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dimanche 31 mai 2026

La seule présence en séries des Rockies du Colorado



Je suis tombé l'autre jour sur cette publication expliquant que de toutes les équipes existantes de la LNH, seuls les Devils du New Jersey n'ont jamais été balayé en séries. Il y a bien sûr comme vous voyez le Mammouth, le Kraken et les Golden Knights qui font également partie du portrait mais comme ce sont des franchises toutes jeunes, ils ne sont évidemment pas encore pris en considération.

Mais si on considère le Mammouth comme étant la continuation des Coyotes de l'Arizona et des premiers Jets de Winnipeg, et bien il faut sans hésitation garrocher le mammoth dans la grosse batch de gauche avec tous les autres...


 

J'étais un peu perplexe avec ce tableau et fallait bien que j'aille vérifier. Il est cependant bien vrai que les Devils n'ont jamais perdu une série avec une fiche pire que 4-1 depuis leurs débuts en 1982-83. 

Mais si vous êtes familiers avec notre contenu ici, vous savez bien que pour nous, les Devils du New Jersey ne seront jamais seulement les Devils du New Jersey. 

Ici, quand on pense aux Devils du New Jersey, on parle plutôt de la franchise des "Devils du New Jersey/Rockies du Colorado/Scouts de Kansas City". Tsé, pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué et inutile?

Donc, si ça vous dit rien, résumons rapidement. La franchise des Devils a d'abord commencé ses activités sous le nom des Scouts de Kansas City, équipe d'expansion pour la saison 1974-75, en même temps que les Capitals de Washington. La santé du hockey professionnel était alors tellement précaire avec les récentes expansions et la concurrence de l'AMH, tellement que les Capitals et les Scouts furent deux des pires équipes d'expansion de l'histoire, les Capitals terminant leur première saisons avec la pire fiche de tous les temps (8-67-5) tandis que les Scouts firent à peine mieux avec une fiche de 15-54-11.

On considéra même que l'expansion de 1974 était une erreur, tellement que la seule utilité des deux équipes pour la ligue fut d'être utilisés comme équipe de démonstration lors d'une tournée au Japon au printemps 1976, la fameuse Coca-Cola Bottler's cup.

Wilf Paiement avec les Scouts de Kansas City

Les mauvaises performances sur la glace n'étaient pas le seul problème des Scouts. L'équipe souffrait également de la flambée des salaires des joueurs, d'un ralentissement économique dans le Midwest et d'une faible affluence. Les Scouts n'attiraient en moyenne que 8 218 spectateurs par match alors qu'à l'époque, la moyenne de la ligue tournait autour de 13 000. Les 37 investisseurs de l'équipe, criblés de dettes, ont alors choisi de vendre la franchise après seulement deux saisons.

C'est alors que naquit la franchise des Rockies du Colorado pour la saison 1976-77. Après une première saison de 20 victoires et 54 points, les Rockies remplacèrent leur entraîneur par le légendaire joueur et entraîneur des ligues mineures, Pat Kelly. Ce même Pat Kelly qui fut plus tard fondateur et commissaire de la ECHL dont le trophée de championnat porte son nom. Kelly ne parvint pas vraiment à redresser la barque chambranlante des Rockies alors que l'équipe n'obtint que 19 victoires en 1977-78. 

Cependant, avec un sommet dans la LNH de 21 matchs nuls et un total de 59 points, le meilleur total ever en tant que Scouts/Rockies, l'équipe parvint miraculeusement à se tailler une place en séries, notamment grâce au fait que la section Smythe était très faible avec les Canucks, Blues et les éternels abonnés des bas fonds à l'époque, les North Stars. Seuls les Blackhawks étaient de taille dans cette division et les Rockies terminèrent donc deuxièmes in extremis et purent participer aux séries de 1978.


À l'époque, le meilleur club de chaque section se méritait un laisser-passer en deuxième ronde tandis que les autres clubs devaient s'affronter lors d'une série 2 de 3 en première ronde. Grâce à leurs deuxième rang dans la division Smythe, les Rockies durent donc se mesurer aux deuxièmes de la section Patrick. 

Malheureusement pour eux, la division Patrick était davantage boostée avec les Islanders en première place devant les encore puissants Flyers de Philadelphie, qui eurent alors l'honneur de devenir les premiers adversaires des Rockies en séries.

Les Flyers avaient bien sûr tout un alignement avec des joueurs comme Bobby Clarke, Bill Barber et Reggie Leach ainsi qu'un Bernard Parent toujours dominant. Les Rockies eux n'avaient que très peu de punch en attaque, les seuls dignes de mention étant Wilf Paiement (87 points) ainsi que deux pas pires défenseurs en Barry Beck et John Van Boxmeer. Dans les buts pour les Rockies se retrouvait l'ancien des Flyers Doug Favell ainsi que Michel Plasse comme adjoint. 

Cependant, les Rockies ne furent pas la proie facile que l'on croyait lorsque la série débuta le 11 avril 1978. À domicile à Philadelphie, les Flyers procédèrent à un barrage en force de 44 tirs contre seulement 18, mais les Rockies parvinent à tenir la marque à 2-2 jusqu'en fin de troisième période. Mais avec seulement 22 secondes d'écoulées en début de prolongation, Mel Bridgman marqua contre Favell et les Flyers l'emportèrent.

La série se transposa ensuite à Denver ou les Rockies tentèrent tant bien que mal de contenir les Flyers (48 tirs) à une marque finale de 3-1. Le seul à marquer devant les partisans des Rockies fut l'obscur défenseur Dennis Owchar en première période, mais les Rockies donnèrent du fil à retordre jusqu'à la toute fin du match. 


Mais au final, c'en était fini de cette série expéditive et somme toute sans histoire. Les Flyers passèrent en deuxième ronde contre les Sabres de Buffalo dont ils disposèrent rapidement par la marque de 4-1. Ils s'inclinèrent finalement en finale de conférence contre les Bruins.

Pour leur part, ce fut la première et dernière présence en séries des Rockies, et la dernière pour la franchise jusqu'au début de l'émergence des Devils en 1988, où la jeune équipe surprit tout le monde et se rendit à son tour jusqu'en 3e ronde.

Les Devils n'avaient pas encore la version 
finale de leur logo lors de leur première
 séance du repêchage en 1982.

Les Rockies jouèrent 4 autres saisons difficiles au Colorado. Minés par l'instabilité, ils eurent sept entraîneurs en quatre ans — aucun n'étant resté plus d'une saison complète — et les propriétaires ont changé de mains à deux reprises au cours de cette même période. En 1982, l'équipe continuait de faire face à de graves difficultés financières et fut de nouveau mise en vente. 

Cela a notamment donné lieu à une tentative d'achat ratée par un groupe d'investisseurs d'Ottawa, dont l'intention était de déménager les Rockies dans la capitale canadienne. On alla même jusqu'à envisager une fusion de l'équipe avec les Capitals, à l'image de ce que la ligue avait fait quatre ans plus tôt entre les Barons de Cleveland et les North Stars du Minnesota. Finalement, la franchise fut vendue en mai au magnat du transport maritime du New Jersey, John McMullen, qui était également propriétaire des Astros de Houston dans la Ligue majeure de baseball.

C'était alors la fin des éphémères Rockies du Colorado dont le nom fut toutefois récupéré au baseball majeur en 1993 par l'arrivée d'une équipe d'expansion au Colorado. 

Les partisans de hockey de Denver purent enfin revoir du hockey de séries en 1996 avec leur nouvelle équipe du nom de l'Avalanche. Les Devils et l'Avalanche furent ensuite deux des meilleures équipes au tournant du millénaire, s'affrontant même en grande finale en 2001 lors d'une série épique de 7 matchs remportée par l'Avalanche.

Donc au final, OUI, la franchise des Devils a déjà été blanchie en séries, sous une incarnation différente et seulement lors d'une courte série préliminaire 2 de 3. Mais ils ont été blanchi quand même lors de leur histoire, même si c'était ailleurs qu'au New Jersey. 

My job here is done... Désolé au gars qui a fait le graphique...

Si ça vous intéresse, ces deux seuls matchs en séries dans l'existence ses Rockies existent sur YouTube, grâce à un transfert de VHS granuleux comme on les adore...

 

 

mardi 1 octobre 2024

Quiz hardcore LVEUP: Stars de Dallas (et North Stars)


Re-bienvenue à un autre quiz pour vous creuser les méninges, gracieuseté LVEUP. Ben ici en fait on parle pas seulement de se creuser les méninges mais plutôt de procéder à une excavation complète de votre encéphale... Genre que j'ai dû aller dans le dictionnaire de synonymes ici pour trouver le mot encéphale afin de prouver la complexité inutile de ce quiz.

Aujourd'hui comme sujet, on retrouve les Stars de Dallas ainsi que parfois leurs ancêtres au Minnesota, les North Stars.

Partagez votre score dans les commentaires, ici ou sur Facebook. Bonne chance.

Pour d'autres quizzes du genre, cliquez ici.


mardi 7 novembre 2023

Gloire et misère: Calgary

 


Chaque franchise de la LNH ayant connu des hauts et des bas, j'ai pensé analyser chaque franchise sous deux angles différents, soit ses années de gloire (l'âge d'or) d'un côté et ses années de misère de l'autre (l'âge de crotte), tout en omettant en grande partie de parler des années «normales». Bien sûr, on peut souvent retrouver plus d'un âge d'or ou âge de crotte. Et vous allez voir que parfois la «gloire» et la «misère» sont relatives selon l'équipe. Genre que je sais pas trop ce que ça va donner côté gloire pour les Blue Jackets, mais on verra rendu là.

J'ai en même temps établi quels ont été les différents «No man's land» de la LNH au cours des années, soit les pires endroits où on pouvait se retrouver comme joueur et/ou comme fan.


Cliquez ici pour les chapitres précédents:
Anaheim, Arizona, Boston, Buffalo

Flames de Calgary
(+ Flames d'Atlanta 1972-1980)


Années de... médiocrité: Atlanta 1972-1980
Je ne parle pas des années ordinaires mais faisons-le quand même pour les Flames. 

L'origine des Flames dans la ville d'Atlanta n'était pas glorieux, mais pas misérable non plus. Les Flames d'Atlanta, en tant qu'équipe d'expansion qui débuta ses activités en 1972-73 (en même temps que les Islanders) étaient tout de même une des meilleures équipes d'expansion de cette décennie, avec les Islanders justement, et les Sabres. 

Cependant, ça n'a jamais vraiment levé non plus à Atlanta. On dirait qu'ils étaient juste là, jouant pour .500 et ne dépassant jamais la première ronde. Ils réussirent tout de même à développer plusieurs joueurs, dont Eric Vail et Willi Plett, récipiendaires du trophée Calder en 1975 et 1977 respectivement, ainsi que Tom Lysiak.

La meilleure fiche de l'équipe en Géorgie fut celle de 1978-79 avec un total de 41-31-8, ainsi que des saisons de 100 points pour Bob MacMillan (108) et Guy Chouinard (107). 

Mais avec une équipe moyenne, aucun contrat de télé et des assistances médiocres (moyenne de 10,000), les propriétaires près de la faillite (entre autres causée par d'autres investissements problématiques) décidèrent de vendre la franchise à un groupe d'hommes d'affaires de Calgary qui y déménagèrent l'équipe après la saison 1979-80.

Joueur emblématique de cette période: Daniel Bouchard
Daniel Bouchard est le seul joueur à avoir joué à chaque saison d'existence de l'équipe à Atlanta, y étant à partir du repêchage d'expansion de 1972 jusqu'au déménagement à Calgary. Il est tellement Atlanta qu'il y habite encore de nos jours. Avec les Flames, il a connu une fiche de 168-139-75 en 9 saisons, dont seulement une douzaine de matchs à Calgary avant d'être échangé aux Nordiques.


Années de gloire: 1984-85 à 1990-91

La première saison à Calgary se solda par d'excellentes assistances malgré un aréna de seulement 7000 places en attendant l'ouverture du Saddledome en 1983. Les Flames surprirent également en atteignant la finale de conférence au printemps 1981, s'inclinant contre les North Stars, alors que la franchise n'avait jamais dépassé la première ronde auparavant.

Cependant la deuxième saison fut décevante et la direction décida de se départir de plusieurs restants de la période d'Atlanta qu'ils jugeaient inaptes à jouer dans un marché avec plus d'attentes et de pression. Ils décidèrent alors de rebâtir l'alignement, se débarrassant de joueurs comme Bouchard, Vail, Plett, Chouinard et surtout MacMillan qui fut utilisé comme monnaie d'échange avec les Rockies du Colorado pour obtenir le légendaire Lanny McDonald en novembre 1981.

Les Flames n'étaient toutefois pas encore sortis du bois puisqu'ils avaient leurs puissants voisins provinciaux, les Oilers, dans le chemin. Ils continuèrent toutefois leur travail en continuant la tradition «Atlantienne» de repêcher de futurs récipiendaires du trophée Calder comme Gary Suter et surtout Joe Nieuwendyk, choix obtenu des North Stars en retour du prolifique Kent Nilsson, un joueur surdoué mais étiqueté comme paresseux qui disparaissait en séries.

La bagarre de l'Alberta à son sommet

Ils firent alors une superbe job de repêchage, particulièrement en 1981 avec la sélection d'Al MacInnis et Mike Vernon. Ils surent également profiter de choix judicieux en repêchant dans des endroits encore peu explorés par les autres équipes, particulièrement en Suède (Hakan Loob) et aux États-Unis (Suter, Joel Otto, Colin Patterson).

D'autres manœuvres brillantes et audacieuses du DG Cliff Fletcher portèrent fruit, comme l'acquisition de Joe Mullen des Blues, et les Flames devinrent une puissance dans l'association Ouest, rejoignant presque les Oilers au sommet. Les deux équipes se passèrent d'ailleurs le trophée Clarence Campbell annuellement puisqu'entre 1983 et 1990, ils furent les deux seules équipes à représenter l'ouest en finale, Edmonton en 83, 84, 85, 87, 88 et 90 tandis que Calgary prit le relais en 86 et 89.

Malgré une défaite en finale en 1986, les Flames continuèrent d'améliorer leur équipe, accueillant encore de nouveaux talents comme Theoren Fleury, Doug Gilmour et Brad McCrimmon. Tout cela confirma les Flames comme puissance légitime dans la LNH, le tout culminant par deux trophées du Président consécutifs en 1988 et 1989 et finalement la Coupe Stanley en 1989.

La conquête de 1989 fut toutefois la dernière présence des Flames au-delà de la première ronde de cette période des Flames, et il faudra attendre 15 ans avant de les voir remporter une nouvelle ronde.


Joueur emblématique de cette période: Joe Nieuwendyk
Ce membre du temple représente parfaitement bien cette période de gloire, arrivant en scène en 1986-87 suivant la présence en finale et demeurant en place jusqu'en 1995, ce qui coïncide avec le début de la période de misère qui va suivre.


Années de misère: 1996-97 à 2002-03
On pourrait débattre que le début de cette période pourrait commencer en 1991, lorsque le DG de longue date Cliff Fletcher, avec la franchise depuis ses débuts en 1972, quitta l'organisation pour devenir DG des Maple Leafs pour ensuite en passer toute une à son successeur Doug Risebrough en déployant le méga-échange de 10 joueurs menant à l'arrivée de Doug Gilmour à Toronto. Risebrough ne put faire autant de magie que son prédécesseur, le tout menant au départ progressif de toutes ces vedettes dominantes des Flames au fil des années suivantes. 
 
Les Flames ratèrent les séries en 1991-92, après une saison de 100 points la saison précédente, mais se rétablirent suffisamment lors des années suivantes pour retourner en séries, se faisant toutefois éliminer en première ronde annuellement. Le départ de Nieuwendyk pour Dallas durant la saison 1995-96 marqua définitivement la fin de cette ère et le début d'une autre avec l'arrivée de Jarome Iginla, obtenu des Stars en retour de Nieuwendyk. 

La misère commença toutefois réellement à partir de la saison 1996-97, première de sept saisons consécutives où ils ratèrent les séries et où les assistances diminuèrent au point d'inquiéter les dirigeants et la population sur la possibilité de voir les Flames rejoindre les Jets et les Nordiques comme équipe canadienne défunte. Cependant, une mobilisation d'achat de billets de saison en 1999 vint rétablir légèrement la situation malgré que la francise continuera de subir des pertes lors des saisons suivantes.




Mais durant ce temps, l'équipe était moche (pas seulement avec leurs chandails), et à l'exception de Jarome Iginla et peut-être Valeri Bure, il n'y avait pas grand chose à se mettre sous la dent à Calgary. L'organisation gaspilla en plus plusieurs joueurs comme Martin St-Louis et Jean-Sébastien Giguère, qu'ils eurent brièvement dans l'organisation avant de les perdre pour rien et de les voir devenir des vedettes ailleurs (et les hanter dans le cas de St-Louis).
 
Iginla devint un joueur vedette, notamment avec sa saison de 52 buts en 2001-02, mais les Flames tardaient à passer à une autre étape, voyant les entraineurs se succéder sans succès derrière le banc, en plus d'une incapacité à retrouver un véritable gardien numéro un depuis le départ de Vernon en 1994. Cela ne saurait toutefois tarder.



Joueur emblématique de cette période: Derek Morris
J'aurais aussi pu mettre le «Russian Pocket Rocket» Valeri Bure, mais histoire d'en name-dropper un autre, voici Derek Morris, un bon jeune défenseur représentant adéquatement cette période de reconstruction des Flames. Choix de première ronde en 1996 (13e au total), il amassa une trentaine de points par saison jusqu'à son départ pour le Colorado à l'automne 2002 lorsqu'il fut envoyé à l'Avalanche dans l'échange envoyant Chris Drury à Calgary.


Années de gloire: 2003-04 à 2008-09
Deux gros changements survinrent en 2003 lorsque l'entraineur Greg Gilbert fut limogé et remplacé par Darryl Sutter vers la fin de la saison 2002-03. Sutter fut ensuite promu comme DG durant l'été et il se mit immédiatement au travail en faisant l'acquisition du gardien Mikka Kiprusoff en retour d'un choix de deuxième ronde en 2005 (qui deviendra Marc-Édouard Vlasic).

Les Flames, menés entre autres par Sutter, Iginla, Kiprusoff, Craig Conroy et Martin Gélinas, connurent leur première saison de 40 victoires depuis la saison 1993-94 et se faufilèrent jusqu'en finale contre le Lightning. Il s'en fallu de peu pour retrouver une équipe canadienne de retour sur la Coupe Stanley, principalement avec le fameux but refusé à Martin Gélinas lors du 6e match, mais au final les Flames s'inclinèrent contre le Lightning et leur ancien prospect qu'ils avaient abandonné, Martin St-Louis.

Les Flames demeurèrent compétitifs durant le restant de la décennie, avec l'arrivée entre autres de joueurs comme Dion Phaneuf et Alex Tanguay. Cependant, le vieux refrain d'autrefois retentit de nouveau alors qu'ils ne dépassèrent pas la première ronde des séries. Sutter demeura DG mais abandonna le titre d'entraineur après la saison 2005-06, se succédant alors dans l'ordre Jim Playfair, Mike Keenan et finalement le frère de Darryl, Brent Sutter, en 2009-10, soit le 3e Sutter à entraineur l'équipe après Darryl et Brian (1997 à 2000).



Joueur emblématique de cette période: Jarome Iginla
Avant de devenir le meilleur marqueur et pointeur de l'histoire de la franchise, Iginla fut nommé comme capitaine au début de cette fameuse saison 2003-04. Il demeurera en place longtemps, probablement trop longtemps, pendant que les Flames recommencèrent à faire du surplace en refusant de se départir de leur joueur vedette, même après la date d'expiration de cette bonne période des Flames.

Années de misère: 2009-10 à 2013-14
Les Flames mirent du temps à décider à reconstruire et ni eux ni Iginla ne semblaient vouloir bouger. C'est finalement à la date limite des transactions de 2013 qu'ils décidèrent de l'échanger à Pittsburgh. Entretemps la franchise rata les séries pendant ces 5 saisons consécutives, en plus de se départir de Darryl Sutter qui ira gagner deux coupes à Los Angeles...

Entretemps, on vit plusieurs mouvements de yoyo à travers le personnel de joueurs, l'équipe ramenant des joueurs en deuxième séjour comme Alex Tanguay, Mike Cammalleri et Olli Jokinen... Rien de très excitant donc pour les fans de se faire servir du réchauffé.


Joueur emblématique de cette période: Mark Giordano
Le successeur d'Iginla comme capitaine, Giordano connut de superbes années à Calgary dans les années 2010, le tout culminant par un trophée Norris en 2019. 

Année de.... je sais pas quoi: 2014-15 à maintenant
Normalement je parle peu des années moyennes et sans histoire mais je fais une exception ici. Sans être glorieux ni misérables, les Flames sont une équipe bipolaire depuis 2014, retournant en série une année pour les rater l'année suivante. On voit depuis des portes tournantes chez les entraineurs, avec d'abord Bob Hartley qui arriva en 2012-13 et ramena les Flames au-delà de la première ronde en 2015. 
 
Ce fut ensuite au tour de Glen Gulutzan brièvement, ensuite le controversé Bill Peters, pour finalement encore servir du réchauffé en ramenant Darryl Sutter en 2020-21. Ce dernier semble ensuite avoir aliéné tout son vestiaire lors des années suivantes. Sutter a toutefois conduit l'équipe à une saison de 50 victoires (deuxième meilleure fiche de l'histoire de la franchise) et une autre présence en 2e ronde en 2021-22, pour finalement rater encore les séries l'an passé.

Bref, ce n'est ni glorieux ni exécrable, c'est surtout instable et inconstant. La saison actuelle semble être en voie d'être désastreuse, peut-être commençons-nous une autre véritable ère de misère à Calgary.


jeudi 19 octobre 2023

Gloire et misère: Arizona

 


Chaque franchise de la LNH ayant connu des hauts et des bas, j'ai pensé analyser chaque franchise sous deux angles différents, soit ses années de gloire (l'âge d'or) d'un côté et ses années de misère de l'autre (l'âge de crotte), tout en omettant en grande partie de parler des années «normales». Parfois on peut retrouver plus d'un âge d'or ou âge de crotte. Et vous allez voir que parfois la «gloire» et la «misère» sont relatives selon l'équipe. Genre que je sais pas trop ce que ça va donner côté gloire pour les Blue Jackets mais on verra rendu là.

J'ai en même temps établi quels ont été les différents «No man's land» de la LNH au cours des années, soit les pires endroits où on pouvait se retrouver comme joueur et/ou comme fan.

Aujourd'hui, et bien je vous rentre direct dedans avec une des pires franchises de l'histoire du sport professionnel, rien de moins.

 

Coyotes de l'Arizona
(+ Jets de Winnipeg 1.0)


Années de misère: 1979-80 à 1980-81
Les premiers Jets étaient LA puissance de l'ancienne AMH, à tel point que plusieurs experts estiment qu'avec leur alignement de l'époque, ils auraient pu être une très forte équipe dans la LNH. Les seules équipes leur ayant été supérieures auraient été les Canadiens et les Islanders. Cependant, lors de leur entrée dans la LNH pour la saison 1979-80, les équipes établies avaient beaucoup de droits de réclamation, ce qui fit qu'ils perdirent 3 de leurs 6 meilleurs attaquants de 78-79, soit le prolifique Kent Nilsson (Atlanta), Terry Ruskowski (Chicago) et Rich Preston (Chicago).

Comble du malheur, un des joueurs qu'ils décidèrent de protéger à ce repêchage de réclamation fut le défenseur Scott Campbell qui développa de l'asthme qui ne fut qu'empiré par le climat de Winnipeg. Il se retira totalement du jeu après la saison 1981-82 qu'il passa dans les mineures.

Winnipeg fut donc l'équipe de l'AMH qui s'en sortit le moins bien initialement après la fusion, terminant en dernière place en 79-80 (ex-aequo) et de nouveau en 80-81 avec une horrible fiche de 9-57-14.


Joueur emblématique de cette période: Dave Christian
Meilleur pointeur de cette équipe médiocre de 80-81 avec 71 points, l'américain Dave Christian n'aimait toutefois pas jouer au Canada à cause des taxes et du dollar canadien et demanda d'être échangé après la saison 1982-83. Les Jets l'envoyèrent donc aux Capitals en retour d'un choix de 1ère ronde en 1984 qui devint le défenseur Bobby Dollas. Donc, comme Christian avant eux, les Jets perdirent au change. LOL.

Années de gloire: 1984-85 à 1986-87
Les malchances des Jets furent toutefois temporaires et ils parvinrent à recruter un bon noyau de joueurs après ces deux premières mauvaises saisons, dont bien sûr Dale Hawerchuk au premier rang du repêchage de 1981. Ce noyau composé entre autres d'Hawerchuk, Paul MacLean, Dave Babych, Thomas Steen, Laurie Boschman et Randy Carlyle fit des Jets une équipe respectable mais qui devait toutefois se buter inévitablement aux plus puissants Oilers et Flames dans leur division. Cela fit en sorte qu'ils ont franchi la première ronde à seulement deux reprises durant leur histoire à Winnipeg (1985 et 1987). Ce fut toutefois ce qu'on peut qualifier d'âge d'or pour ces malchanceux premiers Jets.


Joueur emblématique de cette période: Dale Hawerchuk
Difficile de prendre un autre joueur. Le surdoué Dale Hawerchuk transforma la franchise à sa première saison en 1981-82, récoltant 103 points et le trophée Calder. Il connaitra 6 saisons de plus de 100 points au total avec les Jets.

Années de gloire: 1992-93
Après quelques pas pires saisons avec le noyau discuté plus haut, le restant de l'histoire de la franchise fut assez ordinaire, le tout culminant par le déménagement à Phoenix en 1996. Cependant, durant une seule saison, l'arrivée de Teemu Selanne apporta un court sursis d'euphorie chez les partisans des Jets qui connurent la troisième saison de 40 victoires dans leur histoire et surtout un record pour un joueur  recrue avec 76 buts et 132 points pour Selanne. Ce fut malheureusement bien bref comme espoir alors que l'équipe régressa à 24 victoires la saison suivante et Selanne ne put jouer que 51 matchs avec plusieurs blessures. Les Jets ratèrent les séries deux ans d'affilée avant d'y retourner une dernière fois en 1996 avant le déménagement, avec en plus Selanne qui était parti depuis plusieurs mois déjà.




Joueur emblématique de cette période: Sergei Bautin
Ben non.

(note à moi-même, reparler de Sergei Bautin comme joueur oublié des 90's)


Années de gloire: 1996-97 à 2001-02
Les premières années des Coyotes à Phoenix n'étaient pas super spectaculaires mais on peut grandement dire que cette époque était leur âge d'or, considérant ce qui s'est produit et continue de se produire depuis...

La nouvelle équipe en Arizona parvint à frapper d'abord un gros coup, en acquérant Jeremy Roenick des Blackhawks en retour d'Alexei Zhamnov. Réuni avec Keith Tkachuk et Rick Tocchet, cela produisit un trio efficace et dangereux pour plusieurs saisons. Ces premiers Coyotes, qui comprenaient aussi plusieurs joueurs efficaces comme Shane Doan, Oleg Tverdovsky, Claude Lemieux, Teppo Numminen, Sean Burke et éventuellement Daniel Brière firent les séries à chaque saison sauf une (2000-01) entre 1996-97 et 2001-02. Cette édition 2000-01 était d'ailleurs la première équipe de l'histoire à être éliminée avec une fiche d'au moins 90 points. Merci au point de perdant. L'équipe reviendra en force en 2001-02 avec 40 victoires et un trophée Jack Adams pour l'entraîneur Bob Francis.
 
Donc c'était pas si mal pour les premières saisons à Phoenix, malgré qu'ils ne dépassèrent jamais la première ronde.


Joueur emblématique de cette période: Keith Tkachuk
Capitaine de l'équipe de 1993 à 1995, et ensuite de 1996 à 2001 (on lui retira brièvement le C à Winnipeg), Tkachuk détient le record des Coyotes pour les buts marqués en une saison (hors-Winnipeg) avec 52 buts en 1996-97. Lui et Roenick cadraient spécialement bien comme vedettes américaines dans ce nouveau marché lors de ses premières années. Des blessures vinrent toutefois nuire à son rendement et il fut subséquemment échangé aux Blues en 2001.

Années de misère: 2002-03 à maintenant
Ici je triche un peu. J'ai ratissé large en disant «jusqu'à maintenant» car il y eut quelques saisons d'exception que je vais mettre en parenthèse tout à l'heure. Mais inutile de vous rappeler à quel point la franchise des Coyotes est un véritable shit-show depuis presque ses débuts, le grand problème étant leurs difficultés à trouver un aréna qui attirerait assez de fans pour survivre adéquatement. Le fait que la franchise est toujours en place est une véritable farce. 
 
D'ailleurs je ne vais pas décrire l'entièreté de ce qui s'est passé en coulisses et qui continue jusqu'à ce jour, il y en aurait trop à dire et franchement, même pour un craqué comme moi qui trippe sur les histoires de franchises boboches, je trouve que c'est beaucoup trop dans le cas des Coyotes et ça devient même ennuyeux.

Mais en gardant ça bref, les Coyotes n'ont jamais trouvé chaussure à leurs pieds en Arizona. Leur premier aréna, lui qui était véritablement situé à Phoenix, était davantage optimisé pour le basketball, ayant plusieurs lignes de vues inacceptables pour le hockey, un peu comme on retrouvera plus tard avec le domicile temporaire des Islanders à Brooklyn. D'ailleurs les premiers proprios des Coyotes étaient ceux des Suns de la NBA. Ils réduisirent donc la capacité des matchs des Coyotes à 16 000, ce qui en faisait le plus petit de la ligue à ce niveau. Mais malgré tout, ils parvinrent à atteindre ou s'approcher de ce 16 000 à leurs premières années.

Les assistances diminuèrent toutefois et le fameux déménagement à Glendale, combiné à l'arrivée de Wayne Gretzky dans le groupe des propriétaires en 2001 mena à cette ère de médiocrité, de baisse d'assistances et de farce bureaucratique et politique qu'est cette saga des Coyotes depuis. Les années Gretzky furent d'ailleurs assez dommageables au niveau hockey. 
 
Gretzky, n'ayant aucune expérience comme coach, se nomma lui-même entraîneur pour la saison 2005-06 et ses talents de joueurs ne se transformèrent pas en talents de coach alors que les Coyotes continuèrent de rater les séries, soit 6 ans d'affilée de 2002-03 à 2008-09.
 
Au moins, Gretzky permit à l'équipe d'attirer quelques fans supplémentaires. Sa démission, suite à la faillite de la franchise en 2009, marqua le début du deuxième chapitre de misère dans cette saga, avec des changements de propriétaires constants, des dénouements décevants et des va-et-vient incessants de la part de Gary Bettman, incapable de renoncer à son jouet en Arizona.

Le comble de la farce se produisit en 2022-23 lorsque les Coyotes déménagèrent au Mullett Arena, le domicile de l'Université Arizona State d'une capacité de 5000 sièges... On parle maintenant d'un autre possible déménagement, en fait ça fait plus de 15 ans qu'on en parle, cette fois-ci à Houston ou Québec (ouais ouais...) quoique ça a l'air de vraiment vouloir aboutir à quelque chose cette fois, car on sent que l'entièreté des gens concernés en ont plein leur casque.


Joueur emblématique de cette période: Shane Doan
De 1995-96 à 2016-17 avec la franchise, Doan était d'ailleurs le dernier Jet actif lors de sa retraite. Il a mené les Coyotes pour les points à chaque saison entre 2003 et 2011 et a enduré terre et mer en Arizona durant plus de 20 ans. Faut croire que les joueurs aiment vraiment habiter là-bas, un constat qu'on s'est fait répéter assez souvent pour excuser la présence de cette horreur de franchise.

Parenthèse - Années de gloire: 2009-10 à 2011-12
Histoire de pas trop voir le négatif, il y eut tout de même une brève éclaircie au niveau purement hockey durant ces trois saisons, soit immédiatement après le départ de Gretzky et l'embauche de Dave Tippett, gagnant du Jack Adams en 2009-10 qui mena l'équipe à une fiche surprise de 50-25-0-1 pour 107 points, la meilleure de l'histoire de la franchise en incluant les années à Winnipeg. Tippett, Doan et compagnie connurent trois bonnes saisons d'affilée, le tout culminant jusqu'à un parcours surprenant jusqu'en finale de conférence en 2011-12. Il s'agissait de la première fois qu'ils franchissaient la première ronde depuis les Jets en 1987, et la première fois qu'ils dépassaient la deuxième.

Mais ironiquement, c'est durant ces trois saisons que les assistances furent les plus basses dans l'histoire de la franchise, descendant sous les 12 000 par match. Même pas capables d'y aller quand l'équipe est bonne...

Joueurs emblématiques de cette période: Ilya Bryzgalov / Mike Smith
Je voulais mettre simplement Bryzgalov car je croyais qu'il était encore là en 2012 avant de partir avec les Flyers avec son contrat débile, mais finalement c'est en 2011 qu'il est parti et c'est donc Mike Smith qui était là durant le parcours de 2012. Mais quoiqu'il en soit, ces deux portiers gardèrent les Coyotes dans le coup durant ces quelques saisons, particulièrement lors de la saison 2009-10 où Bryzgalov obtint une fiche de 42-20-6 et 8 blanchissages. Smith obtint également 8 blanchissages en 2011-12 ainsi que 38 victoires.

ALERTE NO MAN'S LAND - 2012 à maintenant
Je ne sais pas exactement à quel point Winnipeg pouvait être considéré comme no man's land auparavant. On sait que c'était et ce n'est toujours pas le marché le plus convoité et que beaucoup de leurs joueurs (comme Dave Christian) ont pu demander de se faire échanger. Mais c'était le cas pour beaucoup d'équipes canadiennes à l'époque avec le dollar canadien. Je pense que Québec était davantage un no man's land à ce moment, ou du moins à égalité avec les Jets. Et je pense que durant les années 80, c'était davantage Toronto le pire marché. Ensuite je ne pense pas que les dernières années difficiles des Jets (94 à 96) étaient considérées comme un no man's land, vu qu'ils parvenaient tout de même à garder leurs joueurs. Même Selanne était choqué et triste d'être échangé aux Ducks vers la fin.

Mais après quelques années correctes et semi-potables en Arizona, on peut définitivement déclarer que depuis 2012, les Coyotes ne sont pas seulement le no man's land de la LNH mais c'est aussi le cimetière, simplement par la quantité ridicule de contrats enterrés par d'autres équipes en Arizona depuis des années. 

Voici un petit résumé de ces pierres tombales qu'on a pu retrouver dans le payroll des Coyotes au fil des dernières saisons:
- Chris Pronger (contrat acquis en 2015, 3 ans après son dernier match avec les Flyers)
- Pavel Datsyuk (acquis en 2016, lorsque Datsyuk partit terminer sa carrière en Russie)
- Dave Bolland (acquis en 2016, après plusieurs blessures et un boulet de contrat)
- Marian Hossa (acquis en 2018, suite à sa retraite après des complications liées à l’eczéma)
- Bryan Little (acquis en 2022, trois ans après une blessure qui mit fit à sa carrière en 2019)
- Shea Weber (acquis en 2023, transmission de contrat boulet, passant du CH aux Golden Knights aux Coyotes)
- Jakub Voracek (acquis en 2023 des Blue Jackets, une semaine après Weber)



De plus, quelques joueurs ont simplement été largués aux Coyotes gratuitement en tant que «salary dump». C'est le cas de Shayne Gostisbehere qui passa des Flyers aux Coyotes en juillet 2021. Il prit le chemin de l'Arizona en compagnie de deux choix au repêchage en 2022. En retour, les Flyers ne reçurent rien. Le même principe s'appliqua quelques semaines plus tôt lorsqu'ils obtinrent Andrew Ladd des Islanders avec 1 choix au repêchage lors des trois années suivantes. Au moins, Ladd et Gostisbehere ont ensuite joué quelques matchs avec les Coyotes, contrairement aux contrats enterrés qu'on a vu plus tôt.

Cette technique de détournement du cap et du plancher salarial, malgré tout légale, confirme que les Coyotes ne sont pas seulement un endroit de misère et le no man's land de la LNH, mais aussi la plus mauvaise joke de la LNH, probablement dans toute son histoire. 
 
Les fiascos passés comme les Barons, les Scouts de Kansas City ou les Quakers de Philadelphie avaient au moins à leur honneur de connaître des dénouements rapides au lieu de niaiser avec la puck aussi longtemps, ce qui fait qu'on aime bien se rappeler de ces équipes défuntes, autant à chier aient-elles pu être. Mais pour les Coyotes, je doute qu'on ait beaucoup de nostalgie envers eux.
 
Vous savez lorsqu'on discute d'équipes défuntes entre chummys? Ça donne normalement quelque chose du genre:
- Heille dude, tu te rappelles-tu des North Stars?
- LOL oui. Dino Ciccarelli, Jon Casey, Basil McRae, LOL.
- Haha ouais!

Mais lorsque les Coyotes deviendront une équipe défunte (et ça va arriver), ça va plus donner ceci:
- Heille dude, tu te rappelles-tu des Coyotes? Shane Doan! Radim Vrbata! LOL!
- Ta gueule caliss.


Un aréna de 5000 places, un dépotoir de contrats, des chandails laids et aucun espoir à l'horizon. Fuck les Coyotes man. Quand ils déménageront enfin, je promets solennellement d'acheter leur chandail afin de l'incinérer et chier sur les cendres.

(Checkez ben Gary annoncer la construction d'un nouvel aréna en Arizona dans les 24 heures suivant la publication de ce texte)

Dans la prochaine partie, on revient avec plus de stabilité (et un peu moins de haine) avec les Bruins.

lundi 4 septembre 2023

Sondage - And the winner is... les SHARKS!

 


Le mois dernier, nous avons posé l'éternelle question: «Où se situent actuellement les Barons (et les Seals) dans l'organigramme de la LNH?»

Est-ce que l'héritage glorieux des Seals et des Barons se retrouve désormais au Texas avec les Stars de Dallas suite à la fusion de 1978 avec les North Stars et le déménagement de 1993? Ou bien est-ce plutôt un cas de patrimoine spirituel en ce que les Barons, anciennement les Seals de Californie, sont désormais devenus les Sharks de San Jose suite au départ des anciens propriétaires des North Stars responsables de la fusion de 1978 et la dé-fusion de 1991?

Ou bien est-ce que, comme d'habitude, on pense à tout ça pour rien (n'ouvrons pas cette porte) et les Barons/Seals sont simplement une équipe défunte, sans relocalisation, même pas foutue d'avoir engendré quelque descendance quelconque comme l'on fait les Nordiques ou les Whalers?

Bref c'était ben le fun, même un des textes que j'ai eu le plus de fun à écrire cette année...

Mais n'attendons donc pas plus et dévoilons les résultats:


Donc. Le peuple a parlé. 

Que dis-je? La SCIENCE a parlé. Un sondage avec des statistiques, des pourcentages et des lignes graphiques, c'est foutrement scientifique.

C'était assez déchirant comme choix faut l'avouer. Il y avait de bons points pour chaque option et moi-même je ne savais pas pour qui voter (j'ai même voté pour deux options différentes, l'une sur mon ordi et l'autre sur mon cel). 

Mais au final c'est l'option «romantique» qui l'a emporté de peu sur les deux autres, donc il est désormais gravé à jamais que les Barons et les Seals sont maintenant situés à San Jose, effectuant un retour de la franchise à son endroit d'origine, soit la Baie de San Francisco. Les détours par Cleveland et le Minnesota n'étaient que d'éphémères solutions de rechange en attendant que le climat du hockey professionnel soit plus propice à l'implantation d'une franchise en Californie.



C'était donc très intéressant tout ça. Si jamais vous avez d'autres idées pour des quizzzzes farfelus du genre, faites-nous part de vos idées, il y a jamais d'idées ou de sujets totalement inutiles à sur-analyser.



mercredi 9 août 2023

Sondage: L'héritage des Barons/Seals



 


L'autre jour, j'observais mon collègue Martin ITFOR débattre sur le compte Twitter de Puckdoku sur ce qui advenait des éternels Barons de Cleveland / Seals de Californie dans l'histoire de la LNH. Comme vous le savez très probablement, cette équipe défunte occupe une place de choix dans nos cœurs ici à LVEUP. On en a parlé en détails et en détails et en détails, et plus d'une fois. Mais il est clair que ce n'est pas tout le monde qui se souvient ou qui ont de l'attachement pour les Barons/Seals et c'est plus qu'évident lorsque vient le temps de savoir où se situe cette franchise étrange dans l'arbre généalogique de la LNH. 

La complexité d'une telle question demeure liée au fait que contrairement à une équipe relocalisée comme les Nordiques, Whalers ou Scouts de Kansas City, les Barons ont plutôt fusionné avec une autre équipe, les North Stars du Minnesota, ce qui demeure à ce jour un cas unique dans l'histoire du «Big 4» nord-américain (LNH,MLB,NBA, NFL).

Plus tard, ces mêmes North Stars connurent une autre crise existentielle menant au départ de leurs propriétaires, les frères George et Gordon Gund, qui obtinrent de la LNH une nouvelle équipe d'expansion, les Sharks de San Jose, en 1991. Lors de la création de cette nouvelle équipe, la ligue procéda à la dissolution de cet accord de fusion de 1978 en permettant aux frères Gund de partir en Californie avec quelques-uns des espoirs des North Stars en plus de permettre à ces derniers de participer au repêchage d'expansion. Ensuite quelques années plus tard, les North Stars déménagèrent finalement à Dallas.

N.B. J'ai tellement écrit souvent ce dernier paragraphe dans ma vie... Pourtant je me tanne pas...


Faits saillants d'un match de fin de saison North Stars vs. Barons, le 29 mars 1978. Il s'agissait du dernier match entre les deux équipes avant la fusion, et un des derniers matchs des Barons, qui l'emportèrent 7-3.


Donc, comme vous pouvez voir, tout ça est compliqué. Et probablement inutilement compliqué pour le commun des mortels. Mais ici, nous ne sommes pas le commun des mortels et on aime aller au fond des choses et poser les vraies questions. Le temps est donc venu de finalement trancher avec la question suivante: «Où se situent actuellement les Barons (et les Seals) dans l'organigramme de la LNH?». On pourrait aussi simplifier cette question par «Où peut-on mettre des joueurs des Seals/Barons dans notre grille Puckdoku?»

On va donc faire un autre sondage pour en finir une fois pour toute. Voici d'abord vos trois choix de réponses possibles.

Option 1: L'option «standard»
Les Barons sont maintenant les Stars de Dallas

Contrairement à d'autres équipes défuntes qui ont cessé leurs activités sans déménager (comme c'était souvent le cas dans l'AMH), la ligue n'a pas procédé à un repêchage de dispersion où les joueurs des Barons se seraient retrouvés éparpillés à travers la ligue. À la place, les meilleurs effectifs des Barons devinrent des North Stars tandis que les plus faibles équipes de la ligue purent ramasser les quelques miettes et retailles restantes, moyennant une compensation financière, ce dont très peu d'équipes profitèrent de toute manière.

En fusionnant de la sorte, cette équipe amalgamée est devenue bien meilleure qu'à tout autre moment précédent de son histoire, que ce soit au Minnesota, à Cleveland ou à Oakland. Avec l'apport d'anciens Barons (et anciens Seals) comme Al MacAdam, Gilles Meloche et quelques autres bons plombiers, cette nouvelle mouture des North Stars est parvenue à éliminer les champions en titre, les Canadiens, durant les séries de 1980 avant de se rendre en finale contre les Islanders l'année suivante. On peut donc dire que le peu de bonnes choses qui ont été produites à Cleveland/Oakland ont finalement pu servir à quelque chose et laisser une empreinte au Minnesota. C'est un peu comme quand une de tes plantes meure et que tu te sers de la vieille terre pour transplanter d'autres plantes... Analogie.

L'équipe a ensuite continué contre vents et marées durant les difficiles années 80 avant de finalement lever l'ancre après la saison 1992-93, connaissant au passage une autre finale cendrillon en 1991 contre Pittsburgh, tout juste avant la «défusion» avec les Sharks.

Intéressant de lire que les Stars voulaient apparemment garder le nom temporairement avant de faire voter les fans pour un nouveau nom... J'imagine qu'ils ont laissé faire.

Les Stars de Dallas, contrairement à beaucoup d'équipes relocalisées, ont continué d'honorer l'héritage des North Stars, en gardant leur nom (sans le North), couleurs et chandails, et ont surtout conservé les anciens numéros retirés des North Stars comme le #8 de Bill Goldsworthy et le #19 de Bill Masterton. Ils ont même plus tard retiré le #7 de Neal Broten, même si ce dernier avait principalement joué au Minnesota et très peu à Dallas.

Donc, si les Stars respectent autant leur lignée, il devrait naturellement être de même pour leurs racines «Clevelandaises» et «Oaklandiennes». Donc, selon cette logique, l'héritage des Stars devrait inclure d'anciens Barons et Seals comme Carol Vadnais, Rick Hampton et Bobby Baun. Et de ce qu'on a pu voir, les North Stars n'étaient pas vraiment un facteur dans la LNH avant la fusion, ce n'est qu'en absorbant l'essence des Barons qu'ils ont finalement obtenu une véritable identité.

C'est généralement cette option qui semble la plus populaire, d'ailleurs il est possible de faire porter le chandail des Barons et des Seals aux Stars de Dallas dans la série NHL de EA Sports. It's in the game.

Passons donc à la deuxième option encore plus fantasque...

Option 2: L'option «romantique»
Les Barons sont maintenant les Sharks de San Jose

Avant de partir d'Oakland en 1976, George et Gordon Gund faisaient partie des actionnaires minoritaires des Seals. Suite au refus de la ville de San Francisco de bâtir un nouvel aréna pour héberger les Seals, les frères Gund convainquirent le propriétaire Mel Swig de tenter le coup dans leur ville natale de Cleveland. Suite au départ de Swig après une première saison catastrophique à Cleveland, les Gund lui rachetèrent l'équipe et procédèrent un an plus tard à cet accord historique (et bizarre) avec la LNH pour acheter les North Stars et fusionner les deux équipes en demeurant dans le plus fort des deux marchés, au Minnesota. Toutefois, les Gund n'étaient pas très attachés à cet état, en plus de connaître plusieurs épisodes fâcheux avec les autorités et gouvernements locaux. Lorsque l'opportunité de retourner en Californie se présenta, ils sautèrent sur l'occasion.

George Gund

En «défusionnant» les North Stars en 1991 et en procédant aux repêchages spéciaux discutés plus haut, les Gund ont fait naître les Sharks, et ce dans la région où leur projet avait autrefois échoué, la baie de San Francisco. Les Sharks sont ensuite devenus un grand succès à San Jose. De l'autre côté, les North Stars ont rapidement perdu du lustre après le départ des Gund avant d'être soudainement déménagés au Texas.

Donc il fait du sens de prétendre que les Sharks sont la continuation de l'ancienne franchise des Seals/Barons puisque leurs propriétaires n'étaient pas au Minnesota ni avant ni après ces deux accord de fusion/défusion. Si on suit le parcours des Gund, on peut bien tracer la ligne comme étant: SealsBaronsNorth StarsSharks, avec comme bonus le retour dans la baie de San Francisco.

J'ai appelé cette option «romantique» car en s'énervant un peu, on peut dire que les Barons et les Sharks sont nés de la passion et la persévérance des frères Gund. Même que leur présence au Minnesota, même si cela s'est terminé en queue de poisson (ou de requin), semblait nécessaire à la survie de l'équipe. Ils ont apporté une âme aux North Stars en 1978 et ils sont partis avec cette âme en Californie en 1991. L'équipe n'a ensuite pas fait long feu une fois les Gund partis.


Et en continuant dans cet aspect plus «spirituel», les Sharks ont même ramené l'ancien look des Seals lors du programme Reverse Retro la saison dernière. C'est probablement la première et seule fois à ma mémoire où les Seals furent remémorés de la sorte par une équipe et par la ligue. Même le logo et les couleurs des Sharks rappellent en grande partie ceux des anciens Seals, surtout le dernier chandail turquoise de l'équipe avant le départ à Cleveland.

Donc de gros points forts envers cette option, même si elle est plus tirée par les cheveux que les autres... Parfois l'aspect spirituel est plus fort que la logique en place. C'est un peu le même cas à Winnipeg, qui célèbre à fond ses anciens Jets d'antan mais qui n'en a rien à foutre de la lignée logique des Thrashers ou de quoi que ce soit qui se passe en Arizona. Difficile à contredire...

Option 3: L'option «plate»
Les Barons sont une équipe défunte, sans relocalisation.


Ceci est le statu quo dépressif, administratif, sans émotion et inévitablement logique de la LNH, qui n’accommode vraiment pas les geeks comme nous, et qui n'a pas vraiment tendance à vouloir célébrer ses échecs de toute manière. Un peu comme un jumeau siamois qui n'aurait pas survécu, les Barons ont simplement cessé leurs activités lors de cette fusion et leur lignée s'arrêta ainsi. Leurs choix au repêchage de 1978 furent annulés et le calendrier fut modifié pour retirer une équipe. Les joueurs ont bien sûr conservé leurs statistiques passées mais aucun record d'équipe des Barons et Seals ne fait maintenant partie de l'histoire des Stars. PAS MÊME DES SHARKS. TSÉ.

Suivant cette logique, les Barons entrent dans la même catégorie que les Americans de New York, les Quakers de Philadelphie ou les Tigers d'Hamilton, soit une équipe disparue sans aucune continuation dans la lignée. Et les Barons sont officiellement considérés comme étant la dernière équipe du Big 4 à avoir cessé ses activités.

Parenthèse ici alors que ce même genre de situation loufoque s'était autrefois produite avec les anciens Maroons de Montréal. Bien qu'on ne considère pas la chose comme étant une véritable fusion, les effectifs des Maroons furent absorbés par le Canadien lors de la fin de la franchise en 1938. Les Maroons et le CH avaient les mêmes propriétaires et aucun repêchage de dispersion n'eut lieu lors de la fin des Maroons, contrairement à ce qui s'était produit auparavant avec la fin d'autres franchises comme les Quakers ou les Eagles de St.Louis en 1935. Mais comme les Maroons étaient alors sur le respirateur artificiel, il n'aurait resté que très peu de joueurs intéressants à charogner pour les autres équipes.

Donc malgré que je considère cette option comme étant «plate», on peut bien sûr comprendre la logique de ne pas considérer les anciennes statistiques ou records d'une équipe défunte et non pas relocalisée. Pourquoi vouloir se compliquer la vie en tant que ligue professionnelle sérieuse? Si par exemple on se questionne à savoir qui était le meilleur marqueur de la franchise des Stars en 1975-76, on n'a pas à se questionner inutilement si c'était Bill Goldsworthy et ses 24 buts avec les North Stars ou bien Al MacAdam et ses 32 buts comme meneur chez les Seals. 

Heureusement, comme les Seals/Barons étaient poches et leur héritage presque nul, on ne retrouve pas vraiment de tels dilemmes. Il n'y avait pas vraiment de Wayne Gretzky sur place qui aurait pu, disons, scorer 69 buts en 1974 et ainsi détenir un record d'équipe «défunt» disparu des annales et détenu par aucune équipe actuelle...

Bref j'ai tu dit que c'était compliqué? 


Donc. Il est temps de choisir votre camp et de voter en grand nombre entre ces trois options. Êtes vous plus «standard», «romantique» ou «plate»? Comme nous nous auto-proclamons comme étant l'autorité en ce qui concerne les Barons/Seals, ce jugement sera ensuite gravé à jamais dans les annales du destin.

VOTEZ.

lundi 6 février 2023

Les Royals de Newmarket





On aime bien parler de temps en temps (euh... genre tout le temps?) de franchises de hockey éphémères et instables. Que ce soit dans l'AMH avec ses nombreuses équipes boboches, nos insatiables obsessions envers les Barons et les Scouts/Rockies ou bien d'autres ligues mineures comme la SHL, la IHL et la ECHL. J'ai même décortiqué l'ensemble des nombreuses équipes de l'histoire de cette dernière...

Mais un niveau où on ne s'aventure pas tellement est le hockey junior, du moins de mon côté. J'ai donc pensé rectifier à cela aujourd'hui en vous parlant d'une équipe éphémère de la OHL; les Royals de Newmarket.

Au début des années 90, la OHL était en plein essor et en conséquence, plusieurs de ses marchés qui battaient de l'aile se retrouvaient en danger d'être relocalisés. C'était le cas d'une équipe au passé victorieux, les Royals de Cornwall. 

Évoluant d'abord dans la LHJMQ à partir de 1969, les Royals furent une équipe dominante avec trois championnats de la coupe Memorial (1972, 1980 et 1981). L'équipe désirait toutefois évoluer dans sa province mais s'était fait initialement refuser l'adhésion dans la OHL, se rabattant alors à la LHJMQ. La OHL accepta finalement d’accueillir les puissants Royals pour la saison 1981-82 mais le passage dans l'autre ligue n'eut pas l'effet escompté alors que l'équipe ne fut jamais aussi compétitive et perdit même de nombreux fans québécois déçus de cette défection, alors que Cornwall est pratiquement située sur la frontière Ontario/Québec.

Royals de Cornwall (1969-1992)
 

Les assistances allèrent donc en diminuant durant les années 80 tandis qu'au même moment, le climat économique de Cornwall ne permettait plus de soutenir la franchise. Un des marchés disponibles pour une relocation était la ville de Newmarket, en banlieue de Toronto. La ville avait autrefois hébergé le club-école des Maple Leafs, les Saints de Newmarket, de 1986 à 1991. 

Les Saints avaient toutefois été la pire équipe de la Ligue américaine au niveau des assistances durant cette période. Cela était du à la configuration de l'aréna, le Newmarket Recreational Complex, qui ne pouvait avoir que 2500 places assises. D'ailleurs, une des premières décisions des Leafs suite au décès de leur malfamé propriétaire Harold Ballard en 1990 fut de «sacrer le camp» de Newmarket. Les Saints devinrent alors les Maple Leafs de St.John's (Terre-Neuve) et ce jusqu'en 2005. 

(Étrangement, le climat économique de Cornwall ne devait pas être si terrible puisqu'on y vit rapidement apparaitre une nouvelle équipe, cette fois dans la AHL, avec la création des Aces de Cornwall, une équipe affiliée aux Nordiques de Québec pour la saison 1993-94. Ils n'existèrent toutefois que jusqu'en 1996.)

Les dirigeants déménagèrent donc la franchise à Newmarket pour la saison 1992-93, décidant toutefois de garder le nom des Royals et de conserver les mêmes couleurs et le même design. Seul un nouveau logo fut adopté, ce qui à mon avis n'était vraiment pas nécessaire... Le logo de Cornwall n'était pas très beau mais possédait quand même 100 fois plus de charme que celui de Newmarket...

Cornwall / Newmarket



Menés par des joueurs comme Jeff Reid (106 points), Nathan Lafayette et le futur flop des Oilers Jason Bonsignore, les Royals connurent une première saison correcte en 1992-93 avec une fiche de 29-28-9 en 66 matchs, ce qui les qualifiaient pour les séries.

Toutefois, l'équipe peinait à attirer les fans et surtout à vendre le minimum de billets de saison pour être rentable. Les dirigeants expliquèrent cela en partie au fait que Newmarket n'avait pas de journal local pour parler de l'équipe tandis que les médias de Toronto n'accordaient que très peu d'espace aux Royals. Ils espéraient toutefois se renflouer en séries et créer une bonne base de partisans si l'équipe dépassait la 2e ronde. 

Ils furent toutefois éliminés en 1ère ronde par les Wolves de Sudbury et les propriétaires décidèrent soudainement de vendre l'équipe à l'été 1993 aux frères Ciccarelli, soit Larry, Rob et, bien sûr, Dino Ciccarelli, le prolifique joueur qui évoluait alors avec les Red Wings. 

Les Ciccarelli décidèrent de donner la chance au marché de Newmarket en 1993-94 mais énoncèrent clairement leur intention de déménager l'équipe dans leur ville natale de Sarnia si les ventes de billets de saison et les assistances n'augmentaient pas considérablement.

Vint alors cette saison 1993-94 qui restera dans les anales des pires saisons du junior canadien. N'ayant plus aucun punch en attaque (Lafayette était alors avec les Canucks) et ayant liquidé ses meilleurs espoirs, dont Bonsignore, les Royals terminèrent bons derniers dans la OHL avec une minable fiche de 9-47-10 pour un total de 28 points. 

Le pire fut leur fiche sur la route alors qu'ils ne purent obtenir une seule victoire, terminant avec une fiche de 0-31-2 à l'étranger. Ils demeurent à ce jour la seule équipe dans tout le junior canadien à n'avoir gagné aucun match à l'étranger en une saison.


Vous pouvez voir ici le peu de fans dans les estrades de Newmarket:


En plus d'être minables sur la glace, les Royals ne firent pas mieux aux guichets, malgré des efforts louables de la part des frères Ciccarelli qui injectèrent initialement des fonds dans les promotions radio et télé. 

Ils frappèrent même un gros coup dans le marché torontois en décidant de retirer le #9 de Doug Gilmour, une ancienne gloire à Cornwall au début des années 80 qui était à ce moment une superstar à Toronto. La cérémonie attira l'attention mais au final, rien n'y fit et les assistances demeurèrent médiocres, passant d'environ 1000 par match aux alentours de 600 vers la fin de la saison, au même moment où les rumeurs se confirmèrent lorsque les Ciccarelli annoncèrent officiellement le déménagement à Sarnia pour la saison suivante.

Le «Sting» de Sarnia est d'ailleurs toujours en place et fut longtemps sous la gouverne des Ciccarelli, soit jusqu'en 2015 lorsqu'ils vendirent le club à deux autres ex-joueurs de la LNH, Derian Hatcher et David Legwand.

Le marché de Newmarket n'a jamais hébergé de hockey à un aussi haut niveau depuis, n'étant occupé que par les Hurricanes de Newmarket au niveau Junior A, de 1993 jusqu'à leur dissolution en 2019. Le junior canadien revint toutefois dans la région en 1995-96 lors de l'arrivée des Colts de Barrie, à environ 40 minutes plus au nord de Newmarket.

 

Donc peu d'héritage pour Newmarket et les Royals, avec seulement une poignée de joueurs y ayant joué qui se sont démarqués par la suite. Des noms éternels comme Bonsignore et Lafayette ainsi que ceux de Grant Marshall, Ryan Vandenbussche et Alek Stojanov, celui qui fut obtenu par les Penguins en retour de Markus Naslund...

J'imagine toutefois que la bannière de Doug Gilmour doit encore flotter dans les hauteurs du Newmarket Recreational Complex...



Sources:
YouTube
Fun While It Lasted
OHL Arena Guide