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lundi 10 mars 2025

Howie Young



 



Né le 2 août 1937 à Toronto, le jeune Howard Young rêvait de devenir cowboy comme son idole John Wayne, jusqu'à ce qu'il assiste à son premier match de hockey au vieux Maple Leaf Gardens. 

Cependant, les parents de Young étaient tous les deux alcooliques, donc c'est avec sa grand-mère qu'il fut principalement élevé. Cette dernière mourut lorsqu'il avait 16 ans, et il dut alors se débrouiller seul, au même moment qu'il commençait lui aussi à développer de sévères problèmes d'alcool. 

Young était toutefois un défenseur très prometteur au sein des Canucks de Kitchener. Costaud, manieur de rondelle hors-pair et rapide patineur, il aurait apparemment attiré l'attention des Canadiens qui l'invitèrent à leur camp d'entraînement, mais il aurait supposément bousillé l'occasion en étant trop souvent lendemain de veille durant cet essai.

Young avec les Saguenéens
de Chicoutimi en 1958
Il devint ensuite propriété des Maple Leafs et continua son apprentissage junior à Hamilton. Les Leafs l'envoyèrent éventuellement débuter son parcours professionnel en 1958-59 avec les Saguenéens de Chicoutimi, alors dans la ligue du Québec. 

Il devint alors à la fois une vedette ainsi qu'un paria dans cette ligue, étant à la fois célébré pour sa rapidité et sa vision, mais aussi détesté pour ses excès de rudesse. Il était notamment réputé pour ses mises en échec percutantes, mais souvent jugées trop brutales aux yeux des arbitres et de cette ligue. Il avait aussi ce qu'on appelle une «short fuse», étant prompt à complètement perdre la boule sans préavis et se ruer sauvagement sur les joueurs adverses ou engueuler les arbitres. 

Il termina la saison avec 20 points, mais il accumula aussi 180 minutes de pénalité, un sommet dans la ligue, ainsi que quelques suspensions et amendes. 

Les Leafs l'envoyèrent ensuite dans la Ligue américaine avec les Americans de Rochester pour la saison 1959-60. Il continua ses frasques dans la AHL durant toute la saison, terminant troisième pour les minutes de pénalité. Cependant, malgré son potentiel certain, son indiscipline lui coûta sa place avec les Leafs, qui le libérèrent. 

Il se retrouva alors du boulot avec les Bears de Hershey en 1960-61, mais ces derniers trouvaient également qu'il était trop indiscipliné et l'échangèrent aux Red Wings contre Marc Réaume. 

C'est avec les Wings qu'il parvint à finalement atteindre la LNH à l'âge de 23 ans. Malgré qu'il ne joua que 29 des 70 matchs de l'équipe, il termina en tête de l'équipe avec 108 minutes au cachot. Il aida les Wings à se rendre jusqu'en finale dans une cause perdante contre Chicago, amassant 2 buts et 2 aides en 11 matchs durant les séries.

Sa saison 1961-62 fut toutefois à oublier à Détroit, où après 30 matchs avec seulement 2 passes au compteur et beaucoup trop d'indiscipline de sa part, autant sur la glace qu'en dehors, les Wings l'envoyèrent terminer la saison avec les Flyers d'Edmonton dans la Western Hockey League. Il aida toutefois les Flyers à remporter la coupe Patrick au printemps 1962.

Il passa ensuite la saison 1962-63 entièrement à Détroit, et termina en tête des joueurs pénalisés avec un 273 minutes de punition, battant le record de 202 minutes détenu par Lou Fontinato depuis 1956. Ce nouveau record de Young dura ensuite jusqu'en 1970. 

À ce moment à travers la LNH, autant les joueurs, dirigeants et fans étaient polarisés sur ce mystère qu'était Howie Young, à savoir s'il était un joueur qui méritait de jouer ou non dans la ligue. Maurice Richard, alors à la retraite, qualifia Young de complètement fou. Frank Selke Jr. abonda dans le même sens en déclarant dans le journal que Young avait besoin d'un psychiâtre. Mais d'un autre côté, Jack Adams déclara qu'il avait aussi le potentiel de devenir le prochain Eddie Shore.

Et même si son style de jeu attirait les foudres, il demeurait extrêmement populaire auprès des fans, car en plus de faire lever les gens de leurs sièges avec son jeu violent, il avait aussi un look de beau gosse et beaucoup de charisme. Il fut d'ailleurs en vedette sur la couverture de Sports Illustrated en janvier 1963. Il avoua plusieurs années plus tard qu'il était lendemain de veille lors de la prise de cette photo.

 


Éditorial de Frank Selke dans le journal La Patrie

Donc malgré son talent indéniable, il ne parvenait pas à calmer ses démons, étant en plus de nombreuses fois arrêté par la police suite à d'autres bagarres, dans les bars cette fois-ci. Il lui arrivait aussi de rater des matchs, des pratiques ou même l'avion de l'équipe. Après avoir causé de nombreux maux de têtes en peu de temps aux Red Wings, ces derniers perdirent finalement patience avec lui, l'échangeant aux Blackhawks durant l'été 1963 en retour du gardien Roger Crozier et du défenseur Ron Ingram. 

Les Blackhawks regretteront amèrement cet échange, car malgré que Young aida à remplir leur aréna, Crozier gagna le trophée Calder en 1964-65. Pendant ce temps, Howie Young et ses problèmes ne firent que passer à Chicago, mais ce fut très chaotique. Un exemple d'un match typique du «mauvais» Young se produisit lors d'un match contre Montréal en début de saison. Il aurait alors pourchassé Ralph Backstrom pendant plusieurs secondes avant de l'envoyer brutalement sur la bande. Après avoir reçu un deux minutes de pénalité, il jeta ses gants sur la glace en protestation, suite à quoi l'arbitre lui donna un 10 minutes supplémentaire. Young aurait ensuite menacé l'arbitre, qui l'a ensuite expulsé du match et donné une amende. 

Pendant un autre match à Toronto, il aurait craché vers Stafford Smythe, le DG les Leafs, alors que ce dernier était derrière le banc des pénalités avec son épouse et ses enfants. Clarence Campbell songea alors à bannir Young à vie de la LNH, mais cela ne résulta finalement qu'à une suspension de 5 matchs. Campbell déclara toutefois à Young qu'il était “the greatest detriment to hockey that ever laced on a pair of skates".

Donc après seulement 39 matchs, 99 minutes de pénalité et seulement 7 passes, les Blackhawks s'en débarrassèrent en vendant Young aux Blades de Los Angeles dans la WHL, tout en gardant ses droits dans la LNH.

Young déménagea donc en Californie et joua trois saisons avec les Blades. Il continua d'amasser les mauvaises pénalités, menant la ligue avec 227 minutes en 1964-65, mais obtint de meilleures statistiques, démontrant finalement son côté offensif. 

Son look hollywoodien correspondait parfaitement à l'endroit et il rencontra un jour Frank Sinatra qui l'engagea pour jouer dans son film «None but the Brave», un film sur la 2e guerre mondiale où il eut une seule ligne de dialogue. Il revint de ce tournage avec une coupe «Mohawk» peu orthodoxe pour l'époque, ce qui lui causa davantage de controverse.

 

Frank Sinatra en compagnie d'Howie Young sur le plateau du film «None but the brave»

La coupe «Mohawk» de Young durant son temps avec les Blades de Los Angeles

Les démons de Young le suivirent évidemment en Californie mais un beau jour en 1965 où il se réveilla de nouveau en prison, un codétenu l'invita à se joindre aux alcooliques anonymes. C'est alors que Young arrêta de boire et qu'il remit sa carrière sur la bonne voie.

Lors de la saison 1966-67, un Howie Young désormais plus assagi et sobre depuis 2 ans réussit à s'attirer les grâces des dirigeants et à revenir sur le radar le la LNH. Alors qu'il menait les Blades avec 22 points en 29 matchs, l'ancien DG de Young à Détroit, Sid Abel, se retrouvait avec un club en difficulté et des trous en défense. Il tenta alors une fois de plus le pari Howie Young en ramenant l'enfant trouble au bercail. Pour se faire, il transigea de nouveau avec les Hawks qui détenaient toujours ses droits.

Plusieurs doutèrent de la décision de Abel et s'attendaient à un nouveau fiasco, mais c'était véritablement un nouveau Howie Young qui revint à Détroit durant la saison 1966-67. Il appliqua de son propre aveu les mêmes principes qu'il apprit avec les AA, soit d'éviter le trouble, et ne prit plus autant de pénalités inutiles. Il connut même sa meilleure saison jusque là dans la LNH avec 17 points en 44 matchs et aida les Wings à sortir de leur torpeur, malgré qu'ils ratèrent les séries. Il n'avait toutefois pas perdu toute son agressivité et sa robustesse, terminant avec 100 minutes de pénalité.

Il joua ensuite une autre saison à Détroit, ponctuée d'un court séjour de 4 matchs dans les mineures. Mais durant l'été 1968, il fit partie d'une grosse transaction entre les Wings et les Seals d'Oakland envoyant le malheureux défenseur Bobby Baun à Détroit. Apparemment que Baun, autrefois vedette des Maple Leafs, détestait jouer en Californie, meublant son appartement de tableaux aux paysages nordiques afin de se sentir plus chez lui...

Avec les Seals... mais pas vraiment.

Young non plus ne voulait rien savoir de la Californie, même s'il y avait auparavant joué trois ans avec les Blades dans la WHL, car il refusa de se rapporter à l'équipe à l'aube de la saison 1968-69. Il fut donc suspendu et éventuellement placé au repêchage intra-ligue. C'est alors qu'une autre ancienne équipe le ramena au bercail, cette fois-ci les Blackhawks. 

Désormais âgé de 31 ans, Young commença à ressentir le poids des années et n'était plus aussi efficace, jouant désormais dans un rôle plus effacé avec les Hawks qui le libérèrent après la saison. 

Il passa ensuite la saison 1969-70 avec une autre ancienne équipe, cette fois-ci dans la ligue américaine, les Americans de Rochester. 

En 1969-70 il retourna dans la WHL,avec les Canucks de Vancouver. Le timing sembla bon de joindre cette équipe car il put retourner dans la LNH l'année suivante, demeurant avec les Canucks lors de leur année d'expansion en 1970-71. Mais après seulement 11 matchs, il fut récalé dans la WHL avec les Roadrunners de Phoenix. Ce furent ses derniers matchs dans la LNH. 

Après sa fin de saison 70-71 à Phoenix, il opta de prendre sa retraite. Il revint toutefois au jeu la saison suivante, toujours avec les Roadrunners, mais cette fois-ci non pas comme défenseur mais comme attaquant.

Désormais à 35 ans et dans un nouveau rôle d'attaquant et de vétéran, il s'en sortit bien avec une saison de 58 points en 1972-73, aidant les Roadrunners à remporter les grands honneurs. Il sembla également canaliser le Howie Young d'antan en terminant au premier rang de la WHL pour les minutes de punition.

Il fit encore mieux en 1973-74 avec 37 buts et 69 points, aidant les Roadrunners à remporter le championnat pour une deuxième saison consécutive dans ce qui était la dernière saison d'existence de la WHL. Il s'agissait des premiers championnats de Young depuis son premier passage dans cette même WHL en 1962 avec les Flyers d'Edmonton. 

Avec les Jets de Winnipeg dans l'AMH

Il revint dans les «majeures» en 1974-75 lorsque les Roadrunners firent le saut dans l'AMH. Après 30 matchs, il fut toutefois échangé aux Jets de Winnipeg où il retrouva son ancien coéquipier des Hawks Bobby Hull. 

Après une autre retraite de seulement une saison, il revint de nouveau au jeu en 1976-77, de nouveau avec les Roadrunners pour 26 matchs, en plus de 4 matchs dans la CHL avec les Blazers d'Oklahoma City.

Alors au crépuscule de sa carrière, Young demeura en Arizona la saison suivante, suivant toujours la franchise des Roadrunners, qui migrèrent alors dans l'obscure Pacific Hockey League. S'en suivit ensuite une dernière saison de 14 matchs avec les Blades de Los Angeles, nommés en honneur des anciens Blades de la WHL où il avait joué presque 15 ans auparavant. 

Mais comme lors de nombreuses autres fois dans ce texte, ce n'était pas encore la véritable fin pour Howie Young. En 1985, alors âgé de 48 ans, il lit dans le Hockey News que les Spirits de Flint de la IHL recherchaient des joueurs et offraient des essais ouverts. Le DG des Spirits croyait qu'il n'avait que 38 ans et lui accorda un poste avant d'apprendre son véritable âge. Il joua 4 matchs avec Flint et ensuite un autre 7 matchs avec les Slapshots de New York dans la ACHL.

Il occupa ensuite plusieurs boulots divers suite à sa véritable retraite, et tenta durant les années 90 de reprendre son side job comme acteur. Il obtint quelques petits rôles dans des films et séries western comme «Young Guns II» avec Emilio Estevez et le téléfilm «Last Stand at Saber River» avec Tom Selleck.

Et en plus de finalement pouvoir imiter son ancienne idôle John Wayne à l'écran dans des westerns, il put également réaliser son rêve de devenir cowboy, lorsqu'il acheta un ranch au Nouveau-Mexique.


Il mourut en 1999 à 62 ans d'un cancer du pancreas.

En 336 matchs dans la LNH sa fiche fut de 12 buts et 62 passes pour 74 points.
En 394 matchs dans la WHL sa fiche fut de 93 buts et 173 passes pour 266 points.
En 98 matchs dans l'AMH sa fiche fut de 17 buts et 25 passes pour 42 points.

En 157 matchs dans la AHL sa fiche fut de 25 buts et 32 passes pour 57 points.

 

Sources:
50 Years Ago in Hockey: Howie Young’s Biggest Battle, The Hockey Writers
Remembering Red Wing Bad Boy Howie Young, Vintagedetroit.com
Howie Young pourrait être suspendu à vie, L'événement, 11 janvier 1964
Du mystère autour de ce Howie Young, L'événement, 30 mars 1961
Un circuit de femmelettes?, Le Lingot, 20 novembre 1958
Young a besoin d'un psychiatre, La Patrie, 24 octobre 1963
Howie Young est injustement traité, Le Petit Journal, 19 janvier 1964
La réhabilitation de Young n'a pas été chose facile, La Presse, 7 février 1967

samedi 18 juillet 2020

Tom McCarthy


Wayne Gretzky, probablement, le meilleur joueur de l’histoire, n’a jamais été repêché par une équipe de la LNH, puisqu’il est passé par l’AMH (Association mondiale de hockey). Mais dans le junior, au repêchage de 1977, il a sûrement été choisi au premier rang, n’est-ce pas? En fait, non. Les Generals d’Oshawa ont plutôt choisi Tom McCarthy. Et comme si ce n’était pas assez, les Flyers de Niagara Falls lui ont préféré quant à eux Steve Peters. Gretzky s’est donc retrouvé à Sault-Ste-Marie. Il faut dire que la Merveille avait annoncé ses couleurs et avait déclaré qu’il ne jouerait qu’un an au niveau junior, avant de signer avec l’AMH. Contrairement à la LNH, l’AMH n’avait pas de scrupules à signer un joueur à cet âge. 

En 1977-78, McCarthy amassa 97 points. Ce n’est pas mal, mais c’est beaucoup moins que les 182 points de Gretzky. Ce n’est toutefois pas la merveille qui a remporté le championnat des pointeurs, puisque Bobby Smith en a accumulé 192. 

Au repêchage de la LNH de 1978, c’est Smith qui a été choisi en premier, par les North Stars du Minnesota. À 17 ans, Gretzky aurait quant à lui dû retourner à Sault-Ste-Marie, mais tel qu’annoncé, il préféra le circuit maudit. C’est ainsi qu’il s’est retrouvé à Indianapolis, avec les agonisants Racers. Quant à McCarthy, il aurait pu aussi signé dans l'AMH, avec les Bulls de Birmingham, mais il a décliné l’offre. Il est plutôt retourné à Oshawa, où il a connu une solide saison 1978-79, amassant 144 points. Dans la Ligue de l’Ontario, seulement Mike Foligno a fait mieux, avec 150.

Lors de l’encan de 1979, il fallait faire de la place pour les joueurs de moins de 20 ans qui avaient joué dans la maintenant défunte AMH. On ne pouvait quand même pas les retourner dans le junior (surtout Gretzky). La LNH accepta donc de baisser l’âge d’éligibilité à 19 ans, mais d’admettre les joueurs de l’AMH de 18 ans. Toutefois, McCarthy, qui avait toujours 18 ans mais qui n’avait pas accepté l’offre de l’AMH l’année précédente, n’aurait pas été éligible. Estimant son client lésé, l’agent de McCarthy menaça de poursuivre la ligue. Cet imbroglio mit du temps à se régler et le temps qui s’écoula s’avéra utile. Au moment où tout a été finalement convenu et que la ligue était prête à organiser le repêchage, nous étions le 9 août, la date la plus tardive à laquelle la séance a été tenue. De façon très commode, cette date se trouvait également après le 19e anniversaire de McCarthy. Comme il avait maintenant 19 ans, il devenait éligible et la ligue évitait ainsi la poursuite. L’année suivante, en 1980, on fixa l’âge à 18 ans.

Gretzky n’était plus là pour être pris avant McCarthy, ayant été désigné comme sélection prioritaire par les Oilers. Par contre, parmi les autres joueurs qui avaient été signés en bas âge par l’AMH, il y avait Rob Ramage (1er), Mike Gartner (4e) et Rick Vaive (5e). Quant à Foligno, il a été choisi 3e. Raymond Bourque a entendu son nom au 8e rang. Finalement, McCarthy a été sélectionné au 10e rang, par les North Stars du Minnesota.

McCarthy fit l’équipe immédiatement. Sa récolte de 36 points n’était pas si mal, mais c’était tout de même 101 de moins que Wayne Gretzky. Par contre, comme la Merveille avait joué dans l’AMH l’année précédente, il n’était pas éligible au titre de recrue de l’année. C’est plutôt Raymond Bourque, avec 65 points, qui se mérita le Trophée Calder.

Au cours de la saison, McCarthy fut blessé aux côtes, ce qui était un avant-goût de ce qui allait suivre, puisqu’il subit au fil de sa carrière de nombreuses blessures. La saison fut toutefois couronnée par un parcours en séries intéressant. Après avoir raté les éliminatoires cinq fois en six ans, le Minnesota a atteint le troisième tour pour la première fois de son histoire. À noter qu’au deuxième tour, les North Stars ont eu la distinction de mettre fin aux espoirs des Canadiens de remporter une cinquième Coupe Stanley consécutive. Ce sont finalement les Flyers qui les empêcheront d’atteindre la finale. Ce ne fut toutefois que partie remise, puisqu’en 1981, ils y parvinrent, mais ils durent alors s’incliner devant les irrésistibles Islanders. 

C’est finalement à sa quatrième saison que McCarthy put finalement disputer une saison qui ne fut pas raccourcie par les blessures. Alors qu’il était sur le même trio que Dino Ciccarelli et Neal Broten, il en profita alors pour amasser 76 points, son sommet en carrière. Il s’agissait tout de même de statistiques très respectables qui lui permirent de participer au match des étoiles, bien que nous étions dans les très offensives années 1980. (En passant, en 1982-83, Wayne Gretzky a remporté le Trophée Art Ross avec 196 points.) 

En 1983-84, il eut une saison presque complète, où il marqua 39 buts, un autre sommet personnel. Néanmoins, c’est en avril qu’il subit une autre blessure. Pour que cela arrive, il n’a même pas eu à aller sur la patinoire, puisqu’elle résulta d’un accident de la route… À son retour en séries, il entra en collision avec le but et se fractura un os du dos. 

En novembre 1985, encore une fois, il n’eut pas besoin de jouer au hockey pour avoir des ennuis de santé, alors qu’il fut victime d’une paralysie de Bell qui lui paralysa une partie du visage. 

C’est finalement en mai 1986 que le séjour tumultueux de McCarthy au Minnesota, qui a compris un combat avec l’alcoolisme qui a mené un séjour dans une clinique, s’est terminé lorsqu’il a été échangé aux Bruins. 

À sa première saison à Boston, selon ses standards, McCarthy joua relativement beaucoup (68 matchs) et marqua 30 buts. 

L’année suivante fut différente, alors qu’en plus d’un séjour dans la Ligue américaine, il joua plus de matchs en séries (13) qu’en saison régulière (7). Les Bruins atteignirent la finale, mais s’inclinèrent contre les Oilers. Ce fut alors la fin de sa carrière dans la LNH, puisqu’en 1988-89, il joua quelques matchs en Italie, avant de prendre sa retraite, les blessures ayant fait leur œuvre. 

Il retourna ensuite au Minnesota, où il avait ouvert un restaurant.  Les abus d’alcool et de marijuana abondèrent et il se mit à fréquenter un ami, qui était en fait un trafiquant de drogue. 

En 1994, McCarthy dut rendre un "service" à son "ami" pour payer une dette.  Alors qu’il devait transporter une cargaison de 150 livres de marijuana de la Californie au Minnesota, il fut arrêté. Condamné, il débuta de purger sa peine dans un pénitencier au Kansas, où il mit sur pied un programme de hockey et où il fit ainsi d'une certaine façon ses débuts comme entraîneur. Suite à des démarches de son père, il put terminer sa peine de cinq ans au Canada. 

Par la suite, il trouva sa voie en étant entraîneur de plusieurs équipes mineurs, au niveau junior A entre autres, dans la région de Muskoka, sur la baie Georgienne. Il veilla alors à enseigner aux jeunes, autant à propos du hockey que de ce qui se passe à l’extérieur. Il travailla aussi brièvement en Roumanie. 

Sources :

Willes, Ed, The Rebel League, the short and unruly life of the World Hockey Association, McClelland & Stewart, 2004, p.217-224,

McIndoe, Sean, The Down Goes Brown History of the NHL, Random House Canada, 2019, p.78-79,

"Simmons: The time that Gretzky wasn’t first pick" de Steve Simmons, May 26, 2020, Toronto Sun (torontosun.com),

hockeydraftcentral.com, wikipedia.org.

mercredi 29 mai 2019

Reggie Leach



Membre de la nation ojibwe, Reggie Leach a grandi à Riverton, Manitoba. Élevé par ses grands-parents, ce n’est qu’à l’âge de 10 ans qu’il a commencé à jouer au hockey. Il n’a toutefois pas tardé à démontrer son talent.

À 16 ans, il se joignit à l’équipe de Flin Flon, une ville encore plus au nord du Manitoba. Pour subvenir à ses besoins, Leach travaillait pour la compagnie minière qui commanditait son équipe. C’est aussi au sein de cette même équipe qu’il fit la rencontre d’un coéquipier qui deviendra un ami, Bobby Clarke.

Si Clarke a été choisi en 2e ronde (17e au total) en 1969 par les Flyers, Leach a été choisi au 3e rang en 1970. Et si les Canadiens avaient habitude de collectionner les choix au repêchage des équipes d’expansion, ils n’étaient pas seuls. Les champions de la Coupe Stanley, les Bruins, faisaient de même. C’est donc un choix obtenu des Kings contre Skip Krake qui a permis à Boston de s’approprier les droits du champion marqueur de la Ligue de l’ouest.

Toutefois, les Bruins avaient beaucoup de talent, ce qui laissait peu de place pour Leach. Au cours de sa deuxième saison dans leur organisation, il fut échangé avec Bob Stewart et Rick Smith aux faibles Golden Seals de la Californie, en retour de Carol Vadnais et Don O’Donoghue.

Leach connut deux saisons de 20 buts avec les Seals, mais ceux-ci étaient égaux à eux-mêmes, c’est-à-dire mauvais. En 1972-73, ils terminèrent avant-derniers de la ligue. Même les Flames d’Atlanta, une équipe d’expansion, ont fait mieux qu’eux. L’année suivante, les Seals terminent derniers, 20 points derrière les Islanders, la deuxième pire formation.

Le supplice de Leach tirait toutefois à sa fin, puisqu’il fut échangé à nouveau. Il alla rejoindre son vieil ami Bobby Clarke chez les champions en titre de la Coupe Stanley, les Flyers. Au sein du trio LCB (Leach, Clarke, Barber), Leach fit sensation, marquant 45 buts, un sommet chez les Broad Street Bullies. Les Flyers continuèrent sur leur lancée en séries, bousculant tout sur leur passage et en route vers une deuxième Coupe, une première pour Leach.

La saison suivante, 1975-76, fut tout simplement phénoménale pour Leach. Il ne marqua pas moins de 61 buts, un sommet dans la ligue qui lui aurait valu le Trophée Maurice-Richard s’il avait existé à ce moment.

Sa saison de rêve s’est ensuite poursuivie en séries. En 16 matchs, il marqua 19 fois. Leach détient ainsi encore aujourd’hui les records d’équipe chez les Flyers, autant en saison régulière qu’en séries. Sa marque en séries est également un record de la ligue (égalisé par Jari Kurri en 1985). Et parmi ceux-ci, cinq furent marqués le 6 mai 1976, en demi-finale, contre les Bruins. Cet exploit ne fut réalisé que cinq fois en séries dans l’histoire. C’est suite à cette performance que son coéquipier "Moose" Dupont y alla en pleine télé d’une de ces citations célèbres : "Cinq buts, c’est des buts en tab…"

Malheureusement pour Leach, sa saison de rêve se termina en cauchemar. Les Flyers furent alors balayés en finale par les Canadiens, dans ce que certains décrivirent le sauvetage du hockey, parce que la finesse de Montréal eut finalement le dessus sur l’intimidation de Philadelphie. La performance de Leach ne laissa toutefois pas le choix à la ligue, qui lui décerna le Trophée Conn Smythe. Il est d’ailleurs le seul non-gardien à l’avoir remporté au sein d’une équipe perdante. Néanmoins, il put tout de même savourer un titre, puisqu’il fit ensuite partie de l’équipe canadienne qui remporta la première Coupe Canada.

Leach a ensuite connu une certaine baisse de régime, avant de revenir avec une saison de 50 buts en 1979-80. À ce moment, les Flyers ont terminé en tête de la ligue, mais ils durent à nouveau s’incliner en finale contre une dynastie naissante, les Islanders cette fois.

Leach joua ensuite deux autres années à Philadelphie, puis une autre à Détroit, avant de terminer sa carrière dans la Ligue centrale, avec le Magic du Montana. Ces années furent toutefois assombries par ses problèmes d’alcool, qui l’amena à faire faillite et qui lui coûtèrent son mariage.

Sobre depuis 1985 suite à une cure, il refit sa vie loin de la patinoire en travaillant en vente dans le monde de l’automobile et de l’assurance, avant de démarrer son entreprise de paysagement.

À sa retraite, celui qu’on surnomme le "Riverton Rifle" s’est consacré à l’entraînement d’équipes de hockey mineur, en plus de prononcer des conférences destinées aux jeunes autochtones et pour mettre les jeunes en garde contre les dangers de l’alcool et de la drogue.

Son fils Jamie a joué avec les Penguins, les Whalers et les Panthers au début des années 1990.

Marqueur de 381 buts, il est le seul membre du trio LCB à ne pas faire partie du Temple de la renommée et à ne pas avoir son numéro retiré par les Flyers.


Sources : "Indigenous NHL alumni hit the ice in Yukon to inspire youth" de Mike Rudyk, 8 mars 2018 (cbc.ca), hhof.com, hockeydraftcentral.com, thecanadianencyclopedia.ca, wikipedia.org.

jeudi 24 août 2017

Trêve de hockey #91 - Grover Cleveland Alexander








Né en 1887, les parents de Grover Cleveland Alexander choisirent de prénommer leur fils en l’honneur du président des États-Unis en poste à l’époque, le démocrate Grover Cleveland (le seul à remplir deux mandats non consécutifs à la présidence).
 
Après une bonne saison à Syracuse dans la Ligue New York State en 1910, où il remporta 29 matchs, son contrat fut racheté par les Phillies de Philadelphie pour 500$.
 
À son arrivée, son gérant voulut le tester en l’envoyant lancer un match présaison contre les puissants Athletics de Connie Mack, champions de la Série mondiale et qui jouaient à l’époque également à Philadelphie.  Alexander répondit en lançant cinq manches, sans donner ni point, ni coup sûr ou but sur balles.  Cette performance s’avéra annonciatrice de ce qui allait suivre, puisqu’il termina sa saison recrue avec une fiche de 28-13.  Son total de 28 victoires constitue toujours un record pour une recrue.
 
Nullement impressionné, il lança au cours de cette même année un marathon de 12 manches, qu’il remporta 1-0 contre Cy Young, dans ce qui fut finalement le dernier match dans les majeures de celui-ci.
 
Bien qu’au sein d’un club qui n’était pas une puissance, Alexander domina les monticules de la Ligue nationale, tout en lançant une quantité impressionnante de manches.  Au cours de ses sept premières années dans la ligue, il fut celui qui lança le plus de manches à six reprises.  En 1915, 1916 et 1917, il termina en tête de la Ligue nationale pour les manches lancées (376, 390, 387), les victoires (31, 33, 30), la moyenne de points mérités (1,22, 1,55, 1,83), les retraits sur trois prises, les matchs complets et les blanchissages.
 
En 1917, il lança un programme double et remporta les deux matchs.
 
À la fin de cette saison exceptionnelle, il apprit qu’il avait été échangé aux Cubs de Chicago avec son receveur, Bill Killefer, contre deux joueurs et 60 000$ (120 fois le prix payé initialement pour ses droits).  Les Phillies avaient désespérément besoin de cet argent…
 
Il ne demeura toutefois pas longtemps dans la ville des vents puisqu’après seulement trois matchs, il fut conscrit.  Sergent dans l’artillerie, il combattit en France et en revint complètement transformé.  Il faut dire qu’à cette époque, la notion de syndrome de stress post traumatique était inconnue. 
 
Il fut exposé au gaz moutarde et devint partiellement sourd.  Il se mit également à souffrir d’épilepsie et à boire abondamment.  Souvent, on confondit le premier problème avec le deuxième, alors qu’au fond, ils étaient fréquemment reliés.  Son alcoolisme le poursuivit jusqu’à la fin de sa vie.
 
Alexander demeura tout de même un lanceur efficace (il remporta entre autres 27 victoires en 1920), mais pas autant qu’à ses années à Philadelphie.  Le gérant des Cubs Joe McCarthy finit par se lasser de ses écarts de conduite et en 1926, il affirma que tant qu’à être un club de dernière place, les Cubs seraient mieux sans celui qu’on surnommait « Old Pete ».  Alexander fut donc libéré et il se retrouva alors avec les Cardinals de St-Louis, où son vieux comparse, Bill Killefer, était entraîneur.
 
Les Cards se rendirent en Série mondiale et Alexander remporta les matchs 2 et 6.  La veille du match 7, il passa une nuit des plus arrosées.  En septième manche, St-Louis menait 3-2, mais avec deux retraits, les Yankees avaient rempli les buts.  Lorsque le lanceur des Cards développa une ampoule, le gérant Roger Hornsby décida de faire appel à Alexander, malgré qu’il ressentait toujours les vapeurs de la veille.  Ce dernier retira Tony Lazzeri sur trois prises et lança les deux dernières manches.  Pour clore le match, Babe Ruth fut retiré en tentative de vol.  Après avoir été du côté des perdants en 1915, Alexander a ainsi remporté sa seule Série mondiale.  Les Cardinals y retournèrent en 1928, mais ils furent battus par ces mêmes Yankees.
 
Sa consommation d’alcool finit par user Alexander et après une dernière saison avec les Phillies en 1930, sa carrière dans les majeures prit fin.  Avec une fiche globale de 373-208, il possède le troisième plus haut total de victoires de l’histoire des Ligues majeures, à égalité avec Christy Mathewson.  Il fut élu au Temple de la renommée en 1938.
 
Il joua ensuite jusqu’en 1940 pour l’équipe de la House of David, une équipe semi-pro reliée à une communauté juive.  Sa vie après les majeures fut par contre marquée par la pauvreté.
 
Il mourut en 1950, à l’âge de 63 ans.
 
En 1952, Hollywood s’empara de son histoire et en fit un film romancé, The Winning Team.  Étrangement, celui qui portait un prénom inspiré d’un président américain fut interprété par Ronald Reagan, qui devint éventuellement également président.  Son épouse fut de son côté interprétée par Doris Day.
 
En 2001, il fut honoré par les Phillies, sans toutefois qu’on retire son numéro, puisqu’à cette époque, il n’en portait pas.
 
Sources : 
 
Reidenbaugh, Lowell, Baseball’s Hall of Fame, Cooperstown, Where The Legends Live Forever, Arlington House, 1988, p.12-13,
 
“Old Pete”: How Grover Cleveland Alexander got his nickname” de Lenny DiFranza, (baseballhall.com), wikipedia.org.

lundi 13 février 2017

Bill Goldsworthy



Au début des années 1960, le système des clubs affiliés était toujours en place, mais il tirait à sa fin. Bill Goldsworthy s’alignait alors avec les Flyers de Niagara Falls, une équipe dans le réseau de Boston. On y retrouvait des joueurs qui firent partie de la puissante équipe des Bruins de la fin des années 1960, comme Derek Sanderson et Donald Marcotte, ainsi que d’autres qui eurent de belles carrières ailleurs, comme Bernard Parent, Jean Pronovost, Doug Favell et Rosaire Paiement. L’équipe fit la finale de la Coupe Memorial en 1963 et la remporta en 1965.

Goldsworthy parvint à jouer quelques matchs avec les Bruins, mais il ne put pas se faire une place définitive. C’est finalement en 1967 qu’il eut sa chance, lorsque les North Stars du Minnesota le choisirent lors du repêchage d’expansion.

À sa troisième saison au Minnesota, en 1969-70, Goldsworthy établit le record d’équipe avec 36 buts. Il les suivit avec des saisons de 34 et 31 buts.

Ces performances lui permirent d’être choisi pour représenter le Canada lors de la Série du siècle. Il hérita du numéro 9 qui aurait normalement dû être porté par Bobby Hull, mais lorsque ce dernier signa avec l’AMH, il fut exclu. Au repêchage de l’AMH, Goldsworthy avait été choisi par l’équipe du Minnesota, les Fighting Saints, mais il préféra demeurer dans la LNH avec les North Stars.

Goldsworthy eut un rôle de soutien dans l’équipe. Il ne joua que trois matchs, mais il fut surtout remarqué pour sa performance lors du quatrième match, à Vancouver. Au cours des six premières minutes du match, il écopa de deux pénalités. Bien que Goldsworthy jugea que l’arbitre avait été sévère à son endroit, il demeure que Boris Mikhaïlov profita des deux occasions pour marquer et donner les devants à l’URSS. Goldsworthy fut hué et bien qu’il marqua une fois et obtint une passe en troisième période (ses seuls points du tournoi), le mal était fait.

À la fin du match, une défaite du Canada de 5-3, on retint principalement le cri du cœur de Phil Esposito, mais d’autres joueurs, comme Stan Mikita et les frères Mahovlich, exprimèrent leur dépit devant la réaction des foules canadiennes. Quant à Goldsworthy, il affirma tout simplement qu’il avait honte d’être canadien.

En 1973-74, les North Stars, une équipe qui n’avait été depuis sa fondation qu’au mieux moyenne, ratèrent les séries. Toutefois, ceci n’empêcha pas Goldsworthy d’atteindre son sommet avec 48 buts, le cinquième total de la ligue. Cette marque d’équipe tiendra jusqu’en 1981-82 chez les North Stars, alors qu’elle a été battu par Dino Ciccarelli.



Il en marqua 37 la saison suivante, mais ses performances allèrent ensuite en déclinant. L’âge était peut-être un facteur, mais Goldsworthy avait aussi de plus en plus de problèmes d’alcool.

En novembre 1976, le directeur-gérant des Rangers, John Ferguson, voulut secouer son équipe en expédiant Bill Fairbairn et Nick Beverley au Minnesota pour faire l’acquisition de Goldsworthy. À ce moment, il détenait pratiquement tous les records offensifs des Stars, en plus d’être le dernier joueur de l’édition originale toujours avec l’équipe.

Son passage dans la Grosse pomme fut sans éclat et de courte durée, puisque l’année suivante, il fut l’un des rares joueurs à être échangé de la LNH à l’AMH. Les Rangers l’échangèrent ainsi aux Racers d’Indianapolis, qui en firent un joueur-entraîneur. Les Racers ratèrent toutefois les séries et Goldsworthy quitta Indianapolis pour Edmonton, où il joua une dernière saison.

Il tenta sa chance par la suite comme dépisteur et comme entraîneur, mais ses problèmes d’alcool finissaient toujours par refaire surface.

En février 1992, les North Stars retirèrent tout de même son numéro 8.

En 1994, alors qu’il était entraîneur des Iguanas de San Antonio de la Ligue centrale, on lui diagnostiqua une infection au VIH. Malgré l’annonce récente de Magic Johnson, le SIDA demeurait à ce moment une maladie principalement associée à la communauté gay et aux consommateurs de drogues injectées, ce qui indisposait Goldsworthy. Il finit par faire son annonce publique, tout en indiquant qu’il avait contracté sa maladie à cause d’une trop grande promiscuité.

Goldsworthy accepta de s’impliquer et de parler de sa condition, avant de finalement retomber sévèrement dans ses problèmes d’alcool. Il est décédé en mars 1996 des suites de sa maladie, à l'âge de 51 ans.


Sources : “Team Canada in bitter defeat”, Montreal Gazette, 9 septembre 1972, p.1, “Rangers Hasten House Cleaning”, AP, 12 novembre 1976, Observer-Reporter, p.4, “Bill Goldsworthy, Longtime N.H.L. star, dies”, AP, 30 mars 1996, New York Times (nytimes.com), “No Golden Years: Former North Star Goldsworthy Learned He Had AIDS, Then Drank Himself to Death” de Helene Elliott, 3 novembre 1996, Los Angeles Times (articles.latimes.com).

mercredi 26 février 2014

Derek Sanderson









À la base, Derek Sanderson n’était pas le joueur le plus talentueux. Lors de son passage avec les Flyers de Niagara Falls (un club affilié aux Bruins), il était entouré de joueurs avec plus de potentiel que lui. Par contre, il affichait une grande combativité, un désir de vaincre, de l’ardeur au travail et un refus de reculer devant qui que ce soit. Ce sont ces qualités qui attirèrent l’attention de nul autre que le propriétaire des Bruins, Weston Adams Sr., qui se mêlait également de dépistage. C’est donc malgré les avis de Hap Emms, qui gérait les Flyers, et de ses recruteurs, que Sanderson devint d’une certaine façon son protégé.

Sanderson ne le déçut pas. Il aida l’équipe à remporter la Coupe Memorial en 1964-65 et se mérita le championnat des pointeurs en 1966-67. 

L’année suivante, il se tailla une place à Boston, alors que l’équipe était à un tournant. Suite à plusieurs années de médiocrité (voir texte du 19 août 2013), l’espoir renaissait. Après avoir acquis Gerry Cheevers, les Bruins avaient ajouté à leur alignement en 1966-67 la jeune sensation, Bobby Orr, qui gagna évidemment le Trophée Calder (recrue de l’année). De plus, au cours de la saison morte, Milt Schmidt dévalisa littéralement les Black Hawks en leur soutirant Ken Hodge, Fred Stanfield et surtout Phil Esposito en retour de Pit Martin (voir texte du 29 octobre 2012), Gilles Marotte et Jack Norris. C’est dans ce contexte qu’arriva Sanderson. Sa performance de 24-25-49 lui valut le Trophée Calder, un deuxième en deux ans pour les Bruins. 

Par contre, il était loin d’être une vedette de l’équipe, qui n’en manquait pas. Son principal rôle était de jouer sur la troisième ligne, habituellement avec Don Marcotte et Ed Westfall, et de s’occuper des infériorités numériques. Il se rendit toutefois compte qu’il pouvait tout de même attirer l’attention en faisant des déclarations juteuses aux journalistes. Il se forma ainsi une image de coureur de jupons à la vie sociale trépidante. Dans le contexte de la fin des années 1960, cette image le rendit très populaire et la caricature devint éventuellement réelle.

Il se fit pousser les cheveux et une moustache, en plus de s’habiller à la mode, toutes des choses mal vues dans le monde du hockey de cette époque. Il devint ainsi une vedette, même si sur la patinoire, il n’en était pas vraiment une. Il anima une émission de télé dans la région de Boston et joua dans un film (qui ne passa pas à l’histoire). 

Une autre star « dans le vent » de cette période, le quart-arrière des Jets de New York Joe Namath, le contacta aussi, pour ouvrir une boîte à la mode. Ils ouvrirent donc Bachelors III à Boston, avec un autre partenaire. Sanderson se mit ainsi à passer les soirées où il était à Boston à sa boîte, à boire, faire la fête et accumuler les conquêtes.

Sanderson avait déjà commencé à boire sérieusement pour surmonter sa peur des avions. Son mode de vie ne fit qu’en rajouter. 

Sur la patinoire, Boston était une puissance. Bien qu’elle avait probablement le potentiel d’en gagner plus, l’équipe gagna la Coupe Stanley en 1970 et en 1972. De son côté, Sanderson participa à l’image des « Big Bad Bruins ». Il alla même jusqu’à pourchasser un partisan des Canadiens jusqu’à l’extérieur du Forum, en se retrouvant en patins et dans son uniforme, au coin des rues Sainte-Catherine et Lambert-Closse.

C’est en 1972 qu’arriva l’Association Mondiale de Hockey (AMH). Sanderson avait tenté au fil des ans de renégocier un contrat qu’il jugeait peu avantageux. Les Bruins lui avaient répondu qu’il devait honorer sa signature et que le tout serait revu à l’échéance. L’échéance était venue. 

Sanderson voulait 80 000$ par année. Les Bruins lui offrirent 75 000$. C’est alors que les nouveaux Blazers de Philadelphie le contactèrent. Ils appartenaient à deux hommes (un beaucoup plus riche que l’autre) qui ne connaissaient rien au hockey, mais qui aimaient l’idée de posséder une équipe de sports. 

Les négociations (menées par le propriétaire qui avait le moins d’argent, alors que c’est l’autre qui garantissait les salaires) furent complètement surréalistes. Obnubilés par son image de « personnalité » et sans se rendre compte que Sanderson n’était pas un joueur d’exception, les Blazers le voulaient à tout prix. Même en ne disant presque rien, Sanderson fit monter les enchères à un niveau inégalé pour l’époque. 

Il obtint le titre de capitaine, de jouer sur les avantages numériques, de ne pas faire d’échanges sans sa permission, de ne pas déménager l’équipe sans sa permission, le droit de rater certains matchs où il fallait prendre l’avion (dont il avait peur), une suite à l’hôtel lors des voyages, un chauffeur pour lui et un autre pour sa copine et un poste de dépisteur pour son père (50 000$ par année pendant cinq ans). Mais surtout, il obtint un contrat de 10 ans pour 2 650 000$, le contrat le plus généreux de la nouvelle ligue.

(Le contrat de Bobby Hull, aussi avec l’AMH, était également très généreux, mais structuré différemment. Il était au montant de 2 750 000$, mais comprenait un bonus de la ligue de 1 000 000$ à la signature, cinq ans comme joueur à 250 000$ et cinq ans dans d’autres tâches après sa carrière, à 100 000$ chacune.)

Sanderson eut malgré tout de grandes hésitations. La ligue était nouvelle et semblait instable. (Avant de devenir les Blazers de Philadelphie, l’équipe s’appelait les Screaming Eagles de Miami et déménagea avant même de jouer un seul match.) De plus, Sanderson ressentait une certaine loyauté envers Adams, qui avait toujours cru en lui. Au cours de ses négociations, il s’était brouillé avec l’avocat des Bruins, avant de finalement s’entendre (pour 80 000$) avec Adams lui-même. Au moment de signer son contrat, Sanderson demanda à ce que l’avocat ne soit pas présent. Lorsqu’il se présenta et s’aperçut qu’il y était, il partit en furie et alla accepter l’offre des Blazers.

Sanderson alla ainsi rejoindre son coéquipier John McKenzie, engagé comme joueur-entraîneur. Boston perdit également Ted Green aux Whalers de la Nouvelle-Angleterre et Gerry Cheevers aux Crusaders de Cleveland. La question se retrouva devant les tribunaux, parce que la LNH prétendait que la clause de réserve dans leur contrat empêchait les joueurs de signer avec l’AMH. La LNH fut finalement déboutée. Par contre, en guise de représailles, les « traîtres » furent exclus de l’équipe de la Série du siècle. Ceci coûta sans aucun doute une place à Bobby Hull, et probablement aussi à Jean-Claude Tremblay, Cheevers et Sanderson, qui avaient tous été initialement invités au camp.

Sanderson ne se présenta pas immédiatement au camp des Blazers. Les contrats de la LNH venaient à échéance le 1er octobre et l’AMH ne voulait pas prêter flanc aux poursuites. Au début de la saison, il n’était donc pas au sommet de sa forme. Le premier match à domicile des Blazers fut aussi une catastrophe. La glace du désuet Civic Center ne reposait pas sur un plancher de ciment et la Zamboni s’y enfonça. Le match dut être remis et Sanderson (le capitaine, comme il l'avait exigé) dut s’en excuser auprès des spectateurs, qui se mirent à lui lancer les rondelles qu’on leur avait remises à l’entrée. 

La malchance des Blazers (qui devaient lutter contre des Flyers bien implantés) ne s’arrêta pas là. Bernard Parent fut blessé, tout comme John McKenzie, qui fut remplacé derrière le banc par Phil Watson, un ex-entraîneur des Rangers, issu de la vieille école et que les joueurs détestaient. Sanderson se blessa également au dos, en raison de la mauvaise qualité de la glace. 

L’équipe mit en doute sa blessure. Il faut dire que si ça avait été le cas, elle aurait pu servir de prétexte à se défaire de l’énorme contrat de Sanderson. Celui-ci plombait sérieusement les finances des Blazers, qui avaient bien peu de succès aux guichets.

De son côté, Sanderson ajouta à son mode de vie déjà dissipé des quantités d’argent, qu’il se mit à dépenser sans compter. 

En bout de ligne, les deux parties finirent par s’entendre sur un rachat de contrat, au montant d’un million. Sanderson ne joua finalement que 8 matchs avec les Blazers (3-3-6) et retourna avec les Bruins. Par contre, ceux-ci avaient maintenant Bep Guidolin (voir texte du 1er avril 2013) derrière le banc, un entraîneur de la vieille école avec qui Sanderson ne s’entendait pas.

Quant aux Blazers, ils déménagèrent à Vancouver à la fin de la saison.

En juin 1974, Sanderson fut échangé aux Rangers. Il connut une bonne première saison dans la Grosse Pomme, mais il se mit également à consommer de la cocaïne.

L’année suivante, suite à une autre brouille avec son entraîneur, il fut échangé à une ville avec une vie nocturne beaucoup plus tranquille, St-Louis. La recette lui réussit, puisqu’il obtint 67 points, un sommet en carrière.

Mais ça ne dura pas. Il se brouilla à nouveau avec son entraîneur et fut placé au ballotage, sans être choisi. S’en suivit un tour dans les mineures, avant de se retrouver avec les Canucks. 

Au camp de 1977, Sanderson fut impliqué dans une sévère bagarre dans un club de danseuses, pour ensuite être libéré par Vancouver.

Ses problèmes d’alcool et de cocaïne ne firent qu’empirer. Et lorsqu’il eut finalement idée de se renseigner au sujet de ses investissements (la partie de son avoir qu’il n’avait pas dilapidée), il se rendit compte qu’il n’avait plus rien. Complètement à la dérive, il passa du temps dans la rue.

Lorsqu’il passa près de mourir, il décida de se prendre en main. Il tenta la réhabilitation et se remit à s’entraîner. C’est Ted Lindsay, à ce moment à la tête des Red Wings, qui lui donna une chance, malgré qu’il s’était montré critique de Sanderson au fil de sa carrière. Lindsay n’avait par contre pas l’intention de le faire jouer à Détroit, du moins à court terme. Il le considérait plutôt comme une police d’assurance. Lorsque les Penguins offrirent un essai à Sanderson, il sauta sur l’occasion, laissant Détroit en plan et mettant Lindsay en rogne.

Après quelques matchs dans les mineures, Sanderson joua 13 parties avec Pittsburgh, ses derniers dans LNH. En 598 matchs, sa fiche est de 202-250-452.

Il fit ensuite plusieurs tentatives de réhabilitation, incluant certaines payées par son ami Bobby Orr.

C’est finalement en 1980 qu’il réussit à vaincre ses problèmes. Il travailla pour la ville de Boston à faire des conférences aux jeunes, pour les sensibiliser aux dangers de l’alcool et des drogues. Par la suite, il fit la description des matchs des Bruins. Il est aujourd’hui marié, père de deux garçons et travaille comme conseiller financier auprès des athlètes. Il y trouve une motivation à leur éviter ce qui est arrivé avec son propre argent. 

Sources : 

Willes, Ed, The Rebel League, the short and unruly life of the World Hockey Association, McClelland & Stewart, 2004, p.46-56,

Sanderson, Derek & Shea, Kevin, Crossing the Line, HarperCollins Publishers, 2012.

legendsofhockey.net.

lundi 4 novembre 2013

Les feux de paille



Il arrive que des joueurs connaissent à un moment donné une année exceptionnelle, mais que par la suite, ils sont incapables de répéter leurs exploits. Plusieurs facteurs peuvent expliquer ce phénomène : la chance pendant un bref moment de jouer avec un joueur exceptionnel ou un changement d’environnement par exemple. À l’inverse, une blessure ou des problèmes personnels peuvent venir freiner l’élan d’un joueur qui devait être prometteur. Et parfois, on cherche simplement l’explication.

En voici quelques exemples.

Ron Sedlbauer
Repêché au début de la deuxième ronde en 1974 par les Canucks, Ron Sedlbauer n’avait jamais compté plus de 29 buts au niveau junior. Après quelques saisons à faire la navette entre Vancouver et leur filiale et où il compta un maximum de 19 buts, il joua sa première saison complète dans la LNH en 1978-79.

Au sein d’une équipe plus qu’ordinaire (fiche de 25-42-13), Sedlbauer compta 40 buts (tout en accumulant seulement 16 passes). Il s’agissait presque du double du deuxième total de buts de l’équipe (Don Lever, avec 23). Ses 56 points lui assurèrent aussi du plus haut total de points des Canucks, 5 de plus que Thomas Gradin. Il n’y avait donc pas de futurs membres du Temple de la Renommée chez les Canucks et ce n’est pas en raison de l’aide qu’il a reçue d’un joueur exceptionnel qu’il a marqué autant.

L’année suivante, son début a été beaucoup plus lent et a été échangé à Chicago. N’ayant jamais réussi à retrouver sa touche, il a ensuite terminé sa carrière à Toronto deux ans après sa super saison. Au total, il a marqué 143 buts en 430 matchs, dont 40 en une seule saison.
Jacques Richard

Premier choix de l’histoire des Flames d’Atlanta (et deuxième au total) en 1972, Jacques Richard eut de la difficulté à justifier l’espoir mis en lui, entre autres à cause de problèmes personnels. (voir texte du 1er octobre 2010) Après Atlanta, il passa par Buffalo, avant de se retrouver à Québec.

En 1980-81, il se retrouva sur le même trio que Peter et Anton Stastny, nouvellement débarqués de Tchécoslovaquie. Le déclic se fit finalement et Richard amassa 52 buts et 103 points. Voulant capitaliser sur sa bonne saison, il se montra plutôt gourmand au niveau contractuel et perdit sa place sur le trio au profit du troisième frère, Marian, fraîchement arrivé.

Son niveau de jeu retomba où il était auparavant et deux ans plus tard, il était sorti du monde du hockey, avant que ses problèmes d’alcool et de drogues ne reprennent le dessus.

Au total, il montra une fiche de 160-187-347 en 556 matchs. Par conséquent, près du tiers de sa production provient d’une seule saison.
Dave Lumley

Lointain choix des Canadiens, Dave Lumley se retrouva à Edmonton en 1979, suite à un échange mineur. Au sein d’une équipe qui venait de se joindre à la LNH et qui avait peu de profondeur, il marqua tout de même 20 buts. L’année suivante fut moins bonne, mais il rebondit de belle façon en 1981-82. Ayant l’occasion de jouer avec Wayne Gretzky (ça aide, évidemment), il marqua 32 buts, pour un total de 74 points.

Par la suite, les Oilers gagnèrent en profondeur et le rôle de Lumley diminua. Il fit un détour par Hartford, avant de revenir avec les Oilers. Il prit sa retraite en novembre 1986, après avoir gagné deux Coupes Stanley. 32 de ses 98 buts en carrière ont donc été comptés en une seule saison.
Wayne Babych

Troisième choix au repêchage de 1978 (derrière les futurs Canadiens Bobby Smith et Ryan Walter), Wayne Babych avait suscité chez les Blues de grands espoirs. Il y répondit en obtenant des saisons de 27 et 26 buts à ses deux premières saisons. À sa troisième saison, ce n’est pas moins de 54 buts qu’il marqua.

La suite fut moins intéressante. Il fut victime de plusieurs blessures et sa production chuta drastiquement, avec des saisons de 19, 16 et 13 buts. Le grand frère de Dave fut ensuite soumis au ballotage et se retrouva avec les faibles Penguins. Il y connut malgré tout une saison de 20 buts, avant d’être échangé aux Nordiques contre les fameuses « considérations futures » au cours de la saison suivante. Il ne resta à Québec que l’espace de 15 matchs avant d’être refilé aux Whalers. Toujours sujet aux blessures, il prit sa retraite l’année suivante après seulement 4 matchs.

De ses 192 buts en carrière, 54 ont été compté en une saison, 1980-81.


Warren Young

Warren Young n’a jamais été vu comme une future vedette. Repêché 59e par les Golden Seals de la Californie en 1976, il s’est retrouvé dans l’organisation des North Stars lors de la fusion de son équipe (devenue Cleveland) avec le Minnesota. Par contre, ce n’est qu’en 1981-82 qu’il parvint à jouer un match dans la Ligue Nationale, avant d’en jouer quatre autres l’année suivante.
Se retrouvant avec les faibles Penguins en 1983-84, il joua quinze matchs dans la grande ligue et passa le reste dans Ligue Américaine.

Ayant atteint le fond du baril, Pittsburgh put repêcher Mario Lemieux. Mais comme l’équipe avait si peu de profondeur, les candidats potables pour jouer à ses côtés étaient peu nombreux. C’est ainsi que Young se retrouva sur la ligne du Magnifique.

Mais même au sein d'une équipe des plus faibles et avec des compagnons de trio de niveau plutôt passable, Lemieux obtint 100 points et gagna le Trophée Calder. Il fit également très bien paraître Young, alors que ce dernier marqua 40 buts.

En raison de ces statistiques avantageuses, les Red Wings de Détroit, qui commençaient à peine à être un peu respectables après quinze ans de médiocrité, le signèrent comme agent libre. Évidemment, sans Lemieux, les résultats ne furent pas les mêmes, malgré qu’il compta tout de même 22 buts.

À la fin de la saison, il fut retourné aux Penguins, mais ne jouant plus avec Lemieux, la magie n’opérait plus. Il partagea les deux saisons suivantes entre Pittsburgh et la filiale, avant de se retirer.
En 236 matchs, il montre une fiche de 72-77-149. De ses 72 buts, 40 ont été comptés au cours de sa saison avec Lemieux.

Il revint à Pittsburgh en 1994 pour jouer au roller hockey avec les Phantoms. Il a aussi été entraîneur dans la East Coast League.

Rob Brown

Rob Brown eut un parcours un peu semblable à celui de Young. Après une carrière prolifique avec les Blazers de Kamloops de la Ligue de l’Ouest, il fut repêché 67e en 1986 par les Penguins. Comme Young, il se retrouva sur la même ligne que Lemieux. Comme Young, cela le fit bien paraître. Après des saisons de 115 et 80 points, il fut ensuite échangé aux Whalers. Mais loin de Lemieux, les résultats ne furent jamais plus les mêmes. (voir texte du 11 mai 2010)

Après des arrêts à Chicago, Dallas et Los Angeles, il retourna à Pittsburgh, mais avec des résultats beaucoup plus mitigées.
Au total, en 543 matchs, il accumula 438 points, dont 115 pour sa seule saison 1988-89.