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mercredi 8 octobre 2025

La Central Hockey League (1992-2014)



La Central Hockey League, à ne pas initialement confondre avec sa première version (1963-84) et autres circuits antérieurs, voit le jour en 1992, sous l’impulsion de Ray Miron et Bill Levins

Miron et Levins étaient autrefois entraîneur et DG respectivement des Blazers de l'Oklahoma dans l’ancienne CHL pendant les années 60 et 70. Miron avait également été DG des Oilers de Tulsa de 1964 à 1974 et auparavant dans l'ancienne EHL avec les Knights de Nashville. Il fut plus tard promu comme DG des défunts Rockies du Colorado (1976 à 1981) et travailla également dans l’organisation des Maple Leafs.

La CHL avait d’abord été créée en 1963 par la LNH pour servir de circuit de développement pour ses jeunes joueurs. Elle a accueilli plusieurs futurs grands noms, tels que Bernie Parent, Tony Esposito, Stan Smyl, Dirk Graham, Randy Carlyle, Glenn "Chico" Resch, Pete Mahovlich, Bob Bourne, Mark Messier, et surtout, de nombreux jeunes joueurs du Canadien avec les Apollos de Houston, tels que Carol Vadnais, Rogatien Vachon, Serge Savard, Jacques Lemaire et Guy Lapointe. La ligue représentait bien son nom «Central», avec des équipes principalement du midwest et des états plus à l'ouest avec des villes comme Omaha, Minneapolis, Indianapolis, Tulsa, Kansas City, mais aussi avec des tentatives peu fructueuses plus au sud ou sur les côtes du pacifique comme Memphis et Seattle. Ce fut aussi temporairement la ligue ou vécurent les très éphémères Six-Guns d'Albuquerque que j'affectionne particulièrement.

Ray Miron (3e à partir de la droite, première rangée) et les Oilers de Tulsa en 1966.

La CHL dut toutefois cesser ses activités en 1984 en raison du déclin du soutien des clubs de la LNH et de la concurrence importante d’autres circuits comme l’AHL et la IHL. Après la saison, la LNH cessa son appui financier direct. Le commissaire Bud Poile (anciennement coach des Canucks, Flyers et père de David Poile) déclara alors la ligue «inactive». Les franchises survivantes migrèrent ailleurs, par exemple Salt Lake City et Indianapolis qui rejoignirent l’International Hockey League (IHL). Les autres équipes ont ensuite tout simplement disparu ou se sont replier sur des ligues semi-pro locales.

Donc, au début des années 90, Miron et Levins unirent leurs forces pour ramener le hockey professionnel dans des villes de taille moyenne du sud et du Midwest américain, délaissées par la dissolution d’autres circuits, principalement depuis la fin de la CHL.  Il n’y eut par exemple aucune équipe professionnelle, tous circuits confondus, située au Texas entre 1982 et 1992. Même avant l'arrivée des Stars de Dallas, il n'y avait plus eu aucun club texan depuis les Blackhawks de Dallas qui avaient évolué de 1967 à 1982 dans la CHL 1.0. 

On peut véritablement appeler cela une résurrection de ligue totale. Si elle était passablement déclarée comme «inactive» par David Poile en 1982, elle était redevenue active sous les ordres de Miron et Levins qui nommèrent leur nouvelle ligue en honneur de l’ancien nom vacant. La Central Hockey League put renaître de ses cendres, 8 ans après la fin de l'originale. 

Bill Levins mourut toutefois subitement en mai 1991 avant de pouvoir voir son projet aboutir. Miron prit le relais et Levins demeura quand même comme fondateur à titre posthume. Le trophée du vainqueur de la CHL fut nommé en honneur de Levins.

Il y avait toutefois une grande différence entre les deux CHL. Cette fois-ci, la ligue opéra comme seule entité propriétaire indépendante et opéra l'entièreté des franchises, du moins au départ, sans propriétaires externes ni influence de la LNH. Le fils de Ray Miron, Monte, fut nommé comme commissaire de la ligue. Monte Miron avait joué quelques saisons dans l'ancienne CHL et autres circuits.

Joe Burton
Comme autrefois, les premières équipes de la nouvelle CHL se trouvaient au Texas, en Oklahoma, au Kansas, au Tennessee et en Louisiane. On vit alors plusieurs noms renaître. Ce fut le cas des Blazers d’Oklahoma City qui deviennent rapidement la locomotive de la ligue, attirant parfois plus de 10 000 spectateurs par match, un chiffre très impressionnant pour le hockey mineur. Ils remportent le trophée Levins en 1996 et 2001. Le meilleur joueur des Blazers et de la ligue est alors le capitaine Joe Burton, qui joua 10 saisons à Oklahoma City et terminera sa carrière comme champion pointeur de l'histoire de la CHL avec 565 buts, 420 passes pour 985 points en 706 matchs.

Une autre résurrection réussie fut le cas des Oilers de Tulsa. Le hockey en Oklahoma, malgré nos préjugés nordiques, a presque toujours fonctionné. 

Les Oilers, disparus en même temps que la fin de la première CHL, sont une équipe mythique des ligues mineures, alors qu’on peut remonter jusqu’en 1928 pour retrouver les premiers Oilers de Tulsa dans la vieille American Hockey Association. Ils ont ensuite joué dans la USHL (1945 à 1951) avant de revenir dans la CHL en 1964.

Le principal fait d'arme des Oilers dans le folklore du hockey mineur fut leur couronnement comme derniers champions de la CHL en 1984, remportant les grands honneurs en tant qu’équipe itinérante. 

Après avoir déclaré faillite avant la fin de la saison, les joueurs décidèrent de jouer tout de même leurs 17 derniers matchs sur la route. Malgré cela, avec un jeune John Vanbiesbrouck dans les buts, ils terminent troisièmes et remportent l’Adams Cup en battant Salt Lake City en finale. Cet exploit devint légendaire.  (En savoir plus ici dans cet ancien texte de Martin ITFOR).

Histoire de continuer dans une parfaite résurrection, les Oilers de Tulsa 2.0 inaugurèrent parfaitement cette nouvelle incarnation de la CHL en remportant également la première «Coupe Levins» en 1993. Ce fut même ce qu'on peut appeler une parfaite finale «CHL» et «Oklahomienne» alors que leurs opposants en finale furent les Blazers d'Oklahoma City. Autre fun fact, un des meilleurs marqueurs des Oilers champions de 1993 fut nul autre que Taylor Hall. Oui. L'autre Taylor Hall.

 

Avec nul autre que Garry Unger comme coach... Unger avait lui aussi joué dans la CHL au début des années 60. On y voir aussi un ancien du Titan de Laval, Sylvain Naud.
 

La coupe Levins fut éventuellement renommée la Ray Miron President’s Cup en 2001. Mais malgré leur statut parmi les plus stables équipes de la CHL par la suite, et de la ECHL depuis 2014, les Oilers n’ont jamais remporté de championnat à nouveau. 

Parmi les autres premières équipes de 1993, on retrouvait le Freeze de Dallas, le Fire de Forth Worth, les Riverkings de Memphis et le Thunder de Wichita. Toutes ces villes avaient auparavant connu du hockey de la CHL. En plus de la bataille de l'Oklahoma (un autre parallèle avec les autres Oilers), la CHL désirait raviver l'ancienne rivalité régionale CHL entre Dallas et Forth Worth, qui, comme Dallas, avaient existé de 1967 à 1982. Le Freeze, qui jouait également dans un autre aréna que les Stars, plus miteux, ne fut bien sûr que bien temporaire alors que l'équipe plia bagage en 1995, laissant toute la place aux Stars dans la LNH.  

Le Freeze de San Jose Dallas


La ligue ajouta ensuite d’autres équipes à partir de 1995. On verra alors apparaître au cours des années suivantes des noms exotiques comme les Iguanas de San Antonio, les Channel Cats de Huntsville, les Cottonmouths de Columbus (Georgie) et les fameux Macon Whoopee, cette étrange équipe au logo semi-sexuel qui migra dans la ECHL en 2001.

Sans oublier les très éphémères, très boboches, et très rigolos Bandits de Border City. Confirmant de plus en plus mon amour pour cette ligue.

Malgré toutes les histoires «à la Slapshot» qu'on s'attend des ligues profondes, la CHL demeura relativement stable comparée à d’autres ligues mineures concurrentes. Le Thunder, les Oilers et les Blazers demeuraient les têtes d'affiche et la ligue opérait désormais annuellement entre 10 et 12 équipes au tournant du siècle.

En 2001, la CHL fusionna avec sa rivale, la Western Professional Hockey League (WPHL), un autre circuit texan-sudiste fondé en 1996, ce qui lui permit d’élargir son territoire et d’accroître sa crédibilité.

Encore plus de nouvelles équipes à ce moment comme:

Le Ice d'Indianapolis, les Jackalopes d’Odessa, Le Beast de Brampton (seule incursion canadienne de l'histoire de la CHL), les Buzzards d’El Paso, les Bossier-Shreveport Mudbugs, les Killer Bees de Rio Grande Valley, les Rattlers d’Amarillo, renommées ensuite les Gorillas!  

Il y a surdose de noms débiles que je voudrais bien étaler ici mais je vais garder ça pour plus tard... (note à moi-même, garder pour plus tard)

En voici quand même une:

Yeah.
 

Après la fusion avec la WPHL, la CHL comptait entre 15 et 17 équipes en moyenne par saison, plafonnant à 18 en 2010-11, après l'absorption d'une autre ligue inférieure, la International Hockey League (2e version). Comme la CHL avant eux, une nouvelle ligue qui avait repris un nom vacant. J'en parlerai plus tard de la deuxième IHL si vous me le permettez... c'est une autre bibite.

En résultat de ces deux fusions, le niveau de jeu augmente, et même que quelques formations deviennent momentanément affiliées à des clubs de la LNH ou de l’AHL, ce qui n'avait jamais eu lieu auparavant. Il y eut par exemple les Sundogs de l’Arizona, qui furent partiellement affiliés aux Coyotes de Phoenix entre 2007 et 2009, développant au passage un jeune David Schlemko. Autre exemple, les Eagles du Colorado, futurs double-champions dans la ECHL, furent quelques mois affiliés aux Oilers. 

Il ne s’agissait toutefois que des ententes temporaires, souvent non-officielles et quelques dépannages organisationnels, rien de plus. 

Jusqu'à ce moment dans son histoire, la CHL n'avait pratiquement développé aucun joueur d'une semi-importance dans la LNH. Cela changea toutefois autour de 2010 avec quelques joueurs notables comme Jordie Benn. Non-repêché, Benn avait débuté sa carrière dans la ECHL en 2008-09 avant d'être recalé en CHL la saison suivante. Il connut une bonne saison avec les Americans d'Allen, faisant assez bonne impression pour être engagé par l'équipe de son frère à Dallas. Il joua ensuite à Montréal, Vancouver, Winnipeg, Minnesota et Toronto. 

Aaron Dell et un superbe chandail Ronald McDonald avec les Americans d'Allen

Le gardien Aaron Dell est aussi un des rares cas de joueurs développés dans la CHL avant d'arriver à la grande ligue. Dell était #1 des Americans, champions de la saison 2012-13, avant de graduer dans l'organisation des Sharks. Andrew Desjardins, également non-repêché, a joué une saison (2007-08) dans la CHL avec les Bucks de Laredo. Il gradua ensuite dans ECHL et AHL avant d'aboutir avec les Sharks et les Blackhawks, où il fit partie de l'édition championne de 2015.

On vit bien sûr quelques anciens de la LNH se ramasser en CHL, particulièrement dans les années 90 et début 2000. Outre l'autre Taylor Hall déjà discuté, il y eut quelques présences plus ou moins inhabituelles. En voici quelques-uns, triés sur le volet.

  • Brendan Morrow, alors joueur des Stars de Dallas, joua à Oklahoma City durant le lock-out de 2004-05, même chose pour son ancien coéquipier Brad Lukowich.
  • Scott Young, anciennement des Nordiques et marqueur de 300 buts dans la LNH, joua 3 matchs dans la CHL, aussi durant le lock-out 2004-05. Comme il était alors établi à Dallas, tout comme Morrow, j'imagine que l'option de s'entraîner et garder la forme dans un circuit proche était plus attirant que d'aller dans la AHL ou en Europe. 
  • L'ancien espoir dans les buts des Leafs, Sébastien Centomo, originaire de Laval. 
  • L'ancien défenseur des Sharks Neil Wilkinson joua une douzaine de match avec les Oilers en 2002-03, même chose pour son ancien coéquipier Craig Coxe qui joua 4 saisons à Tulsa. Un autre Sharks de renom, nul autre que le célèbre Link Gaetz, a joué 13 matchs avec les Iguanas de San Antonio en 1995.
  • Il y a également l'obscur joueur oublié des Nordiques Paxton Schulte qui termina sa carrière à Tulsa en 2006.
  • Alek Stojanov, celui plus malheureusement reconnu pour avoir été obtenu en retour de Markus Naslund par les Penguins en 1996, a joué une vingtaine de matchs avec les Scorpions de New Mexico.
  • Autres joueurs: Jason Lafrenière (ancien des Nordiques), Alexei Yegorov, Lonny Bohonos


Au tournant des années 2010, malgré des succès inespérés comme les Eagles du Colorado (qui affichaient des assistances records et un modèle de gestion exemplaire), la CHL fait face à de sérieuses difficultés financières et géographiques. Les coûts de déplacement augmentent considérablement. Plusieurs marchés (notamment au Texas et en Arizona) s’essoufflent. Des équipes migrent vers d’autres ligues plus stables, surtout la ECHL (Eagles en 2011, Komets de Fort Wayne en 2012 et Americans d’Allen en 2014).  

Équipe toujours phare et parmi les meilleures au guichet, les Blazers d'Oklahoma City plièrent bagage en 2009, étant ensuite remplacés par les Barons d'Oklahoma dans la AHL.

Malgré quelques tentatives de relance, la ligue se rétrécit. De 18 équipes en 2005, elle tombe à 9 équipes en 2013-14. Les derniers champions furent les Americans de Allen, qui remportent deux titres consécutifs pour clore l'histoire de la CHL. 

Les Americans de Allen, derniers (doubles) champions en 2013 et 2014
 

En octobre 2014, la CHL cesse officiellement ses activités. Sept de ses équipes (Allen, Missouri, Rapid City, Tulsa, Wichita, Brampton et Quad City) sont absorbées par l’ECHL, scellant la fin de la CHL comme ligue indépendante. 

La ECHL avait auparavant accueilli dans ses rangs d’anciennes équipes de la IHL et la WCHL, laissant libre cours à la CHL d’absorber de son côté la WPHL et la UHL/IHL. On peut dire que la mission d’épurer le réseau des ligues mineures aura fonctionné et que la ECHL aura finalement remporté ce que j'appelle cette «guerre de l’absorption» dans les ligues mineures.

L’héritage de la ligue demeure fort dans le Sud et le Midwest américain. Six équipes rescapées de la CHL sont toujours fidèlement en place dans la ECHL; les Oilers, les Americans, les Komets, le Thunder de Wichita, les Mavericks de Kansas City et le Rush de Rapid City, tandis que les Eagles du Colorado ont gradué dans la AHL. Des équipes originales de la CHL en 1992-93, seuls les Oilers et le Thunder sont toujours actives.

Les Oilers de Tulsa, toujours actifs dans la ECHL
 

La CHL aura été un tremplin pour des milliers de joueurs, un modèle de hockey communautaire dans des villes non traditionnelles mais toutefois classiques du hockey mineur de cette région des US, et une base d’expansion indirecte pour l’ECHL. Cela montre que parfois, ce ne sont pas seulement des joueurs qui se servent des niveaux mineurs pour graduer dans des niveaux supérieurs, dans le cas de la CHL, ce sont principalement les équipes qui ont pu se consolider et graduer dans un circuit plus prospère et stable. 

Il est quelque fois mentionné que la CHL aurait atteint un niveau «AA» similaire ou parallèle à l’ECHL, mais je me permets d’en douter. La ECHL a développé davantage de joueurs pour la LNH avec quelques excellents noms comme Jonathan Quick, Michael Ryder, Jonathan Marchessault, Jaroslav Halak, Yanni Gourde, Alex Burrows, et plusieurs autres. Outre les cas isolés de Jordie Benn, Aaron Dell et Andrew Desjardins lors des dernières années d'existence de la CHL, on ne peut pas dire que la fiche de route de la CHL fut aussi reluisante. C'était toutefois bien parti lors de ses dernières années, mais on préféra logiquement agrandir la ECHL et consolider tout ça dans un seul niveau au troisième échelon derrière LNH et AHL. Ces ligues ont d'ailleurs longuement fait pression pour «épurer» l'écosystème des circuits mineurs.

Ray Miron (à gauche) a grandement aidé à mettre le hockey sur la carte à Tulsa et dans le sud des USA.

Ray Miron vendit la CHL en 2000. Il reçut de la LNH le trophée Lester B. Patrick en 2004, honorant sa contribution au hockey aux États-Unis. Il déclara ce moment son meilleur accomplissement en carrière. Il mourut à Tulsa en août 2015 à l'âge de 92 ans. 

Les Oilers de Tulsa célèbreront leur «100e» anniversaire d'existence en 2028, ayant toutefois existé en plusieurs phases:
1928-1942 (AHA)
1945-1951 (USHL)
1964-1984 (CHL 1.0)
1992-2014 (CHL 2.0)
2014 - (ECHL)

On se laisse sur un extrait d'époque sur Youtube. Un match random Tulsa-Oklahoma de 1999-2000.

ENCORE GARY UNGER!  

 

 

Sources: wikipedia, Fun While it Lasted, the Oklahoman, Eliteprospects

jeudi 25 mars 2021

Les grands voyageurs #5: Bryan Helmer

 


Le joueur d'aujourd'hui n'est pas nécessairement un de ceux qui ont joué pour un nombre record d'équipes ou de ligues, malgré qu'il a quand même beaucoup bougé. Mais sa constance et sa longévité lui ont tout de même permis d'inscrire son nom dans l'histoire du hockey.



Né le 15 juillet 1972 à Sault Ste. Marie en Ontario, le défenseur Bryan Berry Helmer n'a pas été repêché après quatre saisons dans le junior A ontarien au début des années 90. Toutefois, son bon jeu acharné dans le Junior A fut suffisant pour capter l'attention d'un recruteur des Devils et un contrat des ligues mineures. 

Il débuta donc professionnellement en 1993-94 avec le club-école des Devils, les River Rats d'Albany. Il joua en tout 5 saisons à Albany, se méritant au passage la coupe Calder de 1995. Lors de la saison 97-98, il se mérita une place sur la première équipe d'étoile de la AHL et mena la ligue pour les passes chez les défenseurs avec une fiche de 14 buts et 49 passes pour 63 points. Tout cela ne fut toutefois pas suffisant pour se mériter un essai avec le puissant grand club au New Jersey. Il attira cependant l'attention des Coyotes de Phoenix qui le signèrent comme agent libre pour la saison 1998-99.

Il put donc faire ses débuts dans la LNH avec les Coyotes mais ne fit pas une très bonne impression. Après seulement 11 matchs à Phoenix et quelques matchs à Las Vegas dans la IHL, il fut placé au ballotage et réclamé par les Blues. Il termina donc la saison en faisant la navette entre St.Louis et leur club-école à Worcester dans la AHL. Il récolta toutefois ses premiers points à St.Louis où il récolta 4 passes en 29 matchs. 

Il joua une autre année dans l'organisation des Blues en 1999-2000 suite à quoi il signa avec les Canucks. Il passa trois saisons à Vancouver, faisant encore la navette avec leur club-école, d'abord à Kansas City dans la IHL et ensuite le Moose du Manitoba dans la AHL. Sa meilleure saison dans la LNH fut celle de 2001-02 où il joua 40 matchs et récolta 5 buts et 5 passes en plus de jouer en séries pour la première fois. 

Il retourna toutefois dans l'organisation des Coyotes lorsque les Canucks l'échangèrent à Phoenix en retour de Martin Grenier. Il joua donc la saison à 2003-04 à Phoenix, partageant encore son temps entre le grand club et le club-école, cette fois les Falcons de Springfield dans la AHL.



Durant le lock-out de 2004-05, il signa un contrat de deux ans avec les Red Wings mais passa l'entièreté de ces deux années dans la AHL avec les Griffins de Grand Rapids. Ce fut ensuite un autre contrat de deux ans et un autre retour avec les Coyotes mais là encore aucun rappel dans la LNH et donc deux années avec le Rampage de San Antonio, toujours dans la AHL, où il fut nommé capitaine.

Ensuite ce fut au tour des Capitals de signer le vétéran défenseur comme police d'assurance dans les mineures. Désormais âgé de 36 ans, il ne s'attendait plus à revenir un jour dans la grande ligue. Il fut nommé capitaine des Bears de Hershey, club-école des Capitals. Ces derniers eurent toutefois plusieurs blessés à la défense durant cette saison 2008-09 et Helmer put revenir chausser les patins dans la LNH pour un dernier séjour de 12 matchs où il amassa 3 passes. Il fut retourné à Hershey pour terminer la saison et ce fut une belle finale car l'équipe remporta la Coupe Calder, exploit qu'ils répétèrent ensuite en 2009-10.



Après un début de saison où il n'avait pas encore déniché un poste, il signa à la mi-saison 2010-2011 avec les Barons d'Oklahoma City. Au fil de toutes ces années passées dans la AHL, Helmer était rarement parmi les meneurs pour les points chez les défenseurs, sa meilleure saison étant toujours celle de 1997-98 de 63 points discutée plus haut et sa deuxième meilleure saison fut ensuite en 2005-06 à Grand Rapids où il obtint 56 points. Toutefois, sa longévité dans cette ligue fit en sorte qu'en janvier 2011, une semaine après avoir signé avec les Barons, il devint le meneur dans l'histoire de la AHL pour les défenseurs lorsqu'il obtint son 520e point, dépassant ainsi le précédent détenteur du record, John Slaney. 

Durant cette même saison, il franchit également le plateau des 1000 matchs joués dans cette ligue, faisant de lui seulement le 7e de l'histoire et le dernier à ce jour à atteindre ce plateau dans la AHL. Il est également le seul défenseur parmi ces sept joueurs. Il se mérita après cette saison le trophée Fred T. Hunt Memorial, récompensant la persévérance et l'esprit sportif dans la LNH, soit la version AHL du trophée Masterton.

Il joua une autre saison à Oklahoma City et ensuite un dernier 24 matchs durant la saison 2012-13 avec les Falcons de Springfield, où il avait auparavant joué en 2003-04. Cette saison 2012-13 était sa 20e saison professionnelle, sa 19e dans la AHL alors que la seule saison où il n'y a pas joué fut lors de la saison 2000-01, dernière saison d'existence de la IHL où était situé le club-école des Canucks.


Il prit ensuite sa retraite comme joueur. Il avait alors au compteur 1116 matchs joués, ce qui le place au 3e rang dans l'histoire de la AHL derrière Willie Marshall et Fred Glover. Il est cependant au premier rang pour les matchs joués en séries avec 159, incluant 7 présences en finale de conférence et 3 championnats de la Coupe Calder. 

En 1116 matchs dans la AHL, sa fiche est de 129 buts et 435 passes pour 564 points.
En 146 matchs dans la NHL, sa fiche est de 8 buts et 18 passes pour 26 points.

Durant ces 20 années de hockeyeur professionnel, il porta en tout l'uniforme de 14 équipes dans la AHL(8), LNH (4) et IHL (2).

Après sa retraite, il fut brièvement assistant entraineur avec les Petes de Peterborough et ensuite avec les Bears de Hershey. Il est toujours à l'emploi des Bears à ce jour comme VP des opérations hockey.


Sources:
Barons' Bryan Helmer sets AHL record during win, The Oklahoman, 13 janvier 2011
AHL Hall of fame
No quit in AHL veteran Bryan Helmer, CBC Sports, 25 janvier 2013