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mardi 21 juillet 2026

Gord Smith


   


Né le 17 novembre 1949 à Perth en Ontario, le défenseur Gord Smith fit ses classes au sein des Braves de Brockville et des Royals de Cornwall avant d'être sélectionné en 5e ronde (59e au total) au repêchage de 1969 par les Rangers de New York.

Le frère aîné du légendaire gardien Billy Smith ne jouera toutefois jamais pour les Rangers, son parcours avec eux se limitant à un court séjour de 5 matchs avec leur club-école de la CHL, les Knights d'Omaha, qu'il rejoignit pour les séries du printemps 1970 et qu'il aida à remporter le championnat. Après cette seule saison, il fut libéré par les Rangers et il signa alors avec les Kings de Los Angeles, le même club qui repêcha initialement son frère Billy.

Les deux frères ne jouèrent toutefois jamais ensemble, alors que Gord fut prêté aux Blades de New Haven de la EHL tandis que Billy débuta son parcours professionnel avec les Kings de Springfield dans la AHL. Après deux saisons à New Haven, les Kings l'assignèrent à son tour à Springfield, mais à ce moment, Billy avait été sélectionné au repêchage d'expansion par les Islanders et on connaît la suite dans son cas.

Gord joua deux saisons à Springfield et devint un des meilleurs défenseurs de la ligue, terminant au premier rang des défenseurs de la AHL avec 67 points en 1973-74, ce qui lui valut le trophée Eddie Shore, remis au meilleur défenseur du circuit, ainsi qu'une sélection sur la première équipe d'étoiles. Cependant, comme avec les Rangers, il ne joua jamais avec le grand club.

C'est finalement en 1974-75 qu'il put graduer dans la LNH, alors qu'il fut également repêché par un club d'expansion, les Capitals de Washington. Il fit donc ses débuts dans la LNH en même temps que les Capitals, participant au match inaugural de l'équipe le 9 octobre 1974 contre son ancienne équipe, les Rangers. 

Comme vous savez, les Capitals de 1974-75 représentent la pire fiche de l'histoire de la LNH avec un record de médiocrité de 8–67–5 et un autre record de 446 buts accordés. Gord termina cette première saison dans la LNH avec une fiche de 3 buts et 8 passes en 63 matchs ainsi qu'un différentiel de -60.

Gord évolua avec les Capitals jusqu'en 1979, alternant parfois entre le grand club et le club-école. Sa meilleure saison fut celle de 1977-78 qu'il termina avec 4 buts, 11 points et un différentiel de -20. Il fut également nommé capitaine par intérim durant quelques matchs. 

Au même moment, la carrière de son frère prenait son envol spectaculaire à Long Island. Mais pour sa part, Gord en était à ses derniers milles dans la grande ligue. Il fut laissé sans protection par les Caps après la saison 1978-79. Des premiers Capitals de l'édition inaugurale de 1974-75, seul son partenaire en défense Yvon Labre aura joué plus de matchs avec l'équipe, se retirant du jeu en 1981 et devenant le premier joueur de l'équipe à avoir son numéro retiré.

Faisant leur entrée dans la LNH en 1979-80, les Jets de Winnipeg le sélectionnèrent au repêchage d'expansion de 1979.

Le vétéran défenseur ne fit toutefois pas long feu dans la LNH par la suite. Il débuta la saison avec les Jets mais après avoir été blanchi au pointage après les 13 premiers matchs de l'équipe, il fut cédé au club-école de Tulsa dans la CHL. 

Malgré que ses droits furent retournés aux Rangers, il ne revint jamais dans la LNH. Il joua les trois saisons suivantes dans la AHL avec trois clubs différents, les Nighthawks de New Haven, les Indians de Springfield et les Mariners du Maine. Il tira finalement sa révérence après la saison 1982-83.

Après sa retraite, il devint recruteur pour différentes organisations et brièvement entraîneur dans la ligue britannique.

En 299 matchs dans la LNH, Gord Smith récolta 9 buts et 30 passes pour 39 points ainsi que 284 minutes de pénalité.

En plus de Gord et Billy, la famille Smith comprenait également le frère cadet Jack Smith, qui, comme ses deux frères, évolua avec les Royals de Cornwall au niveau junior. Jack joua quelques saisons dans la EHL et au niveau sénior sans jamais se rendre dans la LNH.

dimanche 12 avril 2026

Joueur oublié des 90's #105: Claude Loiselle


N.D.L.R
Ce texte nous provient de l'excellente page «Le hockey et ses histoires» que vous pouvez suivre sur Facebook ici.

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Aujourd’hui, on regarde du côté de la carrière d’un Franco Ontarien qui a joué une douzaine de saisons au hockey professionnel en Amérique du Nord. Évidemment, comme la plupart des Ontariens francophones ayant évolué dans la LNH, plusieurs pensent que Claude Loiselle est un Québécois, mais il n’en est rien!

Natif d’Ottawa, ce joueur de centre des Spitfires de Windsor (OHL) a été un choix de 2e tour des Red Wings de Détroit (23e au total) lors de la séance de 1981. À ses deux très productives dernières saisons au niveau junior, il amasse 109 et 88 points en 68 et 46 matchs, respectivement.

Joueur physique et robuste malgré un modeste gabarit de 5 pieds 11 pouces et 190 livres, il n’a pas peur du banc des pénalités, lui qui y passe 267 minutes en 114 matchs dans l’OHL durant la période citée ci-haut. Son profil n’est pas nécessairement celui d’un bagarreur, mais s’il doit jeter les gants, il le fait sans hésiter.

Durant ses deux dernières saisons au niveau junior, il a la chance d’être rappelé à Détroit pour quelques matchs. Le 7 février 1982, il marque son premier but à son premier match dans la LNH, dans une victoire de 8 à 5 contre les Blues à Saint-Louis. Il disputera trois autres matchs en 1981-82, n’accumulant aucun point.

Il débute la saison 1982-83 avec les Wings, amassant deux buts lors des dix-huit premiers matchs disputés, avant d’être retourné à Windsor pour finir la saison.

C’est en 1983-84 que Claude Loiselle passe au niveau professionnel à temps plein, alors qu’il joue vingt-huit parties avec Détroit (4-6-10) et vingt-neuf avec les Red Wings d’Adirondack (13-16-29), des débuts très intéressants pour un jeune centre de vingt ans avec sa production d’un point par match dans la Ligue américaine.

Il continuera de diviser son temps entre Détroit et les Wings d’Adirondack lors des saisons 1984-85 et 1985-86, disputant 78 matchs dans la LNH (15-16-31) et 68 avec Adirondack (37-40-77) lors de ces deux campagnes. Dans la Ligue américaine, il est toujours constant et productif, et produit à un rythme supérieur à un point par match. 

Dans la LNH, avec une piètre équipe à Détroit, il joue toujours très dur malgré son gabarit et est utilisé sur les deux derniers trios et en désavantage numérique, notamment.

Lors de la saison 1985-86, Loiselle accumule 142 minutes de pénalité en seulement 48 parties, et il aide les Red Wings d’Adirondack à remporter la Coupe Calder avec cinq buts et quinze points en autant de matchs de séries.

À l’été 1986, les Red Wings de Détroit n’ont plus de place pour l’Ontarien, qu’ils décident d’envoyer au New Jersey en retour de Tim Higgins, vétéran ailier droit qui avait déjà marqué plus de vingt buts et cinquante points deux fois dans la LNH.

À la recherche de jeu plus rugueux et énergique, les Devils espéraient trouver en Loiselle un joueur travaillant capable de donner une étincelle à son équipe avec son jeu intense. En guise de remerciement pour leur confiance, l’infatigable patineur leur donne sa meilleure saison dans la LNH en 1986-87, alors qu’il dispute soixante-quinze parties, amassant vingt-quatre passes et quarante points, trois sommets en carrière!

La saison suivante (1987-88), il continue sur sa lancée en inscrivant un sommet de dix-sept buts en saison régulière et aidant les Devils à se qualifier pour les séries lors du dernier match de la saison. À titre d’équipe cendrillon, les Devils atteignent la finale de la conférence Prince-de-Galles, mais s’inclinent en sept matchs contre Boston. Loiselle dispute vingt matchs de séries et accumule dix points en vertu de quatre buts et six passes, tous des sommets pour lui en séries dans la LNH.

Après ses deux premières saisons avec une équipe alignant peu de vétérans, Loiselle avait très bien paru dans une équipe comptant de bons jeunes joueurs comme Kirk Muller, Pat Verbeek, John MacLean, Bruce Driver, Tom Kurvers, Sean Burke et un jeune Brendan Shanahan de dix-huit ans!

Malheureusement, à vingt-quatre ans, Claude Loiselle venait de connaître ce qui demeureront ses deux meilleures saisons en carrière. La saison suivante, il marque seulement sept buts et passe 209 minutes au cachot, en plus d’un différentiel de -10, et les Devils ratent les séries.

Voulant ajouter de l’offensive, le New Jersey va chercher le vétéran Walt Poddubny des Nordiques de Québec à l’été 1989, et envoie dans un package Loiselle à l’équipe de la Vieille Capitale. L’attaquant d’Ottawa ne pourra pas vraiment se faire justice à Québec, dans une équipe en déroute qui peinait à aller chercher des victoires. 

Il marque onze buts et vingt-cinq points en 1989-90, mais ne peut améliorer ses totaux la saison suivante, si bien que les Nordiques le laissent partir au ballotage. Les Leafs décident de le réclamer et il termine la saison 1990-91 avec Toronto. Il joue un an avec la mythique équipe, qui l’échange aux Islanders la veille de la date limite des transactions, le 10 mars 1992.

À 30 ans et ralenti par son style physique, Loiselle ne produit plus comme à ses meilleures saisons, lui qui dispute 41 parties à sa première saison complète avec les Islanders, en 1992-93. Avec cinq buts et trois passes, il ne s’inscrit pas vraiment au tableau. Mais avec 90 minutes de pénalité, il prouve qu’il ne recule devant rien pour prendre sa place et déranger les défensives adverses.

Cette saison-là, le numéro 10 des Insulaires et son équipe causent la surprise en éliminant les puissants Penguins de Pittsburgh en sept matchs en quarts de finale. Avec les Jagr, Lemieux, Francis, Mullen et Murphy, pour ne nommer que ceux-là, les Pens étaient les doubles champions en titre! 

Les Isles mirent fin à une potentielle dynastie dans la LNH, protégeant celle de leurs prédécesseurs une dizaine d’années plus tôt comme étant la dernière vraie dynastie (elle l’est toujours!) dans le circuit Bettman. Loiselle amasse trois passes en dix-huit matchs de séries lors de ce parcours cendrillon.
 
La saison suivante, il dispute dix-sept matchs, amassant un but et une passe (49 minutes de pénalité), mais c’en est terminé pour lui comme joueur, à l’issue de la saison 1993-94.

Peut-être a-t-il connu ses succès très tôt en carrière, mais Claude Loiselle a été un de ces joueurs de bas d’alignement efficaces dans l’ombre, ayant souvent l’ingrate tâche de jouer pour des équipes en difficulté. Il a disputé 616 matchs durant sa carrière, amassant 92 buts et 117 passes, pour 209 points. 

Robuste et courageux, il accumule 1149 minutes de pénalité, mais patiner dans des équipes de bas de classement vient aussi souvent avec des différentiels négatifs, ce qui explique en bonne partie son -128 en carrière, lui qui était souvent utilisé dans des tâches défensives, dans des bas d’alignements d’équipes qui devaient se battre pour survivre soir après soir.

Pour vous donner une idée, il a patiné dans la LNH dans treize saisons différentes, mais ne participe aux séries qu’à trois reprises. Les Red Wings du milieu des années ’80 ne faisaient pas les séries et n’étaient pas la puissance qu’elle est devenue quelques années plus tard. Les Devils ont surpris avec une qualification en séries en 1987-88, mais c’est tout. Les Nordiques et les Leafs étaient de perpétuels candidats au dernier rang de leurs divisions respectives…

Ainsi donc, on peut dire que l’ancien des Spitfires de Windsor n’a pas eu les circonstances les plus faciles pour s’épanouir dans la LNH. En même temps, il a toujours fièrement défendu les couleurs de ses équipes, peu importe les circonstances. 

Et avec près de cent buts et plus de deux cent points dans la meilleure ligue de hockey au monde, Claude Loiselle avait bien plus que seulement du cœur : il a eu le talent de patiner pendant plus d’une décennie avec les meilleurs joueurs de son époque!

Après sa carrière de joueur, il est demeuré dans le milieu du hockey, travaillant notamment comme assistant DG du Lightning, DG de leur club-école de Norfolk (Ligue américaine), assistant DG des Leafs et consultant avec les Coyotes, entre autres.

lundi 16 juin 2025

Richard Brodeur

 

C’est sur une patinoire faite par son père dans la cour arrière chez lui à Longueuil que Richard Brodeur a commencé à jouer au hockey. Ce n’est qu’à 9 ans qu’il a rejoint le hockey organisé. Ce délai n’a pas semblé lui causer de problème. 

En 1970, le gardien de petit gabarit se retrouva avec les Maple Leafs de Verdun de la LHJMQ, mais il joua peu, avant d’être échangé à la pire équipe de la ligue, les Royals de Cornwall. 

Brodeur fut alors au cœur d’un revirement spectaculaire, alors qu’avec l’arrivée d’Orval Tessier derrière le banc et la contribution de joueurs comme Blair MacDonald et Gary MacGregor, les Royals passèrent de derniers à premiers en 1971-72. Brodeur fut nommé meilleur gardien de la ligue, en plus d’arrêter 46 tirs dans une performance clé en finale de la Coupe Memorial, qui permit aux Royals de vaincre les Petes de Peterborough par la marque de 2-1. Brodeur remporta ainsi le Trophée Stafford Smythe, remis au joueur le plus utile à son équipe lors du tournoi de la Coupe Memorial. 

Avec ces honneurs dans sa besace, Brodeur avait de grands espoirs pour le repêchage de 1972. Toutefois, il n’y eut pas moins de 10 gardiens qui ont été choisis avant lui. Si les premiers (Michel Larocque et Denis Herron) ont connu de belles carrières, par la suite, il y eut Mike Veisor, Dave Elenbaas, Gilles Gratton et d’autres dont vous n’avez jamais entendu parler. Ce sont finalement les nouveaux Islanders qui choisirent Brodeur, au 7e tour, 97e au total. 

Être repêché par une équipe d’expansion aurait pu être une opportunité de gravir les échelons rapidement, mais New York avait aussi pu s’assurer des services de Gerry Desjardins, Billy Smith et Glenn Resch. On offrit donc à Brodeur un contrat d’un an pour 12 000$ avec un boni à la signature de 1000$ pour jouer à Fort Wayne, dans la Ligue internationale. 

Pendant ce temps, une nouvelle ligue, l’Association mondiale, tentait de démarrer. Comme les Nordiques offrirent à Brodeur un contrat de deux ans pour un total de 45 000$, en plus d’un boni à la signature de 20 000$, il opta pour le circuit maudit.    

S’il débuta derrière Serge Aubry, il partagea ensuite la place avec ce dernier et Michel Deguise, avant de devenir le gardien numéro un des Fleurdelysés à partir de 1974-75. En 1975-76, il remporta 44 victoires, un record de l’AMH qui ne fut jamais battu. Il fit aussi évidemment partie de l’édition de 1976-77 des Nordiques qui remporta la Coupe Avco. 

Lorsque l’AMH rendit l’âme en 1979, et que quatre de ses équipes, dont les Nordiques, furent absorbées par la Ligue nationale, Brodeur fut l’un des rares à avoir disputé toutes les saisons du circuit avec la même équipe. 

Les droits sur Brodeur devaient donc en théorie revenir aux Islanders, mais les Nordiques utilisèrent alors l’une de leurs trois sélections prioritaires pour conserver ses droits. Toutefois, New York accepta de laisser Gerry Hart sans protection. En retour, les Nordiques acceptaient d’échanger Brodeur contre un autre gardien. Même si Hart n’avait pas vraiment envie de venir à Québec et Brodeur de la quitter, le plan fut mis en place et Brodeur fut éventuellement échangé contre Göran Högosta

À son arrivée à New York, les perspectives d’avenir ne paraissaient pas très prometteuses pour Brodeur, étant donné que Smith et Resch y étaient toujours. Brodeur se retrouva donc à Indianapolis dans la Ligue centrale. En février 1980, Smith dut s’absenter, Brodeur fut rappelé d’urgence. Comme le match suivant avait lieu à Québec, l’entraîneur Al Arbour eut le flair de lui confier le filet pour faire face à son ancienne équipe, contre qui il avait une certaine rancoeur. Brodeur remporta ainsi son premier match dans la LNH, 5-3. Il participa à un deuxième match avant de retourner à Indianapolis, où il remporta le Trophée Terry-Sawchuk à la fin de la saison. 

À la fin du camp de 1980, frustré de la situation, Brodeur exigea d’être échangé, sans quoi il prenait sa retraite. Une demi-heure plus tard, on lui annonça qu’il s’en allait à Vancouver avec une inversion de choix de cinquième ronde à l’encan de 1981. Les Islanders prirent Jacques Sylvestre, alors que les Canucks choisirent Moe Lemay. 

Tout ceci n’améliorait pas tant la situation de celui qu’on surnommait Kermit, puisqu’il se retrouvait encore deux autres gardiens, cette fois c’était Gary Bromley et Glen Hanlon. Toutefois, les deux se sont rapidement blessés et Brodeur saisit sa chance. Bromley perdit sa place et Hanlon fut éventuellement échangé à St-Louis. 

Jusque-là, les Canucks avaient toujours été une équipe ordinaire et ils n’avaient jamais remporté une série depuis leur création en 1970. Si Brodeur joua 52 matchs en 1980-81, il faut dire que leur fiche était plutôt ordinaire à 28-32-20. (Oui, 20 matchs nuls!) 

En 1981-82, Brodeur a joué autant de matchs que la saison précédente et la fiche de l’équipe était à peine mieux (30-33-17). Par contre, Vancouver se trouvait dans la division Smythe, où à part les Oilers, qui s’étaient complètement échappés, les autres équipes étaient au mieux très ordinaires. Toutefois, au premier tour, les faibles Kings ont causé une énorme surprise en envoyant la bande à Gretzky en vacances, ce qui a été appelé le ″Miracle on Manchester″. Pendant ce temps, les Canucks, dirigés par Roger Neilson suite à la suspension de Harry Neale, ont balayé les Flames. 

Au deuxième tour, Los Angeles devait donc affronter des Canucks reposés. C’est alors que suite au jeu brillant de Brodeur, on affirma que si Vancouver devait affronter les Rois (Kings), les Canucks pouvaient compter sur le Roi Richard (King Richard, en référence à Richard III). Le surnom a collé.

Les Canucks ont ensuite facilement éliminé les Kings, 4-1, avant d’affronter une autre équipe qui avait surpris, les Blackhawks. 

Vancouver défit aussi rapidement Chicago. Lors du deuxième match, en dérision d’une performance de l’arbitre qui l’irritait, l’entraîneur Roger Neilson a brandi une serviette blanche au bout d’un bâton, comme une ironique reddition. Neilson fut expulsé, mais ce fut la seule défaite des Canucks.


Vancouver, qui n’avait jamais eu de succès en séries, se retrouvait ainsi en finale, contre les champions en titre (et son ancienne équipe), les Islanders. Les partisans des Canucks ont agité des quantités phénoménales de serviettes blanches. Brodeur, qui a joué tous les matchs des Canucks en séries, a continué de se distinguer, mais la réalité a fini par rattraper Vancouver, qui a été balayé. Ce parcours en séries et la contribution de Brodeur sont alors entrés dans la légende sur la côte-ouest. Malgré la défaite, un défilé a eu lieu et plus de 100 000 personnes y ont assisté. 

L’année suivante, les performances de Brodeur furent reconnues, lorsqu’il fut invité au match des étoiles. Le tout fut toutefois contrecarré, lorsqu’il fut atteint d’un lancer-frappé de Dan Daoust, des Leafs. Son tympan droit a été perforé et il a dû recevoir 10 points de suture. Il rata donc le match des étoiles, qui avait lieu trois jours plus tard et fut remplacé par son coéquipier John Garrett

Pendant les années suivantes, Brodeur continua de jouer de nombreux match au sein d’une équipe qui stagnait ou qui régressait, et ce jusqu’en mars 1988. À ce moment, les Canucks étaient l’une des pires équipes de la ligue. Ils échangèrent donc Brodeur aux Whalers contre Steve Weeks, pour qu’il puisse appuyer Mike Liut. Une fois en séries, Hartford affronta Montréal, qui était favori. Brodeur joua quatre matchs, mais dans une cause perdante. Le Tricolore eut le dessus. 

L’année suivante, les Whalers envoyèrent Brodeur dans la Ligue américaine à Binghampton, pour servir de mentor à leurs jeunes gardiens. Il joua six matchs, avant de finalement prendre sa retraite.

Brodeur revint au Québec pour devenir représentant pour Labatt, en Gaspésie, sur la Côte-Nord, puis dans le Bas du fleuve. Il retourna ensuite à Vancouver, pour gérer un hôtel. 

Brodeur avait toutefois une passion, la peinture. C’est lors de son passage à Cornwall qu’il a commencé à peindre de façon autodidacte. Toutefois, dans l’atmosphère macho des années 1970, alors que les gardiens étaient déjà considérés comme bizarres, il est demeuré discret à ce sujet. Par contre, ayant subi plusieurs commotions cérébrales au fil de sa carrière, lorsqu’il eut des conséquences de celles-ci, c’est sa peinture qui lui a servi de bouée de sauvetage. 

Il y a 25 ans, il a eu envie de se consacrer entièrement à son art. Habitant toujours en Colombie-Britannique, il a vendu au fil des ans plusieurs centaines de toiles. Il expose régulièrement dans plusieurs galeries, incluant La Belle Galerie, dans le Vieux-Québec. Ses sujets préférés sont la nature et les scènes de hockey avec des enfants. 

 

Sources: 

D’Auteuil, Jean-Pierre et Otis, Jean-Philippe, La Ligue de hockey junior majeur du Québec, Depuis Lafleur, en passant par Lemieux et Crosby, Éditions Caractère, 2013, pages 25 à 30; 

″Brodeur avait un petit compte à régler à Québec″ de Maurice Dumas, 28 février 1980, Le Soleil, page C1, 

″Brodeur blessé, Garrett devient numéro un″ d’UPI et AP, 7 février 1983, Le Soleil, page B2,

″Canucks at 50: How Richard Brodeur went from Kermit to king to a folk-art ′Picasso′″ de J.J. Adams, December 10, 2019, The Vancouver Province (theprovince.com), 

″Richard Brodeur du filet à la toile″ de Jean-François Chabot, 26 avril 2020, Radio-Canada (ici.radio-canada.ca), 

″Des Nordiques au pinceau: l’ex-gardien de but Richard Brodeur raconte à quel point la peinture l’a «sauvé»″ de Diane Tremblay, 31 janvier 2024, Journal de Québec (journaldequebec.com), 

″Quand la peinture sauve la vie du Roi Richard″ de Mikaël Lalancette, 1er février 2024, La Tribune (latribune.ca), 

 ″L’ex-gardien de but Richard Brodeur expose ses toiles à Québec″ de Gabrielle Morissette, 2 février 2024, Radio-Canada (ici.radio-canada.ca), 

brodeurartist.com, hockeydraftcentral.com. labellegalerie.ca.

dimanche 6 avril 2025

Pat Price


Les talents offensifs de Pat Price ne prirent pas de temps à attirer l’attention. Le défenseur des Blades de Saskatoon de la Ligue de l’ouest fut même comparé à nul autre que Bobby Orr.

Lors de la Coupe Memorial de 1974 à Calgary, il s’y rendit avec son entourage, même si son équipe n’y participait pas. Il prit alors une chambre d’hôtel où son agent venait lui faire part des différentes offres qu’il recevait.

Dans la Ligue Nationale, le premier choix appartenait aux nouveaux Capitals de Washington. Dans l’Association mondiale (AMH), ce sont les Blazers de Vancouver qui avaient ce privilège. Propriété du richissime Jim Pattison, ceux-ci recherchaient un moyen de damner le pion aux Canucks, misérables depuis le début de leur existence en 1970.

La surenchère monta à un niveau inespéré pour Price. Son but était clairement de jouer dans la Ligue nationale, mais si une équipe de l’AMH pouvait le convaincre, c’était celle de sa province natale. Et elle a mis toute la gomme. On lui offrit pratiquement tous les biens qu’il voulait et on conclut finalement pour un contrat de 5 ans de 1,3 million $ (énorme à l’époque), un boni à la signature de 250 000$ (1,6 million $ en dollars d’aujourd’hui) et l’utilisation d’une Ferrari. Comme il s’agissait de plus d’argent qu’il n’avait gagné dans toute sa vie, le père de Price crut que le chèque visé du boni à la signature de son fils avait une erreur, car il croyait qu’il y avait un zéro de trop. Price voulut inviter tout le monde à souper pour fêter le tout, mais personne ne voulait encaisser son chèque…

Les Blazers choisirent ainsi Price au repêchage. Les Capitals passèrent donc leur tour et choisirent plutôt Greg Joly pour débuter leur existence, avec des résultats qui seront mitigés. La suite pour Price ne fut pas non plus à la hauteur des énormes attentes à son endroit.

D’abord, un mois et demi après la signature de son contrat, il eut des problèmes de voiture. Alors qu’il roulait à 140 km/h sous la pluie, il fit une sortie de route et emboutit sa Ferrari. Heureusement, il ne fut pas blessé, mais on la remplaça toutefois par une Monte Carlo.

Avant le début de la saison, Price fut invité à se joindre à l’équipe d’étoiles de l’AMH qui allait disputer l’équivalent du circuit maudit de la série du siècle. Sa participation fit toutefois aussi une sortie de route. À l’hôtel, Gerry Cheevers attendait un appel au sujet de l’état de santé de son beau-père. Comme il n’était pas aux alentours lorsque le téléphone sonna finalement, Price se précipita pour prendre l’appel mais du haut de ses souliers plateformes, il chuta. Il en résulta une foulure de la cheville et il rata ainsi la série.

Une fois finalement sur la glace, Price eut de la difficulté à faire la transition du style ouvert où il dominait dans le junior vers un style plus serré et robuste de l’AMH. De plus, il ne s’entendait pas vraiment avec son entraîneur de la vieille garde, Joe Crozier. Le vétéran Andy Bathgate voulut servir d’intermédiaire entre les deux, mais il arriva à Price de faire preuve d’arrogance envers cette légende pour qui il éprouvait pourtant du respect.

Lorsque l’équipe eut des problèmes, le climat se détériora. Quand Price se retrouvait en difficulté, ses coéquipiers, peu inspirés par son attitude et son salaire élevé, avaient peu tendance à venir à son aide.

En bout de ligne, Price termina sa saison avec 5 buts et 29 passes, ce qui n’était pas mauvais, mais insuffisant pour justifier son salaire. Voulant jouer dans la LNH, il s’entendit alors avec les Blazers (qui déménagèrent à Calgary pour devenir les Cowboys) pour rompre son contrat.

Maintenant libre, Price fut un choix de premier tour des Islanders en 1975, où ses anciens coéquipiers avec Saskatoon, Dave Lewis et Bob Bourne, eurent de bons mots à son sujet.

Sous les ordres d’Al Arbour, Price s’éloigna de son rôle purement offensif, où Denis Potvin remplissait ce rôle de toute façon, pour devenir un défenseur plus complet. La jeune équipe montra une progression certaine, mais sans parvenir à se rendre jusqu’au bout. Lors des séries de 1979, Price joua toutefois peu et exigea un échange.

Son souhait fut exaucé lorsque les Islanders le laissèrent sans protection lors du repêchage d’expansion et qu’il fut choisi par les Oilers. Une fois en Alberta, il se mit à pratiquer un style plus robuste. Il obtint également son plus haut total de buts avec 11. Pendant ce temps, à New York, les Islanders remportèrent la première de leur quatre Coupes consécutives.

Sa saison suivante fut partagée entre Edmonton et Pittsburgh, alors qu’il fut échangé contre Pat Hughes. Sa récolte de 42 points fut alors son sommet en carrière. En 1981-82, ce fut son total de minutes de punition qui atteignit son sommet, avec 322.

L’année suivante, il fut l’un des joueurs qui se brouilla avec l’entraîneur Eddie Johnston et fut alors soumis au ballotage. Ayant besoin de renfort suite aux blessures de Jean Hamel et Mario Marois, les Nordiques le réclamèrent en retour de 2500$.

La présence de Price à Québec fut toutefois l’objet d’un faux-départ. Après quatre parties dans l’uniforme fleudelysé, il fut victime d’un mal sérieux et mystérieux pour lequel différents diagnostiques furent émis. La conclusion fut finalement une grave infection virale au cerveau. Si celle-ci lui fit finalement manquer deux mois d’activité, elle aurait aussi pu lui coûter la vie.

Ce ne fut toutefois que partie remise. Par la suite, Price rendit de fiers services aux Nordiques. Ayant déjà des connaissances en français à son arrivée, il s’intégra bien à la vie dans la Vieille capitale, qu’il apprécia beaucoup. Pendant son séjour, il incita ses coéquipiers à apprendre la langue de Molière et l’équipe à les soutenir dans leurs efforts. Il investit également dans une entreprise locale de déménagement. Ce fut finalement à Québec qu’il joua le plus de matchs dans sa carrière professionnelle, avec 255, où il fut au cœur de la rivalité Québec - Montréal.

L’aventure québécoise de Price prit fin en mars 1987, lorsqu’il fut échangé aux Rangers en retour de Lane Lambert, qui deviendra plus tard l’entraîneur-chef que Patrick Roy a remplacé derrière le banc des Islanders l’an dernier.

Price termina la saison à New York, avant d’être à nouveau échangé, aux North Stars cette fois, contre Willi Plett.

Il joua ses 14 derniers matchs dans la Ligue nationale avec le Minnesota avant de prendre sa retraite. En 726 matchs, sa fiche est de 43-218-261, en plus d’avoir amassé 1456 minutes de pénalité.

S’il avait déjà envisagé de s’établir en permanence à Québec, il décida finalement de retourner dans sa Colombie-Britannique natale, où il opéra pendant dix ans une entreprise dans le domaine du bois avec son frère.

Il conduisit également des remorqueurs, en plus de travailler en restauration et pour un club de golf.

Sources :

Willes, Ed, The Rebel League, the short and unruly life of the World Hockey Association, McClelland & Stewart, 2004, p.141 à 146,

″Pat Price n’a pas le temps de s’ennuyer″ d’Alain Bouchard, 3 janvier 1983, Le Soleil, page B1,

″Pat Price… acte II″ d’Alain Bouchard, 15 mars 1983, Le Soleil, page C1,

″Pat Price réclame plus de français″, PC, 19 août 1986, La Tribune, page D2,

″I’m one of the fortunate few who have realized their dreams″ de Emanuel Sequeira et Will Johnson, Black Press, July 29, 2014, Nelson Star (nelsonstar.com),

″Le sang bleu à jamais″ de Jean-François Tardif, 24 août 2015, Le Soleil, page 38,

″Canucks at 50: Vancouver Blazers tries, but failed to capture the hockey market″ de Ed Willes, December 10, 2019, The Vancouver Province (theprovince.com),

banqueducanada.ca, hockeydraftcentral.com, hockey-reference.com.

vendredi 4 avril 2025

Les grands voyageurs #16 - Dave McLlwain

 


 

Le trophée O'Brien

Lors de la saison 1977-78, le défenseur Dennis O'Brien marqua l'histoire en devenant le premier joueur à disputer au moins un match pour 4 équipes différentes durant la même saison. Cela lui aura valu, 40 ans plus tard, de voir un trophée à son nom à La Vie Est Une Puck pour le joueur qui a joué pour le plus d'équipes durant la saison.

Mais lors du brainstorm pour la création de ce trophée, on pensait d'abord nommer ce trophée en l'honneur de celui qui répéta l'exploit en 1991-92, nul autre que Dave McLlwain. On s'est finalement rabattu sur O'Brien, le OG, mais aujourd'hui on tient quand même à faire une place à McLlwain en lui accordant finalement une bio. 

David Allan McLlwain et né le 9 juin 1967 à Seaforth en Ontario, même ville d'origine que plusieurs joueurs de renom comme Cooney Weiland et Ryan O'Reilly. 

Joueur de centre de 6'-0" et 185 livres, McLlwain débuta son stage junior en 1984-85 avec les Rangers de Kitchener mais fut échangé aux Centennials de North Bay la saison suivante, saison qui résulta sur sa sélection tardive en 9e ronde (174e au total) par les Penguins de Pittsburgh au repêchage de 1986.

Il termina ensuite la saison 1986-87 avec 119 points, au deuxième rang de la OHL. Il participa également aux championnat junior de 1987, ce fameux tournoi qui vit la Russie et le Canada être disqualifiés suite à une bagarre générale.  


Il débuta ensuite son parcours professionnel en 1987-88, parvenant à se tailler un poste avec les Penguins, à l'exception de 9 matchs dans la IHL avec les Lumberjacks de Muskegon. Il récolta 19 points dont 11 buts en 66 matchs pour cette saison recrue.

Il sembla régresser la saison suivante et ne joua que 24 matchs à Pittsburgh (3 points) et il passa la majorité de la saison à Muskegon, les aidant à remporter la coupe Turner. 

Ce fut sa dernière saison à Pittsburgh car durant l'été 89, il fit partie d'une transaction de 6 joueurs entre les Penguins et les Jets de Winnipeg. En compagnie de Randy Cunneyworth et le gardien Rick Tabbaracci, McLlwain prit le chemin du Manitoba. En retour, les Penguins mirent la main sur Jim Kyte, Randy Gilhen et Andrew McBain.

McLlwain répondit parfaitement à cet échange, récoltant des sommets en carrière de 25 buts et 51 points en 1989-90. Cela sembla toutefois être bien éphémère alors qu'il régressa à seulement 25 points en 1990-91.

Vint ensuite sa fameuse saison à 4 équipes en 1991-92.

Après seulement 3 matchs en début de saison avec les Jets, il passa aux Sabres de Buffalo dans un échange impliquant 5 joueurs et un choix au repêchage qui devint Yuri Khmylev chez les Sabres. Mais seulement 2 semaines plus tard, il fit partie d'un autre échange encore plus gros, celui de Pierre Turgeon/Pat LaFontaine entre les Sabres et Islanders de New York. McLlwain, Turgeon, Benoit Hogue et Uwe Krupp devinrent alors des Islanders, tandis que Lafontaine, Randy Hillier et Randy Wood devinrent des Sabres.

Il joua donc pour les Islanders pour les 54 matchs suivants, amassant 23 points. Mais lors de la date limite des transaction au printemps 1992, il passa aux Maple Leafs de Toronto en compagnie de Ken Baumgartner. En retour, les Islanders mirent la main sur Claude Loiselle et Daniel Marois.

Donc si vous étiez parmi ces nombreux collectionneurs de cartes autour de 1992, vous deviez avoir pas mal de versions de Dave McLlwain:




Après autant de mouvement, il put au moins réaliser un rêve d'enfance de pouvoir jouer à Toronto devant les siens. Il fut «récompensé» en 1992-93 en jouant la saison entière avec les Leafs, amassant 18 points en 66 matchs.

Mais ce fut encore une fois très bref dans la ville reine alors qu'il signa avec les Sénateurs d'Ottawa durant l'été 1993, et connaitra sa deuxième meilleure récolte en carrière en 93-94 avec 43 points. Après une demie-saison moyenne en 1995, les Sénateurs s'en débarrassèrent, tout d'abord en le prêtant dans la IHL aux Lumberjacks de Cleveland. 

Parenthèse ici pour parler des Sens, qui faisaient alors véritablement honneur à leur jeune réputation de club broche à foin, puisqu'au même moment, le club versait plus de 2,5 millions en salaire à des joueurs qui n'étaient même plus dans la LNH... 

Je recopie ici un texte du Soleil du 8 décembre 1995:

«Les infortunés Sénateurs d’Ottawa ont retourné hier aux mineures les vétérans Dave Archibald et Scott Levins. Puisqu’Archibald recevra quand même son salaire de 400 000 $ à l’île-du-Prince-Édouard, les Sénateurs devront désormais verser quelque 2.5 millions à des joueurs qui ne sont pas dans la LNH. L’équipe verse environ 19 millions en salaires. Pat Elynuik (850 000$), Brad Shaw (550 000$), Chris Dahlquist (550 000$), Dave McLlwain (450 000$), Darrin Madeley (300 000$) et Sylvain Turgeon (150 000$) appartiennent tous aux Sénateurs même si aucun d’eux ne joue à Ottawa. Ils écoulent tous leurs contrats garantis dans la LIH. Les Sénateurs doivent également honorer les contrats de l’ancien entraineur Rick Bowness et de son adjoint Alain Vigneault, ainsi que celui de l’ex-directeur général Mel Bridgman.


 

Mais McLlwain était loin d'être fini car il amassa 75 points dont 30 buts en 60 matchs dans la IHL. Il évoluait avec le même club qu'il avait auparavant porté les couleurs, les Lumberjacks, qui étaient toutefois déménagés à Cleveland. Les Lumberjacks demeuraient toujours le club-école des Penguins et c'est en quelque sorte ce qui dicta la suite des choses. Les Sénateurs trouvèrent finalement preneur pour les services de McLlwain en mars 1996 lorsqu'il retourna aux Penguins en retour d'un choix de 8e ronde.

Après avoir fait ce court retour avec les Penguins, il retourna avec les Lumberjacks en 1996-97. Il parvint toutefois à revenir dans la LNH pour 4 matchs en fin de saison avec un autre ancien club, les Islanders. Ce furent ses derniers matchs dans la LNH.

Il mit ensuite le cap sur la ligue allemande en 1997-98 avec le Landshut EV. S'en suivit par après 2 saisons avec le HC Berne dans la ligue Suisse.

En 2000-01, il retourna dans la ligue allemande avec les Sharks de Cologne. Il y connaitra alors ses années les plus stables, jouant avec le club jusqu'à sa retraite en 2009.

Il termina deux fois en tête des pointeurs de la DEL, soit en 2005-06 et 2006-07. Il fut élu capitaine des Sharks pour ses trois dernières saisons et demeure à ce jour le 2e meilleur pointeur de l'histoire de l'équipe.

L'équipe lui a rendu honneur lors de sa retraite et à ce qu'on peut entendre ici, il avait même appris un peu d'Allemand...


En 501 matchs dans la LNH, il amassa 100 buts et 107 passes pour 207 points.

Il fallut ensuite attendre jusqu'en 2014-15 pour revoir un joueur faire 4 équipes en une saison lorsque Mark Arcobello réédita l'exploit, suivi quelques années plus tard de Jussi Jokinen en 2017-18.

dimanche 29 décembre 2024

Billy Smith








Au cours du temps des fêtes, qui n’est pas encore tout à fait terminé, on mentionne parfois le personnage du grincheux de Noёl. Ceci m’a donné l’idée d’écrire un billet au sujet du grincheux du hockey.

Billy Smith est originaire de Perth, dans l’est ontarien. Il débuta donc son stage junior dans la ville voisine de Smiths Falls de la Ligue centrale junior A en 1967. À cette époque, cette ligue pouvait aspirer à la Coupe Memorial. De plus, les équipes d’une même ligue pouvaient se prêter des joueurs en vue du tournoi. C’est ainsi que Smith fut prêté aux Castors de Hull pour le tournoi de 1969. Ce furent finalement les Canadiens Jr. qui remportèrent la vénérable coupe.

Pour la saison 1969-70, on mit sur pied la Ligue de hockey junior majeure du Québec (LHJMQ), en fusionnant la Ligue de hockey junior du Québec et la Ligue junior Montréal Métropolitain. Les Royals de Cornwall quittèrent alors la Ligue centrale pour se joindre à la nouvelle ligue. Smith suivit et se joignit alors aux Royals.

Si Cornwall était alors une équipe assez ordinaire, Smith attira l’attention en jouant tous les matchs sauf un. Il fut donc repêché en 5e ronde (58e au total) par les Kings de Los Angeles.

Assigné aux Kings de Springfield de la Ligue américaine l’année suivante, Smith et ses coéquipiers causèrent une surprise, alors qu’après une saison moyenne, ils remportèrent la Coupe Calder.

Smith retourna à Springfield pour la saison 1971-72, tout en parvenant à jouer ses cinq premiers matchs dans la LNH. Par contre, les Kings venaient de faire l’acquisition de Rogatien Vachon des Canadiens. Avec la présence de Gary Edwards, il n’y avait plus d’espace devant le filet des Kings. Smith fut donc laissé sans protection et fut choisi par les Islanders au repêchage d’expansion de 1972.

C’est avec Gerry Desjardins que Smith partagea le filet de la nouvelle équipe. Au 2e match, Smith fut crédité de la première victoire des Islanders, contre la formation qui l’a laissé partir, Los Angeles.

Smith fut ensuite joint par Glenn "Chico" Resch, avec qui il forma un duo suivant le départ de Desjardins pour l’AMH en 1974-75.

Les deux se partagèrent la tâche plus ou moins également pendant plusieurs années alors que la surprenante jeune équipe progressa plus rapidement que prévu.

Le 28 novembre 1979, alors que les Islanders connaissaient un début de saison très décevant, ils allèrent jouer au Colorado, contre les minables Rockies. Smith fit alors les manchettes pour une raison inusitée. C’est Resch qui débuta le match devant le filet des Isles, mais il fut remplacé par Smith. En 3e période, les Islanders écopèrent d’une pénalité à retardement. Bill McKenzie quitta alors le filet du Colorado. À ce moment, le défenseur Rob Ramage envoya par inadvertance la rondelle dans son propre filet. On accorda d’abord le but au défenseur Dave Lewis, mais après la fin du match, on se ravisa pour finalement le mettre à la fiche de Smith. Si c’était déjà arrivé dans les mineures (par Michel Plasse), c’était la première fois que ça arrivait dans la Ligue nationale. La contribution de Smith ne fut toutefois pas suffisante pour éviter la défaite aux Islanders, 7-4. Seulement 7112 spectateurs ont assisté à ce moment historique.

À ce moment, Smith s’était développé une réputation de gardien très intense. Dans la chambre, ses coéquipiers affirmaient qu’il y avait un cercle imaginaire autour de son casier. Si quelqu’un s’y aventurait alors qu’il était dans sa préparation, c’était au péril de sa vie. Si au cours d’un entraînement, un coéquipier avait le malheur de lancer haut, l’effet était le même. Quant à sa relation avec les journalistes, elle était pour le moins froide.

Par contre, c’est avec ses adversaires qu’il fut le plus sans pitié. Il n’avait aucune tolérance pour qui que ce soit qui s’approchait de son rectangle. Il distribuait sans retenue les coups de bâton avec toute sa force. Même Wayne Gretzky fut sa cible à un moment. Il hérita alors du surnom de Billy The Hatchet Man ou Billy La Hache. Lorsqu’on répliquait, Smith pouvait se battre ou à l’inverse, jouer la victime.

Après des parcours en séries intéressants mais sans se rendre au bout, la réputation de gardien à son meilleur lorsque ça compte de Smith finit par rapporter. Lors des séries de 1980, malgré le début de saison pénible qu’ils avaient connu, les Islanders remportèrent leur première Coupe Stanley. Si c’est Resch qui joua la majorité des parties en saison régulière, Smith prit le filet pour la plupart des matchs en séries. Et lorsqu’une série se terminait, Smith était reconnu pour refuser d’aller serrer la main de ses adversaires.

La saison suivante, l’équipe confirma que c’était maintenant Smith le numéro 1, lorsque Resch fut échangé aux Rockies. On se servit de lui comme monnaie d’échange pour obtenir le défenseur Mike McEwen et on le remplaça en faisant graduer Roland Melanson. Cette saison fut couronnée par une 2e Coupe Stanley.

En 1981-82, on changea la façon dont on décernait le trophée Vézina. Au lieu de l’attribuer aux gardiens de l’équipe ayant accordé le moins de buts (ce qui favorisait souvent les gardiens des meilleures équipes plutôt que le meilleur gardien), on le donna dorénavant au gardien élu par les directeurs généraux de la ligue. C’est le trophée Jennings qui prit l’ancienne place du trophée Vézina. Smith remporta le premier Vézina nouveau genre et le 2e Jennings l’année suivante, en compagnie de Melanson.

Lors des séries de 1983, les Islanders visaient une 4e Coupe consécutive. En finale, ils affrontaient les jeunes Oilers, où Smith ne mit pas de temps à faire parler de lui. Dès le premier match, Smith blessa Glenn Anderson avec son éternel coup de bâton. Il écopa de deux minutes de pénalité, mais il mit en rogne l’entraîneur des Oilers, Glen Sather, qui affirma que Smith brandissait son bâton comme un fou furieux. Smith tourna Sather au ridicule, affirmant qu’Anderson exagérait et que le joueur le plus vicieux, c’était Mark Messier. Les Islanders remportèrent la Coupe, mais Edmonton prit sa revanche l’année suivante.

Si New York devint moins dominant avec les années, Smith continua à faire des siennes avec son bâton. Le 13 janvier 1985, il frappa Curt Fraser des Black Hawks et lui fractura la joua. Cette fois, il fut finalement suspendu pour 6 parties.

Smith joua jusqu’en 1988-89. À ce moment, il était le dernier joueur actif de l’édition initiale des Islanders et détenait la quasi-totalité des records d’équipe pour un gardien. (La plupart de ces records sont aujourd’hui battus.) Ses 475 minutes de pénalité constituaient aussi le record de la LNH pour un gardien (par la suite battu par Ron Hextall).

À sa retraite, il devint entraîneur des gardiens chez les Islanders, avant de suivre Bill Torrey (ancien directeur-gérant des Islanders) chez les Panthers.

On dirait qu’on lui a pardonné ses frasques, puisqu’il a été élu au Temple de la renommée en 1993. Il faut par contre mentionner que ceux qui l’ont côtoyé s’entendent pour dire que s’il était intense à l’extrême et irascible dans un contexte de hockey, il était une personne tout à fait aimable et fréquentable hors de la patinoire.

Son frère Gord a joué 299 matchs avec les Capitals et les Jets.

Sources:

″Smith réussit le premier but par un gardien dans la LNH″, UPI, AP et PC, 29 novembre 1979, Le Soleil, page C3,

″′I started laughing′ : Smith says of critics″, UPI, May 12, 1983, Windsor Star, page B1,

″Billy Smith le savait trop bien…″ de Réjean Tremblay, 5 mai 1984, La Presse, page C2,

″Swingin’ Billy suspended for 6″, CP, January 29, 1985, Saskatoon Star-Phoenix, page C1,

″Smith gets six-game suspension″, Gazette News Services, January 29, 1985, Montreal Gazette, page D12,

″NHL99: Battlin’ Billy Smith was everything you’d want in a goalie″ de Michael Russo, October 27, 2022, New York Times (nytimes.com),

wikipedia.org.

vendredi 8 novembre 2024

Quiz hardcore LVEUP: Islanders de New York

 




C'est l'heure de retourner dans le hardcore avec un autre quiz LVEUP. 

Cette fois-ci c'est au tour des autrefois valeureux Islanders de New York de titiller vos méninges dans un de ces quiz qui va vous donner des caisses de fil à retordre.

Bonne chance! Partagez-nous votre score dans les commentaires ou sur Facebook ou sur Twitter.

Pour d'autres quizzzzez du genre, cliquez ici.


jeudi 1 août 2024

Joueur oublié des 90's #92 - Doug Houda

 


 

Voici un (rare) clip cocasse des NHL Awards de 1997 où Ron MacLean annonce à Phil Esposito que suite à la règle controversée du patin dans le demi-cercle, la ligue a décidé d'appliquer rétroactivement le règlement. Cela fait en sorte que le total de buts en carrière d'Esposito (un joueur qui était réputé pour les buts devant le filet) a diminué drastiquement, le mettant finalement à 3 buts derrière Doug Houda...


Douglas Harold Houda est né le 3 juin 1966 à Blairmore en Alberta. Grand défenseur physique de 6'2" en 200 livres, Houda était ce qu'on appelle un défenseur «défensif» ou «dans sa zone», étant rarement appelé à contribuer offensivement. Il n'était pas non plus un agitateur ou un pugiliste mais n'hésitait toutefois pas à se battre si la situation l'exigeait. Il était également réputé pour ses bonnes mises en échec.

Il débuta son stage junior avec les Wranglers de Calgary de la WHL en 1982. Après sa deuxième saison avec les Wranglers où il amassa 195 minutes de pénalités et une fiche de 36 points, les Red Wings en firent leur choix de 2e ronde (28e au total) du repêchage de 1984. 

Il connut en 1984-85 sa meilleure saison offensive à vie (incluant chez les pros) avec les Wranglers avec 20 buts et 54 passes. Il termina cette saison avec le club-école des Red Wings comme renfort en séries, débutant ainsi son passage chez les pros.

Il débuta ensuite la saison 85-86 à Détroit mais fut renvoyé au junior après 6 matchs. Il termina sa carrière junior en étant échangé à Medecine Hat.

Il passa ensuite les saisons suivantes à faire la navette entre les Wings et leurs clubs-école, n'étant jamais capable de s'assurer un poste permanent à Détroit. Sa meilleure saison (à vie dans la LNH) fut celle de 1988-89 où il obtint 2 buts et 11 passes pour 13 points. Il parvint ensuite finalement à jouer 73 matchs avec le club, récoltant 2 buts et 9 passes. 

Un changement d'entraineur la saison suivante le fit toutefois retourner dans la ligue américaine. Il fut finalement échangé aux Whalers en février 1991 en retour de Doug Crossman.

Il eut plus de temps de glace avec une plus faible équipe à Hartford, connaissant sa meilleure récolte de buts en 1991-92 avec 3 buts(!) et jouant exclusivement pour le grand club. Il fut toutefois échangé aux Kings durant la saison 1993-94 en retour de Marc Potvin. Après cette seule demie-saison à L.A., Houda fut échangé aux Sabres en retour d'un jeune Sean O'Donnell.



Houda eut des moments difficiles à Buffalo, étant finalement rétrogradé dans les mineures en 1995-96. Il profita toutefois de l'occasion pour s'imposer avec leur club-école, les Americans de Rochester, qu'il aida à remporter la coupe Calder au printemps 1996. Cela le remit sur le radar des autres équipes et finalement, les Islanders le signèrent comme agent libre durant l'été. Après une saison complète à Long Island, il fut échangé aux Mighty Ducks durant la saison 1997-98.

Il retourna au bercail à l'automne 98 lorsque les Red Wings refirent son acquisition en retour d'un choix de 9e ronde. Désormais une super-puissance, les Wings l'employèrent exclusivement comme mentor avec le club-école, ne lui faisant jouer que 3 matchs en remplacement de blessés durant la saison 98-99.

Il retourna ensuite dans l'organisation des Sabres avec leur club-école de Rochester. À ce stade de sa carrière, il était heureux dans les mineures dans le rôle de grand frère, ce qui lui permit de préparer sa prochaine carrière derrière le banc. Il joua 4 saisons avec les Americans, n'étant rappelé que pour deux matchs à Buffalo, dont son dernier en 2002-03 à sa dernière saison.


Après sa retraite, il demeura à Rochester comme assistant entraineur. Il fut ensuite engagé par les Bruins comme assistant. Il demeura à ce poste jusqu'en 2016, étant au passage membre de l'équipe championne de 2011. Il fut ensuite assistant avec son ancien club, les Red Wings, de 2016 à 2022. Il demeura ensuite assistant, mais cette fois-ci avec les Islanders. Il fut toutefois remercié cet été et ne sera pas de retour la saison suivante.

En carrière dans la LNH, sa fiche fut de 19 buts et 63 passes pour 82 points en 561 matchs. Le total de buts officiels de Phil Esposito est demeuré à 717, soit 37 fois la récolte de Doug Houda...


mercredi 14 février 2024

Escapade à Belmont Park


Ah! Les Islanders! Si comme moi, vous avez connu les années 1980, peut-être éprouvez-vous un petit pincement au cœur à leur sujet. Ils avaient tellement une belle équipe pendant cette période, équipe qui a été bâtie rapidement et qui a remporté la Coupe Stanley à seulement leur huitième année. (Et sans bénéficier d’un repêchage d’expansion favorable comme ce fut le cas des Golden Knights récemment.) En répétant l’exploit lors des trois années suivantes, ils dépassaient alors leurs pompeux voisins, les Rangers, de 46 ans leurs aînés. (Les deux équipes sont maintenant à égalité.) 

L'architecture est belle.  Ce n'est pas qu'une boîte rectangulaire. Le revêtement est en briques.

Ils eurent ensuite une longue traversée du désert, qui devint carrément pathétique lors de l’ère Milbury Même si je considérais ce dernier méprisable, je trouvais dommage de voir ce qui avait déjà été une organisation modèle tomber si bas. Heureusement, elle a repris de la couleur et a même eu un certain succès en séries depuis.

L'image de l'équipe fut aussi entachée par le changement de chandail raté du Fishsticks.  Étonnamment, celui-ci est encore disponible et porté de façon décomplexée par des partisans.  Chacun ses goûts... 

J'ai été étonné de voir le nombre d'articles "Fishsticks", incluant au magasin de souvenirs.

On a d'ailleurs ramené NYIsles le marin pour seconder Sparky le dragon

Du côté affaire, ce fut aussi la galère. Après avoir voulu remplacer le désuet Nassau Coliseum et connu des échecs au niveau immobilier, les Islanders ont dû se rabattre sur un plan d’urgence inadéquat, le Barclays Center, le domicile des Nets de Brooklyn de la NBA. Tellement inadéquat, que les Islanders l’ont quitté plus tôt que prévu.

Cette saga pathétique a finalement pris fin au début de la saison 2021-22, lorsque fut inauguré le UBS Arena. C’est leur aréna, alors cette solution devrait être à long terme. Cette construction qui a coûté 1 milliard de dollars est située à Belmont Park, sur le site de la renommée piste de course de chevaux, où se déroule annuellement l’épreuve de la triple couronne, le Belmont Stakes.

Si vous êtes en visite dans la Grosse pomme et que vous désirez voir les Islanders (ou si vous ne voulez pas payer les prix dispendieux des Rangers), on peut s’y rendre avec le train du Long Island Rail Road (LIRR) qu’on peut prendre à partir de Penn Station (la gare sous le Madison Square Garden) et débarquer à la station Elmont-UBS Arena. Certains trains sont directs, alors que pour d’autres, il faut changer de ligne à la station Jamaica. Le billet m’a coûté 26$ pour l’aller-retour. On peut ensuite marcher à travers les stationnements ou prendre une navette.

La piste de course est en rénovation...

... incluant l'enlèvement de l'amiante de l'immeuble.

La construction a d’ailleurs été réalisée pour être harmonieuse avec sa voisine et refléter la richesse des lieux. (Sur le site internet de la piste de course, il est bien mentionné qu’une tenue élégante (″elegant attire″) y est une longue tradition et que ceux qui honoraient cette tradition étaient appréciés. Il faudra toutefois attendre avant d’honorer cette tradition, puisque l’endroit est en profonde rénovation, incluant le retrait d’amiante.)

À gauche, la piste de course.  À droite, l'aréna.  Les deux ont un style harmonisé, avec la même brique.

Si le Barclays est situé dans un endroit très urbain et dans la partie ouest de Long Island, l’UBS Arena est dans un endroit qui ressemble plus au Nassau Coliseum, où la base traditionnelle des partisans des Islanders se trouve et qui a été un peu abandonnée lors du passage à Brooklyn. (Je sympathise avec les équipes de marketing et de ventes qui ont dû se démêler avec ça…) Il est plus loin sur Long Island (à une vingtaine de kilomètres de Nassau) et dans un contexte typiquement banlieusard, avec d’énormes stationnements autour. Si on se fie au nombre de chandails aux couleurs de l’équipe portés par les partisans, on pourrait dire que les Islanders peuvent compter sur l’appui d’une bonne base, impression qu’on n’avait pas au Barclays. Est-ce à dire que les anciens partisans sont revenus? On pourrait le penser, bien que je n’aie pas fait d’enquête à ce sujet.

Autour de l’aréna, il y a suffisamment d’espace pour organiser des activités, bien que ce ne soit pas exactement un tailgate. Lorsque j’y suis allé, il y avait des activités pour souligner la ″Next Gen Game″, l’équivalent du match de la famille, qui a eu lieu en après-midi. Dans ce qui s’appelle ″The Park″, il y avait une patinoire où jouaient des enfants, des jeux d’adresse et une foule de mascottes. On veut créer l’événement, puisque c’est plutôt tranquille dans les alentours.

Le parc derrière l'aréna

À l’intérieur, une fenestration abondante laisse entrer la lumière du jour, chose pas si courante pour un aréna. Sur les murs, on trouve le Temple de la renommée des Islanders, des références aux athlètes de la région (comme Julius Erving) et des références au sport de son illustre voisin. D’une capacité de 17 255 places, il fait partie des petits domiciles de la LNH, mais c’est une augmentation par rapport aux deux endroits précédents.

De grandes fenêtres qui laissent entrer la lumière, encore plus visible pour un match d'après-midi

Mur où on honore les sportifs de la région

Comme les Islanders sont vraiment chez eux, ils peuvent honorer leurs anciennes gloires.  On ne retrouvait pas cela au Barclays Center, où ils étaient un locataire plus ou moins bienvenu.

On salue Ed Westfall, qui avait le surnom le plus terne possible ("18", son numéro)...

Référence aux voisins

Petit bémol: Pourquoi ne pas faire le plafond un peu plus haut pour ne pas obstruer la vue du tableau des dernières rangées?

Et qu'est-ce que ce truc plutôt mal placé?  Une prise de son?

La zamboni six pack

Faire porter un "Di Pietro" à un enfant.  Est-ce que j'aurais dû appeler la DPJ?

J’avais donc envie de voir ce nouveau domicile des Islanders situé dans un site intriguant, mais lorsqu’il fut annoncé que Patrick Roy allait prendre place derrière le banc de l’équipe, mon intérêt n’en fut qu’augmenté.

Le match ciblé opposait donc New York aux Flames de Calgary, qui avaient d’ailleurs certains de leurs partisans qui avaient fait le voyage. Les Flames ont alors pu compter sur l’apport des joueurs obtenus en retour de Matthew Tkachuk. Jonathan Huberdeau a obtenu un but et une passe, pendant que Mackenzie Weeger a complété son tour du chapeau dans un filet désert. Même si son équipe a obtenu plus de tirs, notre Casseau national aura probablement à travailler l’offensive, qui ne s’est pas montré particulièrement menaçante, à part pendant la troisième période. Elle a compté deux buts, incluant un résultant de la générosité du gardien des Flames, Jacob Markstrom. Les Flames l’ont emporté 5-2.  Heureusement pour Roy, il pourra compter sur le talentueux défenseur Noah Dobson pour faire progresser les Isles.

Lorsqu'ils étaient au Barclays Center, les partisans des Islanders criaient "Yes! Yes! Yes!" en poussant les mains lorsque leurs favoris marquaient.  (Les amateurs de lutte penseront probablement à Daniel Bryan.) J'espérais que cette pratique plutôt insignifiante soit disparue.  Non, elle est encore là...

Malgré quelques sièges vides, on a annoncé une salle comble. Dans cette foule, il y avait mon voisin qui portait un foulard qui m’intriguait. Je lui ai donc demandé quelle équipe il représentait. Il me répondit avec quelques mots et des gestes. Il ne parlait toutefois pas anglais, mais j’ai fini par comprendre que lui et son épouse venaient de Tchéquie. Il a profité de son voyage à New York pour voir un match de la LNH. Son foulard représente le HC Olomouc, un club de la première division tchèque où a déjà joué David Krejčì. J’aurais eu plusieurs questions à lui poser au sujet de cette équipe évoluant dans cette ville de 100 000 habitants, mais mes notions de tchèque étant inexistantes, notre conversation fut limitée. Il a toutefois eu la gentillesse de me donner son beau foulard arborant un coq, en plus d’encourager vigoureusement l’équipe locale en tchèque (bien qu’elle ne compte pas de tchèque dans sa formation).

Mon nouveau foulard, gracieuseté de mon nouvel ami tchèque

À la sortie, il se crée des bouchons pour les automobilistes qui tentent de sortir de ces grands stationnements. L’achalandage à la gare de train est également considérable. Bien que plus de gens retournaient chez eux vers l’est, le retour vers Manhattan fut aussi très occupé, puisqu’il coïncidait avec le trajet de ceux qui se rendaient vers le Madison Square Garden pour le match des Knicks en soirée.

La station de train assez achalandée après le match.  Comme on peut voir, il y avait quelques partisans des Flames.

Sources : nyra.com, wikipedia.org.