 saisons. À la fin de la saison 2007-08, les Avanlanches le cédèrent aux Panthers de la Floride en retour de Ruslan Selei. Il joua la saison dernière avec les Panthers et se joint aux Stars l'été dernier à titre de joueur autonome. Ce défenseur fiable s'est mérité le surnom d'"Ironman" en raison de sa longue série de matchs consécutifs qui font de lui un des joueurs ayant son nom dans le livre des records de la NHL. Il a représenté son pays lors de 15 occasions différentes par le passé, dont les deux jeux olympiques précédents...

Oskars Bārtulis : Oskars Bārtulis évolue présentement avec les Flyers de Philadelphie. Il est arrivé très jeune en Amérique, évoluant dans la LHJMQ avec les Wildcats de Moncton lors des saisons et 2004-05 et 2005-06 et avec les Screaming Eagles du Cap-Breton lors de la saison 2006-07. Il signa à titre d'agent libre avec les Flyers après cette saison. Après avoir passé deux saisons avec les Phantoms de Philadelphie de l'AHL, Bārtulis s'est finalement taillé une place au sein du grand club avec qui il évolue présentement. Les Flyers étant satisfaits de leur jeune joueur letton, ils lui ont offert en décembre dernier une extension de 3 ans à son contrat originalement de 3 ans.


En passant je dois le dire, l'idée de ce sondage m'est venu d'un commentaire de mon ami Claude...

jeudi 4 février 2010

Viktor Khatulev

J'ai raffolé du moment où j'ai découvert l'histoire d'Helmuts Balderis dont je parlais récemment, j'ai trouvé ça vraiment intéressant d'apprendre qu'un joueur d'une république soviétique autre que la Russie manifesta en réduisant sa production offensive son désaccord par rapport au fait qu'il ait été réclamé par l'équipe du CSKA, la célèbre équipe de l'Armée Rouge, lui qui aurait préféré demeurer dans son pays et évoluer avec le Dinamo de Riga... 
 
Celle de son coéquipier Viktor Khatulev que j'ai découvert presqu'en même temps est tout autant intéressante tout en étant diamétralement opposée. Si Balderis était un marqueur naturel, un fin joueur à la soviétique, Khatulev était un gros joueur (6"2, 220 livres) bouillant et agressif. 
 
On ne se surprendra pas de savoir qu'il fut un choix au repêchage des Flyers de Philadelphie en 1975 au neuvième tour. Il fut par le fait même le premier joueur né et formé en URSS à avoir été repêché par une équipe de la LNH. Si l'équipe emblématique du hockey robuste des années 70 avait décidé de tenter l'aventure de le repêcher c'est qu'ils croyaient probablement que ce joueur soviétique avait un style proprement nord-américain...

Si beaucoup de joueurs canadiens furent influencés par le jeu des joueurs russes lors de la Série du Siècle de 1972, certains joueurs soviétiques furent tout autant influencés par le jeu de certains joueurs un peu plus agressifs comme par exemple Wayne Cashman. Viktor Khatulev fut l'un de ces premiers joueurs d'avant provenant d'URSS qui ne pratiquait pas le style soviétique, faisant partie de cette première génération qui fut exposée au jeu des joueurs de la LNH.

Viktor Khatulev (Виктор Хатулев en russe) est né 1955 à Riga en Lettonie, alors république soviétique faisant partie de l'URSS. Il se fit remarquer avec l'équipe junior de l'URSS lors de tournois mondiaux juniors tenus à Leningrad en 1974 et à Brandon au Manitoba en 1975, deux tournois qui ne sont pas reconnus de nos jours comme des tournois juniors de l'IIHF. 
 
Khatulev se démarqua notamment pour avoir marqué le but vainqueur du tournoi de Brandon. Il fut d'ailleurs nommé meilleur joueur de ce tournoi. C'est d'ailleurs une des raisons pourquoi les Flyers décidèrent l'été suivant de le repêcher. On raconte que des dépisteurs des Flyers auraient discuté lors du tournoi junior avec Khatulev sur la possibilité de jouer avec eux. Toutefois, Khatulev n'apprit la nouvelle de son repêchage par les Flyers qu'en 1978... À noter que les Crusaders de Cleveland le repêchèrent également lors du repêchage de l'AMH de 1975.

Khatulev évoluait dans la ligue d'URSS avec le Dinamo de Riga. Ce gros joueur de 6"2 et 220 livres donnait un côté très agressif tout en étant solide à l'attaque. Son style robuste ne plaisait toutefois pas à son entraîneur chez le Dinamo, la futur légende Victor Tikhonov, qui le déplaça à la ligne bleue, transformant ainsi le premier power forward soviétique en un des plus solides défenseurs d'URSS. 
 
La même année où il fut repêché, Khatulev fut suspendu du hockey russe pour s'être battu. La suspension de cinq ans, qui ne fut révoquée qu'en 1978, aurait principalement été décernée en raison du fait que Khatulev aurait attiré l'attention de la NHL. 
 
Le talent de Khatulev fut toutefois remarqué par les autorités du hockey soviétique. Il joua dès son retour au jeu pour l'équipe de l'URSS qui affronta les équipes de l'AMH en 1977-78 et contre celles de la LNH en 1978-79. Il fut également invité à cette époque par le CSKA à se joindre à cette équipe d'élite moscovite tout comme son compatriote Helmuts Balderis environ à la même époque. Contrairement à ce dernier, Khatulev refusa catégoriquement de se joindre à l'équipe de l'Armée Rouge, geste que les autorités du hockey soviétique n'aimèrent absolument pas. En 1979, il fut à nouveau banni du hockey soviétique pour s'être battu lors d'un match contre le CSKA. Gageons que son geste de ne pas s'être rapporté au CSKA influença cette suspension.

La ligue russe bannit à nouveau Khatulev en 1981, apparemment pour avoir frappé un arbitre. Cette fois ce fut une suspension à vie. En plus de son passé controversé et de son tempérament bouillant peu orthodoxe dans le monde du hockey soviétique, on lui reprochait également beaucoup d'écarts de conduite en dehors de la glace, en particulier un problème de consommation d'alcool. On dit également qu'il aurait été arrêté durant ses années de hockeyeur pour vente de stupéfiants... Comme quoi la controverse venait de partout.
 
S'en était donc fini de la carrière de hockeyeur du plus "canadien" des hockeyeurs soviétiques des années 70. S'en était par contre pas fini pour ses problèmes personnels, notamment ceux avec l'alcool. Après sa vie de hockeyeur qui se termina alors qu'il n'avait que 25 ans, Khatulev gagna sa vie dans différents boulots, comme par exemple en tant que chauffeur de taxi. Il aurait même travaillé comme graveur de pierres tombales. 
 
En 1994, Viktor Khatulev faisait toujours face à des problèmes d'alcool qui s'aggravèrent suite au décès de sa femme et de son père. À cette époque, il travaillait dans un entrepôt et c'est dans la rue pas très loin de cet endroit qu'on le retrouva mort le 7 octobre 1994. Il avait 39 ans. Les causes de sa mort ne sont pas très claires, mais comme je ne parle pas le russe, il me manque potentiellement un pan très intéressant de l'histoire (comme celle d'Evgeny Belosheikin). À cette époque, Helmuts Balderis, de 3 ans son ainé, jouait encore au hockey dans leur Lettonie natale maintenant devenue une république indépendante... Viktor Khatulev à cette époque avait été banni du hockey depuis déjà 13 ans...

samedi 23 janvier 2010

Helmuts Balderis

Il y a des choses parfois qu'on oublie à propos de l'ancienne URSS. On oublie qu'il s'agissait d'un empire et que les divers composant de cet empire qui sont de nos jours des États-nations autonomes vivaient souvent sous la gouverne de l'administration centrale et non pas nécessairement de bon cœur. Même dans les dernières années du régime, la vie était parfois difficile pour ceux qui n'obéissaient pas. Mais comme on dit parfois, où il y a du pouvoir, il y a nécessairement de la résistance. L'histoire d'Helmuts Balderis est à cet effet une très bonne histoire de résistance passive au hockey...

Helmuts Balderis-Sildedzis (Хелмутс Балдерис-Силдедзис en russe) est né en 1952 à Riga en Lettonie, alors un pays de l'URSS. C'est en 1967, à l'âge de 15 ans qu'il débuta avec le Dinamo de Riga de la ligue de hockey d'URSS. (En passant, la manière de différencier le Dinamo de Riga et celui de Moscou est que le Dynamo de Moscou prend un "y" et l'équipe lettone prend un "I".) Avec le temps, il devint un hockeyeur hors-pairs et devint, au milieu des années 70, le héros des fans de hockey lettons. Sa renommée sortie très tôt des frontières de sa petite république, il fut par exemple invité à partir de 1976 à se joindre à l'équipe nationale soviétique, "invitation" qui était très peu faite auprès de joueurs non-russes à l'époque.

À ce moment de sa carrière, Balderis était à son sommet. Lors de la saison 1976-77, il remporta le championnat des marqueurs avec 63 points en 35 matchs dont 40 buts. Ça donne quand même une moyenne de 1,14 buts par matchs, À titre comparatif, lorsque Wayne Gretzky enfila 92 buts en 80 matchs en 1981-82, il avait alors une moyenne de 1,15 buts par matchs. Pour votre information, le record de la plus haute moyenne de l'histoire appartient depuis des lunes à Joe Malone dont les 44 buts en 20 matchs avec le Canadien en 1917-18 lui donna une moyenne de 2,2 buts par match... C'est probablement un record qui ne sera jamais battu... Pour en revenir à Balderis... en cette saison 1976-77, Il fut également nommé joueur de l'année en URSS en plus de faire parti de l'équipe d'étoile de la ligue d'URSS et de remporter le trophée Izvestia remis au meilleur marqueur de la ligue. De plus, Balderis connut un tournoi du championnat mondial de 1977 d'enfer, remportant le titre de meilleur joueur du tournoi ainsi qu'une place sur l'équipe d'étoile du tournoi.

Ce succès de la saison 1976-77 d'Helmuts Balderis allait toutefois orienter la carrière de ce dernier dans une direction où il ne voulait aller. À l'aube de la saison 1977-78, le CSKA, la célèbre équipe de l'Armée Rouge, "invita" Balderis à se joindre à son alignement, chose qui à l'époque était très peu faite aux joueurs non-originaires de Russie. Une invitation signifiait toutefois qu'on devait se reporter à l'équipe d'étoile de la ligue. C'est contre son gré que Balderis, qui jouissait alors d'un statut de superstar auprès des fans de hockey lettons, se joint au CSKA. Un refus aurait eu des conséquences assez répréhensibles. Balderis décida alors de jouer la carte de la résistance passive... Au moment où il devint un joueur du CSKA, Balderis était au sommet de sa carrière et jouer avec des légendes soviétiques comme Vladimir Petrov, Boris Mikhailov et Valeri Kharlamov aurait peut-être dû augmenter sa production offensive comparativement à ce qu'il connût avec le Dinamo de Riga, mais il en décida autrement. Afin de manifester pacifiquement sa réquisition auprès de la superpuissance de la ligue soviétique, lui qui désapprouvait l'entraînement rigoureux de l'équipe et le sérieux de cette dernière, la vedette lettone ralentit volontairement sa production. Ainsi, il passa de 40 buts en 35 matchs à sa dernière saison avec le Dinamo à 17 en 36 lors de la saison suivante avec le CSKA.

Cette manifestation passive de Balderis s'équilibra toutefois avec le temps avec un désir de jouer au hockey et à mesure que les saisons passaient, sa production augmenta. À sa dernière saison avec le CSKA, en 1979-80, Balderis récolta quand même un bon 61 points dont 26 buts. Mais le jeu de Balderis toujours un peu volontairement gauche n'impressionnait toujours pas les autorités de l'équipe qui décidèrent de le renvoyer à son club original à l'aube de la saison 1980-81. Et c'est dans la joie que Balderis revint à Riga en gonflant son total de points par rapport à ses récoltes moscovites. En 1983, il se mérita à nouveau le trophée Izvestia remis au meilleur de la ligue pour sa récolte de 63 points dont 32 buts en 40 matchs. Balderis représentait toutefois toujours l'URSS lors de rencontres internationales, ce qui lui valut de faire parti de l'équipe soviétique championne du monde de 1983. Il ne fera toutefois jamais parti de ces joueurs soviétiques décorées par maintes médailles olympique, se contentant dans sa carrière que d'une médaille d'argent aux jeux de Lake Placid de 1980.

C'est après la saison 1984-85 où il était encore un joueur dominant pour son équipe qu'Helmuts Balderis se retira du hockey pour la première fois. Suite à son retrait, il obtint la permission d'aller entraîner au Japon. Entre temps, comme il était dorénavant permis aux joueurs soviétiques de venir jouer en Amérique. Les North Stars du Minnesota repêchèrent Balderis en 1989 au 12e rang, jugeant qu'il pourrait peut-être effectuer un retour. Cela constitua le joueur le plus vieux à avoir été repêché par la NHL, à l'âge de 36 ans... Lorsqu'il fit un retour au jeu lors de la saison 1989-90 afin d'évoluer dans la NHL avec les North Stars, Helmuts Balderis devint le seul joueur sa génération, celle des joueurs de la génération de la Série du Siècle, à évoluer dans la NHL. Autre fait marquant de son court passage au Minnesota, Balderis devint à 37 ans le plus vieux joueur à marquer son premier but dans la NHL. Il devint également le premier joueur originaire de Lettonie à avoir porté un uniforme de la NHL. Comme on peut toutefois s'en douter, l'âge et l'éloignement du jeu avait considérablement ralenti les talents du joueur Letton. Lors de son unique saison avec les Stars, il récolta un maigre 3 buts pour un total de 9 points en 36 matchs. Il se retira à nouveau à la fin de la saison...

Lorsque la Lettonie devint un État indépendant en 1991, Balderis qui jouissait du statut de héros national sortit à nouveau de sa retraite afin d'évoluer dans son pays natal en plus de jouer sporadiquement au sein d'équipes de la jeune ligue de hockey de Lettonie jusqu'à la saison 1995-96. Bien que dans la quarentaine, Balderis dominait solidement la ligue. Par exemple, en 1992-93, Balderis récolta un bon 142 points dont 76 buts en... 22 matchs... Inutile de dire qu'il fut le premier marqueur de la ligue...

Il travaille présentement pour la fédération de hockey de Lettonie, la Latvijas Hokeja Federācija...

Il fut intronisé au temple de la renommée de l'IIHF en 1998...