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dimanche 10 avril 2022

Les excursions LVEUP 2021-22 #11 - Marquis de Jonquière (LNAH)





Je me retrouvais avec un bon dilemme lors de la soirée du vendredi 8 avril dernier. Le semaine dans le corps et avec le petit chez ses grands-parents, on avait l'occasion de finalement regarder Moon Knight sur Disney+ ou bien juste de rattraper notre précieux sommeil. Ou bien j'avais aussi le choix de me rendre à Jonquière pour continuer nos excursions... Je vous le rappelle, notre projet des Excursions LVEUP 2021-22 étant d'aller voir un match de tous les niveaux possibles à notre disposition et cela implique parfois de braver la fatigue... et la possible réinfection à la covid de merde. 

Donc après la LNH, la AHL, la ECHL, la LHJMQ, l'universitaire, le collégial D1, le junior AAA, AA, A et B ainsi que le Juvénile D1 et le MAHG, il manquait bien la LNAH à ajouter à tout ça et ça aurait été criminel de l'oublier d'ailleurs. J'en avais la potentielle chance ultime en ce vendredi alors que les Marquis de Jonquière faisaient face à l'élimination lors de leur série quart de finale contre les Pétroliers du Nord qui menaient la série 3-2.

Ça faisait un moment que je n'avais pas regardé un match de la LNAH, la dernière fois remontait à 2019 exactement. Et ça faisait aussi un moment que la LNAH n'avait pas pu disputer les séries de la coupe Vertdure (anciennement coupe Futura). La dernière fois remontait également à 2019, avec la saison suivante interrompue par la covid et la saison dernière également annulée. J'ai vu cinq ou six matchs de la LNAH auparavant mais jamais en séries et je me demandais d'ailleurs comment la ligue procédait avec seulement 6 équipes dans ses rangs (bientôt une septième à Lanaudière en 2022-23).

Et bien le format des séries est le suivant: toutes les équipes participent aux séries éliminatoires. Au terme de la première ronde 4 de 7, les deux meilleures équipes au classement général parmi celles qui auront perdu la première ronde s’affrontent dans une courte série 2 de 3 afin de déterminer la quatrième équipe pour le carré d’as. Et comme les équipes ne s'affrontent que les fins de semaine (et parfois le jeudi), les séries durent donc assez longtemps. Je croyais que ce format spécial était dû à cette saison écourtée par la Covid mais c'était également les mêmes procédures lors des séries précédentes de 2019.

Donc comme je disais, je me devais absolument de voir ce match, sinon je l'aurais eu de travers une fois notre saison d'excursions terminée. Et j'avais aussi un peu de travers notre dernière excursion de la semaine passée aux Lions de Trois-Rivières où le match nous avait laissé sur notre appétit. Mais je croyais avoir raté ma chance alors que les Marquis avaient précédemment perdu les deux premiers matchs de cette série avant d'égaliser tout ça la semaine dernière, le 4e match ayant lieu le même jour que notre match de la ECHL. Je me devais donc de leur rendre hommage pour ce retour dans la série. Les Pétroliers ont ensuite gagné le 5e match du jeudi soir dernier et menaient donc la série 3-2.

J'ai donc fait un retour au Palais des Sports de Jonquière pour ce match des séries. Est-ce que c'était meilleur que notre match de la ECHL? Oh que oui. 

Quel match d'ailleurs. Les deux équipes nous ont donné un sacré spectacle et le score penchait d'un côté comme de l'autre tout au long du match. L'atmosphère dans l'aréna était excellente malgré quelques débordements avec par exemple quelques colons qui lançaient de la bière sur le banc des Pétroliers.

Même qu'un spectateur a lancé un poulet sur la glace après l'hymne national... J'ignore quel est la signification de ce geste, si c'est une quelconque tradition ou non... D'ailleurs l'hymne national était chanté par Jeanick Fournier, la nouvelle coqueluche de la région et du Québec depuis son passage à Canada's got talent.

Un poulet sur la glace... miam

 

Après avoir tiré de l'arrière 3-1, les Marquis ont changé de gardien et ont réussi à remonter le score à 3-3 après 2 périodes. Le but égalisateur fut d'ailleurs marqué avec seulement 0,3 secondes à faire au tableau. C'était suite à une mise en jeu en territoire des Pétroliers alors qu'il ne restait que 2,5 secondes à la période et que les Marquis avaient retiré leur gardien. Tout un moment et tout un but.

 

En 3e, notre héros culte à LVEUP, le toujours aussi efficace Francis Verreault-Paul a ensuite marqué un superbe but donnant l'avance aux Marquis mais les Pétroliers ont également réussi à niveler la marque. On s'en allait donc en prolongation.

C'est d'ailleurs ce même Verreault-Paul qui avait précédemment permis aux Marquis de revenir dans la série lors du 3e match en marquant un autre de ses supers buts de sniper en prolongation:

@lnah_officiel Francis Verreault-Paul marque en prolongation et permet aux Marquis de revenir dans la série face à Laval! C’est maintenant 2-1 pour Laval. Match #4, ce soir à Jonquière! #lnah #playoffs #marquisdejonquiere #hockey ♬ original sound - LNAH_Officiel

 

Comme je disais, l'atmosphère était électrique et les partisans étaient vraiment de la partie. Il y avait un total annoncé de 2220 spectateurs mais je crois que le véritable total se devait d'être plus élevé. Il y avait plusieurs partisans debout un peu partout. Je dirais peut-être davantage 2500 que 2200 mais c'est difficile à dire. Tout un changement avec notre match d'après-midi de la ECHL une semaine auparavant où c'était pas mal plus pépère. Faut dire aussi qu'un match des séries c'est assez particulier, quel que soit le niveau de calibre. Les Lions sont aussi tout neufs et ils n'ont probablement pas encore de grosses traditions locales dans les estrades donc on leur pardonne. En plus, une saison en plein covid ce n'est pas le contexte parfait pour établir ces traditions.

Par exemple, les fans des Marquis avaient comme tête de turc le fameux Danick Paquette, cet ancien choix des Thrashers d'Atlanta et ex-joueur des Marquis à la longue crinière aussi mieux connu pour sa participation au documentaire Bagarreurs inc en 2013. J'ai d'ailleurs entendu quelques perles durant ce match comme «Va pleurer à ton père, Paquette!» ou bien le classique «Va t'faire couper les cheveux, Paquette!». Son départ de Jonquière suivait d'ailleurs celui de son père l'année précédente. Alors employé des Marquis, le paternel était lui aussi parti pour occuper un poste chez les Pétroliers. Coïncidence?

Mais bref, on s'en allait en prolongation et à ce moment c'était pas mal les Marquis qui contrôlaient le jeu. Après plusieurs bonnes chances c'est finalement le vétéran Kéven Veilleux qui marqua un autre superbe but qui donna la victoire aux Marquis qui forcèrent ainsi la tenue d'un 7e match. 

Voici quelques vidéos d'ambiance:



 

@lnah_officiel KEVEN VEILLEUX! 😱 Il renvoie tout le monde à Laval pour un match #7 dimanche!! #lnah #playoffs #marquisdejonquiere ♬ original sound - LNAH_Officiel

 

Tout un match. Non seulement le meilleur que j'ai vu cette année en personne mais aussi le meilleur que j'ai pu voir dans la LNAH. Et en plus, il n'y a eu aucune bagarre. Il y a eu pas mal de «chamaillage» et semi-bagarres après le sifflet mais aucun de ces combats «stagés» inutiles qui nuisent à la réputation de la ligue depuis trop longtemps. D'ailleurs ce match a un peu ravivé ma flamme envers la LNAH alors que j'avais été un peu déçu de mes récentes expériences. Pas que je sois totalement anti-bagarres, j'aime l'intensité d'un match et les bagarres après un coup de sifflet font partie du jeu. Même que Verreault-Paul était particulièrement actif sur ce point, ce qui rajoute à pourquoi j'adore ce joueur. Mais les bagarres stagées ne sont vraiment pas nécessaires au spectacle. Et c'est pas que les joueurs ne voulaient pas se battre d'ailleurs, mais les arbitres ont vraiment tout empêché et bonne job de leur côté je dois dire.

Bref tout un match. Je vous recommande d'aller en voir un si vous êtes proches d'une de ces équipes. La LNAH demeure un bon produit abordable et c'est parfois de très bons matchs. C'est d'ailleurs également 3-3 dans l'autre série entre les Éperviers de Sorel et le Cool FM de St-Georges. Une série s'est déjà terminée, celle remportée par l'Assurancia de Thetford Mines contre Rivière-du-Loup. Pour leur part, les Marquis et les Pétroliers en finissent cet après-midi lors du 7e match... Je pense me le mettre en streaming sur le site de la LNAH...

On se revoit lors d'une prochaine excursion...


Les excursions LVEUP 2021-22 (avec la liste de niveaux potentiels):

** RaySheppard **
M18AAA
JMS - Ligue de hockey Midget Saguenay Lac-St-Jean


** KirkMcLean **
Collégial 2e division
Ligue Régionale de hockey (Senior A) - Cougars de Warwick
LNAH - Assurancia de Thetford Mines
LHJQAAA - Titan de Princeville
LHSAAAQ - Métal Pless de Plessisville
LNH ?

**KeithActon**
LNH - Canadiens de Montréal
ECHL



mercredi 30 décembre 2020

Les grands voyageurs #1: David Ling


 
 
Voici aujourd'hui le premier tome d'une nouvelle série sur ce blog, soit sur ces joueurs qu'on qualifie de vagabonds, nomades ou globe-trotters mais surtout passionnés et résilients. On surnomme souvent ces joueurs des ''journeymen'' et on les retrouve à tous les niveaux du hockey professionnel. C'est un sujet qui me fascine et j'ai déjà traité de plusieurs de ces messieurs dans le passé par exemple avec Grigori Panteleev, Mike Sillinger, Gary ''Suitcase'' Smith , les jumeaux Ferraro ou même Brent Gretzky.

Mais aujourd'hui je crois que le choix n'était que trop évident de consacrer ce premier tome à nul autre que le légendaire David Ling.


David Gregory Ling est né à Halifax le 9 janvier 1975 mais sa famille déménagea à l'Île-du-Prince-Édouard quand il était enfant. Il commença ainsi son stage junior un peu loin des radars dans la Ligue Junior A des Maritimes à Charlottetown, où il domina dès l'âge de 15 ans avec une saison de 33 buts, 75 points et 270 minutes de pénalité en seulement 30 matchs. Il gradua ensuite dans la OHL en 1992-93 avec les Frontenacs de Kingston et connut une bonne première saison avec 63 points en 64 matchs. Il figurait également au 3e rang de la ligue avec ses 275 minutes de pénalité.

Frontenacs de Kingston (OHL)
(1992-95)

Ling était un joueur qualifié de ''dirty'' ou ''salaud'' si vous préférez. Il était très combatif et versatile dans le sens qu'il marquait autant avec ses points qu'avec ses poings. Il était cependant loin d'être un prospect garanti pour la LNH par sa petite taille à 5'-9''. Les Nordiques en firent toutefois un choix tardif de 7e ronde (179e au total) au repêchage de 1993. Il enchaîna ensuite deux autres excellentes saisons junior avec les Frontenacs, dont sa dernière en 94-95 où il mena la OHL avec 61 buts. Il termina également 3e pour les points avec 135. Il se mérita ainsi le trophée ''Red Tilson'' remis au MVP de la OHL ainsi que le titre du joueur de l'année dans le hockey junior canadien.

Ces accolades au junior ne firent toutefois pas monter sa cote dans la LNH. Il débuta ensuite son parcours professionnel, mais pas dans l'organisation des Nordiques, étant plutôt échangé aux Flames de Calgary en retour d'un choix de 9e ronde en juillet 1995. Il s'agissait de la première transaction de l'Avalanche après son déménagement de Québec. 

Il passa une saison complète dans l'organisation des Flames mais joua plutôt près de sa patrie, avec les Flames de Saint-John (Nouveau-Brunswick) dans la AHL. Il fut ensuite échangé de nouveau, soit en octobre 1996 aux Canadiens de Montréal en retour de Scott Fraser..

Canadiens de Montréal/Fredericton
(1996-98)


Il passa ensuite deux saisons dans l'organisation montréalaise, mais la plupart du temps à Fredericton (encore près de sa terre natale). Il disputa quand même ses premiers matchs dans la LNH avec le CH mais il ne joua au final que 3 matchs en deux saisons avec le grand club, sans récolter de point. 

Malgré qu'il faisait bien dans la Ligue américaine (66 points en 67 matchs), les Canadiens l'échangèrent aux Blackhawks en mars 1998 en retour de Martin Gendron. Il ne parvint pas non plus à faire le line-up des Blackhawks, alors qu'il passa le restant de la saison dans la IHL, où il joua les trois saisons suivantes, passant des Blackhawks à l'organisation des Stars de Dallas en 2000-01.

Incapable de se rendre à la LNH durant cette ère de trappe et d'obstruction où les petits joueurs ne faisaient pas long feu, Ling ne pensait plus retourner dans la LNH. Il eut cependant un petit coup de pouce de ses contacts en 2001-02 lorsqu'il fut invité à se joindre au Crunch de Syracuse, le club-école des Blue Jackets, alors à leur deuxième année d'existence. 

Aux commandes du Crunch se trouvait son ancien coach à Kingston, Gary Agnew, tandis que le DG et l'assistant-coach des Blue Jackets étaient des compatriotes de l'I-P-É, soient Doug MacLean et Gerard Gallant. 

Il eut dont probablement droit à un peu de pushing et de favoritisme régional, mais Ling parvint à se faire une petite niche dans l'organisation pendant trois saisons où il fit la navette entre la AHL et la LNH. Il joua d'abord 5 matchs en 2001-02 avec les Blue Jackets sans récolter de point. Ensuite il marqua finalement son premier but en 2002-03 avec une fiche de 3-2-5 en 35 matchs ainsi que 86 minutes de pénalité. Il était également capitaine du Crunch durant cette même saison. Ces 5 points furent toutefois sa meilleure récolte dans la LNH. Son rôle dans la LNH demeurait celui d'un pugiliste tandis qu'il était un marqueur et un leader dans l'AHL. Il put toutefois disputer la majorité du calendrier 2003-04 avec les Blue Jackets où il joua 50 matchs (fiche de 1-2-3 et 98 minutes de punition.)

Capitaine et marqueur à Syracuse (AHL)
(2001-04)

Pugiliste dans la LNH à Columbus (LNH)
(2001-04)


Son contrat échu avec les Blue Jackets, Ling signa avec les Maple Leafs pour la saison 2004-05 mais comme la saison fut annulée, il retourna dans la AHL, cette fois à St.John's (Terre-Neuve). Il ne manquait alors que la Nouvelle-Écosse pour compléter son parcours dans toutes les provinces maritimes. Il mena St.John's pour les points avec 88 en 2004-05. Il ne le savait pas encore mais cette saison marqua le véritable début de sa légende de joueur nomade. Il débuta en effet avec les Maple Leafs un long parcours que je vais essayer de résumer le plus brièvement possible tout en gardant quelques éléments croustillants au travers.


Dynamo de Moscou (Superligue)
(2006-07)

 

Comme il n'y avait pas de place pour lui à Toronto à la reprise des activités de la LNH, il quitta donc pour la Superligue de Russie en 2005-06 avec le Spartak de Moscou. En fait, il devait s'aligner avec le Dynamo de la même ville mais ces derniers refusèrent de lui faire signer un contrat avant qu'il ne fasse d'abord un essai de quelques matchs sans salaire. Le Spartak, avec l'aide de son ancien coéquipier Tyler Moss, allèrent donc le voler au Dynamo avec une vraie offre en argent cash...

Il alla cependant rejoindre le Dynamo en 2006-07 et y joua un an. Il revint toutefois au Canada pour être plus près de son père malade l'année suivante et s'aligna donc à nouveau dans l'organisation des Maple Leafs, cette fois avec les Marlies de Toronto dans l'AHL. Il mena d'ailleurs les Marlies pour les points cette année-là. Ses ambitions de retourner dans la LNH étaient toutefois bien derrière lui et il repartit de plus belle en Europe en 2008-09, d'abord en Suisse avec le EHC Biel, et ensuite en Finlande avec le Jokerit d'Helsinki.

Il retourna en Russie pour la saison 2009-10, dans la nouvelle KHL, cette fois avec le Amur Khabarovsk. Il y débuta également la saison suivante, mais quitta la Russie pour toujours avec un autre retour dans la AHL avec les Bruins de Providence pour terminer la saison.

Maple Leafs de St. John's (AHL)
2004-05


 
Blades de Kansas City (IHL)
(1998-2000)

Jokerit d'Helsinki (SM-Liiga)
(2008-09)

Bruins de Providence (AHL)
(2010-11)


 

Il opta ensuite de jouer en Italie avec le HC Val Pusteria, où il joua un an et remporta le championnat d'Italie.

Ensuite, histoire de ne pas s'éterniser trop longtemps dans le même pays plus d'une saison, il fit le saut dans la ligue britannique avec les Panthers de Nottingham. Si vous suivez le compte depuis le début vous vous rendez peut-être compte qu'en plus d'amasser les équipes, Ling avançait également en âge. Il était alors en 2012-13 âgé de 37 ans, et les Panthers lui offraient la chance de jouer tout en lui donnant l'opportunité de préparer son après-carrière. Il décida alors de compléter son MBA (Diplôme en administration des affaires) à l'Université. Fidèle à son habitude, Ling mena les Panthers et la ligue britannique avec 34 buts, 55 passes et 89 points en 52 matchs.

Panthers de Nottingham (EIHL)
(2012-13, 2015-16)



Il devint ainsi un joueur culte à Nottingham où en plus de mener la ligue, il mena les Panthers au championnat de la ligue et fut nommé joueur de l'année. Il devint également une certaine sensation virale, alors qu'un vidéo de lui en train de faire semblant de faire du ski nautique derrière une zamboni circula beaucoup sur les réseaux sociaux...



Bon, j'espère que vous avez pris un petit break avec cet interlude rigolo au Royaume-Uni, parce que ce n'est pas vraiment terminé pour David Ling. Avec son diplôme en poche, Ling se retira du hockey professionnel et retourna en 2013 dans les maritimes travailler pour la commission des alcools de l'I-P-É. tout en jouant toujours au niveau senior, avec les Cee Bee Stars de Eastlink à Terre-Neuve...

Il ne sembla pas garder cet emploi très longtemps puisqu'il termina la saison 2013-14 avec un retour en Italie avec le HC Val Pusteria, son club de 2011-12...

Après une autre courte retraite au début de la saison 2014-15, survint l'appel de la ECHL. En manque de joueurs à la mi-saison, le Beast de Brampton signa Ling pour terminer la saison. Alors âgé de 40 ans, Ling fit très bien contre des joueurs âgés de la moitié de son âge, alors qu'il récolta 9 buts et 41 points en 46 matchs. C'est alors que l'on vit apparaître ce qui est selon moi un des meilleurs surnoms de l'histoire du hockey alors que Ling fut surnommé ''Linger''. Librement traduit, le verbe «to linger» signifie ''qui s'éternise'' ou bien ''qui résiste ou s'oppose à disparaître ou se terminer''

HC Val Pusteria (Serie A - Italie)
(2011-12, 2014)



C'est aussi en 2014-15 que Linger cimenta à jamais sa légende dans les ligues mineures, alors qu'il effectua le tour de maître de disputer 5 matchs en 5 soirs. 

Également en manque de joueurs lors d'un voyage sur la route, les Barons d'Oklahoma City de l'AHL firent appel à Ling pour quelques matchs en mars 2015. En bon coéquipier, il ne voulait cependant pas laisser le Beast au dépourvu mais ne voulait aussi pas laisser passer la chance de retourner dans la AHL à l'âge vénérable de 40 ans... Il s'arrangea donc pour planifier tout un road trip. 

Il joua d'abord le mercredi soir avec les Barons contre les Marlies à Toronto. Comme Brampton n'est pas trop loin de la ville reine, il revint à temps pour le match du lendemain du Beast contre le Rush de Rapid City. Il joua ensuite le vendredi de retour dans la AHL alors que les Barons jouaient à Utica dans l'état de New York, et ensuite le samedi soir contre les Flames d'Adirondack. Il fit ensuite le trajet du retour (en voiture je vous le rappelle) où il fit une escale à Syracuse pour dormir et arriver à temps pour le match du dimanche après-midi à Brampton encore contre le Rush de Rapid City...

Évidemment, vous vous doutez que tout ce mouvement et cette vie de nomade ne devaient pas être idéal pour la vie de familiale et personnelle de Linger... En juillet 2015, il fut arrêté en Floride pour un épisode de violence domestique et de désordre public dans un hôtel de Miami. Il fut libéré le lendemain et les accusations furent plus tard retirées par la plaignante. Ling a d'ailleurs plusieurs ex-épouses et sa vie de hockeyeur nomade semble être la cause de plusieurs de ses divorces.

Petits déboires à Miami (2015)

Après cette saison mouvementée de 2014-15, les Panthers de Nottingham voulaient ravoir leur ancien joueur vedette. Il revint donc en Angleterre pour 2015-16, mais quitta l'équipe à la mi-saison, désirant se rapprocher de ses fils en Ontario. Il termina donc la saison en effectuant un retour avec le Beast. L'équipe venait à ce moment de commencer son affiliation comme 2e club-école du Canadien. Donc 20 ans après ses premiers matchs dans la LNH à Montréal, Ling retrouva un logo du CH sur son uniforme... Toujours efficace, il obtint 42 points à Nottingham et 17 points en 26 matchs à Brampton en 2015-16.

La saison suivante, le Beast n'avait plus de place pour Linger alors qu'il y a un nombre limite de joueurs vétérans à respecter dans la ECHL. Ling croyait alors que son parcours professionnel était finalement terminé et s'établit donc à Hamilton, lui qui ne voulait plus jouer outre-mer ou même loin de la région de Toronto ou du nord-est américain. Il n'avait toutefois pas dit adieu au hockey et joua quelques matchs au niveau senior avec les Generals de Stoney Creek au début de la saison 2016-17. Cependant, surprise! Le Beast avait encore besoin de joueurs à la mi-décembre... Ling termina de nouveau la saison à Brampton avec une fiche de 9-11-20 en 39 matchs.

En 2017-18, Ling était désormais habitué au refrain et avait cessé de déclarer à sa famille et ses amis qu'il avait terminé de jouer. Après quelques semaines au niveau senior avec les Steelhawks d'Hamilton dans la ligue de la Allan Cup, «v'la ti pas» le Beast qui rapplique et rappelle Ling à la mi-saison. Ling déclara aux journalistes que c'est par respect pour le Beast et son entraîneur qu'il revint et qu'il ne jouerait nulle part ailleurs qu'à Brampton. Il déclara également: ''Parfois, je me sens encore comme si j'avais 29 ans...''  

Il joua 12 matchs avec le Beast en 2017-18, récoltant 1 but et 8 points. Il était alors âgé de 43 ans et devint le plus vieux joueur de l'histoire de la ECHL.

Beast de Brampton (ECHL)
(2014-2018
)
 

Quittons alors la carrière de Ling un moment et allons-y avec un petit épisode personnel. Anyway, il doit bien avoir fini à moment donné non? Nous sommes alors en 2018-19 et Ling semble effectivement absent des statistiques de EliteProspects ou hockeydb. De mon côté, je scrute davantage à ce moment les Marquis de Jonquière dans la LNAH, seule équipe intéressante (avec les Sags) que je peux voir à proximité de ma ville à Alma. Mais bref, dans un communiqué publié sur Facebook, «re-v'la-ti-pas» que les Marquis font signer en novembre 2018 un contrat à nul autre que motherfucking David ''Linger'' Ling...  Holy shit. 

Les Marquis voulaient profiter de la dernière journée de signature de joueurs autonomes dans la LNAH pour apporter des renforts à l'équipe. 

Petite parenthèse ici alors qu'au même moment de cette signature, il y avait en coulisses la situation de l'éphémère équipe américaine des Blackjacks de Berlin (au New Hampshire) qui préoccupait la LNAH et ses fans. Après seulement 10 pénibles matchs au début de la saison 2018-19, l'équipe des Blackjacks fut abandonnée par ses propriétaires par manque de soutien et de fonds et la LNAH prit alors contrôle de la franchise. Plutôt que de dissoudre l'équipe et disperser les joueurs, la LNAH opéra l'équipe le temps de trouver un nouveau propriétaire, un nouveau commanditaire et surtout une nouvelle ville. Les Blackjacks devinrent donc pendant quelques semaines le ''Pétrole et Propane Bélanger de la LNAH'' et opérèrent comme équipe itinérante, jouant à ''domicile'' dans l’amphithéâtre des autres équipes...

Inutile de vous dire que je jubilais. Non seulement j'allais avoir la chance de voir et payer mes hommages à un Linger de 43 ans (et bientôt 44 à ce moment) dans l'uniforme vert des Marquis, mais en plus j'aurais la chance de réaliser un rêve de geek de voir un match d'une équipe itinérante! C'était le rêve. Moi qui suis fasciné par ce rare phénomène des équipes qui n'ont pas pu terminer leur saison ou qui jouent exclusivement sur la route... J'allais avoir ma chance lors de ce match du samedi 1er décembre 2018 alors que David Ling et les Marquis étaient en ville (dans leur propre ville mais comme visiteurs) pour affronter le ''Pétrole et Propane Bélanger de la LNAH'' au Palais des Sports de Jonquière.

Malheureusement, je ne me rappelle plus vraiment pourquoi mais je n'ai pas pu assister à ce match. Je pense me souvenir qu'on recevait de la visite à la maison ce soir-là, donc je ne pouvais pas y aller. Mais je me disais que j'allais pouvoir me reprendre dans les semaines suivantes alors que la situation des Blackjacks était encore floue. Sinon je pouvais quand même me rabattre avec un autre match de Ling contre une autre équipe, j'aurais quand même été heureux. 

Encore ici, malheureusement non. Je ne sais pas ce qui s'est passé exactement mais le séjour de Linger à Jonquière n'aura pas porté fruit et n'aura duré que seulement deux matchs, où il ne récolta aucun point et aucune minute de pénalité en plus de terminer à -2. Son dernier match dans ce circuit aura donc été celui que j'ai raté contre les ex-Blackjacks itinérants. Ce rendez-vous manqué avec le destin demeure à ce jour une profonde source de honte pour moi...

Pour ajouter à l'injure pour moi qui adore mettre des photos dans ces articles, je n'ai même pas réussi à trouver de photos de Linger avec les Marquis...

Il quitta donc Jonquière et retourna à Hamilton. Je n'ai jamais trouvé de communiqué de l'équipe ou même un seul tweet explicatif de la part de Ling... Et quelques semaines plus tard, le ''Pétrole et Propane Bélanger de la LNAH'' s'installa à St-Jérôme et se rebaptisa une troisième fois durant la saison, devenant les Pétroliers du Nord de St-Jérôme et tout le monde tourna la page... sauf moi et mes rêves de geek de hockey brisés à tout jamais...

Steelhawks d'Hamilton (ACH)
(2017-2020)

 
Pour sa part et bien pensez-vous que Linger en avait fini du hockey? Et bien non. Il termina la saison de nouveau au niveau senior en faisant un retour avec les Steelhawks d'Hamilton. Il fut même le joueur qui récolta le plus de minutes de pénalité dans cette ligue en 2018-19. 

Il y joua encore tout récemment en 2019-20 où il récolta 6 buts, 18 passes et 24 points en 14 matchs. J'ignore si leur saison dut être annulée à cause de la pandémie mais je crois que même la Covid ou une météorite destructrice ne pourront arrêter David Ling de jouer... Il doit certainement s'être construit une patinoire dans sa cour et doit même y jouer en ce moment-même.

En fait, je crois savoir pourquoi il a quitté les Marquis puisque il est depuis 2018 à l'emploi de IG Wealth Financial comme planificateur financier pour la région d'Hamilton. C'est donc probablement terminé les longs voyages en autobus pour Linger.

Quoique...



Au final, David Ling aura joué professionnellement (ou semi-professionnellement) pendant 23 ans soit depuis sa première saison dans la AHL en 1995-96 jusqu'à sa fin de parcours en décembre 2018 avec les Marquis. Si on inclut ses années et équipes junior en plus de ses équipes outre-mer, semi-pro et senior, on arrondit à 29 ans et il aura porté en tout l'uniforme de 27 équipes au sein de 16 ligues différentes...

Il demeure le dernier joueur repêché par les Nordiques à avoir joué professionnellement. Il m'est difficile de vérifier, mais je crois également qu'il est aussi le dernier joueur actif à avoir joué dans la IHL.

Sa fiche dans la LNH fut de 4 buts et 4 passes pour 8 points en 93 matchs et 191 minutes de pénalité.
Sa fiche combinée dans les mineures et en Europe fut de 385 buts, 732 passes pour 1117 points et 2710 minutes de pénalité.

Son numéro 17 fut retiré par les Frontenacs de Kingston.



Sources:
David Ling trades skates for suits, Habs eyes on the price, 24 avril 2020
David Ling: “Have Skates, Will Travel”, PEI Pucks
No One Loves Hockey Quite Like ECHL's Eldest Statesman David Ling, VICE, 20 avril 2017
Former Frontenac Ling arrested in Florida, The Kingston Whig Standard, 29 juillet 2015
Court in U.S. drops charges against P.E.I. hockey player, The Guardian, 29 septembre 2015
David Ling signe avec les Marquis,
Le Quotidien, 16 novembre 2018
Beast forward Ling,40, plays five games in as many days, Brampton Guardian, 31 mars 2015

samedi 13 janvier 2018

Excursion LVEUP : De la LNAH à Jonquière




Après environ deux ans sans avoir assisté à un match de hockey, j'ai finalement eu la chance de renouer avec ce rituel qu'on aime tant le 5 janvier dernier lors d'un match de la LNAH à Jonquière entre les Marquis et le 3L de Rivière-du-Loup. 

Il faut dire que ma situation géographique et ma vie personnelle ne m'en laisse pas souvent la chance mais comme nous avions de la visite du Brésil chez moi, nous tenions à les faire sortir un peu, malgré la météo qui s'abstenait à nous convaincre de rester au chaud chez nous. Il s'agissait de toute une excursion d'ailleurs car c'était durant cette grande période de tempête et de froid glacial que l'on vient de vivre à travers de Québec et le trajet pour s'y rendre fut assez compliqué. 

Nous habitons à Alma et pour se rendre au Palais des Sports de Jonquière il existe deux routes; soit vous prenez l'autoroute 170 au sud entre St-Bruno et Jonquière ou vous passez par le nord par la 172, soit par un chemin plus long que la 170 qui nous amène par les villages de St-Nazaire et St-Ambroise. Cependant, après plusieurs enquêtes et appels à inforoute, les grands vents glaciaux que l'on vient de vivre nous empêchaient de passer par la 170 alors que plusieurs tronçons de cette route étaient fermés. J'avais même fait enquête auprès d'amis et cousins de St-Bruno pour savoir si c’était vraiment bloqué ou non. Ils m'ont tous dit qu'ils n'avaient pas pu sortir du village de la journée...

Nous devions donc tenter notre chance par la 172, chose qui ne me tentait pas vraiment. J'avais peur que cette route ne devienne elle aussi impraticable et d'avoir à rebrousser chemin. Nous avons finalement réussi à nous rendre (je roulais tout de même en dessous de la limite de vitesse) et nous avions même de l'avance alors que le match fut retardé d'environ 45 minutes à cause de la tempête. Cela nous a laissé le temps de prendre quelques bières (j'avais des billets et des consommations gratuites offertes par un ami de la famille) et d'explorer les lieux. C'était seulement la deuxième fois que je visitais le Palais des Sports et il s'agit somme toute d'un aréna convenable. 


Palais des Sports de Jonquière



Il s'agit du deuxième plus grand aréna de la région après le Centre Georges-Vézina à Chicoutimi. Il a une capacité de 3200 places et pour ce match il y avait tout de même une foule acceptable de 1100 personnes selon l'annonceur. Autre que le match en tant que tel, il n'y a pas grand chose à voir dans cet aréna, à moins que vous aimiez voir de la publicité régionale un peu partout dans l'aréna. La seule attraction notable est une section en hommage au regretté Pierre Pilote, l'ex-défenseur étoile des Blackhawks. Bien qu'il ait déménagé en Ontario dans son enfance et qu'il n'a pas vraiment joué au hockey avant l'age de 17 ans, Pilote est originaire de Kénogami, une ancienne municipalité devenue un arrondissement de Jonquière (qui a son tour est devenue un arrondissement de Saguenay). Cette statue et cette section de l'aréna en son honneur ont été inaugurés en 2012 et il est même venu d'Ontario pour l'inaugurer.

Les nombreuses publicités sur la glace. On s'habitue à la longue...



La Zone Pierre Pilote

















J'ai toutefois bien aimé regarder les bannières suspendues avec les récents championnats du Marquis. On ne voit pas bien sur cette photo mais il y avait aussi une bannière assez amusante célébrant les 20 ans de l'équipe sous toutes ses incarnations. Ça ressemblait à ça.

Et qu'en était-il du match? J'espérais bien pouvoir offrir une bonne première expérience de hockey à mes invités d'outre-mer, à qui j'avais bien expliqué la différence de niveau entre la LNH et le Semi-Pro. Après les avoir éduqué sur les bases du jeu et à toujours faire attention de ne pas recevoir une rondelle en pleine face, le match débuta. On eut droit somme toute à un fort match. Il s'agissait pour moi de ma deuxième expérience aux Marquis et à la LNAH. Et la première fois ne m'avait pas tant fait trippé. C'était deux ans auparavant contre les défunts River Kings de Cornwall, la pire équipe à l'époque, et on avait quitté le match après la 2e période par fatigue et aussi un peu par ennui alors que les Marquis menait 7-1 après deux périodes. Un match aussi inégal peut être assez ennuyant disons. Il y avait également trop de batailles inutiles à notre goût. Je ne suis pas contre les bagarres au hockey mais quand il y en a trop ça devient lassant. 

Ce match du 5 janvier fut toutefois meilleur à tous les niveaux. Le 3L était une bien meilleure opposition que les River Kings et malgré qu'ils sont avant-derniers dans la ligue au moment d'écrire ces lignes, ils furent la meilleure équipe lors de ce match (Il faut dire qu'il y a désormais seulement 6 équipes dans la LNAH). Ils échappèrent toutefois deux avances de 3-1 et 5-2 face aux Marquis avant de l'emporter en fusillade 6-5. La remontée effectuée par les Marquis était très excitante dans les estrades et mes invités ont beaucoup apprécié. Et on eut seulement droit à trois bagarres, juste assez selon moi. On ne va pas à un match de la LNAH sans s'attendre à au moins une bataille. Encore là c'était assez amusant d'expliquer le pourquoi et le comment de ces bagarres à nos invités. Je vous laisse imaginer la scène avec moi qui explique ça à mon épouse qui elle traduit le tout aux brésiliens.






Bien que les Marquis aient perdu, c'était un bon match des deux côtés et Cedrick Desjardins a volé le show avec un arrêt en effectuant le grand écart durant la prolongation. J'essaie de me rappeler d'autres matchs auxquels j'ai assisté mais c'était probablement le plus bel arrêt que j'ai pu voir en direct (lire dans un aréna) de ma vie. 


L'arrêt du match
Crédit photo: Photos André - jonquière.lnah.com




Du côté des uniformes on était quand même choyé avec les deux meilleures équipes dans la ligue à ce niveau selon moi. C'est certain qu'aucune équipe de la LNAH ne gagnera un concours de logo mais pour les uniformes, on avait droit à un duel tout en vert, une chose assez rare avouons-le. Les Marquis toujours avec leur style Stars de Dallas tandis que le 3L a une version Reebok poche de ce que les North Stars porteraient de nos jours. Il ont au moins fait usage de créativité avec le M de McDo sur les bas... 

Mais le plus amusant pour moi lorsque je vais voir un match d'une équipe d'un niveau que je ne suis pas nécessairement beaucoup, c'est d'analyser l'alignement et d'identifier les joueurs qui selon moi sont les meilleurs ou qui ont vécu les parcours les plus intéressants. La LNAH nous gâte beaucoup à ce niveau.





Du côté du Marquis on retrouve plusieurs joueurs familiers comme l'ancien choix des Thrashers d'Atlanta Alex Bourret ainsi que le gardien Cedrick Desjardins, anciennement du Lightning et de l'organisation du Canadien. Lors de mon premier match il y a deux ans, l'équipe comptait dans ses rangs Benoit Gratton, un ancien joueur des Capitals et du Canadien (8 matchs en 2001-02) qui a roulé sa bosse dans la ligue américaine et en Europe. J'étais triste qu'il ne soit plus là cette année car il a prit sa retraite comme joueur mais il est désormais l'entraîneur-chef des Marquis. 


Le nouvel entraîneur des Marquis Benoit Gratton et Juraj Kolnik (#13)


Toutefois le joueur qui capta le plus mon attention était le slovaque Juraj Kolnik. Son nom me disait quelque chose et effectivement entre deux périodes j'ai consulté mon cellulaire et j'ai découvert qu il a disputé plus de 200 matchs dans la LNH avec les Islanders et les Panthers. Mais il capta mon attention davantage par son choix d'évoluer au Québec dans la LNAH et ce à l'âge de 37 ans. Voulant en savoir plus à son sujet, j'ai découvert que sa conjointe est originaire de Rimouski, endroit ou il a évolué au niveau junior de 1998 à 2000. Il a d'ailleurs obtenu 106 points lors de sa dernière année junior en 99-2000 alors qu'il évoluait avec Brad Richards. Ils ont aussi remporté la Coupe Memorial cette année-là. Il débuta ensuite avec les Islanders qui le repêchèrent en 4e ronde en 1999. Il ne joua qu'une trentaine de matchs avec eux avant de passer aux Panthers en 2002-03 et c'est en Floride qu'il devint un joueur de la LNH à temps plein. Sa meilleure saison fut celle de 2005-06 ou il obtint 15 buts et 20 passes pour 35 points. Il quitta pour la suisse en 2007-08 et évolua pour plusieurs équipes dans les années suivantes. Il tenta également de percer dans la KHL avec le Dynamo de Moscou mais cette expérience ne dura que 8 matchs suite à quoi il retourna en Suisse. Il revint au Québec en 2014 avec les défunts Prédateurs de Laval mais joua l'année suivante dans la ligue Britannique avant de revenir encore au Québec, cette fois avec les Marquis pour la saison 2016-17.

C'était donc une bonne petite soirée de hockey. La LNAH et les Marquis offrent un bon spectacle et on doit applaudir l'effort qu'ils ont fait pour réduire leur image de ligue de goons. On retrouve encore de la robustesse mais aussi du bon hockey et des bons joueurs. 

Ah oui, après tout ça il fallait bien revenir de Jonquière et la route était encore pire en revenant. La neige s'est accumulée sur la route près de St-Ambroise et j'ai légèrement bifurqué dans un banc de neige. Mes invités brésiliens ont donc goûté à la joie de pousser une auto à -30 degrés. Le lendemain, certaines maisons avaient l'air de ça dans le coin de St-Bruno...





dimanche 19 mai 2013

Le shériff est en prison...


Vous vous souvenez certainement de ce film de 1974 de Mel Brooks intitulé Blazing Saddle que connaissez probablement sous son titre en français, Le shériff est en prison. J'ai étrangement pensé à ce film en écoutant à la radio le match des Marquis de Jonquières de vendredi dernier où cette équipe remporta la Coupe Canam, symbole du championnat de la LNAH. Ouais, n'ayant pas pu convaincre un ami d'aller voir le match à Sorel, j'ai dû me résoudre à l'écouter à la radio...

(Enfin, les Marquis sont champions!)

Je me suis mis alors à me demander lors de ce match ce qui se passait avec un des joueurs préféré de la foule des fans des Marquis, Sean McMorrow dit le Shériff... 

Comme vous le savez sans doute, je suis d'origine saguenéenne, et lorsque j'ai l'occasion d'aller dans mon pays natal, j'essaie souvent d'aller voir le Marquis parce que je suis un gros fans le la LNAH. Honnêtement, je ne suis pas un fan de bagarre au hockey, j'aime mieux la robustesse durant les matchs et les beaux jeux de hockey, mais une bagarre de temps en temps ça a son importance dans un match de hockey, que vous ne le vouliez ou pas. Et les Marquis comptent depuis quelques années dans leur alignement parmi les plus redoutables bagarreurs disponibles. C'est ce qui a aidé à propulser cette équipe au sommet de cette ligue où les largesses en matière de discipline sont plus qu'ailleurs flagrantes. Et parmi ceux-cis, il y avait le Shériff, Sean McMorrow.



Dans les dernières années, Sean McMorrow a fait levé la foule du Palais des Sports de Jonquière avec des roche en place de ses poings et, ayant un sens du spectacle pour donner à son public fidèle, il faisait des gestes de fusils après ses combats victorieux... Et pour l'avoir vu plus d'une fois évoluer avec les Marquis, je dois dire que ça n'a pas l'air d'être de tout repos de se frotter à ce joueur. Ce favori de la foule par contre n'a pas joué cette saison avec les Marquis pour une raison, il est présentement en prison aux États-Unis...

Sean McMorrow est né en 1982 à Vancouver mais a grandit dans la région de Toronto. Il évolua dans la OHL de la saison 1999-2000 à la saison 2001-2002, portant les couleurs de 6 équipes. Ce policier d'ailleurs surnommé le "Shériff" fut repêché par les Sabres de Buffalo en 2000 dans la défunte 8e ronde. Après son passage chez les juniors, McMorrow se joint aux Americans de Rochester durant 4 saisons et aura la chance de jouer son unique match dans la NHL lors de sa première saison chez les pros, en 2002-2003, avec les Sabres.

Après ses 4 saisons avec les Americans où il fut un redoutable policier, McMorrow se retrouva sans contrat suite à la saison 2005-2006 et fut signé avec les Wolves de Chicago. Toutefois, devant la perspective d'avoir très peu de temps de glace durant la saison régulière, McMorrow quitta les Wolves en début de saison pour aller jouer avec le Top Design de St-Hyacinthe de la LNAH. 

Lors de ce prenier passage dans la turbulente ligue québécoise, McMorrow connut un sommet personnel de 527 minutes de pénalité (en 48 matchs!) lors de la saison 2007-2008. McMorrow effactua un retour dans la AHL en 2008-2009 avec les Icehogs de Rockford avec qui il joua une saison avant de prendre le chemin de l'Irlande du Nord l'année suivante pour évoluer avec les Giants de Belfast de la toute aussi turbulente ligue britannique de de hockey.

L'année suivante, en 2010-2011, il joua une poignée de match en Écosse avec les Stars de Dundee avant de se joindre aux Marquis en plein milieu de la saison...


(On ne déconne pas avec le Shériff... Il portait même l'étoile sur son casque dans la ligue britannique...)

C'est alors qu'il évoluait avec les Marquis qu'il fut condamné pour trafic de marijuana et déporté aux USA pour emprisonnement. Les faits se seraient déroulés, selon les documents du FBI alors qu'il évoluait dans la AHL avec les Americans. McMorrow aurait fait passer de la marijuana entre les deux pays, entre un fournisseur de Toronto et la région de Buffalo, des poches de hockey souvent remplies d'environ 50 kilos de marijuana. On peut se poser des question à savoir pourquoi il n'a pas fait transporter des drogues qui valent plus cher, mais bon, les faits sont là... En 2004, McMorrow fut arrêté en possession de marijuana par les officiers des douanes canadienne en possession de 27000$ de marijuana. Ce n'est qu'en 2010 que le FBI émit un mandat d'arrêt contre McMorrow pour plusieurs fait commit durant son passage entre 2003 et 2005.

En mai 2012, il fut reconnu coupable de traffic de drogue aux États-Unis et condamné à 2 ans de prison... Il sera déporté au Canada aussitôt sa sentence complétée...

À noter que durant son passage avec les Americans de Rochester, il se mérita le trophée du joueur le plus impliqué dans la communauté de l'équipe... J'imagine que ce n'est pas pour avoir apporté du cannabis canadien dans cette ville...


Donc... Le shériff est en prison...