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jeudi 24 octobre 2019

Père Les Costello



Au milieu du siècle dernier, il y avait à Toronto deux sources importantes de joueurs : le Marlborough Athletic Club du côté protestant et les Majors du Collège St.Michael’s du côté catholique.

À St.Michael’s, en plus de permettre aux jeunes hockeyeurs d’étudier, on leur fournissait l’encadrement nécessaire. La recette semblait fonctionner, puisqu’on compte entre autres parmi ses gradués Joe Primeau, Turk Broda, Tim Horton, Red Kelly, Dick Duff et de nombreux autres.

En 1944, Lester Costello, originaire de la région de Timmins, dans le nord de l’Ontario, s’est joint à l’équipe. Cette période correspond à une période faste, où les Majors remportèrent la Coupe Memorial en 1945 et en 1947, les deux fois contre les Canucks de Moose Jaw. En 1946, l’équipe atteignit tout de même la finale, mais elle perdit contre les Monarchs de Winnipeg.

La performance de Costello, entre autres pendant la finale de 1947, incita les Maple Leafs à lui faire signe et à l’assigner à leur club affilié dans la Ligue américaine, les Hornets de Pittsburgh. Toutefois, les Leafs ne perdirent pas de temps et firent appel à lui pour les séries. Costello marqua ainsi ses deux premiers buts dans la LNH, en plus de remporter la Coupe Stanley, un troisième titre en quatre ans pour lui.

En 1948-49, il partagea sa saison entre Pittsburgh et Toronto, avant de passer celle de 1949-50 avec les Hornets, à l’exception d’un match de séries avec les Leafs.

C’est alors que Costello prit une décision drastique. À la recherche d’une vie avec plus de sens, l’appel de la vocation fut plus fort que l’attrait d’une carrière de hockeyeur. Au moment où son frère Murray (qui atteindra la Ligue nationale, avant d’avoir une longue carrière au sein de Hockey Canada) se joignit à son tour au Majors de St.Mike’s, Les quitta le monde du hockey pour poursuivre ses études de prêtrise. Cette décision laissa d’ailleurs le directeur-gérant des Leafs Conn Smythe complètement pantois. On nota également dans les journaux qu’il laissait un salaire annuel de 7200$, alors que les curés en faisaient environ 50$ par mois.

Son ordination eut lieu en 1957, après quoi il fut assigné à une paroisse de son coin de pays, à Timmins.

C’est en 1962 que Costello trouva une façon de conjuguer ses deux centres d’intérêt, alors que le père Brian McKee eut l’idée de mettre sur pied une équipe formée de prêtres, les Flying Fathers. Ce qui devait n’être qu’un événement d’une soirée eut un tel succès que la troupe devint pratiquement permanente. Épris de justice sociale, Costello fit de l’équipe une façon amusante d’accumuler des fonds pour des œuvres de charité. Au total, plus de 4 millions $ furent amassés. Des tournées les menèrent un peu partout au Canada, aux États-Unis et en même en Europe, où ils ont pu rencontrer le pape Paul VI.

En 1979, lors d’un voyage de camping, le père Costello se perdit en forêt pendant plus de 24 heures. Sa mésaventure lui coûta une engelure et l’amputation de plusieurs orteils. Sa nouvelle condition nuisit à son coup de patin, mais elle ne l’empêcha pas de continuer à jouer.

C’est en 2002 que le père Costello tomba sur la glace. Le lendemain, il fut admis à l’hôpital, avant de tomber dans un coma d’où il ne revint jamais. Il avait 74 ans. L’affluence à ses funérailles fut telle qu’elles durent avoir lieu à l’aréna local pour accommoder tout le monde.

Au moment de son décès, en plus de toujours jouer au sein des Flying Fathers, il exerçait toujours son ministère à Timmins, où il parsemait ses sermons de blagues. Dans cette ville minière, il pouvait avoir un langage aussi coloré que ses paroissiens. Au cours de ses nombreuses années au service de la communauté, il eut entre autres l’occasion de marier et d’enterrer les parents de la chanteuse Shania Twain, la gloire de Timmins. Et dans son éternelle lutte contre la pauvreté, il leur vint également souvent en aide à des moments de grands besoins. Celle-ci en fut très reconnaissante et une fois prospère, lorsqu’elle entendit que son église avait besoin d’un nouvel orgue, elle lui envoya 5000$.

Les Flying Fathers continuèrent malgré le décès du père Costello, mais sur une base beaucoup plus sporadique.

Une importante artère porte aujourd’hui son nom à Timmins.


Sources : "Flying Father Les Costello dead at 74", 15 décembre 2002, CBC Sports (cbc.ca), "Father Les Costello", 19 décembre 2002, The Telegraph (telegraph.co.uk), sympatico.ca/flyingfathers, wikipedia.org.

mardi 22 octobre 2019

Vintage Thrashers






Au tournant du siècle dernier, un drôle d'oiseau apparaissait sur la scène de la LNH lorsque les Thrashers d'Atlanta firent leur entrée dans la grande ligue pour la saison 1999-2000. Cette année marque donc le 20e anniversaire de la première édition de cette défunte équipe, et je me demande s'il est maintenant temps de déclarer les Thrashers comme étant rétro?

D'un autre côté, 20 ans ce n'est pas si long et il n'y a pas encore 10 ans que l'équipe n'est plus à Atlanta alors que le déménagement à Winnipeg fut matérialisé pour la saison 2011-12. Mais quoiqu'il en soit, je prends un peu d'avance et je m'auto-déclare comme avant-gardiste (ou si vous préférez ''rétro-gardiste'') en considérant les Thrashers comme étant désormais vintage. Voici donc quelques souvenirs...

Les Thrashers ramenèrent le hockey de la LNH dans la ville d'Atlanta après 19 ans d'absence, alors que la première équipe de la ville, les Flames, déménagea à Calgary pour la saison 1980-81. Atlanta eut entre temps une équipe dans la IHL du nom des Knights d'Atlanta de 1992 à 1996. Comme les Flames et plus tard les Thrashers, les Knights déménagèrent également dans une ville canadienne lorsque naquit l'éphémère concession des Rafales de Québec, qui ne joua que deux saisons avant de cesser ses activités.

Les Thrashers furent nommés en honneur de l'oiseau de l'état de la Georgie, le brown thrasher (en français, le moqueur roux). Un des pionniers de la fondation de la ville se nommait également John Thrasher et le quartier qui est maintenant le centre-ville d'Atlanta se nommait autrefois Thrasherville.  Une plaque commémorative se situe d'ailleurs aux alentours du Philips Arena, le domicile des Thrashers.  J'imagine que le choix du Thrasher comme oiseau de l'état était aussi en honneur de John Thrasher et de Thrasherville...


Toxostoma rufum - Le Thrasher ou Moqueur roux en français est l'oiseau de l'état de la Géorgie

C'est en juin 1997 que la LNH annonça le retour d'une équipe à Atlanta pour la saison 1999-2000, dans le cadre de son dernier plan d'expansion avant le nouveau millénaire. L'équipe appartenait au groupe Turner Broadcasting, mené par le milliardaire Ted Turner (également fondateur de CNN et propriétaire des Hawks d'Atlanta dans la NBA et des Braves dans la MLB). 

Le premier joueur officiel de l'équipe fut le gardien Damian Rhodes. Son acquisition eut lieu avant le repêchage d'expansion, alors que les Sénateurs d'Ottawa l'envoyèrent aux Thrashers en échange que ces derniers ne sélectionnent pas certains joueurs non-protégés. Les Red Wings firent de même en leur envoyant le défenseur Ulf Samuelsson en échange de protection supplémentaire d'autres joueurs. Devenant cependant agent libre en juillet, Ulf ne signa jamais avec eux et signa plutôt avec les Flyers. Le repêchage d'expansion de 1999 ne fut pas très relevé. Plusieurs des joueurs choisis font même partie de ces abonnés aux clubs d'expansion (voir texte du 10 nov. 2014) comme Johan Garpenlov, Terry Yake et Jody Hull.  Le reste des sélections ne fut pas très mémorable. Le gardien Trevor Kidd fut obtenu des Hurricanes mais échangé plus tard aux Panthers. D'autres vieux routiers en fin de carrière furent obtenus comme le capitaine Kelly Buchberger, le défenseur Darryl Shannon ainsi que Mark Tinordi, qui prit sa retraite avant la saison inaugurale des Thrashers...


Damian Rhodes
Le premier Thrasher

Kelly Buchberger
Le premier capitaine

Brett Clark
Obtenu du Canadien lors du repêchage d'expansion

Les deux meilleurs joueurs obtenus lors de l'expansion furent les défenseurs Chris Tamer et Yannick Tremblay. Les deux jouèrent de l'inauguration de l'équipe jusqu'en 2003-2004 et firent partie du top 6 des défenseurs de l'équipe pendant ces 5 premières saisons. Ils sont également les deux seuls de ce repêchage à avoir joué 300 matchs avec l'équipe. Tremblay est le cas le plus intéressant du lot, car il parvint vraiment à se démarquer après cette expansion. Un produit des Maple Leafs qui errait dans leur système depuis 1995, il marqua 10 buts et obtint 31 points avec les Thrashers en 1999-2000. Il fut cependant souvent blessé par la suite, mais obtint une autre saison de 30 points en 2002-03. 

Yannick Tremblay

Le reste de l'alignement inaugural fut obtenu par voie d'échange, de signatures de joueurs autonomes et par le repêchage. De bons vétérans furent obtenus avant et durant la saison comme Nelson Emerson, Ray Ferraro (3e capitaine de l'équipe après Steve Staios) et plus tard Donald Audette (obtenu des Kings contre Emerson et Buchberger). Cependant, la meilleure acquisition des jeunes Thrashers fut cette d'Andrew Brunette, qui fut obtenu des Predators avant la saison. Brunette sera le premier champion pointeur des Thrashers avec 50 points.

Au repêchage, les Thrashers obtinrent le premier choix de 1999 et sélectionnèrent l'attaquant Patrik Stefan qui deviendra un des plus grands flops de l'histoire et plus tard un symbole de l'échec des Thrashers à Atlanta. Stefan n'obtint que 25 points lors de cette saison recrue en 1999-2000 et ne put faire mieux que ses 40 points obtenus en 2003-04. Il obtint cependant un point sur le premier but marqué par l'équipe par Buchberger, lors du premier match de l'équipe, une défaite de 4-1 contre les Devils.





Donald Audette
82 points en 78 matchs sur 2 saisons avec les Thrashers

Ray Ferraro
3e capitaine de l'histoire de l'équipe et une saison de 76 points en 2000-01

Andrew Brunette
Meilleur pointeur de l'édition inaugurale des Thrashers

L'équipe termina sa saison inaugurale comme prévu au dernier rang du classement général, avec une fiche de 14-57-7 pour 39 points. Ils progressèrent lors des deux saisons suivantes (60 et 54 points) mais terminèrent malgré tout dans le fond du classement. L'équipe put donc ensuite se reprendre au repêchage avec la sélection de Dany Heatley (2e choix en 2000) et ensuite d'Ilya Kovalchuk (1er en 2001). La sélection de Kovalchuk marqua également l'histoire car il était le premier joueur russe à être repêché au 1er rang dans la LNH. Heatley demeura avec son club du Wisconsin en 2000-01 donc lui et Kovalchuk firent leurs débuts en même temps lors de la saison 2001-02. Ils terminèrent tous les deux au sommet des pointeurs des Thrashers (67 points pour Heatley et 51 points pour Kovalchuk) et furent tous les deux nommés sur l'équipe d'étoile des recrues et Heatley remporta le trophée Calder.

Cependant, les Thrashers n'eurent généralement pas la main heureuse au repêchage. En 2002, ils décidèrent de sélectionner un gardien d'avenir en Kari Lehtonen, mais ce dernier ne fit jamais vraiment partie de l'élite en plus de 600 matchs dans la LNH. Les seuls autres bons coups des Thrashers au repêchage durant leurs 5 premières saison d'existence furent les sélections de Braydon Coburn (8e choix en 2003) et Tobias Enstrom (239e en 2003). Sinon les seuls autres choix de l'équipe à avoir joué disons plus de 500 matchs, furent Derek MacKenzie (128e choix, 1999), Darcy Hordichuk (180e choix, 2000) et Jim Slater (30e choix, 2002). 

Patrik Stefan
1er choix au total en 1999

Dany Heatley et Ilya Kovalchuk
2e choix au total en 2000 et 1er choix au total en 2001

Shawn McEachern
4e capitaine de l'histoire de l'équipe


Au travers de ce processus normal de recrutement et d'apprentissage d'une nouvelle équipe, les Thrashers évoluèrent généralement bien lors de leurs 5 premières années. Ils récoltèrent 60 points lors de leur 2e saison (une amélioration de 21 points), mais régressèrent à 54 points en 2001-02. Ils obtinrent 30 victoires pour la première fois en 2002-03, une saison qui vit l'entrée en scène de Bob Hartley à la mi-saison suite au congédiement du premier entraineur de l'équipe, Curt Fraser. Hartley dirigera l'équipe durant les meilleures années de l'organisation.

Cependant, deux événements qui allèrent marquer l'histoire et l'avenir des Thrashers se produisirent en coulisses en septembre 2003. Premièrement, l'équipe fut vendue à un consortium d'hommes d'affaires d'Atlanta nommé Atlanta Spirit, qui furent instrumentaux dans l’inaptitude des dernières années de la franchise et une des principales causes du déménagement de l'équipe.

Dan Snyder

Huit jours après la vente de l'équipe, Heatley et son coéquipier Dan Snyder furent impliqués dans un accident d'automobile lorsque Heatley perdit le contrôle de sa Ferrari et heurta un poteau de ciment. Heatley n'était pas en état d'ébriété, mais conduisait beaucoup trop rapidement (130km dans une zone de 50) et les deux furent éjectés de la voiture.  Heatley se cassa la mâchoire en plus de se déchirer des ligaments aux genoux et de se fracturer quelques côtes. Il souffrit également d'une commotion mais se remit éventuellement de ses blessures.  Son coéquipier Snyder n'eut pas cette chance alors qu'il se fractura le crâne et mourut à l'hôpital 6 jours plus tard.  Heatley fut accusé d'homicide véhiculaire de deuxième degré et fut condamné à 3 ans de probation. 

La saison de Heatley ne commença qu'en janvier et malgré le pardon de la famille de Snyder et du soutien des fans d'Atlanta, ces 31 matchs joués en 2003-04 furent ses derniers avec l'équipe, alors qu'il demanda un échange au retour du lock-out. Certains évoquèrent alors la ''EA Curse'' ou la ''Madden Curse'' alors que Heatley avait été précédemment choisi pour être sur la couverture de NHL 2004 qui sortit peu avant l'accident. EA Sports décida même de ressortir le jeu en remplaçant Heatley par Joe Sakic.

Au travers de tout ça, l'équipe continua d'évoluer avec 33 victoires et 78 points mais rata les séries une fois de plus. Kovalchuk obtint 41 buts et 87 points et remporta le trophée Maurice-Richard (ex-aequo avec Rick Nash et Jarome Iginla).

La saison suivante fut annulée à cause du lock-out. On est donc à mi-chemin dans l'histoire des 12 années d'existence des Thrashers. Je vous reviens bientôt avec la suite....

lundi 14 octobre 2019

Des photos rares des Barons de Cleveland




Dans les dernières semaines j'ai quelque peu redécouvert Pinterest, un site auquel je n'avais aucun réel intérêt si ce n'est que de consulter les nombreuses pages d'idées de décoration ou de party d'Halloween de mon épouse. Cependant, j'ai récemment commencé à y chercher des photos de hockey et j'ai été grandement surpris du nombre de photos impressionnantes que j'y ai trouvé. Je me suis rendu compte après quelques temps que je ne pouvais plus m'arrêter et j'ai téléchargé un très grand nombre d'images que je garde en archive pour mes articles. En voici une petite partie sur un sujet auquel moi et mes collègues revenons tout le temps, les Barons de Cleveland.



Le défenseur Jeff Allan n'a joué que 4 matchs en carrière dans la LNH mais au moins il avait la chance de porter ce splendide chandail durant ces quatre matchs.


Comme vous le savez, j'ai une obsession morbide et particulière avec cette équipe. Le fait que ce soit durant les difficiles années 70 dans la LNH, dans la ville moribonde de Cleveland et avec une équipe aussi mal gérée héritière des piteux Seals de Californie fait des Barons un sujet irrésistible dont je pourrais parler pendant des jours. En cherchant ces photos, j'essayais d'en trouver des nouvelles que je n'avais jamais vu, surtout de l'aréna des Barons, le Richfield Coliseum. J'aime essayer de trouver des photos de matchs locaux où l'on peut voir leurs nombreux sièges vides, un peu comme j'ai fait il y a quelques semaines pour les Scouts de Kansas City (voir texte du 2 sept. 2019). 


Le légendaire Gilles Meloche contre les Blues en 1977-78.

Bob Murdoch en 1976-77 contre les North Stars
Murdoch était un des 3 marqueurs de plus de 20 buts chez les Barons cette saison-là

Photo légèrement floue contre les Bruins

Les Barons jouaient leur matchs au Richfield Coliseum, situé dans le milieu de nulle part entre Cleveland et la ville D'Akron (voir texte du 9 sept. 2011).

Match du 25 février 1978, la pire défaite de la courte histoire des Barons par la marque de 13-3 contre Buffalo.

Des visages longs avant un autre match à Cleveland en 1977-78. Le joueur à l'avant-plan est l'ex-capitaine Jim Neilson qui perdit le ''C'' cette saison-là au profit d'Al MacAdam. Celui derrière lui qui a l'air stone/saoûl est le défenseur Jean Potvin, frère de Denis, qui s'est fait échangé des Islanders aux Barons en janvier 1978 en compagnie de Jean-Paul Parisé. Les Islanders recurent l'attaquant Wayne Merrick et le défenseur Darcy Regier en retour. Potvin fut toutefois rapatrié par les Islanders en 1980.


Même lors d'un match acceuillant les puissants Canadiens de Montréal, les Fans ne furent pas nombreux au Richfield Coliseum.

Cette triste bouille est celle de Rick Jodzio, plutôt reconnu pour son assault sauvage envers Marc Tardif des Nordiques en 1976 (voir texte du 27 nov. 2011). Jodzio joua en 1977-78 sa seule saison dans la LNH, une saison qu'il partagea entre les Rockies du Colorado et les Barons.


Un autre match à guichets ouverts contre les Red Wings.


Des rideaux beiges... On ne peut pas faire plus 1977

Conférence de presse avec le directeur de l'Association des joueurs Alan Eagleson ainsi que plusieurs joueurs des Barons. Eagleson annonçait alors le plan de survie pour permettre aux Barons de terminer la saison 1976-77 (voir texte du 20 février 2016.)

Mais tout n'était pas glauque chez les Barons. Leur chandail était selon moi un des plus beaux de l'époque.

Et on retrouvait également à Cleveland une des meilleurs collections de moustache de la LNH.
Dans l'ordre 1re rangée; Rick Hampton, Gilles Meloche
2eme rangée: Dennis Maruk, Bob Murdoch, Al MacAdam

Meloche avait également à un certain moment un des plus beaux masques de l'histoire.



Gary Edwards en avait un pas mal non plus.

Terminons ici avec une des plus belles photos de hockey que j'ai jamais vu. On y voit Meloche discutant au centre de la glace avec son ancien coéquipier Gary ''Cobra'' Simmons. Simmons avait joué avec Meloche à Oakland et ensuite lors de la première saison des Barons en 1976-77. Il fut échangé aux Kings en janvier 1977 contre ce même Gary Edwards vu précedemment. On ne peut qu'imaginer leur discussion. Pour ma part j'imagine Simmons raconter à Meloche son bonheur d'être de retour en Californie et de ne plus être avec une équipe dans le trou.

mardi 1 octobre 2019

Ulf Sterner



Comme c’était habituellement le cas des meilleurs européens à l’époque, c’est surtout sur la scène internationale qu’Ulf Sterner s’est illustré. Il a d’abord été membre de l’équipe suédoise qui a participé aux Jeux de 1960, à Squaw Valley, en Californie. À ce moment, le Tre Kronor a terminé au cinquième rang. Sterner est ensuite retourné à son club de Forshaga, en Suède.

Aux championnats du monde de 1961, Sterner, un ailier gauche, aida les Suédois à monter d’un échelon et à terminer au quatrième rang. Ceci mettait la table pour le tournoi de 1962, au Colorado. À ce moment, Sterner accumula 16 points, le troisième total du tournoi. Parmi ceux-ci, on compte entre autres deux buts décisifs contre le Canada. À cette époque, il n’y avait pas de ronde des médailles, seulement un tournoi à la ronde. Ce match, la seule défaite canadienne, a donc permis à la Suède de conserver sa fiche parfaite et de remporter la médaille d’or.

En 1963, Sterner et ses coéquipiers, alors qu’ils disputaient le championnat dans leur pays, s’accaparèrent de la médaille d’argent, derrière l’Union soviétique. Sterner vint encore une fois hanter le Canada, en marquant trois buts dans une victoire de 4-1. À la maison, Sterner se mérita la Guldpucken (la rondelle d’or), remise au meilleur joueur de Suède.

Sa performance permit d’attirer l’attention des pauvres Rangers. Ceux-ci l’invitèrent alors à leur camp et Sterner fit suffisamment bonne impression pour qu’on lui offre un essai de cinq matchs. Par contre, cette signature lui aurait fait perdre son précieux statut d’amateur et ainsi, son laissez-passer pour les Olympiques d’Innsbruck, en 1964. Sterna déclina donc l’offre. Le pari Sterner rapporta des dividendes, puisque les Suédois se méritèrent la médaille d’argent, derrière les Soviétiques. Sterner contribua à ce résultat en amassant 12 points, le quatrième plus haut total du tournoi.

À ce moment, Sterner se sentit prêt pour l’Amérique du Nord. Les Rangers l’assignèrent d’abord aux Saints de St.Paul, dans la Ligue centrale, puis aux Clippers de Baltimore de la Ligue américaine. Finalement, c’est le 27 janvier 1965 que Sterner fit ses débuts à New York. Si des joueurs nés en Europe comme Pentti Lund et Stan Mikita ont joué dans la LNH avant lui, ils avaient toutefois grandi et été formés au Canada. Dans le cas de Sterner, il devenait ainsi le premier européen formé en Europe à jouer dans la Ligue nationale. Sterner vint près de marquer, mais son but fut refusé.

L’expérience dura quatre matchs, où il n’amassa pas de point. Il devint par contre évident que Sterner ne pouvait pas jouer physiquement comme on le faisait dans la Ligue nationale. Il fut ensuite rétrogradé dans la Ligue américaine pour terminer la saison, avant de retourner en Suède. Cette fois, c’est en deuxième division, avec le Rögle BK, qu’il s’aligna. Il faudra alors attendre aux années 1970 avant de voir des suédois jouer régulièrement en Amérique du Nord.

Son retour au pays lui permit aussi de retourner aux championnats du monde en 1966, une quatrième place pour la Suède.

En 1967, ce fut un retour sur le podium pour les Suédois, avec une médaille d’argent, toujours derrière l’Union soviétique.

Si Sterner dut rater les Olympiques en 1968, il revint en 1969, pour y remporter une autre médaille d’argent. Et comme c’était son habitude, il trouva un moyen de faire mal au Canada. Par contre, cette fois-ci, l’expression "faire mal" prit une autre signification. Pour la dernière fois, l’équipe nationale canadienne était dirigée par le père David Bauer. Au cours du match, pour une raison tout à fait obscure, Sterner asséna un coup de bâton à la tête du prêtre, qui se trouvait derrière le banc de son équipe, malgré que ce n'était vraiment pas dans ses habitudes. L’équipe, qui comptait entre autres Ken Dryden dans ses rangs, fut tellement surprise que personne ne vint à la défense du pauvre père. Il faut dire que personne ne confondrait Sterner avec un Prix Nobel… Ceci ne l’empêcha pas d’accumuler 14 points, le plus haut total du tournoi (à égalité avec trois autres joueurs) et d’être nommé le meilleur attaquant de la compétition.

Sterner ajouta à son palmarès d’autres médailles d’argent en 1970 et 1973 et une médaille de bronze en 1971. Au total, il compte sur une médaille d’or, cinq d’argent (toutes derrière l’Union soviétique) et une de bronze, en plus de sa médaille olympique.

Il termina ensuite sa carrière en jouant en deuxième et en troisième divisions suédoises, en plus d’une saison en Grande-Bretagne.

Il a par la suite été entraîneur en Allemagne.

Membre du Temple de la renommée de l’IIHF, il élève aujourd’hui des chevaux sur sa ferme en Suède, où il leur donne des noms de ses anciens coéquipiers ou de ses adversaires…


Sources :
Garneau, Richard, À toi, Richard…, Éditions internationales Alain Stanké, 1992, page 325,
"Sweden Beats Canada in World Hockey 5-3", AP, 14 mars 1962, Montreal Gazette, page 22,
"Rangers Defeat Bruins", AP, 28 janvier 1965, Montreal Gazette, page 29,
"Ulf Sterner impressionne à son début à New York", PA/UPI, 28 janvier 1965, La Presse, page 43,
"Canada ousted in 4-2 loss", CP, 28 mars 1969, Montreal Gazette, page 28,
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