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dimanche 30 août 2026

Petites photos pour le plaisir #109 - Michel Bergeron aux Enfants de la télé


 

J’ai récemment eu l’occasion d’assister à l’enregistrement de l’émission Les enfants de la télé, à Radio-Canada.

Les invités étaient les comédiens Bruno Marcil et Shelby Jean-Baptiste.  Quant au troisième invité, il s’agissait de nul autre que le Tigre, Michel Bergeron.  Maintenant âgé de 80 ans, il a accepté de sortir de sa récente retraite pour cette présence à l'émission.

Voici donc quelques photos que nous pouvions prendre pendant les pauses.

Le Tigre, Shelby Jean-Baptiste, l'animateur André Robitaille, Bruno Marcil et l'animatrice Mélanie Maynard

En grande forme, détendu et drôle, il nous a fait passer une belle soirée avec ses anecdotes. 

Si ça vous intéresse, il s’agit d’une activité plaisante qui, pour ceux qui ne connaissent pas bien ce domaine, permet d’un peu mieux comprendre l’envers du décor.  De plus, il s’agit d’une activité plus qu’abordable, puisque c’est gratuit.

Bergeron et les deux animateurs
 

L’émission sera diffusée à un moment à être déterminé cet hiver. À écouter à ce moment pour plus de détails.

L'ancien entraîneur et Mélanie Maynard

dimanche 23 août 2026

R.I.P. Bill Rasmussen

 

Bill Rasmussen est décédé mercredi dernier. Âgé de 93 ans, il souffrait de Parkinson depuis quelques années. Peut-être qu’à prime abord, son nom ne vous fit rien. Pourtant, comme fondateur d'ESPN, il a eu un impact majeur sur le monde du sport. 


 

Avant de devenir directeur des communications des Whalers de la Nouvelle-Angleterre en 1974, alors toujours dans l’Association mondiale de hockey (AMH), Bill Rasmussen avait travaillé dans le domaine de la radio, de la publicité, puis il a été directeur des sports, et ensuite directeur des informations pour une station de télé de Springfield, au Massachussetts. 

Alors qu’il était à l’emploi des Whalers, une partie de son travail consistait à monter une émission hebdomadaire qui montrait les faits saillants de la semaine. Il devait ensuite aller livrer la cassette à neuf câblodistributeurs de la région. Il cherchait alors aussi une façon de distribuer les matchs des Whalers et le contenu sportif émanant de l’Université du Connecticut. 

À la conclusion de la saison 1977-78, Rasmussen, comme plusieurs de ses collègues travaillant dans les bureaux des Whalers, furent congédiés. 

Moins d’un mois après son congédiement, Rasmussen se remit à retravailler sur son concept de distribuer son contenu aux câblos du coin. Il les convoqua pour leur présenter son idée. Seulement la moitié se présenta. On lui expliqua alors aussitôt que techniquement, la tâche serait difficile, parce que tous n’avaient pas la même méthode de réception du contenu. De nombreuses sources leur envoyaient leur matériel par micro-ondes, qu’ils devaient ensuite amplifier avec leurs propres antennes. 

L’un d’eux lui suggéra de contacter RCA pour discuter de transmission satellite, une technologie dont Rasmussen ignorait tout. Lorsqu’il les appela, on s’empressa de le rencontrer pour lui offrir de l’espace disponible (et à ce moment, il y avait beaucoup de capacité excédentaire) sur cette nouvelle technologie, le SATCOM 1, qui pouvait transmettre du contenu à n’importe quelle station de réception en Amérique du Nord. Le problème, c’est qu’il y avait encore bien peu de ces stations. 

Ne pouvant recevoir le représentant de RCA dans ce qui lui servait de bureau, il loua une salle de conférence chez l’un des câblos. 

Son interlocuteur lui expliqua qu’une période de cinq heures de transmission satellite par jour, sept jours sur sept, coûtait 1250$ par jour. Ça pouvait paraître raisonnable, mais il demeurait que Rasmussen n’avait pas vraiment d’argent et plus d’emploi. 

Le représentant de RCA lui dit alors qu’un forfait annuel 24 heures sur 24, 365 jours par année était aussi disponible pour 35000$ par mois, mais qu’il suscitait bien peu d’intérêt et qu’il ne le mettait plus de l’avant. 

Rasmussen y réfléchit, et comme son prix de revient était de 1143$ par jour, moins qu’un forfait de cinq heures, c’est ce qu’il choisit. L’entente exigeait un premier paiement dans trois mois. C’est donc le temps qu’il avait pour donner une forme à son projet. Le moment venu, il dut alors remplir sa carte de crédit pour faire cette avance initiale de 9000$. 

Deux éléments lui apparurent et à lui et son fils, avec qui il travaillait. D’abord, il se demanda comment il ferait pour remplir autant d’heures de programmation. Par contre, la technologie du satellite faisait en sorte que contrairement à son plan initial, il n’avait pas à se limiter au Connecticut. C’est alors que la solution leur apparut. La NCAA, avec sa multitude d’universités, pouvait leur fournir une quantité astronomique de contenu. De plus, se souvenant comment, alors qu’il travaillait â la télé, il était frustré d’être limité â des capsules de 4 minutes pour présenter les nouvelles du sport, il eut l’idée d’en faire un bulletin d’une demi-heure. Ceci avait l’avantage de peupler la grille-horaire, surtout en le répétant plusieurs fois par jour, en plus de fournir du contenu peu coûteux. Ce fut le début du concept de SportsCenter. Toutefois, au début, l’idée fut reçue avec scepticisme. 

Il fallait donc convaincre la NCAA, s’acheter du matériel technique et se trouver un site. Toutefois, sa carte de crédit ne suffisait plus, puisque tout ça coûtait évidemment cher. Il fallait donc en plus trouver des investisseurs. Et pour les trouver, il fallait leur démontrer une capacité â générer des revenus. Et comme les câblos n’étaient pas intéressés à lui payer un frais d’abonnement, il fallait donc trouver des commanditaires. Par contre à ce moment, l’autre canal câblé, HBO, fonctionnait plutôt avec des abonnements. ESPN reviendra à ce modèle d’affaires en 1983. 

Il y avait donc beaucoup de pain sur la planche. 

Il y eut plusieurs allers-retours vers les bureaux de la NCAA, au Kansas, Ceux-ci étaient particulièrement intéressés à mettre en lumière des sports qui, jusque-là, en recevaient bien peu. Une entente fut signée finalement signé en février 1979. Ce même mois, un investisseur majeur avait été trouvé à un endroit surprenant. Une compagnie de pétrole, Getty Oil, accepta alors de sortir son chéquier, en investissant 10,4 millions $. Celle-ci voulait diversifier ses investissements, mais il demeure que c’était un pari risqué. Ceci aida toutefois bien sûr à donner de la crédibilité au projet.

Les événements se sont ensuite enchaînés. La rivalité Larry Bird – Magic Johnson aida à augmenter la popularité du basketball universitaire. Getty Oil investit 15 millions $ supplémentaires, devenant ainsi largement majoritaire. Et du côté des commanditaires, Anheuser-Busch signa pour plus d’un million. D’autres suivirent. Rasmussen réussit à attirer l’attention et créer un certain engouement autour du projet. 

Du côté du personnel, on réussit un grand coup de filet en convainquant Chet Simmons, le président de NBC Sports, de se joindre à l’entreprise. Dans son cas, il s’agissait d’un pari professionnel audacieux. Toutefois, Stuart Evey, le représentant de Getty Oil, lui assura qu’il serait en charge, sans toutefois le mentionner à Rasmussen. 

On signa aussi une entente avec un premier câblodistributeur prêt à offrir la station à ses abonnés. Celui-ci était bien loin du Connecticut. Il était plutôt au Colorado. 

Du côté professionnel, ce fut un peu plus difficile. Rasmussen rencontra la NFL, mais le commissaire Pete Rozelle lui répondit que le concept était intéressant, mais que c’était trop tôt. On trouva donc d’autre contenu pour remplir la grille 24/7, comme de la balle molle, du tir de tracteur, du football australien, des rodéos et du hurling irlandais. 

C’est finalement le 7 septembre 1979 qu’ESPN (Entertainment and Sports Programming Network) entra en ondes, dans des studios pas encore tout à fait terminés. La NFL n’y sera qu’à partir de 1987. Le baseball majeur y sera en 1989. 

La première émission diffusée fut un match de la World Series of Professional Slow Pitch Softball. Malheureusement pour eux, l’une des équipes était le Schlitz de Milwaukee. Schlitz étant un compétiteur direct de Budweiser, la marque du commanditaire principal d'ESPN, Anheuser-Busch, on décida de se contenter de les nommer ″Milwaukee″. Ce ne fut évidemment pas le seul moment cocasse des débuts de la nouvelle station. 

L’atmosphère de travail à cette époque était empreinte de testostérone, alors qu’on retrouvait dans les studios de la petite ville isolée de Bristol, Connecticut un mélange de travail intense et de fête sans fin. Toutefois, Simmons et Rasmussen n’avaient pas la même lecture de leurs rôles respectifs, ce qui créa bien sûr des frictions. De plus, Simmons ne voulait plus de l’implication de Scott, le fils de Rasmussen.

Le 30 septembre 1980, il fut annoncé que Bill Rasmussen quittait l’entreprise. Il en demeura toutefois actionnaire. 

Par ailleurs, la profitabilité n’était pas encore au rendez-vous. On dut donc amener un autre partenaire En 1982, ABC paya 20 millions $ pour 10% de la compagnie. Cette dernière lui fournit du contenu et apporta des synergies. 

En 1984, ABC racheta avec Nabisco les actions de la famille Rasmussen et celles de Texaco (qui avait acheté Getty Oil). Les sources divergent quant au montant que les Rasmussen ont obtenu. Certains parlent de 6 millions, d’autres 20 millions. 

Bill Rasmussen fut ensuite écarté de l’entreprise qu’il avait fondée jusqu’en 1999, alors que le président du moment l’invita pour le vingtième anniversaire. 

Par la suite, Rasmussen a investi et s’est impliqué dans différentes entreprises, dont un tournoi de la PGA. Il a aussi eu comme projet de construire un stade de golf (?) en Floride. Toutefois, le projet ne se matérialisa pas. Il y eut des enquêtes pour corruption et Rasmussen plaida finalement coupable à des accusations réduites de fraude en échange de sa collaboration. 

Il demeure toutefois qu'il a eu une influence majeure sur la diffusion de contenu sportif, 


Sources: 

Miller, James Andrew and Shiles, Tom, Those Guys Have All the Fun, Inside The World of ESPN, 2011, Little Brown, chapter 1, 

Sarver Coombs, Danielle and Batchelor, Bob, American History through American Sports, From Colonial Lacrosse to Extreme Sports, Bloomsbury Publishing, 2012, chapter 1, 

Deninger, Dennis, Live sports media: the what, how and why of sports broadcasting, Routledge, New York, 2022, chapter 1, 

″ABC expected to bid for ESPN″, AP, April 27 1984, Windsor Star, page C2, 

″ESPN has hand in changing American sports landscape″ de Gerald Eskenazi, New York Times News Service, Washington Observer-Reporter, page C1, 

″On the Air″ de Sara Powers Bailey, October 25 1989, Sarasota Herald-Tribune, page C1, 

″Station proves it can handle the big event″, AP, November 24 1995, Lewiston Sun-Journal, page 4C,

″Founder of ESPN tells tale″ de Pete Warner, April 3 1997, Bangor Daily News, page C1, 

″Sports giant ESPN not even considering calling time out″ de Gary D’Amato, December 16 1997, Toledo Blade, page 44, 

″Lighthouse Project – History: Stadium was biggest public corruption scandal in local history″ de Brittany Shammas, April 2, 2012, Naples News (archive.naplesnews.com), 

″Bill Rasmussen, Sports TV visionary and co-founder of ESPN, dies at 93″, August 18, 2026, ESPN (espn.com), 

″Bill Rasmussen’s legacy: He made ESPN part of your family″ de Andrew Marchand, August 19, 2026, New York Times (nytimes.com), 

bill-rasmussen-speaker.com, wikipedia.org.

 

lundi 15 juin 2026

Je vous parle d'un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître



En intitulant mon billet d’un extrait de ″La bohême″ de Charles Aznavour, je trahis un peu (beaucoup) mon âge. Mais il s’agit d’une tranche de vie qui, 45 ans plus tard, peut paraître préhistorique à ceux qui n’ont pas vécu cette époque. 

Le 17 décembre 1980, les Canadiens se présentèrent à Vancouver pour affronter les Canucks. À ce moment, Montréal sortait à peine de sa dynastie des années 1970. De l’autre côté, les Canucks existaient seulement depuis 10 ans et cherchaient encore à établir une certaine respectabilité. Ils avaient raté les éliminatoires six fois, n’avaient jamais remporté une série et en saison, ils n’avaient présenté une fiche supérieure à ,500 qu’à deux reprises. Le résultat fut que le Tricolore était extrêmement populaire sur la côte-ouest et l’équipe locale se sentait défavorisée lorsque Montréal était en ville. (Les Canadiens sont encore très populaires dans l’ouest du pays, mais disons que le temps a fait son œuvre et que c’est beaucoup plus près d’un équilibre normal pour une équipe hôtesse.) 

Dave ″Tiger″ Williams avait été échangé des Leafs aux Canucks lors de la saison précédente. L’un des pires agitateurs de la ligue, Williams avait aussi la réputation d’être francophobe. La veille du match, il avait confié à un journaliste du Vancouver Sun, James Lawdon, qu’il trouvait complètement insensé que la foule appuie aussi massivement une équipe de ″frogs″. Sentant que ses propos étaient hautement controversés, le journaliste insista qu’il n’avait pas été prononcés sous l’effet de l’émotion, mais qu’il y avait vraiment réfléchi. Williams se cala encore plus en ajoutant que c’était sûrement le premier ministre René Lévesque (le premier référendum avait eu lieu quelques mois auparavant) qui payait pour qu’il y ait autant de gens qui applaudissaient les ″frogs″ dans les estrades. 

Ces insultes ne passèrent pas inaperçues. Larry Robinson indiqua qu’il était difficile d’avoir une conversation intelligente avec quelqu’un qui, comme Williams, ne l’était pas. Gaston Gingras décrivit Williams comme un jaune et voulut lui régler son cas, mais en bout de ligne il fut peu utilisé par l’entraîneur Claude Ruel. Chris Nilan voulut se battre avec Williams, mais ce dernier refusa en se cabrant la tête entre ses deux bras. Nilan prit alors quatre minutes de punition pendant lesquelles les Canucks comptèrent deux fois, dont un par Williams lui-même. Après le match, Nilan déclara que ″J’aimerais cent fois mieux être un frog qu’un chicken.″ 

Même si Montréal avait une meilleure équipe sur papier, le match se termina par un match nul de 4-4. Williams avait toutefois réussi à jouer dans la tête des Canadiens. La table était toutefois mise pour la visite des Canucks à Montréal, qui n’aurait toutefois pas lieu avant le 21 mars suivant. 

Williams était alors attendu de pied ferme. Huit policiers furent assignés à sa sécurité. Sur la patinoire, les choses ne tardèrent pas à dégénérer. La charge fut d’ailleurs menée par trois joueurs au sentiment nationaliste connu, Guy Lapointe, Richard Sévigny et Mario Tremblay. 

Lapointe et Tremblay se mirent d’abord à deux pour infliger une mise en échec mémorable à Williams, que la foule huait à chaque occasion. 

Lorsqu’à 9:20, Williams y alla d’une vicieuse charge au bâton sur Sévigny, gardien de petite taille mais à la fougue indiscutable, Lapointe se jeta sur lui. Sévigny fit de même, devenant ainsi le troisième homme de la bagarre, qui dégénéra rapidement en foire. Finalement, l’arbitre Ron Hoggarth décerna 98 minutes de pénalité. Sévigny fut expulsé du match, bien qu’il affirma qu’il avait été blessé et qu’il aurait dû laisser sa place à Denis Herron de toute façon. 

Le tout reprit à 8:17 de la deuxième période. Une autre longue mêlée générale éclata. Tremblay s’en prit à Williams et 72 autres minutes de pénalité furent décernées. Le Bleuet bionique fut à son tour expulsé du match. 

À l’époque, les matchs du samedi (à La Soirée du hockey, à Radio-Canada) étaient à 20h. J’avais presque 8 ans. Même si c’était beaucoup plus tard que mon heure habituelle, j’avais une permission spéciale pour regarder les matchs du samedi jusqu’à la fin. Je regardais habituellement le début avec ma mère, qui allait éventuellement se coucher. Mon père, mon frère et mes sœurs n’avaient aucun intérêt pour le hockey, ce qui fait que je me retrouvais après un moment seul à regarder l’unique télé de la maison. 

Sauf que le match de ce soir était interminable, avec les innombrables bagarres. Mon père finit par se réveiller et vint me dire que ça suffisait et que je devais aller me coucher. 

Le lendemain, je ne savais toujours pas qui avait gagné. À ce moment, il n’y avait évidemment pas d’internet, ni de RDS, ni de RDI. (Nous n’avions pas le câble de toute façon.) À Radio-Canada, le dimanche matin était consacré à des émissions jeunesse. Ce n’était donc pas en regardant Passe-Partout ou Grisu le petit dragon que j’allais apprendre qui avait gagné la veille. À TVA, ce n’était pas en regardant C’était l’bon temps, une émission animée par Guy Godin qui parlaient de vieux chanteurs, que j’en apprendrais plus. 

À la radio, de ce que je me souvienne, le FM diffusait exclusivement de la musique, sans vraiment d’info. Au AM, on retrouvait à ces heures de faible écoute principalement des chansons rétros en mono. 

Et le journal? Mon père était abonné à La Presse, qui à l’époque ne publiait pas le dimanche. J’habitais à la campagne, alors le dépanneur était un peu loin pour aller chercher le Journal de Montréal. 

Mais à midi, il y avait un bulletin de nouvelles à la télé, n’est-ce pas? En fait, non, pas à ce moment. À Radio-Canada, c’était La Semaine verte. Du côté de TVA, pas plus de chance, c’était Le Brunch, une émission culturelle avec Reine Malo. 

Donc, je devais attendre à 16h30 pour regarder Sport Mag, une émission hebdomadaire à TVA qui couvrait l’actualité sportive, pour connaître le résultat? 

Finalement, mon père m’annonça que nous allions rendre visite à ma tante. En chemin, alors que nous avons passé près d’un dépanneur (les magasins et les épiceries étaient alors fermés le dimanche), je l’ai littéralement harcelé pour qu’il arrête pour que je puisse acheter le Journal de Montréal, ce qu’il a accepté de faire. 

J’ai finalement pu apprendre que les choses s’étaient calmées en troisième, alors qu’il n’y avait eu aucune pénalité. Une victoire de 5-3. Un but et une passe pour Larry Robinson et Mark Napier, mais surtout 34 minutes de pénalité pour Tremblay, 22 pour Sévigny et 17 pour Lapointe. Ce dernier rata d’ailleurs le match suivant, blessé, alors que Sévigny put reprendre le filet. 

De son côté, Williams, qui est toujours à ce jour le meneur de tous les temps pour les minutes de pénalité, en accumula 31. À la fin du match, il ne se défila pas. Il assuma ses paroles, en disant toutefois qu’il pensait qu’il s’adressait à un ami. Il dit aussi que la situation ne l’avait pas affecté et qu’en tant qu’ ″Indien″, il était habitué que tout le monde le déteste. (Note : Dave Williams n’est pas autochtone.) 

Son entraîneur Harry Neale vint à sa défense en disant que Williams était un combattant bien que, contrairement à ce qu’avait affirmé ce dernier, il avait été affecté par les événements. 

Le coéquipier de Williams, Richard Brodeur, confia plus tard qu’il avait été mis au fait par le principal intéressé des déclarations qu’il ferait pour provoquer des réactions. Brodeur le qualifia d’ailleurs de phénomène. Williams confirma que son but était de voler le spectacle et de créer la controverse. 

Sources : 

″Le Canadien acclamé à Vancouver «Lévesque paie pour faire applaudir des frogs» - Williams″ de Bernard Brisset, 18 décembre 1980, La Presse, page B1, 

″Tiger Williams prend de la place″ de Bernard Brisset, 19 décembre 1980, La Presse, page B1, 

″Les p’tites grenouilles attendent Tiger″ de Bernard Brisset, 21 mars 1981, La Presse, page F1, 

″Ruel fait les éloges de Sévigny″ de Bernard Brisset, 23 mars 1981, La Presse, page S3, 

″Une longue soirée pour Williams″ de Bernard Brisset, 23 mars 1981, La Presse, page S4, 

″Williams ne regrette rien″ de Bernard Brisset, 23 mars 1981, La Presse, page S5, 

″Lapointe paie la rançon de la gloire″ de Bernard Brisset, 23 mars 1981, La Presse, page S5, 

Télé-Presse du 21 au 28 mars 1981 

″Les Canucks tiennent leur bout″ de Maurice Dumas, 24 mars 1981, Le Soleil, page D1, 

″Davis : Still feisty, Tiger Williams honouring Indigeous ′family′ during Pro Scout events″ de Darrell Davis, September 19, 2025, Regina Leader-Post (leaderpost.com).

 

dimanche 26 juillet 2020

Le Masque (1997)




Pourquoi ne pas parler un peu d'un sujet d'actualité? Tout le monde parle du ''MASQUE'' ces temps-ci et bien, je vais m'y mettre moi aussi.

Lorsque j'ai écrit mon texte précédent où je parle de Pierre Lambert dans l'uniforme des Maple Leafs, j'ai bien sûr dû retracer et me retaper l'épisode en question pour savoir de quoi je parlais. Et en écoutant l'épisode, j'ai découvert un personnage secondaire (dont j'ignore le nom) qui est joué par nul autre que Patrice L'Écuyer. Voir notre ami Patrice ailleurs que dans un Bye-bye ou un jeu télévisé a fait ressortir de mon subconscient l'éphémère mini-série ''Le Masque'' diffusée à TQS en 1997.



À prime abord, mes seuls souvenirs de cette série étaient quelques bandes-annonces enfouies loin loin dans ma mémoire. Je ne pense pas avoir écouté un seul épisode à l'époque, mais cela demeurait une curiosité que j'espérais un jour revisiter au même titre que les vieux Lance Et Compte. Cependant, il n'y avait vraisemblablement aucun moyen de revoir ne serait-ce qu'un seul épisode car cette série n'a pas vraiment marché et à moins de me tromper, ce n'est pas le genre de chose qu'on peut trouver sur Prise 2 ou en DVD. J'espérais donc trouver quelque chose sur Youtube mais je n'avais jamais rien trouvé au cours des années... Jusqu'à hier.

Un utilisateur du nom de ''Archéologue VHS'' a récemment uploadé une quantité incroyable de vieilles cassettes VHS sur Youtube et parmi elles, on retrouve la série ''Le Masque'' dans son intégralité. La série ne comprenait que quatre épisodes de 45 minutes et je suis en train de me les clancher au complet au moment où je vous parle. Si vous n'avez pas le courage de faire de même, je vous ai fait un petit compte-rendu des meilleurs moments que j'ai écrit au fur et à mesure et j'ai chronométré chaque moment pour vous. Je vous conseille si possible de lire mes commentaires en même temps que vous regardez le vidéo dans une autre fenêtre ou bien de regarder la série au complet et venir lire mes commentaires par la suite, c'est comme vous voulez.

C'est parti!



  • (0:00) On commence avec un super générique. Vous pouvez y voir les principaux acteurs de la série dont Céline Bonnier (probablement un de ses premiers rôles principaux), Pierre Curzi et Bobby Beshro. Je me souviens particulièrement de Beshro pour son rôle dans l'ancien feuilleton 4 et demi. Comme vous pouvez voir, la qualité du vidéo n'est pas super mais ça s'améliore un peu par la suite, malgré quelques bogues... Je remercie ''Archéologue VHS'' d'avoir mis ce vidéo sur Youtube avant que sa cassette ne se désintègre complètement...

  • (0:40) ÇA COMMENCE EN FORCE AVEC UNE SCÈNE DE CUL!
    À première vue, on dirait une imitation sans scrupule de Lance et Compte. Je ne l'avais pas bien vu dans le générique mais en reculant et après l'avoir regardé une deuxième fois, j'ai bien vu comme vous que c'était produit et scénarisé par nul autres que Réjean Tremblay ET Fabienne Larouche... C'est ça qui arrive quand on se lance dans un projet de cave sans faire assez de recherches...

  • (1:20) Pierre Curzi a l'air d'être le coach et de rusher sa vie. Il prend des pilules. Il va sûrement pas se rendre jusqu'au 4e épisode en top shape...

  • (1:53) Curzi arrive dans la chambre des joueurs. On y aperçoit notre équipe aux couleurs des Rangers qui s'appelle les Patriotes. J'ignore cependant de quelle ville il s'agit ni de quelle ligue. On voit également une soigneuse jouée par la glorieuse Pascale Montpetit qui ajuste un masque de gardien. Gros suspense dans la pièce. Je me rappelle ensuite que Montpetit jouait dans pas mal presque tout ce qui passait à la télé dans ces années-là...

  • (2:29) WOW! Super close-up sur notre vedette! Son nom est Romain Gabriel, gardien vedette des Patriotes qui est grandement basé sur Patrick Roy. Je suis justement en train de lire sur un autre écran un article de La Presse qui raconte que plusieurs des éléments de cette série furent inspirés de la carrière de Roy dans les années 90 mais surtout de ses relations personnelles et de la ''supposée'' relation entre l'ex-femme de Roy et Mathieu Schneider. Croustillant! Curzi lui lance son masque dans une scène de départ sans dialogues. On dirait que j'appréhende le moment où quelqu'un va se mettre à parler...

  • Apparemment que Réjean Tremblay a du s’asseoir avec le clan Roy pour négocier l'approbation de cette série. Aucun élément n'aurait ensuite été modifié ou retiré et aucune poursuite n'eut lieu par la suite. Il y aurait cependant eu un certain malaise entre Roy et Tremblay pendant quelques années mais ça s'est arrangé depuis.

  • (3:10) Les joueurs se pompent à reprendre le match en même temps qu'un beat de saxophone trop intense entre-coupé de la scène de cul.

  • (4:14) On voit un journaliste parler au téléphone. Avec la qualité de vidéo merdique, je croyais qu'il s'agissait de Denis Bouchard et j'étais vraiment énervé pendant quelques secondes. Est-ce que ''Le Masque'' était en fait un ''spin-off'' de Lance et Compte? Lulu qui couvre une autre équipe d'une autre ligue? Qu'est-il arrivé au National? Où sont Marc Gagnon et Pierre Lambert? Mais non finalement ce n'est pas Denis Bouchard...

  • (4:28) Premier arrêt de Gabriel dans la série (télé). On semble être en finale de championnat si j'ai bien compris. Score de 1-1 contre Chicago en prolongation. Je me demande vraiment qui était la doublure hockey de L'Écuyer. Et aussi, je suis super intrigué par cette ligue fictive... Mais où jouent donc les Patriotes???

  • (5:08) Les scènes de hockey ont l'air surprenamment bien jouées. En tout cas beaucoup mieux que plusieurs scènes de Lance et Compte.

  • (5:30) Close-up sur Gabriel. Ouf... on voit bien l'inspiration provenant de Patrick Roy. Mais je vais me retenir sur les talents d'acteur de L'Écuyer si vous me le permettez.

  •  
  • (5:50) Ce serait la 12e coupe de l'histoire des Patriotes s'ils gagnent ce match.

  • (6:10) Gabriel remet lui même la rondelle à son coéquipier pour le but gagnant. S'enchaînent ensuite les célébrations entrecoupées d'un autre climax dans la chambre à coucher. Le gars qui vient de venir dit ensuite qu'il doit aller rejoindre l'équipe. Il s'agit en fait d'un des joueurs des Patriotes, Vincent Gervais, qui est alors blessé... et la fille est Louise Gabriel, LA FEMME DE ROMAIN! Classique...

  • (7:29) On voit Gabriel soulever la Coupe Sans Nom... belle imitation tout de même. Sauf qu'on dirait qu'elle n'a pas de noms gravés dessus... Sur un compte-rendu de IMDB on mentionne que la ligue serait la ''Continental Hockey League'' mais je n'ai pas entendu aucune mention sur cette dernière jusqu'à maintenant.


  • (7:50) Wow. Ce mec est vraiment une ordure... Rater le moment décisif de la victoire de son équipe en finale pour aller fourrer avec la femme de son coéquipier vedette...

  • (8:30) Je comprends rien de ce que L'Écuyer est en train de gueuler au travers de ces célébrations...

  • (11:00) Belle pub de Mikes...

  • (15:25) BANG! Scène de cul!

  • (16:25) ''Toi c'est pas ton mari.'' , ''Non, mais c'est mon goaler...'' LOL

  • (18:30) Le BBQ a même pas l'air d'être ouvert. Pas de fumée ni le moindre effet sonore de cuisson. Ça va être long de faire cuire tes boulettes, espèce de traînée...

  • (24:57) Ooohhh... Le Stade Olympique. Ce serait donc les Patriotes de Montréal? Bon après 25 minutes je sais finalement où se situe cette équipe. C'est assez classique de Réjean Tremblay et de Lance et Compte où je m'intéresse davantage aux scènes de hockey et dans ce cas-ci à la composition de cette ligue fictive dans cet univers parallèle... Mais pour ça je dois me taper de longues minutes de mélodrame putride...

  • (25:20) Une scène dramatique de L'Écuyer... il reste encore 2h30 à ce vidéo...

  • (26:45) Martin Larocque dans le rôle de... Réjean Tremblay?


  • (32:49) Match à l'étranger à Toronto. Déçu de ne pas avoir vu d'extraits de ce match. Encore là, c'est un aspect typique des séries de ce genre... Ils ont perdu le match. On peut au moins voir le chandail des Patriotes à l'étranger et on peut apercevoir une affiche dans le couloir avec le logo de Toronto. On dirait un peu le logo des Leafs...


  • (39:10) Gabriel apprend l'infidélité de sa femme. On restarte le beat de saxophone mélodramatique dans le tapis. Ce musicien est un génie.

  • (40:40) Romain va faire une promenade en char pour décompresser? Un bon 40 secondes de remplissage réussi...

  • (41:00) Gabriel confronte Gervais... ce qui nous donne ce moment d'anthologie dans l'histoire de la télévision québécoise:


  • (46:40) Pierre Curzi est pas super crédible dans son rôle de coach. Quoique j'adore sa réplique: ''Dis qu'il a le flu, sacrament. C'est pas compliqué!''

  • (48:45) Le meilleur pour la fin de cette première partie. La marde est pognée dans le vestiaire après ce superbe ''Speak white...''

  • (50:08) On y voit un autre joueur figurant joué par un jeune Karim Toupin-Chaieb qui jouera plus tard le rôle de Mathias Ladouceur dans les futures saisons de Lance et Compte des années 2000. Si ''Le Masque'' a été un flop, au moins Réjean aura réussi à faire du casting pour ses futurs projets.


  • (51:38) ''Dis-leur que s'il y en a un qui s'ouvre la gueule, je l'envoie à Edmonton''. Mine de rien on retrouve des répliques assez marrantes dans cette mini-série.

  • (58:00) Petit problème de cassette ici... Ça dure quelques minutes. Vous pouvez skipper jusqu'à 1:06:34

  • (1:09:16) Superbe moment ici avec un flash-éclair du point de vue du caméraman. On y voit même que ''Pinsonneault'' (bon choix de nom), le journaliste principal de la série, travaille pour... TQS bien sûr. Tout un flashback que de revoir ce vieux logo d'ailleurs...


  • (1:17:10) Gabriel est sur le banc pour ce match contre Detroit qui porte le chandail des... Panthers de la Floride? Ok...

  • (1:20:04) Un autre match à l'étranger contre une équipe aux couleurs des Penguins... C'est probablement les Wildcats de Dallas ou les Falcons de Philadelphie... Ah non, finalement c'est Boston. Au moins les couleurs correspondent davantage que Detroit avec le chandail des Panthers.

  • (1:21:09) Ah ben, c'est Ladouce le gardien auxiliaire. Il s'appelle Carl Bernier. Va-t'il voler le poste de numéro un à Gabriel? Ou bien est-il le André ''Red Light'' Racicot de cet univers?

  • (1:24:00) Guitare un peu trop intense...

  • (1:30:32) Je pourrais jurer avoir vu ce même décor pour la maison de Pierre Lambert ou bien Marc Gagnon dans Lance et Compte...


  • (:1:32:45) Le président de l'équipe est un de mes personnages favoris. Surtout suite à cette réplique sortie de nulle part: ''Il faut que les magasins Leduc continuent à vendre leurs saucisses!'' J'imagine que la famille Leduc est un des commanditaires et/ou propriétaires du club.

  • (1:38:50) Ooooouuuhh Une jeune Marie-Josée Croze...

  • (1:50:50) Gabriel qui se fait rincer 8-0 et qui ne se fait pas retirer du match par son nouveau coach avec qui il ne s'entend pas bien... J'ai-tu déjà dit que c'était inspiré de la carrière de Patrick Roy? Ah mais non en fait c'est totalement différent car Roy avait accordé 9 buts aux Red Wings avant d'être retiré et non pas 8... Et dans ce cas-ci c'est contre Boston et pas Detroit...

  • (1:52:09) Ouais... de la grande ''fiction''.

  • (1:58:50) ''Béliveau c't'un estie d'chien sale. Il se prend pour une star pis il avait de la misère à scorer 30 buts dans son temps''. FICTION j'ai dit...

  • (2:01:00) Pourquoi j'ai l'impression que ce lèche-cul va manger toute une volée avant la fin de cette dernière heure?

  • (2:17:00) Le pire ''training montage'' ever...

  • (2:33:20) Oufff... la chimie L'Écuyer/Croze...

  • (2:46:00) OHHH On mentionne Colorado et Patrick Roy qui existent dans cette dimension parallèle... On a aussi mentionné plus tôt des noms de coachs existants (Bowman, Keenan). On est donc dans une réalité mixée avec la vraie LNH... Ce qui était également le cas dans Lance et Compte sauf qu'on retrouvait les vraies équipes dans cette dernière (sauf le ''National''). Le Canadien n'existe donc pas dans cette réalité? À moins qu'il y ait une deuxième équipe à Montréal?  Et j'ignore s'il y a une équipe à Québec. Est-ce que le ''National'' est aussi déménagé au Colorado dans cet univers? Est-ce que Roy jouait pour les Patriotes? Ça ne devrait pas être le cas puisque Gabriel a 29 ans et semble avoir joué toute sa carrière avec les Patriotes, à moins qu'il ait supplanté Roy dans la hiérarchie... Ça c'est tout un goaler... Anyway j'ai beaucoup de questions...

  • (2:47:55) ''Décrisse face de rat. Tu pues''. Du grand dialogue de 6e année ça.

  • (2:55:30) Duel classique pour la fin. On peut finalement voir le logo et le chandail de Chicago de plus près. Le chandail est calqué sur celui des Devils mais le logo est hyper générique. Je n'arrive malheureusement pas à lire le nom de l'équipe.



  • (2:56:20) Come on Réjean... Où est le clin d'oeil???

C'est donc ce qui termine l'épopée ''Le Masque''. Au final je n'ai pas détesté. Pas un chef d'oeuvre mais au moins un bon plaisir coupable. C'est du moins meilleur que plusieurs épisodes, téléfilms et même films de Lance et Compte... Il y a également plusieurs répliques punchées que j'aime bien.

L'histoire est clichée et beaucoup trop inspirée de Patrick Roy à mon goût et L'Écuyer est... correct? J'aurais aimé rire davantage de lui mais il fait son possible... Il ressemble vraiment à Patrice Robitaille plus je le regarde... Le reste des acteurs font une job honnête également. Certains d'entre eux ne doivent pas trop se rappeler de ce rôle (Croze, Bonnier, Curzi...).

Mais le meilleur élément de cette série et ce qui m'a le plus incité à regarder jusqu'au bout est sans contredit cette fameuse ''Continental Hockey League'' et ses fausses équipes à moitié basées sur la LNH... 

Un peu comme dans les histoires d'univers de comic books comme Marvel et DC, on retrouve donc ici un ''Réjean-verse'' où il existe deux réalités alternatives dérivées de notre univers et de notre LNH réelle; l'univers Lance et Compte et l'univers ''Le Masque''. Ou si vous préférez l'univers ''Continental Hockey League''...

À moins que la LNH de Lance et Compte ait fusionné avec une autre ligue pour créer la ''CHL''?  Un peu comme lors de l’absorption de l'AMH en 1979? Ça expliquerait que certaines équipes existent comme dans la LNH comme par exemple l'équipe de Toronto qui est la seule où j'ai pu voir que le logo était (apparemment) le même que celui de la LNH. Ça expliquerait aussi peut-être que Detroit ait ''fusionné'' avec les Panthers et pris leurs chandails. Même chose pour Chicago/New Jersey... Ou peut-être que tout ça n'était qu'un rêve un peu fou de Lulu dans l'univers Lance et Compte?

Mais la seule vraie question valide est: Est-ce que je pense vraiment trop souvent à des affaires inutiles du genre?

 La réponse est... non.

En terminant je crois que vous pouvez toujours participer à ce concours pour gagner une Cavalier 97:


lundi 5 mars 2018

René Lecavalier








C’est en 1937, un an après sa fondation, que René Lecavalier s’est joint à la Société Radio-Canada.  Il n’occupa toutefois pas immédiatement un poste en contact avec le public.  Il travailla plutôt en comptabilité, avant de devenir annonceur.  Il est ensuite devenu correspondant en Afrique, puis animateur d’émissions culturelles et chroniqueur sportif. 
 
Le 11 octobre 1952, celui qui avait rêvé de devenir joueur de hockey devint le descripteur de la première partie télédiffusée au Canada.  Il demeurera à la Soirée du hockey jusqu’en 1985 et sa voix en fut indissociable.  Si on l’associe souvent à ses collègues anglophones Foster Hewitt et Danny Gallivan, il fut en poste plus longtemps qu’eux, puisque Hewitt prit sa retraite en 1968 et Gallivan en 1984.  Les trois ont d’ailleurs été en 1984 parmi les premiers récipiendaires du Prix Foster-Hewitt, du Temple de la renommée du hockey.
 
Au fur et à mesure que l’utilisation du téléviseur se répandait, la portée du hockey augmentait et permettait de rejoindre un public de plus en plus grand.  Pourtant, initialement, on avait craint à l’inverse que la télévision ne vide le Forum.
 
C’est toutefois son apport à la langue française qui demeure son plus grand héritage.  Lecavalier, avec sa culture et son bagage diversifié, s’efforça de toujours trouver un terme en français pour tous les objets et toutes les situations.  On se souviendra évidemment de son « Il lance et compte! »  C’est pourquoi il a entre autres reçu le prix du journalisme Olivar-Asselin de la Société St-Jean-Baptiste en 1959.  Il a également été décoré de l’Ordre de la fidélité française en 1973, trois ans après avoir reçu l’Ordre du Canada.  En 1979, il reçut des doctorats honorifiques de l’Université de Montréal et de l’UQAM.  Cette même année, il a ajouté à sa collection d’honneurs l’Ordre de la francophonie.  En 1987, ce fut au tour de l'Ordre national du Québec, puis en 1994, le Panthéon des sports canadiens.


https://www.youtube.com/watch?v=10nr_ddRrQk&list=PLuMqzK7Du5kQxNORfRfGlBYJw8_eIK9hY

En 1969, Gilles Tremblay, forcé à prendre sa retraite comme joueur, devint son analyste.  Ce dernier profita énormément de la préparation et de l'approche méticuleuse de la langue française de Lecavalier pour faire de grands progrès, lui qui à la base, avait plus ou moins de prédispositions aux communications.  Ils formèrent alors un duo plus qu'efficace jusqu'à la retraite de Lecavalier en 1985. 
 
En plus de décrire une multitude de matchs des Canadiens et de nombreuses Coupes Stanley, un des hauts faits de sa carrière a été de décrire la Série du siècle de 1972.

http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1053473/hockey-serie-siecle-1972-canada-urss-archives
 
Bien qu’on se souvienne bien sûr de René Lecavalier pour le hockey, il avait également de grandes connaissances au sujet du baseball.  Ses occupations professionnelles l’ont aussi amené à partir des Jeux de Rome en 1960 à couvrir les Olympiques.  Jusqu’aux Jeux de Los Angeles en 1984, il ne rata que ceux de Munich en 1972 et ceux de Moscou en 1980, que le Canada boycotta.  Lors des Jeux de Montréal en 1976, il agit à titre de chef d’antenne.
 
C’est après avoir laissé sa place qu’il réalisa qu’il n’avait pas vraiment planifié sa retraite et fut pris d’un brin de nostalgie.  Il fit tout de même un bref retour pour Rendez Vous 87. 
 
Toujours modeste malgré son grand professionnalisme, il avait comparé sa description à la musique d’un film.  Qu’elle soit bonne ou non, il faut à la base que le film soit bon et si ce n’est pas le cas, ce n’est pas la musique qui le sauvera.
 
Il est décédé en 1999 à l'âge de 81 ans, neuf mois avant Maurice Richard.
 
Sources: “La voix du hockey s’éteint à 81 ans″ de Robert Bousquet, 7 septembre 1999, La Presse, p.A1, ″Il a donné ses lettres de noblesse au sport –Richard Garneau” de Robert Bousquet, 7 septembre 1999, La Presse, p.S8, "René Lecavalier s’éteint à l’âge de 81 ans″ de Marc Delbes, Presse Canadienne, 7 septembre 1999, Le Devoir, p.B5, sportshall.ca, wikipedia.org.

mercredi 3 janvier 2018

Des matchs entiers à la télé



C’est le 11 octobre 1952 qu’eut lieu la première télédiffusion de la Soirée du hockey, à Radio-Canada. Ce soir-là, René Lecavalier a décrit une victoire des Canadiens au Forum, 2-1 sur les Red Wings.


La Patrie, 11 octobre 1952
(À noter que c’est seulement le 1er novembre 1952 qu’un premier match a été télédiffusé du côté anglophone. Lors de la première d’Hockey Night in Canada, Foster Hewitt a alors décrit une victoire des Maple Leafs de 3-2 sur les Bruins, au Maple Leaf Gardens. Lecavalier est donc l’ultime pionner au Canada. Par contre, aux États-Unis, le premier match remonte au 25 février 1940, lorsque NBC diffusa une victoire des Rangers de 6-2 face aux Canadiens.)

Toutefois, en octobre 1952, cette nouveauté n’est arrivée qu’en partie. Comme on craignait que la présence de la télé fasse baisser la demande pour les billets, on ne diffusa que la troisième période, alors que la marque était déjà 1-1. Pourtant, un téléviseur demeurait à ce moment un objet qui n’était pas à la portée de toutes les bourses. Cette appréhension n’était toutefois pas sans fondement, puisque plusieurs formes de sortie de divertissement ont pâti de l’arrivée de la télévision, comme le cinéma ou même les ligues seniors.

319$ en 1952 = 2970$ en 2017
950$ en 1952 = 8846$ en 2017


En octobre 1957, la famille Molson fut impliquée à nouveau avec le Club de hockey Canadien. (Herbert Molson avait été impliqué dans la construction du Forum en 1924. De 1957 à 1972, l’équipe a appartenu au sénateur Hartland de Montarville Molson et à son frère Thomas Henry. La Brasserie Molson l’a détenu de 1978 à 2001 et un groupe comprenant Geoff, Andrew et Justin Molson la possède depuis 2009.) Mais à ce moment, on peut voir dans l’édition du 5 octobre 1957 de Parlons Sport qu’un des grands espoirs est que les Molson permettent enfin la diffusion des matchs en entier.










Ça ne s’est toutefois pas réalisé, ou pas immédiatement du moins. Ce n’est finalement qu’en octobre 1968, deux ans après le début des reportages en couleur, que les matchs ont été diffusés en entier.

C’est en 2004 que la Soirée du hockey a cessé d’être diffusée.


Sources : ″La Soirée du hockey au petit écran″, 11 octobre 2017, Radio-Canada (ici.radio-canada.ca), ″Highlights in the History of ′Hockey Night in Canada′″, Canadian Press, 10 mars 2014, The Hockey News (thehockeynews.com), Feuille de calcul de l'inflation (banqueducanada.ca), wikipedia.org.

lundi 27 octobre 2014

Howie Meeker









Howie Meeker a connu du succès au niveau junior, mais sa carrière aurait bien pu s’arrêter à ce niveau.  En raison de la guerre, il se retrouva dans l’armée et fut blessé sérieusement par une grenade. 

Il parvint malgré tout à se rétablir, suffisamment pour faire ses débuts avec les Maple Leafs en 1946-47.  Sa fiche de 27-18-45 en 55 matchs lui permit de se voir décerner le Trophée Calder (recrue de l’année).  C’est 33 points de plus qu’une autre recrue des Red Wings, un certain Gordie Howe.  Lors d’un match de janvier contre Chicago, Meeker marqua cinq buts.  Cette même année, Toronto remporta la première de trois Coupes Stanley consécutives.

Les saisons suivantes furent moins productives, incluant quelques-unes marquées par des blessures.

En 1951, suite à sa participation à une quatrième victoire de la Coupe Stanley, il se porta candidat à une élection partielle dans Waterloo Sud.  Élu sous la bannière progressiste-conservatrice, il siégea pendant sa carrière de joueur, comme le fera plus tard Red Kelly. (voir texte du 24 août 2012)  On peut par contre supposer qu’il était difficile de partager son temps entre Waterloo, Ottawa et Toronto (en plus des voyages sur la route).  Il ne fut pas candidat à sa réélection en 1953.

Il cessa de jouer après quelques matchs en 1953-54.  Il devint ensuite entraîneur des Hornets de Pittsburgh de la Ligue américaine, qu’il mena à une victoire de la Coupe Calder en 1954-55.

En 1956, il fut embauché comme entraîneur-chef des Leafs.  Toutefois, les résultats ne furent pas au rendez-vous.  Les Leafs ratèrent les séries pour une rare fois pendant la période des "Original Six" et après une seule saison, Meeker fut congédié.  Par la suite, il continua de jouer au niveau senior pendant une quinzaine d’années.

Meeker refit surface au début des années 1970 lorsqu’il devint analyse à  Hockey Night in Canada.  Il se fit remarqué, malgré une voix pas nécessairement des plus appropriées pour la télévision, en poussant son analyse à un niveau supérieur à ce qui avait été vu auparavant.




De 1973 à 1976, il participa à une deuxième émission à la CBC, Howie Meeker‘s Hockey School, où ils recevaient des jeunes qui apprenaient à polir certains aspects du jeu.  On peut donc dire que Meeker était un mélange de Gilles Tremblay (voir texte du 9 décembre 2013) et de Joël Bouchard…  Meeker voulait ainsi souligner que l’enseignement du hockey laissait souvent à désirer.


En 1987, il se joignit à l’équipe de TSN, avec qui il resta jusqu’à sa retraite en 1998.  À ce moment, il fut élu au Temple de la renommée du hockey dans la catégorie médias, en plus de recevoir le prix Foster-Hewitt.

Il habite aujourd’hui en Colombie-Britannique.

Sources :  legendsofhockey.net, wikipedia.org.

lundi 9 décembre 2013

Gilles Tremblay








À la fin des années 1950, alors que les Canadiens étaient au sommet de leur art pendant leur période des cinq Coupes consécutives, déjà, une relève abondante poussait. Les Canadiens d’Hull-Ottawa gagnèrent la Coupe Memorial en 1958. Dirigés par un jeune entraîneur prometteur, Scotty Bowman, l’équipe comptait dans son alignement plusieurs éléments de la future « dynastie oubliée » (les Coupes de 1965, 1966, 1968 et 1969) comme Jean-Claude Tremblay, Robert Rousseau et Ralph Backstrom. On y retrouvait également Gilles Tremblay.


Originaire de la région de Québec, Tremblay fit ses débuts avec le grand club en 1960-61. Son talent offensif indéniable lui permit entre autres de compter 32 buts lors de sa première saison complète (en 1961-62), alors qu’il jouait avec Jean Béliveau et Bernard Geoffrion. Mais son rôle ne se limitait pas à cela. Il avait aussi souvent comme tâche de surveiller le meilleur joueur de l’autre équipe, que ce soit Gordie Howe ou Bobby Hull par exemple.

Après avoir aligné des saisons de 25 et 22 buts, il fut victime d’une fracture de la jambe en 1964-65. Ceci lui fit manquer non seulement une bonne partie de la saison, mais aussi les séries et les célébrations de sa première Coupe. Il revint par contre l’année suivante avec 27 buts et une autre Coupe.

Après une baisse de régime en 1966-67, il rebondit avec une saison de 23 buts.

Les choses se sont toutefois gâchées par la suite. En 1968-69, l’équipe décida de faire vacciner ses joueurs contre la grippe de Hong Kong. Tremblay aurait mal réagi au vaccin et il s’est ensuite mis à développer des maladies respiratoires, de l’asthme et des bronchites entre autres. Il lui est donc devenu impossible de poursuivre sa carrière. Il prit sa retraite de joueur en février 1969.

Au total, il a joué 509 matchs. Il montre une fiche de 168-162-330.


Par contre, les Canadiens ne l’ont pas laissé tomber. Sam Pollock lui a versé un an de salaire et l’a aidé à obtenir le poste d’analyste à la Soirée du Hockey. Il devint en fait l’un des premiers « joueurnalistes ». Il dut ainsi faire son apprentissage du monde des communications en accéléré, mais il put par contre bénéficier de l’apport de la meilleure référence possible, René Lecavalier. Ils formeront ensemble un duo incontournable pendant 16 années, jusqu’à la retraite de Lecavalier en 1985. Plusieurs se souviendront de leurs vestons bleu poudre caractéristiques et lorsque Lecavalier interpellait Tremblay. « Hé bien, Gilles… »


Tremblay continua à la Soirée du Hockey, avec Richard Garneau entre autres. Au total, il passa 27 ans à la télévision. En fait, dans la tête de plusieurs, l’analyste a définitivement pris la place de l’ancien joueur, d’autant plus qu’un grand nombre l’ont vu à la télé sans jamais l’avoir vu jouer.

Le Temple de la Renommée souligna sa contribution dans le monde des médias en lui remettant le Prix Foster-Hewitt en 2002.

Il est aujourd’hui à la retraite et habite Repentigny.

Sources : « La grippe de Hong Kong a coûté cher à Gilles Tremblay » de Jean-Paul Sarault, 1er février 2009 (fr.canoe.com), legendsofhockey.net, wikipedia.org.