Le joueur d'aujourd'hui a été «name-droppé» à plusieurs reprises sur ce blog au fil des années, principalement dû au fait qu'il avait le don de se ramasser dans des équipes poches...
Il fallait donc bien qu'un jour on se penche davantage sur son cas. De plus, il fut rejoint dans son parcours par plusieurs autres personnages cultes des années 70, plus particulièrement d'autres joueurs malchanceux d'être tombé dans cette époque de vaches maigres dans la LNH et le hockey professionnel en général, cette époque «Slapshot» où il y avait trop de joueurs dans trop d'équipes dans trop de ligues et pas assez de moyens...
Ernest Charles Arnason est né le 15 juillet 1951 dans la petite ville de Dauphin au Manitoba, (également la même ville de naissance de Barry Trotz). Après avoir terminé en 1971 en tête de la WHL (alors nommée WCHL) avec une production de 163 points et un record d'époque de 79 buts avec les Bombers de Flin Flon, Arnason fut sélectionné en première ronde par le Canadien de Montréal avec le 7e choix au total.
Si je me rappelais bien qu'il ait débuté sa carrière avec le CH, j'ignorais par contre que sa sélection provenait d'un autre coup à la Sam Pollock qui maitrisait l'art d'échanger son bois mort et pièces de rechange en retour de choix de repêchage, parfois plusieurs années plus tard. D'ailleurs, lors de ce même célèbre repêchage de 1971, le CH détenait le 1er choix au total, ayant parvenu à flouer les Golden Seals de la Californie et ainsi obtenir Guy Lafleur.
Dans le cas d'Arnason, sa position au 7e rang fut obtenue quatre ans plus tôt, soit à l'été 1967, lorsque Pollock envoya trois attaquants aux nouveaux North Stars du Minnesota, soit André Boudrias, Bob Charlebois et Bernard Côté. Du lot, seul Boudrias parviendra à éclore, quelques années plus tard avec les Canucks.
Arnason débuta immédiatement comme professionnel en 1971-72, partageant la saison entre Montréal et les Voyageurs de la Nouvelle-Écosse dans la ligue américaine. Il fut même temporairement co-chambreur de Guy Lafleur à Montréal. Il ne joua toutefois que 17 matchs avec le grand club, récoltant 3 buts et aucune passe. Il passa plutôt la majorité de la saison avec les Voyageurs, avec qui il marqua 30 buts et gagna la coupe Calder au printemps 1972. Il obtint 13 points en 15 matchs durant ces séries.
* Fun fact, les Voyageurs étaient la première équipe canadienne de l'histoire à remporter la coupe Calder. Ils la remporteront à deux autres reprises (1976 et 1977). Les quelques autres équipes canadiennes à avoir aussi remporté ce trophée furent les Hawks du Nouveau Brunswick (1982), les Canadiens de Sherbrooke (1985), les Oilers de Cap Breton (1993), les Flames de Saint John (2001), les Bulldogs d'Hamilton (2007) et les Marlies de Toronto (2018). *
Arnason joua ensuite 19 matchs à Montréal en 1972-73 (1 but et 1 passe) mais aucun en séries alors que le CH remporta la coupe Stanley. Il joua de nouveau la majorité de l'année avec les Voyageurs, retournant de nouveau en finale mais cette fois-ci dans une cause perdante contre les Swords de Cincinnati.
Une fois la saison terminée, voyant qu'Arnason ne produisait pas tellement à Montréal et avec de toute manière une bonne quantité de canons offensifs dans son alignement, Pollock décida de sacrifier Arnason en l'envoyant aux Flames d'Atlanta. En retour, le CH obtint un choix de première ronde l'année suivante. Pollock aura finalement réussi à rentabiliser ce choix puisqu'il sélectionnera le défenseur Rick Chartraw avec ce 10e choix au total en 1974. Chartraw rendra de fiers services au CH à la fin de la décennie, faisant partie des 4 éditions championnes de la Coupe Stanley de 1976 à 1979.
Arnason possédait un des plus puissants tirs de la ligue à l'époque.
Mais il s'agissait apparemment de son seul véritable outil pour se
démarquer dans la LNH et il était étiqueté comme étant unidimensionnel et peu fiable en défensive,
ce qui n'aidait pas en plus de sa petite stature (5'10" et 180 livres).
Il n'était donc pas indispensable.
Il débuta la saison 1973-74 avec sa deuxième équipe à Atlanta mais après seulement 33 matchs, il fut échangé de nouveau, cette fois aux Penguins en compagnie de Bob Paradise. En retour les Flames obtinrent Al McDonough.
C'est avec les Penguins qu'Arnason jouera le plus longtemps, soit de janvier 1974 à janvier 1976. Durant ces deux années, il connaîtra sa meilleure production à la saison 1974-75, récoltant 26 buts et 32 passes pour 58 points et participant aux séries pour la première et seule fois de sa carrière.
Voulant retourner en séries l'année suivante, les Penguins échangèrent Arnason aux Scouts de Kansas City en compagnie du dur à cuire notable Steve Durbano. En retour, les Penguins reçurent Ed Gilbert et le capitaine des Scouts, Simon Nolet.
Les deux équipes inversèrent également leur choix de première ronde en 1976, ce qui n'eut pas vraiment d'incidence sur les deux équipes. En tout, Arnason récolta 34 points en 75-76 avec les deux équipes, et termina la saison à -39. Les Scouts terminèrent à l'avant-dernier rang de la ligue.
Après avoir terminé 1976 avec les Scouts, il suivit la franchise défunte au Colorado sous le nom des Rockies. Il joua 61 matchs en 76-77 avec eux, récoltant 13 buts et 10 passes. Encore une fois, l'équipe termina avant-dernière.
Lors de la saison 1977-78, il ne récolta que 12 points en 29 matchs et fut rétrogradé dans les mineures le temps de 6 matchs avec les Roadrunners de Phoenix dans la CHL. Les Roadrunners étaient également affiliés aux Barons de Cleveland et j'imagine que c'est ainsi que les Barons eurent l'idée de faire l'acquisition d'Arnason en janvier 1978.
En compagnie de Rick Jodzio, Arnason devint alors un Baron de Cleveland en retour de Ralph Klassen et Fred Ahern. C'est avec les Barons qu'il sembla connaitre ses meilleurs moments, récoltant 21 buts et 13 passes pour 34 points en seulement 40 matchs.
Jouer dans une équipe qui déménage abruptement ça voulait souvent dire avoir deux cartes lors de la même année, dont l'une avec le chandail «bleaché».
Cependant, les Barons en étaient à leurs derniers milles et fusionnèrent avec les North Stars du Minnesota après la saison 1977-78. Arnason fit initialement partie des joueurs protégés par les North Stars en vue de cette nouvelle version de l'équipe en 78-79, mais il ne joua cependant qu'un seul match en début de saison où il se blessa sérieusement. Et malgré ses 25 buts marqués l'année précédente, les North Stars semblèrent avoir peu d'espoir en lui et l'envoyèrent plutôt récupérer de sa blessure dans la CHL avec les South Stars de l'Oklahoma.
En fin de saison, les Capitals de Washington, un autre club de fond de cave de l'époque, firent son acquisition en retour de considérations futures. Il y joua les 13 derniers matchs de sa carrière dans la LNH, n'amassant que 2 passes, suite à quoi ses droits furent retournés aux North Stars qui auront en fait simplement loué Arnason aux Capitals l'espace de quelques semaines.
Jouer dans ces équipes vous donnait également de grandes chances d'avoir une carte «Now with»
Ou une photo de style «Mugshot»
Ses droits furent vendus aux Canucks de Vancouver à l'été 1979. Il n'y joua cependant jamais, passant l'entièreté de la saison 79-80 de retour dans la ligue centrale où il connut une saison ordinaire.
Sans nouveaux débouchés en Amérique du nord, il opta d'aller jouer en Allemagne avec le Kölner EC. Il y joua 16 matchs avant de se blesser à nouveau, cette fois-ci une blessure sérieuse au genou qui mit fin à sa carrière.
En 401 matchs en carrière, sa fiche fut de 109 buts et 90 passes pour 199 points.
Il a la distinction d'être le seul joueur de l'histoire à avoir joué pour 5 équipes défuntes (Atlanta, Kansas City, Colorado, Cleveland, Minnesota).
Après sa retraite, il devint propriétaire d'un terrain de golf à Winnipeg. Son fils, Tyler Arnason, est né en Oklahoma en 1979 lorsque son père était dans le club-école des North Stars. Il fut un choix de 7e ronde des Blackhawks en 1998. Il joua plusieurs saisons à Chicago durant leurs années de misère (perpétuant alors la tradition familiale), étant un de leurs rares marqueurs de buts. Il joua 487 matchs dans la LNH avec Chicago, Ottawa et Colorado.
Chaque
franchise de la LNH ayant connu des hauts et des bas, j'ai pensé
analyser chaque franchise sous deux angles différents, soit ses années
de gloire (l'âge d'or) d'un côté et ses années de misère de l'autre
(l'âge de crotte), tout en omettant en grande partie de parler des
années «normales». Bien sûr, on peut souvent retrouver plus d'un âge d'or ou âge
de crotte. Et vous allez voir que parfois la «gloire» et la «misère»
sont relatives selon l'équipe. Genre que je sais pas trop ce que ça va
donner côté gloire pour les Blue Jackets, mais on verra rendu là.
J'ai en même temps établi quels ont été les différents «No man's land» de la LNH au cours des années, soit les pires endroits où on pouvait se retrouver comme joueur et/ou comme fan.
Années de... médiocrité: Atlanta 1972-1980 Je ne parle pas des années ordinaires mais faisons-le quand même pour les Flames.
L'origine des Flames dans la ville d'Atlanta n'était pas glorieux, mais pas misérable non plus. Les Flames d'Atlanta, en tant qu'équipe d'expansion qui débuta ses activités en 1972-73 (en même temps que les Islanders) étaient tout de même une des meilleures équipes d'expansion de cette décennie, avec les Islanders justement, et les Sabres.
Cependant, ça n'a jamais vraiment levé non plus à Atlanta. On dirait qu'ils étaient juste là, jouant pour .500 et ne dépassant jamais la première ronde. Ils réussirent tout de même à développer plusieurs joueurs, dont Eric Vail et Willi Plett, récipiendaires du trophée Calder en 1975 et 1977 respectivement, ainsi que Tom Lysiak.
La meilleure fiche de l'équipe en Géorgie fut celle de 1978-79 avec un total de 41-31-8, ainsi que des saisons de 100 points pour Bob MacMillan (108) et Guy Chouinard (107).
Mais avec une équipe moyenne, aucun contrat de télé et des assistances médiocres (moyenne de 10,000), les propriétaires près de la faillite (entre autres causée par d'autres investissements problématiques) décidèrent de vendre la franchise à un groupe d'hommes d'affaires de Calgary qui y déménagèrent l'équipe après la saison 1979-80.
Joueur emblématique de cette période: Daniel Bouchard Daniel Bouchard est le seul joueur à avoir joué à chaque saison d'existence de l'équipe à Atlanta, y étant à partir du repêchage d'expansion de 1972 jusqu'au déménagement à Calgary. Il est tellement Atlanta qu'il y habite encore de nos jours. Avec les Flames, il a connu une fiche de 168-139-75 en 9 saisons, dont seulement une douzaine de matchs à Calgary avant d'être échangé aux Nordiques.
Années de gloire: 1984-85 à 1990-91 La première saison à Calgary se solda par d'excellentes assistances malgré un aréna de seulement 7000 places en attendant l'ouverture du Saddledome en 1983. Les Flames surprirent également en atteignant la finale de conférence au printemps 1981, s'inclinant contre les North Stars, alors que la franchise n'avait jamais dépassé la première ronde auparavant.
Cependant la deuxième saison fut décevante et la direction décida de se départir de plusieurs restants de la période d'Atlanta qu'ils jugeaient inaptes à jouer dans un marché avec plus d'attentes et de pression. Ils décidèrent alors de rebâtir l'alignement, se débarrassant de joueurs comme Bouchard, Vail, Plett, Chouinard et surtout MacMillan qui fut utilisé comme monnaie d'échange avec les Rockies du Colorado pour obtenir le légendaire Lanny McDonald en novembre 1981.
Les Flames n'étaient toutefois pas encore sortis du bois puisqu'ils avaient leurs puissants voisins provinciaux, les Oilers, dans le chemin. Ils continuèrent toutefois leur travail en continuant la tradition «Atlantienne» de repêcher de futurs récipiendaires du trophée Calder comme Gary Suter et surtout Joe Nieuwendyk, choix obtenu des North Stars en retour du prolifique Kent Nilsson, un joueur surdoué mais étiqueté comme paresseux qui disparaissait en séries.
La bagarre de l'Alberta à son sommet
Ils firent alors une superbe job de repêchage, particulièrement en 1981 avec la sélection d'Al MacInnis et Mike Vernon. Ils surent également profiter de choix judicieux en repêchant dans des endroits encore peu explorés par les autres équipes, particulièrement en Suède (Hakan Loob) et aux États-Unis (Suter, Joel Otto, Colin Patterson).
D'autres manœuvres brillantes et audacieuses du DG Cliff Fletcher portèrent fruit, comme l'acquisition de Joe Mullen des Blues, et les Flames devinrent une puissance dans l'association Ouest, rejoignant presque les Oilers au sommet. Les deux équipes se passèrent d'ailleurs le trophée Clarence Campbell annuellement puisqu'entre 1983 et 1990, ils furent les deux seules équipes à représenter l'ouest en finale, Edmonton en 83, 84, 85, 87, 88 et 90 tandis que Calgary prit le relais en 86 et 89.
Malgré une défaite en finale en 1986, les Flames continuèrent d'améliorer leur équipe, accueillant encore de nouveaux talents comme Theoren Fleury, Doug Gilmour et Brad McCrimmon. Tout cela confirma les Flames comme puissance légitime dans la LNH, le tout culminant par deux trophées du Président consécutifs en 1988 et 1989 et finalement la Coupe Stanley en 1989.
La conquête de 1989 fut toutefois la dernière présence des Flames au-delà de la première ronde de cette période des Flames, et il faudra attendre 15 ans avant de les voir remporter une nouvelle ronde.
Joueur emblématique de cette période: Joe Nieuwendyk
Ce membre du temple représente parfaitement bien cette période de gloire, arrivant en scène en 1986-87 suivant la présence en finale et demeurant en place jusqu'en 1995, ce qui coïncide avec le début de la période de misère qui va suivre.
Années de misère: 1996-97 à 2002-03 On pourrait débattre que le début de cette période pourrait commencer en 1991, lorsque le DG de longue date Cliff Fletcher, avec la franchise depuis ses débuts en 1972, quitta l'organisation pour devenir DG des Maple Leafs pour ensuite en passer toute une à son successeur Doug Risebrough en déployant le méga-échange de 10 joueurs menant à l'arrivée de Doug Gilmour à Toronto. Risebrough ne put faire autant de magie que son prédécesseur, le tout menant au départ progressif de toutes ces vedettes dominantes des Flames au fil des années suivantes.
Les Flames ratèrent les séries en 1991-92, après une saison de 100 points la saison précédente, mais se rétablirent suffisamment lors des années suivantes pour retourner en séries, se faisant toutefois éliminer en première ronde annuellement. Le départ de Nieuwendyk pour Dallas durant la saison 1995-96 marqua définitivement la fin de cette ère et le début d'une autre avec l'arrivée de Jarome Iginla, obtenu des Stars en retour de Nieuwendyk.
La misère commença toutefois réellement à partir de la saison 1996-97, première de sept saisons consécutives où ils ratèrent les séries et où les assistances diminuèrent au point d'inquiéter les dirigeants et la population sur la possibilité de voir les Flames rejoindre les Jets et les Nordiques comme équipe canadienne défunte. Cependant, une mobilisation d'achat de billets de saison en 1999 vint rétablir légèrement la situation malgré que la francise continuera de subir des pertes lors des saisons suivantes.
Mais durant ce temps, l'équipe était moche (pas seulement avec leurs chandails), et à l'exception de Jarome Iginla et peut-être Valeri Bure, il n'y avait pas grand chose à se mettre sous la dent à Calgary. L'organisation gaspilla en plus plusieurs joueurs comme Martin St-Louis et Jean-Sébastien Giguère, qu'ils eurent brièvement dans l'organisation avant de les perdre pour rien et de les voir devenir des vedettes ailleurs (et les hanter dans le cas de St-Louis).
Iginla devint un joueur vedette, notamment avec sa saison de 52 buts en 2001-02, mais les Flames tardaient à passer à une autre étape, voyant les entraineurs se succéder sans succès derrière le banc, en plus d'une incapacité à retrouver un véritable gardien numéro un depuis le départ de Vernon en 1994. Cela ne saurait toutefois tarder.
Joueur emblématique de cette période: Derek Morris
J'aurais aussi pu mettre le «Russian Pocket Rocket» Valeri Bure, mais histoire d'en name-dropper un autre, voici Derek Morris, un bon jeune défenseur représentant adéquatement cette période de reconstruction des Flames. Choix de première ronde en 1996 (13e au total), il amassa une trentaine de points par saison jusqu'à son départ pour le Colorado à l'automne 2002 lorsqu'il fut envoyé à l'Avalanche dans l'échange envoyant Chris Drury à Calgary.
Années de gloire: 2003-04 à 2008-09 Deux gros changements survinrent en 2003 lorsque l'entraineur Greg Gilbert fut limogé et remplacé par Darryl Sutter vers la fin de la saison 2002-03. Sutter fut ensuite promu comme DG durant l'été et il se mit immédiatement au travail en faisant l'acquisition du gardien Mikka Kiprusoff en retour d'un choix de deuxième ronde en 2005 (qui deviendra Marc-Édouard Vlasic).
Les Flames, menés entre autres par Sutter, Iginla, Kiprusoff, Craig Conroy et Martin Gélinas, connurent leur première saison de 40 victoires depuis la saison 1993-94 et se faufilèrent jusqu'en finale contre le Lightning. Il s'en fallu de peu pour retrouver une équipe canadienne de retour sur la Coupe Stanley, principalement avec le fameux but refusé à Martin Gélinas lors du 6e match, mais au final les Flames s'inclinèrent contre le Lightning et leur ancien prospect qu'ils avaient abandonné, Martin St-Louis.
Les Flames demeurèrent compétitifs durant le restant de la décennie, avec l'arrivée entre autres de joueurs comme Dion Phaneuf et Alex Tanguay. Cependant, le vieux refrain d'autrefois retentit de nouveau alors qu'ils ne dépassèrent pas la première ronde des séries. Sutter demeura DG mais abandonna le titre d'entraineur après la saison 2005-06, se succédant alors dans l'ordre Jim Playfair, Mike Keenan et finalement le frère de Darryl, Brent Sutter, en 2009-10, soit le 3e Sutter à entraineur l'équipe après Darryl et Brian (1997 à 2000).
Joueur emblématique de cette période: Jarome Iginla
Avant de devenir le meilleur marqueur et pointeur de l'histoire de la franchise, Iginla fut nommé comme capitaine au début de cette fameuse saison 2003-04. Il demeurera en place longtemps, probablement trop longtemps, pendant que les Flames recommencèrent à faire du surplace en refusant de se départir de leur joueur vedette, même après la date d'expiration de cette bonne période des Flames.
Années de misère: 2009-10 à 2013-14 Les Flames mirent du temps à décider à reconstruire et ni eux ni Iginla ne semblaient vouloir bouger. C'est finalement à la date limite des transactions de 2013 qu'ils décidèrent de l'échanger à Pittsburgh. Entretemps la franchise rata les séries pendant ces 5 saisons consécutives, en plus de se départir de Darryl Sutter qui ira gagner deux coupes à Los Angeles...
Entretemps, on vit plusieurs mouvements de yoyo à travers le personnel de joueurs, l'équipe ramenant des joueurs en deuxième séjour comme Alex Tanguay, Mike Cammalleri et Olli Jokinen... Rien de très excitant donc pour les fans de se faire servir du réchauffé.
Joueur emblématique de cette période: Mark Giordano Le successeur d'Iginla comme capitaine, Giordano connut de superbes années à Calgary dans les années 2010, le tout culminant par un trophée Norris en 2019.
Année de.... je sais pas quoi: 2014-15 à maintenant Normalement je parle peu des années moyennes et sans histoire mais je fais une exception ici. Sans être glorieux ni misérables, les Flames sont une équipe bipolaire depuis 2014, retournant en série une année pour les rater l'année suivante. On voit depuis des portes tournantes chez les entraineurs, avec d'abord Bob Hartley qui arriva en 2012-13 et ramena les Flames au-delà de la première ronde en 2015.
Ce fut ensuite au tour de Glen Gulutzan brièvement, ensuite le controversé Bill Peters, pour finalement encore servir du réchauffé en ramenant Darryl Sutter en 2020-21. Ce dernier semble ensuite avoir aliéné tout son vestiaire lors des années suivantes. Sutter a toutefois conduit l'équipe à une saison de 50 victoires (deuxième meilleure fiche de l'histoire de la franchise) et une autre présence en 2e ronde en 2021-22, pour finalement rater encore les séries l'an passé.
Bref, ce n'est ni glorieux ni exécrable, c'est surtout instable et inconstant. La saison actuelle semble être en voie d'être désastreuse, peut-être commençons-nous une autre véritable ère de misère à Calgary.
À la base, Paul Henderson était un bon
joueur. Toutefois, il n’était pas la
grande vedette des Maple Leafs. On y
retrouvait aussi Norm Ullman, Dave Keon, et même Ron Ellis, et par la suite,
Darryl Sittler.
Lorsque Henderson marqua le but décisif de
la Série du siècle en 1972, il devint instantanément une super vedette, un
statut auquel il n’était pas prêt, que sans son but il n’aurait jamais atteint et
qui lui a causé certains problèmes.
En 1974, alors qu’il se querella avec le
méprisable propriétaire des Leafs, Harold Ballard, Henderson trouva refuge chez
les rivaux torontois, les Toros de l’Association mondiale de hockey (AMH).
Deux ans plus tard, faute de rentabilité
dans la Ville-Reine, les Toros déménagèrent leurs pénates dans un marché
improbable : Birmingham, Alabama.
Henderson se retrouva d’abord au sein d’une
équipe qui privilégiait le jeu agressif, pour ne pas dire violent, alors qu’il
avait une personnalité tout à fait opposée.
Puis, la philosophie changea pour cibler les jeunes joueurs. Les Bulls furent alors surnommés les
"Baby Bulls". Henderson et son
épouse eurent alors l’impression de devenir les parents de ces jeunes parachutés
dans le sud des États-Unis.
Mais au-delà de tout ça, Henderson retrouva
dans cette région un anonymat qu’il appréciait grandement. De plus, il renoua avec sa foi et développa
une grande ferveur religieuse.
Lorsqu’en 1979, la LNH accepta d’absorber
quatre des six équipes de l’AMH, Birmingham et Cincinnati furent exclus. Les Bulls furent alors convertis en une
équipe de la Ligue centrale.
Estimant qu’il avait imposé sa carrière et
tous les déménagements qui viennent avec à son épouse et ses trois filles,
Henderson décida de prendre sa retraite et de demeurer à Birmingham. Il voulait ainsi éviter de changer ces
dernières d’école et il ne voulait pas quitter son église. De toute manière, il jugeait qu’il avait
accompli ce qu’il avait à faire.
Toutefois, les choses n'étaient pas si simples. N'ayant pas sa carte verte, les possibilités d'emploi étaient limitées pour Henderson. La solution la plus simple était de continuer à jouer au hockey.
Les Bulls étant maintenant affiliés aux
Flames d’Atlanta, Henderson contacta leur directeur-gérant, Cliff
Fletcher. Celui-ci aurait préféré le
garder à Atlanta en permanence, mais Henderson refusa. Il lui offrit alors un contrat de deux ans
avec les Bulls, mais il insista pour que Henderson soit disponible si les
Flames avaient besoin de lui. Il demeura
donc en Alabama, tout en faisant le trajet de 235 km en voiture vers Atlanta
lorsque nécessaire. Et ayant toujours en
tête son après-carrière, il se mit à porter un casque Cooper SK600 avec une
grille complète, alors qu’à ce moment, on retrouvait toujours de nombreux
joueurs sans casque, pour préserver ses yeux et ses dents.
Le plan de Henderson rencontra un premier
obstacle lorsqu’à la fin de la saison 1979-80, les Flames déménagèrent à
Calgary. La dernière saison de son
contrat se passera donc seulement à Birmingham.
Le 17 mars 1980, dans ce qui s’avéra son dernier match au Maple Leaf
Gardens, Henderson trouva le moyen d’irriter Harold Ballard, toujours
propriétaire des Leafs à ce moment, en marquant deux buts et obtenant une
passe, dans une victoire des Flames 5-1.
D’ailleurs, en 30 matchs avec Atlanta, il marqua 7 buts et obtint 6
passes, dont 4 buts et 2 passes furent obtenus contre Toronto. Quant aux séries, les Flames firent appel à ses services pour leurs quatre matchs contre les Rangers, plutôt que de le laisser à Birmingham pour affronter Fort Worth.
Le plan rencontra ensuite un deuxième
obstacle, lorsqu’au cours de la saison, en février 1981, les Bulls cessèrent leurs
activités. Henderson termina donc l’année
comme dépisteur, épiant les adversaires à venir des Flames.
Il tenta par la suite de devenir courtier,
mais toujours incapable d’obtenir son permis de travail, il étudia plutôt pour
devenir pasteur, avant de se résigner à revenir à Toronto. Il devint alors conférencier dans des
organisations chrétiennes. Après avoir connu des problèmes de santé
avec une leucémie lymphoïde chronique, il est parvenu à se remettre sur pieds
malgré tout.
Sources:
Willes,
Ed, The Rebel League, the short and unruly life of the World Hockey
Association, McClelland & Stewart, 2004, p.152 à 154,
"Henderson
Likes Driving To Work" de Al Smith, December 4, 1979, The Atlanta
Constitution, page 4D,
"Flames
whip Maple Leafs as Henderson tallies twice", CP, March 18, 1980, Montreal
Gazette, page 40,
"Henderson
hangs ′em up as Bulls untie skates" de Eric Duhatschek, February 24, 1980,
Calgary Herald, page A19.
Reprenons là où j'avais laissé en novembre avec la suite de la grande INTÉGRALE de toutes les équipes de
l'histoire de la ECHL depuis ses débuts en 1988. Et quand je parle
d'INTÉGRALE c'est vraiment L'INTÉGRALE alors que j'inclus chaque
incarnation de chaque franchise soit chaque changement de nom,
déménagement, fusion, suspension, expansion etc... Ce qui fait en sorte
que j'ai presque une centaine de
ces équipes à décortiquer et à trouver quelque chose d'intéressant à
vous raconter... une tâche parfois assez ardue d'ailleurs.
J'ai pris un petit break de cette série, étant occupé par mes excursions, ma série de la CHL en chansons ainsi que ma vie personnelle qui me laisse rarement de temps libres. Mais on repart ici en force avec toute une équipe pour continuer ce décompte:
53. Mysticks de Mobile (1995-2002)
Je vais débuter cette partie avec une de mes expressions favorites, surtout dans cette série : «Non mais c'est-tu pas du beau logo ça?». Parmi tous les logos extravagants et ridicules de l'histoire des ligues mineures, celui-ci frôle habilement la ligne entre le ridicule et le génie...
Mais premièrement avant de parler de l'équipe et de ce logo débile, il faut vous expliquer qu'elle est cette ville de «Mobile» et ce qu'ils mangent en hiver. Mobile (prononcé à la française) est située en Alabama, mais la manière dont sont divisés les frontières de ces états sudistes fait en sorte que Mobile «fitterait» davantage dans un état comme la Louisiane ou la Floride, étant la seule ville majeure de l'Alabama à être située sur la côte du Golfe du Mexique.
Donc en plus de sortir un peu de nulle part dans le paysage géographique et historique de l'Alabama, Mobile est aussi culturellement différente, ayant davantage de liens culturels avec la Louisiane. Mobile est, contrairement à ce qu'on peut croire, le lieu de naissance du Mardi Gras. À l'époque (vers 1669) Mobile faisait partie du territoire de la Louisiane. Malgré que Mobile fait désormais partie de l'Alabama, les célébrations du Carnaval de Mardi gras y a toujours lieu annuellement et sont organisées depuis toujours par ce qu'on appelle les «Sociétés mystiques de Mobile», qui ont inventé ces concepts de chars allégoriques et costumes colorés traditionnels. La figure du dragon est d'ailleurs omniprésente lors de ces célébrations et c'est ce qui nous amène finalement à ces Mysticks de Mobile de la ECHL, qui furent nommés lors d'un concours auprès des résidents.
Tout un détour hein? Je ne connaissais moi-même pas cette histoire, la seule notion que j'avais de Mobile était ce classique de Bob Dylan:
Bref, tous ces détours pour vous parler des Mysticks de Mobile. Mais finalement, je n'ai pas grand chose à dire sur l'équipe en tant que tel, une autre de ces équipes d'expansion de ce circuit aventurier dans les états non-traditionnels. Il y avait déjà eu du hockey professionnel en Alabama, plus souvent qu'autrement à Birmingham (voir 4e partie) mais cette saison 95-96 marquait dans la ECHL une importante incursion dans cette région du golfe du Mexique avec l'arrivée des Mysticks et des IceGators de Louisiane (voir 6e partie). La saison suivante verra davantage d'expansion dans ce marché avec l'arrivée d'équipe au Mississippi et aussi à Pensacola en Floride (voir 3e partie), très près de Mobile géographiquement.
Mais comme plusieurs de ces équipes d'expansion du sud, l'équipe ne fut qu'un feu de paille en terme de popularité et dut déménager lorsque l'effet de nouveauté s'estompa.
L'équipe étant toutefois compétitive la plupart du temps. Elle était partiellement affiliée aux Sénateurs d'Ottawa et c'est ce qui fait en sorte que le joueur le plus connu à avoir porté l'uniforme coloré des Mysticks fut le dur à cuire Chris Neil lors d'un court passage de 4 matchs dans la ECHL en 1998-99.
54. Gladiators de Gwinnett (2003-2015)
Après un an d'inactivité, la franchise dormante des Mysticks déménagea légèrement plus au nord à Duluth en Géorgie, une ville de seulement 30 000 habitants mais située en banlieue d'Atlanta dans ce qui est considéré le conté de Gwinnett. C'est alors que l'on vit apparaître les Gladiators de Gwinnett.
Le club se rendit jusqu'à la finale de la coupe Kelly de 2006, qu'ils perdirent aux mains des Aces de l'Alaska. Par sa proximité évidente, les Gladiators furent le club-école secondaire
des Thrashers dès leurs débuts et jusqu'au déménagement de ces derniers
à Winnipeg en 2011.
Parlant des Thrashers...
55. Gladiators d'Atlanta (2015 - )
Étant désormais la seule équipe professionnelle de hockey dans la région, les Gladiators adoptèrent le dénominatif régional d'Atlanta en 2015 et quelques saisons plus tard, soit en 2019, ils changèrent leurs couleurs et leur design pour rendre partiellement hommage à ces défunts Thrashers. Remarquez le «Atlanta» sur une seule manche de style Thrashers... Remarquez également les lettres «T» rappelant également l'ancien logo thrasherien. Faut croire que certains fans ont aimé ce look...
Et en fait, si on considère l'ensemble des années que l'équipe est établie au même endroit, soit 18 saisons (en excluant celle annulée en 2020-21 par le Covid), les Gladiators sont l'équipe «d'Atlanta» avec la plus longue longévité... Les Thrashers ayant duré 11 saisons (avec une saison perdue lors du lock-out de 2004) tandis que les Flames ont joué durant 8 saisons. Encore une saison supplémentaire et les Gladiators auront joué plus longtemps que les deux équipes combinées.
56. Sea Wolves du Mississippi (1996-2005, 2007-2009)
Un an après l'arrivée des Mysticks de Mobile discutés plus haut, une autre équipe d'expansion s'établit sur la côte du golf du Mexique lors de l'arrivée des Sea Wolves du Mississippi, qui élirent domicile dans la ville côtière de Biloxi, située à mi-chemin entre Mobile et New Orleans.
Les Sea Wolves furent premièrement dirigés par Bruce Boudreau qui, après quelques tentatives comme entraîneur dans la IHL et la CoHL, se dirigea vers la ECHL en 1996. Il mena la jeune équipe au championnat de 1999 avant de graduer dans la AHL et ensuite la LNH. Les Sea Wolves furent brièvement associés au Canadien, soit uniquement durant la saison 2001-02 mais verront passer un jeune Michael Ryder (27 points en 20 matchs) ainsi que François Beauchemin.
Comme bien des villes de la région, Biloxi fut affectée par l'ouragan Katrina en 2005 et les Sea Wolves durent donc suspendre leurs opérations durant deux saisons. Les assistances, déjà sur le déclin depuis la finale de 1999 et le départ de Boudreau, n'augmentèrent pas vraiment après le retour de la franchise en 2007 et l'équipe fut donc dissoute après la saison 2008-09.
Une équipe de la SPHL du nom du Surge du Mississippi s'établit ensuite à Biloxi en 2009 mais cela ne dura que jusqu'en 2014.
57. Rivermen de Peoria (1996-2005)
Une étrange franchise que celle des Rivermen de Peoria qui a fait beaucoup la girouette à travers les échelons des niveaux des ligues mineures. La franchise originale débuta ses activités dans cette ville de l'Illinois en 1982 dans la IHL sous le nom des Prancers de Peoria avant de se renommer sous le nom des Rivermen en 1984. Les propriétaires optèrent de migrer vers la ECHL en 1996 où ils obtinrent une équipe d'expansion, tandis que les effectifs de l'équipe IHL furent transférés à une nouvelle équipe à San Antonio.
Menés plus tard par le québécois Jean-François Boutin à l'attaque, les Rivermen remportèrent la Coupe Kelly de 1999-2000. Avec des résultats continuellement bons à Peoria, autant aux guichets que sur la glace, les Rivermen furent promus à la AHL en 2005-06. En 2009, l'équipe fut achetée par les Blues de St.Louis, eux qui étaient le principal club affilié aux Rivermen depuis 1997. Les propriétaires des Blues se départirent toutefois du grand club ainsi que des Rivermen en 2012. La franchise fut ensuite achetée par les Canucks et déménagée à Utica.
Les Rivermen existent toutefois toujours puisque après le départ de la AHL, une nouvelle équipe du même nom s'y est implanté en 2013 mais cette fois dans la SPHL. Ces nouveaux propriétaires visaient alors un retour dans la ECHL pour les Rivermen mais les délais étant conflictuels, ils se rabattirent sur la SPHL et les fans sont toujours au rendez-vous malgré ce «downgrade». Cette saison 2021-22 marque la 38e saison de suite (à l'exception de la saison perdue Covid) avec du hockey professionnel à Peoria.
58. Icebreakers de Chesapeake (1997-1999)
WTF is Chesapeake? Parmi toutes les recherches que j'ai fait dans ma vie sur bien des équipes et ligues mineures plus obscures les unes que les autres, c'est bien la première fois que je croise le nom de «Chesapeake»...
Et lorsqu'on va plus creux en se renseignant sur cette équipe, on se rend compte que Chesapeake n'est pas une ville mais plutôt une baie, la Baie de Chesapeake, qui part de l'océan Atlantique et longe les états de la Virginie, du Delaware et du Maryland. Les Icebreakers étaient situés dans la ville de Upper Marlboro au Maryland, en banlieue de Washington. Upper Marlboro est décrite comme un siège de comté comportant seulement 631 habitants mais la région métropolitaine entourant ce comté étant nettement supérieure. De toute façon, le Maryland est grand comme mon cabanon mais comporte 6 millions d'habitants en plus de Washington à quelques pas, donc il ne devait pas y avoir de problème à attirer des fans à «Chesapeake» ou «Upper Malboro».
Et bien si. L'équipe ne dura que deux saisons où elle termina dans les bas fonds des assistances de la ECHL avec moins de 2400 par match en moyenne. L'équipe n'était pas mauvaise, étant dirigée par Chris Nilan lors de sa seule expérience dans le domaine à l'exception de quelques matchs comme assistant avec les Devils en 1996. L'équipe fut toutefois complètement ignorée par les sponsors, les médias locaux et ainsi donc les fans et elle disparut donc rapidement de la carte.
Je n'ai d'ailleurs pas trouvé grand chose comme photo mais quand même ce vidéo où les Icebreakers visitèrent les Chiefs de Johnstown:
59. Bandits de Jackson (1999-2003)
Donc après un échec au Maryland dans l'éternelle ville de Upper Marlboro de la baie de Chesapeake... la franchise fut renommée les Bandits et déménagée au coeur du Mississippi dans la capitale et métropole de l'état, Jackson. Ici, je voulais mettre une toune de Johnny Cash et June Carter, histoire de se mettre dans le beat mais en me renseignant davantage, j'ai appris que la chanson référerait plutôt à Jackson au Tennessee... mais comme je l'ai dans la tête et bien je vous la mets quand même:
Comme à Biloxi vu plus haut avec les Sea Wolves, les Bandits ne fonctionnèrent pas plus dans la capitale du Mississippi et l'équipe fut dissoute après 4 saisons.
60. Brass de la Nouvelle-Orléans (1997-2002)
Continuons dans le sud profond avec un retour à la Nouvelle-Orléans. On avait précédemment vu la première équipe de l'état, les IceGators de la Louisiane qui jouaient à Lafayette depuis 1995 et qui attiraient des foules record. Un an plus tard vint l'arrivée du Kingfish de Bâton Rouge et en 1997 c'était désormais autour de la métropole de l'état, la Nouvelle Orléans, de recevoir sa franchise dans la ECHL. Les trois équipes avaient même leur propre trophée, la Hibernia Cup, remise annuellement au club ayant la meilleur fiche contre les deux autres de l'état.
En plus d'être une nouveauté dans les parages, le Brass de New Orleans fut également une des premières équipes professionnelles en Amérique du nord à être possédée par des afro-américains. Un des co-propriétaires, Ray Nagin, fut éventuellement élu comme maire de la Nouvelle Orléans en 2002. Cependant, durant cette même année 2002, les Hornets de Charlotte de la NBA déménagèrent à New Orleans dans le même amphithéâtre que le Brass. Comme condition au déménagement, les Hornets exigèrent de l'état de la Louisiane, propriétaire de l'aréna, que le Brass paie la facture dans son entièreté pour la conversion de l'aréna du hockey au basketball. Le Brass n'avait pas de tels moyens et dut donc cesser ses opérations, faute d'un autre aréna adéquat.
Le club fut temporairement affilié au Canadien à ses débuts, hébergeant quelques prospects du CH qui vous sont peut-être familiers comme Jean-François Houle (fils de Réjean) et aussi l'éternel Martin Hohenberger, celui obtenu des Flyers comme choix au repêchage en compagnie de Mark Recchi contre trois bums dont on a jamais entendu parler...
61. Everblades de la Floride (1998 - )
Une des meilleures et plus vieilles équipes de l'histoire de la ECHL, en plus d'avoir un des plus beaux chandails des ligues mineures, les Everblades de la Floride furent fondés en 1998 par un groupe d'hommes d'affaires comprenant Peter Karmanos Jr.
Si ce nom vous dit quelque chose, c'est que c'est lui qui acheta les Whalers de Hartford et les déménagea en Caroline en 1997. Karmanos avait cependant un attachement au nom Whalers et à leurs couleurs puisque les Everblades ont toujours eu un lien esthéthique avec les Whalers. Et même si Karmanos n'est plus propriétaire des Everblades ni des Hurricanes, les Everblades ont depuis emprunté au chandail reverse retro des Hurricanes pour leur chandail à domicile. Karmanos était aussi propriétaire des Whalers de Plymouth de la OHL pendant plusieurs années où encore là le même pattern existait. S'il aimait tant ces couleurs, pourquoi donc n'a-t-il pas gardé le look des Whalers en Caroline au lieu de prendre ce logo et cet uniforme que tout le monde déteste?
Anyway. Les Everblades évoluent dans la petite ville d'Estero, d'environ 30 000 habitants dans l'agglomération de Fort Myers en Floride. Ils ont toujours eu un fort succès, n'ayant raté les séries qu'une seule fois en 23 saisons, en plus d'être parmi les meneurs annuellement pour les assistances. Ils n'ont cependant gagné le championnat qu'à une seule reprise, soit en 2012, mais se sont inclinés en finale à trois reprises. Le club fut longtemps affilié (sans surprise) aux Hurricanes mais depuis 2019 et le départ de Karmanos, ce sont les Predators qui sont maintenant affiliés aux Everblades.
Parmi l'alumni des Everblades, on retrouve quelques futurs Hurricanes comme Chad Larose, Anton Khudobin, Alex Nedeljkovic et le moins bon des frères Staal, Jared. On y voit aussi quelques anomalies comme Ryan O'Byrne et... Brian Rafalski? Ce dernier y aurait tenté un retour en vue de revenir dans la LNH en 2014, mais son dos n'aurait pas tenu et il se retira après 3 matchs à Estero...
62. Greenville Grrrowl (1998-2006)
Avant les Road Warriors/Swamp Rabbits de Greenville (voir 1ère partie), une première équipe de la ECHL avait élu domicile dans cette ville de la Caroline du Sud, le Grrrowl de Greenville (oui avec 3 R) comme équipe d'expansion en 1998-99.
Le Grrrowl fut initialement un succès, attirant plus de 9000 personnes par match en moyenne à sa première saison et remportant la coupe Kelly en 2002. Cette équipe championne de 2002 comprenait d'ailleurs plusieurs québécois dont Simon Gamache comme meilleur pointeur en séries. Comme vous le voyez, Alex Burrows y a joué quelques matchs, y faisant d'ailleurs ses débuts professionnels au début de la saison suivante, en 2002-03.
Les assistances diminuèrent drastiquement les saisons suivantes et l'équipe perdit énormément d'argent. N'ayant pas réussi à trouver d'autres investisseurs, l'équipe fut dissoute après la saison 2005-06. Greenville revint toutefois sur la scène en 2010-11 lorsque les Chiefs de Johnstown y déménagèrent.
63. RiverBlades de l'Arkansas (1999-2003)
Incursion dans un nouvel état bâtard pour la ECHL avec l'apparition (temporaire) des RiverBlades de l'Arkansas.
N'ayant pas un grand passé de hockey professionnel en Arkansas (ni dans la ECHL ni ailleurs) l'équipe basée à North Little Rock voulait d'abord s'appeler les RazorBlades en référence au nom des équipes de l'Université de l'Arkansas, les RazorBacks. L'université s'y opposa toutefois et le nom de remplacement fut donc les RiverBlades. Ils choisirent ensuite comme slogan «The Greatest game on ice» mais cette fois c'est l'équipe locale de baseball AA, les Travelers de l'Arkansas qui s'y opposèrent, eux qui ont le slogan «The Greatest Game on Dirt»... C'est pas l'originalité qui prime en Arkansas...
Pas grand chose d'autre à dire sur les RiverBlades et honnêtement, j'ai plutôt hâte d'en avoir terminé avec cette partie et entamer la 8e... Les Riverblades attirèrent à peine 3000 personnes par match et ont suspendu leurs opération en 2003.
Mais bien sûr avant de se quitter, voici des chandails promos et troisièmes chandails portés par les équipes discutées aujourd'hui:
Everblades - Soirée Forces armées
Aucune idée...
Soirée du nouvel An
Soirée hommage aux Mysticks par les Gladiators
Soirée «Margaritaville»....
Chandail des fêtes...
Chandail hommage aux Flames d'Atlanta par les Gladiators